Billets classés sous « course »

La direction du Parti québécois, une course?

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 publié le 27 août 2014 à 18 h 09

La possibilité de permettre à tous les Québécois de voter dans la course à la direction du Parti québécois a peu de chances de se matérialiser. Malgré l’appui du président du Comité national des jeunes du PQ, Léo Bureau-Blouin, cette idée de « primaires ouvertes » a subi un échec parmi les jeunes péquistes.

Le Conseil national des présidents du PQ se réunira le 4 octobre pour déterminer les règles de la course à la direction. Mais pour changer la constitution, comme l’exigeraient des « primaires ouvertes », il faudra que les deux tiers des participants appuient cette initiative et qu’un congrès ait lieu avant la course à la direction. Sans être impossible, cela paraît bien peu probable.

La liste des candidats potentiels, qui cachent à peine leurs intentions, est déjà longue. Pourtant, un grand nombre de candidatures risque de favoriser l’élection de Pierre Karl Péladeau, de loin le candidat potentiel le plus connu.

Le propriétaire de Québecor refuse de confirmer ses intentions, mais y a-t-il quelqu’un au Québec qui croit que M. Péladeau s’est joint au Parti québécois pour s’en tenir à la fonction de député de Saint-Jérôme?

Il y aura une course, avec beaucoup de participants, semble-t-il. Mais est-ce que ce sera une véritable course?

En fait, il est difficile d’imaginer que Pierre Karl Péladeau ne deviendra pas le prochain chef du Parti québécois. Compte tenu de la situation difficile dans laquelle se retrouve le mouvement souverainiste, comment les militants du Parti québécois pourront-ils résister aux attraits d’une candidature comme celle de Pierre Karl Péladeau?

Avec la présence de M. Péladeau, le débat gauche-droite promet de devenir un axe important de cette course, comme l’évoque mon collègue Michel C. Auger dans ce blogue.

Toutefois, l’article 1 sur la souveraineté du Québec sera aussi au coeur de cette course. Il y aura des pressés et des moins pressés.

Dans quel camp Pierre Karl Péladeau se rangera-t-il?

La réponse à cette question pourrait avoir des conséquences importantes sur l’avenir du Québec.

Si Pierre Karl Péladeau affirme que la souveraineté du Québec n’est possible que lorsque les finances publiques seront saines, c’est un retour aux conditions gagnantes. Et cela reporte plutôt loin la possibilité d’un référendum.

Si Pierre Karl Péladeau met l’indépendance du Québec au premier plan et qu’il remporte cette course à la direction, le thème de la souveraineté pourrait devenir un élément central des prochaines élections en 2018.

Catégorie: Québec

Course à la direction du PLC : le facteur Twitter

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 publié le 22 février 2013 à 18 h 33

On commence à peine à comprendre l’importance des réseaux sociaux en politique. Que ce soit comme outil de communication ou de recrutement, Facebook, Twitter et tous les autres sont devenus des incontournables.

Pour les observateurs, ce sont aussi de redoutables outils pour mesurer la popularité d’un individu.

Depuis le début de la course à la direction du Parti libéral du Canada, plusieurs suivent de façon quotidienne les abonnés des fils Twitter des candidats. Voici ce que cela donne en ordre d’importance (en date du 22 février, 10 h 45) :

Justin Trudeau : 187 665

Marc Garneau : 11 556

Martha Hall Findlay : 7451

Joyce Murray : 4790

Deborah Coyne : 2061

George Takach : 1853

Martin Cauchon : 1427

David Bertschi : 1361

Karen McCrimmon : 250 + 712 = 962 (elle a deux comptes)

Si la course est devenue, comme le croient certains, un concours de popularité, le gagnant à l’heure actuelle est clair, et il a toute une longueur d’avance!

« Justin Trudeau a une énorme présence sur les réseaux sociaux, explique Mark Blevis, un consultant indépendant en réseaux sociaux et en nouveaux médias. Il n’a pas peur de se laisser aller et d’avoir un peu de plaisir avec ces outils. »

Mais surtout, M. Trudeau recrute sur Twitter depuis ses débuts en politiques. Cela explique ses 187 000 abonnés. « Vous devez bâtir votre réseau social avant d’en avoir besoin, pas après », lance M. Blevis.

Ce qui ne veut pas dire pour autant que les dés sont jetés. La présence d’un candidat sur les réseaux sociaux n’est qu’un aspect de la course.

Plusieurs des abonnés peuvent être des membres de la famille, des journalistes, des observateurs. Plus un candidat attire l’attention, plus il attire les abonnés… ce qui ne veut pas dire qu’il attire les votes. Toujours selon Mark Blevis, « l’importance du nombre d’abonnés sur Twitter est surfaite. Ce qui est primordial, c’est comment vous communiquez avec eux ».

Ceux qui suivent un candidat sur Twitter espèrent y trouver une fenêtre plus personnelle. S’il se limite aux messages trop sérieux ou confie la gestion de son compte a un employé de sa campagne, ses abonnés (les anglophones les appellent des « Tweeples », un croisement entre « Twitter » et « People ») perdent rapidement leur intérêt.

Le web n’en demeure pas moins un outil de communication exceptionnel en politique, qui est encore loin d’être exploité à son maximum. De quoi rassurer ceux qui traînent un peu au classement.

Par souci de transparence, et pour en rassurer certains peut-être, sachez que votre humble scribe n’enregistre pour l’instant que 1966 abonnés… @dthibeaultSRC pour ceux que cela intéresse!

Catégorie: Ottawa

Tendances libérales

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 publié le 21 janvier 2013 à 14 h 12

Les débats des candidats à la direction du Parti libéral du Québec se jouent en cinq actes : quatre débats en français et un en anglais.

Après deux débats, quelques tendances se dessinent :

Raymond Bachand :

— il est celui qui semble le mieux « connecter » avec la foule rassemblée pour les débats. Il a un côté populaire et une candeur qui ne ressortent pas toujours dans les conférences de presse, mais qui s’expriment dans les conversations ou les débats.

— sans être agressif, il réserve de petites attaques contre Philippe Couillard. Est-ce que M. Bachand fait le calcul que Philippe Couillard mène la course, qu’il est deuxième et que Pierre Moreau est troisième? Peut-être. En ménageant Pierre Moreau, essaie-t-il de s’assurer de son appui lors d’un éventuel deuxième tour de scrutin pour déterminer le gagnant de la course? Possible.

Philippe Couillard :

— contrairement à ses deux adversaires, il n’est pas associé au dernier mandat du gouvernement Charest. Et clairement, il prend ses distances de l’ancien gouvernement. Sur le débat constitutionnel, par exemple, il faut aider le fruit à mûrir, dit-il, plutôt que de le laisser mûrir comme le faisait Jean Charest. Autre exemple, selon lui, la commission Charbonneau aurait dû être déclenchée plus tôt.

— en public, Philippe Couillard est un homme posé, réfléchi, qui garde son calme. Pour un politicien, ce sont de belles qualités. Mais dans un débat avec deux adversaires, on s’attend peut-être à un peu plus de passion et à un ton moins professoral.

Pierre Moreau :

sans gagner les deux premiers débats, il est celui dont les idées ont généré le plus de réactions. D’abord en proposant une réflexion sur la pertinence des cégeps, ensuite en proposant une commission d’enquête permanente sur la corruption. Les détails de ces propositions sont vagues, sinon inexistants, mais si le but des débats est de se faire remarquer, c’est réussi pour M. Moreau.

— il est par ailleurs le seul à avoir véritablement lancé une attaque contre ses deux adversaires en se questionnant sur leur passé dans cet article du Devoir. Les militants du PLQ n’aiment pas beaucoup ce genre de déclaration. Est-ce que cela pourrait lui nuire? Peut-être. Mais pour l’instant, ses adversaires ont été plutôt gentils avec lui. Rappelez-vous si un deuxième tour est nécessaire, l’exclu du premier tour prend beaucoup de valeur.

Un dernier constat s’impose. Cette course à la direction du PLQ ne soulève pas beaucoup les passions. C’est normal que la population en général ne s’y intéresse pas beaucoup, mais comment expliquer qu’un parti qui se dit rassembleur et en très grande santé n’attire qu’environ 300 militants pour un débat à Québec?

Catégorie: Québec

L’interminable course à la direction du NPD

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 publié le 14 février 2012 à 10 h 27

Il y a maintenant six mois que le NPD n’a pas de chef, et il faudra attendre encore plus d’un mois avant de savoir qui succédera à Jack Layton. Au NPD, plusieurs trouvent le temps long. Ils ont même installé un décompte (heures, minutes, secondes) sur leur écran d’ordinateur tant ils ont hâte que cette course se termine.

Au NPD, on dit qu’une course si longue est un mal nécessaire. Il fallait laisser le temps au parti pour recruter de nouveaux membres. Le déséquilibre entre les provinces était tel, que le Québec n’aurait à peu près pas eu son mot à dire dans cette course à la direction tant le nombre de membres au Québec était peu élevé. Mais la campagne de recrutement a-t-elle donné des résultats? Ceux et celles qui souhaitent devenir membres du NPD pour avoir le droit de vote au prochain congrès ont jusqu’au 18 février pour adhérer au parti… C’est le 21 février que le NPD dévoilera le résultat de cette campagne de recrutement.

Entre-temps, Nycole Turmel continue d’assurer l’intérim. Et depuis le retour en Chambre le 30 janvier dernier, le NPD a adopté une nouvelle stratégie. Peter Julian, aussi porte-parole du NPD en matière de finances, occupe un rôle beaucoup plus grand à la période de questions. Parlementaire expérimenté, il a beaucoup plus le sens de la formule et pose des questions bien ciblées, tant en français qu’en anglais.

Dans les corridors du Parlement, plusieurs pensent que si l’entourage de Jack Layton avait su que Julian se désisterait rapidement de la course à la direction, il aurait été un chef intérimaire plus efficace. Il ne faudrait d’ailleurs pas s’étonner de voir Julian prendre encore plus de place d’ici au 24 mars…

Catégorie: Ottawa

Dur jeu d’équilibre

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 publié le 13 septembre 2011 à 23 h 39

Le défi auquel les députés du NPD sont confrontés est déjà grand. Mais, soudainement, ils doivent s’adonner à un jeu d’équilibre encore plus périlleux : camper leur crédibilité comme opposition officielle, tout en s’investissant dans une course à la direction déterminante pour l’avenir du parti.

Pas surprenant que l’horaire des deux prochains jours de réunion du caucus soit chargé.

La chef par intérim Nycole Turmel commencera par établir des règles claires pour guider la conduite de son équipe pendant la course, un guide de conduite pour s’assurer que le caucus ne s’entredéchire pas.

Si le président du caucus affirme que ce n’est pas dans la tradition du NPD de se laisser aller à des guerres intestines, la réalité est que jamais le parti n’aura vécu une course à la direction où l’enjeu aura été aussi important. Chef de l’opposition officielle, l’espoir de devenir premier ministre. Donc oui, peu importe la bonne volonté de tout un chacun, le risque de déchirements cette fois-ci est bien réel, et on le sent déjà en coulisse.

La réalité c’est que le NPD doit trouver une façon que la course à la direction ne devienne pas source de distraction. Car cette session parlementaire est cruciale pour le parti, qui aurait bien de la difficulté à se remettre d’un échec cuisant face à un premier ministre conservateur qui a le champ libre comme rarement dans l’histoire.

Au cours des prochains jours, les députés devront endosser la double stratégie que le parti a développée: gagner la joute parlementaire et consolider les gains auprès de l’électorat. C’est pratiquement une feuille de route vers les élections de 2015.

Gagner la joute parlementaire, ça veut dire avoir un caucus très discipliné, toujours prêt à réagir intelligemment et efficacement aux grandes priorités du gouvernement conservateur, que ce soit au chapitre de la loi et l’ordre ou de son action économique.

Ça veut aussi dire présenter le NPD comme une option potentielle. Donc, ne pas laisser le champ libre aux conservateurs et plutôt occuper le terrain politique avec des idées, des propositions concrètes, tenter de définir le discours politique national. À surveiller ici : les propositions du NPD sur les pensions, la santé et le registre des armes à feu par exemple.

Mais tous savent que la joute parlementaire ne suffit par pour faire en sorte que les résultats des dernières élections ne deviennent pas un simple accident de parcours. Le NPD veut alors se donner les moyens de transformer les appuis soudains du 2 mai dernier en appuis fermes.

Ce n’est pas une mince tâche, surtout au Québec. Car le parti doit maintenant joindre les 1,6 million d’électeurs, mais surtout la base des groupes syndicaux, environnementaux et sociaux qui l’ont appuyé, et développer une vraie relation de confiance. Voilà le mandat de l’équipe de liaison mise sur pied au bureau de Montréal.

La course

Quant à la course à la direction, Thomas Mulcair fait durer le suspens. Le député d’Outremont affirme qu’il est en train de bâtir son équipe, récolter les appuis et qu’il doit terminer ce travail de préparation avant de confirmer s’il va ou non se lancer dans la course à la succession de Jack Layton.

Difficile de s’imaginer comment un député aussi influent pourrait dire non. Mais la barre demeure haute à plusieurs chapitres.

D’une part, son adversaire Brian Topp, qui était jusqu’à hier président du parti, part avec la longueur d’avance plus qu’imposante que lui donne l’appui d’Ed Broadbent. Il ne faut pas se tromper, cet appui est plus que symbolique, il vient avec l’immense autorité morale de cet ancien chef. Et dans un parti comme le NPD qui se décrit encore comme un « mouvement », c’est là un avantage majeur. Donc pour gagner cette course, Thomas Mulcair aura du terrain à rattraper auprès de l’establishment du NPD ailleurs au pays.

D’autre part, si Thomas Mulcair peut compter sur l’appui d’une partie importante du caucus québécois, avant de se lancer, il doit avoir les moyens de faire la preuve rapidement qu’il n’est pas que le « candidat du Québec ». Ce qui explique l’accent qu’il met sur la consolidation de son équipe d’un océan à l’autre.

Si Brian Topp a lancé sa campagne avec un coup d’éclat comme l’appui d’Ed Broadbent, Thomas Mulcair devra faire de même. Il lui s’agit maintenant de trouver comment égaler le coup d’envoi de son rival.

Catégorie: Ottawa