Billets classés sous « course à la direction »

PKP et Facebook

par

 publié le 18 septembre 2014 à 11 h 25

Depuis le départ de Pauline Marois, Pierre Karl Péladeau s’est fait on ne peut plus discret, même si personne ne doute qu’il se lancera dans la course à la direction du Parti québécois. Le député de Saint-Jérôme n’a pratiquement accordé aucune entrevue dans les médias nationaux, et il s’est refusé à tout commentaire au sujet de la course à la succession de Pauline Marois. « On n’annoncera rien tant et aussi longtemps que les règles de la course ne seront pas connues », fait valoir un de ses proches.

Or, si Pierre Karl Péladeau s’est montré discret dans les médias, il est très actif sur Facebook. Loin des longues analyses sociopolitiques qu’on peut lire sur le blogue de Jean-François Lisée, les entrées de M. Péladeau sur sa page Facebook sont, à l’image de l’homme, ciblées et directes.

L’ancien PDG de Québecor s’y affiche comme un fier nationaliste économique. Il blâme le gouvernement Couillard pour sa mollesse à défendre les sièges sociaux situés au Québec. Il s’en prend aussi au projet d’oléoduc d’Enbridge. Non sans ironie, il dénonce « cette entreprise dont le respect le plus élémentaire semble être absent envers les citoyens et n’être redevable qu’à leurs actionnaires [sic] ».

Les écrits de M. Péladeau ne font pas dans la dentelle : son ton est direct, parfois incisif. Ainsi qualifie-t-il le ministre des Ressources naturelles Pierre Arcand de « soldat », tout en l’accusant d’être « au service des intérêts de l’industrie canadienne des hydrocarbures ».

Dans un autre registre, Pierre Karl Péladeau fait écho aux mouvements indépendantistes qui animent la Catalogne et l’Écosse. Il écrit : « L’indépendance est à l’ordre du jour en Europe afin que ces nations puissent s’épanouir et s’enrichir davantage. » Sa page fait aussi la part belle au voyage qu’il a effectué l’été dernier au Royaume-Uni, et à celui qu’il a entrepris en Écosse à quelques jours du référendum.

En vrac, Pierre Karl Péladeau se prononce contre les compressions à Radio-Canada, contre l’abolition des cégeps, contre les nouvelles restrictions sur la pêche imposées par le gouvernement fédéral aux pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine.

À ces commentaires politiques s’entremêlent des entrées sur sa vie de député et des photos de famille. Julie Snyder y occupe une place prépondérante : on la voit dans des soirées mondaines, en vacances aux Îles-de-la-Madeleine et même au mariage de l’une de ses anciennes collaboratrices.

Le fils du couple, Thomas, est aussi bien visible. Son père confie lui avoir donné une leçon de « parlementarisme britannique » lors de leur passage à Londres. On le voit aussi en vacances au Mont-Tremblant et on apprend même qu’il fréquente une école publique de l’île de Montréal.

Ceux qui se demandent où Pierre Karl Péladeau loge et qui ont hâte de le voir sortir de son silence médiatique peuvent donc d’ici là se rabattre sur sa page Facebook. Ils apprendront à mieux cerner le personnage, d’autant plus que le nouveau député s’y montre très actif, laissant rarement passer une journée sans y ajouter son grain de sel.

Bien sûr, on pourra toujours dire que tous ces messages que le député de Saint-Jérôme se donne la peine d’écrire ne signifient pas qu’il ait un intérêt pour la course à la direction du Parti québécois… Mais voudrait-il préparer le terrain pour une éventuelle candidature qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

Catégorie: Québec

Ce dimanche se tiendra à Vancouver le premier de cinq débats afin que sympathisants et membres du Parti libéral du Canada choisissent un successeur à Michael Ignatieff.

Personne ne le dit officiellement, mais au Parti libéral, tous voulaient éviter deux scénarios catastrophiques. Le premier, une course qui ressemble à un couronnement. Une course au cours de laquelle personne ne rivalise vraiment avec le candidat vedette, Justin Trudeau dans ce cas précis.

Deuxième scénario à éviter, une course comme celle du NPD. Trop de candidats, trop d’inconnus qui n’ont aucune chance et qui se servent de cette tribune uniquement pour se faire connaître, ou pour stratégiquement se placer dans une bonne position au sein du parti. Il en coûtait 15 000 $ pour s’inscrire dans la course à la direction du NPD. Au début de la campagne, il y avait neuf candidats. Sept se sont rendus jusqu’au bout. Tout ça a donné lieu à une course terne et à un interminable congrès en mars dernier à Toronto.

Alors, les libéraux voulaient éviter ce scénario. Ils ont donc établi que le coût d’entrée dans la course serait de 75 000 $, ce qui est cher payé pour quelqu’un qui ne cherche qu’à se faire connaître. Ils souhaitaient donc une course à trois… quatre peut-être, mais pas plus.

Or, le Parti libéral se trouve dans la même position que le NPD. Neuf candidats sont officiellement inscrits dans la course à la direction, et parmi ceux-ci, de parfaits inconnus du grand public.

Il y a bien sûr Justin Trudeau et Marc Garneau, deux députés du Québec très connus dans le pays. Il y a aussi l’ex-ministre Martin Cauchon et l’ex-députée Martha Hall-Finlay, qui sont relativement connus, tout comme la députée Joyce Murray. Mais il faut aussi ajouter à cette liste Deborah Coyne, David Bertschi, Karen McCrimmon et George Takach. Personne ne met en doute les qualités de ces candidatures, mais personne ne croit aux chances d’au moins six des neuf candidats.

La plupart des observateurs croient que la lutte se fera entre Justin Trudeau, Marc Garneau et Martin Cauchon, et que seule une campagne désastreuse empêcherait Justin Trudeau de devenir chef du Parti libéral. Or, il y aura neuf candidats pour le premier débat.

Officiellement, tout le monde au Parti libéral dira que la démocratie sera bien servie, que les neuf candidats contribueront à un débat d’idées. Mais dans la réalité, personne au Parti libéral ne se réjouit de cette situation. Le premier débat risque d’être cacophonique ou ennuyant. La dynamique d’un bon débat n’implique jamais neuf participants. Les organisateurs libéraux doivent donc se croiser les doigts pour que quelques candidats se désistent rapidement…

Catégorie: Ottawa