Billets classés sous « PLQ »

Les chiffres décortiqués

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 publié le 13 mai 2013 à 23 h 56

Tout bon politicien vous dira qu’il ne commente pas les sondages. Mais vous devez savoir que tout bon politicien dévore les sondages comme un amateur de hockey dévore les statistiques.

Alors, que comprendre du dernier Léger Marketing qui donne 35 % au PLQ, 27 % au PQ, 19 % à la CAQ, 11 % à QS et 4 % à ON?

En rafale :

- le PLQ progresse grâce à l’attention créée par l’élection de Philippe Couillard. Parlons d’une « lune de miel » parce que M. Couillard n’a encore rien proposé de concret pour renouveler le PLQ;

- le PQ baisse. Les difficiles décisions gouvernementales des dernières semaines font mal;

- le PQ maintient son avance chez les francophones (32 % PQ, 25 % PLQ, 22 % CAQ), ce qui empêcherait le PLQ de former un gouvernement majoritaire;

- Québec solidaire et Option nationale profitent du mécontentement à l’égard du PQ. Leur défi est de transformer ces intentions de vote en véritables votes aux prochaines élections;

- des électeurs délaissent la CAQ pour le PLQ. Y resteront-ils? On le saura quand Philippe Couillard proposera des choses.

Mais la grande conclusion de ce sondage est probablement qu’il n’y aura pas d’élections à court terme (d’ici la fin 2013) à moins d’un changement draconien.

Le PQ ne risquera pas le pouvoir avec de tels chiffres et la CAQ ne risquera pas de renverser le gouvernement pour affronter l’électorat avec moins de 20 % des intentions de vote.

Catégorie: Québec

La magouille

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 publié le 1 mai 2013 à 20 h 24

Le témoignage de Gilles Cloutier, l’ancien des firmes Roche et Dessau, devant la commission Charbonneau, a l’effet d’une bombe dans le milieu politique.

Il n’y a qu’un mot pour résumer ses révélations, un mot sorti de la bouche de M. Cloutier lui-même : magouille.

Il affirme qu’un proche de Guy Chevrette lui a demandé 100 000 $, pour lui et pour l’ex-ministre péquiste, après une présumée « intervention » pour inclure Roche dans un contrat routier et écarter un concurrent.

Il n’y a qu’une expression pour décrire ce qu’on entend : pot-de-vin. Pot-de-vin indirect, mais pot-de-vin quand même. Et pas à n’importe qui. Guy Chevrette était un membre important et influent du gouvernement.

Il faut quand même faire attention. On est devant une version, faite sous serment, certes, mais une seule version tout de même. Tout repose sur la crédibilité de Gilles Cloutier. À première vue, son témoignage semble crédible. Mais Guy Chevrette et son ami Gilles Beaulieu ont nié cette allégation il y a plusieurs mois.

Peu importe, à l’ère des réseaux sociaux et des chaînes d’information continue, le mal est fait. Le doute sur toute la classe politique est semé. Il l’était déjà, mais ces révélations ne font que le renforcer. Et elles ne feront qu’augmenter le cynisme envers les politiciens.

On comprend aussi que le travail de Gilles Cloutier se faisait parfois par des invitations à passer de petits séjours dans une maison de Charlevoix.  Après avoir demandé aux politiciens s’ils sont allés sur le bateau de Tony Accurso ou s’ils sont allés au 357c, on devra maintenant leur demander s’ils sont allés au chalet de Gilles Cloutier…

Au-delà des perceptions, une chose est sûre : alors qu’on pensait Gilles Cloutier plus proche des libéraux, on s’aperçoit qu’il mangeait à tous les râteliers, péquistes ou libéraux, sans gêne, pour le « bien » des entreprises pour lesquelles il travaillait. Et ce « bien » était loin de correspondre au bien commun.

Catégorie: Québec

Voici la liste des chansons diffusées par le Parti libéral du Québec dimanche à Verdun en attendant les résultats du vote de la course à la direction. Un merci particulier au réalisateur de Radio-Canada Martin Roberge.

On présume qu’un peu après 14 h 42, quelqu’un s’est plaint que la musique n’était qu’anglophone!

13 h 30 : Close to me – M

13 h 32–13 h 42 : pièces musicales

13 h 42 : Lights – Elie Goulding

13 h 47 : Small talk (Four Ted Remix) – Ultraista

13 h 54 : Sometimes – Beach Fossils

13 h 57 – 14 h 02 : pièces musicales

14 h 02 : Float on – Modest Mouse

14 h 05 : Close to me – M

14 h 08 : Nova baby – The Black Keys

14 h 12 : Lights – Elie Goulding

14 h 15 : Help myself (Nous ne faisons que passer) – Gaétan Roussel

14 h 17 : Girl on fire (Inferno Version) – Alicia Keys avec la participation Nicki Minaj

14 h 22 : Umbrella – Rihanna, avec la participation de Jay-Z

14 h 26 : Sweat dream – Eurythmics

14 h 30 : I gotta feeling – Black Eyed Peas

14 h 35 : Levels (instrumental) – Avicii

14 h 38 : The time (Dirty Bit) – Black Eyed Peas

14 h 42 :  Ma chérie – DJ Antoine avec la participation de The Beat Shakers

14 h 45 : Je reviendrai – Pierre Lapointe

14 h 49 : Dégénérations – Mes aïeux

14 h 52 : Annonce des résultats

Catégorie: Québec

Philippe Couillard : la cassure

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 publié le 17 mars 2013 à 21 h 26

Philippe Couillard
Philippe Couillard apprenant sa victoire

La victoire de Philippe Couillard dans la course à la succession de Jean Charest est sans équivoque. Près de trois délégués sur cinq ont voté pour lui. Ce résultat lui donne la légitimité d’entreprendre les changements qu’il souhaite. Le choix des militants représente surtout une cassure avec l’ère Charest.

Raymond Bachand et Pierre Moreau étaient les candidats de la continuité, Philippe Couillard celui du changement après avoir quitté le PLQ il y a cinq ans. Le choix des militants est clair, autant ils ont aimé M. Charest, autant ils veulent du changement aujourd’hui.

Le Parti libéral reste le parti de l’économie, mais l’arrivée de Philippe Couillard apportera aussi une nouvelle approche, surtout en matière constitutionnelle. Philippe Couillard parle de Constitution, de l’exclusion du Québec dans le rapatriement de la Constitution. Cette question est délicate, parfois divise, mais elle reste une tache dans l’histoire du Québec et du Canada. Régler le problème relève de l’exploit, de la mission impossible pour certains, mais à l’opposé de Jean Charest, Philippe Couillard veut en parler.

Mais avant de ramener le Québec dans la Constitution, le nouveau chef du PLQ aura des défis, disons beaucoup plus concrets.

D’abord refaire l’unité de son parti. Le caucus était divisé en trois dans cette course. Il donnera des postes importants à ses alliés Sam Hamad et Stéphane Billette, qui ont mené sa campagne. M. Hamad chef parlementaire? Pas impossible. M. Couillard est en dette. Il devra assurément penser à Pierre Moreau. Sa deuxième place au premier tour est le scénario idéal après celui de la victoire qu’il ne pouvait qu’espérer. Premièrement, il a démontré que les militants l’apprécient. Et deuxièmement, il n’a pas eu besoin de se «commettre» dans un deuxième tour, ce qui aurait pu froisser le gagnant. Pierre Moreau, chef parlementaire? Possible aussi. Tout le monde s’entend pour dire qu’il est un meilleur parlementaire que Sam Hamad.

Pour Raymond Bachand, c’est plus compliqué. Il a attaqué Philippe Couillard avec beaucoup de force. Les deux sont-ils capables de travailler ensemble, on en doute, même s’ils le disent publiquement. M. Bachand est critique en matière de Finances. Le maintenir dans ses fonctions ou lui en confier d’autres aussi importantes le temps qu’il restera serait perçu comme un geste de bonne volonté.

Autre défi du nouveau chef. Montrer qu’il est plus que le «bon Dr Couillard». Comme ministre de la Santé, il était téflon, incollable. Comme chef, il doit prouver qu’il a l’étoffe d’un premier ministre. Un premier ministre n’est pas un spécialiste, c’est un généraliste qui comprend l’ensemble des dossiers du gouvernement. Il essaiera de le faire à l’extérieur de l’Assemblée nationale, sans être élu. Un choix audacieux quand on considère que les débats parlementaires donnent de la visibilité au chef de l’opposition.

M. Couillard veut renouveler l’offre politique du PLQ. Il s’agit là aussi d’un grand défi dans le contexte d’un gouvernement minoritaire. Il a un an. D’ici le dépôt du prochain budget. S’il est prêt à renverser le PQ, il aura l’occasion de le faire. Sinon, Mme Marois saisira peut-être elle même l’occasion en déclenchant des élections comme Jean Charest l’avait fait en 2008. M. Couillard devra donc faire son travail studieux de renouvellement tout en préparant la «machine» pour des élections. Pas évident.

Comme quoi, gagner la course n’était que le premier d’une longue série de défis…

Catégorie: Québec

Jeux de coulisses

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 publié le 16 mars 2013 à 15 h 00

Les candidats à la succession de Jean Charest sont au fil d’arrivée, contents du travail accompli, mais un peu exténués. Vous ne l’avez peut-être pas remarqué parce que la course à la direction du PLQ n’a pas soulevé les passions, mais depuis six mois Raymond Bachand, Philippe Couillard et Pierre Moreau consacrent toutes leurs énergies ou presque à succéder à Jean Charest.

Alors, qui va gagner? Tout le monde, même ses adversaires, admet que Philippe Couillard est en avance. Qui est deuxième? Là, la réponse dépend de celui à qui vous posez la question. Pierre Moreau dit que c’est lui et Raymond Bachand dit que c’est lui. Peu importe, les deux font des prières pour qu’un deuxième tour soit nécessaire.

Et c’est là que ça pourrait devenir intéressant. Un deuxième tour de vote provoquerait un intense jeu de coulisses, de tractations, d’échanges et peut-être même de marchandage.

Logiquement, Pierre Moreau et Raymond Bachand devraient s’allier dans un deuxième tour parce que c’est leur seul espoir de gagner.

On voit mal un Raymond Bachand, exclu au premier vote, s’allier à Philippe Couillard vers qui il a dirigé ses attaques.

Mais si vous êtes Pierre Moreau et que vous êtes exclu au premier tour, vous faites quoi? Vous avez une communion d’idées avec Raymond Bachand, vous avez siégé avec lui au gouvernement, en principe vous êtes solidaire. Mais vous êtes aussi humain, vous voulez continuer à faire de la politique. Si vous ne croyez pas à la victoire de Raymond Bachand au deuxième tour, vous persistez dans la solidarité au risque de froisser Philippe Couillard ou vous vous rangez derrière M. Couillard pour devenir le « faiseur de roi » et avoir un rôle important sous la direction du nouveau chef?

Ne présumons de rien, mais la question se pose. Pour ça, par contre, il faut qu’il y ait un deuxième tour. Je nous le souhaite comme un amateur de hockey souhaite un septième match de la finale de la Coupe Stanley : pour l’émotion, l’intensité et le suspense.

Catégorie: Québec

Manoeuvres parlementaires

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 publié le 21 février 2013 à 19 h 52

La journée qui s’achève à l’Assemblée nationale nous a donné deux exemples des côtés un peu moins glorieux des débats parlementaires.

Exemple #1

Dans une séance de travail de la commission parlementaire sur la centrale nucléaire Gentilly-2, donc à huis clos, sans enregistrement, la députée libérale de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, aurait dit à la ministre Martine Ouellet : « Va chier, crisse de folle. » (J’utilise les mots exacts à des fins journalistiques.) La députée a reconnu que son langage était inapproprié, mais dans le même souffle, elle accuse la ministre d’avoir joué sur les points et les virgules du rapport que la commission rédigeait.

Résultat : le Parti québécois a refusé que le rapport soit rédigé. La commission ne fera donc pas de recommandations. Après deux jours de travaux publics, on ne saura pas ce que la commission pense de la fermeture de Gentilly-2 et du programme de diversification de l’économie mis sur pied par le gouvernement.

La députée s’est par la suite excusée et on comprend que les mots utilisés sont inacceptables. Mais était-ce vraiment nécessaire de refuser de rédiger le rapport? Après tout, les députés doivent travailler pour la population. Si on met temps et énergie sur un dossier, doit-on laisser tomber le travail parlementaire pour des considérations personnelles? Je pense que tout le monde aurait aimé connaître l’opinion de la commission.

Exemple #2

Une autre commission parlementaire doit déterminer si l’ancien ministre de l’Environnement Daniel Breton a fait de l’ingérence au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), l’automne dernier. Le problème, c’est que les travaux se tiennent dans une salle où il n’y a pas de caméras et où des images n’ont pu être prises que pendant quelques minutes. Pourtant, d’autres salles de commission parlementaire équipées pour la télédiffusion étaient disponibles. Pourquoi avoir choisi cette salle et pourquoi avoir expulsé les caméras? La salle a été choisie par le gouvernement, mais la décision de retirer les caméras a été prise par la présidente de la commission, la libérale Fatima Houda-Pépin. Le son des débats est disponible, mais pourquoi exclure les caméras? Il y a là une contradiction. À quoi sert l’exercice si, contrairement aux autres commissions parlementaires, les échanges ne sont pas filmés? De plus, le principal intéressé, Daniel Breton, ne doit pas venir témoigner. À quoi cela sert-il alors?

Parfois, on a l’impression que ces exercices sont futiles. Mais c’est quand même l’expression de notre démocratie. On préfère tout de même cette démocratie, avec ses défauts, au secret d’autres systèmes politiques!

Catégorie: Québec

Tendances libérales

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 publié le 21 janvier 2013 à 14 h 12

Les débats des candidats à la direction du Parti libéral du Québec se jouent en cinq actes : quatre débats en français et un en anglais.

Après deux débats, quelques tendances se dessinent :

Raymond Bachand :

— il est celui qui semble le mieux « connecter » avec la foule rassemblée pour les débats. Il a un côté populaire et une candeur qui ne ressortent pas toujours dans les conférences de presse, mais qui s’expriment dans les conversations ou les débats.

— sans être agressif, il réserve de petites attaques contre Philippe Couillard. Est-ce que M. Bachand fait le calcul que Philippe Couillard mène la course, qu’il est deuxième et que Pierre Moreau est troisième? Peut-être. En ménageant Pierre Moreau, essaie-t-il de s’assurer de son appui lors d’un éventuel deuxième tour de scrutin pour déterminer le gagnant de la course? Possible.

Philippe Couillard :

— contrairement à ses deux adversaires, il n’est pas associé au dernier mandat du gouvernement Charest. Et clairement, il prend ses distances de l’ancien gouvernement. Sur le débat constitutionnel, par exemple, il faut aider le fruit à mûrir, dit-il, plutôt que de le laisser mûrir comme le faisait Jean Charest. Autre exemple, selon lui, la commission Charbonneau aurait dû être déclenchée plus tôt.

— en public, Philippe Couillard est un homme posé, réfléchi, qui garde son calme. Pour un politicien, ce sont de belles qualités. Mais dans un débat avec deux adversaires, on s’attend peut-être à un peu plus de passion et à un ton moins professoral.

Pierre Moreau :

— sans gagner les deux premiers débats, il est celui dont les idées ont généré le plus de réactions. D’abord en proposant une réflexion sur la pertinence des cégeps, ensuite en proposant une commission d’enquête permanente sur la corruption. Les détails de ces propositions sont vagues, sinon inexistants, mais si le but des débats est de se faire remarquer, c’est réussi pour M. Moreau.

— il est par ailleurs le seul à avoir véritablement lancé une attaque contre ses deux adversaires en se questionnant sur leur passé dans cet article du Devoir. Les militants du PLQ n’aiment pas beaucoup ce genre de déclaration. Est-ce que cela pourrait lui nuire? Peut-être. Mais pour l’instant, ses adversaires ont été plutôt gentils avec lui. Rappelez-vous si un deuxième tour est nécessaire, l’exclu du premier tour prend beaucoup de valeur.

Un dernier constat s’impose. Cette course à la direction du PLQ ne soulève pas beaucoup les passions. C’est normal que la population en général ne s’y intéresse pas beaucoup, mais comment expliquer qu’un parti qui se dit rassembleur et en très grande santé n’attire qu’environ 300 militants pour un débat à Québec?

Catégorie: Québec

PLQ : une course en quête de visibilité

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 publié le 13 janvier 2013 à 11 h 21

Les militants du Parti libéral du Québec auront droit aujourd’hui à un premier débat des trois candidats à la direction du parti : Raymond Bachand, Philippe Couillard et Pierre Moreau.

Depuis la démission de Jean Charest, cette course n’a pas soulevé beaucoup de passion. Bien sûr, il y a eu un certain intérêt autour des mises en candidature. Mais après, disons que ça a été plutôt calme. Par exemple, êtes-vous capable de me donner une idée avancée par chacun des candidats?

Évidemment, l’arrivée d’un nouveau gouvernement n’a pas aidé les libéraux. Toute l’attention a été tournée vers les décisions de Pauline Marois. Aussi, la course à la direction n’est pas un concours de popularité auprès des Québécois, mais auprès des militants. La nuance est importante et explique pourquoi, jusqu’ici, la démarche s’est faite en circuit fermé.

Mais à partir d’aujourd’hui, le PLQ espère susciter de l’intérêt plus largement pour augmenter son nombre de membres et remplir ses coffres. Les quatre débats en français, le débat en anglais et surtout le congrès pour élire le nouveau chef devraient lui donner plus de visibilité.

Le PLQ devra créer une dynamique favorable s’il veut gagner les prochaines élections. Des élections générales pourraient avoir lieu aussi tôt qu’au printemps, l’an prochain. Cela laisse peu de temps pour imprégner sa marque dans le parti, redéfinir le programme et recruter des candidats tout en dirigeant les travaux parlementaires. La bonne nouvelle pour le prochain chef, c’est que le PLQ est loin d’être en déroute comme le démontre l’élection de 50 députés aux dernières élections après 9 ans au pouvoir.

Et c’est là que les débats deviennent importants. À ce stade-ci, la plupart des militants ont un préjugé favorable pour l’un ou l’autre des candidats. Les débats permettront de voir lequel a l’étoffe d’un premier ministre, lequel est capable de débattre, de tenir son bout dans des échanges corsés. C’est un aspect non négligeable de la politique de nos jours.

La course est déjà bien engagée, les candidats ont fait leur travail de terrain, et à partir d’aujourd’hui, avec les débats, ils peuvent augmenter leurs appuis ou en perdre. L’enjeu est important.

Catégorie: Québec

Des résolutions pour 2013

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 publié le 7 janvier 2013 à 13 h 39

Permettez-moi d’abord de vous souhaiter mes meilleurs voeux pour 2013!

L’arrivée d’une nouvelle année est évidemment le moment d’échanger des voeux, et c’est aussi le moment de prendre des résolutions et d’essayer de les tenir.

Je vous propose de jouer au jeu des résolutions que les partis politiques pourraient prendre en 2013, une année peut-être préélectorale (eh oui!).

PQ :

Un des moments forts de ce début d’année sera le sommet sur l’enseignement supérieur. La promesse de tenir le sommet a ramené les étudiants en classe après un printemps perturbé. Sauf que le gouvernement s’y présentera en ayant déjà joué plusieurs de ses cartes. Il propose l’indexation des droits de scolarité, il met en doute le sous-financement des universités et il demande une meilleure gestion de ces universités. Que restera-t-il à négocier?

Résolution : apprendre à marcher sur des oeufs, si nécessaire, après s’être mis dans le pétrin.

Un autre défi du Parti québécois sera de montrer qu’il peut être un bon gouvernement. Cet automne, il s’est attaqué avec succès à l’intégrité en adoptant plusieurs projets de loi. Les Québécois souhaitent une lutte plus serrée à la corruption et à la collusion, mais ce qu’ils souhaitent surtout c’est améliorer leur qualité de vie. Le gouvernement devra démontrer qu’il a une vision précise du développement économique.

Résolution : s’assurer que quand le gouvernement passe à l’action, il embraye en deuxième vitesse, pas sur le reculons.

PLQ :

Les premiers mois de 2013 seront monopolisés par la course à la direction du parti. Cette course n’a pas soulevé beaucoup de passions jusqu’à maintenant. Il faut dire que les trois candidats se sont concentrés sur les militants pendant les dernières semaines, un exercice qui n’attire pas les caméras. Mais les choses changeront dès dimanche avec le premier de cinq débats. Les libéraux ont bien besoin d’un chef. Leur chef intérimaire, Jean-Marc Fournier, hésite souvent à prendre des positions tranchées pour ne pas lier les mains du prochain chef. Le parti se trouve donc en position de faiblesse dans les débats parlementaires.

Résolution : choisir les bonnes mains pour tenir le nouveau volant du PLQ.

CAQ :

Avec 19 députés, la Coalition avenir Québec se trouve dans le rôle ingrat de deuxième parti d’opposition. Le temps de parole est réduit, mais somme toute, la CAQ a réussi à gagner de la crédibilité cet automne. Son défi est de préparer les prochaines élections en démontrant qu’elle représente le changement, qu’elle fera les choses autrement. Il faut qu’elle aille au-delà des mots, propose des changements concrets, réalisables. Cette démonstration reste à faire.

Résolution : passer du « on verra» au « on veut le voir pour le croire ».

Québec solidaire :

L’arrivée de Françoise David à l’Assemblée nationale a bousculé « l’ordre établi » à Québec solidaire. Avant, QS rimait avec Amir Khadir. Aujourd’hui, Québec solidaire se conjugue au pluriel. Et on constate que M. Khadir doit s’adapter. Au point d’ailleurs que certains se questionnent sur son avenir politique. Reste que Québec solidaire veut faire de la victoire de Mme David un tremplin pour faire élire d’autres députés. Pour ça, il faudra que le parti trouve sa place dans les débats.

Résolution : trouver le bon ton, la bonne stratégie pour préparer la prochaine élection et espérer faire élire d’autres députés.

Et vous, qu’en pensez-vous?

Catégorie: Québec

Québec 2012 Jour 7 – Le colistier

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 publié le 7 août 2012 à 9 h 05

L’émoi entourant la candidature de Jacques Duchesneau pour la Coalition avenir Québec a été particulièrement perceptible au sein des autres partis politiques.

Le Parti québécois a tenu un rassemblement dimanche à Montréal qui réunissait la plupart de ses candidats, dont Jean-François Lisée. Ce dernier a confirmé qu’il sera de la course dans Rosemont. Pauline Marois a prononcé un long discours pour présenter les grands principes de son programme. Ça s’est révélé être un coup d’épée dans l’eau. Pire, ce que l’on a surtout retenu de la journée de Pauline Marois, c’est son refus de commenter la candidature de l’ancien chef de police de Montréal.

Le PQ a voulu reprendre l’initiative lundi en tentant d’associer le gouvernement Charest à la Fondation Frank Catania. Les députés Drainville, Girard et St-Arnaud ont soutenu qu’ils venaient d’obtenir des compléments d’information qui justifiaient la tenue de cette conférence de presse. Pourtant, les trois députés n’avaient pas tous les documents en main lorsqu’ils ont rencontré les journalistes et, en outre, ils leur manquaient des éléments d’information importants.

Jean Charest, lui, a d’abord lancé une contre-offensive directe avec celui que François Legault a présenté comme l’Eliot Ness du Québec. C’était une stratégie risquée, qui a sans doute été retenue parce que c’était la dernière qui s’offrait au chef libéral. 

Lundi, M. Charest a profité du faux pas de Jacques Duchesneau, qui voulait procéder lui-même à la nomination de certains ministres, pour changer de cible et s’en prendre à François Legault. Cela paraît plus avisé. Néanmoins, le Parti libéral voit l’insubmersible dossier de l’intégrité, qui revient sans cesse à la surface, faire échec à son plan de match.

Dans une course à trois pour le pouvoir, Québec solidaire, Option nationale et le Parti vert pourraient bien, pour leur part, devoir se contenter de miettes.

Il est difficile d’imaginer l’impact d’une telle nouvelle dans les officines des partis politiques. Depuis vendredi, on y récite des prières et des incantations (et des lignes de presse) dans l’espoir que l’effet Duchesneau s’évapore aussi vite qu’il est apparu.

La déclaration de M. Duchesneau, lundi matin, est une bourde qui n’aura peut-être pas beaucoup de conséquences. Par contre, elle est très révélatrice, car elle donne des indications sur ce que François Legault a pu promettre à Jacques Duchesneau pour l’attirer dans sa coalition.

Force est de constater que Jacques Duchesneau a acquis en réalité le statut d’un candidat à la vice-présidence, à l’américaine. La CAQ, c’est désormais un tandem, c’est le « ticket » Legault-Duchesneau, pour le meilleur et pour le pire. Bien que cela diffère des traditions politiques québécoises,  ça pourrait bien être profitable à ce nouveau parti qui cherche à surfer sur la vague du changement, pourvu que Jacques Duchesneau se rappelle qu’il n’est que le numéro deux.

Ainsi, les colistiers devront faire preuve de cohésion. C’est l’un des facteurs qui influeront sur la durée de l’effet Duchesneau. Les deux hommes sont condamnés à se mettre au diapason, peu de fausses notes seront admises.

François Legault et Jacques Duchesneau auront tout de même un peu de temps pour trouver le ton juste. Le temps que les autres formations politiques, franchement déstabilisées, réajustent le tir.

Catégorie: Élections Québec, Québec, Québec 2012