Billets classés sous « coalition »

Le grand jour pour François Legault

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 publié le 14 novembre 2011 à 9 h 07

François Legault effectue un retour en politique active aujourd’hui. 

En guise de rappel, voici quelques extraits de sa conférence de presse du 25 juin 2009, le jour de sa démission, sept mois et demi après sa réélection comme député de Rousseau. 

« Pour moi, il y a trois défis qu’il nous faudra surmonter. D’abord, le Québec a toujours un écart de richesse important avec les autres États en Amérique du Nord. Ensuite, nos réseaux publics de santé et d’éducation connaissent de graves problèmes d’efficacité. Et enfin, le Québec vit une crise des finances publiques. »

 Sur sa vision politique qui, en deux ans et demi, n’a pas tellement changé :

« Il faut changer la culture dans nos écoles, dans nos commissions scolaires, dans nos hôpitaux et dans nos agences de santé pour mettre en place une culture de l’évaluation et une culture des résultats. »

 Sur la souveraineté qui ne se réalise pas et le fédéralisme qui ne se renouvelle pas :

« […] il y a des Québécois fédéralistes qui souhaiteraient renouveler le fédéralisme, mais le fruit n’arrête plus [...] n’en finit plus de mûrir, et puis on se retrouve dans une situation où le Québec n’a pas réglé son problème constitutionnel. Donc, je pense que ce qui est vrai pour les souverainistes est aussi vrai pour les fédéralistes. »

 

« Bien, je continue à penser que la souveraineté, c’est un projet pertinent. Puis, moi, je suis un ancien puis peut-être un futur homme d’affaires, donc j’aime ça être en contrôle. Donc, de contrôler tous nos pouvoirs, c’est quelque chose, là, que je souhaiterais. Je pense qu’on serait mieux servis. Maintenant, il faut prendre acte qu’actuellement il y a tellement de cynisme, il y a tellement peu de confiance de la population envers la classe politique que tout projet politique, que ce soit la souveraineté du Québec ou des projets de création de richesse ou tout projet de société, devient presque impossible à présenter. Donc, on a des questions à se poser, tout le monde. Bon. Moi, le premier, j’ai fait 10 ans en politique, mais, vous aussi, et tout le monde, on doit se poser des questions. »

Sur la chef de sa formation politique, Pauline Marois :
(traduction de l’anglais)

Journaliste : « Pourquoi ne pas attendre et participer à une éventuelle course à la direction du Parti québécois? »
François Legault : « Il n’y a pas de course à la direction présentement, et j’ai confiance en Mme Marois. »

Catégorie: Québec

La coalition, une arme à double tranchant

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 publié le 29 mars 2011 à 17 h 29

Il faut être à Regina, dans un magasin d’articles nautiques, en train d’écouter ce qui devrait être une annonce sur les crédits d’impôt pour les PME, pour constater à quel point Stephen Harper n’a pas l’intention de lâcher le morceau sur la coalition.

Sauf que plus il revient à la charge, plus ses propres vulnérabilités sur le sujet refont surface.

Il y a eu la lettre cosignée avec Gilles Duceppe et Jack Layton en 2004.

Et Stephen Harper a beau répéter qu’il n’était pas question de ravir le pouvoir aux libéraux sans élections, de nouvelles interprétations de cette première crise parlementaire minoritaire refont surface.

Dans une entrevue accordée au National Post, l’ancien directeur de campagne et ancien chef de cabinet de Harper, Tom Flanagan, a affirmé que le scénario d’une coalition était bel et bien sur la table. Une affirmation que le principal intéressé a ensuite démentie à l’émission Power and Politics de la CBC.

Et c’est sans compter les commentaires que Stephen Harper a lui-même émis sur le sujet dans le passé et qui viennent de réapparaître sur YouTube.

C’était en 1997, il venait de quitter la politique pour diriger la National Citizens Coalition.

Questionné à ce sujet, Stephen Harper affirme aujourd’hui qu’il parlait « d’unir la droite, de rassembler les progressistes-conservateurs et les réformistes ».

 « Comme chef de mon parti depuis 9 ans, je n’ai jamais tenté de prendre le pouvoir sans une victoire dans une élection, et les autres partis ont tenté ça en 2008. »

Vrai, mais le débat est peut-être plus nuancé que ça. Car il s’agit d’établir si dans le passé il a bel et bien défendu l’idée que l’opposition prenne le pouvoir sans obtenir un mandat en campagne électorale. Il accuse justement ses adversaires de ce genre de complot.

Et… oui… le passé du chef conservateur compte dans ce débat. Ce dernier se permet bien d’invoquer le passé de ses adversaires, répétant qu’on ne peut croire la profession de foi anticoalition de Michael Ignatieff, simplement parce que les libéraux avaient tenté de former une coalition en 2008.

En ce jour 4 de la campagne, la coalition est-elle en train de se révéler une arme à double tranchant pour les conservateurs?

Toujours est-il que Stephen Harper ne peut plus simplement attaquer ses adversaires, il est forcé de défendre sa propre crédibilité sur la question.

Catégorie: Élections fédérales, Ottawa

JOUR 3 : Perdre l’initiative

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 publié le 29 mars 2011 à 5 h 28

Occasion ratée par les partis d’opposition hier de maintenir la pression sur Stephen Harper sur la question de la coalition et de garder l’initiative dans cette campagne.

La veille, embarrassé, pressé de questions par les journalistes sur sa volonté de former un gouvernement en 2004 avec l’aide du Bloc et du NPD pour faire tomber le gouvernement Martin, M. Harper avait mis fin abruptement au point de presse.

Pour la première fois, les partis d’opposition avaient réussi à amener Stephen Harper sur leur terrain : on ne peut faire confiance à un chef de gouvernement qui dit une chose un jour et le contraire le lendemain.

Plutôt que de poursuivre l’attaque hier, Michael Ignatieff a choisi de s’en prendre à l’engagement conditionnel (une fois le déficit éliminé, dans quatre ans… si les conditions le permettent!) des conservateurs à l’intention des jeunes familles.

Même si cette « promesse » électorale fait sourciller, c’est du jamais vu. Elle aura permis à Stephen Harper de reprendre l’initiative au cours de la journée, tout en continuant, en sourdine, de mettre les électeurs en garde contre la coalition irresponsable.

Catégorie: Élections fédérales, Ottawa