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La marée rouge vue de Québec

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 publié le 20 octobre 2015 à 18 h 04

À première vue, le premier ministre Couillard a de quoi se réjouir des résultats des élections fédérales. Justin Trudeau a indiqué qu’il voulait agir avec davantage d’ouverture dans sa façon de pratiquer le fédéralisme, et cela paraît relativement prometteur dans le dossier des changements climatiques.

À ce chapitre, les Couillard et Trudeau affichent une même détermination sur papier, bien que, concrètement, il n’est pas clair dans quelle mesure ces deux administrations réagiront concrètement aux projets de transport et d’exploitation des hydrocarbures au Québec et dans le reste du Canada.

Pour les transferts en santé, Justin Trudeau rejette l’approche unilatérale du gouvernement Harper et se dit prêt à discuter avec les provinces. Mais il insiste davantage, dans sa lettre qui répond aux demandes de Philippe Couillard, sur l’innovation que sur des injections importantes de fonds, comme le réclame Québec.

Dépassé sur sa gauche

Le plus évident de ces points de discorde entre les deux hommes est lié à l’économie et aux finances publiques. Philippe Couillard s’emploie à gratter les fonds de tiroir et réduit les dépenses en éducation bien en deçà de l’inflation tout en prétendant qu’il ne pratique pas une politique d’austérité. En revanche, Justin Trudeau plaide pour des déficits modestes pour relancer l’économie, avec un Ontario qui est parfaitement au diapason avec une politique économique expansionniste.

Philippe Couillard se fait aussi dépasser sur sa gauche par Justin Trudeau dans le dossier des retraites publiques (un régime plus généreux est envisagé en Ontario et peut-être ailleurs au Canada, mais pas au Québec). Quant au dossier de la marijuana, le PM du Québec est contre la légalisation et veut s’en tenir à la décriminalisation, sans parvenir à expliquer clairement son point de vue, même si quelques États américains sont déjà engagés sur la voie de la légalisation.

Moins libéral que les libéraux fédéraux

À propos du niqab, Justin Trudeau est limpide et rejette toute interdiction. Il l’a répété le soir de son élection. Pour sa part, Philippe Couillard se retrouve maintenant dans le rôle de celui qui veut interdire, peut-être au détriment de la Charte des droits et libertés, cette pièce de vêtement qui couvre le visage et le corps. En théorie, Philippe Couillard pourrait bénéficier sur cette question d’un appui populaire au Québec, bien que, jusqu’à présent, il n’y a que Mario Dumont qui soit parvenu à profiter bien temporairement (et il y a déjà 8 ans) du débat identitaire au Québec.

Et Philippe Couillard veut interdire le niqab – un outil d’oppression des femmes qui n’a rien à voir avec la religion, a-t-il répété en anglais au lendemain du scrutin fédéral – même s’il s’empêche d’interdire le tchador, qui couvre tout le corps, mais pas le visage. Doit-on comprendre que, pour cette raison, le tchador ne serait pas un outil d’oppression? Le tchador, dans l’esprit du premier ministre Couillard, serait-il une véritable pièce de vêtement à caractère religieux? Tout cela paraît bien spécieux, surtout à la lumière de décisions de la Cour suprême sur la liberté de religion.

À l’ombre d’Ottawa

La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, a jugé bon de se ranger aux côtés de Justin Trudeau, et tout indique qu’elle a remporté son pari sur tous les tableaux. Justin Trudeau deviendra premier ministre d’un gouvernement majoritaire avec forte représentation ontarienne.

Philippe Couillard ne peut pas en dire autant. La conséquence sera-t-elle que le Québec passera après l’Ontario à Ottawa? En tout cas, l’inverse paraît peu probable.

Le nouveau gouvernement de Justin Trudeau risque d’obtenir une partie appréciable de l’espace médiatique. Les nouveaux ministres fédéraux seront nécessairement plus présents que leurs prédécesseurs conservateurs. Dans certains cas, ça se fera au détriment des ministres libéraux québécois, qui seront moins sous les feux de la rampe.

L’éclat du nouveau premier ministre et de sa famille, qui prendront place au 24 Sussex, pourrait rendre bien terne un premier ministre Couillard qui n’affiche, pour le moment, que des ambitions comptables.

Les gouvernements libéraux à Québec ont rarement bénéficié de la présence d’un gouvernement rouge à Ottawa. Face au fils de Pierre Trudeau, le fédéraliste convaincu qu’est Philippe Couillard devra jauger la façon dont il commandera sa barque constitutionnelle, dont il se plaît à agiter les voiles, malgré qu’il sache qu’elle est toujours en cale sèche. Est-ce qu’un jour viendra où Philippe Couillard sera contraint de manifester des velléités nationalistes pour rassurer les Québécois à l’égard de Justin Trudeau et retrouver une place au soleil?

Tout nouveau, tout beau

Le nouveau premier ministre paraît promis à une lune de miel qui, par la force des choses, ne durera qu’un temps. Philippe Couillard sait bien qu’un jour ou l’autre, Justin Trudeau perdra du lustre, d’autant que son propre gouvernement a subi une importante métamorphose en une seule nuit, en raison de l’arrivée de Justin Trudeau.

Le gouvernement Couillard apparaît tout à coup plus beige et sans vertu progressiste, comme si l’on se rendait compte davantage de certains plis du gouvernement du PLQ que l’on associait jusqu’à présent au gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Catégorie: Québec

Michael Zehaf-Bibeau, le « terroriste »

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 publié le 6 mars 2015 à 18 h 00

On a finalement vu le manifeste vidéo enregistré par Michael Zehaf-Bibeau avant ses attaques du mois d’octobre dernier.

On peut voir 55 secondes d’un discours plutôt éloquent venant de quelqu’un qui a l’air calme et en pleine possession de ses moyens.

La GRC en a enlevé 18 secondes, 13 au début et 5 à la fin, pour des raisons liées à l’enquête, nous dit-on. Ces 18 secondes expliquent-elles pourquoi il a fallu quatre mois à la GRC pour rendre la vidéo publique? On ne nous l’explique pas, mais les 55 secondes que l’on peut voir ne nous permettent pas de comprendre pourquoi il a fallu que les Canadiens attendent si longtemps.

Michael Zehaf-Bibeau était un terroriste, a dit le commissaire de la GRC, Bob Paulson, dans une salle de comité où il y avait beaucoup plus d’agents de sécurité en uniforme et en civil que d’habitude.

Ce qu’il a fait est conforme à la définition d’une activité terroriste dans l’article 83.01 du Code criminel. Il n’était pas sous l’influence de drogue ni d’alcool, mais il a été influencé pour commettre ses attaques, dit le commissaire Paulson.

Quand Rosane Doré Lefebvre du NPD demande s’il n’avait pas aussi des troubles de santé mentale, le commissaire de la GRC dit qu’il sait que Zehaf-Bibeau a eu des problèmes dans le passé, mais que la preuve qui a été accumulée par les enquêteurs ne souligne aucun problème de santé mentale au moment des attaques.

Pas étonnant donc, de voir les conservateurs satisfaits à la fin de cette heure de témoignage qui venait renforcer leur concept qu’un terroriste est un terroriste parce qu’il est terroriste, et que rien ne sert de comprendre ce qui peut l’avoir mené là ou pousser à faire les gestes qu’il a faits.

Il faut se rappeler comment le premier ministre Harper a pris à partie Justin Trudeau après l’attentat au marathon de Boston. Il lui avait reproché de chercher des excuses aux terroristes, car le chef libéral avait dit que les attaques avaient eu lieu parce que quelqu’un se sentait exclu et totalement en guerre avec la société.

Maintenant, c’est le chef de l’opposition officielle Thomas Mulcair qui va écoper, puisque le 29 octobre il a dit qu’il ne croyait pas être en présence d’un acte terroriste s’il tenait compte de l’histoire de l’individu et du nombre de fois où il a demandé de l’aide.

Pour les conservateurs, Michael Zehaf-Bibeau est dans la case terroriste, plus de doute à avoir. Comment n’a-t-il pas été détecté avant, qui l’a radicalisé, qui l’a influencé, comment se fait-il qu’il n’ait pas fait l’objet de surveillance? Ces questions restent sans réponses.

Catégorie: Ottawa

Il n’y aura ni tambours ni trompettes, et encore moins de photos de cette première poignée de main, car il n’y a jamais de prise d’images quand le PM Harper rencontre un homologue provincial. Même l’heure précise de la rencontre est gardée presque secrète. Cette première prise de contact entre Philippe Couillard, nouveau premier ministre du Québec, et Stephen Harper, n’en est pas moins fort attendue.

L’ironie, bien sûr, c’est que pour toute l’importance stratégique qu’on accorde à cette rencontre privée, on déploie tout autant d’efforts pour en minimiser les attentes. Un geste important certes, mais qui ne risque pas de se solder par de grandes annonces. Là n’est pas l’objectif, dit-on en coulisse. Ce n’est pas dans le cadre d’une rencontre de 30 à 45 minutes que les deux hommes sont susceptibles de régler le sort des relations Québec-Ottawa. Mais ça demeure l’occasion d’établir un premier contact, de jeter les bases d’une éventuelle relation.

Au bureau du premier ministre, par la bouche de l’attaché de presse de Stephen Harper, Carl Vallée, on se contente de dire : « Le gouvernement a pris acte des résultats du 7 avril, nous sommes là pour appuyer le nouveau gouvernement qui a fait de l’emploi et l’économie ses priorités. Il s’agit de voir comment nous allons collaborer. »

À 18 mois des élections fédérales, face à un nouveau partenaire, il est bien évident que les conservateurs voudraient bien profiter de l’arrivée d’un nouveau gouvernement fédéraliste à Québec pour remettre le compteur à zéro. Profiter de ce changement de garde pour rétablir un dialogue constructif et, l’espère-t-on, rebâtir des ponts avec l’électorat québécois.

Parlant de ponts, si tous sont bien conscients que le péage sur le futur nouveau pont Champlain demeurera un enjeu litigieux, qui sait si l’éventuelle stratégie maritime du gouvernement Couillard et la relance du Plan Nord n’ouvriront pas la porte à des partenariats efficaces et constructifs entre Ottawa et Québec.

Disons que ce serait bienvenu pour les conservateurs, car la liste des litiges entre les deux capitales demeure intacte et date de bien avant le gouvernement Marois. Pensez à la réforme du Sénat dont le verdict de la Cour suprême est attendu vendredi. Pensez à la destruction des données du registre des armes d’épaule qui doit également être entendu par le plus haut tribunal du pays pour ne nommer que ceux-là.

D’ailleurs, s’il y a une nomination au conseil des ministres qui n’est pas passée inaperçue à Ottawa c’est bien celle de Jean-Marc Fournier comme ministre responsable des relations intergouvernementales. S’ils laissent la chance au coureur, les conservateurs n’ont pas oublié son passage au ministère de la Justice sous le gouvernement Charest. C’est lui qui a, en quelque sorte, judiciarisé les rapports entre Québec et Ottawa. Il était à l’origine d’un premier renvoi devant les tribunaux québécois sur la réforme du Sénat (voir le jugement sans équivoque de la Cour d’appel du Québec) et sur le registre des armes d’épaules qu’il avait qualifié de « bris de démocratie ».

Il avait surtout mené la charge contre toute la réforme du Code criminel par le gouvernement Harper en venant témoigner en comité parlementaire pour reprocher aux conservateurs de « favoriser la récidive et multiplier les victimes […] La science sert à quelque chose. À un moment donné, il y a quelqu’un qui a découvert que la Terre était ronde », avait-il dit avec ironie à l’époque.

Néanmoins, malgré tous les écueils qui guettent la nouvelle relation Harper-Couillard, le nouveau premier ministre du Québec aura au moins eu un accueil plus courtois que Pauline Marois. Quelques heures à peine avant son assermentation comme première ministre, Ottawa avait mis de l’huile sur le feu du débat le plus fertile en émotions qui soit en annonçant qu’il portait la cause du registre des armes d’épaule en appel!

Le gouvernement Harper n’a pas l’intention de laisser passer la chance de renouveler ses relations avec le Québec cette fois-ci. S’il est vrai que Philippe Couillard et lui peuvent se retrouver sur le chemin économique, c’est sur un tout autre terrain qu’il pourrait envoyer un signal de bonne foi sans équivoque, en prenant la peine de consulter le nouveau premier ministre du Québec sur la nomination du prochain juge à la Cour suprême, en remplacement de Marc Nadon, dont la nomination a été annulée par le plus haut tribunal du pays en pleine campagne électorale.

Catégorie: Ottawa, Québec

La campagne vue d’Ottawa

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 publié le 6 mars 2014 à 7 h 52

Les campagnes électorales québécoises sont toujours accueillies avec beaucoup de prudence à Ottawa. À cause du contexte politique bien spécifique au Québec, sa relation par moments difficile avec Ottawa, aucun parti fédéral ne veut avoir l’air de faire preuve d’ingérence dans le choix des Québécois.

Mais si la campagne qui se dessine ne fait pas exception à cette règle, la perspective d’un gouvernement majoritaire du Parti québécois force la main des partis fédéraux. Soudainement, l’enjeu de l’unité nationale, si longtemps mis de côté, reprendrait ses droits sur l’échiquier politique canadien et imposerait du même souffle un nouveau test aux chefs fédéraux.

La joute est d’autant plus intéressante qu’elle confronte chacun des partis à son lot de défis, voire de problèmes, face à l’électorat du reste du pays.

« S’il y a des faits qui sont erronés qui sont amenés pendant la campagne, je vais me faire un devoir de corriger le tir. » – Denis Lebel, lieutenant politique de Stephen Harper au Québec

C’est ainsi que cette fois-ci, les ministres conservateurs n’ont pu s’empêcher de déroger un tout petit peu à leur ligne habituelle de « notre seule priorité c’est l’économie ».

Christian Paradis a pris la peine de vanter l’accord sur la main d’oeuvre conclu lundi entre son collègue Jason Kenney et la ministre Agnès Maltais. Le signe, dit-il, de la « bonne foi du gouvernement conservateur ».

Pour les conservateurs il ne suffit plus d’éviter de donner des munitions au Parti québécois. Soudainement, le parti de Stephen Harper est conscient qu’il doit se donner les moyens de convaincre le reste du Canada que malgré sa relation orageuse avec les Québécois, il est en mesure de défendre l’unité du pays. Pour un premier ministre à qui plusieurs reprochent d’avoir tourné le dos au Québec, ce n’est pas là un mince défi.

« J’ai l’intention de rester neutre. Je n’appuierai aucun, aucun parti lors de cette campagne. » –  Thomas Mulcair, chef du NPD

Voilà, c’est dit. Si le chef du NPD reste neutre pendant la campagne, c’est qu’il attend la création d’un NPD Québec, la prochaine fois. Cette neutralité offre également une belle porte de sortie pour un chef dont bien des militants, et certains députés, de l’aile plus nationaliste, ont déjà cultivé davantage d’affinités avec les partis souverainistes, comme Québec solidaire et le Parti québécois.

Mais ça ne s’arrête pas là. La question du Québec demeure une arme à double tranchant pour le NPD. D’une part, Thomas Mulcair peut vanter l’ouverture de son parti grâce à la Déclaration de Sherbrooke. Un gouvernement néo-démocrate éviterait bien des déchirements et affrontements politiques en consentant au Québec un droit de retrait avec pleine compensation de tous les programmes fédéraux dans les champs de compétence des provinces, comme la main d’œuvre.

Mais d’autre part, il doit convaincre le reste du pays que cette Déclaration de Sherbrooke n’est pas une manœuvre risquée pour l’unité nationale, puisqu’elle permettrait de reconnaître un « oui » au référendum avec une simple majorité de 50 % + 1. C’est donc tout un jeu d’équilibre et de persuasion qui s’amorce pour le NPD si le dossier de l’unité nationale devait reprendre l’avant-plan sur la scène fédérale.

D’ailleurs, il ne suffit que d’observer comment le discours de Thomas Mulcair s’est nuancé au cours des derniers jours pour voir à quel point lui et son parti naviguent avec prudence. Samedi dernier, en entrevue à l’émission radiophonique de CBC The House, il affirmait qu’une majorité péquiste entraînerait automatiquement un référendum.

« Si, tragiquement, Mme Marois obtient une majorité, je n’ai aucun doute qu’elle ira vers un référendum », a-t-il déclaré, ajoutant que c’est là « le dernier hourra de cette génération ».

N’essayez pas de lui faire répéter une telle prédiction maintenant que la campagne est déclenchée! « Moi, j’ai travaillé toute ma vie pour faire une meilleure place pour le Québec au sein du Canada, de faire en sorte qu’il y ait des conditions gagnantes pour le Canada au Québec », répète le chef néo-démocrate.

Au-delà des nuances parfois épineuses des prises de position de son parti, Thomas Mulcair mise sur son engagement dans la cause fédéraliste au Québec depuis les tous débuts pour consolider l’appui des électeurs québécois et convaincre ceux du reste du pays.

« La meilleure façon d’éviter un troisième référendum, c’est de voir M. Couillard devenir premier ministre du Québec.» Dominic Leblanc, leader parlementaire du PLC

Si on n’a pas entendu Justin Trudeau sur la question, c’est bien parce qu’il a pris une semaine de congé pour profiter de la naissance de son fils Hadrian vendredi dernier. Il a donc laissé le député acadien Dominic Leblanc monter aux barricades sur l’épineuse question québécoise.

Mais le signal des libéraux n’est pas moins clair : on appuie les « cousins » libéraux à Québec et on s’amuse à attaquer la crédibilité des adversaires néo-démocrates et conservateurs. C’est ainsi que Dominic Leblanc souligne à gros traits que « les Québécois n’ont pas énormément d’affinité avec M. Harper » et qu’il est « très révélateur que M. Mulcair soit incapable de dire qu’il cherchait une option fédéraliste comme gouvernement du Québec ».

À vrai dire, on a l’impression que le Parti libéral se sent libre de toute contrainte sur ce front. Justin Trudeau a été le premier chef fédéral à sortir contre la Charte des valeurs en août dernier. Il a encore frappé sur le clou lors de son congrès. En coulisse, bien des libéraux font le pari qu’ils seront les mieux placés pour rallier le vote fédéraliste au Québec, advenant une victoire du Parti québécois.

C’est ainsi que pour une campagne dont personne ne veut se mêler, l’élection au Québec fait beaucoup jaser ici à Ottawa. Tous se positionnent à l’avance, conscients des conséquences que pourraient avoir les résultats du 7 avril prochain sur la joute fédérale et le vote qui attend les Canadiens en octobre 2015.

Catégorie: Élections Québec 2014

Andrew Leslie
SRC/PC/Murray Brewster

D’emblée, Andrew Leslie, ancien général et futur candidat vedette du parti libéral fédéral, a réussi un pari énorme : attirer à son discours une foule nombreuse, malgré la demi-finale olympique de hockey États-Unis-Canada.

Il faut dire que même s’il n’est pas flamboyant, il a livré un discours inspirant où il a su faire un savant mélange de vie personnelle et de vision politique. Mais surtout, surtout, il avait préparé une riposte bien articulée aux attaques des conservateurs contre son tristement célèbre déménagement à 72 000 $.

D’abord, il faut savoir qu’Andrew Leslie maintient ne pas avoir su que l’ensemble du remboursement, y compris le déménagement et les frais de courtage, s’élevait à 72 000 $. Il insiste aussi sur le fait qu’il n’a rien obtenu de plus que ce à quoi ont droit tous les militaires de plus de 20 ans de carrière.

Mais dans son discours, il laisse entendre que c’est par dépit que les conservateurs s’en sont pris à lui avec cette histoire de frais – le ministre de la Défense ayant même demandé une enquête – parce que, dit l’ex-général, il aurait eu des conversations avec plusieurs partis politiques avant de choisir le Parti libéral du Canada.

« J’ai voulu laisser tomber les conservateurs gentiment en leur disant que ce n’était pas eux, mais moi. Après ce qui s’est passé ces derniers jours, je suis convaincu que c’est eux. »
– Andrew Leslie, en riant

Du discours à la conférence de presse

Surfant sur ces quelques lignes qui ont fait lever les délégués, il a multiplié les attaques contre le gouvernement Harper, accusant le ministère de la Défense de ne pas être capable de se procurer un simple camion et de laisser tomber les anciens combattants.

En résumé, une belle performance.

Et il aurait dû s’arrêter là.

Malheureusement, l’ex-général est passé « de la finesse au flop », comme a dit une de mes collègues de CBC. Il a eu la mauvaise idée de tenir une conférence de presse après son discours.

Ses bonnes lignes sur le dépit des conservateurs ont fondu comme neige au soleil quand il a été obligé d’admettre que les conversations qu’il a eues avec les conservateurs ont peut-être été initiées par lui. Il ne sait plus qui a parlé à qui ni quand…

L’ex-général a alors perdu de son lustre. Il est devenu un homme ordinaire qui a proposé ses services à presque tout le monde avant de se décider pour les libéraux. « Avez-vous discuté avec le Bloc québécois? », a lancé un des journalistes désabusés.

Le fier guerrier sur son destrier, prêt à porter bien haut la bannière libérale pour pourfendre les vilains conservateurs, a perdu tout son lustre en moins de 15 minutes. Andrew Leslie a appris à la dure que se taire après un discours qui a eu eu plus d’ovations que Justin Trudeau la veille aurait eu du bon.

Catégorie: Ottawa

Que veut faire le Canada en politique étrangère?

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 publié le 12 octobre 2013 à 8 h 28

À la réunion du groupe d’action ministériel du Commonwealth, le mois dernier à New York, le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird a eu des propos inappropriés et désobligeants à propos des Maldives. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la lettre de protestation que le président des Maldives a envoyée au premier ministre Harper.

Le porte-parole du ministre Baird, Rick Roth, en expliquant ce que son patron a fait, a eu l’équivalent d’un haussement d’épaules. Il ne voyait pas de problème à ce que le ministre Baird souligne l’ironie, dit-il, de voir ainsi son homologue maldivien à la réunion, représenter un gouvernement qui n’a obtenu que 5 % des suffrages au premier tour des élections.

Le problème du ministre Baird c’était justement les irrégularités dénoncées au premier tour de scrutin aux Maldives le 7 septembre dernier. Sauf qu’il semble que le ministre n’ait pas eu beaucoup de raison de sortir ainsi du cadre diplomatique, puisque la Cour suprême des Maldives a annulé cette semaine les résultats du premier tour qui va se tenir de nouveau. Les Maldives ont donc l’air de dire qu’ils sont assez grands pour savoir ce qu’ils ont à faire sans que le Canada s’en mêle et que cette sortie de John Baird va entacher les relations bilatérales.

Le Sri Lanka aussi

Décidément, les petits pays de l’océan Indien sont dans la mire du gouvernement canadien. En plein milieu du sommet Asie-Pacifique à Bali en Indonésie, le premier ministre Stephen Harper a annoncé qu’il n’irait pas, à la mi-novembre, au sommet des chefs d’État et de gouvernement du Commonwealth parce que le sommet a lieu au Sri Lanka, un pays critiqué pour son non-respect des droits de l’homme.

Le premier ministre a même son porte-voix, le sénateur conservateur Hugh Segal, qui agit comme envoyé spécial au Commonwealth et qui accuse sans hésitation le secrétaire général du Commonwealth Kamalesh Sharma, un Indien, de couvrir et de défendre le régime du Sri Lanka. Le Canada en est donc à revoir sa contribution annuelle de 20 millions de dollars au Commonwealth et envisage de couper les 5 millions qu’il verse annuellement au secrétariat du Commonwealth.

Le problème avec l’action du Canada contre le Sri Lanka, que Stephen Harper aimerait voir suspendu de l’organisation — comme le Pakistan l’a été pendant cinq ans après le coup d’État de 1999 et encore quelques mois, début 2008 — c’est qu’aucun autre membre de poids du Commonwealth ne suit. L’Australie va y assister pour y discuter des clandestins sri-lankais. La Nouvelle-Zélande y sera parce qu’elle est en campagne pour un siège au conseil de sécurité de l’ONU, et ainsi de suite.

La démocratie à la carte

La participation aux réunions d’organisations multilatérales est liée à des préoccupations qui tronquent bien souvent les grands principes. Le diplomate canadien à la retraite Ferry de Kerckhove appelle ça la « démocratie à la carte ». Le gouvernement de Stephen Harper par exemple va boycotter la réunion du Commonwealth, mais il n’a pas eu les mêmes hésitations à participer au Sommet de la francophonie à Kinshasa en République démocratique du Congo il y a un an. Pourtant, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme dénonce non seulement de graves violations des droits en RDC, mais aussi que son rapport de 2010 soit demeuré lettre morte. Pourquoi Kinshasa et pas Colombo, capitale du Sri Lanka?

Peut-être parce que les relations sont meilleures avec le secrétaire de la Francophonie Abdou Diouf, ou que l’ancienne gouverneure générale Michaëlle Jean fait campagne pour lui succéder. Ou encore parce que le premier ministre Harper ne voulait pas que Pauline Marois (le Québec est un des 57 membres comme le Nouveau-Brunswick et le Canada) y soit seule.

Peut-on penser aussi que le Sri Lanka et les Maldives sont des cibles faciles parce que le Canada y a peu d’intérêts économiques? On ne tient pas — aucun pays ne le fait — le même discours à la Chine, dont l’économie mondiale a tant besoin. Le gouverneur général David Johnston quitte pour la Chine et la Mongolie aussitôt le discours du Trône prononcé la semaine prochaine.

Et la politique?

L’autre facteur qu’il ne faut pas perdre de vue dans le cas du Sri Lanka, c’est le nombre de Tamouls qui vivent maintenant au Canada. Ils sont plus de 143 000, dont plus de 100 000 dans la grande région de Toronto. Les conservateurs fédéraux, Jason Kenney en tête, sont partis à leur conquête avant les élections de 2006 et cet électorat demeure important pour eux.

Catégorie: Ottawa

Une question d’image…

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 publié le 7 juin 2013 à 12 h 20

L’avion repeint

Quand Stephen Harper s’envolera pour l’Europe mardi prochain, ce sera à bord de son avion nouvellement repeint. Il ne sera plus du traditionnel gris vert militaire, mais rouge, blanc et… bleu. Pas blanc et rouge comme le drapeau du Canada, mais rouge, blanc et bleu. L’avion du premier ministre, affirme le chef de l’opposition, est maintenant aux couleurs du Parti conservateur! Appelé à se prononcer sur le nouveau look de l’Airbus 310, repeint au coût de 50 000 $, Thomas Mulcair a déclaré :

« Je trouve que c’est encore une fois une indication que l’équipe de Stephen Harper est toujours en train d’enlever les lignes de démarcation entre les fonds publics et l’avoir propre d’un parti politique. Les couleurs de l’avion qui ont coûté une fortune aux contribuables sont les couleurs et le logo du Parti conservateur. Je peux juste vous assurer d’une chose. Je vous promets, le NPD, dès qu’on forme le gouvernement en 2015, ne va pas peinturer l’avion orange. C’est un avion du gouvernement, pas un avion du parti. »

L’avion avant

Au gouvernement, on se défend que l’avion soit aux couleurs du parti. C’est un mélange, dit-il, de symboles canadiens comme le drapeau, les armoiries du pays et le logo de l’aviation canadienne.

Évidemment, cette histoire tombe bien mal pour le gouvernement. Bien sûr, l’avion devait faire l’objet d’une révision majeure et devait être repeint. En temps normal, l’histoire serait passée inaperçue. Mais dans le contexte où des questions se posent sur les chevauchements entre les activités partisanes et les activités gouvernementales et sur la façon dont s’est dénouée l’histoire du sénateur Duffy et le remboursement des frais qu’il n’aurait pas dû réclamer, il y a fort à parier que le gouvernement Harper ne soulignera pas en grandes pompes le nouveau look de l’avion du premier ministre!

Catégorie: Ottawa

Bilan d’une rentrée ultra-partisane

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 publié le 21 septembre 2012 à 16 h 58

S’il fallait trouver un mot pour décrire cette rentrée parlementaire à Ottawa, lequel choisir?

Productif? J’en doute.

Constructif? Encore moins.

Mais ultra-partisan, vindicatif,  seraient plus appropriés. À vrai dire, cette rentrée parlementaire à Ottawa aura été aussi partisane que révélatrice.

Bien sûr, Thomas Mulcair a tenté d’insuffler une dose de professionnalisme et d’optimisme à cette rentrée. Dans un discours à son caucus, il a tracé leur route vers le pouvoir, comme un fruit mûr à cueillir en 2015. « C’est pourquoi, cet automne, nous allons présenter aux Canadiens un message positif, optimiste et ô combien déterminé. Un message qui parle de rétablir l’économie équilibrée que les conservateurs ont démantelée », a-t-il promis à ses députés.

Mais la réalité, c’est qu’en cette première semaine de travaux parlementaires, lui et son parti ont dû subir l’assaut des conservateurs. À la période des questions seulement, députés et ministres de Stephen Harper l’ont accusé de vouloir mettre en oeuvre une taxe sur le carbone, une taxe de 20 milliards de dollars. Une accusation répétée 36 fois en 5 jours durant la seule période des questions. Une taxe « qui tuerait des emplois et ferait augmenter le prix de l’essence, de l’électricité et de pratiquement tout ».

On se serait crû à l’époque du virage vert de Stéphane Dion, en 2008.

Le problème (et les néo-démocrates prient pour que vous le sachiez), c’est que la taxe sur la carbone n’apparaît nulle part dans le programme du NPD. Celui-ci propose plutôt de mettre en place une bourse du carbone. L’ultime ironie, c’est que le Parti conservateur a lui-même proposé une bourse sur le carbone en 2008. Mais soudainement ça c’est de l’histoire ancienne… voilà. Mauvaise foi? À vous de juger. Mon collègue de Maclean’s offre une analyse fort intéressante d’ailleurs.

Sur le front du Québec (drapeau, registre des armes d’épaule), les troupes de Thomas Mulcair ont joué de prudence. Sans surprise, bloquistes et libéraux n’ont pas hésité à dénoncer la décision du gouvernement Harper d’en appeler de l’injonction accordée par la Cour supérieure pour sauvegarder les données québécoises du registre. Même la députée néo-démocrate Françoise Boivin a parlé d’« un affront pour tous ceux qui sont du côté de la prudence, du côté de la sécurité publique ». Mais ne cherchez pas une telle indignation du côté de Thomas Mulcair. Il a plutôt bien évité de se montrer cinglant. « Pour ce qui est du registre des armes à feu, porter ça en appel, ce n’est pas la fin du monde. C’est un cours qui existe pour le gouvernement tant et aussi longtemps qu’effectivement, ils n’ont pas détruit les informations », a-t-il déclaré.

Cette prudence du chef reflète non seulement un certain malaise de plusieurs membres de son caucus face au registre, mais surtout l’espoir du NPD de faire des gains dans les régions du pays où ce registre est honni. Morale de l’histoire : cette semaine, le NPD a choisi de ne pas se mouiller, mais sur les grands enjeux et ceux qui sont plus symboliques, il est loin d’être acquis que tant les Québécois que les électeurs du reste du pays vont apprécier une telle ambivalence à la longue. Après tout, la politique c’est l’art des choix.

Du côté des conservateurs, ceux-ci avaient beau promettre de ne pas mordre à l’hameçon de la gouvernance souverainiste, on a pu constater qu’ils n’en ont pas besoin pour attiser les braises; pensez à la « fierté » de Maxime Bernier d’annoncer l’appel de son gouvernement sur le registre, et Christian Paradis qui ferme la porte à toute discussion sur autre chose que l’économie.

Inutile de dire qu’on a bien hâte de voir Stephen Harper et Pauline Marois côte à côte au Sommet de la Francophonie dans quelques semaines à Kinshasa au Congo.

Pour le reste, comme vous l’a expliqué mon collègue Denis Ferland, le signal d’une nouvelle loi omnibus est clair. Il cache d’ailleurs la tactique d’insérer dans cet immense texte législatif l’éventuelle réforme du régime de pension des députés. Une tactique, diraient certains, pour forcer l’opposition à « voter contre un ménage de leurs retraites dorées », même si elle est en faveur du principe? On entend déjà les lignes d’attaques du caucus conservateur à ce sujet.

L’objectif des conservateurs, dans ce dossier comme dans celui de la taxe sur le carbone, semble être de forcer l’opposition à jouer dans les nuances.

Forcer l’opposition dans le gris alors que dans le monde politique de Stephen Harper, on opère toujours dans le noir ou blanc.

La vie n’est pas si simple me direz vous. Mais les stratèges de Stephen Harper vous répondront que jusqu’à maintenant, ça a toujours fonctionné.

Catégorie: Ottawa

Omnibus dans l’omnibus…

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 publié le 12 juin 2012 à 15 h 17

Le président de la Chambre n’a pas trouvé sur quoi s’appuyer pour accéder à la demande d’Elizabeth May et tout simplement retirer le mégaprojet de loi C-38 sur le budget, sous prétexte que ce n’était pas un véritable projet de loi omnibus au sens parlementaire du terme.

Justement, il n’y a pas de règle définissant cette catégorie de projets de loi. Des prédécesseurs les ont en quelque sorte décrits, sans leur donner de poids, et ont même précisément réclamé que les règles de la Chambre des communes soient modifiées à cette fin. Un ou une présidente pourrait ainsi trancher – comme n’a pas pu le faire lundi Andrew Scheer : est-ce que le gouvernement abuse des procédures en amalgamant toutes sortes de mesures disparates ou est-ce l’opposition qui exagère en voulant scinder et simplifier un projet de loi imposant?

Si on revient au débat de principe – à défaut d’un débat parlementaire – et à notre C-38, il reste que la notion « omnibus » n’est pas purement ésotérique. Elle réfère à un projet de loi ayant « un seul principe de base et un seul objet fondamental qui justifie toutes les mesures envisagées et qui rend le projet intelligible à des fins parlementaires ». On parle aussi de mesures, souvent des modifications à plusieurs lois, « ayant un lien entre elles ».

Le C-38 traite de mesures fiscales sur 30 pages, du développement des ressources et d’environnement sur 160 autres et ensuite de libérations conditionnelles, du SCRS, de procréation assistée, d’immigration, des pensions, des artistes, des Parcs nationaux, d’assurance-emploi et quoi encore. On comprend que le thème central est inexistant et que le lien est au mieux ténu, au pire inexistant. Ça fait une belle jambe à l’opposition, puisqu’elle a un argument du côté du gros bon sens qui ne lui donne rien sur le plancher de la Chambre des communes.

Du côté du gouvernement, l’avenir économique du pays dépend de l’adoption de tout le C-38, on est omnibus ou on ne l’est pas. Remarquez qu’il y a une partie du projet C-38 qui répond parfaitement aux critères  « omnibus », mieux encore, un seul article couvrant quelques 160 pages est un projet de loi omnibus en bonne et due forme. Je parle de toute la partie 3 intitulée Développement responsable des ressources qui est techniquement un seul article que voici :

52. Est édictée la Loi canadienne sur l’évaluation
environnementale (2012), dont le
texte suit et dont les annexes 1 à 3 figurent à l’annexe de la présente loi :

Suivent les 160 pages qui traitent d’un seul principe et d’un seul objet fondamental tel que décrit plus haut, le développement des ressources, qui modifient six lois au moyen de mesures distinctes qui sont liées entre elles. Bref, un projet de loi omnibus, un vrai celui-là, intégré si ce n’est caché dans l’autre omnibus. Le gouvernement l’a en plus un peu admis, car il a permis que toute cette partie du C-38 soit examinée séparément du reste, pas assez longtemps au goût de l’opposition bien sûr. Mais tout de même, c’est un début d’admission…

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La Cour suprême, les juges et le NPD

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 publié le 18 octobre 2011 à 8 h 14

Il fallait écouter, et surtout voir le député néo-démocrate Yvon Godin commenter la nomination des deux nouveaux juges à la Cour suprême pour saisir l’ampleur du malaise qui règne au NPD.

Le problème n’est pas la compétence des juges Andromache Karakatsanis et Michael Moldaver, mais que ce dernier n’est pas bilingue.

Or, le NPD réclame depuis des années que le bilinguisme soit enchâssé comme critère incontournable dans la nomination des juges à la Cour suprême, le député Yvon Godin a même fait adopter un projet de loi aux Communes en ce sens, un projet de loi qui est mort au Sénat.

Yvon Godin a beau être indigné du choix d’un juge unilingue anglophone, son propre parti a donné son aval à la nomination du juge Michael Moldaver.

En effet, le député néo-démocrate Joe Comartin était membre du comité spécial mis sur pied pour évaluer les candidatures et offrir des recommandations au premier ministre.

Ce comité formé de cinq députés devait évaluer la liste des candidats soumis par le ministère de la Justice et s’entendre sur une liste réduite de six candidats à soumettre au premier ministre.

Entre deux conservateurs et un libéral, le néo-démocrate avait voix au chapitre et a fait son choix.

Joe Comartin a beau affirmer aujourd’hui qu’il n’est pas d’accord avec la nomination du juge Micheal Moldaver parce que celui-ci n’est pas bilingue, il refuse d’expliquer pourquoi il  a accepté de soumettre sa candidature au premier ministre.

Joe Comartin est tenu au secret, c’était la condition de sa participation aux délibérations du comité spécial.

Est-ce qu’en coulisse le NPD a préféré un juge non bilingue à une autre candidature jugée trop idéologique? Possible.

N’empêche, aujourd’hui le NPD en est réduit à dénoncer l’unilinguisme d’un candidat qu’il a appuyé.

« La loi ne prescrit pas le bilinguisme pour les juges de la Cour suprême, donc nous ne pouvions pas écarter une candidature sur ce critère-là », se bornent à répéter les stratèges néo-démocrates.

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