Jean Charest se trompe probablement lorsqu’il affirme qu’il sera la cible de toutes les attaques lors des débats télévisés. Bien sûr, il ne sera pas épargné. Face à un bilan de neuf ans, un vaste choix de sujets s’offre à ses adversaires et ceux-ci ne rateront pas l’occasion. Le rôle de Jean Charest, dans la perspective de ses adversaires, est celui d’un tremplin vers le pouvoir. À pieds joints, ils sauteront sur ce « tremplin » dans l’espoir de prendre un peu d’altitude avant le plongeon du 4 septembre.
Le chef libéral misera sur l’économie et dans une moindre mesure, sur la stabilité, en référence au conflit étudiant, mais aussi à la tenue d’un référendum sur la souveraineté. Sur le plan stratégique, il y a une petite incertitude : aura-t-il l’attitude d’un premier ministre sortant qui se place au-dessus de la mêlée ou descendra-t-il dans l’arène pour attaquer directement ses adversaires? Un peu des deux, sans doute. Néanmoins, si on se fie aux publicités libérales et aux récentes déclarations du chef, Jean Charest sera en mode offensif et multipliera les contre-attaques.
François Legault sera confronté pendant ces débats au même dilemme avec lequel il a dû conjuguer durant la campagne. Il doit montrer qu’il propose un véritable changement. En contrepartie, ce changement ne doit pas apparaître trop douloureux et exiger trop de sacrifices. Les perturbations engendrées par les bouleversements qu’il propose et le coût de ses engagements électoraux seront son talon d’Achille. Sa force sera l’effet de nouveauté.
Françoise David, c’est le côté blé entier de Québec solidaire, et c’est pour ça que le parti l’a choisi, plutôt qu’Amir Khadir, pour participer à ce débat. Mme David est là pour se montrer rassurante et pour expliquer le plus simplement possible son programme à des électeurs qui le connaissent peu. Ce débat est une occasion en or pour Québec solidaire et pour sa coporte-parole qui mène une bataille acharnée dans Gouin pour vaincre le péquiste Nicolas Girard.
Pauline Marois doit faire la preuve qu’elle a la trempe pour devenir première ministre. C’est son principal défi. Pour le reste, elle jouera de prudence et tentera d’esquiver les attaques sur la tenue d’un référendum sur la souveraineté. Elle doit aussi s’assurer d’avoir le ton juste et d’employer le vocabulaire approprié sur les délicates questions identitaires. Le Parti québécois est en tête selon les sondages, donc c’est probablement Pauline Marois qui sera la cible des principales attaques. Quoique Jean Charest ne négligera pas François Legault qui paraît faire des gains au détriment du PLQ.

