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La 127e circonscription

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 publié le 18 avril 2014 à 15 h 57

Ce n’est pas la première fois qu’il est question publiquement de la « 127e circonscription » au Parti libéral du Québec et qui est sous la loupe de l’Unité permanente anticorruption.

En effet, la timide et frileuse Commission d’enquête sur le processus de nomination des juges (2010) présidée par Michel Bastarache a donné lieu à certaines révélations sur le financement du Parti libéral. Il y a été question de financement sectoriel, ainsi que de cette fameuse 127e circonscription. Néanmoins, la commission n’y a vu que du feu, comme le montre clairement le rapport du commissaire Bastarache.

Peut-être aussi que certains témoins n’ont pas été d’une parfaite franchise, à vous de juger, toutes les pièces et les témoignages sont ici.

Voici certains éléments que je crois utile de rappeler à votre mémoire ou qui sont tout simplement passés inaperçus, dont cet extrait de l’interrogatoire de Me Simon Ruel qui questionnait Violette Trépanier, directrice du financement et du recrutement au PLQ (2001-2013) et ancienne ministre, à propos d’un document du Parti libéral :

Q : Est-ce que vous pouvez expliquer qu’est-ce que ça signifie cette inscription « sectoriel »…

R : Oui.

Q : … avec le montant qui apparaît sur le tableau?

R : Oui. Le point important, c’est le chiffre 127, tout ce que vous avez avec 127, ça c’est de l’argent qui est déposé directement dans notre compte du parti, qui n’est pas affecté à aucun comté. Alors, ça veut dire que chacune des associations a participé et, en plus, il y a des gens qui ont contribué, ça arrive surtout pour le cocktail, qui ont contribué directement au parti et qu’ils ne donnent pas nécessairement dans un comté ou dans l’autre, qu’ils donnent au secrétariat général. Alors, cette ligne-là des fois on l’appelle « sectoriel », «secrétariat général», « national », c’est de l’argent qui n’est pas affecté directement dans les circonscriptions et donc pas probablement ramassé par les… certainement pas par les circonscriptions, alors probablement de l’équipe de Québec, plus de l’argent qui arrive directement à Montréal…

Dans ce document, les circonscriptions se voient attribuer un numéro déterminé selon l’ordre alphabétique. Au numéro 127 apparaît la mention « sectoriel ». Notons que dans les documents du PLQ remis à la commission Bastarache, il n’y a pas de ligne numérotée 126.

Ainsi, selon Violette Trépanier, le financement sectoriel, comme indiqué à la ligne 127, représentait les sommes directement versées au parti à Montréal, au national.

Au moment de ce témoignage en septembre 2010, j’étais déjà familier avec l’expression «&nbspfinancement sectoriel » et j’avais fait part publiquement de mon incrédulité face à l’explication de la responsable du financement et du recrutement du PLQ. Voici d’ailleurs la définition du Directeur général des élections du financement sectoriel : « Le financement sectoriel fait en sorte que plusieurs électeurs liés à une même entreprise ou à un même groupe d’affaires contribuent à un parti politique. Ce système, qui est en apparence légitime, peut être intimement lié à l’usage de prête-noms. »

Il est intéressant de noter que le financement sectoriel pour ce cocktail qui a eu lieu le 23 octobre 2002 à Québec représentait la somme de 93 710 $ soit environ 42 % des 224 385 $ amassés pour cette activité. Ce qui n’est pas anodin.

Selon les documents rendus publics cette semaine et qui sont liés aux perquisitions au quartier général du PLQ et à la compagnie Shockbéton (Marc Bibeau, un collecteur de fonds du PLQ de 2001 à 2012 et ami de l’ancien premier ministre Jean Charest), environ 700 000 $ auraient été recueillis au bénéfice de la circonscription 127.

Un autre extrait de témoignage mérite notre attention : celui de Marcel Leblanc, employé du PLQ qui était responsable du financement dans la moitié des circonscriptions du Québec de 1997 à 2009. Me Ruel s’intéresse encore une fois au financement sectoriel et à la 127e circonscription. Il y est question de Franco Fava et de Charles Rondeau, deux bénévoles depuis des décennies au PLQ, qui étaient très actifs dans le financement du parti :

Q : Mme Trépanier, ce matin, a parlé de… il y a deux termes, là, qui ont été étudiés, financement sectoriel et secrétariat général, ou financement secrétariat général, est-ce que vous pouvez expliquer ces termes-là?

R : Dans le cocktail de financement qu’on faisait en fin d’année, là, ça se situait, là… ça avait lieu… toujours lieu pas mal entre la fin octobre puis la fin novembre, il y avait les comtés qui étaient mis à contribution, et l’apport de M. Fava puis de M. Rondeau quand ils vendaient des cartes parce que t’as des gens qu’eux autres ils collectaient que… ils n’assignaient pas ça dans un comté. Alors, ça, ça devenait le sectoriel, ce qu’on appelait ce matin le 127, là…

Q : Donc, si on…

R : … c’est que ce n’était pas assigné au parti, c’était assigné au secrétariat du parti.

Q : Donc, si on reprend, là, pour bien situer ce que vous nous expliquez, le cartable, c’est à l’onglet 6.

R : Oui.

Q : Et c’est… vous avez parlé de 127, donc on voyait « sectoriel » ici.

R : Dans le tournoi de golf, c’était moins…

Q : Là, je suis dans le cocktail, Monsieur, à la page 36.

R : Ah, excusez-moi. Oui, le montant de quatre-vingt-treize mille piastres (93 000 $)?

Q : Oui.

R : Ça, c’était probablement l’apport de notre équipe de… de M. Rondeau et de M. Fava et de peut-être quelques personnes.

Q : Donc, le sectoriel, c’est-à-dire c’est la portion qui n’était pas récoltée, si je peux utiliser le terme, par les comtés, mais par…

R : Par les comtés.

Q : … mais par votre équipe à la permanence à Québec?

R : C’est ça.

Q : Donc, on constate quatre-vingt-treize mille (93 000 $) sur deux cent vingt-quatre mille (224 000 $), là…

R : Ça représente, là, si je regarde dans la répartition, à peu près quarante et un pour cent (41 %) de l’activité. C’est à peu près dans l’ordre de quarante pour cent (40 %), là.

Q : Et pour l’année suivante, vous aviez indiqué, pour le golf… vous alliez partir ou indiquer quelque chose au sujet du golf, que…

R : Non, c’est parce que quand vous m’avez demandé de regarder, je regardais la page 35, j’ai regardé dans le 127, c’est parce qu’il n’y avait aucun montant.

Q : OK. Et pour maintenant la pièce 42, qui est une feuille qui a été remise ce matin séparément.

R : Attendez un petit peu. Oui?

Q : Et c’est à la deuxième page pour le cocktail, on n’a pas la ligne 127, là, mais on a une ligne « secrétariat général »?

R : D’après moi, ça équivaut à la ligne du 127.

Q : Donc, c’est l’apport de votre équipe avec M. Fava, M. Rondeau?

R : À peu près.

Marcel Leblanc a témoigné que la ligne « secrétariat général » équivaut à la ligne 127. Je me permets une hypothèse différente. Le secrétariat général était probablement comptabilisé à la ligne 126 et représentait les fonds versés directement au parti, au national comme on dit, mais qui n’était pas du financement sectoriel.

La ligne 127, ça paraît assez clair désormais et les témoignages et les documents de la commission Bastarache le confirment, représente le financement sectoriel.

Toutefois, les témoins entendus à la commission Bastarache et associés au Parti libéral avaient une compréhension assez différente de ce qu’était le financement sectoriel. Charles Rondeau, ancien associé-conseil au développement des affaires à la firme comptable Mallette et qui a été bénévole au PLQ à compter des années 1960 va dans le même sens que les Leblanc et Trépanier à propos du financement sectoriel :

Q : (Me Battista, procureur de la commission) Alors, qu’est-ce que ça représente ce tableau-là et ces chiffres-là en bas, quand on voit l’attribution de quatre-vingt-treize mille (93 000) au sectoriel?

R : Vous parlez du quatre-vingt-treize mille (93 000)?

Q : Oui?

R : Ça, ça veut dire que ça a été ramassé surtout par Fava, par moi, par des gens qui ne nous ont pas dit : Écoute, là, moi je viens de tel comté, puis si je ne le mets pas dans mon comté ils vont être en « mozusse » après moi. Alors, pour aider le parti, parce que le parti quand il arrive une élection, il y a un financement qui se fait, il faut que le parti vive aussi, il n’y a pas juste les comtés, alors le 127, ça, c’est la réserve des… c’est la réserve du parti, ça veut dire que ce cent vingt-
sept mille (127 000) là… quatre-vingt-treize mille sept cents (93 700) là, là, pouvait aller directement au parti, il le mettait de côté pour la prochaine élection ou, en tout cas, faire d’autre chose, là, mais ça appartenait directement au parti.

Dans le contexte actuel, il est intéressant de noter cet autre extrait du témoignage de Charles Rondeau, où il est question du cocktail du chef (du PLQ, Jean Charest) qui a eu lieu à Québec, après la victoire libérale de 2003 :

Q : On va au cocktail du vingt-six (26) novembre deux mille trois (2003), à la page 38, et à ce moment-là nous voyons sur la ligne 127 cent dix-huit mille quatre cent cinquante dollars (118 450 $). Ça, c’est l’argent qui a été attribué à la collecte…

R : Oui, le cocktail avait été pas mal plus haut, alors le sectoriel se trouve, le 127, être plus élevé.

Q : D’accord. Mais le montant qui a été collecté pour le cocktail était de trois cent quarante-sept mille dollars (347 000 $)?

R : C’est ça.

Q : Mais l’argent qui a été ramassé a été divisé par comté ou c’est la contribution des comtés eux-mêmes? Le savez-vous? Pour deux mille trois (2003).

R : Excusez, là, j’ai mal saisi.

Q : Nous voyons qu’à la ligne 127…

R : Page 38, là?

Q : Page 38, ligne 127, nous y voyons cent dix-huit mille quatre cent cinquante dollars (118 450 $)?

R : Oui.

Q : Et nous voyons ensuite total trois cent quarante-sept mille trois cent quatre-vingt-un dollars (347 381 $)?

R : Oui.

Q : Alors, cette année-là, il fut attribué à la collecte sectorielle cent dix-huit mille quatre cent cinquante dollars (118 450 $), mais est-ce qu’on doit comprendre de votre témoignage qu’en fait, ça peut être plus élevé et que l’argent a pu être distribué parmi les comtés ou – écoutez ma question – ou s’agit-il de montants que les comtés eux-mêmes ont pu collecter?

R : Bien, je pense que si on compare ça, là…

Q : Oui.

R : … on a fait un beaucoup plus gros cocktail cette année-là…

Q : Oui.
R : … alors nous autres, là, notre petit groupe, on en a ramassé… ça, c’est quelle année? Deux mille trois (2003) c’est l’année de l’élection, ça?

Q : Oui.

R : Alors, on en a ramassé… on a fait un plus gros cocktail, on en a ramassé, notre équipe, de huit (8), dix (10), douze (12), là, on en a ramassé plus que d’habitude…

Q : D’accord.

R : … nous autres mêmes, alors il y en a plus dans le 127 qui n’est pas attribué à personne.

Cet extrait de témoignage révèle que le cocktail du chef en 2003 a été un succès de financement, avec des résultats supérieurs à ceux de 2002, alors que les libéraux étaient dans l’opposition.

M. Rondeau reconnaît aussi qu’il y a eu 25 000 $ de plus de financement sectoriel pour cette activité de 2003 (les libéraux étaient au pouvoir depuis sept mois) que pour celle de 2002. Il est aussi intéressant de noter que le PLQ était en mesure de tenir une activité de financement qui pouvaient à elle seule générer des revenus de tout près de 350 000$, puisque le PLQ ne parvenait pas à trouver la trace d’une activité unique qui avait rapporté 428 000$ (et probablement organisé par Marc Bibeau, selon les policiers).

La 127e circonscription n’est donc plus tout à fait imaginaire, l’UPAC ne se trompe pas, cette circonscription existe bel et bien au PLQ.

Catégorie: Québec

Les cibles du PLQ

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 publié le 2 avril 2014 à 16 h 57

Comme promis, après s’être livré au même exercice pour le PQ au moment du débat des chefs, voici une liste des circonscriptions sur lesquelles le Parti libéral mise afin d’être porté au pouvoir. Évidemment, les libéraux ont bon espoir de conserver l’ensemble des circonscriptions qu’ils ont gagnées lors du dernier scrutin.

Pour voir la carte sur le site mobile, cliquez ici

1-      Abitibi-Est

Même si elle siège au Conseil des ministres, la députée sortante Élizabeth Larouche n’a pas été très visible sur la colline du Parlement au cours du dernier mandat. Sa victoire ayant été courte lors des dernières élections – à peine 777 voix – les libéraux estiment plausible de reprendre la circonscription. Contrairement à sa voisine, Abitibi-Ouest, la circonscription d’Abitibi-Est s’est montrée volage ces dernières années en élisant rarement deux fois de suite le même député.

2-      Argenteuil

Jusqu’à l’élection partielle de juin 2012, Argenteuil n’avait jamais élu un député du Parti québécois. L’élection de Roland Richer a changé la donne. Élu au beau milieu du conflit étudiant, la campagne ayant mené à son élection a été marquée par la participation de Pauline Marois à une mémorable manifestation de casseroles. Les libéraux ont cependant bon espoir de reprendre cette circonscription, surtout si le vote de la CAQ s’effondre.

3-      Arthabaska

Sylvie Roy est une vétérane de la CAQ et elle a remporté son élection en 2012 avec 5393 voix. Qu’à cela ne tienne, les libéraux misent sur le fait que sa circonscription a été entièrement redécoupée en 2011 pour créer la surprise. Première députée à réclamer une enquête publique sur l’industrie de la construction en 2009, Sylvie Roy a été moins visible depuis la fusion de l’ADQ avec la CAQ.

4-      Bonaventure

Pendant 13 ans, Nathalie Normandeau a régné sans partage sur cette circonscription de la Gaspésie – sur laquelle avait aussi régné pendant 37 ans Gérard D. Levesque, qui détient encore, à ce jour, le record de longévité pour un député de l’Assemblée nationale. Les choses ont cependant changé en 2012 avec la victoire du péquiste Sylvain Roy sur le libéral Damien Arsenault. Les deux protagonistes sont encore dans l’arène cette année, et le Parti libéral espère bien prendre sa revanche.

5-      Charlesbourg

Ces dernières années, Charlesbourg a tantôt choisi le Parti libéral, tantôt la CAQ ou l’ADQ. Le Parti libéral, qui présente le doyen sortant de la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval, François Blais, espère reprendre la circonscription en rapatriant les votes obtenus par la CAQ en 2012. Le PQ pourrait toutefois venir brouiller les cartes avec sa candidate vedette, l’ancienne journaliste et professeure à l’Université Laval, Dominique Payette. La bataille sera toutefois très difficile pour la fille de Lise Payette, puisque la circonscription n’a pas élu de péquiste depuis 1998.

6-      Crémazie       

Alors que la plupart des circonscriptions montréalaises sont acquises à l’un ou à l’autre des partis, Crémazie fait figure d’exception. Le PQ fait valoir qu’il n’a fait qu’accroître son avance ces dernières années – cette dernière passant de 170 voix en 2007 à 1412 voix en 2008 et à 3388 en 2012 –, mais le Parti libéral mise notamment sur le mécontentement que pourrait susciter la charte des valeurs dans ce comté urbain pour y faire un gain le 7 avril.

7-      Iberville

Représentée par l’ADQ en 2007, cette circonscription a résisté à la CAQ en 2012. Les libéraux pensent avoir une chance de l’arracher, mais la partie ne sera pas facile. Le PLQ n’avait récolté que 19 % des voix lors de la dernière élection. En 2008, André Riedl, qui avait été élu sous la bannière de l’ADQ l’année précédente, avait quitté le caucus adéquiste pour se joindre aux libéraux, mais la manœuvre n’avait pas suffi à le faire réélire en 2008.

8-      Îles-de-la-Madeleine

Les Îles-de-la-Madeleine n’ont été fidèles, électoralement parlant, à aucun parti depuis les années 60. Les majorités qu’y obtiennent les partis sont généralement réduites en raison du faible nombre d’électeurs inscrits sur la liste électorale de cette circonscription. Après avoir été défait en 2012, Germain Chevarie retente sa chance cette année. Il affronte la péquiste sortante, Jeannine Richard.

9-      Johnson

Il s’en est fallu de peu en 2012 pour que le député sortant et ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, ne soit pas réélu. Son principal adversaire était la CAQ, mais le Parti libéral a bon espoir de pouvoir se faufiler entre les deux formations politiques. La circonscription voisine de Drummond-Bois-Francs a un profil similaire à celui de Johnson et pourrait, elle aussi, permettre aux libéraux de se faufiler, si des votes de la CAQ passent au PLQ.

10-   Montarville

Les péquistes ne sont pas les seuls à avoir un œil sur Montarville. Les libéraux se rappellent que les deux comtés desquels est issue cette nouvelle circonscription, créée en 2011, ont déjà élu des libéraux. La députée caquiste sortante, Nathalie Roy, ne sera cependant pas facile à battre. Elle a joui d’une visibilité importante dans le cadre de l’étude du projet de charte des valeurs du gouvernement Marois.

11-   Montmorency

Comme d’autres circonscriptions de la périphérie de Québec, Montmorency appuie parfois le PLQ, parfois la CAQ ou l’ancienne ADQ. Les libéraux tablent sur une baisse des appuis de la CAQ pour ramener cette circonscription dans leur giron. Ils misent en cela sur l’ancien député Raymond Bernier, qui a représenté la circonscription dans deux mandats distincts. Le PQ mise pour sa part sur l’ancien député bloquiste Michel Guimond, qui a siégé à la Chambre des communes de 1993 à 2011.

12-   Portneuf

Portneuf n’a élu son premier député du Parti québécois que dans les années 1990, en la personne de l’ancien président de l’Assemblée nationale Roger Bertrand. Depuis sa défaite en 2003, la circonscription a tantôt penché du côté du Parti libéral, tantôt du côté de la CAQ ou de l’ADQ. Les libéraux pensent être en bonne posture pour ravir cette circonscription, à l’instar de nombreuses autres dans la région de Québec, toujours au détriment du parti de François Legault.

13-   Roberval

Philippe Couillard a choisi de tenter sa chance là où il habite avec sa femme au Lac-Saint-Jean plutôt que de s’en tenir au confort de la circonscription d’Outremont, mais la partie est loin d’être gagnée. Le péquiste Denis Trottier a remporté la mise en 2012 avec 46,7 % des votes et 5912 voix de majorité. Le chef libéral s’est rendu, comme promis, à plusieurs reprises dans la circonscription depuis le lancement de la campagne, mais cela ne lui garantit pas la victoire.

14-   Rouyn-Noranda-Témiscamingue

À l’image de sa voisine Abitibi-Est, la circonscription de Rouyn-Noranda-Témiscamingue ne peut être tenue pour acquise par aucun parti. En 2003, elle avait élu un libéral, puis un péquiste en 2007, puis à nouveau un libéral en 2008 avant de réélire un péquiste en 2012. Tout le contraire, en fait, de sa voisine, Abitibi-Ouest, qui, elle, est un château fort péquiste depuis 1976. Le Parti libéral compte sur l’abandon apparent du Plan Nord par le Parti québécois pour espérer y faire un gain le 7 avril.

15-   Saint-François

Aux dernières élections, le député sortant et ministre de la Santé, Réjean Hébert, n’avait été déclaré élu qu’au terme d’un dépouillement judiciaire. Les libéraux ont donc bon espoir de reprendre cette circonscription que l’ancienne ministre Monique Gagnon-Tremblay a représentée pendant 26 ans. En 2012, 18 % des électeurs de la circonscription avaient appuyé la CAQ, mais les libéraux pensent que ce vote leur reviendra cette fois-ci, notamment en raison des craintes suscitées par la tenue possible d’un nouveau référendum.

Catégorie: Élections Québec

Fin de campagne : les 7 jours les plus longs

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 publié le 31 mars 2014 à 11 h 09

Quels gains tenteront de faire les chefs des principaux partis en cette dernière semaine de campagne? Quelles bévues essaieront-ils de réparer?

Il y a eu ce dernier débat que Philippe Couillard a perdu, alors que le pouvoir semblait à portée de main, bien que franchement la victoire paraisse encore très proche. Sa bourde sur le français au travail tend à montrer une confusion dans l’esprit du chef libéral entre le bilinguisme individuel et le bilinguisme institutionnel. Il a tenté de rectifier le tir sans s’embourber.

Toutefois, cette déclaration était si maladroite qu’il n’est pas évident de la rectifier sans perdre la face. Une déclaration déconcertante pour le candidat d’une circonscription (Roberval) où les électeurs sont de langue maternelle française à 99 %, et dont 13 % sont bilingues (Statistique Canada, 2011). La direction que le chef libéral veut emprunter en ces derniers jours de campagne ne paraît pas bien définie.

De son côté, Pauline Marois remet la charte des valeurs à l’avant-plan, au risque d’un dérapage plus ou moins contrôlé. Les déclarations étonnantes de Janette Bertrand font penser au roulement du tambour de guerre. Entendu par tous, il appelle autant les partisans que les opposants au combat.

Il sera facile pour la chef du Parti québécois de ridiculiser l’attitude de son adversaire libéral dans le dossier de la langue, mais il faudra voir si ces attaques porteront réellement. La chef péquiste misera sur des thèmes à forte teneur identitaire et mettra tout en oeuvre pour éviter la question de la souveraineté.

François Legault a vu ses batteries rechargées par le débat. Le fait que sa femme l’accompagne jette encore plus d’ombre sur les candidats de la CAQ qui sont totalement absents de la campagne nationale. Le chef de la Coalition donne l’impression d’un homme seul, à la tête de ses maigres troupes, qui ferraille pour faire son chemin dans la mêlée. Il avait bien raison d’affirmer que c’était la bataille de sa vie et, pour ne pas périr avec son équipe, il devra donner le meilleur de lui-même cette semaine.

Françoise David de Québec solidaire va consacrer une bonne part des ses énergies à la région montréalaise, où elle espère faire un ou deux gains. Il faudra être attentif aux résultats de QS en région, voir si le parti de gauche pourra faire des gains pour ce qui est des votes, après avoir mené une première campagne à l’échelle du Québec. La polarisation du vote pourrait aussi tuer dans l’oeuf les ambitions de QS hors de la métropole.

 

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Allô la police?

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 publié le 26 mars 2014 à 10 h 05

Il ne manquait plus que la police dans cette campagne électorale 2014. Elle y est entrée par une petite porte : un communiqué du Parti québécois publié à 18 h 15 mardi soir.

La première réflexion est générale : c’est triste que les policiers s’intéressent au financement des partis politiques. Triste, mais pas surprenant. Plus rien ne nous surprend depuis quelques années.

Le Parti québécois parle d’une rencontre informelle des policiers avec le directeur général et le directeur des finances, sur la structure de financement du parti. Nos sources policières nous disent que les enquêteurs de l’UPAC ne prennent pas rendez-vous pour boire le thé. Que leurs démarches ne sont pas « pédagogiques ». Qu’ils cherchent des informations.

Il y a une certitude : le PQ ne souhaitait pas que l’information sorte en pleine campagne électorale. Il a été forcé de le faire parce qu’un média avait été mis au courant.

Il y a le PQ, mais il y a aussi le PLQ.

Les policiers ont fait des perquisitions au PLQ. Une enquête en bonne et due forme est en cours. Tout ça avait commencé par des questions sur la structure du financement…

Dans les deux cas, personne n’est accusé, personne n’est coupable, mais notre innocence s’envole.

Et ce qu’on veut, c’est que nos politiciens prennent leurs responsabilités, assument le cas échéant les erreurs du passé et s’assurent que plus jamais il n’y aura de la magouille dans le financement des partis politiques.

Je rêve, je sais…

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Aux premières loges

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 publié le 21 mars 2014 à 19 h 48

L’amateur de hockey rêve d’avoir une place à la hauteur de la glace.

L’amateur de musique rêve d’une place au milieu de la salle.

L’amateur d’automobiles rêve d’être au volant d’une Ferrari.

Moi, je rêvais d’animer un débat des chefs. Je l’ai fait et je peux vous dire que c’était mieux que ce que j’avais imaginé.

La tension du début, les regards qui s’échangent, les amabilités polies qui se disent.

Puis, le débat commence, les gants sont jetés, les regards sont accusateurs, les mots atteignent leur cible, le ton est respectueux, mais on se dit qu’on n’invitera pas les chefs à la bière après.

J’ai vu plusieurs débats à la télé. La caméra nous en montre beaucoup. Mais ce qu’elle ne peut pas nous montrer est tout aussi intéressant : les réactions outrées, les mimiques, les sourires, les « babounes ». Les chefs sont passionnés.

Pendant deux heures, ils argumentent. C’est une épreuve intellectuelle, mais physique aussi, aucun d’eux ne s’est assis pendant le débat.

Pendant les remarques finales de François Legault, Pauline Marois laisse tomber accidentellement une pile de cartons. Un soubresaut s’entend dans la voix de M. Legault, mais il continue, concentré sur le message à livrer. Le débat est terminé. Sur les images de fermeture, Pauline Marois fait comme n’importe qui aurait fait, elle se penche pour ramasser ses cartons…

La campagne continue.

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Un mustang dans la course

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 publié le 15 mars 2014 à 21 h 03
Il y a un effet PKP. La candidature de l’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau donne un formidable coup de fouet à cette campagne électorale qui s’emballe et fonce droit dans la question nationale. Il y a un effet PKP. L’attention du public est captée et perçoit en majorité une victoire probable du Parti québécois (PQ), ce qui risque de mobiliser davantage les électeurs qui ne veulent pas du Parti québécois au pouvoir.
Alors, oui, il y a un effet PKP, mais il ne se traduit pas de la façon dont on aurait pu le penser dans les sondages. Pas pour le PQ, pas maintenant et peut-être pas plus tard dans cette campagne.
Pauline Marois a déclaré samedi que la candidature de Pierre Karl Péladeau ajoute de la crédibilité au projet souverainiste. Une déclaration parmi d’autres sur ce thème censé être secondaire à la campagne du PQ.

La campagne électorale s’inscrit désormais selon le tracé fédéraliste-souverainiste. C’est d’autant plus facile que tout le monde connaît le chemin, les yeux fermés, même en dormant.

Cela ne laisse environ que 40 % des électeurs à l’écurie à laquelle appartient le PQ.

Québec solidaire (QS) continue d’y revendiquer un box et bénéficierait légèrement de l’effet PKP.

La candidature de PKP paraît bonne sur le front gauche pour QS, mais nettement défavorable sur le front de la souveraineté pour l’équipe de Françoise David. À cet égard, la candidature de Pierre Karl Péladeau est probablement très rassembleuse.

Ce n’est pas si différent pour l’écurie fédéraliste que se partagent le Parti libéral (PLQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ). Toutefois, jusqu’à preuve du contraire, les fédéralistes sont plus nombreux. Leur problème, c’est d’être regroupés dans certaines circonscriptions à des niveaux de concentration records.

La menace accrue d’une victoire péquiste a permis à Philippe Couillard de lancer un appel très efficace pour un retour au bercail des fédéralistes qui avaient trouvé refuge auprès de la CAQ de François Legault.

Il y a un effet PKP pour la CAQ, déjà mal en point, qui perd sur tous les plans. Parce que la souveraineté revient sur le tapis et que la CAQ a fait le choix de n’offrir aucune réponse à la question nationale. Et parce que Pierre Karl Péladeau était un modèle pour la CAQ, glorifié de cette aura de l’homme d’affaires qui a affronté les syndicats. Des habits qu’il refuse désormais de porter.

Il y a un effet PKP pour les fédéralistes qui se regroupent et se mobilisent. Sans surprise, on entend sonner le tocsin, ici et là.

Il est impossible de nier que ce candidat, fougueux et imprévisible comme le mustang (n’a-t-il pas quelques manières altières qui tiennent du cheval?), ne bouleverse pas complètement la campagne. Wikipédia dit du mustang qu’il est très indépendant, extrêmement frugal et résistant. Peut-être.

Mais il est inévitablement calculateur. La séquence des événements depuis au moins un an tend à démontrer que cette décision a fait l’objet d’une (pas) assez minutieuse planification.

Il m’est impossible de croire que Pierre Karl Péladeau a pris cette décision il y a deux semaines. Les faits montrent tout autre chose.

Et, franchement, je vois mal comment lui en tenir rigueur. Ce n’est simple pour personne d’annoncer sa candidature pour un parti politique. Ça devient très compliqué pour un homme dans sa situation.

Ce qui aurait été maladroit de la part de M. Péladeau, c’est de ne pas préparer de longue main cette transition du secteur privé vers le service public. On voit même qu’il aurait pu y consacrer une attention encore plus rigoureuse, afin de mieux saisir les difficultés particulières liées aux fonctions qu’il pourrait convoiter.

Pierre Karl Péladeau change véritablement la dynamique de cette campagne électorale.

C’est déjà considérable pour un seul homme.

C’est autre chose de changer véritablement le Québec.

Catégorie: Élections Québec 2014, Québec

Vous connaissez les farces du genre « Ça prend combien de cols bleus pour réparer un nid-de-poule? » ou « Ça prend combien de psychologues pour changer une ampoule? »

Pour cette élection 2014, je vous en propose une autre : « Combien de couleuvres un politicien peut-il avaler? »

Je sais que le collègue Vincent Marissal, de La Presse, a déjà abordé ce thème, mais je dois avouer que l’envie pour moi d’en traiter était tout simplement trop forte.

Parce que cette année, la liste des avaleurs de couleuvres s’allonge! Dans l’ordre alphabétique, en voici quelques-uns :

- Gaétan Barrette (PLQ) : En 2012, il se présentait pour la CAQ. À l’époque, les pires gestionnaires du réseau de la santé étaient les libéraux. Il n’y a pas un qualificatif négatif qu’il n’a pas utilisé pour en parler. Aujourd’hui, le PLQ est le seul qui peut régler tous les problèmes du réseau!

- Yves Bolduc (PLQ) : M. Bolduc a essuyé les attaques percutantes, presque vicieuses, de Gaétan Barrette en 2012. Aujourd’hui, il tourne la page, efface ces affrontements de sa mémoire, pour accueillir celui qui aspire à prendre sa place dans un éventuel gouvernement Couillard!

- Alexis Deschênes (PQ) : Il a quitté le réseau TVA en dénonçant à mots couverts la diminution de son indépendance journalistique. Aujourd’hui, celui qui était à la tête de son réseau de télévision veut devenir député du même parti. Aujourd’hui, il se réjouit du saut en politique de son ancien patron!

- Pierre Duchesne (PQ) : À l’époque où M. Duchesne était président de la Tribune de la presse parlementaire, il s’est battu bec et ongles contre les dirigeants de Québecor qui voulaient que des journalistes (« scabs » est l’expression qu’il utilisait) soient accrédités à l’Assemblée nationale. Il n’aurait pas fallu que quelqu’un s’avise d’inviter MM. Péladeau et Duchesne au même repas. Aujourd’hui, ils font campagne pour le même parti!

- Jean-François Lisée (PQ) : À cette même époque, celle du lock-out au Journal de Montréal, M. Lisée s’inquiétait publiquement de l’indépendance des salles de nouvelles de Québecor Média. Aujourd’hui, il justifie la candidature de M. Péladeau en disant que depuis qu’il a été nommé au conseil d’administration d’Hydro-Québec, jamais les médias de Québecor n’ont été aussi durs et critiques à l’endroit de la société d’État!

Je sais qu’on peut changer, je sais qu’on évolue, mais disons que ces couleuvres ont un petit arrière-goût qui alimentera probablement le cynisme…

Catégorie: Québec

L’effet PKP

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 publié le 10 mars 2014 à 19 h 08

Tremblement de terre, tsunami, bombe, cherchez Pierre Karl Péladeau dans le dictionnaire et je ne serais pas surpris que vous trouviez ces mots associés à son nom.

Je blague. Mais une chose est sûre, le monde politique a été secoué par sa candidature. Depuis deux jours, on ne parle que de ça, on ne parle que de « PKP ».

« L’effet PKP » se fera sentir à  court et long terme.

Court terme :

- l’acte de foi : Pauline Marois demande à ses militants de gauche, prosyndicat, de faire un acte de foi. Avec M. Péladeau, la souveraineté se rapproche. Il donne un élan vers le but ultime. Mais il faut avoir un gouvernement majoritaire. Mettez de côté certains principes pour la « cause »;

- la séduction de la CAQ : Pierre Karl Péladeau est au centre droit, il n’a pas les syndicats en odeur de sainteté. L’électorat de la CAQ pourrait être séduit;

- le PLQ sur la défensive : le Parti libéral aime dire qu’il est le parti de l’économie. En recrutant M. Péladeau, un homme d’affaires respecté et aguerri, le PQ marque des points sur cette question.

Long terme :

- la souveraineté : c’est le but ultime du PQ, sa raison d’être. Pierre Karl Péladeau parle beaucoup de souveraineté, il le fait le poing en l’air, avec passion;

- le dauphin : Pauline Marois est la chef incontestée du Parti québécois. Elle est la dame de béton, celle qui a écouté son caucus et éliminé à force de persuasion un vent de mécontentement il y a trois ans. Mais elle aura 65 ans dans deux semaines. C’est jeune et elle a plus d’énergie que moi, mais des militants du PQ pensent sûrement que M. Péladeau fera un dauphin de choix.

Varia :

- la cible : la première vraie journée de campagne de M. Péladeau n’a probablement pas été celle souhaitée par le PQ. Les nombreuses questions sur ses actions dans Québecor inc., son influence dans les médias québécois et les possibles conflits d’intérêts qui se présenteraient s’il était ministre ont écarté Pauline Marois de son plan de match. Il ne faudrait pas que « PKP » devienne une distraction négative;

- la souveraineté (bis) : autant la présence de M. Péladeau pourrait stimuler les militants souverainistes parce qu’il en parle beaucoup et semble vouloir la faire relativement rapidement, autant des électeurs qui souscrivent aux politiques du PQ (charte, vision économique, programmes sociaux, etc.) mais qui ont peur d’un référendum pourraient se réfugier ailleurs.

Une chose est sûre, on n’a pas fini de sentir les répliques du tremblement de terre…

Catégorie: Québec

Depuis trois jours, Philippe Couillard répète essentiellement le même discours tous les soirs. C’est sans doute normal, voire inévitable, en campagne électorale. N’empêche, étudier les messages sur lesquels insiste le chef libéral n’est pas dépourvu d’intérêt.

Philippe Couillard commence toujours par faire une comparaison entre la campagne électorale et les séries éliminatoires de hockey. La saison est terminée, les finales sont commencées, se plaît-il à répéter. Puis, il rappelle qu’il a lui-même longtemps joué au hockey, à la défense, prend-il soin de préciser. Il fait même parfois allusion aux mêmes blessures qu’il a subies, soit un bras cassé, des éraflures au visage. Pour le chef libéral, la coupe, c’est évidemment un gouvernement libéral majoritaire.

Philippe Couillard décortique ensuite le slogan de son parti, mot par mot. Le « ensemble » marque une volonté de travailler de concert avec tous les Québécois, plutôt que de les diviser. « S’occuper » signifie qu’on s’attaquera aux problèmes, qu’on ne se contentera pas de les observer passivement. Enfin, les « vraies affaires » réfèrent à quatre thèmes que Philippe Couillard a explicitement définis : l’économie, l’emploi, l’éducation et la santé. Vendredi, il a ajouté la famille à ces quatre thèmes récurrents.

Une fois son propre slogan expliqué, le chef libéral répète le même exercice avec le slogan du Parti québécois. Le « plus prospère », dit-il, est une manière pour le PQ d’essayer de masquer son incurie économique. Le « plus fort » loge à l’enseigne de l’ironie : si le Parti québécois croyait vraiment que les Québécois forment un peuple fort, il ne sentirait pas le besoin de mettre de l’avant des projets qui divisent la population sous prétexte de la protéger. Le « plus indépendant » trouve davantage grâce aux yeux du chef libéral, qui insiste sur le danger de voir le PQ tenir un nouveau référendum s’il est porté au pouvoir. Enfin, le « plus accueillant » suscite les railleries de Philippe Couillard, qui y voit une profonde contradiction avec le discours du Parti québécois sur la charte des valeurs.

Le laïus du chef libéral se termine souvent par la blague suivante : « Le mot « déterminée » dans le slogan péquiste : enlevez le « dé » et ça vous donne « terminée ». Vous êtes terminée, Madame Marois. »

Oh, bien sûr, de jour en jour, la livraison n’est pas toujours pareille. Le ton est parfois plus familier, parfois un peu plus formel. Le discours est parfois un peu plus long, parfois un peu moins. Philippe Couillard apparaît tantôt plus en animateur de foule, tantôt plus en professeur.

Invariablement, il ignore la CAQ. Il ne cite plus non plus les vers de Racine, comme il l’a naguère fait en marge d’un débat lors de la course à la direction du Parti libéral. Dans une circonscription comme Laviolette, en Mauricie, le chef libéral ne prononce pas non plus le mot « charte ».

Catégorie: Élections Québec 2014, Québec

Jour 3 : retour aux plans de match?

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 publié le 7 mars 2014 à 20 h 23

Il y a eu des turbulences le jour du lancement de la campagne électorale. Mais en ce troisième jour, les caravanes des chefs semblent avoir trouvé leur vitesse de croisière et à s’en tenir à leurs plans de match.

Mais, malgré les meilleures planifications, il y a souvent des embûches et des imprévus.

Pauline Marois a annoncé plusieurs nouvelles candidatures, dont Gyslaine Desrosiers (ex-présidente de l’Ordre des infirmières), Diane Lamarre (présidente de l’Ordre des pharmaciens) et Martine Desjardins (ex-présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec). Trois candidates d’origine maghrébine ont aussi fait une forte impression, Yasmina Chouakri, Évelyne Abitbol et Leila Mahiout, bien qu’elles mèneront campagne dans des circonscriptions traditionnellement libérales. Ça, c’était le plan de match. La publication des statistiques sur le chômage (-25 500 emplois) est venue assombrir cette journée de la chef péquiste, qui a essuyé un barrage de critiques des partis d’opposition. Les prochaines données sur l’emploi seront publiées le 4 avril prochain, trois jours avant le scrutin.

Philippe Couillard a annoncé les détails d’une stratégie maritime. Un plan qui exige 3 milliards de dollars d’investissements publics pour permettre 4 milliards de dollars d’investissements privés. Le chef libéral multiplie les annonces de stimulation économique soutenues par l’État. Chacune de ses annonces rend plus urgente la publication du cadre financier du PLQ, question d’y voir clair parmi tous ces engagements. De cette stratégie maritime, qui s’étale sur près de 50 pages, le risque est élevé que les électeurs retiennent surtout les accusations de plagiat lancées par François Legault, qui estime que cette stratégie ressemble beaucoup à son Projet Saint-Laurent. Il était aussi très étrange de voir Philippe Couillard entouré d’une dizaine d’hommes, et d’aucune femme, lors de son annonce. Une image très étrange en cette veille de la Journée internationale des femmes.

François Legault a proposé une charte des contribuables, dont il parle depuis quelques semaines. Pour l’essentiel, il s’agit de ne pas hausser les taxes, tarifs et impôts au-delà de l’augmentation du coût de la vie. Ainsi, le chef caquiste rejette la hausse des tarifs des garderies de 9 $ en deux ans, prévue dans le budget Marceau. Ça demeure étonnant pour un parti qui proposait des hausses d’impôts substantielles en 2012 et qui ne remettait pas en cause l’importante hausse de tarifs d’électricité prévue par les libéraux à l’époque.

Françoise David a dénoncé le sous-financement des organismes communautaires, en rappelant que si on veut véritablement aider les femmes, il serait logique de financer adéquatement les organismes qui leur viennent en aide. La porte-parole de Québec solidaire a aussi dénoncé le fait que Mme Marois n’entend pas rétablir la parité entre les hommes et les femmes au conseil des ministres. Québec solidaire s’engage encore une fois à avoir au moins autant de femmes que d’hommes parmi ses candidats.

Catégorie: Élections Québec 2014