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Le gouvernement Marois a sept mois

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 publié le 4 avril 2013 à 16 h 53

Le gouvernement minoritaire de Pauline Marois a sept mois aujourd’hui.

Le gouvernement minoritaire de Jean Charest de 2007-2008 avait duré 1 an, 8 mois et 13 jours.

Il est plausible de penser qu’il reste environ un an au gouvernement Marois. Pour les superstitieux, soulignons qu’il resterait donc 13 mois et 13 jours au gouvernement Marois, si on le comparait à la mouture minoritaire de l’administration Charest.

Il est également plausible que ce soit Pauline Marois qui déclenche les élections, tout comme l’avait fait Jean Charest.

On peut d’ailleurs entendre un scénario de ce genre lorsqu’on tend l’oreille vers le bureau de la première ministre.

La raison pour laquelle cela pourrait être Pauline Marois, et non pas les partis d’opposition, qui décide du moment du scrutin, c’est qu’il ne sera pas facile de réunir les conditions adéquates à la fois pour le Parti libéral et la Coalition avenir Québec.

En principe, il faudrait que le Parti québécois se retrouve au troisième rang dans les intentions de vote pour que les deux principaux partis d’opposition considèrent sérieusement l’occasion de dissoudre l’Assemblée nationale.

La tempête parfaite

Où le Québec politique en sera-t-il dans un an?

Selon l’idéal de chacun :

  • François Legault aura peaufiné son « Projet Saint-Laurent »,
  • Philippe Couillard aura remodelé son parti,
  • Françoise David aura redonné de la visibilité à Québec solidaire,
  • Jean-Martin Aussant aura des candidats dans presque toutes les circonscriptions,
  • et Pauline Marois aura présenté un budget équilibré.

Évidemment, ces chefs politiques n’atteindront pas nécessairement leurs objectifs (présentés sous une forme simplifiée, je le précise).

Néanmoins, le gouvernement Marois fera tout ce qui est en son pouvoir pour déposer un budget qui affiche un déficit zéro. Il faudrait une grave crise économique pour empêcher ça. Le gouvernement Marois a fait la preuve qu’il est prêt à sacrifier beaucoup pour atteindre cet objectif : CPE, aide sociale, universités, recherche. Les exemples de compressions budgétaires dans des secteurs politiques névralgiques montrent sa détermination absolue. De toute évidence, le prix politique importe peu. Il est considéré comme secondaire par rapport au respect du principe de l’équilibre budgétaire.

Tous les partis se préparent à un échéancier pour des élections au printemps 2014. À ce moment, dans la foulée du deuxième budget de Nicolas Marceau, les conditions pour la tempête parfaite pourraient bien être réunies. Une vague de pancartes électorales pourrait alors déferler sur le Québec.

13 mois et 13 jours

C’est tout de même assez long. C’est beaucoup d’éternités en politique.

À quoi s’attendre?

Bien sûr, c’est le gouvernement Marois qui aura le bénéfice de l’initiative. Les partis d’opposition mettront les bouchées doubles pour assurer leur organisation et aussi pour contrecarrer, en fonction de leurs intérêts, les initiatives des troupes péquistes.

À vol d’oiseau, il y a trois dossiers législatifs qui devraient occuper l’espace politique. Le projet de loi 14 sur la Charte de la langue française (en période de consultations), la Charte de la laïcité (à venir) et les ressources naturelles (un projet de loi sur les mines au printemps, une politique énergétique peut-être au printemps, un projet de loi sur les hydrocarbures peut-être à l’automne, sans oublier les redevances minières à très court terme).

Ces trois dossiers ont un formidable potentiel explosif.

Ce gouvernement en quête d’une majorité tentera d’arrondir les angles sans perdre sa base, tandis que les partis d’opposition devront mesurer l’ampleur des dommages que causeront leur refus ou leur appui à ces projets.

Ajoutons à cela tous les dossiers d’actualité qui viendront pimenter la vie politique, avec en fond de toile les corrosives relations Québec-Ottawa et un contexte économique incertain.

La réalité

  • Pauline Marois est parvenue à se tailler un considérable taux d’insatisfaction,
  • Philippe Couillard hérite d’un parti soupçonné des pires vilenies,
  • François Legault se tricote un projet ceinture fléchée environnemental pour proposer autre chose que l’austérité aux Québécois,
  • Françoise David cherche à regagner l’attention des Québécois et d’Amir Khadir, dont l’enthousiasme semble s’être refroidi,
  • Jean-Martin Aussant s’est gagné un salaire, à défaut d’un siège à l’Assemblée nationale.

Ces réalités politiques ont quand même un effet rassurant. Les Québécois et leurs dirigeants politiques paraissent au diapason sur au moins un point : personne n’est prêt pour des élections à court terme.

Catégorie: Québec

Trois partielles lundi : sans intérêt, vraiment?

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 publié le 23 novembre 2012 à 14 h 27

Il y aura trois élections partielles lundi prochain au pays. Dans la circonscription de Victoria, en Colombie-Britannique, en raison de la démission de la néo-démocrate Denise Savoie; dans Calgary-Centre, en Alberta, en raison du départ du conservateur Lee Richardson; dans Durham, en Ontario, parce que la ministre Bev Oda a remis a démission.

Au premier coup d’oeil, ces partielles sont sans signification et ne changeront rien dans le portrait politique au pays. Mais à un autre niveau, ces partielles pourraient envoyer quelques messages que certains ne veulent probablement pas entendre.

Calgary-Centre

Prenons d’abord l’exemple de Calgary-Centre, en Alberta. En principe, l’élection du candidat conservateur devrait être une simple formalité. En 2011 à l’élection générale, le conservateur Lee Richardson a obtenu 58 % des voix. Toutefois, celle qui a été désignée candidate par le Parti conservateur est Joan Crockatt, une ex-journaliste qui est loin de faire l’unanimité. Elle a des liens très étroits avec le parti Wildrose, plus à droite que le Parti conservateur. Elle n’a pas eu l’appui du député sortant, et son attitude pendant la campagne électorale a beaucoup déplu aux électeurs.

En début de campagne, un sondage lui donnait 48 % d’appui populaire. La semaine dernière, un autre sondage indiquait que cet appui a fondu à 32 % et qu’elle est maintenant talonnée par le libéral Harvey Lock, qui recueille 30 % des intentions de vote.

Ça explique sans doute les attaques soutenues des conservateurs cette semaine contre les libéraux David McGuinty et Justin Trudeau. En Chambre surtout, les conservateurs s’en sont pris à David McGuinty qui a déclaré que les députés conservateurs de l’Alberta ne sont que des marionnettes au service des pétrolières, des propos pour le moins malhabiles.

Mais les attaques ont été encore plus soutenues contre Justin Trudeau. À Ottawa, jeudi, les conservateurs distribuaient largement dans le foyer de la Chambre des communes le verbatim d’une entrevue que Trudeau a donnée à l’émission Les francs-tireurs, à Télé-Québec, en octobre 2010. Dans cette entrevue, l’animateur demandait : « Est-ce que le Canada est mieux servi quand il y a plus de Québécois au pouvoir que lorsqu’il y a plus d’Albertains au pouvoir? » Réponse de Trudeau : « Je suis libéral, alors c’est sûr que je pense que oui. Certainement quand on regarde les grands premiers ministres du 20e siècle. Les seuls qui ont vraiment tenu le coup, c’étaient des députés du Québec. On a un rôle. Ce pays, le Canada, est à nous. »

Depuis, les conservateurs orchestrent une véritable campagne pour dénoncer ces propos de Justin Trudeau. L’équipe du candidat à la direction du Parti libéral du Canada a dû réagir et publier le communiqué suivant : « Les conservateurs utilisent une déclaration hors contexte, faite il y a plusieurs années dans le cadre d’une longue entrevue. Ils sont clairement nerveux parce qu’ils sont en train de perdre l’élection partielle dans Calgary-Centre et ont recours à une campagne de salissage pour amortir leur chute. Justin sait que Calgary, l’Alberta et tout l’Ouest canadien sont au coeur de l’avenir du Canada. C’est un message qu’il a répété d’un bout à l’autre du pays, et ce, depuis le début de la campagne. Nous devons voir au-delà de la politique de la division des conservateurs et inclure tous les Canadiens dans le dialogue. »

Vendredi matin, Trudeau s’est aussi excusé, soulignant qu’il parlait de Stephen Harper et non pas de tous les Albertains. Soyez assurés d’une chose cependant : cet extrait de Justin Trudeau circulera beaucoup au cours du week-end en Alberta.

Victoria

Parlons maintenant de Victoria, en Colombie-Britannique, une circonscription que le NPD devrait, en principe, conserver. Toutefois, le Parti vert a mené une campagne féroce, et leur candidat Donald Galloway chauffe sérieusement le néo-démocrate Murray Rankin. Les verts ont mis toutes leurs ressources à la disposition de Galloway. Et la chef du Parti, Elizabeth May, a été très présente dans l’espoir de ne plus être seule à la Chambre des communes. Le NPD, qui a le vent dans les voiles depuis la générale de 2011, ne veut surtout pas perdre cette circonscription qu’elle détient depuis 2006. Ce ne serait pas nécessairement un échec pour Thomas Mulcair, mais il pourrait « perdre son élan ».

Durham

Dans la troisième partielle, il n’y a pas vraiment d’enjeu. Même si la députée sortante, Bev Oda, est partie après une série d’erreurs politiques, l’électorat ne semble pas en vouloir au parti. Le conservateur Erin O’Toole devrait remporter cette élection sans difficulté.

Donc, même si rien ne changera dans le paysage politique, conservateurs, libéraux et néo-démocrates ont à perdre et à gagner.Voilà pourquoi l’exercice de la démocratie n’est jamais insignifiant!

Catégorie: Ottawa

Québec 2012 Jour 23 – Le pouvoir des débats

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 publié le 23 août 2012 à 15 h 09

S’il y a une chose que ces débats ont apprise aux Québécois, c’est que les trois chefs de parti dans cette course au pouvoir possèdent les qualités minimales pour devenir premier ministre.

En revanche, il y a plusieurs choses que les Québécois ne savent pas à l’issue de ces échanges.

Ils ne savent pas s’il y aura un référendum sur la souveraineté du Québec et, le cas échéant, à quel moment il aura lieu, advenant l’élection du Parti québécois.

Les Québécois ignorent également si les changements proposés par la Coalition avenir Québec sont viables aux plans financier et social.

Les électeurs ne connaissent pas vraiment les intentions du Parti libéral pour les cinq prochaines années, puisque Jean Charest n’en a guère parlé au cours des trois débats auxquels il a participé.

Cela dit, les Québécois ont pu tirer profit de ce débat et de ces trois face à face. Ils ont notamment fait davantage connaissance avec Françoise David de Québec solidaire. Ils ont vu les forces et les faiblesses des chefs et des programmes politiques.

Il convient cependant de garder à l’esprit que le meilleur débatteur ne fait pas nécessairement le meilleur premier ministre.

Quelle est votre appréciation de ces quatre affrontements, qu’avez-vous appris? Et, selon vous, quel chef a fait plus belle figure? Est-ce que ces débats auront un effet sur votre vote?

Catégorie: Québec 2012

Un virage

Lorsque François Legault a lancé son mouvement en février 2011, il a attiré l’attention et gagné l’adhésion d’une part appréciable de l’électorat non francophone, jusqu’à 20 % d’entre eux.

Mais, obnubilé par la conquête de l’électorat francophone majoritaire, François Legault a envoyé le signal de son indifférence aux anglophones et aux allophones. Ceux-ci en ont tiré leurs conclusions. Le désenchantement a entraîné le désistement, et les intentions de vote des non-francophones pour François Legault ont chuté autour de 5 % depuis plusieurs mois.

Désormais, François Legault a besoin de tous les votes. Et en fin de semaine, à son congrès de fondation, la Coalition avenir Québec a pris soin d’envoyer un tout autre message à la communauté anglophone et aux allophones.

Le flirt

Oui, la Coalition a adopté une résolution qui abolit les écoles passerelles, comme s’y était engagé François Legault. Or, un gouvernement de la Coalition n’utilisera pas la clause dérogatoire pour y parvenir. La manœuvre prend dès lors un caractère moins radical et, sans doute, plus aléatoire.

Les autres résolutions de la CAQ sur la place du français au Québec sont peu contraignantes, n’ont rien de coercitif, alors que la CAQ a fait du français et de la culture, une de ses priorités fondamentales.

Oui, la Coalition prévoit l’abolition des commissions scolaires, dont les commissions scolaires anglophones, pour les transformer en centres régionaux de service.

Néanmoins, au bénéfice des médias anglophones, la CAQ avait sous la main un parfait militant anglophone qui a soutenu que l’abolition des commissions scolaires n’enfreindrait pas la Charte des droits, car, de toute façon, ce sont des anglophones qui vont continuer à administrer les écoles anglophones. La Coalition tente, au moins, de donner l’impression qu’elle est attentive au sort de la communauté.

D’ailleurs, François Legault, dans son discours de clôture du congrès, paraît déjà avoir déniché son slogan de campagne en anglais : un très efficace « We care », qui rejoint directement le nouvel objectif que s’est fixé la Coalition, celui de rassurer la communauté anglophone et les allophones.

Cette opération charme entreprise par la Coalition est-elle vouée à l’échec?  La Coalition parviendra-t-elle à effacer la première impression très négative qu’elle a faite auprès des anglophones et des allophones?

Une communauté captive

La Coalition semble avoir pris note d’un des phénomènes des élections du 2 mai :  l’électorat non francophone est capable d’infidélité et semble prêt à écouter un parti qui se fait discret sur les questions de langue et qui ne parle pas de souveraineté. Et à l’exception des écoles passerelles et du problème des commissions scolaires, le nouveau programme de la Coalition s’inscrit assez bien dans ces paramètres.

En se tournant vers les anglophones et les allophones, la Coalition s’attaque à une clientèle exclusive au Parti libéral. Le défi du parti de François Legault à cet égard est double : gagner l’adhésion d’une proportion suffisante des non-francophones pour parvenir à fissurer la mainmise du Parti libéral et procéder à ce rapprochement sans pour autant s’aliéner les francophones.

François Legault 2.0

Ce qui a davantage sauté aux yeux pendant ce congrès, c’est que François Legault n’est plus tout à fait le même. C’est un François Legault « amélioré » qui s’est présenté samedi devant des centaines de militants attentifs, mais peu rompus aux débats politiques.

Le chef de la Coalition s’est exprimé avec une aisance qu’on ne lui a pas toujours connue. Il a pris le temps de présenter son texte, il le maîtrisait bien et il a su moduler le rythme et le ton de sa voix. Son allocution a été précédée par une présentation vidéo qui mettait en relief la personnalité et la famille du chef de la CAQ, sans doute pour montrer de quoi l’homme est fait et que, malgré l’absence de candidatures de prestige pour l’entourer, il n’est pas seul pour mener son combat.

Au point de presse à la fin de son congrès, il a répondu avec davantage d’assurance et de façon plus structurée aux questions des journalistes, dont celles de mes collègues anglophones.

Et, là encore, le François Legault 2.0 a frappé de nouveau. L’anglais de François Legault a fait des progrès évidents. Le chef de la Coalition ne cherchait plus ses mots, le vocabulaire était plus juste, plus précis et ses réponses étaient émaillées de « clips », ces fameux extraits d’environ 10 secondes destinés à une consommation médiatique. François Legault est parvenu à « dérouiller » son anglais et il est tentant d’y voir un autre signe de l’intérêt de la Coalition pour la communauté anglophone et les allophones.

Le chef fondateur

François Legault est devenu officiellement le chef fondateur de la Coalition avenir Québec, sans même la tenue d’un vote de confirmation ou d’un quelconque vote de confiance. Néanmoins, l’emprise qu’il exerce sur son parti ne fait aucun doute, même si plusieurs anciens de l’Action démocratique du Québec se situent davantage à droite du spectre idéologique.

François Legault se définit désormais comme un nationaliste (il a abandonné l’étiquette « autonomiste » qui était celle de l’ADQ). Huit fois, dans son discours de clôture, François Legault a prononcé l’expression « maîtres chez nous ». À cet égard, François Legault n’est pas en porte-à-faux avec ses membres, qui semblent prêts à l’accompagner dans son délicat jeu d’équilibriste sur la question nationale.

La culture du chef et du leadership fort est déjà bien implantée dans les gènes de cette Coalition avenir Québec qui a pris son envol en fin de semaine. François Legault n’a pas à craindre les contestations internes. Non, maintenant qu’il a un programme et des militants, ce qui lui manque, désormais, ce sont des têtes d’affiche disposées à courir le risque de monter à bord pour participer à cette aventure.

Catégorie: Élections Québec, Québec

Plan Nord, plan électoral

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 publié le 14 février 2012 à 11 h 34

Avec la reprise de la session parlementaire aujourd’hui, attendez-vous à beaucoup entendre parler du Plan Nord du gouvernement de Jean Charest.

Malgré le premier anniversaire de la création de l’Unité permanente anticorruption cette semaine et ses petits résultats, Jean Charest ne veut pas que le thème de la corruption revienne à l’avant-scène comme apéritif électoral. Il va poursuivre sa tournée de promotion du Plan Nord en se définissant comme le meneur d’une économie florissante qui sait embaucher des Québécois de toutes les régions du Québec.

Alors que l’escouade Marteau existe depuis deux ans et quatre mois sans grand coup de filet, le premier ministre Jean Charest lance de nouveaux chantiers dans le Grand Nord, souhaitant que la question de la collusion sur les chantiers de construction ne se matérialise pas.

Jean Charest déclenchera les élections quand il sera prêt : pas avant la tenue du salon sur le Plan Nord qui se déroulera les 20 et 21 avril, dit-il.

Il espère que François Legault manque de temps pour s’organiser et fera tout pour éviter de donner trop d’espace au PQ pour qu’il refasse son unité.

C’est dans cet espace que Jean Charest déclenchera l’élection.

Catégorie: Québec

Fièvre électorale

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 publié le 13 février 2012 à 15 h 54

« Il n’y aura pas d’élections déclenchées avant le 20 ou le 21 avril », disait Jean Charest vendredi dernier.

Si vous êtes sarcastiques et que vous avez de la mémoire, vous pouvez ajouter que c’est le même Jean Charest qui disait qu’il n’y aurait pas d’élections en 2008 à cause du 400e anniversaire de la ville de Québec. On connaît la suite, M. Charest a provoqué des élections et les a gagnées le 8 décembre 2008.

Nous n’oublions pas, mais nous n’avons d’autre choix que de le croire sur parole cette fois-ci encore.

Il faut dire que les 20 et 21 avril, le gouvernement tiendra un important forum sur le Plan Nord. Ce forum pourrait bien servir de tremplin pour déclencher ces fameuses élections.

M. Charest donne l’impression d’être comme un porteur de ballon au football. Il demande à ses coéquipiers d’être prêts et dès qu’il verra une brèche à la ligne de mêlée, il voudra s’y enfoncer. Mais pour ne pas se faire plaquer ou perdre le ballon, il faudra que sa popularité remonte chez les francophones et que la CAQ continue de baisser dans les sondages. Il a beau ne jamais vouloir les commenter, ces sondages, il les lit attentivement.

En 2003 et en 2008, le chef libéral a marqué un touché. En 2007, il a été arrêté à la porte des buts. Les libéraux pensent qu’une fois le match commencé, Jean Charest est le meilleur porteur de ballon. Alors, pas besoin d’être en avance dans les sondages pour déclencher des élections, il suffit d’être assez près des adversaires pour les dépasser en pleine campagne, avec le meilleur « campaigner ». C’est ce que pensent plusieurs libéraux. C’est probablement aussi ce que pense Jean Charest.

Catégorie: Élections Québec, Québec

Brouillard sur la colline Parlementaire

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 publié le 22 novembre 2011 à 13 h 09

Lorsque François Legault a lancé ses consultations politiques en février 2011, l’ancien ministre péquiste a entrepris une véritable opération de reconfiguration de la scène politique québécoise. François Legault savait ce qu’il voulait faire, il avait un plan, mais il pouvait difficilement mesurer l’importance des bouleversements qu’il allait provoquer.

Alors, aujourd’hui, neuf mois plus tard, où en est le Québec? 

À première vue, le paysage politique québécois est nimbé d’un épais brouillard. 

Tous les partis politiques et tous les élus de l’Assemblée nationale, presque sans exception, avancent à tâtons. 

Qui, parmi les 125 parlementaires, sait ce qui l’attend? Seulement une poignée d’entre eux, moins d’une vingtaine, peuvent affirmer sans trop de craintes qu’ils auront leur siège au Salon bleu dans 12 ou 24 mois. Il n’y a que les députés qui représentent des circonscriptions avec un électorat à prépondérance anglophone qui ne paraissent pas menacés. Ce sont, en l’occurrence, des députés libéraux, qui forment le noyau dur du Parti libéral du Québec. Un noyau que même François Legault, dans les meilleures circonstances, ne peut entamer.

Les autres députés du Parti libéral, ceux qui représentent des circonscriptions à prépondérance francophone, ne peuvent être aussi optimistes. Selon les données des sondages, la Coalition de François Legault exerce un attrait considérable sur l’électorat francophone. 

Tous les députés du Parti québécois sont ainsi menacés, particulièrement ceux de la grande région de Montréal. Dans les régions, il faut tenir compte de la force des candidats, quoiqu’une vague pourrait aisément emporter avec elles les enjeux locaux, comme on l’a vu le 2 mai avec l’élection de 59 députés néo-démocrates. 

Québec solidaire perd jusqu’à 25 % de son électorat aux mains de la Coalition avenir Québec, si on en croit les intentions de vote actuelles. Amir Khadir a de bonnes chances de conserver la circonscription de Mercier, mais ce sera pour Françoise David, l’autre porte-parole de QS, tout un défi de remporter Gouin, un siège bien instable occupé actuellement par le péquiste Nicolas Girard. Dans une course entre trois principaux partis, le 4e joueur, Québec solidaire, risque de souffrir de cette nouvelle configuration. Leurs électeurs les moins convaincus risquent de vouloir participer à cette lutte à trois avec leur vote. 

L’Action démocratique du Québec a toutes les chances de disparaître, par voie d’alliance ou par la force des choses. Les députés qui composent son aile parlementaire peuvent espérer, sous l’aile de la Coalition, conserver leurs sièges, pourvu que ce passage s’effectue sans trop de heurts et qu’ils ne se voient pas accoler l’étiquette peu enviable de vire-capot. 

Les députés qui ont quitté le caucus du Parti québécois vivent une période difficile, et la suite des choses ne sera pas plus aisée. Benoît Charrette est une exception, puisqu’il envisage de rallier la Coalition, ce qui pourrait se faire assez rapidement. Les anciens adéquistes Marc Picard et Éric Caire tenteront d’en faire autant. 

Mais « la bande des quatre », les Aussant, Curzi, Lapointe et Beaudoin, aura des choix à faire. Les deux femmes ne se représenteront peut-être pas. Les deux hommes ont d’autres ambitions, apparemment. Jean-Martin Aussant a fondé un nouveau parti et Pierre Curzi ne sait plus trop comment miser sur sa popularité pour faire avancer les causes qui lui tiennent à cœur. 

Il y a aussi le cas de René Gauvreau, député de Groulx, expulsé du caucus péquiste pour mauvaise gestion de son bureau de circonscription, qui ne paraît pas en excellente position pour convaincre ses électeurs de renouveler son mandat.

Le sort des chefs

Le sort des chefs de partis n’est pas plus clair. Gérard Deltell a le choix d’être chef de presque rien ou de devenir un sous-chef d’un plus grand ensemble.

On ne peut douter de la détermination de Pauline Marois à rester en poste. Il n’est pas certain toutefois qu’elle en a la capacité. Peut-elle encore inspirer ses troupes et ses députés pour entreprendre la prochaine joute? 

Amir Khadir et Françoise David, leur titre officiel est porte-parole de Québec solidaire, seront au rendez-vous, bien sûr, de même que François Legault, chef autoproclamé de la Coalition avenir Québec.

Jean Charest montre les signes d’un homme qui veut aller au combat, une attitude qu’il se doit d’afficher, il en va de son autorité. Le premier ministre n’a plus que quelques semaines pour prendre une décision. S’il quitte la vie politique, le chef du PLQ doit laisser à son parti le temps d’élire un successeur qui, lui aussi, aura besoin de temps pour se faire connaître. Puisqu’il a l’intérêt de son parti à cœur, on saura donc bientôt à quoi s’en tenir avec Jean Charest, maintenant qu’approche le début de la quatrième année de son mandat. 

Jean Charest a beaucoup à perdre s’il fonce dans cette course à trois. Pour l’emporter, majoritaire ou minoritaire, le Parti libéral doit conserver une emprise sur l’électorat francophone. Le niveau de difficulté de ces élections pourrait encourager Jean Charest à se lancer dans la mêlée. Il est au sommet de sa forme, voire plus à l’aise, lorsque les échanges sont vigoureux. L’ennui, c’est que la meilleure des éventualités électorales risque de prendre les allures d’une victoire à la Pyrrhus. Si victoire il y a.

Dès lors que la démission de Jean Charest est évoquée, il est question de sa succession, de l’absence de succession. Certes, des noms circulent : Raymond Bachand, il y a peu de doutes, Lyne Beauchamp peut-être, Jean-Marc Fournier, possible, ou Pierre Moreau, avec un peu d’imagination. Ils ne sont pas nombreux autour de la table, celle du Conseil des ministres, à pouvoir aspirer à prendre les commandes, et il n’est pas sûr que parmi ceux-là, il y a un esprit qui gagne l’intérêt et l’adhésion des Québécois.   

Est-ce que le vide derrière Jean Charest, dont la longévité a découragé les plus prometteurs, compte parmi les facteurs qui influenceront le premier ministre? C’est faire appel à un sens du devoir et du sacrifice que l’on ne peut guère exiger d’un homme politique, mais il n’est pas impossible qu’il en tienne compte.

La démission de Jean Charest est l’événement le plus susceptible d’empêcher la tenue d’élections générales dès ce printemps.  Si Jean Charest reste, la fenêtre du printemps paraît idéale, avant le début des audiences publiques de la commission Charbonneau. Si Jean Charest démissionne, c’est le Parti libéral qui sera à la recherche d’un chef ce printemps. Et le Québec attendrait, peut-être un an de plus, avant de se prononcer sur le sort de ses élus à l’Assemblée nationale. D’ici à ce que se lève véritablement un vent électoral, cette zone de brouillard risque de maintenir son emprise sur la colline Parlementaire.

Catégorie: Québec

Caucus du PQ : en chiens de faïence

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 publié le 28 octobre 2011 à 15 h 30

Le Petit Robert : « se regarder en chiens de faïence » : se faire face dans une attitude hostile, sans se parler. 

Des députés du Parti québécois ont demandé à Pauline Marois de « réévaluer » son rôle à titre de chef, c’est-à-dire de démissionner.  Plusieurs le confirment en privé et s’abstiennent même de le nier publiquement.  Pauline Marois a refusé de démissionner. Ces députés n’ont aucune intention de quitter le caucus et Mme Marois ne peut les expulser, au risque d’aggraver la crise. 

« Ce n’est pas terminé, rien n’est réglé », a dit un député péquiste sous le couvert de l’anonymat. Certes, d’autres paraissent plus disposés à accepter la décision de Pauline Marois : « Je lui ai dit ce que j’avais à dire.  Je peux continuer à travailler avec elle. » 

Pour ajouter à la confusion, il y a ces « taupes » qui ont parlé des délibérations du caucus aux journalistes et qui, selon l’hypothèse de certains, souhaitent aussi le départ de Pauline Marois, mais veulent éviter d’en payer le prix en cas d’échec. 

Ajoutons à cela que des « dissidents » auraient refusé de se soumettre à un serment d’allégeance envers leur chef, selon le quotidien La Presse.  Le cabinet de Mme Marois confirme que ces rencontres ont eu lieu, mais refuse de dire si on a demandé aux députés de prêter un serment d’allégeance.  Mme Marois avait utilisé le même procédé auprès de tous ses députés en juin, après la démission de la « bande des quatre », avec davantage de succès, en apparence.   

Les deux camps restent donc sur leurs positions et ne pourront désormais que « se regarder en chiens de faïence ».  Si la situation n’évolue pas, si Mme Marois reste à la tête de son parti, si les « dissidents » demeurent au caucus, comment peut-on imaginer que les troupes du Parti québécois pourront mener la prochaine campagne électorale avec sérénité, conviction et enthousiasme?

Catégorie: Québec

Le dernier congrès

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 publié le 24 octobre 2011 à 19 h 00

Une chose est sûre, c’était le dernier congrès du Parti libéral du Québec avant les prochaines élections. 

Mais était-ce aussi le dernier congrès de Jean Charest comme chef du PLQ? 

Dans son discours de clôture du congrès, dimanche, Jean Charest a dit tout le contraire. Il veut développer le Plan Nord, il veut inaugurer le CHUM! 

Que d’ambitions pour un premier ministre dont le mandat actuel aura été marqué par les allégations de collusion et de corruption! 

La persévérance est certainement l’une des grandes qualités de Jean Charest. Le premier ministre transformera-t-il cette qualité en un handicap pour le Parti libéral, qui pourrait souffrir de sa présence pour un cinquième scrutin?

 Le premier ministre a deux ans devant lui avant de déclencher des élections. 

En revanche, il lui reste beaucoup moins de temps pour décider s’il demeurera à la tête du PLQ. Quelques mois à peine. D’ici la fin janvier, ce serait la fenêtre idéale pour son parti, quoique M. Charest pourrait prolonger sa réflexion jusqu’en mars. 

Mon collègue Gilbert Lavoie, du quotidien Le Soleil, disait que le premier ministre pourrait prendre une décision dans les six premiers mois de 2012. À mon avis, juin 2012, c’est bien trop tard. Le nouveau chef du PLQ n’aurait plus assez de marge de manœuvre. 

Jean Charest a peut-être l’intention de rester dans ses fonctions. Il l’affirme et le répète. Il est évident que l’homme aime la joute électorale, et c’est un adversaire redoutable dans les débats. Il a certainement envie d’en découdre avec François Legault. 

Néanmoins, que Jean Charest pourrait-il bien gagner à être de nouveau candidat? Il aime le travail de premier ministre, il l’a dit encore en fin de semaine. Est-ce que cela lui suffit pour courir le risque d’une défaite? Les sondages peuvent changer, l’attrait pour François Legault pourrait diminuer. Mais le temps commence à presser pour le premier ministre, s’il songe à quitter son poste. 

Assurer le développement du Plan Nord, au gré des besoins des compagnies privées, est-il un argument qui peut convaincre ce politicien de carrière de mettre en péril ce qui lui reste de lustre?

Catégorie: Québec