Billets classés sous « Parti québécois »

Il y a Pierre Karl Péladeau et il y a… PKP

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 publié le 4 octobre 2014 à 19 h 02

Jean-François Lisée connaît très bien les médias et les journalistes. Il savait pertinemment que ses déclarations sur Pierre Karl Péladeau, la veille de la Conférence nationale des présidents du Parti québécois, relanceraient le débat et que les journalistes multiplieraient les questions pour alimenter la controverse.

Ainsi, Jean-François Lisée croit que Pierre Karl Péladeau ne devrait pas être à la fois l’actionnaire de contrôle de Québecor et le chef du Parti québécois. Ce serait « une bombe à retardement » pour le Parti québécois qui se rendrait vulnérable face à ses adversaires, selon le député de Rosemont. Pierre Karl Péladeau a aussitôt réagi sur Facebook et a refusé d’envisager de se départir de ses actions.

Jean-François Lisée adopte une stratégie différente des autres candidats potentiels en montant au filet. Le sondage Léger Marketing qui ne lui accordait que 2 % d’appuis l’a peut-être convaincu de passer à l’offensive. Pourtant, aucun des autres candidats n’a fait mieux que 7 %, sinon, bien sûr, Pierre Karl Péladeau. Ce dernier a décroché un stratosphérique 53 %, avant même d’avoir re-levé le poing.

Est-ce à dire que Jean-François Lisée joue le tout pour le tout? Tandis que les Drainville, Ouellet, Marceau et Cloutier miseraient à la fois sur la direction du parti et, en cas de défaite, sur l’espoir de se rendre indispensable auprès du nouveau chef?

Ces stratégies et ces manoeuvres semblent vouées à se heurter à une implacable réalité : le candidat Pierre Karl Péladeau jouit d’une telle avance qu’il n’y a qu’une seule personne qui peut le mener à sa perte et cette personne, c’est… PKP. Son manque d’expérience politique, son tempérament que l’on dit bouillant, son ancienne vie de patron de presse qui multipliait les lock-out et ses propos parfois imprécis pourraient contribuer à sa chute.

C’est ce que ses adversaires peuvent espérer de mieux.

Sinon, aux yeux des militants du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau possède d’extraordinaires qualités. Homme d’affaires prospère, souverainiste et nationaliste économique, fils d’un homme d’affaires prospère, souverainiste et aimé de tous, il est aussi un des artisans du monde du spectacle québécois, auquel il s’intègre avec l’appui de sa femme qui est une vedette du petit écran. Pierre Karl Péladeau est également un mécène très actif pour la culture québécoise.

Le fait qu’il soit l’actionnaire de contrôle de Québecor est en général jugé comme un atout par bien des militants de la base du PQ, qui voit finalement en lui le seul qui puisse à la fois vaincre les libéraux de Philippe Couillard et mener le Québec aux Nations unies. Qui dit mieux?

Il fallait voir l’accueil chaleureux et empressé que les militants lui ont réservé à Sherbrooke samedi. Il est intéressant de lire les commentaires des citoyens sur ses entrées Facebook. Ils sont tout simplement dithyrambiques. Il est fascinant aussi de voir la crainte qu’il provoque chez ses adversaires libéraux, caquistes et solidaires, qui jugent bon de réagir à ses rares interventions.

Bien sûr, Pierre Karl Péladeau peut perdre. Mais s’il perd, ce sera essentiellement de sa faute. Ce n’est pas Pierre Karl Péladeau et les autres, non, c’est plutôt Pierre Karl Péladeau et… PKP. Les autres, les Cloutier, Drainville, Lisée, Marceau, Ouellet, ne compteront véritablement que si PKP trébuche ET tombe dans un précipice.

Rappelons-nous qu’un grave accident de vélo n’aura pas suffi à le faire vaciller. Au contraire, l’homme est revenu le plus rapidement possible à l’Assemblée nationale. Il a ainsi envoyé un message parfaitement clair aux autres aspirants-chefs. Il sera de la course quoiqu’il arrive, à n’en pas douter.

Et il est désormais évident que cette course à la direction du Parti québécois est bel et bien lancée.

Catégorie: Québec

La définition de PKP

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 publié le 1 octobre 2014 à 18 h 50

En politique, il existe un principe incontournable quand un adversaire redoutable se dresse à l’horizon : « définis ton adversaire avant qu’il ne se définisse lui-même ».

Souvenez-vous du mot  « girouette » utilisé si souvent par Jean Charest pour décrire Mario Dumont de l’ADQ, que le président de l’Assemblée nationale avait été obligé de le mettre à l’index, de l’interdire en tant que propos non parlementaire.

C’est en appliquant ce principe qu’on peut analyser les discussions de corridors sur celui qu’on appelle maintenant simplement PKP : Pierre Karl Péladeau.

Il se dresse comme le candidat le plus sérieux à la direction du Parti québécois. Certains parlent d’un rouleau compresseur qui ne laissera rien l’arrêter sur son passage. En tout cas, ses adversaires politiques semblent entendre le moteur du rouleau compresseur.

Le libéral Martin Coiteux l’a traité d’irresponsable parce qu’il a dénoncé les mesures d’austérité du gouvernement Couillard. Le chef de la CAQ, François Legault, s’est demandé à voix haute si PKP n’était pas devenu marxiste-léniniste parce qu’il défend le « modèle québécois ».

« Irresponsable », « marxiste-léniniste », cela commence à ressembler à des tentatives de définir l’adversaire politique.

Pendant ce temps, le principal intéressé tente lui-même de se définir. Défenseur du modèle québécois, pourfendeur de l’austérité, et ainsi de suite.

Quelle étiquette lui collera à la peau quand il se lancera dans la course à la succession de Pauline Marois?

Catégorie: Québec

PQ : bruits de corridor

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 publié le 10 juin 2014 à 10 h 26

Députés réélus ou candidats défaits, conseillers, militants, présidents de circonscription… Malgré le temps superbe, tous s’étaient déplacés, samedi, pour assister à la conférence nationale des présidents du Parti québécois dans un hôtel de Drummondville. Ils étaient là, bien sûr, officiellement, pour faire le point sur la dernière campagne et rendre hommage à leur chef démissionnaire.

Pendant qu’on discutait à huis clos des causes de la défaite, dans les corridors de l’hôtel, des candidats pressentis pour succéder à l’ex-première ministre frayaient avec les militants. Un ancien député, défait le 7 avril, raconte qu’au moins trois personnes dont les noms circulent pour succéder à Pauline Marois l’ont approché au cours de la fin de semaine en lui disant qu’ils avaient besoin de lui parler. « Je me demande bien pourquoi! », a-t-il ironisé.

Malgré tous les bons efforts des journalistes, aucun député n’a admis qu’il envisageait de se présenter à la succession de Pauline Marois. En coulisse toutefois, les militants ont déjà commencé à soupeser les mérites des uns et des autres.

Si certains voient dans l’adoption de la Loi concernant les soins de fin de vie un tremplin pour Véronique Hivon, d’autres estiment que la députée devra commencer à aborder d’autres thèmes si elle veut se démarquer. Son bon ami, Alexandre Cloutier, a eu le bonheur de voir son idée d’ouvrir le choix du prochain chef du PQ à tous les Québécois, par l’entremise d’une primaire ouverte, être reprise dans une résolution adoptée par la conférence. Certains doutent toutefois qu’il se présente si Véronique Hivon elle-même se lance dans la course.

Ironiquement, c’est Jean-François Lisée qui a insisté, après l’adoption de cette résolution, pour que les journalistes recueillent ses commentaires. Il s’est réjoui de ce geste, mais plusieurs disent qu’il s’est fait couper l’herbe sous le pied par son collègue Cloutier.

Alors qu’un sondage Léger-Marketing-Le Journal de Québec publié samedi donnait l’avance à Pierre Karl Péladeau dans la course à venir, le principal intéressé se promenait d’un groupe à l’autre en fauteuil roulant dans les corridors de l’hôtel. Son principal défi consistera à tisser des liens avec l’aile gauche du parti, a-t-on fait valoir dans son entourage. Certains n’ont d’ailleurs pas manqué de remarquer que c’est avec Daniel Breton qu’il a choisi de partager le repas du midi sur la terrasse de l’hôtel.

Bernard Drainville, lui, s’est fait discret. « La question du leadership, ce n’est pas ce qui me préoccupe présentement», a-t-il laissé tomber. Mais pour combien de temps encore.

Catégorie: Québec

Le retour de PKP, un symbole de force

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 publié le 28 mai 2014 à 14 h 27

Le premier ministre Philippe Couillard et le député péquiste Pierre Karl Péladeau
Le premier ministre Philippe Couillard et le député péquiste Pierre Karl Péladeau

Alors que les médecins estimaient qu’il mettrait des semaines à s’en remettre, Pierre Karl Péladeau a fait son entrée à l’Assemblée nationale lundi, moins de 10 jours après un grave accident de vélo qui lui a causé de multiples fractures.

Même s’il n’était là officiellement que pour faire son entrée à titre de nouveau député de Saint-Jérôme, plusieurs n’ont pu s’empêcher d’y voir un symbole de force. Moins de deux jours après sa sortie de l’hôpital, alors qu’on croyait initialement qu’il ne serait pas là de toute la session parlementaire, PKP ne recule devant rien et se présente à l’Assemblée nationale en fauteuil roulant!

Dans les rangs péquistes, on s’est étonné de l’abondance d’encouragements et de souhaits de prompt rétablissement que le nouveau député a reçus dans les jours après son accident. Sur la page Facebook du Parti québécois, on n’a pu s’empêcher de remarquer que la nouvelle le concernant avait reçu plus de clics que bien des annonces du précédent gouvernement de Pauline Marois.

Un député qui, il y a quelques jours encore, n’était pas très chaud à l’idée de voir Pierre Karl Péladeau briguer le poste de chef du Parti québécois confiait, la semaine dernière, avoir été surpris de la réaction populaire. Le retour rapide du député en chambre risque de l’avoir surpris encore davantage. Et si, malgré son passé, Pierre Karl Péladeau était capable de susciter la sympathie populaire? Déjà, en campagne électorale, plusieurs observateurs avaient été surpris de voir les électeurs se précipiter pour lui serrer la main et se faire photographier en sa compagnie.

Pierre Karl Péladeau avait assurément hâte de faire ses premiers pas comme député, mais la hâte avec laquelle il s’est empressé de revenir ne peut qu’alimenter les spéculations voulant qu’il se lance rapidement dans la course à la direction du Parti québécois. Que sa présence soit ou non le résultat d’un calcul stratégique, il reste qu’un retour si rapide à l’Assemblée nationale est un geste fort pour la suite des choses. Malgré l’adversité, le député ne s’en laissera pas imposer. Que ses éventuels adversaires à la course à la direction du Parti québécois se le tiennent pour dit.

Catégorie: Québec

Le PQ à l’heure des bilans

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 publié le 5 mai 2014 à 17 h 00

Alors qu’on s’attendait à une séance de règlements de comptes, la rencontre sur le bilan de la campagne électorale du Parti québécois s’est déroulée, nous dit-on, dans la sérénité samedi à Laval.

Tant mieux. La dernière chose dont le PQ a besoin, c’est d’une séance de lavage de linge sale en public.

Contre toute attente, Pauline Marois était là. Elle s’est expliquée et a répondu à des questions, semble-t-il.

Il faut saluer le geste, c’est tout à son honneur. Le directeur général du PQ, Sylvain Tanguay, était là aussi.

Ils ont bien fait. Parce que sans des personnes responsables et imputables devant eux, le presto des militants aurait pu sauter.

C’est légitime pour un militant de poser des questions et d’espérer avoir des réponses. Les militants ont posé des pancartes, fait du porte-à-porte, distribué des brochures, organisé des rassemblements, bref mis de côté une partie de leur vie pendant un mois pour le parti. Ils espéraient mieux, ils ont été déçus, blessés. Leur rêve est brisé. Ils ont besoin d’un peu de réconfort, mais surtout de réponses.

Maintenant, le PQ doit espérer que l’abcès est crevé, que les militants ne regarderont plus dans le rétroviseur, mais en avant.

La séance de samedi permettra aussi de faire des adieux dignes de ce nom à Pauline Marois à la conférence des présidents du PQ, au début juin, sans trop craindre de règlements de comptes publics.

Catégorie: Québec

Philippe Couillard tente une nouvelle stratégie

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 publié le 13 février 2014 à 12 h 04

Philippe Couillard
Philippe Couillard

BILLET D’HUGO LAVALLÉE – Plusieurs auront remarqué le ton plus incisif adopté par Philippe Couillard depuis le début de la semaine. En chambre, le chef libéral n’a pas hésité à lancer des flèches à Pauline Marois. « La première ministre pourra poser des questions quand elle sera de retour de ce côté de la Chambre. » « Je répète la question parce que la première ministre […] ne répond pas à ma question. » Telles sont des phrases que l’on a pu entendre ces derniers jours.

Le chef libéral admet lui-même publiquement que, même s’il continuera « de respecter les personnes », il entend dorénavant adopter « un ton ferme ». Dans l’entourage de Philippe Couillard, on reconnaît avoir tiré une leçon des critiques qui se sont multipliées ces dernières semaines à propos des louvoiements du chef libéral.

« M. Couillard réfléchissait parfois à haute voix, explique un proche. On lui a fait comprendre que les Québécois ne veulent pas entendre leurs leaders politiques remuer des idées, ou expliquer leur parcours intellectuel. Ils veulent entendre des positions claires. »

On comprend en filigrane que le discours de Philippe Couillard était parfois empesé par des détours intellectuels contre-productifs sur le plan de la communication. Mais, prévient-on, c’est justement l’intelligence du chef libéral qui lui permettra de reprendre l’initiative : il ne répétera pas les mêmes erreurs.

La question du budget

D’autres encore auront aussi remarqué que Philippe Couillard a lourdement insisté sur la nécessité pour le gouvernement de présenter un budget en bonne et due forme avant le déclenchement des prochaines élections.

En coulisse, toutefois, on explique ne pas tenir si fort à ce qu’un budget soit déposé. En fait, les libéraux estiment qu’ils seront avantagés quoi qu’il advienne.

Si le gouvernement dépose un budget, le PLQ pourra mettre en doute la valeur des chiffres en rappelant le scénario de 2003. Pauline Marois, ministre des Finances, avait alors déposé avant les élections un budget équilibré qui s’était avéré déficitaire quelques mois plus tard.

Et si le gouvernement ne dépose pas de budget, la partie sera encore plus facile, puisque les Libéraux auront beau jeu pour accuser le Parti québécois de vouloir « cacher les chiffres ».

Dans un cas comme dans l’autre, le PLQ estime pouvoir sortir gagnant de l’épisode budgétaire… qu’il ait lieu ou non.

Catégorie: Québec

Au cours des deux prochains mois, dans l’immense Salon rouge de l’Assemblée nationale, le ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne rencontrera tous ceux au Québec qui veulent se faire entendre sur le projet de charte des valeurs.

Oui, tous.

Depuis que ce sujet a fait son apparition en août dernier, la majorité des Québécois ont compris qu’il est risqué d’aborder la question de la charte des valeurs avec le premier venu.

C’est pourtant bel et bien ce que le ministre Drainville fera pendant au moins 200 heures de consultations.

« Je l’aborde avec ouverture et fermeté. Ouverture parce qu’il faut être prêt à attraper au vol les bonnes idées qui pourraient nous être proposées. Et fermeté, sur les principes et valeurs que nous défendons, que ce projet de charte porte. »

Les principes énoncés dans le projet de loi 60, dont l’interdiction de symboles religieux pour les employés de l’État, sont du jamais vu en Amérique du Nord. L’interdiction explicite des signes religieux n’est ni dans la culture ni dans la tradition nord-américaine.

« Notre rapport à la religion catholique colore en partie la proposition de charte », suggère Bernard Drainville pour expliquer ce qui distingue le Québec des juridictions qui l’entourent. Tout comme les liens avec la France, ajoute-t-il. Et aussi une réflexion menée depuis des années au sein du Parti québécois, notamment sous l’influence de Louise Beaudoin.

Cette charte des valeurs est dénoncée par ses opposants comme une attaque frontale aux droits et libertés. Le sociologue Gérard Bouchard a aussi accusé le gouvernement Marois de faire preuve de démagogie, de mentir pour défendre sa cause.

« Je ne reconnais pas Gérard Bouchard dans les propos qu’il tient ce matin, a répliqué Bernard Drainville. Il nous a habitué à une élévation intellectuelle que je ne retrouve pas dans ce texte-là… On frise l’attaque personnelle dans certains propos qu’il tient. Je l’invite à se ressaisir. »

Le ministre Drainville croit en outre que l’ancien député Yves Michaud allait trop loin en proposant aux adversaires de la charte de quitter le pays.

Quels risques?

Le ministre considère que « ce projet est une nécessité vitale pour notre société ». Si le gouvernement s’abstenait d’agir, il y aurait des conséquences, croit le ministre.

« Les cas d’accommodements religieux déraisonnables vont se multiplier à l’avenir… produisant des frictions, des frustrations. »

Le climat social en pâtirait si le gouvernement québécois n’intervenait pas, selon lui.

« Il y a une partie de ce que l’on propose qui vise à prévenir une escalade, une détérioration du climat social, qui vise à prévenir des tensions. »

Le facteur électoral

Bernard Drainville affirme qu’il souhaite l’adoption du projet de loi 60. Il dit ne pas tenir compte du calendrier électoral, qui pourrait néanmoins en entraver l’adoption.

« S’il n’y a pas d’élections, je pense que le processus pourra se poursuivre et on devra s’asseoir avec la CAQ et essayer d’en venir à une entente qui permette l’adoption de la charte. »

Avec les consultations sur ce projet de charte et le dépôt d’un budget déficitaire, les prochaines semaines se dérouleront sous le signe de l’incertitude à l’Assemblée nationale.

La façon dont le ministre Drainville mènera ces consultations aura une influence indéniable, mais totalement imprévisible, sur le sort de ce gouvernement minoritaire.

Pour écouter l’entrevue avec Bernard Drainville sur votre téléphone mobile, cliquez ici.

Catégorie: Québec

Maria Mourani : problème familial

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 publié le 13 septembre 2013 à 18 h 14

Depuis quelques jours, les réactions à la proposition de Charte des valeurs québécoises du gouvernement Marois sont nombreuses et diverses. On entend plus les critiques que ceux qui appuient la proposition.

Les opposants sont-ils plus nombreux? Difficile à dire, le gouvernement compte sur la « majorité silencieuse » qui, par définition, est… silencieuse.

Les critiques ébranlent-elles le gouvernement? Quand on pose la question, on nous répond : « Pas du tout, on s’attendait à ces critiques. » Et on nous suggère de regarder qui lève les boucliers. Des intellectuels, l’opposition, les partis fédéraux, les candidats à la mairie de Montréal. Tous des groupes qui, d’une manière ou d’une autre, ont un « intérêt » à dénoncer la proposition gouvernementale.

Le « cas » Maria Mourani est différent. Aujourd’hui ex-députée du Bloc québécois, elle milite ardemment pour la souveraineté depuis des années. Elle est issue d’une communauté culturelle. Elle fait partie de la famille, la famille souverainiste.

Sa famille lui dit maintenant d’aller réfléchir dans le coin, en punition, exclue du caucus du Bloc. Difficile à expliquer quand Pauline Marois, la mère de famille, lance un appel au dialogue.

Dans une discussion aussi émotive, sur la laïcité, je présume que Mme Marois s’attendait peut être à des débats animés dans la famille, mais elle devait espérer que la famille reste unie.

« L’affaire Mourani » est certainement un caillou dans le soulier de la première ministre.

Catégorie: Québec

Valeurs québécoises : les élites c. le grand public?

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 publié le 11 septembre 2013 à 17 h 19

Y a-t-il deux Québec dans le dossier des valeurs québécoises? Y a-t-il un fossé entre les points de vue des élites intellectuelles, médiatiques et politiques et ceux de la population en général, celle que l’on qualifie de majorité silencieuse, car elle n’aurait pas accès aux tribunes médiatiques?

Des ministres du gouvernement Marois, dont Bernard Drainville et Réjean Hébert, ont laissé entendre que les sondages leur donnaient raison, malgré la volée de critiques qui a accueilli les orientations du gouvernement. Le ministre responsable a d’ailleurs invité les Québécois à appeler leurs députés afin de permettre au gouvernement de développer un rapport de force face aux partis d’opposition.

Ceux qui ont le pouvoir de se faire entendre dans les médias parviennent bien souvent à faire reconnaître la justesse de leur point de vue par la population, surtout lorsque ces élites affichent une telle unanimité.

Néanmoins, dans ce cas, le terrain n’est pas vierge.

Bien des Québécois ont un point de vue déjà fixé sur les questions de l’identité, de la laïcité de l’État et de la place des religions au sein de la société québécoise. Ils ne changeront peut-être pas d’idées aussi facilement qu’on le pense. Ils pourraient même se braquer, face à des commentaires qui, à la limite, semblent les ranger parmi les xénophobes, voire les racistes.

La société québécoise est marquée par son statut minoritaire. Une société minoritaire qui cherche depuis longtemps à se distinguer du multiculturalisme prôné dans l’ensemble canadien. D’ailleurs, aucun parti politique représenté à l’Assemblée nationale n’adhère au multiculturalisme.

Cette société minoritaire a voulu, il y a 35 ans par la loi 101, s’assurer que les immigrants soient contraints d’envoyer leurs enfants à l’école française, ce qui était (et ça l’est toujours) une discrimination évidente à leur égard. Par souci de cohérence, la majorité francophone a accepté d’interdire l’accès à l’école anglaise à ses propres enfants, ce qui, non plus, n’a rien de banal.

Si, 35 ans plus tard, ce projet de charte des valeurs trouve un écho parmi bon nombre de Québécois, malgré son caractère apparemment discriminatoire, ce n’est peut-être pas parce qu’ils sont xénophobes, c’est peut-être parce qu’ils jugent que la laïcité de l’État est devenue une valeur fondamentale de leur société, qui doit être affirmée et défendue.

Des Québécois, et particulièrement des Québécoises, sont parvenus, il n’y a pas si longtemps, à s’affranchir du pouvoir ecclésiastique catholique qui a pesé de tout son poids sur cette société pendant quatre siècles.

Néanmoins, cette démarche serait sans doute plus convaincante si le gouvernement Marois osait demander autant de sacrifices à la majorité qu’il n’en impose aux minorités, ainsi qu’il a été fait pour l’accès aux écoles dans la loi 101.

Et, parmi ces sacrifices, il est facile d’imaginer qu’il y aurait sans doute lieu de commencer par ce remarquable symbole que représente le crucifix au Salon bleu de l’Assemblée nationale.

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L’épreuve du pouvoir

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 publié le 20 juin 2013 à 9 h 57

Pauline Marois à l'Assemblée nationale, le 7 décembre.

Pauline Marois a dilapidé une partie de son capital politique au cours des neuf premiers mois de son mandat. Les élus du Parti québécois (PQ) ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ils sont les seuls responsables de leurs malheurs. La première ministre a elle-même reconnu qu’elle n’avait pas su orchestrer les initiatives de ses ministres.

Il est aussi facile de constater un manque de souci évident dans les détails. Et, à cet égard, la faute en incombe aux ministres et au personnel qui entoure la première ministre. En fait, personne ne parvient à échapper au blâme au sein du PQ. Personne ne sort indemne de cette épreuve du pouvoir. Le PQ doit désormais craindre de se retrouver au troisième rang dans les intentions de vote, derrière la Coalition avenir Québec.

La position des libéraux

La démission de Jean Charest a créé tout un vide à l’Assemblée nationale. La commotion a été encore plus importante au Parti libéral. Le nouveau chef, Philippe Couillard, tente aujourd’hui de combler le vide en secouant les structures internes.

M. Couillard semble lui-même se transformer au fil des semaines. Pendant la course à la direction, il paraissait se ranger dans un camp plus nationaliste que celui de Jean Charest, alors que ces derniers jours, il a montré le visage d’un fervent fédéraliste.

En gardant ses distances avec l’Assemblée nationale, le nouveau chef libéral parvient à rester au-dessus de la mêlée. L’ennui, c’est qu’il paraît également loin de son aile parlementaire. Cela a donné lieu à quelques notes discordantes au cours des derniers jours entre ses propres positions et celles des élus libéraux.

Les questions nationale, linguistique et identitaire sont à la fois une force et une faiblesse du Parti libéral de Philippe Couillard. Le principal point d’interrogation est encore et toujours l’impact de la commission Charbonneau sur le Parti libéral d’ici les prochaines élections.

De la CAQ à Québec solidaire

De son côté, la Coalition avenir Québec ne semble toujours pas avoir fait son nid politique. Ce parti demeure difficile à cadrer, son étiquette est encore en voie de définition. Le Projet Saint-Laurent prend forme tranquillement et devrait contribuer à chasser le flou entourant ce parti. Les attaques du chef de la CAQ, François Legault, contre le gouvernement Marois sont souvent bancales et parfois menées avec imprécision.

Pour sa part, Québec solidaire continue son travail patient. L’arrivée de Françoise David à l’Assemblée nationale n’a toutefois pas donné la visibilité espérée à son parti.

Par ailleurs, la démission de Jean-Martin Aussant à la direction d’Option nationale offre un certain soulagement au Parti québécois et à Québec solidaire. La survie de ce parti est désormais remise en question.

Malgré la lune de miel des libéraux et l’inconsistance des péquistes, aucun des partis n’est véritablement en situation de force ou de faiblesse extrême. Il semble que tout demeure possible d’ici les prochaines élections.

Catégorie: Québec