Et dire qu’il y a des sceptiques qui croient qu’une campagne électorale est un gaspillage inutile qui ne change rien.
La deuxième semaine de campagne s’achève à peine et déjà on a réglé une question qui risquait de déboucher sur une confrontation majeure entre les provinces et Ottawa au cours des deux prochaines années : l’Accord sur la santé.
En quelques heures à peine, vendredi, tous les partis se sont engagés à maintenir la hausse annuelle de 6 % du transfert canadien en matière de santé. Cette entente négociée par Paul Martin en 2004 prend fin en 2014 et doit être négociée. Aucun parti national n’osait, jusqu’à vendredi, s’engager à renouveler l’entente avec les provinces en maintenant la hausse négociée péniblement en 2004.
C’est Michael Ignatieff qui a ouvert le bal à Hamilton vendredi matin en annonçant qu’« un gouvernement libéral maintiendra l’actuel facteur de progression de 6 % après 2014 ».
Cette décision libérale a sans doute eu son effet et a forcé la main de Stephen Harper, puisque le premier ministre affirmait plus tard, en réponse à une question, qu’un futur gouvernement conservateur allait maintenir la hausse de 6 %.
Pourtant, dans la plateforme électorale qu’il dévoilait hier, on ne retrouve pas cet engagement. On y promet plutôt de « collaborer avec les provinces pour renouveler l’Accord sur la santé ».
Jack Layton emboîtait le pas quelques heures tard, tandis que Gilles Duceppe se disait d’accord avec cet engagement. Il y a sûrement soupir de soulagement dans plusieurs capitales provinciales. Mais il y aura toujours des sceptiques pour rappeler qu’il ne s’agit là que de promesses électorales.

