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Le discours important

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 publié le 5 novembre 2014 à 14 h 31

On nous avait promis un discours important. Toute la journée samedi, les stratèges de François Legault disaient aux journalistes qu’ils croisaient, dans les corridors de l’hôtel où se déroulait le congrès de la CAQ, d’être très attentifs au discours que devait prononcer leur chef le lendemain.

Important, le discours l’aura été, mais peut-être pas pour les raisons qu’on avait laissé entendre dans l’entourage du chef de la CAQ. Alors qu’on nous l’avait présenté comme un discours visant à réaffirmer le nationalisme dont se réclame la CAQ, le discours aura plutôt donné l’impression que la CAQ devenait de plus en plus fédéraliste.

Depuis la fondation de sa coalition, François Legault avait toujours indiqué qu’il voulait s’extirper de la dualité opposant fédéralistes et souverainistes pour mieux relever les défis économiques auxquels le Québec est confronté. Dans cette optique, le gouvernement devait redresser ses finances publiques, après quoi la prochaine génération de politiciens pourrait rouvrir le débat sur le statut du Québec. Il leur appartiendrait alors de choisir entre le fédéralisme renouvelé ou la souveraineté du Québec.

Pour bien mettre en évidence le fait que la CAQ voulait se distancier des débats sur l’avenir du Québec, François Legault avait déjà, en campagne électorale, indiqué clairement qu’il était hors de question pour son parti d’organiser un référendum. De la même manière, on ne l’avait pas non plus entendu prendre position en faveur de la réintégration du Québec au sein de la famille constitutionnelle canadienne. Tous ces débats, qu’il assimilait à de « vieilles chicanes », ne semblaient guère l’intéresser.

Dimanche, François Legault a toutefois semblé se rapprocher de l’une des deux options auxquelles fera face le Québec lorsque ses finances publiques seront rétablies. Alors que le chef de la CAQ exclut toujours un référendum sur l’indépendance du Québec, il n’écarte plus la ratification de la Constitution canadienne, même s’il prend bien soin d’ajouter qu’il ne sera plus en politique si cela se produit.

La question est donc : qui François Legault voulait-il courtiser avec son « discours important » de dimanche? À entendre ses stratèges, on avait l’impression qu’il chercherait à attirer le vote péquiste en adoptant un fort positionnement nationaliste, et en réitérant qu’une page d’histoire s’était tournée lors des dernières élections générales avec la débandade du Parti québécois. Sauf qu’à entendre le discours et les échanges qui ont suivi avec les journalistes, on a plutôt l’impression qu’il a tenté de courtiser une certaine frange de l’électorat fédéraliste en écartant définitivement le référendum, et tout en ouvrant la porte à la ratification de la Constitution.

Ambiguïté dans les intentions? Mauvaise interprétation de la part des journalistes? Maladresse de la part de M. Legault? On n’en sait trop rien. Bref, le « discours important » de dimanche aura davantage semé la confusion qu’il n’aura éclairci les électeurs sur le nouveau positionnement de la CAQ. Une impression renforcée par le fait que, depuis, François Legault ne semble pas très enclin à vouloir préciser sa pensée sur ce sujet. Ce n’est pas la première fois que la CAQ – ou son prédécesseur, l’ADQ – se trouve ainsi assise entre deux chaises.

Catégorie: Québec

Grandeur et misère de la CAQ

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 publié le 4 septembre 2014 à 17 h 34

La démission du député caquiste de Lévis, Christian Dubé, est un véritable coup dur pour le parti de François Legault. C’est d’abord une perte parce qu’il était considéré comme un parlementaire efficace, qui pouvait parler intelligemment d’économie et de finances publiques, même s’il se permettait à l’occasion d’utiliser des arguments populistes.

Ce qui est plus embêtant pour la coalition, c’est qu’en raison du départ de M.Dubé quelques mois après les élections, il va devenir difficile aux élus de la CAQ de faire la leçon aux autres parlementaires en quelque autre matière.

La CAQ tente désespérément de minimiser l’importance de cette affaire. Le problème, c’est que le député de Chauveau, Gérard Deltell, pourrait être tenté de faire le saut dans l’arène fédérale dans les prochains mois. Lorsqu’on lui a demandé s’il s’engageait à terminer son mandat, M. Deltell se contente de répondre « c’est mon intention», ce qui est bien loin d’un engagement formel.

Les prochaines élections au Québec n’auraient lieu qu’à l’automne 2018 et, d’ici là, la CAQ cherchera à remplacer le Parti québécois en se présentant aux Québécois comme un parti nationaliste, responsable sur le plan fiscal.

Pour remplacer le PQ, François Legault part chasser sur ses terres. Après avoir dénoncé en campagne électorale la cimenterie de Port-Daniel, l’énergie éolienne en Gaspésie et les projets de minicentrales hydroélectriques, le chef de la CAQ constate que les électeurs des régions se sont montrés méfiants à l’égard de son parti.

Un « New Deal » pour les régions

Aujourd’hui, M.Legault propose un « New Deal » pour venir en aide aux régions. Un « New Deal » sans argent supplémentaire toutefois. L’enveloppe budgétaire demeurerait la même. Ce sont les critères des projets retenus qui seraient différents.

La Coalition avenir Québec veut surtout que chaque emploi coûte moins cher au gouvernement, et que ces projets offrent une chance raisonnable de rentabilité.

Ce « New Deal », qui s’ajoute au Projet Saint-Laurent, illustre surtout l’intention de la CAQ de devenir un véritable parti provincial, qui couvrirait l’ensemble du territoire québécois. Pour l’instant, la CAQ est un parti qui se concentre dans l’axe Québec-Montréal, complètement absent des régions dites ressources. L’ironie, c’est que l’île de Montréal est vierge, elle aussi, de tout député caquiste.

Ce « New Deal » est aussi la preuve que le troisième parti d’opposition poursuit sa quête pour établir des thèmes séduisants pour les électeurs.

La place du Québec au Canada

Si la Coalition veut prendre la place du PQ, en le tassant par la droite, elle devra s’interroger sur la place du Québec au sein du Canada. Sinon, qu’est-ce qui distinguerait réellement la CAQ du Parti libéral?

François Legault est nationaliste (encore souverainiste, soutenait Jean Charest), mais comment cela devrait-il se traduire dans les prises de position de la CAQ?

Jusqu’à présent, la CAQ a refusé de miser sur cet enjeu, en délaissant complètement cette question aux deux principaux partis. Si elle veut remplacer le PQ et battre le PLQ au prochain scrutin, la Coalition peut difficilement continuer à ignorer cette question.

Pour ajouter aux défis de la CAQ, le Parti libéral semble déterminé à mettre en oeuvre un programme que la CAQ n’aurait pas renié (et que le PLQ n’a jamais véritablement annoncé en campagne électorale). Ainsi, la seconde opposition risque d’éprouver de sérieuses difficultés à formuler une critique efficace des projets du gouvernement Couillard.

François Legault attaquera probablement Philippe Couillard sur l’incapacité de son gouvernement à relancer l’économie québécoise. Mais ces attaques pourraient mettre aussi en lumière un des paradoxes de la CAQ : ce parti veut assainir les finances publiques tout en relançant l’économie grâce au soutien du gouvernement. Une sorte d’État providence en équilibre budgétaire. Le « New Deal » de François Legault illustre ce paradoxe.

Ça confirme aussi que la CAQ est prête à jouer sur tous les tableaux pour se hisser au pouvoir. Mais, à vouloir vendre le Projet St-Laurent, un « New Deal » pour les autres régions et même le Plan Nord, la Coalition avenir Québec cherche à faire plaisir à tout le monde au risque de ne jamais définir sa propre personnalité.

Catégorie: Québec

Leçon de politique terrain pour les nouveaux élus

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 publié le 12 mai 2014 à 14 h 31

La leçon nous vient de Luc Berthold, ancien directeur de cabinet de la ministre déléguée aux Transports Julie Boulet, qui a témoigné à la commission Charbonneau.

M. Berthold a expliqué qu’il y avait deux types de députés : ceux qui connaissaient les règles du jeu et qui poussaient les dossiers de leur circonscription auprès du ministre et de son cabinet et auprès de la direction régionale du ministère et… il y avait les autres.

Les députés de la première catégorie voyaient leur dossier mis sur le dessus de la pile, qu’ils soient du parti au pouvoir ou de l’opposition. Quant aux autres, ils attendaient que des fonctionnaires jugent leur dossier prioritaire.

Cet ancien directeur de cabinet a souligné, qu’en 2007-2008, les députés de l’Action démocratique du Québec ne défendaient pas leurs dossiers routiers. Résultat? Les députés libéraux et péquistes les plus actifs se sont discrètement partagé les budgets disponibles.

Il est assez clair que les deux grands partis connaissent tous les trucs et qu’ils en informent leurs députés.

La Coalition avenir Québec (CAQ), qui a succédé à l’ADQ, devrait en prendre note. À ce chapitre, l’équipe de François Legault a échoué à encadrer et à canaliser l’énergie de certains de ses députés.

L’exemple le plus évident et le plus lamentable est celui de Jacques Duchesneau. La CAQ ne pouvait pas perdre les services de celui qui lui a donné un véritable élan lors de la campagne électorale de 2012. Pour y parvenir, la direction de la CAQ aurait dû le chouchouter, tout en lui tenant les ouïes serrées.

Il est évident que Jacques Duchesneau n’était pas facile à encadrer. Il a un jugement politique chancelant, mais il est populaire, et, comme le papillon, il est attiré par la lumière. En politique, on ne laisse jamais seul ce genre de gaillard. Il faut lui donner la chance de s’épanouir en sécurité, sans qu’il s’approche trop du feu. Ça n’a pas été un succès. Il a été brûlé par l’affaire Boisclair. Cela en valait-il la peine?

Un autre exemple? Stéphane Le Bouyonnec. Un homme intelligent, que l’on dit très habile pour lire un rapport trimestriel. Tous les partis ont besoin de ce genre d’élus. Mais M. Le Bouyonnec avait la fâcheuse habitude de transformer ses interventions à la période des questions en festival de la métaphore. Ce n’était pas nécessaire. Et, pendant ce temps, la circonscription de M. Le Bouyonnec (La Prairie) était laissée à elle-même. Il a été balayé le 7 avril, alors que d’autres caquistes s’en sont bien tirés.

François Legault n’a qu’un objectif en tête pour le prochain scrutin, et c’est de former le prochain gouvernement. S’il veut y parvenir, il doit prendre soin de son caucus pour éviter les crises inutiles comme celles que Pauline Marois a vécues en 2011. Il doit aussi veiller sur ses députés-vedettes, pour éviter qu’ils s’ennuient ou qu’ils tombent dans le délire des grandeurs ou de la rancoeur.

La performance de François Legault lors du second débat des chefs a sauvé plusieurs députés caquistes du désastre. Mais plusieurs députés avaient laissé leur circonscription en friche sur le plan de l’organisation. Ils dépendaient entièrement des succès du chef.

François Legault et son équipe ont intérêt à inculquer une discipline et une méthode de travail aux nouveaux députés, afin de leur permettre de demeurer les représentants de leur circonscription. Il est toujours bon, semble-t-il, de composer de temps à autre le numéro du cabinet du ministre des Transports.

 

Catégorie: Québec

Fin de campagne : les 7 jours les plus longs

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 publié le 31 mars 2014 à 11 h 09

Quels gains tenteront de faire les chefs des principaux partis en cette dernière semaine de campagne? Quelles bévues essaieront-ils de réparer?

Il y a eu ce dernier débat que Philippe Couillard a perdu, alors que le pouvoir semblait à portée de main, bien que franchement la victoire paraisse encore très proche. Sa bourde sur le français au travail tend à montrer une confusion dans l’esprit du chef libéral entre le bilinguisme individuel et le bilinguisme institutionnel. Il a tenté de rectifier le tir sans s’embourber.

Toutefois, cette déclaration était si maladroite qu’il n’est pas évident de la rectifier sans perdre la face. Une déclaration déconcertante pour le candidat d’une circonscription (Roberval) où les électeurs sont de langue maternelle française à 99 %, et dont 13 % sont bilingues (Statistique Canada, 2011). La direction que le chef libéral veut emprunter en ces derniers jours de campagne ne paraît pas bien définie.

De son côté, Pauline Marois remet la charte des valeurs à l’avant-plan, au risque d’un dérapage plus ou moins contrôlé. Les déclarations étonnantes de Janette Bertrand font penser au roulement du tambour de guerre. Entendu par tous, il appelle autant les partisans que les opposants au combat.

Il sera facile pour la chef du Parti québécois de ridiculiser l’attitude de son adversaire libéral dans le dossier de la langue, mais il faudra voir si ces attaques porteront réellement. La chef péquiste misera sur des thèmes à forte teneur identitaire et mettra tout en oeuvre pour éviter la question de la souveraineté.

François Legault a vu ses batteries rechargées par le débat. Le fait que sa femme l’accompagne jette encore plus d’ombre sur les candidats de la CAQ qui sont totalement absents de la campagne nationale. Le chef de la Coalition donne l’impression d’un homme seul, à la tête de ses maigres troupes, qui ferraille pour faire son chemin dans la mêlée. Il avait bien raison d’affirmer que c’était la bataille de sa vie et, pour ne pas périr avec son équipe, il devra donner le meilleur de lui-même cette semaine.

Françoise David de Québec solidaire va consacrer une bonne part des ses énergies à la région montréalaise, où elle espère faire un ou deux gains. Il faudra être attentif aux résultats de QS en région, voir si le parti de gauche pourra faire des gains pour ce qui est des votes, après avoir mené une première campagne à l’échelle du Québec. La polarisation du vote pourrait aussi tuer dans l’oeuf les ambitions de QS hors de la métropole.

 

Catégorie: Élections Québec, Élections Québec 2014

Aux premières loges

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 publié le 21 mars 2014 à 19 h 48

L’amateur de hockey rêve d’avoir une place à la hauteur de la glace.

L’amateur de musique rêve d’une place au milieu de la salle.

L’amateur d’automobiles rêve d’être au volant d’une Ferrari.

Moi, je rêvais d’animer un débat des chefs. Je l’ai fait et je peux vous dire que c’était mieux que ce que j’avais imaginé.

La tension du début, les regards qui s’échangent, les amabilités polies qui se disent.

Puis, le débat commence, les gants sont jetés, les regards sont accusateurs, les mots atteignent leur cible, le ton est respectueux, mais on se dit qu’on n’invitera pas les chefs à la bière après.

J’ai vu plusieurs débats à la télé. La caméra nous en montre beaucoup. Mais ce qu’elle ne peut pas nous montrer est tout aussi intéressant : les réactions outrées, les mimiques, les sourires, les « babounes ». Les chefs sont passionnés.

Pendant deux heures, ils argumentent. C’est une épreuve intellectuelle, mais physique aussi, aucun d’eux ne s’est assis pendant le débat.

Pendant les remarques finales de François Legault, Pauline Marois laisse tomber accidentellement une pile de cartons. Un soubresaut s’entend dans la voix de M. Legault, mais il continue, concentré sur le message à livrer. Le débat est terminé. Sur les images de fermeture, Pauline Marois fait comme n’importe qui aurait fait, elle se penche pour ramasser ses cartons…

La campagne continue.

Catégorie: Élections Québec 2014, Québec

Vous connaissez les farces du genre « Ça prend combien de cols bleus pour réparer un nid-de-poule? » ou « Ça prend combien de psychologues pour changer une ampoule? »

Pour cette élection 2014, je vous en propose une autre : « Combien de couleuvres un politicien peut-il avaler? »

Je sais que le collègue Vincent Marissal, de La Presse, a déjà abordé ce thème, mais je dois avouer que l’envie pour moi d’en traiter était tout simplement trop forte.

Parce que cette année, la liste des avaleurs de couleuvres s’allonge! Dans l’ordre alphabétique, en voici quelques-uns :

- Gaétan Barrette (PLQ) : En 2012, il se présentait pour la CAQ. À l’époque, les pires gestionnaires du réseau de la santé étaient les libéraux. Il n’y a pas un qualificatif négatif qu’il n’a pas utilisé pour en parler. Aujourd’hui, le PLQ est le seul qui peut régler tous les problèmes du réseau!

- Yves Bolduc (PLQ) : M. Bolduc a essuyé les attaques percutantes, presque vicieuses, de Gaétan Barrette en 2012. Aujourd’hui, il tourne la page, efface ces affrontements de sa mémoire, pour accueillir celui qui aspire à prendre sa place dans un éventuel gouvernement Couillard!

- Alexis Deschênes (PQ) : Il a quitté le réseau TVA en dénonçant à mots couverts la diminution de son indépendance journalistique. Aujourd’hui, celui qui était à la tête de son réseau de télévision veut devenir député du même parti. Aujourd’hui, il se réjouit du saut en politique de son ancien patron!

- Pierre Duchesne (PQ) : À l’époque où M. Duchesne était président de la Tribune de la presse parlementaire, il s’est battu bec et ongles contre les dirigeants de Québecor qui voulaient que des journalistes (« scabs » est l’expression qu’il utilisait) soient accrédités à l’Assemblée nationale. Il n’aurait pas fallu que quelqu’un s’avise d’inviter MM. Péladeau et Duchesne au même repas. Aujourd’hui, ils font campagne pour le même parti!

- Jean-François Lisée (PQ) : À cette même époque, celle du lock-out au Journal de Montréal, M. Lisée s’inquiétait publiquement de l’indépendance des salles de nouvelles de Québecor Média. Aujourd’hui, il justifie la candidature de M. Péladeau en disant que depuis qu’il a été nommé au conseil d’administration d’Hydro-Québec, jamais les médias de Québecor n’ont été aussi durs et critiques à l’endroit de la société d’État!

Je sais qu’on peut changer, je sais qu’on évolue, mais disons que ces couleuvres ont un petit arrière-goût qui alimentera probablement le cynisme…

Catégorie: Québec

L’effet PKP

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 publié le 10 mars 2014 à 19 h 08

Tremblement de terre, tsunami, bombe, cherchez Pierre Karl Péladeau dans le dictionnaire et je ne serais pas surpris que vous trouviez ces mots associés à son nom.

Je blague. Mais une chose est sûre, le monde politique a été secoué par sa candidature. Depuis deux jours, on ne parle que de ça, on ne parle que de « PKP ».

« L’effet PKP » se fera sentir à  court et long terme.

Court terme :

- l’acte de foi : Pauline Marois demande à ses militants de gauche, prosyndicat, de faire un acte de foi. Avec M. Péladeau, la souveraineté se rapproche. Il donne un élan vers le but ultime. Mais il faut avoir un gouvernement majoritaire. Mettez de côté certains principes pour la « cause »;

- la séduction de la CAQ : Pierre Karl Péladeau est au centre droit, il n’a pas les syndicats en odeur de sainteté. L’électorat de la CAQ pourrait être séduit;

- le PLQ sur la défensive : le Parti libéral aime dire qu’il est le parti de l’économie. En recrutant M. Péladeau, un homme d’affaires respecté et aguerri, le PQ marque des points sur cette question.

Long terme :

- la souveraineté : c’est le but ultime du PQ, sa raison d’être. Pierre Karl Péladeau parle beaucoup de souveraineté, il le fait le poing en l’air, avec passion;

- le dauphin : Pauline Marois est la chef incontestée du Parti québécois. Elle est la dame de béton, celle qui a écouté son caucus et éliminé à force de persuasion un vent de mécontentement il y a trois ans. Mais elle aura 65 ans dans deux semaines. C’est jeune et elle a plus d’énergie que moi, mais des militants du PQ pensent sûrement que M. Péladeau fera un dauphin de choix.

Varia :

- la cible : la première vraie journée de campagne de M. Péladeau n’a probablement pas été celle souhaitée par le PQ. Les nombreuses questions sur ses actions dans Québecor inc., son influence dans les médias québécois et les possibles conflits d’intérêts qui se présenteraient s’il était ministre ont écarté Pauline Marois de son plan de match. Il ne faudrait pas que « PKP » devienne une distraction négative;

- la souveraineté (bis) : autant la présence de M. Péladeau pourrait stimuler les militants souverainistes parce qu’il en parle beaucoup et semble vouloir la faire relativement rapidement, autant des électeurs qui souscrivent aux politiques du PQ (charte, vision économique, programmes sociaux, etc.) mais qui ont peur d’un référendum pourraient se réfugier ailleurs.

Une chose est sûre, on n’a pas fini de sentir les répliques du tremblement de terre…

Catégorie: Québec

Jour 3 : retour aux plans de match?

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 publié le 7 mars 2014 à 20 h 23

Il y a eu des turbulences le jour du lancement de la campagne électorale. Mais en ce troisième jour, les caravanes des chefs semblent avoir trouvé leur vitesse de croisière et à s’en tenir à leurs plans de match.

Mais, malgré les meilleures planifications, il y a souvent des embûches et des imprévus.

Pauline Marois a annoncé plusieurs nouvelles candidatures, dont Gyslaine Desrosiers (ex-présidente de l’Ordre des infirmières), Diane Lamarre (présidente de l’Ordre des pharmaciens) et Martine Desjardins (ex-présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec). Trois candidates d’origine maghrébine ont aussi fait une forte impression, Yasmina Chouakri, Évelyne Abitbol et Leila Mahiout, bien qu’elles mèneront campagne dans des circonscriptions traditionnellement libérales. Ça, c’était le plan de match. La publication des statistiques sur le chômage (-25 500 emplois) est venue assombrir cette journée de la chef péquiste, qui a essuyé un barrage de critiques des partis d’opposition. Les prochaines données sur l’emploi seront publiées le 4 avril prochain, trois jours avant le scrutin.

Philippe Couillard a annoncé les détails d’une stratégie maritime. Un plan qui exige 3 milliards de dollars d’investissements publics pour permettre 4 milliards de dollars d’investissements privés. Le chef libéral multiplie les annonces de stimulation économique soutenues par l’État. Chacune de ses annonces rend plus urgente la publication du cadre financier du PLQ, question d’y voir clair parmi tous ces engagements. De cette stratégie maritime, qui s’étale sur près de 50 pages, le risque est élevé que les électeurs retiennent surtout les accusations de plagiat lancées par François Legault, qui estime que cette stratégie ressemble beaucoup à son Projet Saint-Laurent. Il était aussi très étrange de voir Philippe Couillard entouré d’une dizaine d’hommes, et d’aucune femme, lors de son annonce. Une image très étrange en cette veille de la Journée internationale des femmes.

François Legault a proposé une charte des contribuables, dont il parle depuis quelques semaines. Pour l’essentiel, il s’agit de ne pas hausser les taxes, tarifs et impôts au-delà de l’augmentation du coût de la vie. Ainsi, le chef caquiste rejette la hausse des tarifs des garderies de 9 $ en deux ans, prévue dans le budget Marceau. Ça demeure étonnant pour un parti qui proposait des hausses d’impôts substantielles en 2012 et qui ne remettait pas en cause l’importante hausse de tarifs d’électricité prévue par les libéraux à l’époque.

Françoise David a dénoncé le sous-financement des organismes communautaires, en rappelant que si on veut véritablement aider les femmes, il serait logique de financer adéquatement les organismes qui leur viennent en aide. La porte-parole de Québec solidaire a aussi dénoncé le fait que Mme Marois n’entend pas rétablir la parité entre les hommes et les femmes au conseil des ministres. Québec solidaire s’engage encore une fois à avoir au moins autant de femmes que d’hommes parmi ses candidats.

Catégorie: Élections Québec 2014

Bienvenue au buffet de la CAQ

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 publié le 6 mars 2014 à 13 h 40

« Entrez, entrez! Le buffet est servi. Ne vous gênez pas, vous avez 19 plats à vous partager. Servez-vous! »

Le restaurant s’appelle Buffet de la CAQ. Il y a un an et demi, 1,2 million de clients étaient venus essayer le buffet. Aujourd’hui, les deux clients les plus assidus s’appellent Parti québécois et Parti libéral.

J’utilise cette allégorie simplement pour vous illustrer l’enjeu « territorial » de cette campagne électorale. Quand on parle aux stratèges péquistes et libéraux, quand on leur demande où ils pensent faire des gains le 7 avril, ils répondent invariablement que ce sera dans les 19 circonscriptions gagnées par la CAQ en 2012.

Ils laissent entendre qu’à peine deux ou trois caquistes survivront.

Je ne sais pas ce qui va se passer le 7 avril. Je sais par contre que le PQ et le PLQ mettront tous les efforts pour faire basculer les circonscriptions de la CAQ dans leur camp. Chacun cible sa région :

- le 450 pour le PQ

- Québec pour le PLQ

- le Centre-du-Québec, un peu des deux

Si vous habitez une circonscription caquiste, si vous êtes entre Québec et Montréal, dans la vallée du Saint-Laurent, ouvrez les yeux, vous verrez les autocars de chefs de parti.

Pauline Marois et Philippe Couillard seront en mission « À l’assaut de la CAQ! ».  François Legault, en mission « Résistons à l’attaque! »

On verra le 7 avril, s’il y a eu plusieurs « plats de résistance »…

Catégorie: Élections Québec 2014, Québec

Des élections, des enjeux

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 publié le 4 mars 2014 à 20 h 32

Quand vous vous lèverez, mercredi matin, le paysage de votre ville, de votre village aura changé. De drôles de décorations auront, comme par enchantement, poussé sur les poteaux. Vous y verrez des gens souriants, qui vous demanderont de voter pour eux.

En matinée, la première ministre Pauline Marois demandera au lieutenant-gouverneur de dissoudre le Parlement. Ce ne sera qu’une formalité. Malgré une loi prévoyant des élections à date fixe, on voit mal le représentant de la reine au Québec refuser.

Mais pourquoi doit-on avoir des élections?

Mme Marois parlera de blocage, de l’incapacité de son gouvernement d’agir, de faire adopter les politiques qu’il veut.

Nous, les analystes, nous décortiquerons ses raisons, nous jugerons qu’elles sont bonnes ou mauvaises. Ces questionnements dureront une journée ou deux, après on regardera en avant et on attendra de nos partis politiques qu’ils présentent des solutions aux problèmes de la province.

Quatre enjeux à surveiller :

1- l’économie : on attend de notre gouvernement qu’il stimule l’économie, qu’il crée de la richesse et des emplois. La gestion des finances publiques sera un enjeu important, même si nous nous sommes habitués aux déficits.

2- la santé : on peste contre les longues listes d’attente, les sales maladies qu’on peut attraper dans les hôpitaux. Mais comme pour les finances publiques, on se résigne. Au point où on ne croit plus vraiment les remèdes proposés par nos politiciens.

3- l’intégrité : ce sera la deuxième élection où on en parlera beaucoup. Qui lave plus blanc que blanc? Qui est le plus intègre? Qui défend le mieux les intérêts des Québécois que les intérêts de son parti?

4- l’identité : une nouvelle venue, avec la charte des valeurs. Faut-il interdire les signes religieux ostentatoires dans la fonction publique? Qui défend le mieux les «valeurs québécoises?» Quelles sont ces valeurs?

Ça va durer 33 jours, en espérant qu’au bout de l’exercice, nous aurons des réponses…

Et vous, pourquoi pensez-vous qu’on doive avoir des élections?

Catégorie: Québec