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Gros rapport, grosse tablette. C’était la prédiction d’usage pour le rapport D’Amours sur le système de retraite du Québec. Imaginez, un rapport fondé sur des calculs actuariels qui avait pour mission de trouver des solutions à un problème qui se chiffre en dizaines de milliards de dollars.

Un collègue du quotidien La Presse, qui a éventé une bonne partie du rapport avant sa publication, citait une source gouvernementale qui mentionnait que « le gars qui a commandé la pizza n’est plus là ». En effet, ce n’est pas Jean Charest, mais plutôt Pauline Marois qui reçoit la pizza préparée par le comité D’Amours. Et, qu’elle le veuille ou non, elle devra probablement la manger.

Même si le rapport D’Amours propose une contribution annuelle qui pourrait atteindre près de 850 $ par travailleur (l’employeur devrait en mettre autant), personne ne pousse les hauts cris. Ni les centrales syndicales, ni le patronat (sauf la petite entreprise), ni les municipalités, ni les partis d’opposition.

C’est un véritable tour de force.

Ceux qui se sont intéressés à cette question se doutaient bien que ce ne serait pas gratuit. Ce qui frappe, c’est que les recommandations répondent en partie aux besoins de ceux qui n’ont pas de régime de retraite complémentaire et de ceux qui participent à un régime de retraite déficitaire. Il met aussi de l’avant certains principes importants : par exemple que les employés d’un organisme public devraient contribuer pour la moitié à leur régime de retraite.

Ce rapport n’est certainement pas parfait et le gouvernement Marois devra en évaluer les différentes recommandations. Mais, jusqu’à présent, la seule solution que le PQ et le PLQ étaient parvenus à promouvoir se résumait en un très modeste régime volontaire d’épargne-retraite qui, à lui seul, ne pourrait rien résoudre.

La pizza du comité D’Amours est bien plus substantielle et c’est désormais le temps de passer à table.

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PLQ : une course en quête de visibilité

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 publié le 13 janvier 2013 à 11 h 21

Les militants du Parti libéral du Québec auront droit aujourd’hui à un premier débat des trois candidats à la direction du parti : Raymond Bachand, Philippe Couillard et Pierre Moreau.

Depuis la démission de Jean Charest, cette course n’a pas soulevé beaucoup de passion. Bien sûr, il y a eu un certain intérêt autour des mises en candidature. Mais après, disons que ça a été plutôt calme. Par exemple, êtes-vous capable de me donner une idée avancée par chacun des candidats?

Évidemment, l’arrivée d’un nouveau gouvernement n’a pas aidé les libéraux. Toute l’attention a été tournée vers les décisions de Pauline Marois. Aussi, la course à la direction n’est pas un concours de popularité auprès des Québécois, mais auprès des militants. La nuance est importante et explique pourquoi, jusqu’ici, la démarche s’est faite en circuit fermé.

Mais à partir d’aujourd’hui, le PLQ espère susciter de l’intérêt plus largement pour augmenter son nombre de membres et remplir ses coffres. Les quatre débats en français, le débat en anglais et surtout le congrès pour élire le nouveau chef devraient lui donner plus de visibilité.

Le PLQ devra créer une dynamique favorable s’il veut gagner les prochaines élections. Des élections générales pourraient avoir lieu aussi tôt qu’au printemps, l’an prochain. Cela laisse peu de temps pour imprégner sa marque dans le parti, redéfinir le programme et recruter des candidats tout en dirigeant les travaux parlementaires. La bonne nouvelle pour le prochain chef, c’est que le PLQ est loin d’être en déroute comme le démontre l’élection de 50 députés aux dernières élections après 9 ans au pouvoir.

Et c’est là que les débats deviennent importants. À ce stade-ci, la plupart des militants ont un préjugé favorable pour l’un ou l’autre des candidats. Les débats permettront de voir lequel a l’étoffe d’un premier ministre, lequel est capable de débattre, de tenir son bout dans des échanges corsés. C’est un aspect non négligeable de la politique de nos jours.

La course est déjà bien engagée, les candidats ont fait leur travail de terrain, et à partir d’aujourd’hui, avec les débats, ils peuvent augmenter leurs appuis ou en perdre. L’enjeu est important.

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Intégrité, intégrité, intégrité

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 publié le 31 octobre 2012 à 20 h 08

Faute d’une majorité, le gouvernement Marois s’est rabattu sur les sujets qui peuvent faire consensus. L’intégrité est devenue LA valeur refuge de ce gouvernement. C’est normal, les partis d’opposition ne pourront formuler d’objections de principe et la population aura, chaque jour, de plus en plus soif de justice et d’intégrité avec le défilé des témoins à la commission Charbonneau. Ce gouvernement aura compris que les attentes des citoyens à son égard risquent fort d’être fondées sur sa capacité à nettoyer les écuries de l’État.

Les finances publiques sont un point sensible, mais le gouvernement parvient surtout à afficher son incertitude au plan des moyens. Peut-être un budget avant Noël, peut-être pas. Comme si le ministère des Finances et son ministre, Nicolas Marceau, n’avaient pas statué sur leurs intentions avant le prononcé du discours d’ouverture. C’est une occasion manquée. Une autre.

C’est plus clair lorsqu’il s’agit des ressources naturelles, particulièrement en ce qui a trait à l’exploitation du pétrole. Pauline Marois est d’une clarté sans précédent en affirmant la volonté d’exploiter cette ressource. Cela correspond à ce qui est entendu depuis un moment au sein du Parti québécois et ça s’inscrit parfaitement dans un discours vieux d’un an de Bernard Drainville qui prônait l’exploitation du gisement d’Old Harry dans le golfe du Saint-Laurent. Et puis, le gouvernement Marois pourrait gagner à cet égard l’oreille attentive des partis d’opposition.

Les questions identitaires feront l’objet de consultations extensives. Ça occupera les commissions parlementaires, mais il est difficile de percevoir ce qui pourrait en résulter concrètement. Il y aura une nouvelle loi 101, mais il n’est pas clair ce qu’il en restera après négociations avec les partis d’opposition.

En matière de solidarité, il est question de médecins de famille, de soins aux aînés et de CPE. Et une flopée de politiques éventuelles en matière de santé et de services sociaux complètent le menu.

C’est un itinéraire apparemment ambitieux. Néanmoins, les réalités politiques risquent de réduire tout ça à un bien petit dénominateur commun, soit l’intégrité et l’exploitation des ressources naturelles. Pour le reste, le gouvernement tentera de se protéger contre lui-même et de se prémunir des mauvaises nouvelles économiques pour assurer un contrôle serré des finances publiques.

Il reste que si ce gouvernement parvenait réellement à donner plus de droiture au fonctionnement des institutions publiques, il n’est pas impossible que les Québécois lui en soient longuement reconnaissants.

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Démission, destitution ou tutelle

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 publié le 24 octobre 2012 à 20 h 38

Avec le retrait temporaire du maire de Laval, Gilles Vaillancourt, pour des raisons de santé, vous vous demandez peut-être pourquoi le gouvernement n’a pas forcé M. Vaillancourt à se retirer plus tôt.

Il faut dire que ses pouvoirs sont plutôt limités parce que la loi prévoit des procédures complexes.

La tutelle

La tutelle n’est possible que si la Ville est paralysée. Si le conseil municipal n’est plus fonctionnel, s’il n’arrive plus à adopter des règlements, à faire son travail. Ce n’est pas le cas à Laval, pas plus qu’à Montréal d’ailleurs. C’est pour cela que le ministre des Affaires municipales Sylvain Gaudreault a écarté d’emblée cette possibilité.

La destitution

Elle est possible, mais le processus qui y mène est long et coûteux. En fait, il faut présenter une requête en inhabilité contre un maire devant la Cour supérieure. Deux citoyens de L’Ancienne-Lorette, en banlieue de Québec, ont entrepris cette démarche contre le maire Émile Loranger. Ils lui reprochent de ne pas avoir déposé les rapports financiers de la ville, notamment. Leur cause prendra des mois avant d’être tranchée. Dans le contexte où des élections municipales doivent avoir lieu dans un an, en novembre 2013, ça ne sert pas à grand-chose de se lancer dans une telle démarche.

Reste donc « l’appel à la réflexion » lancé par les membres du gouvernement Marois. Un appel, semble-t-il, entendu par le maire Vaillancourt.

Une démission ou un retrait de la vie politique serait la solution, disons, la plus facile pour ceux qui réclament la tête du maire Vaillancourt.

 

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Un virage

Lorsque François Legault a lancé son mouvement en février 2011, il a attiré l’attention et gagné l’adhésion d’une part appréciable de l’électorat non francophone, jusqu’à 20 % d’entre eux.

Mais, obnubilé par la conquête de l’électorat francophone majoritaire, François Legault a envoyé le signal de son indifférence aux anglophones et aux allophones. Ceux-ci en ont tiré leurs conclusions. Le désenchantement a entraîné le désistement, et les intentions de vote des non-francophones pour François Legault ont chuté autour de 5 % depuis plusieurs mois.

Désormais, François Legault a besoin de tous les votes. Et en fin de semaine, à son congrès de fondation, la Coalition avenir Québec a pris soin d’envoyer un tout autre message à la communauté anglophone et aux allophones.

Le flirt

Oui, la Coalition a adopté une résolution qui abolit les écoles passerelles, comme s’y était engagé François Legault. Or, un gouvernement de la Coalition n’utilisera pas la clause dérogatoire pour y parvenir. La manœuvre prend dès lors un caractère moins radical et, sans doute, plus aléatoire.

Les autres résolutions de la CAQ sur la place du français au Québec sont peu contraignantes, n’ont rien de coercitif, alors que la CAQ a fait du français et de la culture, une de ses priorités fondamentales.

Oui, la Coalition prévoit l’abolition des commissions scolaires, dont les commissions scolaires anglophones, pour les transformer en centres régionaux de service.

Néanmoins, au bénéfice des médias anglophones, la CAQ avait sous la main un parfait militant anglophone qui a soutenu que l’abolition des commissions scolaires n’enfreindrait pas la Charte des droits, car, de toute façon, ce sont des anglophones qui vont continuer à administrer les écoles anglophones. La Coalition tente, au moins, de donner l’impression qu’elle est attentive au sort de la communauté.

D’ailleurs, François Legault, dans son discours de clôture du congrès, paraît déjà avoir déniché son slogan de campagne en anglais : un très efficace « We care », qui rejoint directement le nouvel objectif que s’est fixé la Coalition, celui de rassurer la communauté anglophone et les allophones.

Cette opération charme entreprise par la Coalition est-elle vouée à l’échec?  La Coalition parviendra-t-elle à effacer la première impression très négative qu’elle a faite auprès des anglophones et des allophones?

Une communauté captive

La Coalition semble avoir pris note d’un des phénomènes des élections du 2 mai :  l’électorat non francophone est capable d’infidélité et semble prêt à écouter un parti qui se fait discret sur les questions de langue et qui ne parle pas de souveraineté. Et à l’exception des écoles passerelles et du problème des commissions scolaires, le nouveau programme de la Coalition s’inscrit assez bien dans ces paramètres.

En se tournant vers les anglophones et les allophones, la Coalition s’attaque à une clientèle exclusive au Parti libéral. Le défi du parti de François Legault à cet égard est double : gagner l’adhésion d’une proportion suffisante des non-francophones pour parvenir à fissurer la mainmise du Parti libéral et procéder à ce rapprochement sans pour autant s’aliéner les francophones.

François Legault 2.0

Ce qui a davantage sauté aux yeux pendant ce congrès, c’est que François Legault n’est plus tout à fait le même. C’est un François Legault « amélioré » qui s’est présenté samedi devant des centaines de militants attentifs, mais peu rompus aux débats politiques.

Le chef de la Coalition s’est exprimé avec une aisance qu’on ne lui a pas toujours connue. Il a pris le temps de présenter son texte, il le maîtrisait bien et il a su moduler le rythme et le ton de sa voix. Son allocution a été précédée par une présentation vidéo qui mettait en relief la personnalité et la famille du chef de la CAQ, sans doute pour montrer de quoi l’homme est fait et que, malgré l’absence de candidatures de prestige pour l’entourer, il n’est pas seul pour mener son combat.

Au point de presse à la fin de son congrès, il a répondu avec davantage d’assurance et de façon plus structurée aux questions des journalistes, dont celles de mes collègues anglophones.

Et, là encore, le François Legault 2.0 a frappé de nouveau. L’anglais de François Legault a fait des progrès évidents. Le chef de la Coalition ne cherchait plus ses mots, le vocabulaire était plus juste, plus précis et ses réponses étaient émaillées de « clips », ces fameux extraits d’environ 10 secondes destinés à une consommation médiatique. François Legault est parvenu à « dérouiller » son anglais et il est tentant d’y voir un autre signe de l’intérêt de la Coalition pour la communauté anglophone et les allophones.

Le chef fondateur

François Legault est devenu officiellement le chef fondateur de la Coalition avenir Québec, sans même la tenue d’un vote de confirmation ou d’un quelconque vote de confiance. Néanmoins, l’emprise qu’il exerce sur son parti ne fait aucun doute, même si plusieurs anciens de l’Action démocratique du Québec se situent davantage à droite du spectre idéologique.

François Legault se définit désormais comme un nationaliste (il a abandonné l’étiquette « autonomiste » qui était celle de l’ADQ). Huit fois, dans son discours de clôture, François Legault a prononcé l’expression « maîtres chez nous ». À cet égard, François Legault n’est pas en porte-à-faux avec ses membres, qui semblent prêts à l’accompagner dans son délicat jeu d’équilibriste sur la question nationale.

La culture du chef et du leadership fort est déjà bien implantée dans les gènes de cette Coalition avenir Québec qui a pris son envol en fin de semaine. François Legault n’a pas à craindre les contestations internes. Non, maintenant qu’il a un programme et des militants, ce qui lui manque, désormais, ce sont des têtes d’affiche disposées à courir le risque de monter à bord pour participer à cette aventure.

Catégorie: Élections Québec, Québec

Le dernier budget Bachand évalue que le Québec sera privé de plus de 9 milliards de dollars en 10 ans en vertu des nouveaux modes de calculs imposés par Ottawa pour le Transfert canadien en matière de santé (TCS). 

Deux mesures annoncées par Ottawa auront des effets concrets sur le budget québécois.  

1)   La répartition par habitant : à ce chapitre, Québec calcule que son manque à gagner atteindra 2,3 milliards de 2014 à 2024.  Selon le budget Bachand, la seule province qui ne subira pas une diminution de ses transferts, c’est l’Alberta, qui engrangera plus de un milliard de dollars supplémentaires par année.  C’est une mesure à coût nul pour le fédéral, qui ne profitera en fin de compte qu’à une seule province.  Sur 10 ans, c’est environ 11 milliards que l’Alberta recevra en plus. 

 2)   La croissance du TCS au PIB nominal (3,9 %) que le ministre des Finances Jim Flaherty a annoncé unilatéralement en décembre dernier à Victoria aux autres ministres des Finances du pays : cette mesure s’appliquera à compter de 2017 jusqu’en 2024. Et selon Québec, le manque à gagner sur son budget atteindra plus de 7 milliards.  Actuellement, les transferts en santé augmentent de 6 % par année. Le ministère des Finances du Québec a élaboré son estimation des pertes sur cette base.

 Au total donc, c’est près de 9,4 milliards sur 10 ans qui ne seront plus transférés d’Ottawa vers Québec.  Le gouvernement du Québec juge inacceptable ce désengagement financier d’Ottawa qui fera chuter la participation du gouvernement fédéral dans les dépenses québécoises en santé, qui représente 22 % actuellement.  Québec réclame qu’Ottawa réajuste le tir afin que sa participation augmente graduellement à 25 % des dépenses de santé.

Catégorie: Québec

Budget Bachand : ce qu’il faudra surveiller

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 publié le 16 mars 2012 à 17 h 42

Ce sera sans doute un budget d’une relative simplicité et sans trop de surprises. Le ministre des Finances Raymond Bachand a tracé une voie qui le mène jusqu’en 2013-2014 de laquelle il ne peut guère déroger, surtout en ce qui a trait à l’atteinte de l’équilibre budgétaire. Le déficit budgétaire devrait donc baisser au moins jusqu’à 1,5 milliard de dollars en 2012-2013, comme prévu.

 La dette

Ce qui sera surveillé de près, par les analystes et les partis d’opposition, c’est l’importance de la dette. La dette par rapport au PIB au 31 mars 2012 devrait atteindre 55,5 %. Dans un an, cette proportion devrait atteindre 55,6 %, un sommet. L’importance de la dette par rapport au PIB devrait ensuite baisser graduellement; l’objectif ultime du gouvernement Charest est qu’elle atteigne 45 % le 31 mars 2026.

 La proportion de la dette pourrait baisser, mais pas la dette elle-même en chiffres absolus. En effet, aujourd’hui, la dette frise les 184 milliards. Et dans quatre ans, elle devrait dépasser 207 milliards selon les prévisions. Ce sera un critère important, peut-être le plus important, pour juger la performance du ministre des Finances.

 Les dépenses

Il en sera de même pour le contrôle des dépenses. Cependant, l’analyse des dépenses gouvernementales est un exercice complexe et souvent peu concluant. Il y a les dépenses de programmes, les dépenses de ce qu’on appelle les fonds spéciaux de même que les organismes autres que budgétaires… une chatte y a souvent perdu ses petits.

 Les nouvelles initiatives devraient être peu nombreuses. Le ministre Bachand a indiqué que l’aide aux aînés fera partie des priorités. La question des retraites a été aussi déterminée comme prioritaire par le ministre, qui confirmera probablement son programme de régimes volontaires d’épargne-retraite, à moins qu’il n’attende, en toute logique, le dépôt du comité dirigé par Alban D’Amours sur les régimes de retraite avant de mettre ses propositions de l’avant.

 Pour ce qui est des taxes, des impôts et des tarifs, le ministre Bachand devra y penser deux fois avant d’alourdir le fardeau des Québécois. Il a déjà augmenté ce fardeau de façon importante dans les budgets précédents, qui se traduisent par des hausses en 2012, notamment sur l’essence, la taxe de vente, les droits de scolarité et la taxe santé. En demander encore plus aux Québécois, en pleine quatrième année de mandat, serait la meilleure façon de saborder le navire libéral, qui prend déjà l’eau dans les intentions de vote.

Catégorie: Québec

400, le chiffre magique

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 publié le 2 mars 2012 à 15 h 58

Le Parti québécois a son « Club des 400 ». François Legault convie des militants « ordinaires » à un cocktail à 400 $ le billet.

Pourquoi le chiffre 400 revient-il souvent dans le financement politique? La réponse est toute simple. C’est le montant le plus « rentable » pour les donateurs.

Selon les règles du financement politique, un don de 100 $ à un parti politique donne droit à un crédit d’impôt de 85 $. Pour chaque tranche additionnelle de 100 $, jusqu’à concurrence de 300 $, le crédit d’impôt est de 75 $.

Donc, si vous donnez 300 $, vous avez droit à un crédit d’impôt de 235 $. Ça veut dire que 65 $ sortiront réellement de vos poches.

Si vous donnez 400 $, votre crédit d’impôt sera de 310 $. Donc vous aurez donné 90 $.

Si vous donnez 500 $, le crédit d’impôt est le même, 310 $. Vous serez donc moins riche de 190 $, 100 $ de plus que si vous aviez donné 400 $.

Le crédit d’impôt étant le même que vous donniez 400 ou 500 $, il faut vraiment avoir des convictions pour faire un don de plus de 400 $.

Dans chaque circonscription, le PQ a son « Club des 400 ». Ceux qui donnent 400 $ sont conviés à une activité où ils reçoivent un bien ou un service d’une valeur de 90 $, l’équivalent de leur don réel. Ça peut être l’accès à un tournoi de golf, deux billets pour un souper militant avec un député comme conférencier, deux billets pour un cocktail avec la chef, etc.

Foi de Pauline Marois, les soupers à 1000 $ le couvert comme celui tenu par François Legault cette semaine n’existent plus depuis deux ou trois ans. La décision a été prise dans le contexte de suspicion qui règne au Québec sur la classe politique. On comprend que ceux qui participent à ces activités restreintes ne le font pas pour le crédit d’impôt, mais par conviction ou pour avoir un accès direct au chef.

Au PLQ, Jean Charest participe à quelques activités de financement, mais aucune restreinte à 1000 $ comme prix d’entrée. Un porte-parole indique que des activités à 1000 $ peuvent par contre avoir lieu avec des ministres.

Qui participe à ces soirées dispendieuses? Ça c’est plus dur à savoir, les partis gardent jalousement secrète la liste des invités.

Catégorie: Québec

Trudeau, Marois, Paillé, même combat?

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 publié le 15 février 2012 à 14 h 12

Intéressant de voir les diverses réactions devant l’épanchement de Justin Trudeau au sujet de l’évolution de « son » Canada sous le joug de Stephen Harper.

Ici, les gens du Bloc québécois ont été prompts à noter qu’il ne faisait que se joindre à un constat qu’ils ont fait depuis longtemps. Et on ne peut s’empêcher de retrouver dans ses propos des arguments qui rejoignent les discours récents des chefs souverainistes.

Pauline Marois s’est livrée à toute une envolée contre le gouvernement Harper à l’ouverture du Conseil national du PQ il y a deux semaines. Le pire gouvernement du Canada pour le Québec, selon elle, affirmant même que M. Harper est « le véritable adversaire du Québec ».

Début décembre, quelques minutes après avoir officiellement succédé à Gilles Duceppe à la tête du Bloc québécois, Daniel Paillé négligeait, oubliait presque, le NPD qui vient de décimer son parti, pour s’en prendre à Stephen Harper avec des arguments et des exemples que n’aurait pas rejeté Justin Trudeau, en tout cas, pas cette semaine.

Et là où la réaction dans le reste du Canada, le ROC, devient intéressante, c’est que personne — je ne prétends pas avoir tout lu, mais quand même —, disons presque personne, ne fait un lien avec le discours souverainiste en vogue.

Tout au plus, le professeur à l’Université d’Ottawa Robert Asselin,  qui a aussi été conseiller de chefs libéraux fédéraux, note que M. Trudeau traduit quand même le sentiment d’un nombre important de Québécois. Ensuite, en bon libéral, il passe notamment à l’analyse du statut de M. Trudeau et de ses aspirations à devenir le chef du PLC, qualifiant le geste de « narcissique au départ ».

Les autres commentateurs, pour la plupart anglophones, font encore moins le rapport entre Trudeau et l’opinion québécoise. Ils se concentrent sur le personnage, ses ambitions et surtout sur son père. Pour eux, Justin Trudeau semble être un de ces Québécois prêts à être canadien à ses conditions ou quand ça lui chante.

Ce qui se passe au Québec, hormis les scandales, ne semble pas retenir l’attention dans le ROC, et les gens du gouvernement Harper se défendent eux aussi fréquemment de négliger ou d’avoir laissé tomber le Québec, surtout depuis l’élection du 2 mai.

Catégorie: Ottawa

Legault nous fera-t-il le coup de Duplessis?

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 publié le 9 décembre 2011 à 18 h 40

L’année se termine et l’impopulaire Jean Charest dirige toujours son parti et le gouvernement du Québec. Malgré une succession de sondages défavorables, de rapports très critiques sur sa gestion dans certains dossiers (garderie, corruption dans la construction), l’homme garde les deux mains sur le volant.

 Le premier ministre Charest affirme même que cette année parlementaire a été meilleure que l’année dernière. Il faut dire que Jean Charest avait perdu, l’automne dernier, son élection partielle dans Kamouraska-Témiscouata alors qu’il a triomphé dans celle de Bonaventure cette semaine. Les résultats électoraux semblent avoir un très fort effet sur le moral de Jean Charest.

Pauline Marois, dont le leadership se lézarde depuis juin dernier, est toujours en poste elle aussi. Sa détermination fait d’elle une fière résistante à l’égard d’un parti habitué à dévorer ses chefs en quelques mois. La chef fait toutefois face à une situation étrange : malgré un vote de confiance de 93 % de ses membres, une partie de son caucus (10 députés au moins) ne lui fait plus confiance.

Elle doit donc réécrire des pages entières de son programme politique pourtant facilement adopté en avril dernier. Elle veut « rester jusqu’à l’élection », dit-elle, mais que restera-t-il de son parti le soir du scrutin? La question est cruelle, mais si le contexte politique ne change pas, cette interrogation demeure pertinente.

Deux chefs, contestés de différentes façons, s’accrochent à leur fonction. Un troisième, François Legault, vient de créer un parti sur mesure pour sa personne. En politique, le « timing » constitue souvent l’un des ingrédients magiques qui assurent le succès. François Legault semble pour l’instant en profiter.

Demeurons donc aux aguets. Nous pourrions voir un parti, rapidement constitué, prendre le pouvoir tout aussi rapidement. Le dernier qui a réussi ce tour de force s’appelait Maurice Duplessis. Le Parti conservateur avait fusionné avec l’Action libérale nationale pour créer l’Union nationale qui a perdu à l’élection de 1935, mais qui a pris le pouvoir environ une année plus tard, en 1936.

 

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