Billets classés sous « Parti libéral du Québec »

Commission Charbonneau : la seule option de Québec

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 publié le 28 janvier 2015 à 15 h 25

La commission Charbonneau réclame à Québec une prolongation de sept mois de son mandat. Comment le gouvernement Couillard devrait-il réagir à cette requête?

Pour répondre à cette question, je vous soumets les éléments suivants :

  • Le parti qui forme le gouvernement, le Parti libéral, fait l’objet d’un blâme de la commission Charbonneau.
  • Le précédent premier ministre libéral, Jean Charest, serait aussi blâmé par la commission.
  • Pendant des années, le précédent gouvernement libéral a refusé de mettre sur pied une commission d’enquête sur les contrats publics dans l’industrie de la construction.
  • Lorsque le gouvernement Charest a finalement accepté de mettre sur pied une commission d’enquête, le premier décret qu’il a adopté ne prévoyait pas qu’elle serait créée en vertu de la loi sur les commissions d’enquête. Ainsi, cette « patente à gosses », comme l’avait qualifié le député péquiste Stéphane Bergeron, n’aurait pas permis de contraindre des témoins à se présenter devant la commission, tandis que les commissaires n’auraient bénéficié d’aucune immunité judiciaire.
  • Depuis le début des travaux de la commission Charbonneau, les ténors libéraux n’ont cessé de répéter qu’il fallait la laisser accomplir son travail.
  • La commission Charbonneau aurait émis une centaine d’avis de blâme à des organismes et à des individus. La règle de droit veut que les groupes et les personnes visés aient l’occasion de présenter leurs versions des faits avant la publication du rapport de la commission.
  • La commission est loin d’être irréprochable, mais il apparaît que la société québécoise a déjà profité de ses travaux et que le Québec comprend mieux maintenant l’ampleur et la mécanique du système de corruption et de collusion.
  • La commission Charbonneau n’est pas gratuite, elle coûte plus d’un million de dollars par mois, mais elle a sans doute permis de réaliser des économies importantes à l’État québécois.
  • C’est finalement un mandat de quatre ans que la commission réclame. C’est long. Néanmoins, l’importance des problèmes identifiés paraît justifier un tel délai.

 

Dans ce contexte, quels pourraient être les arguments du premier ministre Philippe Couillard pour refuser cette demande de prolongation de mandat?

En cas de refus, le gouvernement libéral pourrait bien soulever un véritable tollé, qu’il n’a aucun intérêt à provoquer.

Catégorie: Québec

Philippe Couillard tente une nouvelle stratégie

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 publié le 13 février 2014 à 12 h 04

Philippe Couillard
Philippe Couillard

BILLET D’HUGO LAVALLÉE – Plusieurs auront remarqué le ton plus incisif adopté par Philippe Couillard depuis le début de la semaine. En chambre, le chef libéral n’a pas hésité à lancer des flèches à Pauline Marois. « La première ministre pourra poser des questions quand elle sera de retour de ce côté de la Chambre. » « Je répète la question parce que la première ministre […] ne répond pas à ma question. » Telles sont des phrases que l’on a pu entendre ces derniers jours.

Le chef libéral admet lui-même publiquement que, même s’il continuera « de respecter les personnes », il entend dorénavant adopter « un ton ferme ». Dans l’entourage de Philippe Couillard, on reconnaît avoir tiré une leçon des critiques qui se sont multipliées ces dernières semaines à propos des louvoiements du chef libéral.

« M. Couillard réfléchissait parfois à haute voix, explique un proche. On lui a fait comprendre que les Québécois ne veulent pas entendre leurs leaders politiques remuer des idées, ou expliquer leur parcours intellectuel. Ils veulent entendre des positions claires. »

On comprend en filigrane que le discours de Philippe Couillard était parfois empesé par des détours intellectuels contre-productifs sur le plan de la communication. Mais, prévient-on, c’est justement l’intelligence du chef libéral qui lui permettra de reprendre l’initiative : il ne répétera pas les mêmes erreurs.

La question du budget

D’autres encore auront aussi remarqué que Philippe Couillard a lourdement insisté sur la nécessité pour le gouvernement de présenter un budget en bonne et due forme avant le déclenchement des prochaines élections.

En coulisse, toutefois, on explique ne pas tenir si fort à ce qu’un budget soit déposé. En fait, les libéraux estiment qu’ils seront avantagés quoi qu’il advienne.

Si le gouvernement dépose un budget, le PLQ pourra mettre en doute la valeur des chiffres en rappelant le scénario de 2003. Pauline Marois, ministre des Finances, avait alors déposé avant les élections un budget équilibré qui s’était avéré déficitaire quelques mois plus tard.

Et si le gouvernement ne dépose pas de budget, la partie sera encore plus facile, puisque les Libéraux auront beau jeu pour accuser le Parti québécois de vouloir « cacher les chiffres ».

Dans un cas comme dans l’autre, le PLQ estime pouvoir sortir gagnant de l’épisode budgétaire… qu’il ait lieu ou non.

Catégorie: Québec

PLQ : une course en quête de visibilité

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 publié le 13 janvier 2013 à 11 h 21

Les militants du Parti libéral du Québec auront droit aujourd’hui à un premier débat des trois candidats à la direction du parti : Raymond Bachand, Philippe Couillard et Pierre Moreau.

Depuis la démission de Jean Charest, cette course n’a pas soulevé beaucoup de passion. Bien sûr, il y a eu un certain intérêt autour des mises en candidature. Mais après, disons que ça a été plutôt calme. Par exemple, êtes-vous capable de me donner une idée avancée par chacun des candidats?

Évidemment, l’arrivée d’un nouveau gouvernement n’a pas aidé les libéraux. Toute l’attention a été tournée vers les décisions de Pauline Marois. Aussi, la course à la direction n’est pas un concours de popularité auprès des Québécois, mais auprès des militants. La nuance est importante et explique pourquoi, jusqu’ici, la démarche s’est faite en circuit fermé.

Mais à partir d’aujourd’hui, le PLQ espère susciter de l’intérêt plus largement pour augmenter son nombre de membres et remplir ses coffres. Les quatre débats en français, le débat en anglais et surtout le congrès pour élire le nouveau chef devraient lui donner plus de visibilité.

Le PLQ devra créer une dynamique favorable s’il veut gagner les prochaines élections. Des élections générales pourraient avoir lieu aussi tôt qu’au printemps, l’an prochain. Cela laisse peu de temps pour imprégner sa marque dans le parti, redéfinir le programme et recruter des candidats tout en dirigeant les travaux parlementaires. La bonne nouvelle pour le prochain chef, c’est que le PLQ est loin d’être en déroute comme le démontre l’élection de 50 députés aux dernières élections après 9 ans au pouvoir.

Et c’est là que les débats deviennent importants. À ce stade-ci, la plupart des militants ont un préjugé favorable pour l’un ou l’autre des candidats. Les débats permettront de voir lequel a l’étoffe d’un premier ministre, lequel est capable de débattre, de tenir son bout dans des échanges corsés. C’est un aspect non négligeable de la politique de nos jours.

La course est déjà bien engagée, les candidats ont fait leur travail de terrain, et à partir d’aujourd’hui, avec les débats, ils peuvent augmenter leurs appuis ou en perdre. L’enjeu est important.

Catégorie: Québec