Billets classés sous « Ignatieff »

Une campagne utile

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 publié le 9 avril 2011 à 12 h 40

Et dire qu’il y a des sceptiques qui croient qu’une campagne électorale est un gaspillage inutile qui ne change rien.

La deuxième semaine de campagne s’achève à peine et déjà on a réglé une question qui risquait de déboucher sur une confrontation majeure entre les provinces et Ottawa au cours des deux prochaines années : l’Accord sur la santé.

En quelques heures à peine, vendredi, tous les partis se sont engagés à maintenir la hausse annuelle de 6 % du transfert canadien en matière de santé. Cette entente négociée par Paul Martin en 2004 prend fin en 2014 et doit être négociée. Aucun parti national n’osait, jusqu’à vendredi, s’engager à renouveler l’entente avec les provinces en maintenant la hausse négociée péniblement en 2004.

C’est Michael Ignatieff qui a ouvert le bal à Hamilton vendredi matin en annonçant qu’« un gouvernement libéral maintiendra l’actuel facteur de progression de 6 % après 2014 ».

Cette décision libérale a sans doute eu son effet et a forcé la main de Stephen Harper, puisque le premier ministre affirmait plus tard, en réponse à une question, qu’un futur gouvernement conservateur allait maintenir la hausse de 6 %.

Pourtant, dans la plateforme électorale qu’il dévoilait hier, on ne retrouve pas cet engagement. On y promet plutôt de « collaborer avec les provinces pour renouveler l’Accord sur la santé ».

Jack Layton emboîtait le pas quelques heures tard, tandis que Gilles Duceppe se disait d’accord avec cet engagement. Il y a sûrement soupir de soulagement dans plusieurs capitales provinciales. Mais il y aura toujours des sceptiques pour rappeler qu’il ne s’agit là que de promesses électorales.

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Des promesses, des promesses

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 publié le 4 avril 2011 à 12 h 47

C’est bien connu, en campagne électorale, « on n’est pas avare de promesses ». Il y a d’abord les promesses traditionnelles. Ainsi, conservateurs et libéraux nous promettent, s’ils sont élus, d’instaurer un crédit d’impôt pour les pompiers volontaires. Rien de nouveau sous le soleil.

Stephen Harper a cependant trouvé le moyen d’innover en matière d’engagement électoral. Il a en quelque sorte inventé deux genres de promesses conditionnelles.

Les premières sont liées à la lutte contre le déficit. Une fois le déficit zéro atteint, dans quatre ou cinq ans, les conservateurs vont permettre le fractionnement du revenu des familles qui ont des enfants mineurs.

Variante sur le même thème : si et seulement si le gouvernement conservateur obtient un mandat majoritaire, il mettra fin au financement public des partis politiques. Et si le gouvernement est minoritaire, les conservateurs promettent… de ne rien faire! 

Mais M. Harper n’a pas le monopole des idées nouvelles en matière de promesses électorales. Ainsi, dans son livre rouge, Michael Ignatieff s’engage en matière de changements climatiques à réduire de 80 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050 par rapport à leur niveau de 2010.

Ce n’est pas un nouvel engagement pour les libéraux, mais là où ils innovent, c’est qu’ils refusent maintenant de fixer des cibles intermédiaires, parce que, selon un des penseurs du livre rouge, il ne faut pas se donner des cibles non réalistes.  

Jusqu’à la publication du livre rouge, le Parti libéral prônait une réduction de 25 % des GES en 2020. Ils ont maintenant 39 ans pour atteindre leur seul objectif chiffré. Et je ne vous parle pas des promesses dites de Gascon, ces promesses qui ne sont jamais tenues!

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La coalition, une arme à double tranchant

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 publié le 29 mars 2011 à 17 h 29

Il faut être à Regina, dans un magasin d’articles nautiques, en train d’écouter ce qui devrait être une annonce sur les crédits d’impôt pour les PME, pour constater à quel point Stephen Harper n’a pas l’intention de lâcher le morceau sur la coalition.

Sauf que plus il revient à la charge, plus ses propres vulnérabilités sur le sujet refont surface.

Il y a eu la lettre cosignée avec Gilles Duceppe et Jack Layton en 2004.

Et Stephen Harper a beau répéter qu’il n’était pas question de ravir le pouvoir aux libéraux sans élections, de nouvelles interprétations de cette première crise parlementaire minoritaire refont surface.

Dans une entrevue accordée au National Post, l’ancien directeur de campagne et ancien chef de cabinet de Harper, Tom Flanagan, a affirmé que le scénario d’une coalition était bel et bien sur la table. Une affirmation que le principal intéressé a ensuite démentie à l’émission Power and Politics de la CBC.

Et c’est sans compter les commentaires que Stephen Harper a lui-même émis sur le sujet dans le passé et qui viennent de réapparaître sur YouTube.

C’était en 1997, il venait de quitter la politique pour diriger la National Citizens Coalition.

Questionné à ce sujet, Stephen Harper affirme aujourd’hui qu’il parlait « d’unir la droite, de rassembler les progressistes-conservateurs et les réformistes ».

 « Comme chef de mon parti depuis 9 ans, je n’ai jamais tenté de prendre le pouvoir sans une victoire dans une élection, et les autres partis ont tenté ça en 2008. »

Vrai, mais le débat est peut-être plus nuancé que ça. Car il s’agit d’établir si dans le passé il a bel et bien défendu l’idée que l’opposition prenne le pouvoir sans obtenir un mandat en campagne électorale. Il accuse justement ses adversaires de ce genre de complot.

Et… oui… le passé du chef conservateur compte dans ce débat. Ce dernier se permet bien d’invoquer le passé de ses adversaires, répétant qu’on ne peut croire la profession de foi anticoalition de Michael Ignatieff, simplement parce que les libéraux avaient tenté de former une coalition en 2008.

En ce jour 4 de la campagne, la coalition est-elle en train de se révéler une arme à double tranchant pour les conservateurs?

Toujours est-il que Stephen Harper ne peut plus simplement attaquer ses adversaires, il est forcé de défendre sa propre crédibilité sur la question.

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JOUR 3 : Perdre l’initiative

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 publié le 29 mars 2011 à 5 h 28

Occasion ratée par les partis d’opposition hier de maintenir la pression sur Stephen Harper sur la question de la coalition et de garder l’initiative dans cette campagne.

La veille, embarrassé, pressé de questions par les journalistes sur sa volonté de former un gouvernement en 2004 avec l’aide du Bloc et du NPD pour faire tomber le gouvernement Martin, M. Harper avait mis fin abruptement au point de presse.

Pour la première fois, les partis d’opposition avaient réussi à amener Stephen Harper sur leur terrain : on ne peut faire confiance à un chef de gouvernement qui dit une chose un jour et le contraire le lendemain.

Plutôt que de poursuivre l’attaque hier, Michael Ignatieff a choisi de s’en prendre à l’engagement conditionnel (une fois le déficit éliminé, dans quatre ans… si les conditions le permettent!) des conservateurs à l’intention des jeunes familles.

Même si cette « promesse » électorale fait sourciller, c’est du jamais vu. Elle aura permis à Stephen Harper de reprendre l’initiative au cours de la journée, tout en continuant, en sourdine, de mettre les électeurs en garde contre la coalition irresponsable.

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