Billets classés sous « NPD »

Judo politique

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 publié le 24 mai 2013 à 14 h 49

Judo: Art martial. La Voie de la Souplesse. Utiliser la force et la vitesse de l’adversaire pour le déséquilibrer et l’envoyer au sol.

Les libéraux minoritaires en Ontario sont en train d’appliquer une prise de judo politique au Nouveau Parti démocratique. Dans les négociations budgétaires pour éviter la chute de son gouvernement, la Première ministre Kathleen Wynne a utilisé la force et l’élan d’Andrea Horwath, pour les transformer en faiblesse.

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Catégorie: Ontario

La nouvelle dynamique à la Chambre des communes

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 publié le 12 avril 2013 à 13 h 57

Stephen Harper à Chambre des communes en 2006

Quand la Chambre des Communes reprendra ses travaux le lundi 15 avril, le visage politique ne sera plus le même et la dynamique non plus. Pourquoi? Parce que le Parti libéral aura un nouveau chef, parce que le NPD sortira tout juste d’un congrès qui lancera le parti dans la dernière étape avant les élections générales de 2015 et parce que le Parti conservateur devra modifier son approche sur sa façon de diriger le pays.

Parlons d’abord du Parti libéral, qui se choisit un chef dimanche. Personne ne doute que le chef qui se lèvera en Chambre lundi prochain pour poser une question sera Justin Trudeau. Sa victoire est tellement évidente qu’il est plus que probable que l’entourage de Trudeau est déjà en train de préparer l’après-victoire. Même si les conservateurs parlent beaucoup de l’inexpérience du futur chef libéral, de son « absence de contenu », un fait demeure. Le parti au pouvoir craint l’effet Trudeau dans le pays. Et déjà, de nombreux sondages indiquent une remontée du PLC qui n’a que 34 sièges à la Chambre des communes.

Alors, la cible pour les conservateurs sera assurément Justin Trudeau et ils feront tout ce qu’il faut pour que la « lune de miel » qui suit généralement l’élection d’un nouveau chef soit la plus courte possible. De leur côté, les libéraux devront entourer leur nouveau chef de gens forts et s’assurer qu’il soit bien perçu jusqu’à la prochaine élection. Dès le 13 mai, il y aura une élection partielle et ce sera un test important pour le parti libéral… Saura-t-il regagner de façon importante la circonscription historiquement libérale de Labrador, perdu lors de la dernière élection à la faveur du conservateur Peter Penashue? Penashue a dû démissionner à cause d’irrégularités dans le financement de sa campagne… Il se représente à la partielle.

Puis, il y a le NPD, en congrès en fin de semaine à Montréal. Thomas Mulcair tente de changer l’image du parti… de l’emmener de la gauche vers le centre. M. Mulcair croit que c’est un des éléments qui permettrait au NPD d’être perçu comme un parti qui peut prendre le pouvoir. Mais le problème des néo-démocrates est le suivant : l’étoile de Thomas Mulcair semble pâlir. Il veut se montrer « premier ministrable », mais il a perdu le mordant qui le caractérisait. Alors, en fin de semaine, il devra convaincre que le virage vers le centre est la solution. Puis, en Chambre, il devra affronter Stephen Harper ET Justin Trudeau. Peut-être devra-t-il retrouver cette combativité qui l’a mené à la tête du NPD. Les prochains mois seront cruciaux pour Thomas Mulcair.

Pour ce qui est des conservateurs, il leur reste deux ans pour montrer qu’ils ne sont pas victimes de l’usure du pouvoir. Ils ont aussi dirigé le pays sans compromis. Ils n’ont jamais tenu compte de l’avis des partis d’opposition, parfois, disent leurs adversaires, au mépris des institutions parlementaires. Dans la perspective d’une lutte à trois, les troupes de Stephen Harper pourraient corriger le tir. Dès lundi, il faudra voir si le premier ministre, qui n’est jamais en Chambre les lundis et vendredis, sera là pour répondre aux questions du nouveau chef libéral. Si c’est le cas, ce sera peut-être le début de cette nouvelle dynamique.

Catégorie: Ottawa

Mulcair et la clarté : vives réactions!

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 publié le 30 janvier 2013 à 11 h 05

Wow! Je ne sais pas encore si c’est une autre illustration de la dualité de ce pays, mais les réactions à la décision du NPD de répondre au défi du Bloc québécois en déposant son propre projet de loi sur la clarté référendaire me semblent fort révélatrices. Du point de vue politique, aucune surprise, conservateurs, bloquistes et libéraux sont unanimes à dénoncer pour des raisons différentes le projet C-470 de Craig Scott, le député qui occupe maintenant le siège de Jack Layton aux Communes. En gros, 50 % + 1, c’est la barre à franchir SI la question reflète clairement le changement constitutionnel proposé. Le projet en propose deux versions. Enfin, si elle n’est pas jugée acceptable en ce sens par Ottawa, on en avise le gouvernement du Québec, et Ottawa demande alors à la Cour d’appel du Québec de se prononcer sur la clarté de la question.

Ce sont les commentaires, opinions et éditoriaux qui retiennent mon attention. Très peu de choses du côté des médias du Québec. Bien sûr, des textes de nouvelles annonçant le dépôt du C-470 un peu partout, mais pour le reste? André Pratte le mentionne sans commentaire dans un éditorial sur la visite de Pauline Marois en Écosse, tandis que ma collègue Manon Cornellier conclut par «voilà qui est habile » la chronique dans laquelle elle écrit que le projet réconcilie la position du caucus NPD québécois avec celle du reste du pays. Disséquant le projet de loi, Mme Cornellier en expose les subtilités, la souplesse et l’ouverture, selon elle, plus grande envers les demandes traditionnelles du Québec que celle des deux grands partis fédéralistes.

Réactions hors Québec autrement plus nombreuses et surtout plus virulentes!!! Un éditorial et deux chroniques dans le seul Ottawa Citizen, et ça s’empile :

  • « Mulcair défie la logique »
  • « Il insuffle une nouvelle vie au séparatisme »
  • « Aspire-t-il à gouverner le Canada? Ou le Québec? »
  • « Mulcair joue sur les deux tableaux de l’unité nationale »
  • « Thomas Mulcair n’a pas agi comme quelqu’un qui est capable de devenir premier ministre »
  • « M. Mulcair estime son approche raisonnable. Elle est naïve et toxique pour l’unité du pays. »

En voulez-vous encore?

Seule note discordante de ce côté de la clôture, John Ivison, du Post, qui parle d’un NPD en « terrain assez solide » parce qu’il a nuancé et clarifié sa position centrée sur le 50% + 1. Certains s’empresseront de vous faire remarquer qu’Ivison ne rate pas une occasion de mettre en valeur le nationalisme de son Écosse natale!

Intéressant de voir donc la différence dans la quantité et surtout la substance, des réactions. Pas de vague au Québec et petite tempête politique ailleurs.

Bref, Thomas Mulcair espérait certainement mettre le couvercle sur cette marmite avec son discours de lundi et avec le projet de loi. Ses adversaires politiques semblent avoir des munitions pour encore le taquiner là-dessus au gré des circonstances. Circonstances qui ne conduisent pas à un référendum à court terme évidemment. M. Mulcair a aussi un caucus NPD-ROC (Rest of Canada) qui semble s’être rangé derrière ce qui est présenté comme la vision du parti du « fédéralisme coopératif ». Le NPD avait appuyé la loi sur la clarté, mais quelques députés avaient voté contre sans être sanctionnés, tout comme quelques conservateurs d’ailleurs.

Catégorie: Ottawa

Le nouveau Thomas Mulcair

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 publié le 9 novembre 2012 à 15 h 57

Tous ceux et celles qui suivent la scène politique québécoise et canadienne depuis une quinzaine d’années connaissent Thomas Mulcair comme étant un politicien fougueux, bagarreur, n’ayant pas peur d’écorcher ses adversaires. Pour les journalistes, il était aussi considéré comme « le roi du clip », celui qui, en quelques secondes, résume une situation avec des propos très colorés. Vous savez, ce genre d’extrait qui se retrouve assurément dans tous les reportages à la radio et à la télévision.

Une de ses plus célèbres déclarations en Chambre remonte au 31 mars 2010. L’homme, qui ne fait pas dans la dentelle, a interpellé les conservateurs en Chambre de cette façon dans le dossier de l’harmonisation de la taxe de vente avec le Québec…

« Monsieur le Président, la position du NPD est que ce qui est bon pour pitou est bon pour minou. Comme le Québec a harmonisé sa taxe, car il l’a harmonisée, il mérite d’être récompensé. On était contre une nouvelle taxe en Ontario et on l’a dit.

Le gouvernement a complètement floué le Québec.

Le premier ministre réalise-t-il que le 8 décembre, le ministère des Finances a dit en comité que le Québec pouvait garder la perception, et qu’il est simplement en train de donner des munitions à ceux qui disent qu’au fédéral, ce sont des « crosseurs »? »

Voilà un vocabulaire bien peu parlementaire, mais cette déclaration a fait la manchette.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Maintenant chef du NPD, Thomas Mulcair se transforme et le roi du clip n’est plus! Ce n’est sûrement pas l’envie qui lui manque de lancer des répliques assassines en Chambre et en conférence de presse, mais M. Mulcair DOIT changer son image. Un chef de parti qui aspire à devenir premier ministre doit arrondir les coins, montrer qu’il peut représenter les électeurs de tous les horizons politiques.

Alors, Thomas Mulcair est maintenant un homme prudent. Ses attaques contre le gouvernement demeurent féroces, mais dans un langage beaucoup plus modéré. Même en conférence de presse, M. Mulcair est très sur la défensive… Peut-être un peu trop. Probablement est-il actuellement à la recherche de l’équilibre, du bon dosage dans ses déclarations. Parce qu’il faut comprendre que le chef néo-démocrate est d’un naturel bouillant. Celui que nous voyons actuellement semble à la recherche du bon ton. Il ne l’a pas encore trouvé. Mais en politicien expérimenté, il trouvera sûrement le juste milieu.

Entre-temps, la colonie journalistique est presque en deuil à Ottawa. Thomas Mulcair s’est adouci, Denis Coderre, autre roi du clip, est sur le point de partir. Alors tout le monde cherche le dauphin et un nom s’impose à tous. À Ottawa, le nouveau roi du clip a un nom : Alexandre Boulerice, député NPD de Rosemont/La Petite-Patrie. Il a d’ailleurs reçu le Prix Denis Coderre au dernier souper de la tribune parlementaire.Voici la remise officielle du prix par notre collègue Marc Godbout…

 

Catégorie: Ottawa

Keystone ou le « ni-ni » de Thomas Mulcair

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 publié le 7 novembre 2012 à 18 h 18

Avec la réélection de Barack Obama, l’avenir du projet d’oléoduc Keystone XL qui doit acheminer le pétrole albertain jusqu’aux raffineries du golfe du Mexique revient à l’avant-plan des discussions bilatérales entre le Canada et les États-Unis.

L’espoir du gouvernement Harper c’est que maintenant que l’administration Obama est en quelque sorte libérée des considérations politiques et partisanes inhérentes à une campagne électorale présidentielle, elle jugera le projet au mérite et finira par donner son feu vert. Un débat qui va inévitablement relancer celui sur les politiques énergétiques du gouvernement Harper ici au pays.

Demandez à Thomas Mulcair ce qu’il en pense, voici la réponse : « Au lieu de faire la folie d’exporter à un si bas prix, ayons comme principe et comme priorité de déménager nos ressources pétrolières d’ouest en est, toujours sous réserve d’une analyse environnementale rigoureuse. »

Les critiques sont nombreuses. Le chef du NPD reproche au projet Keystone de mener à l’exportation de 40 000 emplois au pays. Comme le gouvernement Harper mise tant sur l’exportation des ressources naturelles brutes vers les États-Unis, Mulcair lui reproche du même souffle de se préoccuper davantage de la sécurité énergétique de nos voisins du sud que de la nôtre.

Mais le chef du NPD est-il en faveur du projet, si jamais son parti prenait le pouvoir? Est-ce qu’un gouvernement du NPD continuerait d’aller de l’avant?

« Nous, on prioriserait de bouger nos produits pétroliers d’ouest en est », affirme M. Mulcair.

Mais encore… Dirait-il oui ou non à Keystone? Est-ce possible de privilégier le développement des ressources pétrolières ici au pays tout en allant de l’avant avec le projet Keystone?

« La priorité d’un gouvernement néo-démocrate ça serait double. Un, s’occuper de notre propre sécurité énergétique pour l’avenir. Deux, veiller à faire l’ajout d’emplois ici pour nos propres richesses », dit Thomas Mulcair, ajoutant que de toute façon, le dossier est maintenant entre les mains du gouvernement américain.

À vrai dire, Thomas Mulcair refuse de se prononcer précisément sur cette question de l’oléoduc Keystone et préfère avancer que le NPD privilégie la mise en oeuvre d’un système de transport du pétrole au Canada, qui permettrait de relancer l’industrie du raffinage et surtout de créer des emplois ici au pays.

Sur l’avenir de Keystone, Thomas Mulcair a donc développé sa propre logique du « ni-ni », la non-ingérence, non-indifférence.

La logique du NPD est simple : pourquoi se laisser embarquer dans un débat sur le controversé pipeline dont l’avenir dépend davantage des gouvernements américains, quand il est plus avantageux de proposer une politique énergétique alternative pour l’ensemble du pays dans l’avenir?

Cela étant dit, on ne pourra pas reprocher à Thomas Mulcair d’esquiver entièrement cet enjeu épineux. Il a tout de même accepté de répondre à des questions sur le sujet pendant une bonne vingtaine de minutes mercredi midi.

 

Catégorie: Ottawa

Bilan d’une rentrée ultra-partisane

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 publié le 21 septembre 2012 à 16 h 58

S’il fallait trouver un mot pour décrire cette rentrée parlementaire à Ottawa, lequel choisir?

Productif? J’en doute.

Constructif? Encore moins.

Mais ultra-partisan, vindicatif,  seraient plus appropriés. À vrai dire, cette rentrée parlementaire à Ottawa aura été aussi partisane que révélatrice.

Bien sûr, Thomas Mulcair a tenté d’insuffler une dose de professionnalisme et d’optimisme à cette rentrée. Dans un discours à son caucus, il a tracé leur route vers le pouvoir, comme un fruit mûr à cueillir en 2015. « C’est pourquoi, cet automne, nous allons présenter aux Canadiens un message positif, optimiste et ô combien déterminé. Un message qui parle de rétablir l’économie équilibrée que les conservateurs ont démantelée », a-t-il promis à ses députés.

Mais la réalité, c’est qu’en cette première semaine de travaux parlementaires, lui et son parti ont dû subir l’assaut des conservateurs. À la période des questions seulement, députés et ministres de Stephen Harper l’ont accusé de vouloir mettre en oeuvre une taxe sur le carbone, une taxe de 20 milliards de dollars. Une accusation répétée 36 fois en 5 jours durant la seule période des questions. Une taxe « qui tuerait des emplois et ferait augmenter le prix de l’essence, de l’électricité et de pratiquement tout ».

On se serait crû à l’époque du virage vert de Stéphane Dion, en 2008.

Le problème (et les néo-démocrates prient pour que vous le sachiez), c’est que la taxe sur la carbone n’apparaît nulle part dans le programme du NPD. Celui-ci propose plutôt de mettre en place une bourse du carbone. L’ultime ironie, c’est que le Parti conservateur a lui-même proposé une bourse sur le carbone en 2008. Mais soudainement ça c’est de l’histoire ancienne… voilà. Mauvaise foi? À vous de juger. Mon collègue de Maclean’s offre une analyse fort intéressante d’ailleurs.

Sur le front du Québec (drapeau, registre des armes d’épaule), les troupes de Thomas Mulcair ont joué de prudence. Sans surprise, bloquistes et libéraux n’ont pas hésité à dénoncer la décision du gouvernement Harper d’en appeler de l’injonction accordée par la Cour supérieure pour sauvegarder les données québécoises du registre. Même la députée néo-démocrate Françoise Boivin a parlé d’« un affront pour tous ceux qui sont du côté de la prudence, du côté de la sécurité publique ». Mais ne cherchez pas une telle indignation du côté de Thomas Mulcair. Il a plutôt bien évité de se montrer cinglant. « Pour ce qui est du registre des armes à feu, porter ça en appel, ce n’est pas la fin du monde. C’est un cours qui existe pour le gouvernement tant et aussi longtemps qu’effectivement, ils n’ont pas détruit les informations », a-t-il déclaré.

Cette prudence du chef reflète non seulement un certain malaise de plusieurs membres de son caucus face au registre, mais surtout l’espoir du NPD de faire des gains dans les régions du pays où ce registre est honni. Morale de l’histoire : cette semaine, le NPD a choisi de ne pas se mouiller, mais sur les grands enjeux et ceux qui sont plus symboliques, il est loin d’être acquis que tant les Québécois que les électeurs du reste du pays vont apprécier une telle ambivalence à la longue. Après tout, la politique c’est l’art des choix.

Du côté des conservateurs, ceux-ci avaient beau promettre de ne pas mordre à l’hameçon de la gouvernance souverainiste, on a pu constater qu’ils n’en ont pas besoin pour attiser les braises; pensez à la « fierté » de Maxime Bernier d’annoncer l’appel de son gouvernement sur le registre, et Christian Paradis qui ferme la porte à toute discussion sur autre chose que l’économie.

Inutile de dire qu’on a bien hâte de voir Stephen Harper et Pauline Marois côte à côte au Sommet de la Francophonie dans quelques semaines à Kinshasa au Congo.

Pour le reste, comme vous l’a expliqué mon collègue Denis Ferland, le signal d’une nouvelle loi omnibus est clair. Il cache d’ailleurs la tactique d’insérer dans cet immense texte législatif l’éventuelle réforme du régime de pension des députés. Une tactique, diraient certains, pour forcer l’opposition à « voter contre un ménage de leurs retraites dorées », même si elle est en faveur du principe? On entend déjà les lignes d’attaques du caucus conservateur à ce sujet.

L’objectif des conservateurs, dans ce dossier comme dans celui de la taxe sur le carbone, semble être de forcer l’opposition à jouer dans les nuances.

Forcer l’opposition dans le gris alors que dans le monde politique de Stephen Harper, on opère toujours dans le noir ou blanc.

La vie n’est pas si simple me direz vous. Mais les stratèges de Stephen Harper vous répondront que jusqu’à maintenant, ça a toujours fonctionné.

Catégorie: Ottawa

Une opposition sérieuse, structurée…

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 publié le 2 mai 2012 à 16 h 58

 …et forte, disait le très responsable et toujours sobre Thomas Mulcair, mercredi matin, pour marquer le premier anniversaire de l’avènement de son parti comme opposition officielle aux Communes.

Au « commencement » du NPD, M. Mulcair oppose le « commencement de la fin » pour le gouvernement Harper, c’est la fin de l’opposition « docile » des libéraux qui a laissé passer tant de budgets conservateurs sous la minorité. On passe aux choses sérieuses, donc, et soyons « structurés ».

La pièce de résistance de cette session est certes le C-38, je vous disais hier de le retenir!!! Ce projet de loi omnibus met en application le budget, mais met aussi de l’avant des mesures qui toucheront l’immigration, les prisons, l’environnement, la navigation, les services secrets, etc.

Les questions du NPD en cette journée charnière, les deux dossiers prioritaires du jour, je vous les donne en mille : le retour au pays de Conrad Black et le possible deux poids deux mesures qu’il représente, et les heures supplémentaires payées aux chauffeurs de limousine des 37 ministres et ministres d’État. Ah bon… J’ai dû mal comprendre quelque part.

Je vous l’écris au cas où votre attention aurait été mobilisée par la nomination de Marc Bergevin comme DG du Canadien…

Catégorie: Ottawa

La nouvelle rivalité NPD-PLC

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 publié le 26 mars 2012 à 16 h 21
Avec l’élection de Thomas Mulcair à la tête du NPD, plusieurs croyaient que cette journée en Chambre serait le premier jour d’une guerre entre le NPD et le Parti conservateur. Mais ça a plutôt été une bataille entre les néo-démocrates et les libéraux, la bataille de ceux qui veulent garder sur eux l’attention médiatique.
 
Les exemples que je vais vous donner peuvent sembler anecdotiques, mais soyez certains qu’ils sont révélateurs. Donc, lundi, c’était la rentrée de Thomas Mulcair en Chambre en tant que chef de parti. La députation néo-démocrate, avant la période de questions, a fait une démonstration d’unité; tous les élus qui affrontaient Mulcair dans cette course à la direction se sont levés un à un pour lancer des appels à l’unité. 
 
Puis, la période de questions. Thomas Mulcair, d’habitude si flamboyant, est nerveux et ému. Ses questions, il les lit presque mécaniquement. Après une telle course, il aura besoin de quelques jours pour reprendre le rythme en Chambre. Mais les libéraux, eux, sont prêts… Bob Rae, d’abord, et Denis Coderre, ensuite, posent des questions vigoureuses, ciblées, percutantes.
 
Puis, après la période de questions, la tradition veut que le chef de l’opposition officielle prenne place derrière le micro au centre du Foyer de la Chambre des communes. Un des attachés de presse de Thomas Mulcair a prévenu que son chef arriverait dans 30 secondes. C’est le signal qu’attendaient les libéraux. Bob Rae est arrivé au micro précipitamment… Pourtant, à ce micro, tous les médias attendaient Thomas Mulcair. Ce n’était pas le seul accroc au protocole. Le NPD a réagi en envoyant Thomas Mulcair à un autre micro pendant que Bob Rae répondait toujours aux questions. La tradition veut qu’un chef attende que l’autre ait terminé avant de se présenter devant les médias.
 
Depuis la mort de Jack Layton, c’est surtout le Parti libéral qui a occupé le rôle d’opposition officielle, puisque les principaux joueurs du NPD étaient engagés dans une course à la direction. Avec l’arrivée de Thomas Mulcair, attendez-vous à un coup de barre vigoureux.
 
Les néo-démocrates voudront reprendre avec force leur rôle d’opposition officielle. Ils voudront aussi courtiser une partie de la clientèle libérale pour assurer leur marche vers le pouvoir en 2015. Les libéraux sont des gens expérimentés. Ils se débattront pour ne pas tomber dans le rôle obscur du troisième parti à la Chambre, un rôle qu’ils n’ont pas joué souvent dans l’histoire politique canadienne.

Catégorie: Ottawa

L’effet Mulcair sur la politique québécoise

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 publié le 20 février 2012 à 12 h 51

Les membres du Nouveau Parti démocratique prendront, le 24 mars prochain, une décision qui pourrait avoir une certaine influence sur la politique québécoise. 

Dans une perspective québécoise, il n’y a qu’une seule véritable question qui se pose pour le moment : les néo-démocrates choisiront-ils Thomas Mulcair comme chef du NPD? 

Si Thomas Mulcair devient le chef du parti de Jack Layton et de Tommy Douglas, et par le fait même chef de l’opposition officielle aux Communes, la présence du Québec à Ottawa sera sans aucun doute renforcée sur le plan de la visibilité, mais aussi sur celui de la substance. 

L’élection de l’ancien ministre provincial s’inscrirait, pour les Québécois, comme une suite logique à leur vote du 2 mai dernier. Après avoir fait élire une majorité de députés au sein de ce qui est devenu la nouvelle opposition officielle, les Québécois seront davantage rassurés sur la capacité du NPD de défendre leurs intérêts à Ottawa avec la présence de Thomas Mulcair à sa tête. 

De l’ombre sur Pauline Marois

Si Thomas Mulcair obtient le privilège de pouvoir se lever le premier, chaque jour aux Communes, pour poser des questions au premier ministre Harper et au gouvernement conservateur, les Québécois pourraient considérer que leurs intérêts sont adéquatement défendus à Ottawa, compte tenu des circonstances. 

C’est la stratégie de Pauline Marois qui risque d’en pâtir; en attaquant le gouvernement conservateur en toutes occasions, Pauline Marois cherche à montrer que le Parti québécois est la seule formation politique qui prend la défense du Québec face aux intentions du gouvernement Harper. 

Le redoutable parlementaire qu’est Thomas Mulcair pourrait bien rappeler aux Québécois que Pauline Marois n’est pas la seule à jouer sur cette glace. M. Mulcair devra bien sûr parvenir à gérer les contradictions internes de son parti et ses propres contradictions quant au nationalisme québécois. Il est d’ailleurs intéressant de constater que le candidat Mulcair paraît déjà avoir engagé des manœuvres en ce sens.

Orphelins à Ottawa

Pour Pauline Marois et son parti, tout serait plus simple si Brian Topp, fût-il d’origine québécoise, était élu à la tête du NPD. Les Québécois risquent alors de se sentir, plus que jamais auparavant, orphelins à Ottawa. Un sentiment qui semble déjà présent depuis le décès de Jack Layton et qui s’est accru tout au long de la course à la direction du NPD. Les efforts de la chef intérimaire Nycole Turmel n’auront pas suffi à rassurer les Québécois avec, pour preuve, les intentions de vote pour le Bloc québécois qui sont nettement en hausse. 

Ainsi, les Québécois pourraient être habités par la conviction que le gouvernement Harper peut assurer les destinées du pays sans tenir compte de leurs points de vue, mais aussi par l’impression d’être délaissés par l’opposition officielle qu’ils ont eux-mêmes mis en place. 

Cette situation inédite se révélerait un terreau extraordinairement fertile pour le Parti québécois. 

Ainsi, le vote des membres néo-démocrates de tout le Canada, le 24 mars prochain, pourrait avoir des effets palpables sur le déroulement du prochain scrutin au Québec.

Catégorie: Québec

L’interminable course à la direction du NPD

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 publié le 14 février 2012 à 10 h 27

Il y a maintenant six mois que le NPD n’a pas de chef, et il faudra attendre encore plus d’un mois avant de savoir qui succédera à Jack Layton. Au NPD, plusieurs trouvent le temps long. Ils ont même installé un décompte (heures, minutes, secondes) sur leur écran d’ordinateur tant ils ont hâte que cette course se termine.

Au NPD, on dit qu’une course si longue est un mal nécessaire. Il fallait laisser le temps au parti pour recruter de nouveaux membres. Le déséquilibre entre les provinces était tel, que le Québec n’aurait à peu près pas eu son mot à dire dans cette course à la direction tant le nombre de membres au Québec était peu élevé. Mais la campagne de recrutement a-t-elle donné des résultats? Ceux et celles qui souhaitent devenir membres du NPD pour avoir le droit de vote au prochain congrès ont jusqu’au 18 février pour adhérer au parti… C’est le 21 février que le NPD dévoilera le résultat de cette campagne de recrutement.

Entre-temps, Nycole Turmel continue d’assurer l’intérim. Et depuis le retour en Chambre le 30 janvier dernier, le NPD a adopté une nouvelle stratégie. Peter Julian, aussi porte-parole du NPD en matière de finances, occupe un rôle beaucoup plus grand à la période de questions. Parlementaire expérimenté, il a beaucoup plus le sens de la formule et pose des questions bien ciblées, tant en français qu’en anglais.

Dans les corridors du Parlement, plusieurs pensent que si l’entourage de Jack Layton avait su que Julian se désisterait rapidement de la course à la direction, il aurait été un chef intérimaire plus efficace. Il ne faudrait d’ailleurs pas s’étonner de voir Julian prendre encore plus de place d’ici au 24 mars…

Catégorie: Ottawa