Billets classés sous « MacKay »

Plan d’action ou de réaction?

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 publié le 8 mai 2013 à 12 h 34

Décidément, pour la troisième fois en moins de deux semaines, le gouvernement Harper doit annoncer des mesures (déjà annoncées) pour calmer le jeu dans un dossier placé sous les projecteurs par l’actualité. Maxime Bernier et sa collègue du revenu, Gail Shea, parlent de « nouvelles mesures » pour traquer les utilisateurs de paradis fiscaux.

Ils se sont présentés ce midi dans le foyer de la Chambre, une semaine après que le vérificateur général, encore lui, eut révélé que l’Agence de Mme Shea cherchait encore à collecter 29 milliards de dollars en impôts et taxes détectés et non contestés, mais surtout un mois après que mes collègues d’Enquête eurent dévoilé l’existence de données sur des dizaines de milliers de personnes qui tentent d’éviter le fisc de leurs pays respectifs, dont 450 Canadiens.

Après avoir en vain réclamé les données de Radio-Canada, puis du consortium international de journalistes d’enquête qui les a en main, Mme Shea s’est résolue à faire une annonce formelle de « nouvelles mesures »… contenues dans le dernier budget Flaherty.

Elle suivait les traces de MM. Kenney et MacKay. Le premier avait au moins le mérite d’admettre que les révélations au sujet de l’utilisation douteuse de travailleurs temporaires étrangers par la RBC n’étaient justement pas « étrangères » à son annonce d’ajustements au programme. Il faut aussi préciser que le gouvernement Harper avait le programme dans sa ligne de mire depuis quelques mois, à la suite d’autres informations sur son utilisation hors-norme. Il reste que le moment est opportun, puisqu’on réduit la pression des dénonciations sur le gouvernement.

Peter MacKay est moins humble que son collègue Kenney. Comme dans le cas des chasseurs
F-35 l’an dernier, M. MacKay fait comme si le rapport du vérificateur général, encore lui, sur le système de recherche et de sauvetage en perdition n’était pour rien dans son annonce de nouvelles mesures deux jours après le dépôt du rapport en question. Il est vrai que les mesures prises par M. MacKay ne règlent en rien les graves lacunes soulevées par son ami Michael Ferguson, mais sa sortie, à Halifax, après deux jours de hauts cris en Chambre et dans l’Atlantique, visait là aussi à calmer le jeu.

Ces trois dossiers sont, à part l’élection de Justin Trudeau à la tête des libéraux, les dossiers qui ont fait le plus jaser sur la colline du Parlement, mais aussi dans tout le pays au cours du dernier mois. Le gouvernement Harper pouvait difficilement les ignorer et voyait bien qu’il fallait réagir.

Réaction, réaction, réaction, c’est là le défi dont je parlais dans un blogue récent sur les deux ans du gouvernement Harper et la nécessité pour lui de reprendre l’initiative du débat public pour relancer son gouvernement. À noter qu’en plus des trois dossiers mentionnés ci-haut, l’arrivée de M. Trudeau place aussi pas mal le gouvernement Harper en mode réaction à ce qu’on peut voir sur la place publique.

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Les coûts des F-35 : nouveau report

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 publié le 22 novembre 2012 à 18 h 53

Je vous invitais à la rentrée parlementaire à la plus grande patience au sujet de l’engagement du gouvernement Harper de fournir, 60 jours après les estimations américaines, une mise à jour des coûts des chasseurs F-35. La ministre Rona Ambrose avait déjà dilué l’engagement en affirmant qu’il fallait en fait une évaluation indépendante en plus des documents américains.

Je vous épargne le calendrier des reports et des rapports pour vous dire que la plus récente échéance, fin-novembre, vient d’être encore une fois remise au 7 février prochain. Par qui? Par la majorité conservatrice au Comité des comptes publics qui déposait mercredi son rapport accompagné d’opinions dissidentes des deux partis d’opposition.

Le 7 février, 10 mois se seront écoulés depuis la publication du rapport-choc du vérificateur général qui montrait que le gouvernement avait sciemment caché une bonne partie des coûts des F-35, plus de 10 milliards de dollars en fait.  Le gouvernement avait publié le jour même son fameux plan en sept points, créant le Secrétariat des F-35, devenu depuis le Secrétariat national d’approvisionnement en chasseurs. Ottawa avait aussi promis la fameuse mise à jour des coûts, les vrais cette fois. Le gouvernement faisait presque un mea culpa, sauf Peter MacKay qui comparait l’achat d’un avion de chasse à celui d’une fourgonnette.

Bref, prochaine date à encercler sur le calendrier : le 7 février 2013. En attendant, notez que le vérificateur général australien vient de publier son évaluation actuelle des coûts par appareil : 131,4 millions de dollars en 2012. Un prix unitaire qui descendra au fur et à mesure que la production s’accroîtra. Le gouvernement Harper parlait officiellement de 70 à 75 millions par appareil lors de son annonce de juillet 2010, mais on sait maintenant qu’il ne nous disait pas tout.

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F-35 : un autre grand classique…

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 publié le 1 novembre 2012 à 12 h 55

Les annonces faites le vendredi dans les dossiers controversés ne surprennent plus sur la colline du Parlement. Il faut dire que cette fois, le gouvernement Harper n’a pas attendu la fermeture des bureaux. C’est un peu avant l’heure du midi que le Secrétariat national d’approvisionnement en chasseurs – oui, oui, celui que le gouvernement avait initialement appelé le Secrétariat du F-35 le jour même de la publication du rapport dévastateur du vérificateur général, en avril – a annoncé une autre étude sur le sujet. Je dis « une autre » parce qu’après deux appels d’offres, on a déjà passé un contrat de 643 000 $ avec KPMG pour obtenir une mise à jour indépendante du coût du programme, j’en avais parlé début septembre.

Dans ce cas-ci, on demande à une firme qu’on va engager en décembre pour au plus 200 000 $ un « examen indépendant des mesures prises jusqu’en juin 2012 dans le cadre du processus de remplacement des appareils CF-18 ». Ah bon, je pensais que c’est exactement ce que le Vérificateur général avait fait jusqu’au dépôt de son rapport du 3 avril.

Est-ce que la nouvelle étude ne couvre que la période du 3 avril à juin? On précise dans le communiqué que la nouvelle étude « ne vise pas à remettre en question le travail du vérificateur général, car le gouvernement a accepté ses constatations et sa recommandation ». Remarquez que ce n’est pas ce que j’avais compris en écoutant Peter MacKay…  J’ai posé la question au Secrétariat — ou à Travaux Publics Canada, car il ne semble pas y avoir de mur entre les deux — et on répond qu’il n’y a « pas de date de départ prescrite ». C’est la firme qui fera l’examen qui décidera des documents requis pour se pencher sur « les deux premières phases et les six étapes énoncées dans le rapport du vérificateur général ».

La conclusion qui s’impose : on va en effet revenir sur le travail fait par le vérificateur général, puisque les deux premières phases dont parle la nouvelle commande ont commencé respectivement en 1997 et en 2006 et sont amplement couvertes, et critiquées, dans son rapport.

Il faut croire que le vérificateur général n’était pas encore assez clair dans le rapport qui, lui, n’a rien coûté au gouvernement. À moins que quelqu’un, quelque part, ne veuille acheter du temps? En tout cas, depuis qu’on commence à soupçonner les vrais coûts des F-35 et qu’on suit le développement de l’appareil, on se rend compte que les coûts grimpent encore, les difficultés techniques continuent d’apparaître et, surtout, les pays participants et futurs acheteurs remettent en question leur engagement à les acquérir, quand ils n’ont pas déjà réduit leur commande.

La prochaine étape, qui pourrait arriver ce mois-ci, est le dévoilement de la mise à jour des coûts promise pour juillet, mais qu’on a retardé sous prétexte qu’on voulait une autre étude indépendante là-dessus.

Catégorie: Ottawa

Peter MacKay et la nouveauté

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 publié le 13 avril 2012 à 14 h 09

Peter MacKay doit se dire qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. C’est avec cette attitude pleine de détermination qu’il défendait plus tôt cette semaine à Halifax le plan en sept points de son gouvernement pour revoir la gestion du projet d’acquisition des chasseurs F-35.

Davantage de supervision, de discussion et de transparence pour le Parlement et les Canadiens, disait le ministre, compte tenu de la « nouvelle » façon de comptabiliser l’ensemble des coûts des grands projets d’acquisition d’équipements militaires déterminée par le vérificateur général dans son rapport dévastateur de la semaine dernière.

Nouvelle façon? M. MacKay a indiqué de différentes manières qu’il s’agit d’une nouvelle méthode ou façon de faire des affaires, d’une nouvelle façon de calculer ou encore de nouveaux critères. Décidément, le nouveau VG Michael Ferguson innove dès son premier rapport!

En point de presse, M. MacKay souligne qu’il est prêt à se soumettre au souhait du VG de présenter l’ensemble des coûts, en tenant compte des salaires du personnel, du carburant… et même des lacets de bottine.

Voulant sans doute se faire pédagogue, il demande à une ex-collègue de la colline d’Ottawa maintenant à Halifax si, en achetant sa nouvelle fourgonnette, elle budgéterait, en plus des 20 000 $ de la facture à l’achat, les pleins d’essence, l’huile, le lave-vitre pour les 15 à 20 années de durée de vie du véhicule… et un salaire pour elle-même comme conductrice, tant qu’à y être. Wow, quand et où Peter MacKay trouvera-t-il une fourgonnette qui va durer de 15 à 20 ans, me direz-vous? C’est qu’il voulait une durée qui approche le cycle de vie des chasseurs F-35, pour faciliter la comparaison.

Pour ce qui est de la nouveauté imposée par le nouveau VG,  le rapport de Michael Ferguson prend plutôt le relais de celui de Sheila Fraser  à propos des achats d’hélicoptères Cyclone et Chinook, publié en 2010. Mme Fraser y déplorait que « les coûts liés à des éléments clés comme le soutien en service et le personnel aient été omis ». Pour le Chinook, elle disait qu’il fallait s’assurer « que des fonds suffisants soient disponibles à long terme », parce que la « Défense nationale créait une nouvelle capacité en partant de zéro »! 

Ça ne vous rappelle pas un certain avion de chasse?

Deux recommandations de Mme Fraser que je résume : la Défense doit prendre exemple sur les hélicoptères pour s’assurer que pour les prochains grands projets, « l’ampleur des modifications ou des travaux de développements » soit prise en compte dans l’évaluation des risques, du calendrier et… des coûts. Elle ajoute que la Défense nationale devrait commencer à estimer les coûts liés au cycle de vie complet et présenter ces coûts aux décideurs. Dans les deux cas, la Défense nationale a coché la case « Recommandation acceptée ».

En fait, on comprend à la lecture du rapport Ferguson que ces recommandations et les étapes du processus d’acquisition ont été suivies d’une certaine façon, un peu à la sauvette dans certains cas, escamotées dans d’autres, certainement pas dans l’ordre prévu, et que les communications sur le dossier étaient à la va-comme-je-te-pousse entre le ministère et le gouvernement, et ensuite entre le gouvernement, le Parlement et le public. Mais bon… on a maintenant un plan en sept points pour gérer les « nouvelles » exigences.

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