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Applaudissements : jamais vu ça en 10 ans!

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 publié le 11 septembre 2015 à 11 h 13

Ça fait 10 ans que je suis les débats à l’Assemblée nationale, et je n’avais jamais vu ça! Le ministre Jean-Marc Fournier a interrompu le point de presse du député péquiste Bernard Drainville pour lui dire qu’il était… d’accord avec lui!

D’accord sur quoi? D’accord pour interdire les applaudissements pendant la période de questions à l’Assemblée nationale.

Voyez par vous-même. Vous verrez M. Drainville être d’abord interrompu par son chef de cabinet qui doit lui dire quelque chose du genre : « Y a Jean-Marc Fournier dehors, il aimerait venir, il est d’accord avec nous. Qu’est-ce qu’on fait? » Puis M. Drainville, bon joueur, accepte que M. Fournier intervienne dans son point de presse.

En fait M. Drainville n’avait plus le choix. Il venait de faire un plaidoyer pour une meilleure collaboration entre partis, il venait de dénoncer « l’hyperpartisanerie », il ne pouvait pas refuser la demande de Jean-Marc Fournier!

 

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Mais sur le fond. Vraiment?  L’interdiction des applaudissements va-t-elle diminuer le cynisme?

D’accord, dans une atmosphère de confrontation entre oppositions et gouvernement, l’idée de se faire applaudir stimule peut-être l’effet de toge, l’enflure verbale, les mots acerbes. Tout ça disparaîtra sans applaudissements? Pas sûr!

Et voilà justement un symptôme du problème. Quand on réfléchit à la proposition de M. Drainville, on l’aborde avec un angle cynique! Il est si élevé le cynisme, en ce moment, que ma première réaction est justement celle-là : je doute!

Je me suis questionné publiquement en ondes en utilisant des expressions du genre : « Si le passé est garant de l’avenir, pas sûr qu’ils y arriveront », « Faudra voir si nos élus passent de la parole aux actes », « On verra» ou  « Je doute »!

En privé, je me suis dit qu’ils trouveraient bien un autre moyen de manifester leur approbation ou désapprobation en criant, en tapant sur leur bureau ou je ne sais quoi. Cynisme, quand tu nous tiens!

Alors, donnons la chance aux coureurs, mettons notre cynisme de côté. Applaudissons l’interdiction des applaudissements.

Prochaines étapes dans la guerre contre le cynisme? Que les ministres répondent vraiment aux questions de la période de questions, qu’ils s’arrangent pour tenir leurs promesses électorales et que nos élus laissent tomber la langue de bois. Vaste défi!

À lire : Vers la fin des applaudissements partisans à l’Assemblée nationale

Catégorie: Québec

Le cynisme

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 publié le 11 novembre 2014 à 11 h 38

Les sondages placent souvent les politiciens au bas de l’échelle de confiance (remarquez, les journalistes ne sont parfois pas bien loin). Je me suis toujours dit que ce cynisme était un peu injuste pour des femmes et des hommes qui sacrifient une carrière, un bon salaire, pour servir l’État.

Peu importe le parti, je me suis même surpris à me dire que s’ils faisaient des promesses, c’était pour les tenir. Gel des tarifs, pas d’augmentation de taxes, création d’emplois, etc.

Alors, quand le ministre des Finances Carlos Leitao a affirmé lundi que la création de 250 000 emplois sur 5 ans n’était pas une promesse du Parti libéral, mais un « objectif », j’ai compris pourquoi nos politiciens sont toujours au bas de l’échelle de confiance.

Quoi? Un objectif? Pas une promesse? On avait tous mal compris? Alors, j’ai douté. Est-ce que j’avais mal compris? Avais-je mal interprété les mots utilisés en campagne électorale?

La réponse est non! Les paroles s’envolent, les écrits restent. Dans un communiqué publié le 6 mars par le PLQ, on peut lire : « Engagement : l’équipe économique du PLQ créera 250 000 emplois en 5 ans. »

Il me semble que c’est assez clair, non?

Une déclaration déroutante

Je précise, j’aime bien M. Leitao. Je le trouve candide, pas trop langue de bois, relativement transparent, pédagogue. Mais sa déclaration est déroutante.

– Il est ministre des Finances. A-t-il déjà baissé les bras sur sa capacité à créer des emplois?

– Le gouvernement est-il si ébranlé par les pertes d’emplois de septembre qu’il voit l’avenir en noir?

– Le fameux « trio économique » tant vanté est-il en train de se faire marquer plus de buts qu’il n’en marque?

– Mais surtout : que vaut une promesse électorale si six mois plus tard elle ne tient plus?

Une déclaration malhabile

En ce sens, la déclaration du ministre est non seulement malhabile, mais elle envoie aussi un message négatif au moment même où l’économie du Québec a de la difficulté à créer des emplois.

Rassurez-vous par contre. Le gouvernement prépare la réplique. Il décortique le marché du travail, avec comme prémisse qu’on ne peut plus l’analyser comme on le fait depuis 50 ans. Les mises à la retraite et la multiplication des emplois à temps partiel remettent en question la grille d’analyse, et donc ses conclusions négatives actuelles.

À suivre…

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