Billets classés sous « Pauline Marois »

PQ : bruits de corridor

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 publié le 10 juin 2014 à 10 h 26

Députés réélus ou candidats défaits, conseillers, militants, présidents de circonscription… Malgré le temps superbe, tous s’étaient déplacés, samedi, pour assister à la conférence nationale des présidents du Parti québécois dans un hôtel de Drummondville. Ils étaient là, bien sûr, officiellement, pour faire le point sur la dernière campagne et rendre hommage à leur chef démissionnaire.

Pendant qu’on discutait à huis clos des causes de la défaite, dans les corridors de l’hôtel, des candidats pressentis pour succéder à l’ex-première ministre frayaient avec les militants. Un ancien député, défait le 7 avril, raconte qu’au moins trois personnes dont les noms circulent pour succéder à Pauline Marois l’ont approché au cours de la fin de semaine en lui disant qu’ils avaient besoin de lui parler. « Je me demande bien pourquoi! », a-t-il ironisé.

Malgré tous les bons efforts des journalistes, aucun député n’a admis qu’il envisageait de se présenter à la succession de Pauline Marois. En coulisse toutefois, les militants ont déjà commencé à soupeser les mérites des uns et des autres.

Si certains voient dans l’adoption de la Loi concernant les soins de fin de vie un tremplin pour Véronique Hivon, d’autres estiment que la députée devra commencer à aborder d’autres thèmes si elle veut se démarquer. Son bon ami, Alexandre Cloutier, a eu le bonheur de voir son idée d’ouvrir le choix du prochain chef du PQ à tous les Québécois, par l’entremise d’une primaire ouverte, être reprise dans une résolution adoptée par la conférence. Certains doutent toutefois qu’il se présente si Véronique Hivon elle-même se lance dans la course.

Ironiquement, c’est Jean-François Lisée qui a insisté, après l’adoption de cette résolution, pour que les journalistes recueillent ses commentaires. Il s’est réjoui de ce geste, mais plusieurs disent qu’il s’est fait couper l’herbe sous le pied par son collègue Cloutier.

Alors qu’un sondage Léger-Marketing-Le Journal de Québec publié samedi donnait l’avance à Pierre Karl Péladeau dans la course à venir, le principal intéressé se promenait d’un groupe à l’autre en fauteuil roulant dans les corridors de l’hôtel. Son principal défi consistera à tisser des liens avec l’aile gauche du parti, a-t-on fait valoir dans son entourage. Certains n’ont d’ailleurs pas manqué de remarquer que c’est avec Daniel Breton qu’il a choisi de partager le repas du midi sur la terrasse de l’hôtel.

Bernard Drainville, lui, s’est fait discret. « La question du leadership, ce n’est pas ce qui me préoccupe présentement», a-t-il laissé tomber. Mais pour combien de temps encore.

Catégorie: Québec

Le PQ à l’heure des bilans

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 publié le 5 mai 2014 à 17 h 00

Alors qu’on s’attendait à une séance de règlements de comptes, la rencontre sur le bilan de la campagne électorale du Parti québécois s’est déroulée, nous dit-on, dans la sérénité samedi à Laval.

Tant mieux. La dernière chose dont le PQ a besoin, c’est d’une séance de lavage de linge sale en public.

Contre toute attente, Pauline Marois était là. Elle s’est expliquée et a répondu à des questions, semble-t-il.

Il faut saluer le geste, c’est tout à son honneur. Le directeur général du PQ, Sylvain Tanguay, était là aussi.

Ils ont bien fait. Parce que sans des personnes responsables et imputables devant eux, le presto des militants aurait pu sauter.

C’est légitime pour un militant de poser des questions et d’espérer avoir des réponses. Les militants ont posé des pancartes, fait du porte-à-porte, distribué des brochures, organisé des rassemblements, bref mis de côté une partie de leur vie pendant un mois pour le parti. Ils espéraient mieux, ils ont été déçus, blessés. Leur rêve est brisé. Ils ont besoin d’un peu de réconfort, mais surtout de réponses.

Maintenant, le PQ doit espérer que l’abcès est crevé, que les militants ne regarderont plus dans le rétroviseur, mais en avant.

La séance de samedi permettra aussi de faire des adieux dignes de ce nom à Pauline Marois à la conférence des présidents du PQ, au début juin, sans trop craindre de règlements de comptes publics.

Catégorie: Québec

La première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, et son homologue du Québec, Pauline Marois, lors d’une rencontre du Conseil de la fédération à Niagara en 2013

 

Parmi tous ceux et celles qui étudient les leçons à tirer des résultats des élections québécoises de lundi, la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, et ses stratèges vont sûrement y porter une attention particulière.

Son gouvernement libéral minoritaire songe en ce moment à prendre l’approche Marois et à déclencher des élections printanières.

Kathleen Wynne, au cours des dernières semaines, semblait avoir le pied bien enfoncé sur l’accélérateur. La défaite cuisante, historique, du PQ devrait forcer la première ministre ontarienne à ralentir un peu et à réfléchir, d’ici au dépôt de son budget dans trois ou quatre semaines.

Similitudes

Comme pour Pauline Marois, c’est tentant pour Kathleen Wynne de se lancer dans une campagne électorale en ce moment. Mme Wynne est première ministre depuis un an (son gouvernement minoritaire survit depuis 30 mois), les sondages lui semblent relativement favorables, sa popularité personnelle est en hausse. Mais comme on l’a vu au cours des cinq dernières semaines au Québec, une campagne, ça compte et ça influe sur l’humeur de l’électorat.

Kathleen Wynne a aussi l’équivalent d’une « commission Charbonneau » suspendu au-dessus de sa tête. Deux enquêtes criminelles liées aux agissements du gouvernement libéral,  dont une qui touche directement le bras droit de son prédécesseur, Dalton McGuinty pour une histoire d’abus de confiance et de courriels compromettants qui auraient été effacés délibérément. Mais bonne nouvelle pour elle, l’accumulation de scandales ne semble pas avoir nui aux libéraux de Philippe Couillard.

 Différences

Le gouvernement libéral est au pouvoir en Ontario depuis 11 ans. Fatigue du pouvoir, ras-le-bol des électeurs, scandales qui s’accumulent, etc. Rien à voir avec les 18 courts mois au pouvoir de Pauline Marois.

De plus, Kathleen Wynne ne semble pas vouloir pousser elle-même le bouton électoral. Elle veut laisser l’opposition poser ce geste. Ça lui permettrait en campagne de dire : « Regardez, nous voulions gouverner, mais l’opposition voulait d’une élection hâtive. » Un loisir que Pauline Marois et le PQ n’ont pas eu, en donnant eux-mêmes le coup d’envoi à la campagne, sans même essayer de s’entendre pour faire adopter leur budget.

Relations Ontario-Québec

Il ne faut pas se le cacher, les dirigeants des provinces canadiennes préfèrent voir un gouvernement fédéraliste en poste à Québec.

Mais l’Ontario n’avait pas trop à se plaindre depuis l’élection du PQ. Évidemment, certains ministres libéraux ontariens déploraient, en privé, le manque de collaboration avec le Québec dans plusieurs dossiers communs d’importance. Mais beaucoup d’autres n’avaient rien à redire et disaient bien travailler avec leurs homologues péquistes, notamment dans le dossier du libre-échange avec l’Union européenne et la lutte contre Ottawa reliée à la subvention canadienne à l’emploi.

La première ministre ontarienne a félicité Philippe Couillard pour sa victoire. Kathleen Wynne va même jusqu’à rêver à une reprise des réunions conjointes des conseils des ministres Ontario-Québec, instituées par les libéraux Dalton McGuinty et Jean Charest.

Kathleen Wynne n’a cependant pas beaucoup de temps pour rêvasser. Son gouvernement minoritaire a un budget à défendre dans trois ou quatre semaines et pourrait bien devoir se payer, sous peu, une tournée de 35 jours aux quatre coins de l’Ontario.

Catégorie: Élections Québec 2014, Ontario

Aller ou ne pas aller aux Îles-de-la-Madeleine?

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 publié le 25 mars 2014 à 15 h 38

Lors de la campagne électorale de 2012, Pauline Marois s’était fait un devoir de visiter l’ensemble des régions du Québec. De l’Abitibi-Témiscamingue à la Gaspésie, en passant par le Saguenay–Lac-Saint-Jean et le Bas-Saint-Laurent, la chef péquiste s’était pratiquement rendue partout, y compris… aux Îles-de-la-Madeleine!

Non seulement Pauline Marois avait visité toutes les régions, mais elle avait aussi dénoncé le chef de la CAQ, François Legault, qui, lui, avait concentré ses visites dans l’axe Québec-Montréal.

Cette année, la chef péquiste a opté pour une autre stratégie : depuis le début de la campagne, elle n’a pratiquement visité que des circonscriptions des régions de Québec et de Montréal, en plus de quelques incursions en Estrie et en Mauricie, et d’une visite dans le Bas-Saint-Laurent.

Dans l’entourage de la chef péquiste, on explique vouloir concentrer ses énergies. Le Parti québécois est sûr de l’emporter dans l’ensemble des régions ressources, là où il avait pratiquement tout raflé en 2012. Le dernier sondage Léger-Marketing-QMI tend à confirmer l’avance dont jouit le Parti québécois dans ces régions, mais tenir pour acquis l’appui des électeurs est parfois dangereux.

Dans un tel contexte, le PQ veut être présent là où il estime que cela compte le plus. Dans l’esprit des proches de Pauline Marois, la victoire ou la défaite se jouera sur le terrain de la CAQ, soit en banlieue de Montréal et dans le Centre-du-Québec – le PQ ayant en quelque sorte renoncé à faire des gains à Québec devant la remontée des libéraux. Pas question donc de disperser les énergies de la chef péquiste en se rendant aux quatre coins de la province.

Les proches de Pauline Marois font aussi valoir que de se rendre en région comporte de nombreux désavantages. Les temps de trajet sont longs, les caprices de la météo peuvent entraîner des retards, les journalistes nationaux ne suivent pas tous… autant de facteurs qui font que la visibilité médiatique des chefs de parti souffre souvent de tels déplacements.

Cela étant, ne pas se rendre dans toutes les régions comporte aussi des risques. Outre le danger de projeter une image trop « montréalocentriste », l’absence de Pauline Marois dans certaines circonscriptions pourrait lui faire perdre des comtés. Même si le PQ paraît sûr de conserver ses acquis, il n’est pas immunisé contre la défaite. Certaines circonscriptions arrachées lors du dernier scrutin par de faibles majorités pourraient basculer, qu’on pense à Abitibi-Est ou à Saint-François.

Quoi qu’il en soit, on explique dans l’entourage de Pauline Marois que la décision de visiter ou non certaines régions plus éloignées sera prise après le deuxième débat, selon la tournure des événements et les échos que l’organisation recevra de la part de ses alliés sur le terrain.

Catégorie: Élections Québec 2014, Québec

Jour 8 : il n’y a rien comme des élections

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 publié le 13 mars 2014 à 11 h 37

Non, il n’y a rien comme une campagne électorale pour des annonces incongrues.

D’abord, cette annonce véritablement fascinante de Pauline Marois (PQ) sur un plan de réduction de la dette.

La chef du Parti québécois a annoncé le même plan de réduction de la dette que celui du dernier budget de Nicolas Marceau. C’est d’ailleurs le même plan que dans le premier budget Marceau et, si vous y regardez de plus près, c’est le même plan que l’on peut retrouver dans quelques budgets préparés par le ministre libéral Raymond Bachand.

Toujours le même plan de réduction de la dette. La seule différence, c’est l’échéancier. Dans le budget Marceau, ça va jusqu’en 2026. Dans le programme électoral du Parti québécois, jusqu’en 2018-2019, le temps d’un gouvernement majoritaire.

L’ennui avec ce plan, c’est que depuis qu’on l’a mis en place, il n’est jamais respecté, année après année, peu importe l’allégeance du gouvernement.

Chaque fois, ce plan est reconfiguré subtilement par le ministère des Finances pour retomber pile sur le même objectif de réduction de la dette en 2026. Ainsi, plus le temps passe, plus il devient difficile, et de moins en moins réaliste, d’atteindre l’objectif fixé en 2026.

Je ne suis pas le seul à le dire. Il y a quelques mois, le vérificateur général par intérim, Michel Samson, a dit de ce plan qu’il exigera « des efforts considérables et un suivi rigoureux ». De la plume d’un vérificateur général, ce type de vocabulaire n’est pas encourageant et a tout l’air de cacher un euphémisme.

Fallait-il véritablement nous refaire l’annonce d’un plan de réduction de la dette, qui est en place depuis plusieurs années, qui a été créé sous l’ancien régime et qui, en plus, menace de ne pas se matérialiser?

Était-ce vraiment nécessaire, même à Québec?

Ne vous méprenez pas, je ne crie pas au loup sur la question de la dette, je ne me permets que d’aller un peu plus loin que le signal d’alerte du vérificateur général à l’égard de ce plan, qui court un risque élevé de ne jamais se réaliser.

Ce n’est pas nécessairement un drame, ce plan n’est peut-être pas bon, il n’était peut-être pas réaliste et il ne s’agit peut-être pas d’une bonne politique budgétaire.

Je ne fais que plaider en faveur d’un certain réalisme et d’une plate recherche de la vérité.

Car, il est si facile d’agir avec légèreté dans une campagne électorale, à l’égard d’un dossier pour lequel on ne pourrait être jugé que dans une douzaine d’années.

 François Legault contre Régis Labeaume?

À Québec encore, François Legault (CAQ), avec son « anticampagne », a probablement tenu l’une de ces conférences de presse qui peuvent définir une campagne électorale.

En rejetant trois projets qui ont déjà obtenu des autorisations de financement, François Legault paraît se dresser contre le maire de Québec, Régis Labeaume. S’il n’en tenait qu’à la Coalition, exit l’anneau de glace couvert, le projet de salle théâtral Le Diamant de Robert Lepage et la rénovation des bâtiments historiques « Les nouvelles casernes ». M. Legault estime qu’il vaut mieux offrir des réductions d’impôt aux familles que de financer ces projets.

Ce régime minceur ne s’applique pas aux projets routiers, puisque la CAQ appuie l’élargissement de l’autoroute Henri IV et le réaménagement du secteur de la tête des ponts. Un projet de complexe aquatique à Lévis et un stade de soccer à Beauport trouvent aussi grâce aux yeux du chef caquiste.

On comprend donc que ce n’est pas nécessairement une question d’économie, mais une question de priorités. François Legault peut sembler faire preuve d’audace en s’écartant de celles du maire de Québec.

Il appert que le chef caquiste se montre plutôt sensible à l’appel des sirènes propagé par les ondes hertziennes à Québec. Il n’est pas évident que ces priorités soient à la hauteur d’un parti qui présente des candidats dans toutes les circonscriptions du Québec.

Catégorie: Élections Québec

« M. X sera candidat dans telle circonscription. » « Mme Y dit oui à tel parti. » « Mme Z annonce qu’elle se retire de la vie politique. »

Les candidatures se multiplient plus vite que les lapins par les temps qui courent.

Mes amis, le Québec fait de la fièvre! De la fièvre électorale!

Ne vous en faites pas, nous allons nous soigner. Après tout, nous avons survécu à la dernière fièvre, celle de l’automne.

Rappelez-vous! Après un Conseil des ministres au milieu de nulle part, au lac Taureau, Pauline Marois annonçait qu’il n’y aurait pas d’élections. Certains d’entre nous étaient déçus, d’autres moins, comme moi, parce que j’avais parié un gros 2 $ que les élections seraient au printemps.

Mais, avec le recul, je pense qu’on aurait tous dû voir que, bien avant le Conseil des ministres du lac Taureau, le scénario électoral avait été écarté.

Je ne dis pas ça parce qu’un conseiller de la première ministre m’avait parié un verre de vin qu’il n’y aurait pas d’élections!

Je ne dis pas ça parce que je connais maintenant l’issue de ce Conseil des ministres.

Je dis ça parce que je me rappelle d’une mise en garde que m’avait faite un conseiller de Jean Charest il y a quelques années : « Quand l’armée se prépare, on voit de la poussière se lever. »

À bien y penser, l’automne dernier, il n’y avait pas beaucoup de poussière, il n’y avait pas les vrais signes avant-coureurs, contrairement à maintenant.

L’automne dernier, aucun parti n’a fait d’annonces de candidats vedettes.

L’automne dernier, aucun député n’a annoncé qu’il partait.

L’automne dernier, les grands réseaux ne négociaient pas la tenue des débats.

Bref, l’automne dernier, il n’y avait pas la même frénésie.

On dit que l’expérience ne s’achète pas. Je m’en souviendrai pour la prochaine fièvre électorale!

Mais euh, j’y pense… On a déjà trouvé le remède pour la fièvre électorale! Ça s’appelle les élections à date fixe! On l’appliquera la prochaine fois!

Catégorie: Québec

Mécanique électorale

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 publié le 14 février 2014 à 18 h 09

Tous les observateurs de la scène politique québécoise pensent que des élections auront lieu au printemps. Moi aussi! J’ai même parié deux gros dollars là-dessus.

Les indices s’accumulent : série d’annonces, d’investissements, dépôt d’un budget, etc.

On spécule sur la date du déclenchement des élections et sur la date du vote. En fin de compte, c’est la première ministre qui décidera quand les Québécois seront appelés aux urnes.

D’ici là, il est peut-être bon de rappeler la mécanique du déclenchement des élections, bref ce que la loi prévoit.
Une campagne électorale au Québec dure entre 33 et 39 jours.

En principe, des élections ont lieu à date fixe, le premier lundi du mois d’octobre, tous les quatre ans (article 129 de la loi électorale). Le lieutenant-gouverneur conserve toutefois le pouvoir de dissoudre la Chambre (et de déclencher des élections) s’il le juge nécessaire (par exemple, si le premier ministre n’a plus la confiance de la Chambre ou si l’opposition le renverse sur un vote de confiance).

Mais dans l’hypothèse d’un déclenchement prématuré (contexte dans lequel nous sommes) l’article 131 de la loi prévoit ceci : le scrutin a lieu le cinquième lundi qui suit la prise du décret, si le décret est pris un lundi, un mardi ou un mercredi, et le sixième lundi, si le décret est pris un autre jour.

C’est un peu technique, mais voici ce que cela veut dire…

  
Si le déclenchement est un jeudi, le scrutin a lieu 39 jours plus tard, le 6e lundi.
Si le déclenchement est un vendredi, le scrutin a lieu 38 jours plus tard, le 6e lundi.
Si le déclenchement est un samedi, le scrutin a lieu 37 jours plus tard, le 6e lundi.
Si le déclenchement est un dimanche, scrutin a lieu 36 jours plus tard, le 6e lundi.
Si le déclenchement est un lundi, le scrutin a lieu 35 jours plus tard, le 5e lundi.
Si le déclenchement est un mardi, le scrutin a lieu 34 jours plus tard, le 5e lundi.
Si le déclenchement est un mercredi, le scrutin a lieu 33 jours plus tard, le 5e lundi.

 

Les élections ont toujours lieu un lundi, sauf si cela tombe un jour férié. À ce moment, le vote a lieu le mardi.

Alors, à court terme, retenez trois dates pour une possible date d’élections : 31 mars, 7 avril ou 14 avril.

Et au risque d’en rajouter, mais pour faire plaisir aux amateurs de numérologie :

- il n’y a jamais eu d’élections générales au Québec un 31 mars ni un 7 avril;
- le 14 avril 2003, le PQ a perdu le pouvoir aux mains des libéraux;

- le naufrage du Titanic a commencé le 14 avril 1912.

Et vous? Votre 2 $, vous le pariez sur quelle date?

Catégorie: Québec

Philippe Couillard tente une nouvelle stratégie

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 publié le 13 février 2014 à 12 h 04

Philippe Couillard
Philippe Couillard

BILLET D’HUGO LAVALLÉE – Plusieurs auront remarqué le ton plus incisif adopté par Philippe Couillard depuis le début de la semaine. En chambre, le chef libéral n’a pas hésité à lancer des flèches à Pauline Marois. « La première ministre pourra poser des questions quand elle sera de retour de ce côté de la Chambre. » « Je répète la question parce que la première ministre […] ne répond pas à ma question. » Telles sont des phrases que l’on a pu entendre ces derniers jours.

Le chef libéral admet lui-même publiquement que, même s’il continuera « de respecter les personnes », il entend dorénavant adopter « un ton ferme ». Dans l’entourage de Philippe Couillard, on reconnaît avoir tiré une leçon des critiques qui se sont multipliées ces dernières semaines à propos des louvoiements du chef libéral.

« M. Couillard réfléchissait parfois à haute voix, explique un proche. On lui a fait comprendre que les Québécois ne veulent pas entendre leurs leaders politiques remuer des idées, ou expliquer leur parcours intellectuel. Ils veulent entendre des positions claires. »

On comprend en filigrane que le discours de Philippe Couillard était parfois empesé par des détours intellectuels contre-productifs sur le plan de la communication. Mais, prévient-on, c’est justement l’intelligence du chef libéral qui lui permettra de reprendre l’initiative : il ne répétera pas les mêmes erreurs.

La question du budget

D’autres encore auront aussi remarqué que Philippe Couillard a lourdement insisté sur la nécessité pour le gouvernement de présenter un budget en bonne et due forme avant le déclenchement des prochaines élections.

En coulisse, toutefois, on explique ne pas tenir si fort à ce qu’un budget soit déposé. En fait, les libéraux estiment qu’ils seront avantagés quoi qu’il advienne.

Si le gouvernement dépose un budget, le PLQ pourra mettre en doute la valeur des chiffres en rappelant le scénario de 2003. Pauline Marois, ministre des Finances, avait alors déposé avant les élections un budget équilibré qui s’était avéré déficitaire quelques mois plus tard.

Et si le gouvernement ne dépose pas de budget, la partie sera encore plus facile, puisque les Libéraux auront beau jeu pour accuser le Parti québécois de vouloir « cacher les chiffres ».

Dans un cas comme dans l’autre, le PLQ estime pouvoir sortir gagnant de l’épisode budgétaire… qu’il ait lieu ou non.

Catégorie: Québec

Le Jell-O politique de la commission Charbonneau

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 publié le 30 janvier 2014 à 17 h 20

Je n’ai jamais essayé, mais mes enfants l’ont fait. Serrer du Jell-O dans ses mains. C’est impossible, dès qu’on serre, la gelée se décompose pour glisser entre les doigts.

Une analyse de Sébastien Bovet

Ce qu’on a entendu à la commission Charbonneau depuis une semaine sur Pauline Marois, Jean Charest et Jean-Marc Fournier est comme du Jell-O. J’essaie de m’accrocher à quelque chose, de mettre le doigt sur du tangible. Je n’en suis pas capable. Je savais que la commission Charbonneau ne serait pas un épisode de Law and Order, où tout se règle en une heure, mais je m’attendais peut-être à des preuves irréfutables de trafic d’influence ou de malversations. Ça viendra peut-être.

Pour l’instant, nous avons le « deal » et un « chèque de 3000 $ ».

Le « deal »

Michel Arsenault a évoqué un « deal » avec le mari de Pauline Marois, Claude Blanchet. Selon l’ancien président de la FTQ , c’est une entente financière entre le Fonds de solidarité de la FTQ et une entreprise dirigée par M. Blanchet, rien de plus. Reste quand même que ça lui « passe par la tête » de penser que l’investissement pourrait être rentable politiquement parce que le fils de Pauline Marois travaille aussi pour cette entreprise.

A-t-il tenté d’influencer Mme Marois en passant par son mari? Par son fils? En a-t-il parlé à Pauline Marois? Il dit que non, Pauline Marois dit qu’il n’y a pas eu de « deal » (politique). Rien ne les contredit jusqu’à maintenant.

Le chèque de 3000 $

Un autre témoin de la commission, Louis-Pierre Lafortune, ex-vice-président de Grues Guay, laisse entendre qu’un chèque de 3000 $ a été remis en main propre au premier ministre Jean Charest dans l’espoir de faire avancer positivement un dossier. Personne n’a vu le chèque être remis à M. Charest. Le chèque était libellé au nom de l’Association libérale de Sherbrooke.

Jean Charest nie avoir reçu ce chèque. Il qualifie l’information de loufoque et de ridicule. Aucune preuve irréfutable ne le contredit.

Le Jell-O

Tout cela, donc, est de la gelée…

Rien, à la lumière de ce qu’on a entendu, ne permet de conclure que Pauline Marois ou Jean Charest ont commis des gestes répréhensibles.

Dans le premier cas, il faut interpréter les paroles de M. Arsenault pour trouver quelque chose de croche. Dans le deuxième cas, on n’a que la parole d’un témoin aux fréquentations douteuses, et accusé, depuis, de gangstérisme.

Ce qui est indéniable c’est que peu importe où se trouve la vérité, les partis politiques récupèrent toute allégation, toute information qui fait leur affaire. Ils transforment le Jell-O en plat de résistance.

La semaine dernière, en écoutant les libéraux, on aurait cru que Pauline Marois était sous l’influence de la FTQ.

Où sont les preuves?

Cette semaine, en écoutant les ministres péquistes, on aurait cru que Jean Charest avait mis le chèque de 3000 $ dans ses poches.

Où sont les preuves?

On appelle ça de la politique partisane. Malgré toutes leurs belles promesses, nos politiciens aiment et continueront d’aimer le Jell-O… malheureusement.

Catégorie: Québec

Au cours des deux prochains mois, dans l’immense Salon rouge de l’Assemblée nationale, le ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne rencontrera tous ceux au Québec qui veulent se faire entendre sur le projet de charte des valeurs.

Oui, tous.

Depuis que ce sujet a fait son apparition en août dernier, la majorité des Québécois ont compris qu’il est risqué d’aborder la question de la charte des valeurs avec le premier venu.

C’est pourtant bel et bien ce que le ministre Drainville fera pendant au moins 200 heures de consultations.

« Je l’aborde avec ouverture et fermeté. Ouverture parce qu’il faut être prêt à attraper au vol les bonnes idées qui pourraient nous être proposées. Et fermeté, sur les principes et valeurs que nous défendons, que ce projet de charte porte. »

Les principes énoncés dans le projet de loi 60, dont l’interdiction de symboles religieux pour les employés de l’État, sont du jamais vu en Amérique du Nord. L’interdiction explicite des signes religieux n’est ni dans la culture ni dans la tradition nord-américaine.

« Notre rapport à la religion catholique colore en partie la proposition de charte », suggère Bernard Drainville pour expliquer ce qui distingue le Québec des juridictions qui l’entourent. Tout comme les liens avec la France, ajoute-t-il. Et aussi une réflexion menée depuis des années au sein du Parti québécois, notamment sous l’influence de Louise Beaudoin.

Cette charte des valeurs est dénoncée par ses opposants comme une attaque frontale aux droits et libertés. Le sociologue Gérard Bouchard a aussi accusé le gouvernement Marois de faire preuve de démagogie, de mentir pour défendre sa cause.

« Je ne reconnais pas Gérard Bouchard dans les propos qu’il tient ce matin, a répliqué Bernard Drainville. Il nous a habitué à une élévation intellectuelle que je ne retrouve pas dans ce texte-là… On frise l’attaque personnelle dans certains propos qu’il tient. Je l’invite à se ressaisir. »

Le ministre Drainville croit en outre que l’ancien député Yves Michaud allait trop loin en proposant aux adversaires de la charte de quitter le pays.

Quels risques?

Le ministre considère que « ce projet est une nécessité vitale pour notre société ». Si le gouvernement s’abstenait d’agir, il y aurait des conséquences, croit le ministre.

« Les cas d’accommodements religieux déraisonnables vont se multiplier à l’avenir… produisant des frictions, des frustrations. »

Le climat social en pâtirait si le gouvernement québécois n’intervenait pas, selon lui.

« Il y a une partie de ce que l’on propose qui vise à prévenir une escalade, une détérioration du climat social, qui vise à prévenir des tensions. »

Le facteur électoral

Bernard Drainville affirme qu’il souhaite l’adoption du projet de loi 60. Il dit ne pas tenir compte du calendrier électoral, qui pourrait néanmoins en entraver l’adoption.

« S’il n’y a pas d’élections, je pense que le processus pourra se poursuivre et on devra s’asseoir avec la CAQ et essayer d’en venir à une entente qui permette l’adoption de la charte. »

Avec les consultations sur ce projet de charte et le dépôt d’un budget déficitaire, les prochaines semaines se dérouleront sous le signe de l’incertitude à l’Assemblée nationale.

La façon dont le ministre Drainville mènera ces consultations aura une influence indéniable, mais totalement imprévisible, sur le sort de ce gouvernement minoritaire.

Pour écouter l’entrevue avec Bernard Drainville sur votre téléphone mobile, cliquez ici.

Catégorie: Québec