Billets classés sous « Parti québécois »

Philippe Couillard tente une nouvelle stratégie

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 publié le 13 février 2014 à 12 h 04

Philippe Couillard
Philippe Couillard

BILLET D’HUGO LAVALLÉE – Plusieurs auront remarqué le ton plus incisif adopté par Philippe Couillard depuis le début de la semaine. En chambre, le chef libéral n’a pas hésité à lancer des flèches à Pauline Marois. « La première ministre pourra poser des questions quand elle sera de retour de ce côté de la Chambre. » « Je répète la question parce que la première ministre […] ne répond pas à ma question. » Telles sont des phrases que l’on a pu entendre ces derniers jours.

Le chef libéral admet lui-même publiquement que, même s’il continuera « de respecter les personnes », il entend dorénavant adopter « un ton ferme ». Dans l’entourage de Philippe Couillard, on reconnaît avoir tiré une leçon des critiques qui se sont multipliées ces dernières semaines à propos des louvoiements du chef libéral.

« M. Couillard réfléchissait parfois à haute voix, explique un proche. On lui a fait comprendre que les Québécois ne veulent pas entendre leurs leaders politiques remuer des idées, ou expliquer leur parcours intellectuel. Ils veulent entendre des positions claires. »

On comprend en filigrane que le discours de Philippe Couillard était parfois empesé par des détours intellectuels contre-productifs sur le plan de la communication. Mais, prévient-on, c’est justement l’intelligence du chef libéral qui lui permettra de reprendre l’initiative : il ne répétera pas les mêmes erreurs.

La question du budget

D’autres encore auront aussi remarqué que Philippe Couillard a lourdement insisté sur la nécessité pour le gouvernement de présenter un budget en bonne et due forme avant le déclenchement des prochaines élections.

En coulisse, toutefois, on explique ne pas tenir si fort à ce qu’un budget soit déposé. En fait, les libéraux estiment qu’ils seront avantagés quoi qu’il advienne.

Si le gouvernement dépose un budget, le PLQ pourra mettre en doute la valeur des chiffres en rappelant le scénario de 2003. Pauline Marois, ministre des Finances, avait alors déposé avant les élections un budget équilibré qui s’était avéré déficitaire quelques mois plus tard.

Et si le gouvernement ne dépose pas de budget, la partie sera encore plus facile, puisque les Libéraux auront beau jeu pour accuser le Parti québécois de vouloir « cacher les chiffres ».

Dans un cas comme dans l’autre, le PLQ estime pouvoir sortir gagnant de l’épisode budgétaire… qu’il ait lieu ou non.

Catégorie: Québec

Au cours des deux prochains mois, dans l’immense Salon rouge de l’Assemblée nationale, le ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne rencontrera tous ceux au Québec qui veulent se faire entendre sur le projet de charte des valeurs.

Oui, tous.

Depuis que ce sujet a fait son apparition en août dernier, la majorité des Québécois ont compris qu’il est risqué d’aborder la question de la charte des valeurs avec le premier venu.

C’est pourtant bel et bien ce que le ministre Drainville fera pendant au moins 200 heures de consultations.

« Je l’aborde avec ouverture et fermeté. Ouverture parce qu’il faut être prêt à attraper au vol les bonnes idées qui pourraient nous être proposées. Et fermeté, sur les principes et valeurs que nous défendons, que ce projet de charte porte. »

Les principes énoncés dans le projet de loi 60, dont l’interdiction de symboles religieux pour les employés de l’État, sont du jamais vu en Amérique du Nord. L’interdiction explicite des signes religieux n’est ni dans la culture ni dans la tradition nord-américaine.

« Notre rapport à la religion catholique colore en partie la proposition de charte », suggère Bernard Drainville pour expliquer ce qui distingue le Québec des juridictions qui l’entourent. Tout comme les liens avec la France, ajoute-t-il. Et aussi une réflexion menée depuis des années au sein du Parti québécois, notamment sous l’influence de Louise Beaudoin.

Cette charte des valeurs est dénoncée par ses opposants comme une attaque frontale aux droits et libertés. Le sociologue Gérard Bouchard a aussi accusé le gouvernement Marois de faire preuve de démagogie, de mentir pour défendre sa cause.

« Je ne reconnais pas Gérard Bouchard dans les propos qu’il tient ce matin, a répliqué Bernard Drainville. Il nous a habitué à une élévation intellectuelle que je ne retrouve pas dans ce texte-là… On frise l’attaque personnelle dans certains propos qu’il tient. Je l’invite à se ressaisir. »

Le ministre Drainville croit en outre que l’ancien député Yves Michaud allait trop loin en proposant aux adversaires de la charte de quitter le pays.

Quels risques?

Le ministre considère que « ce projet est une nécessité vitale pour notre société ». Si le gouvernement s’abstenait d’agir, il y aurait des conséquences, croit le ministre.

« Les cas d’accommodements religieux déraisonnables vont se multiplier à l’avenir… produisant des frictions, des frustrations. »

Le climat social en pâtirait si le gouvernement québécois n’intervenait pas, selon lui.

« Il y a une partie de ce que l’on propose qui vise à prévenir une escalade, une détérioration du climat social, qui vise à prévenir des tensions. »

Le facteur électoral

Bernard Drainville affirme qu’il souhaite l’adoption du projet de loi 60. Il dit ne pas tenir compte du calendrier électoral, qui pourrait néanmoins en entraver l’adoption.

« S’il n’y a pas d’élections, je pense que le processus pourra se poursuivre et on devra s’asseoir avec la CAQ et essayer d’en venir à une entente qui permette l’adoption de la charte. »

Avec les consultations sur ce projet de charte et le dépôt d’un budget déficitaire, les prochaines semaines se dérouleront sous le signe de l’incertitude à l’Assemblée nationale.

La façon dont le ministre Drainville mènera ces consultations aura une influence indéniable, mais totalement imprévisible, sur le sort de ce gouvernement minoritaire.

Pour écouter l’entrevue avec Bernard Drainville sur votre téléphone mobile, cliquez ici.

Catégorie: Québec

Maria Mourani : problème familial

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 publié le 13 septembre 2013 à 18 h 14

Depuis quelques jours, les réactions à la proposition de Charte des valeurs québécoises du gouvernement Marois sont nombreuses et diverses. On entend plus les critiques que ceux qui appuient la proposition.

Les opposants sont-ils plus nombreux? Difficile à dire, le gouvernement compte sur la « majorité silencieuse » qui, par définition, est… silencieuse.

Les critiques ébranlent-elles le gouvernement? Quand on pose la question, on nous répond : « Pas du tout, on s’attendait à ces critiques. » Et on nous suggère de regarder qui lève les boucliers. Des intellectuels, l’opposition, les partis fédéraux, les candidats à la mairie de Montréal. Tous des groupes qui, d’une manière ou d’une autre, ont un « intérêt » à dénoncer la proposition gouvernementale.

Le « cas » Maria Mourani est différent. Aujourd’hui ex-députée du Bloc québécois, elle milite ardemment pour la souveraineté depuis des années. Elle est issue d’une communauté culturelle. Elle fait partie de la famille, la famille souverainiste.

Sa famille lui dit maintenant d’aller réfléchir dans le coin, en punition, exclue du caucus du Bloc. Difficile à expliquer quand Pauline Marois, la mère de famille, lance un appel au dialogue.

Dans une discussion aussi émotive, sur la laïcité, je présume que Mme Marois s’attendait peut être à des débats animés dans la famille, mais elle devait espérer que la famille reste unie.

« L’affaire Mourani » est certainement un caillou dans le soulier de la première ministre.

Catégorie: Québec

Valeurs québécoises : les élites c. le grand public?

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 publié le 11 septembre 2013 à 17 h 19

Y a-t-il deux Québec dans le dossier des valeurs québécoises? Y a-t-il un fossé entre les points de vue des élites intellectuelles, médiatiques et politiques et ceux de la population en général, celle que l’on qualifie de majorité silencieuse, car elle n’aurait pas accès aux tribunes médiatiques?

Des ministres du gouvernement Marois, dont Bernard Drainville et Réjean Hébert, ont laissé entendre que les sondages leur donnaient raison, malgré la volée de critiques qui a accueilli les orientations du gouvernement. Le ministre responsable a d’ailleurs invité les Québécois à appeler leurs députés afin de permettre au gouvernement de développer un rapport de force face aux partis d’opposition.

Ceux qui ont le pouvoir de se faire entendre dans les médias parviennent bien souvent à faire reconnaître la justesse de leur point de vue par la population, surtout lorsque ces élites affichent une telle unanimité.

Néanmoins, dans ce cas, le terrain n’est pas vierge.

Bien des Québécois ont un point de vue déjà fixé sur les questions de l’identité, de la laïcité de l’État et de la place des religions au sein de la société québécoise. Ils ne changeront peut-être pas d’idées aussi facilement qu’on le pense. Ils pourraient même se braquer, face à des commentaires qui, à la limite, semblent les ranger parmi les xénophobes, voire les racistes.

La société québécoise est marquée par son statut minoritaire. Une société minoritaire qui cherche depuis longtemps à se distinguer du multiculturalisme prôné dans l’ensemble canadien. D’ailleurs, aucun parti politique représenté à l’Assemblée nationale n’adhère au multiculturalisme.

Cette société minoritaire a voulu, il y a 35 ans par la loi 101, s’assurer que les immigrants soient contraints d’envoyer leurs enfants à l’école française, ce qui était (et ça l’est toujours) une discrimination évidente à leur égard. Par souci de cohérence, la majorité francophone a accepté d’interdire l’accès à l’école anglaise à ses propres enfants, ce qui, non plus, n’a rien de banal.

Si, 35 ans plus tard, ce projet de charte des valeurs trouve un écho parmi bon nombre de Québécois, malgré son caractère apparemment discriminatoire, ce n’est peut-être pas parce qu’ils sont xénophobes, c’est peut-être parce qu’ils jugent que la laïcité de l’État est devenue une valeur fondamentale de leur société, qui doit être affirmée et défendue.

Des Québécois, et particulièrement des Québécoises, sont parvenus, il n’y a pas si longtemps, à s’affranchir du pouvoir ecclésiastique catholique qui a pesé de tout son poids sur cette société pendant quatre siècles.

Néanmoins, cette démarche serait sans doute plus convaincante si le gouvernement Marois osait demander autant de sacrifices à la majorité qu’il n’en impose aux minorités, ainsi qu’il a été fait pour l’accès aux écoles dans la loi 101.

Et, parmi ces sacrifices, il est facile d’imaginer qu’il y aurait sans doute lieu de commencer par ce remarquable symbole que représente le crucifix au Salon bleu de l’Assemblée nationale.

Catégorie: Québec

L’épreuve du pouvoir

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 publié le 20 juin 2013 à 9 h 57

Pauline Marois à l'Assemblée nationale, le 7 décembre.

Pauline Marois a dilapidé une partie de son capital politique au cours des neuf premiers mois de son mandat. Les élus du Parti québécois (PQ) ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ils sont les seuls responsables de leurs malheurs. La première ministre a elle-même reconnu qu’elle n’avait pas su orchestrer les initiatives de ses ministres.

Il est aussi facile de constater un manque de souci évident dans les détails. Et, à cet égard, la faute en incombe aux ministres et au personnel qui entoure la première ministre. En fait, personne ne parvient à échapper au blâme au sein du PQ. Personne ne sort indemne de cette épreuve du pouvoir. Le PQ doit désormais craindre de se retrouver au troisième rang dans les intentions de vote, derrière la Coalition avenir Québec.

La position des libéraux

La démission de Jean Charest a créé tout un vide à l’Assemblée nationale. La commotion a été encore plus importante au Parti libéral. Le nouveau chef, Philippe Couillard, tente aujourd’hui de combler le vide en secouant les structures internes.

M. Couillard semble lui-même se transformer au fil des semaines. Pendant la course à la direction, il paraissait se ranger dans un camp plus nationaliste que celui de Jean Charest, alors que ces derniers jours, il a montré le visage d’un fervent fédéraliste.

En gardant ses distances avec l’Assemblée nationale, le nouveau chef libéral parvient à rester au-dessus de la mêlée. L’ennui, c’est qu’il paraît également loin de son aile parlementaire. Cela a donné lieu à quelques notes discordantes au cours des derniers jours entre ses propres positions et celles des élus libéraux.

Les questions nationale, linguistique et identitaire sont à la fois une force et une faiblesse du Parti libéral de Philippe Couillard. Le principal point d’interrogation est encore et toujours l’impact de la commission Charbonneau sur le Parti libéral d’ici les prochaines élections.

De la CAQ à Québec solidaire

De son côté, la Coalition avenir Québec ne semble toujours pas avoir fait son nid politique. Ce parti demeure difficile à cadrer, son étiquette est encore en voie de définition. Le Projet Saint-Laurent prend forme tranquillement et devrait contribuer à chasser le flou entourant ce parti. Les attaques du chef de la CAQ, François Legault, contre le gouvernement Marois sont souvent bancales et parfois menées avec imprécision.

Pour sa part, Québec solidaire continue son travail patient. L’arrivée de Françoise David à l’Assemblée nationale n’a toutefois pas donné la visibilité espérée à son parti.

Par ailleurs, la démission de Jean-Martin Aussant à la direction d’Option nationale offre un certain soulagement au Parti québécois et à Québec solidaire. La survie de ce parti est désormais remise en question.

Malgré la lune de miel des libéraux et l’inconsistance des péquistes, aucun des partis n’est véritablement en situation de force ou de faiblesse extrême. Il semble que tout demeure possible d’ici les prochaines élections.

Catégorie: Québec

Convergence souverainiste

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 publié le 8 avril 2013 à 20 h 52

Le principe est vieux comme le monde : l’union fait la force.

Les musiciens d’un orchestre jouent en harmonie, quand ils jouent « ensemble ». Une équipe de hockey gagne, quand elle joue ensemble.

Mais en politique, surtout dans le camp souverainiste (ou indépendantiste), le principe semble dur à appliquer.

Un parti est trop à droite, l’autre trop à gauche. Un parti est trop pressé, l’autre pas assez. Bref, les wagons ne s’accrochent pas ensemble.

Alors, pourquoi ne pas unir les forces, gagner les élections, tenir un référendum et faire la souveraineté? Comme dirait Bernard Landry : « La patrie avant le parti. L’indépendance n’est ni à droite ni à gauche, elle est en avant. »

Après tout, pour un souverainiste, l’indépendance du Québec est le projet d’une vie. C’est un peu comme quitter la maison familiale, à 18 ou 20 ans (30-35 ans dans certains cas, mais bon), voler de ses propres ailes, prendre ses décisions, s’affranchir, etc.

Cela paraît simple, mais dès qu’il est question d’unifier les forces souverainistes, tout le monde se dit d’accord, mais à ses conditions. Pour le PQ, c’est avec ce parti qu’il faut s’unir. Il n’en est pas question pour Québec solidaire qui ne fait pas de différence entre les politiques sociales du PQ et celles de la CAQ ou du PLQ. Une alliance ponctuelle de Québec solidaire semble plus probable avec Option nationale, mais rien ne permet de croire que cette alliance leur donnerait le pouvoir.

Alors, que se passe-t-il? On lance des appels au rassemblement et on lance des débats sémantiques (êtes-vous indépendantistes ou souverainistes?).

Pendant ce temps, il reste un noyau « dur » d’électeurs (entre 30 et 40 %) qui voteront toujours « oui » à un référendum sur la souveraineté, un noyau « dur » (plus près de 40 %) qui votera toujours « non » à un référendum.

Entre les deux, il y a entre 20 et 30 % d’électeurs qui observent la situation, attendent d’être convaincus par un camp ou l’autre.

Disons que pour l’instant, dans le camp souverainiste/indépendantiste, la cohésion reste à faire et ne semble pas envisageable de sitôt…

Catégorie: Québec

Taxe santé : question de leadership

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 publié le 11 octobre 2012 à 17 h 30

C’est au début de février que Pauline Marois a annoncé son intention d’abolir la taxe santé et d’en refiler le fardeau financier aux plus hauts revenus.

C’était tout juste avant la reprise des travaux à l’Assemblée nationale. Le Parti québécois a d’ailleurs présenté une motion pour l’abolition de la taxe santé et Nicolas Marceau réclamait son abolition immédiate. C’était il y a huit mois.

C’était aussi dans la foulée immédiate de la crise qui a secoué le Parti québécois et mis en péril Pauline Marois dans ses fonctions de chef. En fait, l’ancien chef bloquiste Gilles Duceppe venait de jeter l’éponge. Par cette annonce, Mme Marois visait à reprendre l’initiative au sein de son parti. Elle cherchait aussi à séduire la classe moyenne tout en essayant de rallier des électeurs sur sa gauche avec une mesure fiscale visant à « faire payer les riches ».

Jusqu’à la campagne électorale et pendant son déroulement, les ténors du Parti québécois et Pauline Marois au premier chef ont attaqué sans répit cette taxe santé. Cette promesse était au cœur du programme péquiste et elle a certainement contribué à sa victoire électorale.

Le jour de son assermentation comme ministre des Finances, le 19 septembre, Nicolas Marceau s’est fait demander si l’abolition de la taxe santé « sera une priorité à court ou à moyen terme? ».  Nicolas Marceau était prêt à faire des compromis : «Écoutez, nous avons établi des objectifs à cet égard durant la campagne électorale. Nous allons aller de l’avant avec ça, évidemment. Cependant, nous allons tenir compte de la réalité politique dans laquelle nous nous trouvons. Évidemment, cela exigera possiblement des compromis. Mais nous allons tenir compte des circonstances dans lesquelles nous nous trouvons. Mais, l’objectif, nous l’avons fixé clairement… et nous allons l’atteindre. »

Pourtant, dès le lendemain, à l’occasion de son premier point de presse à titre de première ministre, Pauline Marois a statué que la fameuse taxe serait éliminée dès cette année. Elle a soutenu qu’elle en connaissait les conséquences et qu’elle les assumerait. Avec son engagement d’atteindre l’équilibre budgétaire dès l’année prochaine, Pauline Marois a ouvert toute grande la porte à des impôts rétroactifs. À coût nul, cette réduction rétroactive de la taxe santé se transformait nécessairement par un transfert d’impôts, rétroactif lui aussi, vers les plus riches.

Et, encore une fois, c’est parce qu’elle a voulu faire la démonstration de ses qualités de meneuse que Pauline Marois a réagi de cette façon. D’autant que les interrogations sur son leadership ont sans cesse fait partie du sous-texte de la campagne électorale. Depuis sa victoire à l’arrachée dans son parti, ce n’est plus un sujet de conversation. Néanmoins, la question demeure et la réponse est plus importante aujourd’hui que jamais.

Le résultat de toute cette opération est passablement catastrophique. L’échec est particulièrement cuisant, car il met également en lumière, sous un éclairage pas très favorable, l’équipe économique du gouvernement Marois, jugée comme le maillon faible de cette administration par les partis d’opposition.

Le gouvernement Marois est  sur la défensive et le fragile lien de confiance entre cette nouvelle administration et la population a été mis à l’épreuve.

Toutefois, la taxe santé pourrait aussi se transformer en un test de leadership pour les partis d’opposition. Un vote de confiance, avant les Fêtes,  sur la taxe santé à l’Assemblée nationale les ramènera sans doute aux réalités de la mathématique parlementaire. Le libéral Jean-Marc Fournier, à titre de chef intérimaire, pourra difficilement faire obstacle, tandis que le coalisé François Legault devra sans doute être plus conciliant dans ses actions qu’il ne l’est actuellement dans ses propos. Des élections hâtives seraient sans doute mal perçues par bon nombre de Québécois, et les partis d’opposition qui en seraient responsables pourraient en payer le prix.

Catégorie: Québec

Le putsch avorté

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 publié le 28 janvier 2012 à 15 h 58

Si une nouvelle preuve était nécessaire pour démontrer que Gilles Duceppe n’était pas réellement prêt à assumer à court terme la direction du Parti québécois, il suffit d’examiner la façon dont il a mené ce présumé putsch contre Pauline Marois.

Le 8 novembre dernier, Gilles Duceppe écrit une lettre à Pauline Marois pour affirmer qu’il ne souhaitait pas la remplacer à la tête du Parti québécois.

Le 11 décembre, l’ancien chef du Bloc québécois s’adresse aux militants de ce parti réunis à Montréal à l’occasion de l’élection d’un nouveau chef, Daniel Paillé.  Gilles Duceppe ne leur parle que quelques minutes et s’en tient aux défis du Bloc québécois.  Si Gilles Duceppe savait ce jour-là qu’il voulait devenir chef du Parti québécois, pourquoi ne pas avoir prononcé un discours d’une tout autre envergure, qui aurait balayé large et lui aurait permis de présenter une vision politique qui aurait tenu compte de cette nouvelle perspective?

Le 31 décembre, Gilles Duceppe est l’un des invités de l’émission Tout le monde en parle.  Profite-t-il de l’occasion, alors que plus de un million de Québécois sont devant leur petit écran, pour manifester son intérêt pour diriger le Parti québécois?  Non.  Pourtant, il est déjà prévu que le Conseil national du PQ, étape cruciale pour le leadership de Pauline Marois, aurait lieu dans un mois.

Mais, voilà, il y a une dizaine de jours, des proches de Gilles Duceppe soutiennent auprès de plusieurs médias que l’ancien chef bloquiste est désormais disponible pour succéder à Pauline Marois.

Quelques jours plus tard, des révélations sur l’usage des fonds de la Chambre des communes par le Bloc québécois font reculer Gilles Duceppe, qui affirme qu’il doit désormais se consacrer entièrement à la défense de son intégrité.  Ce désistement a mis un terme à la contestation du leadership de Pauline Marois, jusqu’aux prochaines élections.

Est-il possible que Gilles Duceppe, éprouvé par une magistrale défaite électorale il y a moins de huit mois, ne savait pas vraiment ce qu’il voulait?  Est-il possible que Gilles Duceppe n’était tout simplement pas prêt à prendre la relève de Pauline Marois?

Le manque d’empressement et de détermination de Gilles Duceppe dans cette affaire donne à ce présumé putsch toutes les allures d’un acte manqué.

Catégorie: Québec

Pauline Marois, une « croisée »?

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 publié le 23 janvier 2012 à 9 h 34

« Pauline Marois ne passe pas », disait-on dans les milieux péquistes et au sein de la population. Que dira-t-on d’elle maintenant qu’elle a montré, avec sang froid, sa détermination à demeurer à la tête d’un parti politique habitué à déplacer ses chefs à la première crise de confiance?

Les « purs et durs » de la souveraineté désirent un chef qui ne casse pas devant les nombreux obstacles menant à la souveraineté. N’a-t-elle pas prouvé qu’elle peut, elle aussi, être un croisé? Remarquez que le genre du mot « croisé » n’est qu’au masculin…

Madame est solide. Sa « virilité politique » s’est déployée avec beaucoup d’éclats ces derniers jours. La féminine robustesse de Madame rendra-t-elle le Parti québécois plus solide? Rien ne permet de le dire pour l’instant tellement ce parti nous a habitués à des crises successives depuis le référendum de 1995. Il faudra bien que la machine péquiste devienne plus efficace et que la chef reprenne le contact avec un caucus inquiet, désemparé par les sondages et irrité par certains comportements provenant de son entourage.

La dernière semaine se termine par le triomphe de Pauline Marois, mais qu’en est-il de la « marque de commerce » du Parti québécois auprès de la population? La dame doit maintenant convaincre les Québécois que le Parti québécois est capable de s’attaquer à d’autres choses qu’à lui-même.

Catégorie: Québec

Caucus du PQ : en chiens de faïence

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 publié le 28 octobre 2011 à 15 h 30

Le Petit Robert : « se regarder en chiens de faïence » : se faire face dans une attitude hostile, sans se parler. 

Des députés du Parti québécois ont demandé à Pauline Marois de « réévaluer » son rôle à titre de chef, c’est-à-dire de démissionner.  Plusieurs le confirment en privé et s’abstiennent même de le nier publiquement.  Pauline Marois a refusé de démissionner. Ces députés n’ont aucune intention de quitter le caucus et Mme Marois ne peut les expulser, au risque d’aggraver la crise. 

« Ce n’est pas terminé, rien n’est réglé », a dit un député péquiste sous le couvert de l’anonymat. Certes, d’autres paraissent plus disposés à accepter la décision de Pauline Marois : « Je lui ai dit ce que j’avais à dire.  Je peux continuer à travailler avec elle. » 

Pour ajouter à la confusion, il y a ces « taupes » qui ont parlé des délibérations du caucus aux journalistes et qui, selon l’hypothèse de certains, souhaitent aussi le départ de Pauline Marois, mais veulent éviter d’en payer le prix en cas d’échec. 

Ajoutons à cela que des « dissidents » auraient refusé de se soumettre à un serment d’allégeance envers leur chef, selon le quotidien La Presse.  Le cabinet de Mme Marois confirme que ces rencontres ont eu lieu, mais refuse de dire si on a demandé aux députés de prêter un serment d’allégeance.  Mme Marois avait utilisé le même procédé auprès de tous ses députés en juin, après la démission de la « bande des quatre », avec davantage de succès, en apparence.   

Les deux camps restent donc sur leurs positions et ne pourront désormais que « se regarder en chiens de faïence ».  Si la situation n’évolue pas, si Mme Marois reste à la tête de son parti, si les « dissidents » demeurent au caucus, comment peut-on imaginer que les troupes du Parti québécois pourront mener la prochaine campagne électorale avec sérénité, conviction et enthousiasme?

Catégorie: Québec