Billets classés sous « Parti québécois »

Convergence souverainiste

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 publié le 8 avril 2013 à 20 h 52

Le principe est vieux comme le monde : l’union fait la force.

Les musiciens d’un orchestre jouent en harmonie, quand ils jouent « ensemble ». Une équipe de hockey gagne, quand elle joue ensemble.

Mais en politique, surtout dans le camp souverainiste (ou indépendantiste), le principe semble dur à appliquer.

Un parti est trop à droite, l’autre trop à gauche. Un parti est trop pressé, l’autre pas assez. Bref, les wagons ne s’accrochent pas ensemble.

Alors, pourquoi ne pas unir les forces, gagner les élections, tenir un référendum et faire la souveraineté? Comme dirait Bernard Landry : « La patrie avant le parti. L’indépendance n’est ni à droite ni à gauche, elle est en avant. »

Après tout, pour un souverainiste, l’indépendance du Québec est le projet d’une vie. C’est un peu comme quitter la maison familiale, à 18 ou 20 ans (30-35 ans dans certains cas, mais bon), voler de ses propres ailes, prendre ses décisions, s’affranchir, etc.

Cela paraît simple, mais dès qu’il est question d’unifier les forces souverainistes, tout le monde se dit d’accord, mais à ses conditions. Pour le PQ, c’est avec ce parti qu’il faut s’unir. Il n’en est pas question pour Québec solidaire qui ne fait pas de différence entre les politiques sociales du PQ et celles de la CAQ ou du PLQ. Une alliance ponctuelle de Québec solidaire semble plus probable avec Option nationale, mais rien ne permet de croire que cette alliance leur donnerait le pouvoir.

Alors, que se passe-t-il? On lance des appels au rassemblement et on lance des débats sémantiques (êtes-vous indépendantistes ou souverainistes?).

Pendant ce temps, il reste un noyau « dur » d’électeurs (entre 30 et 40 %) qui voteront toujours « oui » à un référendum sur la souveraineté, un noyau « dur » (plus près de 40 %) qui votera toujours « non » à un référendum.

Entre les deux, il y a entre 20 et 30 % d’électeurs qui observent la situation, attendent d’être convaincus par un camp ou l’autre.

Disons que pour l’instant, dans le camp souverainiste/indépendantiste, la cohésion reste à faire et ne semble pas envisageable de sitôt…

Catégorie: Québec

Taxe santé : question de leadership

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 publié le 11 octobre 2012 à 17 h 30

C’est au début de février que Pauline Marois a annoncé son intention d’abolir la taxe santé et d’en refiler le fardeau financier aux plus hauts revenus.

C’était tout juste avant la reprise des travaux à l’Assemblée nationale. Le Parti québécois a d’ailleurs présenté une motion pour l’abolition de la taxe santé et Nicolas Marceau réclamait son abolition immédiate. C’était il y a huit mois.

C’était aussi dans la foulée immédiate de la crise qui a secoué le Parti québécois et mis en péril Pauline Marois dans ses fonctions de chef. En fait, l’ancien chef bloquiste Gilles Duceppe venait de jeter l’éponge. Par cette annonce, Mme Marois visait à reprendre l’initiative au sein de son parti. Elle cherchait aussi à séduire la classe moyenne tout en essayant de rallier des électeurs sur sa gauche avec une mesure fiscale visant à « faire payer les riches ».

Jusqu’à la campagne électorale et pendant son déroulement, les ténors du Parti québécois et Pauline Marois au premier chef ont attaqué sans répit cette taxe santé. Cette promesse était au cœur du programme péquiste et elle a certainement contribué à sa victoire électorale.

Le jour de son assermentation comme ministre des Finances, le 19 septembre, Nicolas Marceau s’est fait demander si l’abolition de la taxe santé « sera une priorité à court ou à moyen terme? ».  Nicolas Marceau était prêt à faire des compromis : «Écoutez, nous avons établi des objectifs à cet égard durant la campagne électorale. Nous allons aller de l’avant avec ça, évidemment. Cependant, nous allons tenir compte de la réalité politique dans laquelle nous nous trouvons. Évidemment, cela exigera possiblement des compromis. Mais nous allons tenir compte des circonstances dans lesquelles nous nous trouvons. Mais, l’objectif, nous l’avons fixé clairement… et nous allons l’atteindre. »

Pourtant, dès le lendemain, à l’occasion de son premier point de presse à titre de première ministre, Pauline Marois a statué que la fameuse taxe serait éliminée dès cette année. Elle a soutenu qu’elle en connaissait les conséquences et qu’elle les assumerait. Avec son engagement d’atteindre l’équilibre budgétaire dès l’année prochaine, Pauline Marois a ouvert toute grande la porte à des impôts rétroactifs. À coût nul, cette réduction rétroactive de la taxe santé se transformait nécessairement par un transfert d’impôts, rétroactif lui aussi, vers les plus riches.

Et, encore une fois, c’est parce qu’elle a voulu faire la démonstration de ses qualités de meneuse que Pauline Marois a réagi de cette façon. D’autant que les interrogations sur son leadership ont sans cesse fait partie du sous-texte de la campagne électorale. Depuis sa victoire à l’arrachée dans son parti, ce n’est plus un sujet de conversation. Néanmoins, la question demeure et la réponse est plus importante aujourd’hui que jamais.

Le résultat de toute cette opération est passablement catastrophique. L’échec est particulièrement cuisant, car il met également en lumière, sous un éclairage pas très favorable, l’équipe économique du gouvernement Marois, jugée comme le maillon faible de cette administration par les partis d’opposition.

Le gouvernement Marois est  sur la défensive et le fragile lien de confiance entre cette nouvelle administration et la population a été mis à l’épreuve.

Toutefois, la taxe santé pourrait aussi se transformer en un test de leadership pour les partis d’opposition. Un vote de confiance, avant les Fêtes,  sur la taxe santé à l’Assemblée nationale les ramènera sans doute aux réalités de la mathématique parlementaire. Le libéral Jean-Marc Fournier, à titre de chef intérimaire, pourra difficilement faire obstacle, tandis que le coalisé François Legault devra sans doute être plus conciliant dans ses actions qu’il ne l’est actuellement dans ses propos. Des élections hâtives seraient sans doute mal perçues par bon nombre de Québécois, et les partis d’opposition qui en seraient responsables pourraient en payer le prix.

Catégorie: Québec

Le putsch avorté

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 publié le 28 janvier 2012 à 15 h 58

Si une nouvelle preuve était nécessaire pour démontrer que Gilles Duceppe n’était pas réellement prêt à assumer à court terme la direction du Parti québécois, il suffit d’examiner la façon dont il a mené ce présumé putsch contre Pauline Marois.

Le 8 novembre dernier, Gilles Duceppe écrit une lettre à Pauline Marois pour affirmer qu’il ne souhaitait pas la remplacer à la tête du Parti québécois.

Le 11 décembre, l’ancien chef du Bloc québécois s’adresse aux militants de ce parti réunis à Montréal à l’occasion de l’élection d’un nouveau chef, Daniel Paillé.  Gilles Duceppe ne leur parle que quelques minutes et s’en tient aux défis du Bloc québécois.  Si Gilles Duceppe savait ce jour-là qu’il voulait devenir chef du Parti québécois, pourquoi ne pas avoir prononcé un discours d’une tout autre envergure, qui aurait balayé large et lui aurait permis de présenter une vision politique qui aurait tenu compte de cette nouvelle perspective?

Le 31 décembre, Gilles Duceppe est l’un des invités de l’émission Tout le monde en parle.  Profite-t-il de l’occasion, alors que plus de un million de Québécois sont devant leur petit écran, pour manifester son intérêt pour diriger le Parti québécois?  Non.  Pourtant, il est déjà prévu que le Conseil national du PQ, étape cruciale pour le leadership de Pauline Marois, aurait lieu dans un mois.

Mais, voilà, il y a une dizaine de jours, des proches de Gilles Duceppe soutiennent auprès de plusieurs médias que l’ancien chef bloquiste est désormais disponible pour succéder à Pauline Marois.

Quelques jours plus tard, des révélations sur l’usage des fonds de la Chambre des communes par le Bloc québécois font reculer Gilles Duceppe, qui affirme qu’il doit désormais se consacrer entièrement à la défense de son intégrité.  Ce désistement a mis un terme à la contestation du leadership de Pauline Marois, jusqu’aux prochaines élections.

Est-il possible que Gilles Duceppe, éprouvé par une magistrale défaite électorale il y a moins de huit mois, ne savait pas vraiment ce qu’il voulait?  Est-il possible que Gilles Duceppe n’était tout simplement pas prêt à prendre la relève de Pauline Marois?

Le manque d’empressement et de détermination de Gilles Duceppe dans cette affaire donne à ce présumé putsch toutes les allures d’un acte manqué.

Catégorie: Québec

Pauline Marois, une « croisée »?

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 publié le 23 janvier 2012 à 9 h 34

« Pauline Marois ne passe pas », disait-on dans les milieux péquistes et au sein de la population. Que dira-t-on d’elle maintenant qu’elle a montré, avec sang froid, sa détermination à demeurer à la tête d’un parti politique habitué à déplacer ses chefs à la première crise de confiance?

Les « purs et durs » de la souveraineté désirent un chef qui ne casse pas devant les nombreux obstacles menant à la souveraineté. N’a-t-elle pas prouvé qu’elle peut, elle aussi, être un croisé? Remarquez que le genre du mot « croisé » n’est qu’au masculin…

Madame est solide. Sa « virilité politique » s’est déployée avec beaucoup d’éclats ces derniers jours. La féminine robustesse de Madame rendra-t-elle le Parti québécois plus solide? Rien ne permet de le dire pour l’instant tellement ce parti nous a habitués à des crises successives depuis le référendum de 1995. Il faudra bien que la machine péquiste devienne plus efficace et que la chef reprenne le contact avec un caucus inquiet, désemparé par les sondages et irrité par certains comportements provenant de son entourage.

La dernière semaine se termine par le triomphe de Pauline Marois, mais qu’en est-il de la « marque de commerce » du Parti québécois auprès de la population? La dame doit maintenant convaincre les Québécois que le Parti québécois est capable de s’attaquer à d’autres choses qu’à lui-même.

Catégorie: Québec

Caucus du PQ : en chiens de faïence

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 publié le 28 octobre 2011 à 15 h 30

Le Petit Robert : « se regarder en chiens de faïence » : se faire face dans une attitude hostile, sans se parler. 

Des députés du Parti québécois ont demandé à Pauline Marois de « réévaluer » son rôle à titre de chef, c’est-à-dire de démissionner.  Plusieurs le confirment en privé et s’abstiennent même de le nier publiquement.  Pauline Marois a refusé de démissionner. Ces députés n’ont aucune intention de quitter le caucus et Mme Marois ne peut les expulser, au risque d’aggraver la crise. 

« Ce n’est pas terminé, rien n’est réglé », a dit un député péquiste sous le couvert de l’anonymat. Certes, d’autres paraissent plus disposés à accepter la décision de Pauline Marois : « Je lui ai dit ce que j’avais à dire.  Je peux continuer à travailler avec elle. » 

Pour ajouter à la confusion, il y a ces « taupes » qui ont parlé des délibérations du caucus aux journalistes et qui, selon l’hypothèse de certains, souhaitent aussi le départ de Pauline Marois, mais veulent éviter d’en payer le prix en cas d’échec. 

Ajoutons à cela que des « dissidents » auraient refusé de se soumettre à un serment d’allégeance envers leur chef, selon le quotidien La Presse.  Le cabinet de Mme Marois confirme que ces rencontres ont eu lieu, mais refuse de dire si on a demandé aux députés de prêter un serment d’allégeance.  Mme Marois avait utilisé le même procédé auprès de tous ses députés en juin, après la démission de la « bande des quatre », avec davantage de succès, en apparence.   

Les deux camps restent donc sur leurs positions et ne pourront désormais que « se regarder en chiens de faïence ».  Si la situation n’évolue pas, si Mme Marois reste à la tête de son parti, si les « dissidents » demeurent au caucus, comment peut-on imaginer que les troupes du Parti québécois pourront mener la prochaine campagne électorale avec sérénité, conviction et enthousiasme?

Catégorie: Québec

Avez-vous dit… élections?

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 publié le 20 septembre 2011 à 22 h 08

C’est le mot magique de la politique. C’est un mot qui porte en lui ses propres pouvoirs. Et si vous doutez qu’il soit magique, songez au fait qu’il peut aussi bien faire apparaître que disparaître.

Ceux qui peuvent le prononcer sans trop de risques gagnent en autorité. Ceux qui l’utilisent au mauvais moment peuvent en payer le prix. Un politicien avisé est bien au fait de ses vertus et de ses dangers. Et il sait que jamais, au grand jamais, il ne doit être prononcé à la légère.

Il y a moins d’une semaine, même sous la torture, Pauline Marois ne l’aurait jamais laissé sortir de sa bouche. Désormais, grâce au rapport Duchesneau, c’est devenu son mantra et celui de son parti, malgré ses déboires depuis juin.

Même des députés indépendants osent le dire à haute voix, ailleurs que dans une salle de bain. Ils savent pourtant qu’ils risquent d’en être les premières victimes si leur vœu se réalise.

C’est cela qui a véritablement changé en cette rentrée parlementaire à l’Assemblée nationale : le mot magique a changé de bord. Il a quitté les banquettes libérales pour trouver refuge parmi l’opposition.

Bien sûr, le premier ministre devra s’en servir un jour, de gré ou de force. Mais, jusqu’à nouvel ordre, considérez que le mot magique a disparu de son esprit.

Catégorie: Québec

Impuissante

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 publié le 2 septembre 2011 à 19 h 17

À l’issue du caucus de Saguenay, Pauline Marois a-t-elle vraiment fait des compromis pour rallier son parti et le mouvement souverainiste?  Pas vraiment. Il y a plutôt apparence de compromis. Par voie de conséquence, elle n’a d’ailleurs gagné qu’une apparence d’unité.

Les votes libres seront autorisés en certaines circonstances, qui restent à être définies. D’ici là, c’est Pauline Marois qui décidera quels sont les projets de loi sur lesquels les députés pourront voter selon leurs convictions. Ainsi, et jusqu’à nouvel ordre, les députés du Parti québécois jouiront d’une plus grande liberté dans la seule mesure où Pauline Marois le jugera utile.

Pour ce qui est des États généraux, la chef du PQ a été explicite, elle refusera de changer son programme de « gouvernance souverainiste ».

Alors pourquoi des États généraux sur la souveraineté?  « C’est un moment privilégié pour discuter pourquoi on doit faire la souveraineté, quelles sont les raisons fondamentales, pourquoi le Québec doit choisir sa liberté, son indépendance. »

Ainsi, Pauline Marois laisse à la nébuleuse souverainiste de quoi s’occuper, sans céder un pouce.

Par ces deux mesures, Pauline Marois cherche à conserver tous les pouvoirs au sein de son parti et tente de maintenir l’autorité du Parti québécois sur l’ensemble du mouvement souverainiste, tout en donnant l’impression de faire preuve de flexibilité.

Vue sous cet angle, la stratégie de Pauline Marois est habile. Et, dans sa perspective, c’était peut-être l’une des seules à sa disposition. Mais Pauline Marois et son parti affrontent des vents contraires d’une force impressionnante.

À un point tel que son caucus, son parti et le mouvement souverainiste, qui représentaient des outils politiques puissants, se sont transformés, en deux mois, en autant de carcans pour la chef péquiste. Les assemblées citoyennes sont un effort louable de sa part pour s’en dégager, mais il n’est pas sûr que Mme Marois rejoigne réellement la population par ce moyen.

Pauline Marois voit sans doute, elle aussi, que son parti se dirige vers le « mur électoral » sur lequel le Bloc québécois s’est écrasé le 2 mai dernier. Quoique, ces jours-ci, elle donne l’impression d’être une adepte de la pensée magique.

Elle paraît croire que les conditions qui lui ont donné l’appui de 93 % de ses militants et 40 % des intentions de vote vont réapparaître d’elles-mêmes, que les dernières élections fédérales n’étaient qu’une saute d’humeur, que les démissions parmi ses députés seront vite oubliées et que François Legault n’existe pas.

Même si elle fait mine d’aller dans leur sens, Pauline Marois n’adhère pas aux stratégies de Bernard Drainville et encore moins à celles des groupes indépendantistes.

L’ennui, c’est qu’elle n’a pas, actuellement, d’autres stratégies valables à portée de main. Impuissante, Pauline Marois ne peut désormais espérer que passe la tempête.

Catégorie: Québec

Marois : l’épreuve du feu

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 publié le 31 août 2011 à 14 h 58

Le caucus du Parti québécois se déroule sur fond de crise à Saguenay, le mercredi 31 août. En juin, cinq députés péquistes démissionnaient. Hier, le président du PQ de la région de Montréal-Centre, Atim Leon, quittait son poste.

Trois autres présidents d’associations de comtés, ceux de Mercier, de Saint-Henri-Sainte-Anne et de Laurier-Dorion, songent à faire de même ainsi que deux membres de l’exécutif de Montréal-Centre : la conseillère Annick Pouliot et Pierre-Yves Mailhot, vice-président au contenu.

L’issue du caucus est déterminante pour ce petit groupe constituant une partie de la relève péquiste. Dans la trentaine, ils attendent de voir comment le PQ pourra renouveler ou non son discours et se sortir de la crise.

 À l’entrée du caucus, Pauline Marois a demandé à son parti de se ressaisir et de retrouver sa cohérence. Depuis l’élection fédérale (2 mai), qui a vu le Bloc québécois être pratiquement anéanti, la chef au vote de confiance de 93 % (16 avril) doit déployer tout son talent pour rassurer ses députés. Ces derniers craignent, à leur tour, de subir le même sort que la presque majorité des députés bloquistes. Le rival politique que constitue François Legault et des sondages franchement décourageants pour le PQ viennent compliquer la tâche de Pauline Marois.

Alors que Jean Charest promeut son Plan Nord en Asie, Pauline Marois doit composer avec un député aux 10 idées (Bernard Drainville), un ex-péquiste souhaitant prendre la direction… du PQ (Pierre Curzi) et un mouvement indépendantiste qui éclate et se transforme en une nébuleuse critiquant la chef du PQ.

 Pauline Marois subit l’épreuve du feu.

Catégorie: Québec

Crise d’insécurité

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 publié le 15 juin 2011 à 16 h 18

Par le simple poids du nombre, Pauline Marois devrait parvenir à imposer sa vision sur ce qu’il reste du Parti québécois.  Les adeptes de Jacques Parizeau et les appels à la réflexion de Bernard Landry ne se sont pas beaucoup fait entendre au dernier congrès du parti en avril dernier. 

La chef péquiste aura largement l’avantage médiatique, même si cela n’empêchera pas des coups de force occasionnels et très efficaces de ceux qui se sont désormais affichés comme des adversaires de Mme Marois.

La réalité toutefois, c’est qu’il y a d’autres facteurs qui entrent en ligne de compte, et parmi ceux-ci, un facteur principal qui a pour nom François Legault, un ancien ministre, un entrepreneur qui a connu du succès, et un parlementaire expérimenté. 

Et François Legault n’est plus une hypothèse politique.  Malgré ses tergiversations, il est réel.  Il existe.

À tel point que Jean Charest est devenu désormais plus « théorique » que François Legault. Parce que la question est particulièrement opportune : Jean Charest va-t-il vraiment rempiler? 

La réponse viendra bientôt, d’une manière ou d’une autre.  Car, au-delà d’une certaine date, il faudra conclure que Jean Charest sera à la tête des troupes libérales aux prochaines élections. 

Quelle est cette date?  Difficile à dire, sinon qu’elle approche rapidement.

En décembre prochain, Jean Charest aura terminé la troisième année de son mandat.  S’il quittait son poste après cette date, il pourrait mettre en péril le Parti libéral, qui aura à se réorganiser pour le prochain scrutin. 

Et puisque rien n’indique que le premier ministre entretient cette velléité, on devrait connaître d’ici quelques mois les intentions réelles de Jean Charest. S’il n’a pas annoncé son départ une fois arrivée 2012, il sera alors raisonnable de croire qu’il sera bel et bien le chef du PLQ lorsque les Québécois iront aux urnes.  

Et cette tornade politique que François Legault personnifie risque tout autant d’encourager le premier ministre à démissionner que de troubler encore plus les eaux de l’opposition officielle. 

Lors de la démission de leurs quatre collègues du caucus, les députés restés fidèles au Parti québécois ont subitement senti s’éloigner la victoire. Avec la présence croissante de François Legault, cette impression pourrait bien se répéter. 

François Legault est la réelle menace au leadership de Pauline Marois, bien plus que Jacques Parizeau ou Bernard Landry. C’est François Legault qui s’est forgé une place centrale dans les préoccupations de Pauline Marois et de son aile parlementaire rétrécie. 

Cette aile parlementaire va ressentir de plus en plus au fil des mois l’irrépressible besoin de renouveau des électeurs québécois.  L’inquiétude et l’insécurité vont augmenter parmi les députés péquistes, car il est loin d’être acquis que le Parti québécois et ses débats sur le processus qui mènera le Québec à la souveraineté seront perçus comme le parti du renouveau. 

Il y a fort à parier que cette inquiétude et cette insécurité causeront beaucoup plus d’ennuis à Pauline Marois d’ici les prochaines élections que les interventions des anciens chefs du parti.

Catégorie: Québec

Amphithéâtre de Québec : la joute

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 publié le 8 juin 2011 à 12 h 12

Cette crise a frappé comme un séisme dont l’épicentre était situé tout près du bureau de la chef de l’opposition officielle. En deux jours, quatre députés ont quitté le caucus du Parti québécois.  

Le premier ministre Jean Charest a évacué la notion d’urgence dans cette crise, en reportant au moins à la fin septembre l’adoption du projet de loi sur l’amphithéâtre. Cela ne veut pas dire que les secousses vont cesser. Néanmoins, profitons de cette minute de répit pour rendre compte de l’état des lieux et des forces en présence :

Le Parti québécois
Même pour un parti rompu aux tensions et aux schismes, la démission de quatre députés de ce calibre est une véritable catastrophe pour le Parti québécois. Les démissionnaires ont critiqué l’une des marques de commerce du PQ : la liberté de parole de ses membres et, donc, de ses députés.

L’implosion du Parti québécois est un thème dont on n’entendait plus parler depuis quelques années, mais il pourrait revenir à la mode. Néanmoins, ce parti est capable d’une remarquable résilience; ce sont ses chefs qui en ont moins. 

Pauline Marois
La chef du Parti québécois a reconnu une erreur là où on pourrait en voir au moins trois. Premièrement, elle n’a pas consulté son caucus, mais ce serait une première en quatre ans, selon elle. Deuxièmement, elle n’a pas mesuré l’effet que ce projet de loi pourrait avoir dans l’opinion publique. Surprenant. Troisièmement, elle paraît loin, bien loin de son caucus. Les Curzi et Lapointe ont des personnalités qui exigent de l’attention et parfois des compromis, mais le PQ ne pouvait se permettre de les perdre. Pas plus que les Beaudoin et Aussant.

Diriger un caucus réclame des soins attentionnés (voir Jean Charest) et Mme Marois a failli à la tâche à cet égard. En outre, une guerre ouverte avec Jacques Parizeau paraît vouloir s’engager. Le prestige perdu ne reviendra peut-être plus. 

Les 4 députés démissionnaires
Le trio, devenu quatuor, parviendra-t-il à orchestrer une véritable musique de chambre? Ils quittent le caucus du PQ pour des raisons différentes, mais il paraît y avoir un point commun qui nous ramène aux résultats des élections fédérales du 2 mai dernier. Le nouveau groupe, résolument souverainiste, plaide pour une autre façon de faire de la politique. Les « quatre » ont gagné la liberté de parole, réussiront-ils à se faire entendre?

Jean Charest
Le premier ministre n’est pas ici le grand marionnettiste qui a tiré les ficelles de toute cette affaire. Les faits indiquent plutôt qu’il a été contraint d’agir comme il l’a fait (voir ministère des Affaires municipales).

Les hauts fonctionnaires n’ont jamais voulu intégrer les demandes du maire de Québec, Régis Labeaume, dans un projet de loi gouvernemental. Cela dit, toute crise au PQ peut profiter à Jean Charest. Ce politicien expérimenté a néanmoins évité de pavoiser devant la déconfiture du PQ. M. Charest sait trop bien que le feu peut facilement se propager si le vent se met à souffler dans le mauvais sens.

Son caucus avait d’ailleurs « d’énormes questions » sur le projet de loi sur l’amphithéâtre (dixit le libéral Henri-François Gautrin). M. Charest, qui a été longtemps sous la direction de Brian Mulroney, a vu comment l’ancien chef conservateur pouvait « chouchouter » son caucus. Le chef libéral applique la même recette, mais avec un peu plus de réserve et de prudence que son ancien mentor. Un caucus libéral est probablement plus facile à gérer qu’un caucus péquiste. Toute négligence d’un chef péquiste est d’autant plus inadmissible. 

Amir Khadir
Le député de Québec solidaire a de nouveau fait la démonstration du pouvoir qu’un seul député pouvait exercer, même s’il s’agit d’un pouvoir étroitement limité. Il est probablement le plus intelligent des députés à l’Assemblée nationale et ce n’est faire injure à aucun d’entre eux. M. Khadir est vraiment très intelligent et ça ne nuit pas pour exercer le métier de parlementaire. Intelligent donc, mais il est loin d’être le plus habile des locataires du Salon bleu. Pas encore. 

L’Action démocratique du Québec
Ce parti s’est placé intentionnellement sous le radar, en zone de non-visibilité, pendant tout ce débat. Il n’y avait pas consensus parmi les quatre députés! 

Éric Caire et Marc Picard
Les deux députés indépendants ont cherché à faire belle figure. Ils ont peut-être marqué quelques points, sans en perdre.

Le ministère des Affaires municipales
Le ministère a publié un communiqué de presse le 19 mai dernier qui explique beaucoup de choses. Ce communiqué inhabituel, présenté le jour de la rencontre Labeaume-Khadir, rendait compte des observations à caractère juridique du ministère dans le dossier de l’entente de gestion de l’amphithéâtre.

Il est clair que les juristes du ministère n’ont jamais voulu inclure ce que Régis Labeaume a demandé dans un projet de loi gouvernemental. Et leurs réticences ont dû bien embêter le premier ministre (avocat de formation) et le ministre des Affaires municipales Laurent Lessard (notaire de profession).

Avec un ou des avis juridiques défavorables, il devenait très difficile de demander au ministère de parrainer ce projet de loi. Et c’est la raison pour laquelle il a été suggéré à Régis Labeaume de passer par un projet de loi privé, présenté par un député local de l’opposition, ce qui est conforme à la tradition. Agnès Maltais est alors apparue. 

Régis Labeaume
Le maire de Québec a désormais quelques mois pour refaire les choses selon les règles en vigueur. Se donnera-t-il cette peine?

Pierre-Karl Péladeau
Le PDG de Quebecor était en droit d’espérer que la Ville de Québec fasse les choses selon les règles. Il l’a dit et répété. Il serait peut-être opportun qu’il l’exige cette fois. 

François Legault
Le cofondateur de la Coalition pour l’avenir du Québec a sûrement apprécié les tirades des Curzi, Beaudoin et Aussant sur la nécessité de faire de la politique différemment. Cela correspond à la démarche qu’il a entreprise. En outre, grâce à la vulnérabilité accrue du Parti québécois, le spectre des possibilités politiques s’élargit; cela ne peut que favoriser François Legault.

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