Billets classés sous « François Legault »

La session de tous les défis

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 publié le 9 février 2016 à 18 h 54

C’est un euphémisme de dire que la politique est remplie de défis. Le gouvernement veut stimuler la création de la richesse, il veut adopter des mesures qui viennent en aide aux plus vulnérables, et ainsi de suite. Les oppositions critiquent le gouvernement, elles dénoncent, elles proposent parfois des solutions. Elles préparent le terrain des prochaines élections en espérant convaincre l’électorat.

La session qui commence à Québec ne fait pas exception.

Le défi du gouvernement

Le premier ministre Couillard veut tourner la page sur l’austérité/rigueur budgétaire. Il veut passer à un discours de prospérité. Soit! Un des défis de la politique c’est que les « bottines doivent suivre les babines », bref que le gouvernement passe de la parole aux actes. Et pour ça, il faudra attendre le budget en mars, pour voir si bottines et babines sont synchronisées. Il ne faudra pas s’attendre à ce que le gouvernement roule sur l’or, qu’il réinvestisse massivement dans les écoles et les mesures de solidarité. Mais il devrait pouvoir réinvestir… un peu. Combien? Comment? Rendez-vous en mars.

Le défi de Pierre Karl Péladeau

Le chef du Parti québécois en a des défis. Il doit préparer son parti pour les prochaines élections. Il doit se distinguer comme chef de l’opposition, un rôle ingrat puisqu’il n’a aucun autre pouvoir que celui de critiquer. Il doit coordonner les efforts de l’aile parlementaire de son parti. Il doit stimuler la flamme souverainiste, pas éteinte, mais qui a besoin de carburant.  Il doit assurer la cohésion de son parti. Mais d’abord et avant tout, il doit démontrer qu’il est premier ministrable, qu’il est capable d’avoir la confiance des Québécois. Jusqu’à maintenant, ça a été plutôt difficile.

Le défi de François Legault

La Coalition avenir Québec a tourné en rond en 2015. En 2016, François Legault cherchera à rassembler les déçus du PQ et du PLQ. Vaste défi. Son parti est devenu fédéraliste dans les faits, même s’il est nationaliste. Pas sûr que les souverainistes du PQ suivront, à moins qu’ils ne soient si déçus qu’ils voient dans la CAQ le seul moyen de bloquer le PLQ. Pour les convictions politiques, on repassera. Les sympathisants du PLQ pourraient-ils être déçus par le discours économique du premier ministre? Peut-être. Assez déçus pour faire le saut chez la deuxième opposition? Pas sûr. Bref, la CAQ doit mettre à profit le mécontentement des familles, des souverainistes, des gens d’affaires…

Le défi de Québec solidaire

Depuis sa création et l’élection de son premier député, Québec solidaire se présente un peu comme la conscience morale de l’Assemblée nationale, à la défense de la veuve et de l’orphelin. Depuis quelques semaines, par contre, c’est le Parti québécois, avec son équipe de recherche, qui est au front pour défendre les plus vulnérables. Ça illustre toute la complexité de la tâche d’un tiers parti, qui ne compte que trois députés et une petite équipe de recherche, aussi vaillante soit-elle. Les députés courent les commissions parlementaires, prennent position sur presque tous les sujets et, en fin de compte, dispersent leur énergie. C’est dur, mais probablement nécessaire, de concentrer ses efforts.

Catégorie: Québec

Grenouillage politique

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 publié le 20 janvier 2016 à 16 h 42

Depuis que je fais du journalisme politique, je me surprends parfois à conclure des discussions avec des collègues par un « on n’en est pas à une surprise près » bien senti. Comprendre la dynamique politique représente pour moi le même défi que de résoudre le cube Rubik! Pas facile.

Dans ma quête, j’ai appris plusieurs choses. Par exemple, que la « faune politique » aime grenouiller, comme si elle était incapable de tenir en place. Comme s’il fallait toujours qu’il se passe quelque chose. J’ai aussi appris qu’une fois qu’une information devient publique, la faune ne s’intéresse pas tant à sa véracité qu’à ses conséquences.

Quelques exemples des derniers jours :

- Le cas Pierre Duchesne

Ça fait des semaines qu’on entend des mauvais commentaires sur le style de gestion du directeur de cabinet de Pierre Karl Péladeau. Ses jours sont-ils comptés au PQ? Peut être que oui, peut être que non. Peu importe, une fois que cette hypothèse est sur la place publique, que se passe-t-il? Le chef du PQ se fait demander s’il fait toujours confiance à M. Duchesne. Il ne répond pas. Conséquence : Pierre Duchesne est fragilisé dans ses fonctions. Peut-il rester dans ces conditions? Ses ennemis en interne espèrent qu’il sera congédié ou qu’il remettra sa démission. Le leadership du chef est testé. Passera-t-il le test?

Grenouillage, grenouillage…

- Le cas Pierre Moreau

À une semaine d’un probable remaniement ministériel, on apprend que Jacques Dupuis, son ami, ex-patron et ex-collègue, conseille le syndicat des policiers municipaux. La conjointe de M. Dupuis est l’attachée de presse de M. Moreau. Conflit d’intérêts en vue! M. Moreau, qu’allez-vous faire (avec en sous-entendu, ce n’est pas vivable)? Conséquence : le ministre Moreau est sur la sellette, il doit réagir, c’est en effet invivable comme situation. Son leadership et son éthique sont testés. C’est rare, il est l’homme des grandes occasions, un pilier du gouvernement, un ministre au parcours irréprochable et… un prétendant possible à la succession de Philippe Couillard.

Pierre Moreau voudrait regrouper les Affaires municipales et la Sécurité publique en un seul « superministère » de l’Intérieur. Philippe Couillard acceptera-t-il ou pas, qui sait? Mais une des conséquences, c’est cette impression que le superministre veut des superpouvoirs, qu’il est sur un supernuage et que certains (en interne?) pensent que ce serait peut-être super bien de ralentir un peu ses ardeurs. Remarquez, une autre hypothèse pourrait simplement être que le gouvernement laisse couler cette info juste pour la tester et voir si elle est acceptée dans l’opinion publique. On appelle ça un ballon d’essai!

Grenouillage, grenouillage…

- Le cas François Legault

Le chef de la Coalition avenir Québec multiplie les entrevues cette semaine. Pas seulement lui. Sa femme aussi a donné une entrevue. Et il dit quoi, M. Legault? Il dit que des députés péquistes réfléchissent à la possibilité de faire le saut avec la CAQ! Vrai, faux, qui, combien, on ne sait pas. Mais on sait que si vous êtes à la CAQ vous vous dites : « Wow, des péquistes veulent venir chez nous! Ça va vraiment mal au PQ, ça va bien à la CAQ! » Disons qu’après « l’annus horribilis » de 2015, c’est exactement le genre de petit remontant dont les militants de la CAQ ont besoin.

Grenouillage, grenouillage…

Évidemment, ce ne sont là que des hypothèses, des conjectures sur les intentions de tout un chacun et sur les conséquences des informations qui circulent.

Ce qui me fait penser… Depuis que je fais du journalisme politique, j’ai aussi appris qu’on fait énormément de conjectures!

M’enfin…

Catégorie: Québec

Le discours important

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 publié le 5 novembre 2014 à 14 h 31

On nous avait promis un discours important. Toute la journée samedi, les stratèges de François Legault disaient aux journalistes qu’ils croisaient, dans les corridors de l’hôtel où se déroulait le congrès de la CAQ, d’être très attentifs au discours que devait prononcer leur chef le lendemain.

Important, le discours l’aura été, mais peut-être pas pour les raisons qu’on avait laissé entendre dans l’entourage du chef de la CAQ. Alors qu’on nous l’avait présenté comme un discours visant à réaffirmer le nationalisme dont se réclame la CAQ, le discours aura plutôt donné l’impression que la CAQ devenait de plus en plus fédéraliste.

Depuis la fondation de sa coalition, François Legault avait toujours indiqué qu’il voulait s’extirper de la dualité opposant fédéralistes et souverainistes pour mieux relever les défis économiques auxquels le Québec est confronté. Dans cette optique, le gouvernement devait redresser ses finances publiques, après quoi la prochaine génération de politiciens pourrait rouvrir le débat sur le statut du Québec. Il leur appartiendrait alors de choisir entre le fédéralisme renouvelé ou la souveraineté du Québec.

Pour bien mettre en évidence le fait que la CAQ voulait se distancier des débats sur l’avenir du Québec, François Legault avait déjà, en campagne électorale, indiqué clairement qu’il était hors de question pour son parti d’organiser un référendum. De la même manière, on ne l’avait pas non plus entendu prendre position en faveur de la réintégration du Québec au sein de la famille constitutionnelle canadienne. Tous ces débats, qu’il assimilait à de « vieilles chicanes », ne semblaient guère l’intéresser.

Dimanche, François Legault a toutefois semblé se rapprocher de l’une des deux options auxquelles fera face le Québec lorsque ses finances publiques seront rétablies. Alors que le chef de la CAQ exclut toujours un référendum sur l’indépendance du Québec, il n’écarte plus la ratification de la Constitution canadienne, même s’il prend bien soin d’ajouter qu’il ne sera plus en politique si cela se produit.

La question est donc : qui François Legault voulait-il courtiser avec son « discours important » de dimanche? À entendre ses stratèges, on avait l’impression qu’il chercherait à attirer le vote péquiste en adoptant un fort positionnement nationaliste, et en réitérant qu’une page d’histoire s’était tournée lors des dernières élections générales avec la débandade du Parti québécois. Sauf qu’à entendre le discours et les échanges qui ont suivi avec les journalistes, on a plutôt l’impression qu’il a tenté de courtiser une certaine frange de l’électorat fédéraliste en écartant définitivement le référendum, et tout en ouvrant la porte à la ratification de la Constitution.

Ambiguïté dans les intentions? Mauvaise interprétation de la part des journalistes? Maladresse de la part de M. Legault? On n’en sait trop rien. Bref, le « discours important » de dimanche aura davantage semé la confusion qu’il n’aura éclairci les électeurs sur le nouveau positionnement de la CAQ. Une impression renforcée par le fait que, depuis, François Legault ne semble pas très enclin à vouloir préciser sa pensée sur ce sujet. Ce n’est pas la première fois que la CAQ – ou son prédécesseur, l’ADQ – se trouve ainsi assise entre deux chaises.

Catégorie: Québec

Jour 8 : il n’y a rien comme des élections

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 publié le 13 mars 2014 à 11 h 37

Non, il n’y a rien comme une campagne électorale pour des annonces incongrues.

D’abord, cette annonce véritablement fascinante de Pauline Marois (PQ) sur un plan de réduction de la dette.

La chef du Parti québécois a annoncé le même plan de réduction de la dette que celui du dernier budget de Nicolas Marceau. C’est d’ailleurs le même plan que dans le premier budget Marceau et, si vous y regardez de plus près, c’est le même plan que l’on peut retrouver dans quelques budgets préparés par le ministre libéral Raymond Bachand.

Toujours le même plan de réduction de la dette. La seule différence, c’est l’échéancier. Dans le budget Marceau, ça va jusqu’en 2026. Dans le programme électoral du Parti québécois, jusqu’en 2018-2019, le temps d’un gouvernement majoritaire.

L’ennui avec ce plan, c’est que depuis qu’on l’a mis en place, il n’est jamais respecté, année après année, peu importe l’allégeance du gouvernement.

Chaque fois, ce plan est reconfiguré subtilement par le ministère des Finances pour retomber pile sur le même objectif de réduction de la dette en 2026. Ainsi, plus le temps passe, plus il devient difficile, et de moins en moins réaliste, d’atteindre l’objectif fixé en 2026.

Je ne suis pas le seul à le dire. Il y a quelques mois, le vérificateur général par intérim, Michel Samson, a dit de ce plan qu’il exigera « des efforts considérables et un suivi rigoureux ». De la plume d’un vérificateur général, ce type de vocabulaire n’est pas encourageant et a tout l’air de cacher un euphémisme.

Fallait-il véritablement nous refaire l’annonce d’un plan de réduction de la dette, qui est en place depuis plusieurs années, qui a été créé sous l’ancien régime et qui, en plus, menace de ne pas se matérialiser?

Était-ce vraiment nécessaire, même à Québec?

Ne vous méprenez pas, je ne crie pas au loup sur la question de la dette, je ne me permets que d’aller un peu plus loin que le signal d’alerte du vérificateur général à l’égard de ce plan, qui court un risque élevé de ne jamais se réaliser.

Ce n’est pas nécessairement un drame, ce plan n’est peut-être pas bon, il n’était peut-être pas réaliste et il ne s’agit peut-être pas d’une bonne politique budgétaire.

Je ne fais que plaider en faveur d’un certain réalisme et d’une plate recherche de la vérité.

Car, il est si facile d’agir avec légèreté dans une campagne électorale, à l’égard d’un dossier pour lequel on ne pourrait être jugé que dans une douzaine d’années.

 François Legault contre Régis Labeaume?

À Québec encore, François Legault (CAQ), avec son « anticampagne », a probablement tenu l’une de ces conférences de presse qui peuvent définir une campagne électorale.

En rejetant trois projets qui ont déjà obtenu des autorisations de financement, François Legault paraît se dresser contre le maire de Québec, Régis Labeaume. S’il n’en tenait qu’à la Coalition, exit l’anneau de glace couvert, le projet de salle théâtral Le Diamant de Robert Lepage et la rénovation des bâtiments historiques « Les nouvelles casernes ». M. Legault estime qu’il vaut mieux offrir des réductions d’impôt aux familles que de financer ces projets.

Ce régime minceur ne s’applique pas aux projets routiers, puisque la CAQ appuie l’élargissement de l’autoroute Henri IV et le réaménagement du secteur de la tête des ponts. Un projet de complexe aquatique à Lévis et un stade de soccer à Beauport trouvent aussi grâce aux yeux du chef caquiste.

On comprend donc que ce n’est pas nécessairement une question d’économie, mais une question de priorités. François Legault peut sembler faire preuve d’audace en s’écartant de celles du maire de Québec.

Il appert que le chef caquiste se montre plutôt sensible à l’appel des sirènes propagé par les ondes hertziennes à Québec. Il n’est pas évident que ces priorités soient à la hauteur d’un parti qui présente des candidats dans toutes les circonscriptions du Québec.

Catégorie: Élections Québec

Affaire de chefs

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 publié le 22 novembre 2013 à 17 h 09

Pauline Marois

La première ministre n’est plus tout à fait la même à l’Assemblée nationale. Depuis la reprise des travaux en septembre, elle se montre beaucoup plus habile et plus à l’aise pendant la période des questions. Pauline Marois mesure mieux les ingrédients qui sont nécessaires pour répondre de façon « efficace » dans cette enceinte. Une dose d’attaques, quelques éléments de réponse, souvent suivis d’une question pour souligner les contradictions de ses adversaires politiques.

Elle se montre beaucoup plus prudente avec la presse parlementaire, qu’elle tend à éviter, car elle tombe plus souvent dans ses pièges. La raison paraît fort simple. Mme Marois établit aisément les libéraux et François Legault comme des adversaires politiques, mais pas peut-être pas les journalistes, qui étaient moins exigeants avec une chef de l’opposition qu’avec une première ministre.

Il y a une chose qui n’a pas changé : Pauline Marois demeure une femme animée de principes qui, en revanche, défend très peu d’idées qui lui sont propres.

Cette femme, que plusieurs membres de son caucus actuel ont voulu dépouiller de son titre de chef du Parti québécois, est parvenue à assurer une cohésion assez exemplaire au sein de son gouvernement.

Philippe Couillard

Depuis deux semaines, le chef libéral a fait face à deux crises, l’une sur la charte des valeurs et le tchador, avec Fatima Houda-Pepin, et l’autre sur l’atteinte du déficit zéro. L’exercice a été laborieux dans les deux cas et a fait douter du flair et des réflexes politiques de Philippe Couillard.

Les circonvolutions sur le déficit zéro ont rappelé que Philippe Couillard avait encore beaucoup à apprendre sur la façon de présenter adéquatement sa vision économique.

Dans le cas de la charte des valeurs, c’est bien plus embêtant. Jusqu’à nouvel ordre, le PLQ n’a pas de position claire dans ce dossier. Qui plus est, Philippe Couillard a semé le doute parmi ceux qui adhéraient à la vision simple et claire qu’il défendait. Vers qui se tourneront ceux qui refusent toute interdiction des symboles religieux dans le secteur public?  Et ces « antichartes des valeurs » semblent faire partie de la clientèle électorale naturelle du Parti libéral.

Le PLQ attirera peut-être de nouveaux électeurs avec la proposition d’interdire les signes religieux aux policiers, juges et gardiens de prison, bien que ce ne soit pas évident.

Cela dit, huit mois après son élection à la direction du Parti libéral, Philippe Couillard est bien en selle, avec une persistante première place dans les intentions de vote et, donc, assez populaire auprès de l’électorat francophone.

François Legault

Le chef de la Coalition avenir Québec n’a pas ménagé ses efforts pour s’attirer l’intérêt du public, notamment avec la publication de son livre Le projet Saint-Laurent. Ce genre d’ouvrage ne peut pas avoir un effet direct et immédiat sur les intentions de vote. Il s’agit plutôt d’un outil pour donner de la crédibilité et de la substance au chef et à sa formation politique. Les deux en ont bien besoin, car la démarche de François Legault est tout de même assez présomptueuse.

Il refuse les étiquettes de gauche ou de droite, et il se dérobe sur la question nationale, en refusant de s’afficher fédéraliste ou souverainiste. Il veut réduire la taille de l’État dans certains secteurs or, « le projet Saint-Laurent » exige une intervention assez importante de l’État.

Dans ce contexte, il n’est pas facile pour les électeurs de s’identifier à la Coalition avenir Québec, d’autant que l’effet de nouveauté s’est maintenant dissipé.

Plus que jamais, la Coalition avenir Québec est incarnée par François Legault, surtout avec le départ annoncé de Jacques Duchesneau. Et puisque le charisme de François Legault n’a pas encore fait ses preuves, le prochain scrutin, s’il survient bientôt, pourrait se révéler très ardu.

Françoise David

La porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a su attirer l’intérêt et la sympathie des électeurs. Ça a été le cas lors du débat des chefs, et cette sympathie ne s’est pas démentie depuis son arrivée à l’Assemblée nationale. Néanmoins, Mme David n’a pas encore trouvé ses marques au Salon bleu, et son collègue Amir Khadir s’efface chaque jour de plus en plus.

Le véritable défi, c’est de gagner l’adhésion des électeurs aux politiques de Québec solidaire et, à cet égard, on paraît loin du compte. Le dossier de la charte des valeurs ne facilite pas les choses. Et l’arrivée d’un nouveau porte-parole, Andrés Fontecilla, ne semble avoir eu aucun effet tangible dans la population.

Catégorie: Québec

Le durcissement de la CAQ

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 publié le 12 novembre 2013 à 17 h 35

Tombera, tombera pas? Pas une journée ne passe sans que quelqu’un me pose la question.

Elle prend différentes formes : « Si j’ai 20 $ à parier, je parie pour le printemps? » « Mme Marois va-t-elle déclencher des élections sur la question de la charte? » « Croyez-vous que les caquistes veulent vraiment se lancer dans des élections? »

À cette dernière question, j’ai pas mal tout le temps répondu non. D’ailleurs, des militants péquistes pensaient la même chose au Conseil national du parti, en fin de semaine à Montréal. Au point où certains soulevaient même l’hypothèse que la CAQ ne renverserait pas le gouvernement au prochain budget, tellement elle est à la traîne dans les sondages, tellement elle n’a aucun espoir d’améliorer son sort.

C’était jusqu’à un impromptu de presse de François Legault mardi midi. Le chef de la CAQ a bombé le torse et émis trois conditions « non négociables » pour que son parti vote pour le prochain budget :

1- Le budget doit être équilibré.

2- La taxe santé doit être abolie.

3- Le budget doit prévoir un plan de relance de l’économie.

La nouveauté, c’est la première condition. Plus personne ou presque, à Québec, ne croit à un budget équilibré.

Alors… parfum d’élections printanières?

Je vous entends déjà : « Cette sortie est stratégique! »

-  « La CAQ tient un conseil général en fin de semaine. M. Legault veut  motiver ses militants. »

- « Aussi, il leur avait promis pour samedi un rapport sur le fardeau fiscal des familles. Il ne le livrera pas parce que les données budgétaires ont changé depuis une semaine. Il faut qu’il détourne l’attention! »

- « Et voter contre le budget, cela veut dire quoi exactement? Avoir un ou deux députés en Chambre pour voter contre le budget, mais ne pas renverser le gouvernement? »

Ah! Cynisme quand tu nous tiens!

Mais quand même, mardi, François Legault a durci le ton… « On verra » au budget!

Catégorie: Québec

Québec 2012 Jour 7 – Le colistier

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 publié le 7 août 2012 à 9 h 05

L’émoi entourant la candidature de Jacques Duchesneau pour la Coalition avenir Québec a été particulièrement perceptible au sein des autres partis politiques.

Le Parti québécois a tenu un rassemblement dimanche à Montréal qui réunissait la plupart de ses candidats, dont Jean-François Lisée. Ce dernier a confirmé qu’il sera de la course dans Rosemont. Pauline Marois a prononcé un long discours pour présenter les grands principes de son programme. Ça s’est révélé être un coup d’épée dans l’eau. Pire, ce que l’on a surtout retenu de la journée de Pauline Marois, c’est son refus de commenter la candidature de l’ancien chef de police de Montréal.

Le PQ a voulu reprendre l’initiative lundi en tentant d’associer le gouvernement Charest à la Fondation Frank Catania. Les députés Drainville, Girard et St-Arnaud ont soutenu qu’ils venaient d’obtenir des compléments d’information qui justifiaient la tenue de cette conférence de presse. Pourtant, les trois députés n’avaient pas tous les documents en main lorsqu’ils ont rencontré les journalistes et, en outre, ils leur manquaient des éléments d’information importants.

Jean Charest, lui, a d’abord lancé une contre-offensive directe avec celui que François Legault a présenté comme l’Eliot Ness du Québec. C’était une stratégie risquée, qui a sans doute été retenue parce que c’était la dernière qui s’offrait au chef libéral. 

Lundi, M. Charest a profité du faux pas de Jacques Duchesneau, qui voulait procéder lui-même à la nomination de certains ministres, pour changer de cible et s’en prendre à François Legault. Cela paraît plus avisé. Néanmoins, le Parti libéral voit l’insubmersible dossier de l’intégrité, qui revient sans cesse à la surface, faire échec à son plan de match.

Dans une course à trois pour le pouvoir, Québec solidaire, Option nationale et le Parti vert pourraient bien, pour leur part, devoir se contenter de miettes.

Il est difficile d’imaginer l’impact d’une telle nouvelle dans les officines des partis politiques. Depuis vendredi, on y récite des prières et des incantations (et des lignes de presse) dans l’espoir que l’effet Duchesneau s’évapore aussi vite qu’il est apparu.

La déclaration de M. Duchesneau, lundi matin, est une bourde qui n’aura peut-être pas beaucoup de conséquences. Par contre, elle est très révélatrice, car elle donne des indications sur ce que François Legault a pu promettre à Jacques Duchesneau pour l’attirer dans sa coalition.

Force est de constater que Jacques Duchesneau a acquis en réalité le statut d’un candidat à la vice-présidence, à l’américaine. La CAQ, c’est désormais un tandem, c’est le « ticket » Legault-Duchesneau, pour le meilleur et pour le pire. Bien que cela diffère des traditions politiques québécoises,  ça pourrait bien être profitable à ce nouveau parti qui cherche à surfer sur la vague du changement, pourvu que Jacques Duchesneau se rappelle qu’il n’est que le numéro deux.

Ainsi, les colistiers devront faire preuve de cohésion. C’est l’un des facteurs qui influeront sur la durée de l’effet Duchesneau. Les deux hommes sont condamnés à se mettre au diapason, peu de fausses notes seront admises.

François Legault et Jacques Duchesneau auront tout de même un peu de temps pour trouver le ton juste. Le temps que les autres formations politiques, franchement déstabilisées, réajustent le tir.

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Québec 2012 Jour 3 – L’équipe

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 publié le 3 août 2012 à 19 h 46

On ne peut négliger l’importance des hommes et des femmes qui portent le message politique, surtout auprès des citoyens qui n’ont pas d’attache idéologique à un parti. La renommée, la réputation d’un candidat peuvent avoir une influence importante auprès de ces électeurs dont un parti a besoin pour remporter des élections.

Ainsi, la candidature de Jacques Duchesneau peut se révéler un tournant de cette campagne électorale. Ce ne sera probablement pas suffisant pour créer une vague. Mais s’il y avait une vague, elle porterait probablement la Coalition avenir Québec. Plusieurs facteurs plaident en ce sens. Et désormais, une chose est certaine, ces élections opposent trois principaux partis.

Néanmoins, la pente demeure bien raide pour François Legault. Son style un peu gauche, fait de candeur et de rigidité, ne séduit pas de prime abord. Ce handicap n’est pas insurmontable.

D’autant que le chef de la Coalition paraît avoir réussi l’improbable. Malgré des sondages peu favorables, il est parvenu à mettre sur pied une équipe qui affiche une certaine crédibilité, particulièrement avec Jacques Duchesneau. Une candidature aussi surprenante et inattendue que prestigieuse et crédible.

De surcroît, l’homme a été un acteur du principal dossier qui a accablé le gouvernement Charest tout au long de ce mandat, la collusion et la corruption dans l’octroi et la gestion des contrats publics, provinciaux et municipaux. Avouons-le, ça met du piment dans une campagne qui n’en manquait pas.

L’ancien patron de l’Unité anticollusion, qui sait apprécier les feux de la rampe, devra tout de même se méfier de son franc-parler, tout comme le Dr Gaétan Barrette devra surveiller son ton et ses métaphores. Dans le monde politique, il y a des risques à employer un langage très direct.

En revanche, si la Coalition avenir Québec veut parvenir à incarner un changement crédible auprès des Québécois, ses candidats doivent aussi faire preuve d’audace. À cet égard, la CAQ est toujours à la recherche de son équilibre.

 

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Québec 2012 Jour 2 – L’initiative

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 publié le 3 août 2012 à 7 h 37

Pour François Legault et Pauline Marois, cette deuxième journée était importante. Stratégiquement, ils devaient reprendre l’initiative.

Le premier jour, le jour du déclenchement de la campagne électorale, est acquis au premier ministre sortant et Jean Charest n’aura pas échappé à l’occasion.  Il s’est montré particulièrement combatif (trop?), presque autoritaire. En vertu de l’implacable et inévitable calcul politique qui prévaut en de pareils moments, le chef libéral a jugé que c’était nécessaire pour imposer son enjeu-clé de ces élections, la crise étudiante.

En guise de réplique, les chefs du PQ et de la CAQ ont mis toute la gomme vendredi.

Pauline Marois a présenté un processus et surtout une politique claire sur les droits de scolarité. C’est nouveau.

Il y aura un sommet sur les universités dans les 100 jours et s’il y a hausse, elle ne dépassera pas l’indexation. Les Québécois, en effet, savent à quoi s’en tenir désormais, mais Pauline Marois paraissait un peu trop en réaction, sur la défensive quoi, sur cette question. La présence de Léo Bureau-Blouin l’a toutefois bien servie, de même que sa promenade dans un parc de Montréal qui avait valeur de symbole.

Le coalisé (pardonnez-moi, je ne déteste pas l’expression, je suis bien le seul) François Legault a profité de la candidature intéressante de Maud Cohen, ancienne présidente de l’ordre des ingénieurs qui a refusé de fermer les yeux sur les problèmes qui affligent sa profession, pour faire des propositions pour endiguer la corruption et la collusion.

Une conférence de presse presque parfaite, si ce n’est qu’elle s’est déroulée aux abords d’un boulevard urbain (face au palais de justice de Québec) et que ça prenait des oreilles de journaliste pour entendre ce que disaient les Legault, Cohen et Sylvie Roy. On a eu droit aux pétarades d’un camion, d’un bolide et d’une moto et à un coup de klaxon.

La veille, à l’aéroport de Québec, Jean Charest s’en était quand même mieux tiré avec le bruit des avions. La chaleur était certainement bien plus redoutable.

Le chef libéral n’a pas voulu pour autant céder sa place aujourd’hui. Il lui fallait garder l’initiative. Ce qu’il a probablement réussi en promettant la création de 250 000 emplois et le plein emploi (chômage à 6 %) d’ici cinq ans.

Un engagement qui paraît ambitieux.  Quoique pour illustrer que le prochain gouvernement n’aura peut-être pas beaucoup d’influence sur la création de ces emplois, l’économiste Marc Van Audenrode a rappelé que « c’est un peu comme le coq qui croit que le soleil se lève pour l’entendre chanter ».

 

P.-S.  Jean-Martin Aussant et ses militants particulièrement enthousiastes m’en voudront de les reléguer au post-scriptum.  Si ce n’est qu’il faut reconnaître que le chef d’Option nationale a raison d’évoquer l’exploit qu’il a accompli en présentant des candidats dans toutes les circonscriptions (sauf Gouin). Il est rare qu’un parti si jeune parvienne à rallier 124 personnes à s’engager en politique. Bon, il y a eu le Parti de la loi naturelle, mais franchement ça n’a rien à voir. Et aussi François Legault, plus expérimenté, et qui ne trouve pas ça drôle tous les jours. Ce talent de conviction, le chef d’Option nationale l’exerce avec un succès impressionnant, particulièrement auprès des jeunes. Il y a probablement de bonnes raisons à cela.

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Un virage

Lorsque François Legault a lancé son mouvement en février 2011, il a attiré l’attention et gagné l’adhésion d’une part appréciable de l’électorat non francophone, jusqu’à 20 % d’entre eux.

Mais, obnubilé par la conquête de l’électorat francophone majoritaire, François Legault a envoyé le signal de son indifférence aux anglophones et aux allophones. Ceux-ci en ont tiré leurs conclusions. Le désenchantement a entraîné le désistement, et les intentions de vote des non-francophones pour François Legault ont chuté autour de 5 % depuis plusieurs mois.

Désormais, François Legault a besoin de tous les votes. Et en fin de semaine, à son congrès de fondation, la Coalition avenir Québec a pris soin d’envoyer un tout autre message à la communauté anglophone et aux allophones.

Le flirt

Oui, la Coalition a adopté une résolution qui abolit les écoles passerelles, comme s’y était engagé François Legault. Or, un gouvernement de la Coalition n’utilisera pas la clause dérogatoire pour y parvenir. La manœuvre prend dès lors un caractère moins radical et, sans doute, plus aléatoire.

Les autres résolutions de la CAQ sur la place du français au Québec sont peu contraignantes, n’ont rien de coercitif, alors que la CAQ a fait du français et de la culture, une de ses priorités fondamentales.

Oui, la Coalition prévoit l’abolition des commissions scolaires, dont les commissions scolaires anglophones, pour les transformer en centres régionaux de service.

Néanmoins, au bénéfice des médias anglophones, la CAQ avait sous la main un parfait militant anglophone qui a soutenu que l’abolition des commissions scolaires n’enfreindrait pas la Charte des droits, car, de toute façon, ce sont des anglophones qui vont continuer à administrer les écoles anglophones. La Coalition tente, au moins, de donner l’impression qu’elle est attentive au sort de la communauté.

D’ailleurs, François Legault, dans son discours de clôture du congrès, paraît déjà avoir déniché son slogan de campagne en anglais : un très efficace « We care », qui rejoint directement le nouvel objectif que s’est fixé la Coalition, celui de rassurer la communauté anglophone et les allophones.

Cette opération charme entreprise par la Coalition est-elle vouée à l’échec?  La Coalition parviendra-t-elle à effacer la première impression très négative qu’elle a faite auprès des anglophones et des allophones?

Une communauté captive

La Coalition semble avoir pris note d’un des phénomènes des élections du 2 mai :  l’électorat non francophone est capable d’infidélité et semble prêt à écouter un parti qui se fait discret sur les questions de langue et qui ne parle pas de souveraineté. Et à l’exception des écoles passerelles et du problème des commissions scolaires, le nouveau programme de la Coalition s’inscrit assez bien dans ces paramètres.

En se tournant vers les anglophones et les allophones, la Coalition s’attaque à une clientèle exclusive au Parti libéral. Le défi du parti de François Legault à cet égard est double : gagner l’adhésion d’une proportion suffisante des non-francophones pour parvenir à fissurer la mainmise du Parti libéral et procéder à ce rapprochement sans pour autant s’aliéner les francophones.

François Legault 2.0

Ce qui a davantage sauté aux yeux pendant ce congrès, c’est que François Legault n’est plus tout à fait le même. C’est un François Legault « amélioré » qui s’est présenté samedi devant des centaines de militants attentifs, mais peu rompus aux débats politiques.

Le chef de la Coalition s’est exprimé avec une aisance qu’on ne lui a pas toujours connue. Il a pris le temps de présenter son texte, il le maîtrisait bien et il a su moduler le rythme et le ton de sa voix. Son allocution a été précédée par une présentation vidéo qui mettait en relief la personnalité et la famille du chef de la CAQ, sans doute pour montrer de quoi l’homme est fait et que, malgré l’absence de candidatures de prestige pour l’entourer, il n’est pas seul pour mener son combat.

Au point de presse à la fin de son congrès, il a répondu avec davantage d’assurance et de façon plus structurée aux questions des journalistes, dont celles de mes collègues anglophones.

Et, là encore, le François Legault 2.0 a frappé de nouveau. L’anglais de François Legault a fait des progrès évidents. Le chef de la Coalition ne cherchait plus ses mots, le vocabulaire était plus juste, plus précis et ses réponses étaient émaillées de « clips », ces fameux extraits d’environ 10 secondes destinés à une consommation médiatique. François Legault est parvenu à « dérouiller » son anglais et il est tentant d’y voir un autre signe de l’intérêt de la Coalition pour la communauté anglophone et les allophones.

Le chef fondateur

François Legault est devenu officiellement le chef fondateur de la Coalition avenir Québec, sans même la tenue d’un vote de confirmation ou d’un quelconque vote de confiance. Néanmoins, l’emprise qu’il exerce sur son parti ne fait aucun doute, même si plusieurs anciens de l’Action démocratique du Québec se situent davantage à droite du spectre idéologique.

François Legault se définit désormais comme un nationaliste (il a abandonné l’étiquette « autonomiste » qui était celle de l’ADQ). Huit fois, dans son discours de clôture, François Legault a prononcé l’expression « maîtres chez nous ». À cet égard, François Legault n’est pas en porte-à-faux avec ses membres, qui semblent prêts à l’accompagner dans son délicat jeu d’équilibriste sur la question nationale.

La culture du chef et du leadership fort est déjà bien implantée dans les gènes de cette Coalition avenir Québec qui a pris son envol en fin de semaine. François Legault n’a pas à craindre les contestations internes. Non, maintenant qu’il a un programme et des militants, ce qui lui manque, désormais, ce sont des têtes d’affiche disposées à courir le risque de monter à bord pour participer à cette aventure.

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