Le ministre des Ressources naturelles Joe Oliver vient d’annoncer un train de mesures visant à accélérer l’examen des projets miniers et énergétiques au pays. Tout ça au moment où le gouvernement Harper parle d’attirer au cours des 10 prochaines années des capitaux de plus 500 milliards de dollars dans ces secteurs. L’enjeu est de taille : 500 projets en gestation au pays, selon le budget Flaherty (p. 101). Des investissements vitaux pour l’avenir du pays, disait le ministre.
Mais voilà , les délais d’examen sont-ils le seul obstacle au développement de nos ressources et à l’investissement, étranger notamment?
Depuis que le gouvernement Harper a bloqué l’acquisition de Potash Corp par BHP Billiton, d’Australie, parce qu’il ne pensait pas « à l’heure actuelle, que la transaction proposée sera vraisemblablement à l’avantage net du Canada », l’incertitude a gagné les investisseurs étrangers, très importants dans le secteur des ressources.
Les interventions pour que le gouvernement clarifie la notion d’« avantage net » ou encore celle souvent mentionnée de « ressource stratégique » se sont multipliées.
Après tout, Tony Clement, alors ministre de l’Industrie, avait lui-même promis des précisions après avoir publié un communiqué fort laconique sur Potash, qui en laissait plusieurs sur leur appétit. Christian Paradis lui a succédé depuis et n’a pas encore tenu ses promesses.
Ce qu’en dit Derek Burney
Une des dernières interventions à ce jour est celle de Derek Burney, aujourd’hui dans le privé, mais qui a été chef de cabinet de Brian Mulroney et surtout responsable de la transition entre les gouvernements Martin et Harper en 2006.
M. Burney était aussi membre du groupe de travail Manley sur la mission afghane, qui a conseillé le premier ministre Harper. Il s’agit donc d’un homme au-dessus de tout soupçon pour les conservateurs.
Derek Burney estime que les politiques canadiennes d’investissement sont « opaques », et qu’il est important de les clarifier. Surtout à un moment où le Canada doit se faire accueillant, en particulier pour favoriser l’expansion du secteur des ressources.
Le débat doit être large, dit-il, conscient des risques que représentent certains géants comme la Chine et ses capitaux étatiques. Mais à terme, le secteur des ressources a besoin de règles claires et de plus de prévisibilité.
L’opinion de Wendy Dobson
Wendy Dobson, de la Rotman School of Management de Toronto, abonde dans le même sens. Il y a trop de subjectivité et un manque de transparence dans le processus actuel, dit-elle. Mme Dobson croit qu’il devrait y avoir un test objectif et clair pour mesurer l’intérêt national canadien, autant pour les investisseurs canadiens qu’étrangers dans des circonstances similaires.

