Billets classés sous « Coalition avenir Québec »

André Boisclair : appeler le bluff

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 publié le 30 septembre 2013 à 14 h 07

Si la politique était du poker, on dirait qu’André Boisclair a décidé d’appeler le bluff de Jacques Duchesneau et de la Coalition avenir Québec. Honnêtement, je ne sais pas si M. Duchesneau bluffe quand il affirme de façon énigmatique que la vérité finit toujours par se savoir, mais l’intention de M. Boisclair de le poursuivre pour diffamation obligera le député de la CAQ à mettre cartes sur table s’il y a un procès.

Un procès obligerait aussi l’ancien chef du PQ à abattre son jeu. Il devra expliquer comment il s’approvisionnait en drogue à la fin des années 90, avec qui il consommait, combien il dépensait, etc. Bref, des questions embarrassantes.

Chacun se retrouverait donc dans une position précaire. Jacques Duchesneau, forcé d’appuyer ses allégations sur des faits, et André Bosiclair, obligé de rebrasser son passé.

À moins que tout cela ne se termine par une entente à l’amiable, sans procès. C’est ce qui arrive la plupart du temps dans les poursuites pour diffamation. Dans ce cas, ce sont les avocats qui ramasseront la mise…

 

Catégorie: Québec

Québec 2012 Jour 7 (2) – La promesse

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 publié le 8 août 2012 à 7 h 22

Un parti qui s’engage à réduire les impôts, c’est un classique. Il est même étonnant que cet engagement n’apparaisse qu’au septième jour de la campagne électorale.

François Legault veut exempter les personnes qui ont des revenus de moins de 50 000 $ de l’impôt santé de 200 $ par année par personne. Une seconde mesure, des réductions d’impôt de 300 $ par personne, profiterait à ceux qui ont suffisamment de revenus pour payer de l’impôt.

En réalité, les électeurs comprennent qu’un politicien qui promet de réduire les impôts franchit une sorte de frontière, entre le possible et l’impossible, entre le rêve et la damnée réalité.

Les électeurs savent qu’une réduction d’impôt ne vient pas seule. Ils sont conscients que les services publics subiraient les effets de cette ponction dans les revenus.  Ils ignorent toutefois dans quelle mesure les services publics seraient touchés, mais ils réalisent que les syndicats et d’autres groupes s’opposeraient à cette approche.

Et ils doutent. Ils doutent de la promesse et de celui qui l’a formulé, car s’engager à réduire les impôts, c’est la promesse ultime, c’est l’arme atomique de la promesse électorale.  Elle ne doit pas être manipulée par des apprentis sorciers.

Est-ce que François Legault a raison de promettre ces réductions d’impôt?

J’ai hâte de vous lire.

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Québec 2012 Jour 3 – L’équipe

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 publié le 3 août 2012 à 19 h 46

On ne peut négliger l’importance des hommes et des femmes qui portent le message politique, surtout auprès des citoyens qui n’ont pas d’attache idéologique à un parti. La renommée, la réputation d’un candidat peuvent avoir une influence importante auprès de ces électeurs dont un parti a besoin pour remporter des élections.

Ainsi, la candidature de Jacques Duchesneau peut se révéler un tournant de cette campagne électorale. Ce ne sera probablement pas suffisant pour créer une vague. Mais s’il y avait une vague, elle porterait probablement la Coalition avenir Québec. Plusieurs facteurs plaident en ce sens. Et désormais, une chose est certaine, ces élections opposent trois principaux partis.

Néanmoins, la pente demeure bien raide pour François Legault. Son style un peu gauche, fait de candeur et de rigidité, ne séduit pas de prime abord. Ce handicap n’est pas insurmontable.

D’autant que le chef de la Coalition paraît avoir réussi l’improbable. Malgré des sondages peu favorables, il est parvenu à mettre sur pied une équipe qui affiche une certaine crédibilité, particulièrement avec Jacques Duchesneau. Une candidature aussi surprenante et inattendue que prestigieuse et crédible.

De surcroît, l’homme a été un acteur du principal dossier qui a accablé le gouvernement Charest tout au long de ce mandat, la collusion et la corruption dans l’octroi et la gestion des contrats publics, provinciaux et municipaux. Avouons-le, ça met du piment dans une campagne qui n’en manquait pas.

L’ancien patron de l’Unité anticollusion, qui sait apprécier les feux de la rampe, devra tout de même se méfier de son franc-parler, tout comme le Dr Gaétan Barrette devra surveiller son ton et ses métaphores. Dans le monde politique, il y a des risques à employer un langage très direct.

En revanche, si la Coalition avenir Québec veut parvenir à incarner un changement crédible auprès des Québécois, ses candidats doivent aussi faire preuve d’audace. À cet égard, la CAQ est toujours à la recherche de son équilibre.

 

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Un virage

Lorsque François Legault a lancé son mouvement en février 2011, il a attiré l’attention et gagné l’adhésion d’une part appréciable de l’électorat non francophone, jusqu’à 20 % d’entre eux.

Mais, obnubilé par la conquête de l’électorat francophone majoritaire, François Legault a envoyé le signal de son indifférence aux anglophones et aux allophones. Ceux-ci en ont tiré leurs conclusions. Le désenchantement a entraîné le désistement, et les intentions de vote des non-francophones pour François Legault ont chuté autour de 5 % depuis plusieurs mois.

Désormais, François Legault a besoin de tous les votes. Et en fin de semaine, à son congrès de fondation, la Coalition avenir Québec a pris soin d’envoyer un tout autre message à la communauté anglophone et aux allophones.

Le flirt

Oui, la Coalition a adopté une résolution qui abolit les écoles passerelles, comme s’y était engagé François Legault. Or, un gouvernement de la Coalition n’utilisera pas la clause dérogatoire pour y parvenir. La manœuvre prend dès lors un caractère moins radical et, sans doute, plus aléatoire.

Les autres résolutions de la CAQ sur la place du français au Québec sont peu contraignantes, n’ont rien de coercitif, alors que la CAQ a fait du français et de la culture, une de ses priorités fondamentales.

Oui, la Coalition prévoit l’abolition des commissions scolaires, dont les commissions scolaires anglophones, pour les transformer en centres régionaux de service.

Néanmoins, au bénéfice des médias anglophones, la CAQ avait sous la main un parfait militant anglophone qui a soutenu que l’abolition des commissions scolaires n’enfreindrait pas la Charte des droits, car, de toute façon, ce sont des anglophones qui vont continuer à administrer les écoles anglophones. La Coalition tente, au moins, de donner l’impression qu’elle est attentive au sort de la communauté.

D’ailleurs, François Legault, dans son discours de clôture du congrès, paraît déjà avoir déniché son slogan de campagne en anglais : un très efficace « We care », qui rejoint directement le nouvel objectif que s’est fixé la Coalition, celui de rassurer la communauté anglophone et les allophones.

Cette opération charme entreprise par la Coalition est-elle vouée à l’échec?  La Coalition parviendra-t-elle à effacer la première impression très négative qu’elle a faite auprès des anglophones et des allophones?

Une communauté captive

La Coalition semble avoir pris note d’un des phénomènes des élections du 2 mai :  l’électorat non francophone est capable d’infidélité et semble prêt à écouter un parti qui se fait discret sur les questions de langue et qui ne parle pas de souveraineté. Et à l’exception des écoles passerelles et du problème des commissions scolaires, le nouveau programme de la Coalition s’inscrit assez bien dans ces paramètres.

En se tournant vers les anglophones et les allophones, la Coalition s’attaque à une clientèle exclusive au Parti libéral. Le défi du parti de François Legault à cet égard est double : gagner l’adhésion d’une proportion suffisante des non-francophones pour parvenir à fissurer la mainmise du Parti libéral et procéder à ce rapprochement sans pour autant s’aliéner les francophones.

François Legault 2.0

Ce qui a davantage sauté aux yeux pendant ce congrès, c’est que François Legault n’est plus tout à fait le même. C’est un François Legault « amélioré » qui s’est présenté samedi devant des centaines de militants attentifs, mais peu rompus aux débats politiques.

Le chef de la Coalition s’est exprimé avec une aisance qu’on ne lui a pas toujours connue. Il a pris le temps de présenter son texte, il le maîtrisait bien et il a su moduler le rythme et le ton de sa voix. Son allocution a été précédée par une présentation vidéo qui mettait en relief la personnalité et la famille du chef de la CAQ, sans doute pour montrer de quoi l’homme est fait et que, malgré l’absence de candidatures de prestige pour l’entourer, il n’est pas seul pour mener son combat.

Au point de presse à la fin de son congrès, il a répondu avec davantage d’assurance et de façon plus structurée aux questions des journalistes, dont celles de mes collègues anglophones.

Et, là encore, le François Legault 2.0 a frappé de nouveau. L’anglais de François Legault a fait des progrès évidents. Le chef de la Coalition ne cherchait plus ses mots, le vocabulaire était plus juste, plus précis et ses réponses étaient émaillées de « clips », ces fameux extraits d’environ 10 secondes destinés à une consommation médiatique. François Legault est parvenu à « dérouiller » son anglais et il est tentant d’y voir un autre signe de l’intérêt de la Coalition pour la communauté anglophone et les allophones.

Le chef fondateur

François Legault est devenu officiellement le chef fondateur de la Coalition avenir Québec, sans même la tenue d’un vote de confirmation ou d’un quelconque vote de confiance. Néanmoins, l’emprise qu’il exerce sur son parti ne fait aucun doute, même si plusieurs anciens de l’Action démocratique du Québec se situent davantage à droite du spectre idéologique.

François Legault se définit désormais comme un nationaliste (il a abandonné l’étiquette « autonomiste » qui était celle de l’ADQ). Huit fois, dans son discours de clôture, François Legault a prononcé l’expression « maîtres chez nous ». À cet égard, François Legault n’est pas en porte-à-faux avec ses membres, qui semblent prêts à l’accompagner dans son délicat jeu d’équilibriste sur la question nationale.

La culture du chef et du leadership fort est déjà bien implantée dans les gènes de cette Coalition avenir Québec qui a pris son envol en fin de semaine. François Legault n’a pas à craindre les contestations internes. Non, maintenant qu’il a un programme et des militants, ce qui lui manque, désormais, ce sont des têtes d’affiche disposées à courir le risque de monter à bord pour participer à cette aventure.

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Coalition avenir Québec : à la merci des sondages

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 publié le 6 mars 2012 à 14 h 53

La marche triomphante de François Legault vers la victoire commence à prendre les allures d’un chemin de croix. Ses idées, qui l’avaient mené si près des gens, ont pris des proportions telles qu’il ne parvient plus à les porter seul.

François Legault a besoin de gens solides autour de lui. Pour l’instant, il est le seul qui est en mesure de traduire sa pensée politique et de la présenter sur la place publique au nom de la Coalition. Les autres têtes d’affiche de la CAQ ne sont pas encore au diapason du chef, dont la trajectoire intellectuelle, il est vrai, n’est pas exactement rectiligne.

Son équipe parlementaire mérite le respect qu’elle parviendra à gagner, et pour le moment, elle apparaît désorganisée et imprécise dans ses attaques.

Ce groupe de députés a ses forces, mais certainement pas celles de l’unité et de la cohésion. Leur seul point commun, c’est François Legault. D’autant que, pour le moment, le programme ressemble à un squelette que chacun cherche à habiller comme il l’entend. Il faudra attendre le congrès à la fin avril pour qu’on lui taille un complet sur mesure.

La décision des députés de la Coalition de ne pas participer aux commissions parlementaires n’était pas particulièrement avisée. Les commissions parlementaires permettent aux députés d’acquérir une connaissance plus approfondie des dossiers, et s’en priver ne représente pas en une réelle économie de temps et d’énergie. Gérard Deltell a d’ailleurs fait son apparition à une commission parlementaire la semaine dernière, ce qui est peut-être le signe que la CAQ rectifie déjà sa stratégie.

François Legault a beaucoup à faire pour stopper la dégringolade dans les intentions de vote. Sur la liste des tâches urgentes à accomplir, il doit dénicher des candidats solides qui ont quelque chose à dire et qui pensent comme lui. Il doit aussi aider son équipe parlementaire à trouver sa vitesse de croisière.

Le problème pour la Coalition, c’est que les mauvais sondages nuisent directement à sa capacité de recruter des candidats-vedettes. Dans ce contexte, chaque sondage devient cruellement important pour la CAQ. Ceux qui pourraient venir en aide au leader de la Coalition, des «pointures», scruteront attentivement les intentions de vote des Québécois et ce sera leur outil de référence pour décider s’ils partent à l’aventure avec François Legault.

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