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Le remaniement qui n’a pas (encore) eu lieu

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 publié le 24 juin 2015 à 14 h 33

On vous l’accorde d’emblée. Tous les correspondants parlementaires sont affligés de la même maladie : la « remaniementite aiguë ».

Les premiers symptômes apparaissent dès qu’un ministre fait une déclaration malhabile.

Ça commence par de simples discussions de corridors entre collègues. On évoque les difficultés et les maladresses. Ça peut durer quelque temps.

Si plusieurs relèvent un deuxième impair important, les discussions sont élargies aux gens qui gravitent autour du parti au pouvoir : le ministre X est-il menacé de passer à la trappe d’un remaniement ministériel? Règle générale, le gouvernement tente d’étouffer l’affaire, l’opposition souffle sur les braises.

Au troisième faux pas sérieux, la machine à rumeurs démarre. Pour vrai.

Les journalistes posent ouvertement la question au premier ministre : le ministre X a-t-il toujours votre confiance?

Si la réponse n’est pas clairement « oui », le doute est semé. Pour vrai.

De Bolduc…

La dernière fois que cela s’est produit, c’était avec l’ex-ministre de l’Éducation Yves Bolduc.

Il y a eu ses primes pour le suivi de nouveaux patients pendant qu’il siégeait à l’opposition. Puis, les livres que les bibliothèques scolaires ne pourraient plus se permettre d’acheter : « Il n’y a pas un enfant qui va mourir de ça », avait-il dit avant de s’excuser. Et le désormais célèbre coup de grâce : les fouilles à nu « respectueuses ».

Dans les heures qui ont suivi, le premier ministre Philippe Couillard n’a pas répondu clairement « oui » à la « question qui tue ». Neuf jours plus tard, un mini-remaniement était confirmé.

… à Heurtel?

On en était presque là avec l’actuel ministre de l’Environnement David Heurtel. Son chemin de croix a commencé avec le certificat d’autorisation délivré à TransCanada pour entreprendre des forages exploratoires en vue de construire un port pétrolier à Cacouna, là où se trouve une pouponnière de bélugas.

En septembre, son ministère est rappelé à l’ordre par la cour qui ordonne l’arrêt immédiat des travaux. En décembre, le premier ministre signe lui-même l’arrêt de mort du port pétrolier à cet endroit. Ce n’est jamais très bon signe quand le premier ministre doit lui-même intervenir…

Une enquête interne rendue publique il y a quelques jours sur le processus d’octroi du certificat de forage a de nouveau écorché le ministre. Elle révèle que les fonctionnaires qui ont permis de le délivrer ont omis d’indiquer que « le béluga est une espèce en péril et qu’il est probablement en voie de disparition ».

Le rapport indique aussi, et surtout, que la direction du ministère et le cabinet du ministre « ont été avisés par le biais de notes ministérielles ou de fiches d’informations fréquemment pendant le processus ». Le ministre Heurtel a reconnu qu’il aurait dû avoir une meilleure compréhension du dossier avant que le certificat ne soit délivré. Pire, à La Presse, il a même fait cet aveu : « Cacouna, je l’ai échappé! Mais est-ce que je dois payer toute ma vie pour ça? »

Le député Sylvain Gaudreault, porte-parole péquiste en Environnement, a carrément demandé le départ de David Heurtel. « Il a renoncé à sa responsabilité ministérielle. Ce principe est fondamental dans notre droit parlementaire. La seule chose que le premier ministre doit faire, c’est de le tasser dans le remaniement qui s’en vient. »

On était là à un doigt de la question qui tue au premier ministre.

Double victoire

En une seule soirée, un événement a mis fin à toutes les rumeurs, temporairement du moins : la double victoire des libéraux lors des élections partielles dans les circonscriptions de Jean-Talon et, surtout, dans Chauveau. Que Sébastien Proulx conserve la première allait pratiquement de soi. Mais que Véronyque Tremblay, en plus, ravisse à la CAQ une circonscription phare, c’était comme Noël en juin.

Du coup, Philippe Couillard pouvait se montrer triomphant, parader fièrement avec ses deux nouveaux élus, et interpréter – à tort ou à raison – ces victoires comme une caution des Québécois pour poursuivre son exercice de redressement des finances publiques. Un coup de baguette magique n’aurait pas été aussi efficace. Pourquoi changer une combinaison gagnante, d’autant qu’on peut partir pour les vacances sur cette belle image. Le remaniement ministériel peut attendre… pour l’instant.

Une querelle révélée

David Heurtel a une nouvelle fois fait la manchette la fin de semaine dernière. Cette fois, le Journal de Québec a révélé qu’il était à couteaux tirés avec son adjointe parlementaire, Marie-Claude Nichols, députée de Vaudreuil. Une querelle aurait éclaté devant témoins au Conseil des ministres, à un point tel qu’elle aurait songé à renoncer à ses fonctions. La principale intéressée n’a pas répondu à nos appels. Au bureau du premier ministre, on nous dit qu’il s’agit « d’une tempête dans un verre d’eau » et que « le dossier est clos ».

Mais des sources nous indiquent qu’ils sont plusieurs, au caucus libéral, à avoir eu un conflit avec le ministre de l’Environnement. Sa personnalité dérange. Sa façon de faire aussi.

Des groupes environnementaux se disent en froid avec lui, pendant que, sous le couvert de l’anonymat, des gens qui doivent collaborer avec son cabinet parlent de relations tendues.

Le ministre Heurtel ne sera pas du lancement de la stratégie maritime, lundi prochain, alors qu’il figurait parmi les ministres invités lors de la première convocation. La conférence de presse a été reportée en raison du décès de Jacques Parizeau. À son cabinet, on explique qu’il ne pourra pas faire acte de présence parce qu’il prendra plutôt part à une mission en France.

On ne peut pourtant pas s’empêcher de se demander pourquoi le premier ministre procède à une annonce qui lui est aussi chère – il veut faire de la stratégie maritime son héritage – sans son ministre de l’Environnement, inévitablement concerné par la question du transport maritime sur le fleuve Saint-Laurent.

On ne peut surtout pas s’empêcher de se demander, dans les circonstances, combien de temps encore David Heurtel peut s’accrocher avant de forcer, en partie, le prochain remaniement.

Catégorie: Québec

Le PQ et le « mystère Québec »

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 publié le 24 mai 2015 à 10 h 32

La CAQ a eu beau jeu de tomber à bras raccourcis sur Pauline Marois, qui a commandé, à même les budgets qui lui ont été consentis à titre d’ex-première ministre, une étude à Dominique Payette afin que celle-ci réalise un « panorama de la presse régionale de la Capitale-Nationale ».

« On aurait dû lire : « Pourquoi, nous, au PQ, on ne pogne pas à Québec? » », a raillé le leader de la CAQ, François Bonnardel. Le Bloc québécois, qui a lui-même subi une cuisante défaite dans la région en 2006, avait déjà effectué le même genre d’étude.

Plusieurs universitaires se sont également déjà penchés sur les dynamiques médiatique et électorale propres à la capitale. Les conclusions sont chaque fois les mêmes : fatigue des électeurs face à l’option souverainiste, montée d’une nouvelle génération plus à droite, radios d’opinion qui en mènent large.

Depuis une décennie, le PQ – et le mouvement souverainiste, de manière plus générale – essuie les revers à Québec. À tel point qu’il a consacré plus d’énergie ces dernières années à s’apitoyer sur son sort, en multipliant les études et les réflexions pour tenter de comprendre pourquoi les citoyens de Québec ne l’appuient plus, qu’à tenter de renverser la vapeur.

Lors d’un rassemblement pro-PKP à Québec, dans le cadre de la course à la direction du parti il y a trois semaines, Clément Laberge, qui allait devenir candidat du PQ pour l’élection partielle dans Jean-Talon, avait clairement mis les choses en perspective : « Dans la région, on n’a pas que le Parti libéral et la CAQ comme adversaires. On a aussi nos propres doutes. »

Alors que l’ancienne garde péquiste persiste encore à vouloir analyser ce qu’elle qualifie de « mystère Québec », le nouveau chef Pierre Karl Péladeau, lui, n’a pas le cœur à s’épancher.

« L’historique du Parti québécois à Québec, ça ne me regarde pas. J’étais pas là », a-t-il laissé tomber jeudi sur les ondes de CHOI-FM.

Jusqu’à la semaine dernière, on se demandait encore dans les officines péquistes si le parti allait se contenter de faire de la figuration dans les élections partielles à venir dans Chauveau et dans Jean-Talon le 8 juin ou s’il allait réellement faire campagne. Sitôt PKP installé dans le siège du chef, la décision ne s’est pas fait attendre : le PQ allait mettre plein gaz.

Nous avons un « potentiel phénoménal » dans la région, a encore dit Pierre Karl Péladeau à CHOI-FM, se permettant quelques compliments à l’endroit du dynamisme économique de la ville et de son maire Régis Labeaume.

Bien sûr, le PQ ne fonde pas de grands espoirs dans ni l’une ni l’autre des circonscriptions, mais il espère à tout le moins obtenir de meilleurs scores que lors des dernières élections générales et, plus particulièrement, qu’à la dernière élection partielle à avoir eu lieu dans les environs, soit dans Lévis l’automne dernier, où le PQ n’avait récolté qu’un famélique 8 % d’appui.

Déjà jeudi à l’Assemblée nationale, la leader adjointe de l’opposition, Agnès Maltais, narguait le député Éric Caire à micro fermé : « Tu es aussi seul à la CAQ que moi je le suis au PQ », disait-elle, soulignant qu’avec Gérard Deltell en moins, la CAQ ne compte plus qu’un seul député élu à Québec, tout comme le PQ. Les autres circonscriptions sont détenues par les libéraux.

Ainsi, même si le PQ ressort les mains vides des deux élections partielles, il aura à tout le moins – sous la férule de son nouveau chef – tenté d’imprimer une nouvelle perspective à son rapport avec la ville de Québec. Celle, peut-être, de la confiance retrouvée.

Catégorie: Québec

Moins d’un million de dollars par mine

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 publié le 1 mai 2015 à 17 h 24

Il y a parfois des chiffres qui parlent plus que les mots et plus que toutes les promesses.

Par exemple, il y a CE chiffre, 23 650 000, qui en dit plus long que tous les Plans Nord de ce monde.

Ce chiffre représente le nombre de dollars que les propriétaires des 24 mines en exploitation au Québec ont versés en redevances en 2013-2014 selon les comptes publics du Québec.

C’est moins d’un million de dollars par mine, en moyenne.

Oui, c’était une mauvaise année, les prix des minerais étaient bas et les minières ont donc réalisé très peu de profits. Néanmoins, cela n’a pas empêché ces entreprises de retirer pour au moins 7 milliards de dollars en minerais du sous-sol québécois.

De ces 23 millions de dollars, il pourrait être déduit les coûts d’administration au ministère pour le secteur des mines (plus de 15 millions de dollars). Il pourrait être aussi pris en compte le coût des 723 sites miniers abandonnés qui devront être réhabilités par l’État. Une facture de 800 millions de dollars est évoquée sur le site du ministère. Les crédits d’impôt relatifs aux ressources et les avantages fiscaux reliés aux actions accréditives ne sont pas pris en compte dans ce calcul.

Dans son rapport de 2009, le vérificateur général révélait que ces dépenses fiscales représentaient une somme plus importante que l’ensemble des redevances minières. Rien n’indique, au contraire, que la situation était différente en 2013-2014.

En revanche, il est vrai qu’il y a eu une année (2011) où 300 millions de dollars ont été recueillis en redevances minières, alors que la pelletée de minerai de fer valait trois fois celle d’aujourd’hui.

Toutes ces données n’ont pas refroidi l’enthousiasme du premier ministre Couillard qui a évoqué, sans la moindre gêne, la priorité que représente le développement durable dans le cadre du dévoilement de sa version du Plan Nord. Il n’est pas facile d’imaginer le caractère durable du développement minier, une activité qui consiste à extraire une ressource qui ne peut se renouveler.

Tout cela confirme que la vision de Québec pour le développement des ressources minières repose surtout sur la création d’emplois et l’activité économique que cela peut générer en région. Toutefois, la Caisse de dépôt et placement et Investissement Québec possèdent des participations dans certains projets (la mine d’or Osisko à Malartic et le projet de mine de diamants Renard de Stornoway) qui pourraient se révéler profitables.

Car, si en apparence Québec a reçu moins d’un million de dollars par mine, en réalité, il n’a même pas reçu « une cenne la tonne », comme on disait du temps de Duplessis. En fait, en 2013-2014, le gouvernement du Québec a payé les compagnies minières pour exploiter son sous-sol, qui elles, malgré la baisse des prix par rapport à 2011, ont accéléré la cadence de production et ont extrait davantage de fer, de nickel, de cuivre et d’or en 2013-2014.

Si tout va bien, ce sont 65 millions de dollars que les Québécois recevront en 2014-2015 en redevances minières. En échange de 7 milliards de dollars de ressources. Si tout va bien.

Catégorie: Québec

Un an plus tard, les partis d’opposition

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 publié le 10 avril 2015 à 15 h 33

Le Parti québécois

La défaite électorale du Parti québécois le 7 avril 2014 est probablement un jalon davantage qu’une étape dans l’histoire politique du Québec. Surtout que le scrutin de 2018 pourrait se révéler bien plus déterminant.

Il demeure que dans la foulée des résultats de 2014, une question lancinante s’est immédiatement imposée sur la capacité du Parti québécois de former à nouveau à lui seul une majorité parlementaire.

Après la période Charest, le gouvernement Marois s’est donc fait étriller par un Philippe Couillard pas si expérimenté, au style un peu guindé, avec son propre passif fait d’Arabie saoudite, de compte bancaire dans un paradis fiscal, d’Arthur Porter et d’un départ peu élégant en politique.

À cette question sur la majorité parlementaire s’ajoute une autre, qui pèse sur le parti depuis déjà longtemps, sur sa capacité de remporter un référendum sur la souveraineté du Québec.

Or, avec ces deux questions, c’est à la fois la survie et la raison d’être du Parti québécois qui sont en cause.

La première conséquence concrète de la défaite de 2014, la démission de Pauline Marois, a précipité le parti dans un circuit de montagnes russes qui ne prendra pas fin avec l’élection d’un nouveau chef en mai prochain.

Celui qui a été déclaré le favori avant même le déclenchement officiel de la course à la direction est une personnalité déjà controversée qui a fait son entrée dans le débat politique par l’entremise du sujet le plus chaud au Canada depuis 50 ans, l’indépendance du Québec.

L’impact de la candidature de Pierre Karl Péladeau est tel que, peu importe le résultat, le Parti québécois sortira transformé de cette course.

Dans un pareil contexte, l’opposition officielle fait comme elle peut, du mieux qu’elle peut. Stéphane Bédard était le meilleur choix comme chef intérimaire et il parvient à tirer son épingle du jeu, même s’il n’est pas là pour gagner. Sa fonction primaire est d’engager le siège contre le gouvernement libéral. Le prochain chef poursuivra le travail de sape jusqu’aux élections. Pour le moment, il y a des jours meilleurs que d’autres. En moyenne, le résultat est tout à fait défendable.

Je me dois de rappeler que le dernier gouvernement majoritaire péquiste à siéger à l’Assemblée nationale a été celui de Lucien Bouchard, élu à l’arraché le 30 novembre 1998, malgré une pluralité de voix pour le Parti libéral.

La Coalition avenir Québec            

Au tour maintenant de Gérard Deltell de quitter la Coalition avenir Québec (CAQ), après le douloureux départ de Christian Dubé.

C’est sans doute le sort prévisible et ingrat d’un parti qui forme la deuxième opposition à l’Assemblée nationale. D’autant que cette formation politique, créée sous l’impulsion d’un seul homme, offre un espace limité à ceux qui veulent se déployer dans ses rangs. La seule véritable zone d’influence dans ce parti est celle qui s’est créée autour de son chef, François Legault. À la CAQ, si vous n’avez pas la confiance de M. Legault ou de son ami et directeur de cabinet Martin Koskinen, il vaut peut-être mieux se faire voir ailleurs.

Depuis quelques mois, la CAQ a entrepris un virage qualifié d’identitaire, auquel s’ajoute une dimension sécuritaire. Nouvelle politique d’immigration, nouvelle approche face à la liberté d’expression et appui au projet de loi C-51 du gouvernement Harper. La CAQ semble vouloir occuper une partie de l’espace abandonné par le Parti québécois depuis que la Charte des valeurs a été, pour une part, reléguée aux oubliettes. Les assises de ses propositions semblent s’appuyer davantage sur des sondages que sur des fondements idéologiques solides.

Par ailleurs, à la période de questions, François Legault insiste inlassablement sur l’écart de richesse entre le Québec et le reste du Canada, surtout l’Ontario. Jusqu’à présent, cela n’a guère porté ses fruits. Mais, en politique, à force de taper sur le même clou, il arrive que l’on parvienne à imposer ses priorités.

Québec solidaire

On oublie que Québec solidaire (QS) n’a connu qu’une faible croissance d’un point de pourcentage entre l’élection de 2012 et celle de 2014, passant de 6 % à 7 % du vote populaire. L’élection de Manon Massé a été bénéfique, mais il n’est pas clair que QS a tiré les leçons de ce dernier scrutin. Si c’est le cas, ce n’est pas particulièrement perceptible.

Un prochain congrès qui aura lieu ce printemps offrira peut-être davantage de réponses. Car ce résultat soulève, encore un an plus tard, plusieurs questions. En voici quelques-unes :

  • Si QS, un parti de gauche, veut prendre le pouvoir, ne doit-il pas aussi chercher à gagner le centre?
  •  Si oui, comment y parviendra-t-il? Au prix de quels compromis?
  •  Si la réponse est non, alors que devrait-il faire? Doit-il demeurer sur ses positions au risque de rester très longtemps dans l’opposition?

À trois députés, la capacité d’intervention de Québec solidaire à l’Assemblée nationale est limitée.

En outre, l’avenir de Françoise David – 67 ans – et d’Amir Khadir – qui combine le travail de député à temps plein et de médecin à temps partiel depuis bientôt sept ans – fait souvent l’objet de rumeurs, gracieusement alimentées par le Parti québécois.

Première année difficile

Cette première année a été difficile pour tous les partis d’opposition, et c’est compréhensible. L’important pour eux, avant tout, sera d’être en plein contrôle dans la dernière année du mandat. D’ici là, et comme les 12 derniers mois n’ont pas été très édifiants, ils devront accomplir leur rôle de loyales oppositions.

Face à la faiblesse relative des oppositions, le premier ministre Couillard ne devrait pas s’étonner de la vigueur de la presse parlementaire à l’endroit de son gouvernement. Cela s’inscrit dans le cours normal d’une société démocratique.

 

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Rentrée politique dans un climat social tendu à Québec

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 publié le 10 février 2015 à 17 h 54

Le ministre de la Santé s’est placé littéralement à l’avant-plan de cette rentrée parlementaire avec ce bâillon pour forcer l’adoption de son projet de loi sur la réforme des structures.

Et c’est lourd de sens.

On l’a vu, presque tous les groupes du domaine de la santé ont dénoncé la réforme du ministre. Il ne reste qu’un homme debout après l’adoption sous le bâillon du projet de loi, et c’est le ministre Barrette. Pourquoi? Parce que Gaétan Barrette a acquis quelque chose d’extrêmement précieux, et c’est la confiance, pleine et entière, du premier ministre et de son bureau.

J’oserais dire que le ministre Barrette les a transcendés.

C’est d’autant plus évident que M. Couillard pensait tout autrement que son ministre actuel il n’y a pas si longtemps, en décembre 2011.

Le premier ministre Philippe Couillard a autorisé le ministre Gaétan Barrette à réaliser son plan, son oeuvre. Leurs destins, à tous les deux, sont désormais liés. Ils se sont tatoués.

« Je viens d’écrire la première lettre de mon nom, a affirmé vendredi soir le ministre de la Santé. En 2018, les gens verront la signature au complet et ils jugeront. »

Car ce projet de loi n’est pas son dernier . Le 10 est adopté, maintenant c’est au tour du projet de loi 20, sur la tâche des médecins et la procréation assistée, et ensuite la mise en place du financement à l’activité dans les établissements de santé.

Et Yves Bolduc?

Est-ce que le ministre de l’Éducation obtiendra la même marge de manœuvre que son confrère pour réaliser sa réforme? Le ministre Bolduc et son gouvernement ne se sont pas illustrés pour le mieux dans le dossier des élections scolaires ni dans le projet de redécoupage et de fusions des commissions scolaires. Quelles sont les intentions réelles du gouvernement, quels sont les objectifs qu’ils recherchent?

MM. Bolduc et Couillard se contentent pour l’instant de professer des généralités sur l’élimination de la bureaucratie et le lien essentiel entre l’enseignant et l’élève. Des déclarations qui ne donnent aucun indice sur leurs intentions et qui ne permettent pas d’alimenter le débat public. Est-ce que le gouvernement Couillard entend mener cette réforme sans plus de consultations préalables que pour celle de la santé?

La consécration de Martin Coiteux

Le point de vue du président du Conseil du Trésor sur les finances publiques s’est révélé dominant au sein du gouvernement Couillard depuis les élections du 7 avril, et cela ne devrait pas changer au cours des prochains mois. Toutefois, après le budget, une fois l’équilibre atteint, il se pourrait que son influence diminue rapidement.

Martin Coiteux devra continuer à surveiller de près les dépenses de l’État. Mais si le gouvernement Couillard veut ensuite consacrer des efforts importants à la relance économique, ce n’est pas le président du Conseil du Trésor qui sera en première ligne.

La radicalisation, la sécurité et la neutralité de l’État

Philippe Couillard cherche à gagner du temps dans le dossier de la neutralité religieuse de l’État. En retardant le dépôt d’un projet de loi au mois de juin, il veut éviter d’unir contre sa proposition les cinq candidats à la direction du PQ. M. Couillard préfère de loin les laisser se disputer sur cette question. Lorsque la course sera terminée et que le nouveau chef des troupes péquistes aura probablement énoncé ses propres choix dans ce dossier, le premier ministre croit sans doute qu’il aura les coudées un peu plus franches. Il reste à voir si la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, parviendra à jouer efficacement un rôle de rempart au cours des prochains mois.

En matière de sécurité – la nouvelle priorité de Philippe Couillard – c’est la ministre de l’Immigration Kathleen Weil qui dirige le travail. Maintenant que le mot intégrisme religieux est devenu tabou, le gouvernement avance à pas feutrés dans un dossier dont les concepts évoluent au gré des événements et des réflexions du premier ministre. Et il n’est pas facile à suivre.

Le jour de la tragédie de Saint-Jean-sur-Richelieu, le premier ministre disait craindre une dérive sécuritaire. Après Charlie Hebdo, la sécurité est devenue l’ultime priorité. La seule chose qui paraît désormais certaine, c’est que le gouvernement Couillard n’interdira pas les symboles religieux pour les employés de l’État.

La relance économique

Malgré une mesure annoncée ce matin, la relance économique ne sera pas réellement à l’ordre du jour avant le budget. Le projet de loi pour permettre à la Caisse de dépôt et placement d’investir dans les infrastructures québécoises pourrait toutefois être présenté assez rapidement. Néanmoins, la chute du dollar canadien et du prix du baril de pétrole, combinée à une reprise aux États-Unis, devrait à la fois faciliter l’atteinte de l’équilibre budgétaire et ouvrir la voie à une croissance plus robuste, sans que cela n’exige trop d’efforts supplémentaires de la part de Québec.

Les oppositions

Il y aura les oppositions dans le Salon bleu et les oppositions à l’extérieur du parlement, dans la rue. Dans les deux cas, il ne sera pas facile de faire dévier le gouvernement de sa course.

Le Parti québécois devra mener de front son travail d’opposition officielle et gérer sa course à la direction. Sur le fond, le PQ ne conteste pas l’objectif d’équilibrer le budget en 2015-2016, il devra donc se contenter de dénoncer les moyens employés par le gouvernement pour atteindre le déficit zéro et déplorer le manque de mesures destinées à la relance économique.

La Coalition avenir Québec (CAQ) est dans la même situation et devrait formuler sensiblement le même type de critiques contre le gouvernement libéral. François Legault semble aussi prêt à dépenser beaucoup d’énergie pour discréditer le favori dans la course à la direction du PQ. Les sondages montrent qu’une victoire de Pierre Karl Péladeau pourrait amputer une part appréciable des appuis de la CAQ.

Des syndiqués du secteur public, des élus et des citoyens des régions, des groupes communautaires, des parents avec des enfants en garderie, des médecins, des employés municipaux et des étudiants notamment dénoncent l’approche libérale ou protestent contre des mesures précises. Des manifestations auront lieu cette semaine. Il est difficile de voir si la grogne populaire se transformera en vague de contestation. Pour le moment, tous ces groupes avancent en rangs dispersés.

Catégorie: Québec

Une conception étriquée du service public

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 publié le 29 septembre 2014 à 17 h 08

Est-ce qu’Élaine Zakaïb ou Christian Dubé auraient démissionné s’ils avaient occupé un poste de ministre?

À mon avis, ils n’auraient pas pris la décision de quitter leurs fonctions. Or, le message que ces deux députés démissionnaires envoient est très clair : la fonction de député d’opposition n’est pas vraiment importante, d’autres défis méritent davantage leurs précieuses énergies.

Les partis politiques, dans ces deux cas, ne sont pas responsables de cette situation. Ils auraient préféré garder en leur sein ces députés de bonne réputation. Et conserver leurs sièges.

Moins de six mois après avoir été élus, ces deux députés jugent acceptable de demander à leurs électeurs de se soumettre à une nouvelle campagne électorale et d’engendrer des dépenses d’environ un demi-million de dollars pour tous les Québécois.

En agissant de la sorte, ils réduisent la fonction de député de l’opposition à un malheureux accident de parcours qui s’inscrit mal sur la feuille de route des ambitieux. Ils font l’étrange démonstration qu’ils n’étaient pas faits pour être députés, même s’ils sont parvenus à occuper cette fonction avec un certain mérite.

Ils démontrent qu’ils avaient une certaine conception du service public. Une conception qui donnait finalement au public un rôle plutôt secondaire. Et il vouait un caractère très relatif à l’engagement et au sens du devoir.

Catégorie: Québec

Automne chaud

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 publié le 3 septembre 2014 à 7 h 44

Les vacances sont finies. Je ne suis pas le seul à retourner au bureau à en juger par le trafic ce matin. Oui, oui, amis montréalais! Il y a du trafic à Québec. Rien de comparable à votre enfer, je vous l’accorde, mais quand même.

Pare-chocs à pare-chocs pour entrer en ville, la pression monte, j’ai si hâte de retrouver le bureau…

Il est toujours aussi « bien climatisé », ce bureau que je retrouve. D’ailleurs, l’humidité n’est pas censée partir en septembre? En tout cas, il fait (encore) chaud.

Remarquez, peut-être que cette chaleur vient du bureau du premier ministre, dans l’immeuble à deux pas de celui de la Tribune de la presse.

Parce que le gouvernement de M. Couillard va avoir un automne chaud, que l’humidité continue ou non de s’accrocher. N’en doutez pas…

Déjà, les employés municipaux sont rouges de colère à cause de la réforme de leurs régimes de retraite. Ils veulent rallier les fonctionnaires provinciaux, les employés d’universités et autres syndiqués « publics » à leur cause.

Et puis, l’exercice de « réingénierie » commence.

« Quoi?, dites-vous. Réingénierie? »

Oui oui, « réingénierie », c’est un vieux terme qui date de 2003.

À l’époque, le premier ministre Charest voulait faire à peu près la même chose que ce que le gouvernement de Philippe Couillard veut faire en… 2014. M. Charest avait reculé quand le parvis de l’Assemblée nationale devenait un lieu de manifestations quotidiennes.

« Réingénierie », c’est un mot qu’on n’utilise plus. Mais dans le fond, c’est la même chose.

Aujourd’hui, le président du Conseil du Trésor dit qu’il faut faire le « ménage » dans les programmes, dans la façon de faire du gouvernement. Ce terme-là, il ne vient pas de Jean Charest, il vient de François Legault, de la CAQ. Il aurait dû enregistrer les droits sur ce mot-là.

Peu importe la sémantique, le gouvernement prépare le terrain. Consultation publique sur le web, consultations en privé des « intervenants du milieu » (lire groupes de pression), travaux de deux commissions, une sur les programmes, l’autre sur la fiscalité.

Les choix seront difficiles. On verra si le gouvernement va jusqu’au bout de ses convictions, s’il remet en question le « modèle québécois » en éliminant certains programmes. Mais une chose est sûre, les décisions feront grincer des dents, provoqueront la colère, feront monter la pression, feront monter la chaleur…

L’automne sera chaud, je vous dis…

Catégorie: Québec

Une des conséquences des événements de lundi dernier à l’hôtel de ville de Montréal a probablement été la prise de conscience par le gouvernement Couillard de la très forte mobilisation des syndiqués municipaux. Et même si les chefs syndicaux ont soutenu qu’ils ne contrôlaient pas leurs membres, il est difficile de croire que la démarche n’était pas intentionnelle, à deux jours de la commission parlementaire sur le projet de loi 3.

Que cela ait été planifié ou pas, le premier ministre Philippe Couillard est aujourd’hui plus à même de comprendre que cette question des retraites est loin d’être secondaire pour les employés municipaux. Même que pour les policiers et les pompiers, à l’instar des militaires, le régime de retraite est un élément central de leur culture du travail.

Bien sûr, tout le monde convient – les syndicats eux-mêmes le disent officiellement – qu’il était inacceptable que les syndiqués perturbent le conseil municipal de Montréal.

En outre, la plupart des journalistes ont conclu que les syndicats avaient perdu la bataille de l’opinion publique. Cela est possible, même probable. Mais en matière de relations de travail, le rôle de l’opinion publique n’est pas nécessairement déterminant. En fait, il est très rare que les luttes syndicales bénéficient de l’appui du grand public et des grands médias. Cela n’a pas empêché les syndicats d’enregistrer des gains historiques importants.

Si on pense plus précisément aux cols bleus, surtout aux pompiers et aux policiers, ces corps d’emploi comptent parmi les plus militants et les plus coriaces.

Ce n’est pas pour rien que nous nous retrouvons dans la situation actuelle. Les employés municipaux ont été très efficaces dans leurs revendications. Et aussi, selon les municipalités, parce que le système d’arbitrage exécutoire pour les policiers et les pompiers aurait favorisé une spirale inflationniste.

À ce propos, ce système d’arbitrage exécutoire va demeurer en vigueur. Alors, est-ce que dans 10 ans, 20 ans, ce système recréera le problème de solvabilité des régimes de retraite?

Les policiers et les pompiers de Montréal ont mené une courte grève en 1969. Ironiquement, l’un des éléments qui ont mené ce débrayage illégal, c’est l’adoption d’une loi à Québec qui permettait à la Ville de Montréal de suspendre temporairement ses cotisations aux régimes de retraite de ses employés. Dans les mois qui ont suivi, des décisions arbitrales jugées négatives par les policiers et les pompiers les ont convaincus de faire la grève. Cette grève, déclenchée le 7 octobre 1969, a marqué les esprits : un million de dollars en dommage, deux morts, une série de vols qualifiés et l’armée canadienne qui est venue assurer l’ordre à Montréal.

Ce rappel historique me paraît utile. Quarante-cinq ans plus tard, le gouvernement Couillard intervient sur une question cruciale pour ces travailleurs qui ont le sentiment que le gouvernement et les municipalités veulent renier un contrat conclu de bonne foi. Pour eux, c’est à la limite un bris de LEUR contrat social.

Les syndiqués ont fait une démonstration de leur mobilisation lundi à Montréal, une démonstration condamnable sans aucun doute, mais elle permet désormais au gouvernement Couillard de mesurer l’ampleur de l’affrontement qui s’engage avec le monde syndical.

Et comme son gouvernement a fait part de son intention d’intervenir dans les régimes de retraite à prestations déterminées des universités et du secteur privé, c’est loin d’être terminé. En réalité, cela vient à peine de commencer.

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Le XIe commandement

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 publié le 28 avril 2014 à 16 h 41

« Tu ne vas pas dans la rue et tu acceptes simplement les modifications qui doivent être faites. »

Cette phrase de Claude Montmarquette, un des deux économistes envoyés au chevet de l’État québécois par Philippe Couillard, sera peut-être à l’image des 54 mois de gouvernance accordés au Parti libéral du Québec.

Cet énoncé se conçoit encore mieux lorsqu’on l’associe à cette déclaration du nouveau premier ministre faite la veille sur le même sujet : « Ce que j’annonce aujourd’hui, c’est un début. Ce n’est même pas le début de la fin, même pas la fin du début. On est rendu au début d’une action qui s’échelonne sur tout un mandat. »

La « restructuration » et les « décisions difficiles » seraient désormais de mise pour l’État québécois.

Pourtant, est-ce bien ce dont nous a parlé Philippe Couillard en campagne électorale?

Le nouveau premier ministre s’apprêterait-il à réaliser ce que le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, s’était engagé à faire?

Les compressions dans la bureaucratie des ministères de l’Éducation et de la Santé, évoquées par le chef libéral, se sont-elles transformées en un réexamen complet du fonctionnement de l’État québécois?

Le premier ministre Couillard a affirmé lors de son premier point de presse que la transparence serait la pierre d’assise de son gouvernement.

Or, si les compressions majeures qu’il laisse entrevoir s’avèrent, il faudra se demander de quelle transparence Philippe Couillard a personnellement fait preuve au cours de ces 33 jours de campagne électorale.

Il est possible que cette menace urgente de réduction de l’État ne soit que poudre aux yeux, pour faire accepter facilement un moindre mal.

ll est aussi possible que ces mesures soient nécessaires.

Toutefois, ce n’est pas de cette façon que Philippe Couillard s’est adressé aux Québécois. Ce n’est pas ce qu’il leur a dit.

Et, maintenant, voilà qu’un de ceux qu’il a dépêchés pour établir un diagnostic de nos finances publiques commande aux Québécois de ne pas aller dans la rue et d’accepter ce qui doit être fait, même si les principaux intéressés n’ont pas eu le courage de leur parler, ni de l’importance du problème, ni de l’ampleur des solutions qui seraient mises en oeuvre.

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Il n’y aura ni tambours ni trompettes, et encore moins de photos de cette première poignée de main, car il n’y a jamais de prise d’images quand le PM Harper rencontre un homologue provincial. Même l’heure précise de la rencontre est gardée presque secrète. Cette première prise de contact entre Philippe Couillard, nouveau premier ministre du Québec, et Stephen Harper, n’en est pas moins fort attendue.

L’ironie, bien sûr, c’est que pour toute l’importance stratégique qu’on accorde à cette rencontre privée, on déploie tout autant d’efforts pour en minimiser les attentes. Un geste important certes, mais qui ne risque pas de se solder par de grandes annonces. Là n’est pas l’objectif, dit-on en coulisse. Ce n’est pas dans le cadre d’une rencontre de 30 à 45 minutes que les deux hommes sont susceptibles de régler le sort des relations Québec-Ottawa. Mais ça demeure l’occasion d’établir un premier contact, de jeter les bases d’une éventuelle relation.

Au bureau du premier ministre, par la bouche de l’attaché de presse de Stephen Harper, Carl Vallée, on se contente de dire : « Le gouvernement a pris acte des résultats du 7 avril, nous sommes là pour appuyer le nouveau gouvernement qui a fait de l’emploi et l’économie ses priorités. Il s’agit de voir comment nous allons collaborer. »

À 18 mois des élections fédérales, face à un nouveau partenaire, il est bien évident que les conservateurs voudraient bien profiter de l’arrivée d’un nouveau gouvernement fédéraliste à Québec pour remettre le compteur à zéro. Profiter de ce changement de garde pour rétablir un dialogue constructif et, l’espère-t-on, rebâtir des ponts avec l’électorat québécois.

Parlant de ponts, si tous sont bien conscients que le péage sur le futur nouveau pont Champlain demeurera un enjeu litigieux, qui sait si l’éventuelle stratégie maritime du gouvernement Couillard et la relance du Plan Nord n’ouvriront pas la porte à des partenariats efficaces et constructifs entre Ottawa et Québec.

Disons que ce serait bienvenu pour les conservateurs, car la liste des litiges entre les deux capitales demeure intacte et date de bien avant le gouvernement Marois. Pensez à la réforme du Sénat dont le verdict de la Cour suprême est attendu vendredi. Pensez à la destruction des données du registre des armes d’épaule qui doit également être entendu par le plus haut tribunal du pays pour ne nommer que ceux-là.

D’ailleurs, s’il y a une nomination au conseil des ministres qui n’est pas passée inaperçue à Ottawa c’est bien celle de Jean-Marc Fournier comme ministre responsable des relations intergouvernementales. S’ils laissent la chance au coureur, les conservateurs n’ont pas oublié son passage au ministère de la Justice sous le gouvernement Charest. C’est lui qui a, en quelque sorte, judiciarisé les rapports entre Québec et Ottawa. Il était à l’origine d’un premier renvoi devant les tribunaux québécois sur la réforme du Sénat (voir le jugement sans équivoque de la Cour d’appel du Québec) et sur le registre des armes d’épaules qu’il avait qualifié de « bris de démocratie ».

Il avait surtout mené la charge contre toute la réforme du Code criminel par le gouvernement Harper en venant témoigner en comité parlementaire pour reprocher aux conservateurs de « favoriser la récidive et multiplier les victimes […] La science sert à quelque chose. À un moment donné, il y a quelqu’un qui a découvert que la Terre était ronde », avait-il dit avec ironie à l’époque.

Néanmoins, malgré tous les écueils qui guettent la nouvelle relation Harper-Couillard, le nouveau premier ministre du Québec aura au moins eu un accueil plus courtois que Pauline Marois. Quelques heures à peine avant son assermentation comme première ministre, Ottawa avait mis de l’huile sur le feu du débat le plus fertile en émotions qui soit en annonçant qu’il portait la cause du registre des armes d’épaule en appel!

Le gouvernement Harper n’a pas l’intention de laisser passer la chance de renouveler ses relations avec le Québec cette fois-ci. S’il est vrai que Philippe Couillard et lui peuvent se retrouver sur le chemin économique, c’est sur un tout autre terrain qu’il pourrait envoyer un signal de bonne foi sans équivoque, en prenant la peine de consulter le nouveau premier ministre du Québec sur la nomination du prochain juge à la Cour suprême, en remplacement de Marc Nadon, dont la nomination a été annulée par le plus haut tribunal du pays en pleine campagne électorale.

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