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Le gouvernement Marois a sept mois

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 publié le 4 avril 2013 à 16 h 53

Le gouvernement minoritaire de Pauline Marois a sept mois aujourd’hui.

Le gouvernement minoritaire de Jean Charest de 2007-2008 avait duré 1 an, 8 mois et 13 jours.

Il est plausible de penser qu’il reste environ un an au gouvernement Marois. Pour les superstitieux, soulignons qu’il resterait donc 13 mois et 13 jours au gouvernement Marois, si on le comparait à la mouture minoritaire de l’administration Charest.

Il est également plausible que ce soit Pauline Marois qui déclenche les élections, tout comme l’avait fait Jean Charest.

On peut d’ailleurs entendre un scénario de ce genre lorsqu’on tend l’oreille vers le bureau de la première ministre.

La raison pour laquelle cela pourrait être Pauline Marois, et non pas les partis d’opposition, qui décide du moment du scrutin, c’est qu’il ne sera pas facile de réunir les conditions adéquates à la fois pour le Parti libéral et la Coalition avenir Québec.

En principe, il faudrait que le Parti québécois se retrouve au troisième rang dans les intentions de vote pour que les deux principaux partis d’opposition considèrent sérieusement l’occasion de dissoudre l’Assemblée nationale.

La tempête parfaite

Où le Québec politique en sera-t-il dans un an?

Selon l’idéal de chacun :

  • François Legault aura peaufiné son « Projet Saint-Laurent »,
  • Philippe Couillard aura remodelé son parti,
  • Françoise David aura redonné de la visibilité à Québec solidaire,
  • Jean-Martin Aussant aura des candidats dans presque toutes les circonscriptions,
  • et Pauline Marois aura présenté un budget équilibré.

Évidemment, ces chefs politiques n’atteindront pas nécessairement leurs objectifs (présentés sous une forme simplifiée, je le précise).

Néanmoins, le gouvernement Marois fera tout ce qui est en son pouvoir pour déposer un budget qui affiche un déficit zéro. Il faudrait une grave crise économique pour empêcher ça. Le gouvernement Marois a fait la preuve qu’il est prêt à sacrifier beaucoup pour atteindre cet objectif : CPE, aide sociale, universités, recherche. Les exemples de compressions budgétaires dans des secteurs politiques névralgiques montrent sa détermination absolue. De toute évidence, le prix politique importe peu. Il est considéré comme secondaire par rapport au respect du principe de l’équilibre budgétaire.

Tous les partis se préparent à un échéancier pour des élections au printemps 2014. À ce moment, dans la foulée du deuxième budget de Nicolas Marceau, les conditions pour la tempête parfaite pourraient bien être réunies. Une vague de pancartes électorales pourrait alors déferler sur le Québec.

13 mois et 13 jours

C’est tout de même assez long. C’est beaucoup d’éternités en politique.

À quoi s’attendre?

Bien sûr, c’est le gouvernement Marois qui aura le bénéfice de l’initiative. Les partis d’opposition mettront les bouchées doubles pour assurer leur organisation et aussi pour contrecarrer, en fonction de leurs intérêts, les initiatives des troupes péquistes.

À vol d’oiseau, il y a trois dossiers législatifs qui devraient occuper l’espace politique. Le projet de loi 14 sur la Charte de la langue française (en période de consultations), la Charte de la laïcité (à venir) et les ressources naturelles (un projet de loi sur les mines au printemps, une politique énergétique peut-être au printemps, un projet de loi sur les hydrocarbures peut-être à l’automne, sans oublier les redevances minières à très court terme).

Ces trois dossiers ont un formidable potentiel explosif.

Ce gouvernement en quête d’une majorité tentera d’arrondir les angles sans perdre sa base, tandis que les partis d’opposition devront mesurer l’ampleur des dommages que causeront leur refus ou leur appui à ces projets.

Ajoutons à cela tous les dossiers d’actualité qui viendront pimenter la vie politique, avec en fond de toile les corrosives relations Québec-Ottawa et un contexte économique incertain.

La réalité

  • Pauline Marois est parvenue à se tailler un considérable taux d’insatisfaction,
  • Philippe Couillard hérite d’un parti soupçonné des pires vilenies,
  • François Legault se tricote un projet ceinture fléchée environnemental pour proposer autre chose que l’austérité aux Québécois,
  • Françoise David cherche à regagner l’attention des Québécois et d’Amir Khadir, dont l’enthousiasme semble s’être refroidi,
  • Jean-Martin Aussant s’est gagné un salaire, à défaut d’un siège à l’Assemblée nationale.

Ces réalités politiques ont quand même un effet rassurant. Les Québécois et leurs dirigeants politiques paraissent au diapason sur au moins un point : personne n’est prêt pour des élections à court terme.

Catégorie: Québec

Cha-cha-cha ou écoute?

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 publié le 13 février 2013 à 17 h 47

Après avoir annoncé des compressions de 63 millions de dollars dans les fonds de recherche au Québec, le gouvernement Marois se ravise. Les compressions ne seront pas de 63 millions, mais de 36 millions et demi.

Dans « l’arène politique », les interprétations s’affrontent :

Pauline Marois affirme que les compressions annoncées initialement étaient trop importantes, que son gouvernement est à l’écoute de la société et qu’il est capable d’entendre et de s’ajuster.

L’opposition, elle, tire à boulets rouges. Le gouvernement danse le cha-cha-cha, un pas en avant, un en arrière. Le gouvernement improvise, il ne sait pas où il s’en va.

D’où la question : qu’attendez-vous de votre gouvernement?

Il est évident qu’on s’attend à ce que le gouvernement pèse, soupèse et repèse le poids et les conséquences de ses décisions. Il a les moyens, le temps et l’expertise pour le faire. Alors, on se dit que l’annonce d’aujourd’hui confirme qu’il avait mal fait ses devoirs à la base.

Mais quand un gouvernement fait une erreur, que devrait-il faire? Persister, quitte à amplifier l’erreur, ou faire amende honorable, faire un acte de contrition et avouer sa gaffe? L’opposition devrait-elle accepter les excuses ou taper sur le clou?

Qu’en pensez-vous?

Catégorie: Québec

La contre-attaque

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 publié le 10 février 2013 à 7 h 45

Huit jours après la rencontre entre Pauline Marois et Stephen Harper, le ministre Bernard Drainville a relancé le combat contre Ottawa sur le terrain de l’assurance-emploi.

Bernard Drainville, qui s’adressait samedi aux délégués du Parti québécois à Drummondville à titre de nouveau responsable de la campagne de financement, s’est livré à une charge sans merci pour dénoncer le gouvernement fédéral qui veut, selon lui, « vider les régions du Québec » avec sa réforme de l’assurance-emploi.

Vendredi dernier, le 1er février, à l’issue de sa rencontre avec Stephen Harper, Pauline Marois avait vécu un mini-désastre au plan des relations publiques.  La première ministre s’était retrouvé dans la pénible situation d’expliquer la position de son homologue.

En apparence, Stephen Harper s’était montré conciliant avec Pauline Marois en évoquant une application souple de la réforme de l’assurance-emploi.  En réalité, il n’avait rien cédé et, depuis, il n’a jamais pris la peine d’évoquer en public cette éventuelle souplesse administrative.

La manœuvre, combinée à la réaction de Mme Marois, a temporairement neutralisé Québec qui a été contraint de réévaluer ses stratégies.

La contre-attaque de Bernard Drainville a été impitoyable, efficace et… marquée par la résignation. Le ministre estime que le résultat de cette lutte est prévisible : Ottawa ne reculera pas.

Selon M. Drainville, cet échec prévisible de Québec pourrait devenir un argument supplémentaire pour convaincre les Québécois de l’intérêt de devenir souverains.

Catégorie: Québec

Les châteaux en Écosse

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 publié le 5 février 2013 à 9 h 47

Il n’est pas facile de deviner ce que Pauline Marois croyait obtenir de sa rencontre avec son homologue écossais. Il est clair toutefois qu’elle avait évalué qu’elle y trouverait son profit. Or, c’est au rang des pertes qu’atterrit cette mission.

Le revers est désagréable. Une petite humiliation qui met du rouge aux joues et qui devrait réduire les ambitions des prochaines aventures internationales de ce gouvernement.

La première ministre avait pourtant bien fait les choses en France. Peut-être que ce succès a rendu son équipe plus téméraire, et que ce voyage en Écosse a été mal calibré. Certains ont parlé de naïveté. Précédée par des diplomates canadiens et des fonctionnaires britanniques, l’équipe québécoise devait savoir qu’elle se trouverait en terrain miné.

Harper, Marois et l’assurance-emploi

Le passage impromptu de Stephen Harper vendredi à Québec a bousculé l’agenda chargé de Pauline Marois.

Revenue d’Europe mercredi, la première ministre tenait caucus les deux jours suivants à l’Estérel, mais elle a été contrainte de revenir plus tôt que prévu à Québec pour participer à une annonce et surtout une rencontre avec le premier ministre canadien.

Après une réunion d’une quarantaine de minutes entre les deux chefs de gouvernement, Pauline Marois a tenu, un peu avant 17 h à Lévis, sa seconde conférence de presse de la journée. Elle paraissait fatiguée, ce qui était parfaitement compréhensible, et elle semblait vaguement en colère. Mme Marois affichait une humeur bien plus sereine quelques heures plus tôt.

Pauline Marois a peut-être réalisé, au moment où elle répondait aux questions des journalistes, jusqu’à quel point la situation dans laquelle elle se trouvait était désagréable.

Il se dégage de cette rencontre que Stephen Harper s’est engagé auprès de Mme Marois à appliquer de manière souple la réforme de l’assurance-emploi. M. Harper lui a dit qu’il ne veut pas empêcher les chômeurs fréquents de percevoir des cotisations et qu’il ne veut pas vider les régions où le travail saisonnier est répandu.

Un point de vue inédit, nouveau. Jusqu’à présent, le gouvernement Harper n’avait montré aucun signe de souplesse dans ce dossier.

Et chose très étrange, c’est Pauline Marois, la première ministre de la province où on compte 40 % des chômeurs fréquents du pays, qui a été contrainte de porter son message. Ainsi, Stephen Harper parvient à envoyer un signal d’ouverture, sans s’exposer et sans fléchir publiquement, au moment où les manifestations se multiplient dans l’est du pays. En outre, il place, au moins temporairement, le gouvernement du Québec sur les lignes de côté, en l’invitant à patienter avant de juger les effets réels de la réforme.

Grâce à cette rencontre, Stephen Harper paraît avoir atteint certains objectifs, et Pauline Marois a été utilisée, malgré elle, par le premier ministre.

Elle avait de quoi être maussade.

Les relations Québec-Ottawa

Avec la gouvernance souverainiste, c’est le gouvernement péquiste qui devrait avoir l’initiative dans les relations Québec-Ottawa. Ça viendra, promet la première ministre Marois.

L’assurance-emploi pourrait faire partie des revendications de Québec, même si Stephen Harper a fermement exclu cette possibilité, sans débattre davantage. Une attitude qui donne une bonne idée de la façon dont le premier ministre accueillera la gouvernance souverainiste. Cela pourrait faire tomber à plat les débats que voudrait susciter le gouvernement Marois.

D’ici là, Québec évalue les impacts financiers qui découlent des décisions prises à Ottawa, que ce soit pour l’assurance-emploi,  les prisons ou le registre des armes d’épaule.

Coincé dans ses livres de compte, menotté par les partis d’opposition, le gouvernement Marois a très peu de marge de manœuvre pour réclamer, obtenir et assumer financièrement de nouveaux pouvoirs.

Que ce soit sur le plan des relations internationales et des relations avec Ottawa, ou même pour la gestion interne du Québec, le gouvernement minoritaire de Pauline Marois ne paraît pas avoir les moyens de ses ambitions, malgré qu’elles soient relativement modestes.

Les rêves deviennent fragiles devant certaines réalités.

Il y a bel et bien des châteaux en Écosse, mais le Québec n’a pas nécessairement les moyens d’y habiter.

Catégorie: Québec

Un premier ministre indépendant

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 publié le 30 janvier 2013 à 21 h 48

Pauline Marois revient d’Europe. Elle pense avoir rassuré les milieux d’affaires à Davos et à Londres. Elle rapporte dans ses bagages un investissement de 6 millions de dollars de l’entreprise Framestore à Montréal. Ce n’est pas énorme comme résultats concrets, mais elle laisse entendre que ce n’était pas le but du voyage.

Là où il y a peut-être une pointe de déception, c’est dans le bilan de sa rencontre avec le premier ministre écossais Alex Salmond. La première ministre a beau parler de « rencontre historique » et « fructueuse », elle a beau se réjouir que l’entretien ait duré 45 minutes plutôt que 30, on se demande si elle n’en met pas plus que le client en demande.

On peut parler de liens économiques et culturels ou d’environnement avec n’importe quel chef de gouvernement. C’est dans l’ordre des choses. Mais quand un premier ministre péquiste rencontre un premier ministre écossais souverainiste ou un politicien catalan souverainiste, on s’attend à plus. Après tout, ils ont les mêmes ambitions : faire de leur nation, un pays.

La discrétion affichée par Alex Salmond (seulement deux photos de l’entretien, pas de commentaire autre qu’un communiqué laconique) laisse perplexe.

Sur la forme, nos collègues écossais nous disent que M. Salmond cherche la publicité, en particulier celle qui le montre comme un chef d’État. Alors pourquoi cette occasion ratée?

Sur le fond, on comprend que M. Salmond veut un « modèle écossais » pour faire l’indépendance et refuse « l’aide extérieure ». Sinon, pourquoi n’a-t-il pas demandé les documents référendaires du Québec que Mme Marois était prête à lui donner? Peut-être ne voulait-il pas avoir de lien avec ces deux échecs des souverainistes québécois? Aussi, pourquoi, lors de cette rencontre, l’Écosse et le Québec n’ont-ils pas signé un accord de coopération, comme le Québec l’a fait avec la Catalogne?

La presse écossaise décrit Alex Salmond comme un politicien habile :  il a négocié la tenue du référendum avec Londres et il est, semble-t-il, rarement pris au dépourvu, même si parfois il défend des positions contradictoires.

On peut penser qu’il a réfléchi aux conséquences que pouvait avoir, pour lui, sa rencontre avec Pauline Marois. Après tout, Mme Marois avait affaire à un premier ministre indépendant.

Catégorie: Québec

Mission : rassurer

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 publié le 27 janvier 2013 à 7 h 49

Accompagner un premier ministre en mission à l’étranger est un exercice très agréable. Par exemple, je vous écris aujourd’hui de Londres où Pauline Marois passe trois jours. Nos journées sont longues, il faut faire des reportages aux téléjournaux dès 8 h, aux radiojournaux dès 9 h, monter un reportage télé et un reportage radio, mais personne ne se plaint. Qui peut se plaindre en fait d’être à Londres!

Mais avant notre départ, une question nous chicotait. Pourquoi? Pourquoi Pauline Marois est-elle allée au Forum économique mondial de Davos en Suisse et pourquoi va-t-elle ensuite au Royaume-Uni. D’autant qu’en regardant son horaire à Londres, on se disait que ce voyage n’allait pas rapporter grand-chose. Elle n’a qu’une seule activité publique en fin de semaine, la visite d’un gratte-ciel, le Shard. C’est bien beau, mais qu’est-ce que ça rapporte au Québec?

La première ministre nous a toutefois donné un début d’explication samedi quand elle a laissé entendre que les investisseurs avaient exprimé des préoccupations après l’arrivée de son parti au pouvoir. C’est pour ça en grande partie qu’elle est allée à Davos. Elle n’y a rien rapporté de très spectaculaire. Une entente entre Boeing et une compagnie québécoise pour un projet d’hydrolienne, des turbines qui utilisent la force des marées ou du courant pour produire de l’électricité.

Mais c’est en coulisse qu’elle s’est activée. Elle a rencontré des représentants de multinationales, comme Alcoa, Tata, ArcelorMittal, pour leur dire que le Québec était ouvert pour faire des affaires. Elle leur a parlé de crédits d’impôt sur les investissements de plus de 300 millions dans les mines ou le commerce en gros. Elle leur a dit que l’électricité était bon marché au Québec. Elle devrait faire la même chose devant la Chambre de commerce Canada-Royaume Uni lundi.

Ce besoin de rassurer démontre que les investisseurs sont prudents et que quand « l’argent parle » ils cherchent la stabilité.

Mme Marois croit les avoir convaincus qu’il fait bon investir au Québec. On pourra juger si l’investissement qu’elle a fait en temps et en énergie rapportera seulement quand les contrats seront signés.

Catégorie: Québec

Budget automnal

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 publié le 5 novembre 2012 à 16 h 49

La décision est prise. Le premier budget du gouvernement Marois sera présenté le 20 novembre.

Historiquement, c’est un fait rare, les budgets sont presque toujours présentés au printemps.

Depuis 1950, les gouvernements québécois n’ont présenté des mesures budgétaires à l’automne que cinq fois : trois budgets en bonne et due forme et deux énoncés budgétaires, des minibudgets. Une autre fois, en 1970, quelques semaines après avoir gagné les élections, Robert Bourassa était sorti de la « norme », en présentant un budget le 18 juin.

Pauline Marois est en territoire connu. La dernière fois qu’un budget a été présenté en automne au Québec, c’était le 1er novembre 2001. Le gouvernement répondait aux inquiétudes provoquées par les attentats du 11 septembre. Qui était ministre des Finances? Eh oui!  Pauline Marois.

Cette fois, deux raisons expliquent la décision du gouvernement.

D’abord, le contexte économique. Le gouvernement affirme que les finances publiques sont en moins bon état qu’il pensait. L’écart entre les revenus et les dépenses se creuse selon la première ministre. Dans un communiqué, le ministre des Finances Nicolas Marceau affirme qu’attendre le printemps ne ferait que retarder la mise en oeuvre des actions nécessaires pour redresser les finances publiques.

Il y a aussi le contexte politique. Le gouvernement est minoritaire. Un vote sur le budget peut le renverser. Les partis d’opposition menacent de voter contre le budget s’il contient des augmentations d’impôt. Or, c’est exactement ce que prévoit la proposition du gouvernement sur la contribution santé. Mais le PLQ n’a pas de chef. Le gouvernement fait sûrement le calcul que sans chef, le Parti libéral ne le renversera pas.

Voilà pourquoi il y aura un budget cet automne. Nicolas Marceau promet qu’il sera équilibré. Avec le sombre tableau qu’il a peint des finances publiques, on se demande bien comment il va y arriver.

Catégorie: Québec

Intégrité, intégrité, intégrité

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 publié le 31 octobre 2012 à 20 h 08

Faute d’une majorité, le gouvernement Marois s’est rabattu sur les sujets qui peuvent faire consensus. L’intégrité est devenue LA valeur refuge de ce gouvernement. C’est normal, les partis d’opposition ne pourront formuler d’objections de principe et la population aura, chaque jour, de plus en plus soif de justice et d’intégrité avec le défilé des témoins à la commission Charbonneau. Ce gouvernement aura compris que les attentes des citoyens à son égard risquent fort d’être fondées sur sa capacité à nettoyer les écuries de l’État.

Les finances publiques sont un point sensible, mais le gouvernement parvient surtout à afficher son incertitude au plan des moyens. Peut-être un budget avant Noël, peut-être pas. Comme si le ministère des Finances et son ministre, Nicolas Marceau, n’avaient pas statué sur leurs intentions avant le prononcé du discours d’ouverture. C’est une occasion manquée. Une autre.

C’est plus clair lorsqu’il s’agit des ressources naturelles, particulièrement en ce qui a trait à l’exploitation du pétrole. Pauline Marois est d’une clarté sans précédent en affirmant la volonté d’exploiter cette ressource. Cela correspond à ce qui est entendu depuis un moment au sein du Parti québécois et ça s’inscrit parfaitement dans un discours vieux d’un an de Bernard Drainville qui prônait l’exploitation du gisement d’Old Harry dans le golfe du Saint-Laurent. Et puis, le gouvernement Marois pourrait gagner à cet égard l’oreille attentive des partis d’opposition.

Les questions identitaires feront l’objet de consultations extensives. Ça occupera les commissions parlementaires, mais il est difficile de percevoir ce qui pourrait en résulter concrètement. Il y aura une nouvelle loi 101, mais il n’est pas clair ce qu’il en restera après négociations avec les partis d’opposition.

En matière de solidarité, il est question de médecins de famille, de soins aux aînés et de CPE. Et une flopée de politiques éventuelles en matière de santé et de services sociaux complètent le menu.

C’est un itinéraire apparemment ambitieux. Néanmoins, les réalités politiques risquent de réduire tout ça à un bien petit dénominateur commun, soit l’intégrité et l’exploitation des ressources naturelles. Pour le reste, le gouvernement tentera de se protéger contre lui-même et de se prémunir des mauvaises nouvelles économiques pour assurer un contrôle serré des finances publiques.

Il reste que si ce gouvernement parvenait réellement à donner plus de droiture au fonctionnement des institutions publiques, il n’est pas impossible que les Québécois lui en soient longuement reconnaissants.

Catégorie: Québec

Pas si vite, prenez votre numéro…

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 publié le 18 septembre 2012 à 12 h 23

Avant même que Pauline Marois ne devienne officiellement première ministre, en fait, ni même députée, deux ministres conservateurs du Québec se sont bousculés pour lui faire face dans des dossiers chauds au Québec.

Le ministre fédéral de l’Industrie, Christian Paradis, est allé se donner un beau rôle dans sa circonscription avec une manne de 50 millions de dollars, un fonds de transition pour la région, destiné à compenser la fermeture de la dernière mine d’amiante. Une fermeture dont il rejette la responsabilité, par anticipation, sur Pauline Marois.

Le ton du ministre Paradis était révélateur, tout comme les mots, lui qui a entre autres tourné en dérision l’exercice « pédagogique » et « académique » auquel veut se livrer Mme Marois pour relancer la région de l’amiante, une fois qu’elle aura annulé le prêt de 58 millions de dollars à la mine Jeffrey. 

Le Canada ne s’opposera plus à l’inscription de l’amiante sur la liste des produits dangereux sur la scène internationale, dit M. Paradis. Il ajoute toutefois que c’est la faute de Mme Marois, qui s’apprête à décréter la fermeture de la mine Jeffrey. Aucune raison, il est vrai, de douter de l’intention de Mme Marois de remplir son engagement électoral, un engagement qui la place du même côté de la clôture de la santé publique que la quasi-totalité des experts, y compris ceux de Santé Canada, qui demandent depuis 2006 au gouvernement Harper de ne plus soutenir l’amiante à bout de bras.

M. Paradis en a remis un peu hier matin aux abords du caucus conservateur. Après son « business as usual » du lendemain de l’élection québécoise, il ajoutait : « Un Québec fort dans le domaine économique, le gouvernement qui est ici va être preneur pour ça, mais pour le reste des dossiers, on ne sera pas là ». Ouch… une chance que Mme Marois n’avait pas encore les doigts près de la poignée de la porte, car elle vient de claquer fort.

Et c’est ensuite avec « fierté », presque exubérance, que son collègue Maxime Bernier a annoncé que le gouvernement Harper en appellerait du jugement Blanchard, lui ordonnant de conserver et de remettre au Québec sur demande les données québécoises du registre des armes d’épaule. C’était évidemment écrit dans le ciel que MM. Harper et Toews n’entendaient pas reculer sur un engagement aussi cher à leurs yeux. Juste intéressant que l’annonce de l’appel tombe dans la cour d’un des ministres québécois, qui l’a fait avec un enthousiasme débordant.

Dire qu’on scrutait la plateforme du PQ pour tenter de prévoir sur quel enjeu Pauline Marois « provoquerait » les premières frictions avec le gouvernement Harper! C’était sans compter sur deux ministres du Québec heureux, même un peu empressés, d’en découdre.

Catégorie: Ottawa

Québec 2012 Jour 17 – L’affrontement

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 publié le 18 août 2012 à 18 h 18

Jean Charest se trompe probablement lorsqu’il affirme qu’il sera la cible de toutes les attaques lors des débats télévisés. Bien sûr, il ne sera pas épargné. Face à un bilan de neuf ans, un vaste choix de sujets s’offre à ses adversaires et ceux-ci ne rateront pas l’occasion. Le rôle de Jean Charest, dans la perspective de ses adversaires, est celui d’un tremplin vers le pouvoir. À pieds joints, ils sauteront sur ce « tremplin » dans l’espoir de prendre un peu d’altitude avant le plongeon du 4 septembre.

Le chef libéral misera sur l’économie et dans une moindre mesure, sur la stabilité, en référence au conflit étudiant, mais aussi à la tenue d’un référendum sur la souveraineté. Sur le plan stratégique, il y a une petite incertitude : aura-t-il l’attitude d’un premier ministre sortant qui se place au-dessus de la mêlée ou descendra-t-il dans l’arène pour attaquer directement ses adversaires? Un peu des deux, sans doute. Néanmoins, si on se fie aux publicités libérales et aux récentes déclarations du chef, Jean Charest sera en mode offensif et multipliera les contre-attaques.

François Legault sera confronté pendant ces débats au même dilemme avec lequel il a dû conjuguer durant la campagne. Il doit montrer qu’il propose un véritable changement. En contrepartie, ce changement ne doit pas apparaître trop douloureux et exiger trop de sacrifices. Les perturbations engendrées par les bouleversements qu’il propose et le coût de ses engagements électoraux seront son talon d’Achille. Sa force sera l’effet de nouveauté.

Françoise David, c’est le côté blé entier de Québec solidaire, et c’est pour ça que le parti l’a choisi, plutôt qu’Amir Khadir, pour participer à ce débat. Mme David est là pour se montrer rassurante et pour expliquer le plus simplement possible son programme à des électeurs qui le connaissent peu. Ce débat est une occasion en or pour Québec solidaire et pour sa coporte-parole qui mène une bataille acharnée dans Gouin pour vaincre le péquiste Nicolas Girard.

Pauline Marois doit faire la preuve qu’elle a la trempe pour devenir première ministre. C’est son principal défi. Pour le reste, elle jouera de prudence et tentera d’esquiver les attaques sur la tenue d’un référendum sur la souveraineté. Elle doit aussi s’assurer d’avoir le ton juste et d’employer le vocabulaire approprié sur les délicates questions identitaires. Le Parti québécois est en tête selon les sondages, donc c’est probablement Pauline Marois qui sera la cible des principales attaques. Quoique Jean Charest ne négligera pas François Legault qui paraît faire des gains au détriment du PLQ.

Catégorie: Élections Québec, Québec, Québec 2012