Billets classés sous « Parti québécois »

PQ : bruits de corridor

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 publié le 10 juin 2014 à 10 h 26

Députés réélus ou candidats défaits, conseillers, militants, présidents de circonscription… Malgré le temps superbe, tous s’étaient déplacés, samedi, pour assister à la conférence nationale des présidents du Parti québécois dans un hôtel de Drummondville. Ils étaient là, bien sûr, officiellement, pour faire le point sur la dernière campagne et rendre hommage à leur chef démissionnaire.

Pendant qu’on discutait à huis clos des causes de la défaite, dans les corridors de l’hôtel, des candidats pressentis pour succéder à l’ex-première ministre frayaient avec les militants. Un ancien député, défait le 7 avril, raconte qu’au moins trois personnes dont les noms circulent pour succéder à Pauline Marois l’ont approché au cours de la fin de semaine en lui disant qu’ils avaient besoin de lui parler. « Je me demande bien pourquoi! », a-t-il ironisé.

Malgré tous les bons efforts des journalistes, aucun député n’a admis qu’il envisageait de se présenter à la succession de Pauline Marois. En coulisse toutefois, les militants ont déjà commencé à soupeser les mérites des uns et des autres.

Si certains voient dans l’adoption de la Loi concernant les soins de fin de vie un tremplin pour Véronique Hivon, d’autres estiment que la députée devra commencer à aborder d’autres thèmes si elle veut se démarquer. Son bon ami, Alexandre Cloutier, a eu le bonheur de voir son idée d’ouvrir le choix du prochain chef du PQ à tous les Québécois, par l’entremise d’une primaire ouverte, être reprise dans une résolution adoptée par la conférence. Certains doutent toutefois qu’il se présente si Véronique Hivon elle-même se lance dans la course.

Ironiquement, c’est Jean-François Lisée qui a insisté, après l’adoption de cette résolution, pour que les journalistes recueillent ses commentaires. Il s’est réjoui de ce geste, mais plusieurs disent qu’il s’est fait couper l’herbe sous le pied par son collègue Cloutier.

Alors qu’un sondage Léger-Marketing-Le Journal de Québec publié samedi donnait l’avance à Pierre Karl Péladeau dans la course à venir, le principal intéressé se promenait d’un groupe à l’autre en fauteuil roulant dans les corridors de l’hôtel. Son principal défi consistera à tisser des liens avec l’aile gauche du parti, a-t-on fait valoir dans son entourage. Certains n’ont d’ailleurs pas manqué de remarquer que c’est avec Daniel Breton qu’il a choisi de partager le repas du midi sur la terrasse de l’hôtel.

Bernard Drainville, lui, s’est fait discret. « La question du leadership, ce n’est pas ce qui me préoccupe présentement», a-t-il laissé tomber. Mais pour combien de temps encore.

Catégorie: Québec

Le retour de PKP, un symbole de force

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 publié le 28 mai 2014 à 14 h 27

Le premier ministre Philippe Couillard et le député péquiste Pierre Karl Péladeau
Le premier ministre Philippe Couillard et le député péquiste Pierre Karl Péladeau

Alors que les médecins estimaient qu’il mettrait des semaines à s’en remettre, Pierre Karl Péladeau a fait son entrée à l’Assemblée nationale lundi, moins de 10 jours après un grave accident de vélo qui lui a causé de multiples fractures.

Même s’il n’était là officiellement que pour faire son entrée à titre de nouveau député de Saint-Jérôme, plusieurs n’ont pu s’empêcher d’y voir un symbole de force. Moins de deux jours après sa sortie de l’hôpital, alors qu’on croyait initialement qu’il ne serait pas là de toute la session parlementaire, PKP ne recule devant rien et se présente à l’Assemblée nationale en fauteuil roulant!

Dans les rangs péquistes, on s’est étonné de l’abondance d’encouragements et de souhaits de prompt rétablissement que le nouveau député a reçus dans les jours après son accident. Sur la page Facebook du Parti québécois, on n’a pu s’empêcher de remarquer que la nouvelle le concernant avait reçu plus de clics que bien des annonces du précédent gouvernement de Pauline Marois.

Un député qui, il y a quelques jours encore, n’était pas très chaud à l’idée de voir Pierre Karl Péladeau briguer le poste de chef du Parti québécois confiait, la semaine dernière, avoir été surpris de la réaction populaire. Le retour rapide du député en chambre risque de l’avoir surpris encore davantage. Et si, malgré son passé, Pierre Karl Péladeau était capable de susciter la sympathie populaire? Déjà, en campagne électorale, plusieurs observateurs avaient été surpris de voir les électeurs se précipiter pour lui serrer la main et se faire photographier en sa compagnie.

Pierre Karl Péladeau avait assurément hâte de faire ses premiers pas comme député, mais la hâte avec laquelle il s’est empressé de revenir ne peut qu’alimenter les spéculations voulant qu’il se lance rapidement dans la course à la direction du Parti québécois. Que sa présence soit ou non le résultat d’un calcul stratégique, il reste qu’un retour si rapide à l’Assemblée nationale est un geste fort pour la suite des choses. Malgré l’adversité, le député ne s’en laissera pas imposer. Que ses éventuels adversaires à la course à la direction du Parti québécois se le tiennent pour dit.

Catégorie: Québec

Le PQ à l’heure des bilans

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 publié le 5 mai 2014 à 17 h 00

Alors qu’on s’attendait à une séance de règlements de comptes, la rencontre sur le bilan de la campagne électorale du Parti québécois s’est déroulée, nous dit-on, dans la sérénité samedi à Laval.

Tant mieux. La dernière chose dont le PQ a besoin, c’est d’une séance de lavage de linge sale en public.

Contre toute attente, Pauline Marois était là. Elle s’est expliquée et a répondu à des questions, semble-t-il.

Il faut saluer le geste, c’est tout à son honneur. Le directeur général du PQ, Sylvain Tanguay, était là aussi.

Ils ont bien fait. Parce que sans des personnes responsables et imputables devant eux, le presto des militants aurait pu sauter.

C’est légitime pour un militant de poser des questions et d’espérer avoir des réponses. Les militants ont posé des pancartes, fait du porte-à-porte, distribué des brochures, organisé des rassemblements, bref mis de côté une partie de leur vie pendant un mois pour le parti. Ils espéraient mieux, ils ont été déçus, blessés. Leur rêve est brisé. Ils ont besoin d’un peu de réconfort, mais surtout de réponses.

Maintenant, le PQ doit espérer que l’abcès est crevé, que les militants ne regarderont plus dans le rétroviseur, mais en avant.

La séance de samedi permettra aussi de faire des adieux dignes de ce nom à Pauline Marois à la conférence des présidents du PQ, au début juin, sans trop craindre de règlements de comptes publics.

Catégorie: Québec

Philippe Couillard tente une nouvelle stratégie

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 publié le 13 février 2014 à 12 h 04

Philippe Couillard
Philippe Couillard

BILLET D’HUGO LAVALLÉE – Plusieurs auront remarqué le ton plus incisif adopté par Philippe Couillard depuis le début de la semaine. En chambre, le chef libéral n’a pas hésité à lancer des flèches à Pauline Marois. « La première ministre pourra poser des questions quand elle sera de retour de ce côté de la Chambre. » « Je répète la question parce que la première ministre […] ne répond pas à ma question. » Telles sont des phrases que l’on a pu entendre ces derniers jours.

Le chef libéral admet lui-même publiquement que, même s’il continuera « de respecter les personnes », il entend dorénavant adopter « un ton ferme ». Dans l’entourage de Philippe Couillard, on reconnaît avoir tiré une leçon des critiques qui se sont multipliées ces dernières semaines à propos des louvoiements du chef libéral.

« M. Couillard réfléchissait parfois à haute voix, explique un proche. On lui a fait comprendre que les Québécois ne veulent pas entendre leurs leaders politiques remuer des idées, ou expliquer leur parcours intellectuel. Ils veulent entendre des positions claires. »

On comprend en filigrane que le discours de Philippe Couillard était parfois empesé par des détours intellectuels contre-productifs sur le plan de la communication. Mais, prévient-on, c’est justement l’intelligence du chef libéral qui lui permettra de reprendre l’initiative : il ne répétera pas les mêmes erreurs.

La question du budget

D’autres encore auront aussi remarqué que Philippe Couillard a lourdement insisté sur la nécessité pour le gouvernement de présenter un budget en bonne et due forme avant le déclenchement des prochaines élections.

En coulisse, toutefois, on explique ne pas tenir si fort à ce qu’un budget soit déposé. En fait, les libéraux estiment qu’ils seront avantagés quoi qu’il advienne.

Si le gouvernement dépose un budget, le PLQ pourra mettre en doute la valeur des chiffres en rappelant le scénario de 2003. Pauline Marois, ministre des Finances, avait alors déposé avant les élections un budget équilibré qui s’était avéré déficitaire quelques mois plus tard.

Et si le gouvernement ne dépose pas de budget, la partie sera encore plus facile, puisque les Libéraux auront beau jeu pour accuser le Parti québécois de vouloir « cacher les chiffres ».

Dans un cas comme dans l’autre, le PLQ estime pouvoir sortir gagnant de l’épisode budgétaire… qu’il ait lieu ou non.

Catégorie: Québec

Au cours des deux prochains mois, dans l’immense Salon rouge de l’Assemblée nationale, le ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne rencontrera tous ceux au Québec qui veulent se faire entendre sur le projet de charte des valeurs.

Oui, tous.

Depuis que ce sujet a fait son apparition en août dernier, la majorité des Québécois ont compris qu’il est risqué d’aborder la question de la charte des valeurs avec le premier venu.

C’est pourtant bel et bien ce que le ministre Drainville fera pendant au moins 200 heures de consultations.

« Je l’aborde avec ouverture et fermeté. Ouverture parce qu’il faut être prêt à attraper au vol les bonnes idées qui pourraient nous être proposées. Et fermeté, sur les principes et valeurs que nous défendons, que ce projet de charte porte. »

Les principes énoncés dans le projet de loi 60, dont l’interdiction de symboles religieux pour les employés de l’État, sont du jamais vu en Amérique du Nord. L’interdiction explicite des signes religieux n’est ni dans la culture ni dans la tradition nord-américaine.

« Notre rapport à la religion catholique colore en partie la proposition de charte », suggère Bernard Drainville pour expliquer ce qui distingue le Québec des juridictions qui l’entourent. Tout comme les liens avec la France, ajoute-t-il. Et aussi une réflexion menée depuis des années au sein du Parti québécois, notamment sous l’influence de Louise Beaudoin.

Cette charte des valeurs est dénoncée par ses opposants comme une attaque frontale aux droits et libertés. Le sociologue Gérard Bouchard a aussi accusé le gouvernement Marois de faire preuve de démagogie, de mentir pour défendre sa cause.

« Je ne reconnais pas Gérard Bouchard dans les propos qu’il tient ce matin, a répliqué Bernard Drainville. Il nous a habitué à une élévation intellectuelle que je ne retrouve pas dans ce texte-là… On frise l’attaque personnelle dans certains propos qu’il tient. Je l’invite à se ressaisir. »

Le ministre Drainville croit en outre que l’ancien député Yves Michaud allait trop loin en proposant aux adversaires de la charte de quitter le pays.

Quels risques?

Le ministre considère que « ce projet est une nécessité vitale pour notre société ». Si le gouvernement s’abstenait d’agir, il y aurait des conséquences, croit le ministre.

« Les cas d’accommodements religieux déraisonnables vont se multiplier à l’avenir… produisant des frictions, des frustrations. »

Le climat social en pâtirait si le gouvernement québécois n’intervenait pas, selon lui.

« Il y a une partie de ce que l’on propose qui vise à prévenir une escalade, une détérioration du climat social, qui vise à prévenir des tensions. »

Le facteur électoral

Bernard Drainville affirme qu’il souhaite l’adoption du projet de loi 60. Il dit ne pas tenir compte du calendrier électoral, qui pourrait néanmoins en entraver l’adoption.

« S’il n’y a pas d’élections, je pense que le processus pourra se poursuivre et on devra s’asseoir avec la CAQ et essayer d’en venir à une entente qui permette l’adoption de la charte. »

Avec les consultations sur ce projet de charte et le dépôt d’un budget déficitaire, les prochaines semaines se dérouleront sous le signe de l’incertitude à l’Assemblée nationale.

La façon dont le ministre Drainville mènera ces consultations aura une influence indéniable, mais totalement imprévisible, sur le sort de ce gouvernement minoritaire.

Pour écouter l’entrevue avec Bernard Drainville sur votre téléphone mobile, cliquez ici.

Catégorie: Québec

Maria Mourani : problème familial

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 publié le 13 septembre 2013 à 18 h 14

Depuis quelques jours, les réactions à la proposition de Charte des valeurs québécoises du gouvernement Marois sont nombreuses et diverses. On entend plus les critiques que ceux qui appuient la proposition.

Les opposants sont-ils plus nombreux? Difficile à dire, le gouvernement compte sur la « majorité silencieuse » qui, par définition, est… silencieuse.

Les critiques ébranlent-elles le gouvernement? Quand on pose la question, on nous répond : « Pas du tout, on s’attendait à ces critiques. » Et on nous suggère de regarder qui lève les boucliers. Des intellectuels, l’opposition, les partis fédéraux, les candidats à la mairie de Montréal. Tous des groupes qui, d’une manière ou d’une autre, ont un « intérêt » à dénoncer la proposition gouvernementale.

Le « cas » Maria Mourani est différent. Aujourd’hui ex-députée du Bloc québécois, elle milite ardemment pour la souveraineté depuis des années. Elle est issue d’une communauté culturelle. Elle fait partie de la famille, la famille souverainiste.

Sa famille lui dit maintenant d’aller réfléchir dans le coin, en punition, exclue du caucus du Bloc. Difficile à expliquer quand Pauline Marois, la mère de famille, lance un appel au dialogue.

Dans une discussion aussi émotive, sur la laïcité, je présume que Mme Marois s’attendait peut être à des débats animés dans la famille, mais elle devait espérer que la famille reste unie.

« L’affaire Mourani » est certainement un caillou dans le soulier de la première ministre.

Catégorie: Québec

Valeurs québécoises : les élites c. le grand public?

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 publié le 11 septembre 2013 à 17 h 19

Y a-t-il deux Québec dans le dossier des valeurs québécoises? Y a-t-il un fossé entre les points de vue des élites intellectuelles, médiatiques et politiques et ceux de la population en général, celle que l’on qualifie de majorité silencieuse, car elle n’aurait pas accès aux tribunes médiatiques?

Des ministres du gouvernement Marois, dont Bernard Drainville et Réjean Hébert, ont laissé entendre que les sondages leur donnaient raison, malgré la volée de critiques qui a accueilli les orientations du gouvernement. Le ministre responsable a d’ailleurs invité les Québécois à appeler leurs députés afin de permettre au gouvernement de développer un rapport de force face aux partis d’opposition.

Ceux qui ont le pouvoir de se faire entendre dans les médias parviennent bien souvent à faire reconnaître la justesse de leur point de vue par la population, surtout lorsque ces élites affichent une telle unanimité.

Néanmoins, dans ce cas, le terrain n’est pas vierge.

Bien des Québécois ont un point de vue déjà fixé sur les questions de l’identité, de la laïcité de l’État et de la place des religions au sein de la société québécoise. Ils ne changeront peut-être pas d’idées aussi facilement qu’on le pense. Ils pourraient même se braquer, face à des commentaires qui, à la limite, semblent les ranger parmi les xénophobes, voire les racistes.

La société québécoise est marquée par son statut minoritaire. Une société minoritaire qui cherche depuis longtemps à se distinguer du multiculturalisme prôné dans l’ensemble canadien. D’ailleurs, aucun parti politique représenté à l’Assemblée nationale n’adhère au multiculturalisme.

Cette société minoritaire a voulu, il y a 35 ans par la loi 101, s’assurer que les immigrants soient contraints d’envoyer leurs enfants à l’école française, ce qui était (et ça l’est toujours) une discrimination évidente à leur égard. Par souci de cohérence, la majorité francophone a accepté d’interdire l’accès à l’école anglaise à ses propres enfants, ce qui, non plus, n’a rien de banal.

Si, 35 ans plus tard, ce projet de charte des valeurs trouve un écho parmi bon nombre de Québécois, malgré son caractère apparemment discriminatoire, ce n’est peut-être pas parce qu’ils sont xénophobes, c’est peut-être parce qu’ils jugent que la laïcité de l’État est devenue une valeur fondamentale de leur société, qui doit être affirmée et défendue.

Des Québécois, et particulièrement des Québécoises, sont parvenus, il n’y a pas si longtemps, à s’affranchir du pouvoir ecclésiastique catholique qui a pesé de tout son poids sur cette société pendant quatre siècles.

Néanmoins, cette démarche serait sans doute plus convaincante si le gouvernement Marois osait demander autant de sacrifices à la majorité qu’il n’en impose aux minorités, ainsi qu’il a été fait pour l’accès aux écoles dans la loi 101.

Et, parmi ces sacrifices, il est facile d’imaginer qu’il y aurait sans doute lieu de commencer par ce remarquable symbole que représente le crucifix au Salon bleu de l’Assemblée nationale.

Catégorie: Québec

L’épreuve du pouvoir

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 publié le 20 juin 2013 à 9 h 57

Pauline Marois à l'Assemblée nationale, le 7 décembre.

Pauline Marois a dilapidé une partie de son capital politique au cours des neuf premiers mois de son mandat. Les élus du Parti québécois (PQ) ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ils sont les seuls responsables de leurs malheurs. La première ministre a elle-même reconnu qu’elle n’avait pas su orchestrer les initiatives de ses ministres.

Il est aussi facile de constater un manque de souci évident dans les détails. Et, à cet égard, la faute en incombe aux ministres et au personnel qui entoure la première ministre. En fait, personne ne parvient à échapper au blâme au sein du PQ. Personne ne sort indemne de cette épreuve du pouvoir. Le PQ doit désormais craindre de se retrouver au troisième rang dans les intentions de vote, derrière la Coalition avenir Québec.

La position des libéraux

La démission de Jean Charest a créé tout un vide à l’Assemblée nationale. La commotion a été encore plus importante au Parti libéral. Le nouveau chef, Philippe Couillard, tente aujourd’hui de combler le vide en secouant les structures internes.

M. Couillard semble lui-même se transformer au fil des semaines. Pendant la course à la direction, il paraissait se ranger dans un camp plus nationaliste que celui de Jean Charest, alors que ces derniers jours, il a montré le visage d’un fervent fédéraliste.

En gardant ses distances avec l’Assemblée nationale, le nouveau chef libéral parvient à rester au-dessus de la mêlée. L’ennui, c’est qu’il paraît également loin de son aile parlementaire. Cela a donné lieu à quelques notes discordantes au cours des derniers jours entre ses propres positions et celles des élus libéraux.

Les questions nationale, linguistique et identitaire sont à la fois une force et une faiblesse du Parti libéral de Philippe Couillard. Le principal point d’interrogation est encore et toujours l’impact de la commission Charbonneau sur le Parti libéral d’ici les prochaines élections.

De la CAQ à Québec solidaire

De son côté, la Coalition avenir Québec ne semble toujours pas avoir fait son nid politique. Ce parti demeure difficile à cadrer, son étiquette est encore en voie de définition. Le Projet Saint-Laurent prend forme tranquillement et devrait contribuer à chasser le flou entourant ce parti. Les attaques du chef de la CAQ, François Legault, contre le gouvernement Marois sont souvent bancales et parfois menées avec imprécision.

Pour sa part, Québec solidaire continue son travail patient. L’arrivée de Françoise David à l’Assemblée nationale n’a toutefois pas donné la visibilité espérée à son parti.

Par ailleurs, la démission de Jean-Martin Aussant à la direction d’Option nationale offre un certain soulagement au Parti québécois et à Québec solidaire. La survie de ce parti est désormais remise en question.

Malgré la lune de miel des libéraux et l’inconsistance des péquistes, aucun des partis n’est véritablement en situation de force ou de faiblesse extrême. Il semble que tout demeure possible d’ici les prochaines élections.

Catégorie: Québec

Convergence souverainiste

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 publié le 8 avril 2013 à 20 h 52

Le principe est vieux comme le monde : l’union fait la force.

Les musiciens d’un orchestre jouent en harmonie, quand ils jouent « ensemble ». Une équipe de hockey gagne, quand elle joue ensemble.

Mais en politique, surtout dans le camp souverainiste (ou indépendantiste), le principe semble dur à appliquer.

Un parti est trop à droite, l’autre trop à gauche. Un parti est trop pressé, l’autre pas assez. Bref, les wagons ne s’accrochent pas ensemble.

Alors, pourquoi ne pas unir les forces, gagner les élections, tenir un référendum et faire la souveraineté? Comme dirait Bernard Landry : « La patrie avant le parti. L’indépendance n’est ni à droite ni à gauche, elle est en avant. »

Après tout, pour un souverainiste, l’indépendance du Québec est le projet d’une vie. C’est un peu comme quitter la maison familiale, à 18 ou 20 ans (30-35 ans dans certains cas, mais bon), voler de ses propres ailes, prendre ses décisions, s’affranchir, etc.

Cela paraît simple, mais dès qu’il est question d’unifier les forces souverainistes, tout le monde se dit d’accord, mais à ses conditions. Pour le PQ, c’est avec ce parti qu’il faut s’unir. Il n’en est pas question pour Québec solidaire qui ne fait pas de différence entre les politiques sociales du PQ et celles de la CAQ ou du PLQ. Une alliance ponctuelle de Québec solidaire semble plus probable avec Option nationale, mais rien ne permet de croire que cette alliance leur donnerait le pouvoir.

Alors, que se passe-t-il? On lance des appels au rassemblement et on lance des débats sémantiques (êtes-vous indépendantistes ou souverainistes?).

Pendant ce temps, il reste un noyau « dur » d’électeurs (entre 30 et 40 %) qui voteront toujours « oui » à un référendum sur la souveraineté, un noyau « dur » (plus près de 40 %) qui votera toujours « non » à un référendum.

Entre les deux, il y a entre 20 et 30 % d’électeurs qui observent la situation, attendent d’être convaincus par un camp ou l’autre.

Disons que pour l’instant, dans le camp souverainiste/indépendantiste, la cohésion reste à faire et ne semble pas envisageable de sitôt…

Catégorie: Québec

Taxe santé : question de leadership

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 publié le 11 octobre 2012 à 17 h 30

C’est au début de février que Pauline Marois a annoncé son intention d’abolir la taxe santé et d’en refiler le fardeau financier aux plus hauts revenus.

C’était tout juste avant la reprise des travaux à l’Assemblée nationale. Le Parti québécois a d’ailleurs présenté une motion pour l’abolition de la taxe santé et Nicolas Marceau réclamait son abolition immédiate. C’était il y a huit mois.

C’était aussi dans la foulée immédiate de la crise qui a secoué le Parti québécois et mis en péril Pauline Marois dans ses fonctions de chef. En fait, l’ancien chef bloquiste Gilles Duceppe venait de jeter l’éponge. Par cette annonce, Mme Marois visait à reprendre l’initiative au sein de son parti. Elle cherchait aussi à séduire la classe moyenne tout en essayant de rallier des électeurs sur sa gauche avec une mesure fiscale visant à « faire payer les riches ».

Jusqu’à la campagne électorale et pendant son déroulement, les ténors du Parti québécois et Pauline Marois au premier chef ont attaqué sans répit cette taxe santé. Cette promesse était au cœur du programme péquiste et elle a certainement contribué à sa victoire électorale.

Le jour de son assermentation comme ministre des Finances, le 19 septembre, Nicolas Marceau s’est fait demander si l’abolition de la taxe santé « sera une priorité à court ou à moyen terme? ».  Nicolas Marceau était prêt à faire des compromis : «Écoutez, nous avons établi des objectifs à cet égard durant la campagne électorale. Nous allons aller de l’avant avec ça, évidemment. Cependant, nous allons tenir compte de la réalité politique dans laquelle nous nous trouvons. Évidemment, cela exigera possiblement des compromis. Mais nous allons tenir compte des circonstances dans lesquelles nous nous trouvons. Mais, l’objectif, nous l’avons fixé clairement… et nous allons l’atteindre. »

Pourtant, dès le lendemain, à l’occasion de son premier point de presse à titre de première ministre, Pauline Marois a statué que la fameuse taxe serait éliminée dès cette année. Elle a soutenu qu’elle en connaissait les conséquences et qu’elle les assumerait. Avec son engagement d’atteindre l’équilibre budgétaire dès l’année prochaine, Pauline Marois a ouvert toute grande la porte à des impôts rétroactifs. À coût nul, cette réduction rétroactive de la taxe santé se transformait nécessairement par un transfert d’impôts, rétroactif lui aussi, vers les plus riches.

Et, encore une fois, c’est parce qu’elle a voulu faire la démonstration de ses qualités de meneuse que Pauline Marois a réagi de cette façon. D’autant que les interrogations sur son leadership ont sans cesse fait partie du sous-texte de la campagne électorale. Depuis sa victoire à l’arrachée dans son parti, ce n’est plus un sujet de conversation. Néanmoins, la question demeure et la réponse est plus importante aujourd’hui que jamais.

Le résultat de toute cette opération est passablement catastrophique. L’échec est particulièrement cuisant, car il met également en lumière, sous un éclairage pas très favorable, l’équipe économique du gouvernement Marois, jugée comme le maillon faible de cette administration par les partis d’opposition.

Le gouvernement Marois est  sur la défensive et le fragile lien de confiance entre cette nouvelle administration et la population a été mis à l’épreuve.

Toutefois, la taxe santé pourrait aussi se transformer en un test de leadership pour les partis d’opposition. Un vote de confiance, avant les Fêtes,  sur la taxe santé à l’Assemblée nationale les ramènera sans doute aux réalités de la mathématique parlementaire. Le libéral Jean-Marc Fournier, à titre de chef intérimaire, pourra difficilement faire obstacle, tandis que le coalisé François Legault devra sans doute être plus conciliant dans ses actions qu’il ne l’est actuellement dans ses propos. Des élections hâtives seraient sans doute mal perçues par bon nombre de Québécois, et les partis d’opposition qui en seraient responsables pourraient en payer le prix.

Catégorie: Québec