Billets classés sous « Conseil des ministres »

Bisbilles en coulisse

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 publié le 18 novembre 2014 à 16 h 34

Ça grince, c’est certain.

Une rencontre spéciale du caucus libéral dédiée à la question des tarifs des services de garde est un signe indéniable d’un niveau d’inquiétude élevé parmi les élus libéraux.

Ça grince chez les libéraux, et c’est très rare.

L’entrevue du ministre de l’Économie Jacques Daoust, au quotidien Le Devoir, est une autre démonstration que les projets du gouvernement Couillard ne passent pas facilement, même au sein du Conseil des ministres!

Lorsqu’un ministre prend le soin d’expliquer qu’il n’exprime pas la position de son gouvernement, mais plutôt la sienne, dans un dossier qui est au cœur de l’actualité, c’est le signe qu’il y a des fissures.

Lorsque le premier ministre se sent obligé d’affirmer au Salon bleu que c’est « l’harmonie totale » au sein de son gouvernement, et que les ministres Daoust et Coiteux (président du Conseil du Trésor) jugent nécessaire de se serrer la main en public, c’est qu’il y a des dissensions.

Des fissures et des dissensions, c’est normal. Tous les conseils des ministres vivent des désaccords. Ce qui étonne, c’est que ces fissures deviennent visibles. Pour un gouvernement libéral, sans être inédit, c’est peu fréquent.

Alors, qu’est-ce que ça signifie? D’abord que mener de front des compressions budgétaires et des réformes majeures de structures (en santé et bientôt en éducation), c’est éprouvant, et encore plus particulièrement pour un nouveau gouvernement.

C’est aussi un signe de l’ampleur de ces compressions budgétaires, et surtout de l’importance de la hausse des tarifs des services de garde qui était envisagée par le gouvernement Couillard.

Par ailleurs, ça soulève un point d’interrogation sur la capacité du premier ministre Philippe Couillard non seulement d’assurer la bonne humeur de son caucus, mais, d’abord et avant tout, de maintenir la cohésion dans son Conseil des ministres.

Catégorie: Québec

Les lignes du jour!

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 publié le 29 mai 2014 à 14 h 05

Tous les jours, le gouvernement envoie à ses députés ce qu’on appelle « les lignes du jour ». Il s’agit des commentaires que les députés, mais surtout les ministres, doivent faire quand ils sont questionnés sur des sujets d’actualité.

À notre grand bonheur, aujourd’hui, ces « lignes » ont été envoyées par erreur aux journalistes parlementaires.

Rare plongeon dans les coulisses du message politique du gouvernement :

Deuxième séance du conseil des ministres

  • Il s’agit simplement d’un conseil des ministres pour permettre de compléter une discussion entamée hier, et pour laquelle nous avions besoin d’informations additionnelles.

Enjeux liés de près ou de loin au budget

  • Je n’ai aucun commentaire à formuler avant le dépôt du budget, mercredi prochain.

Privatisation SAQ et d’Hydro-Québec

  • La situation des finances publiques est sérieuse, il est nécessaire que nous redressions la situation, mais la privatisation de nos sociétés d’État n’est pas une solution au déficit structurel des finances publiques.
  • Le premier ministre a été clair hier et a fermé la porte à la privatisation des deux sociétés d’État.


Négociations avec les médecins (même si on questionne sur une loi spéciale)

  • Nous sommes en communication régulière avec les fédérations, d’autres rencontres sont prévues.
  • (conflit d’intérêts) : Les canaux de communication sont toujours ouverts et vous avez constaté que la FMSQ ne me voit pas en conflit d’intérêts.
  • Je ne suis plus membre de la FMSQ, car je n’avais pas renouvelé mon adhésion à l’Association des radiologistes du Québec.
  • Nous ne ferons pas de négociations sur la place publique.

 

Report du projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État

  • Le premier ministre a confié à la ministre de la Justice le mandat d’élaborer une loi sur la neutralité religieuse de l’État, l’encadrement des accommodements et la lutte contre l’intégrisme.
  • Il s’agit d’une des priorités de notre gouvernement.
  • Nous souhaitons soumettre à l’Assemblée ce projet de loi le plus rapidement possible. D’ailleurs, nous sommes déjà au travail dans ce dossier.
  • Cependant, nous allons prendre le temps de bien faire les choses.
  • Vous comprendrez également que, compte tenu de la durée de la présente session et du menu législatif déjà fort chargé, il est plus réaliste de penser que nous serons en mesure de présenter ce projet de loi aux parlementaires cet automne.

RER – hydroliennes

  • Depuis notre arrivée, nous avons demandé d’arrêter tous déboursés le temps que l’on étudie attentivement le dossier.
  • Cette étude n’est toujours pas terminée, mais nous comptons terminer celle-ci dans les prochaines semaines.
  • Cela étant dit, je ne ferai aucun autre commentaire sur le dossier, considérant le fait que l’un des dirigeants s’adresse présentement aux tribunaux et que Investissement-Québec est impliqué dans les prétentions du demandeur.
  • Voici un autre exemple d’un projet mal ficelé par la PQ, qui a manifestement agi par électoralisme plutôt que dans l’intérêt des Québécois.

 

Modulation des tarifs de garde en fonction du revenu

  • Nous voulons protéger les familles d’un choc tarifaire.
  • Nous nous sommes engagés à l’indexation, pour cette année.
  • Néanmoins, nous avons reçu le mandat de la population québécoise de procéder à une gestion rigoureuse des finances publiques.
  • C’est pourquoi le programme, comme tous les autres programmes du gouvernement, fera l’objet d’une étude du comité de révision des programmes et du comité portant sur la fiscalité.

 

Processus nomination juges Cour Suprême

  • La Cour suprême du Canada s’est penchée sur le processus de sélection.
  • Le jugement de la Cour est venu clarifier les paramètres du processus de sélection des juges de la Cour suprême.
  • Il garantit également la représentation du Québec au sein du plus haut tribunal du pays.
  • Nous nous assurons de faire valoir les intérêts du Québec en participant activement au processus. Il s’agit d’une priorité pour la ministre de la Justice.
  • La ministre a d’ailleurs eu plusieurs échanges à ce sujet avec son homologue fédéral.
  • Nous avons fait appel au secrétariat à la sélection des candidats à la fonction de juge, qui a été mis en place par notre gouvernement en 2012, afin de recommander les meilleurs candidats.

Catégorie: Québec

Le message : l’austérité?

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 publié le 23 avril 2014 à 20 h 46

Après des jours de supputations, d’analyses, de tergiversations et de pronostics, le premier ministre Philippe Couillard a présenté son conseil des ministres.

D’abord les chiffres :

Ministres : 26

Femmes : 8

Sans expérience ministérielle : 14

Surreprésentation des régions de Montréal et Québec : 80 % des ministres viennent de ces deux régions.

Mais au-delà des chiffres, ce sont les mots du premier ministre qu’il faut retenir ce soir :

« L’heure n’est plus aux mesures marginales ou cosmétiques, le moment des décisions difficiles est venu. »

« Le bateau est au quai, la traversée sera rude, mais je sais que nous arriverons à destination. »

Ces deux phrases donnent le ton. Sans le dire, M. Couillard annonce le début de ce qui pourrait être une ère d’austérité faite de décisions douloureuses pour redresser les finances publiques.

Les services seront-ils touchés? Les tarifs augmenteront-ils? Des employés seront-ils mis à pied? On peut se poser la question.

Ces questions, le ministre des Finances Carlos Leitao et le président du Conseil du Trésor Martin Coiteux devront se les poser. Et ils perdront probablement quelques heures de sommeil ces prochaines semaines à tenter d’y répondre.

Pas sûr que les Québécois aimeront les réponses…

Catégorie: Québec

Un Conseil des ministres électoral

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 publié le 18 septembre 2012 à 19 h 17

L’objectif du gouvernement Marois est de nommer un Conseil des ministres qui le mènera probablement jusqu’au prochain scrutin. Des modifications mineures, des retouches pourraient y être apportées, mais pour l’essentiel ceux qui accèderont au Cabinet y seront encore au moment où les Québécois retourneront aux urnes.

Dans ce contexte, la répartition géographique des membres du Cabinet prendra une importance particulière. Pauline Marois aura intérêt à veiller à ce que chaque région soit dûment représentée. La présence d’un ministre dans une région peut être un atout de taille, mais c’est surtout l’absence de ministre dans une région qui peut être dommageable.

Par exemple, le cas de Laval. Si Léo Bureau-Blouin n’accède pas au Conseil des ministres, cela pourrait ouvrir la porte à une nouvelle venue, Suzanne Proulx, dans Sainte-Rose.

En revanche, il y a trop d’élus talentueux en Montérégie. Certains en pâtiront, en dépit de leurs compétences.

La composition de ce Conseil soulève d’ailleurs de nombreuses interrogations. D’abord, Nicolas Marceau est-il l’homme de la situation pour occuper les finances?  Et s’il ne l’est pas, qui pourrait assumer cette fonction?

Parmi les nouveaux venus, Jean-François Lisée sera certainement assermenté ministre de ce gouvernement minoritaire. On l’imagine aux relations intergouvernementales canadiennes ou encore aux relations internationales. Mais puisque l’homme a de nombreux talents, il pourrait aussi hériter de dossiers liés à la langue.

Parmi les députés d’expérience, il est difficile de déterminer les responsabilités qui seront dévolues aux François Gendron, Martine Ouellet, Bernard Drainville, Bertrand St-Arnaud et Nicole Léger, sinon qu’ils ne seront pas laissés pour compte. Agnès Maltais aura sa place au Conseil, cela ne fait guère de doute. Et les Bédard, Hivon, Malavoy auront des responsabilités importantes.

Deux hommes de caractère, Yves-François Blanchet et Stéphane Bergeron, permettront de mesurer l’importance de la fidélité pour Pauline Marois. Le premier l’a férocement soutenue, tandis que l’autre a ouvertement flirté avec Québec Solidaire pendant la crise de leadership qui a secoué le PQ.

Plus intéressant encore, c’est le sort qui sera réservé à plusieurs nouveaux venus. Le bouillant Daniel Breton dans Sainte-Marie-Saint-Jacques devra probablement faire ses classes comme parlementaire. L’ancien journaliste Pierre Duchesne dans Borduas devrait avoir du temps, lui aussi, pour maîtriser ses nouvelles fonctions de député. Diane De Courcy dans Crémazie peut espérer le ministère de l’Éducation, quoique la bouchée soit grosse et il y a déjà Réjean Hébert, une recrue, qui deviendra sans doute titulaire de la Santé, le plus gros ministère du gouvernement. Serge Cardin, même s’il a vaincu Jean Charest dans Sherbrooke, et même s’il a été député du Bloc québécois, devrait attendre un prochain tour. Élaine Zakaïb, dans Richelieu, a de fortes chances d’obtenir un portefeuille à caractère économique.

Depuis quelques jours sur la colline Parlementaire, on entend souvent que ce gouvernement minoritaire n’aura pas droit à l’erreur. Ce sera particulièrement vrai pour ce Conseil des ministres. Si des ministres deviennent des fardeaux, ils ralentiront la progression de Pauline Marois sur le chemin escarpé qui mène à un gouvernement majoritaire.

Catégorie: Québec

La valse des rumeurs et spéculations va bon train ici à Ottawa, sur qui sera promu à quel poste dans le nouveau Cabinet Harper (pour les mordus de politique, vous pouvez même suivre les détails de minute en minute sur twitter #cabspec).

Tout en gardant le secret, l’entourage du premier ministre maintient qu’il s’agit avant tout de pourvoir aux postes vacants (il y en a 10) et de faire quelques ajustements plutôt que de redessiner de fond en comble le Conseil des ministres.

Il n’en reste pas moins que Stephen Harper est pris avec tout un casse-tête. Le dilemme est d’autant plus important que la taille du Cabinet n’a cessé d’augmenter, passant de 26 ministres en 2006, à 38 lors du déclenchement des élections.

En effet, les défis sont nombreux : il y a la faible représentation du Québec, le départ de certains de ses ministres les plus importants et le défi de la représentation régionale.

Le Québec

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Stephen Harper n’aura pas l’embarras du choix. Denis Lebel, qui était ministre d’État, risque donc de se voir promu ministre à part entière. Bien que Christian Paradis n’ait de toute évidence pas eu un immense succès comme lieutenant politique du Québec, il peut difficilement perdre du galon.

Dans les cercles politiques, plusieurs s’attendent à ce que Steven Blaney gagne en grade afin de représenter la ville de Québec au Conseil des ministres. Reste à savoir si Maxime Bernier sera pardonné pour avoir si souvent adopté des positions tranchées à l’encontre de la ligne de parti. Nombreux sont ceux à Ottawa qui préféreraient le voir demeurer à l’écart.

Pourvoir les postes les plus importants

Ministre des Affaires étrangères, président du Conseil du Trésor, ministre des Transports, voilà trois gros postes vacants (l’un, par la défaite de Lawrence Cannon, les deux autres, par les départs de Stockwell Day et de Chuck Strahl). Stephen Harper n’a pas l’habitude de donner d’immenses promotions à des recrues, et il est difficile d’imaginer qu’il enfreindrait cette règle pour des postes aussi importants.

Le poste de président du Conseil du Trésor sera particulièrement stratégique, car celui qui l’obtiendra devra piloter la rationalisation des dépenses de 11 milliards de dollars sur quatre ans. Une rationalisation promise par les conservateurs pour financer le retour au déficit zéro un an plus tôt que prévu et pour financer surtout la coûteuse promesse électorale sur le fractionnement du revenu pour les familles qui ont des enfants. Il y aura donc un effet domino à surveiller.

Dans la mesure où deux de ces ministères appartenaient à des ministres de la Colombie-Britannique, tout porte à croire que James Moore pourrait quitter le Patrimoine et obtenir une grosse promotion et devenir ainsi l’homme fort de cette province.

Jason Kenney, à qui l’on attribue une part de la victoire conservatrice grâce au succès de sa campagne de charme auprès des communautés immigrantes et à son efficacité comme ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, pourrait donc être l’un des autres ministres à l’aube d’une promotion, tout comme John Baird, à qui Stephen Harper a l’habitude de donner les mandats aussi épineux que stratégiques.

La représentation régionale

Le casse-tête est toujours le même pour le premier ministre d’un aussi grand pays, mais il est particulièrement délicat cette fois-ci parce que la majorité des nouvelles « vedettes » conservatrices élues le 2 mai proviennent de la grande région de Toronto, en Ontario.

On compte entre autres Chris Alexander, diplomate de carrière et ancien ambassadeur du Canada en Afghanistan, Joe Oliver, un avocat bilingue, spécialiste du monde de la finance et ancien dirigeant de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario, Mark Adler, fondateur de l’Economic Club de Toronto, et Kellie Leitch, chirurgienne orthopédique en pédiatrie, qui enseigne à l’Université de Toronto.

À l’inverse, du côté de Terre-Neuve-et-Labrador, l’équilibre régional joue sérieusement en faveur de Peter Penashue, seul conservateur élu dans la province.

Si, au Nouveau-Brunswick, Bernard Valcourt, ancien ministre sous Mulroney, offrait une voix francophone en Atlantique, il n’est pas le seul nouveau venu qui mérite une attention particulière. John Williamson s’est fait connaître à la tête de la Fédération des contribuables du Canada et maîtrise les rouages de la politique à Ottawa.

Et que dire de l’équilibre homme-femme? Encore là, de nouvelles recrues dans la région de Toronto permettraient au premier ministre d’augmenter le nombre de voix féminines autour de la table de son Cabinet (pour l’instant, elles ne sont que 10 sur 38).

La valse des rumeurs se poursuivra vraisemblablement jusqu’à 11 h mercredi. En attendant, force est de constater que Stephen Harper a plus que jamais l’embarras du choix pour la formation de son Conseil des ministres.

Catégorie: Ottawa