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PQ : bruits de corridor

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 publié le 10 juin 2014 à 10 h 26

Députés réélus ou candidats défaits, conseillers, militants, présidents de circonscription… Malgré le temps superbe, tous s’étaient déplacés, samedi, pour assister à la conférence nationale des présidents du Parti québécois dans un hôtel de Drummondville. Ils étaient là, bien sûr, officiellement, pour faire le point sur la dernière campagne et rendre hommage à leur chef démissionnaire.

Pendant qu’on discutait à huis clos des causes de la défaite, dans les corridors de l’hôtel, des candidats pressentis pour succéder à l’ex-première ministre frayaient avec les militants. Un ancien député, défait le 7 avril, raconte qu’au moins trois personnes dont les noms circulent pour succéder à Pauline Marois l’ont approché au cours de la fin de semaine en lui disant qu’ils avaient besoin de lui parler. « Je me demande bien pourquoi! », a-t-il ironisé.

Malgré tous les bons efforts des journalistes, aucun député n’a admis qu’il envisageait de se présenter à la succession de Pauline Marois. En coulisse toutefois, les militants ont déjà commencé à soupeser les mérites des uns et des autres.

Si certains voient dans l’adoption de la Loi concernant les soins de fin de vie un tremplin pour Véronique Hivon, d’autres estiment que la députée devra commencer à aborder d’autres thèmes si elle veut se démarquer. Son bon ami, Alexandre Cloutier, a eu le bonheur de voir son idée d’ouvrir le choix du prochain chef du PQ à tous les Québécois, par l’entremise d’une primaire ouverte, être reprise dans une résolution adoptée par la conférence. Certains doutent toutefois qu’il se présente si Véronique Hivon elle-même se lance dans la course.

Ironiquement, c’est Jean-François Lisée qui a insisté, après l’adoption de cette résolution, pour que les journalistes recueillent ses commentaires. Il s’est réjoui de ce geste, mais plusieurs disent qu’il s’est fait couper l’herbe sous le pied par son collègue Cloutier.

Alors qu’un sondage Léger-Marketing-Le Journal de Québec publié samedi donnait l’avance à Pierre Karl Péladeau dans la course à venir, le principal intéressé se promenait d’un groupe à l’autre en fauteuil roulant dans les corridors de l’hôtel. Son principal défi consistera à tisser des liens avec l’aile gauche du parti, a-t-on fait valoir dans son entourage. Certains n’ont d’ailleurs pas manqué de remarquer que c’est avec Daniel Breton qu’il a choisi de partager le repas du midi sur la terrasse de l’hôtel.

Bernard Drainville, lui, s’est fait discret. « La question du leadership, ce n’est pas ce qui me préoccupe présentement», a-t-il laissé tomber. Mais pour combien de temps encore.

Catégorie: Québec

Le débat à travers les candidats

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 publié le 21 mars 2014 à 12 h 50

C’est classique, lors de chaque élection, tous les partis se vantent d’avoir réuni la meilleure équipe. Or, les débats télévisés sont, sans le moindre doute, l’affaire exclusive de chefs. Peu de candidats ont la chance (ou la malchance, c’est selon) d’y voir leur nom être spécifiquement mentionné. Ceux à qui cela arrive appartiennent habituellement au groupe des candidats vedettes. Voici donc une lecture du premier débat de cette campagne à travers les noms des candidats qui ont été cités.

Réjean Hébert
Pauline Marois a cité le nom de son ministre de la Santé sortant en réponse à une question de Françoise David pour dire à quel point ce dernier était un homme plein de compassion qui faisait tout ce qu’il pouvait pour soutenir les personnes âgées.

Gaétan Barrette et Yves Bolduc
À l’inverse, ce n’est pas le chef libéral qui a cité le nom de son candidat vedette, Gaétan Barrette, pressenti pour occuper le poste de ministre de la Santé si le PLQ est élu. C’est plutôt Pauline Marois qui a évoqué son nom, afin de mieux le qualifier de « lobbyiste ». Les médecins, soutient la chef péquiste, sont partis avec la caisse en se négociant de faramineuses augmentations de salaire. La chef péquiste a aussi nommé Yves Bolduc, qu’elle a placé dans la même catégorie que Gaétan Barrette.

Pierre Karl Péladeau
La chef péquiste a par contre elle aussi vu un de ses candidats vedettes être attaqué par ses adversaires. Philippe Couillard a insisté pour dire que la mise en place d’une fiducie sans droit de regard n’était pas suffisante pour garantir l’indépendance des salles de presse de Québecor si le patron du groupe accédait à un éventuel cabinet péquiste.

Christian Dubé
C’est au chapitre de l’économie que François Legault a nommé un des seuls candidats – sinon le seul – dont il a parlé durant la soirée. Christian Dubé, a dit le chef caquiste, a déjà redressé des entreprises, et il sera donc capable de faire le ménage dont le Québec a besoin. François Legault a également soutenu qu’il était le seul chef à compter dans ses rangs autant de gens d’affaires ayant réellement créé des emplois dans le secteur privé.

Carlos Leitao
Des trois membres de son trio économique, c’est Carlos Leitao que Philippe Couillard a choisi de nommer. Il a fait référence à son candidat vedette dans Robert-Baldwin pour vanter la solidité de son équipe économique.

Fatima Houda-Pepin
Le candidat dont l’évocation a fait le plus grand bruit est sans l’ombre d’un doute Fatima Houda-Pepin. Pauline Marois a cité le nom de la candidate pour servir une réplique cinglante à Philippe Couillard. « Il y a une seule femme que j’ai vue perdre son emploi au Québec [à cause de la charte des valeurs], c’est Fatima Houda-Pepin », a lancé la chef péquiste au chef libéral.

Jean-François Lisée
À son tour, Philippe Couillard a tenté d’embarrasser Pauline Marois, en faisant référence à des propos tenus le jour même par Jean-François Lisée, un peu comme Jean Charest l’avait fait en 2003 en servant à Bernard Landry des propos de Jacques Parizeau. « On est heureux de l’entendre parfois, M. Lisée, qui a dit au cours des dernières heures qu’il invitait Mme David à se joindre au Parti québécois de façon à garantir qu’il puisse y avoir un référendum au cours du prochain mandat », a lancé Philippe Couillard. L’effet n’a cependant pas été le même qu’en 2003, Pauline Marois endossant rapidement les propos de son candidat vedette.

Bernard Drainville
Le nom de celui qui a porté le projet de charte des valeurs a aussi été mentionné au passage par les adversaires de Pauline Marois pour souligner l’absence de volonté alléguée du Parti québécois de faire des compromis afin d’adopter une charte plus « consensuelle » que celle présentée l’automne dernier.

Finalement, il semble que c’est l’équipe du Parti québécois qui ait fait le plus parler d’elle durant ce débat, ce qui n’est pas étonnant vu qu’il s’agit du gouvernement sortant. Mais cela ne veut pas dire que l’équipe péquiste s’en sorte à meilleur compte, plusieurs des références ayant été faites par ses adversaires pour mieux accabler Pauline Marois.

Catégorie: Élections Québec 2014, Québec

Tendances libérales

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 publié le 21 janvier 2013 à 14 h 12

Les débats des candidats à la direction du Parti libéral du Québec se jouent en cinq actes : quatre débats en français et un en anglais.

Après deux débats, quelques tendances se dessinent :

Raymond Bachand :

— il est celui qui semble le mieux « connecter » avec la foule rassemblée pour les débats. Il a un côté populaire et une candeur qui ne ressortent pas toujours dans les conférences de presse, mais qui s’expriment dans les conversations ou les débats.

— sans être agressif, il réserve de petites attaques contre Philippe Couillard. Est-ce que M. Bachand fait le calcul que Philippe Couillard mène la course, qu’il est deuxième et que Pierre Moreau est troisième? Peut-être. En ménageant Pierre Moreau, essaie-t-il de s’assurer de son appui lors d’un éventuel deuxième tour de scrutin pour déterminer le gagnant de la course? Possible.

Philippe Couillard :

— contrairement à ses deux adversaires, il n’est pas associé au dernier mandat du gouvernement Charest. Et clairement, il prend ses distances de l’ancien gouvernement. Sur le débat constitutionnel, par exemple, il faut aider le fruit à mûrir, dit-il, plutôt que de le laisser mûrir comme le faisait Jean Charest. Autre exemple, selon lui, la commission Charbonneau aurait dû être déclenchée plus tôt.

— en public, Philippe Couillard est un homme posé, réfléchi, qui garde son calme. Pour un politicien, ce sont de belles qualités. Mais dans un débat avec deux adversaires, on s’attend peut-être à un peu plus de passion et à un ton moins professoral.

Pierre Moreau :

sans gagner les deux premiers débats, il est celui dont les idées ont généré le plus de réactions. D’abord en proposant une réflexion sur la pertinence des cégeps, ensuite en proposant une commission d’enquête permanente sur la corruption. Les détails de ces propositions sont vagues, sinon inexistants, mais si le but des débats est de se faire remarquer, c’est réussi pour M. Moreau.

— il est par ailleurs le seul à avoir véritablement lancé une attaque contre ses deux adversaires en se questionnant sur leur passé dans cet article du Devoir. Les militants du PLQ n’aiment pas beaucoup ce genre de déclaration. Est-ce que cela pourrait lui nuire? Peut-être. Mais pour l’instant, ses adversaires ont été plutôt gentils avec lui. Rappelez-vous si un deuxième tour est nécessaire, l’exclu du premier tour prend beaucoup de valeur.

Un dernier constat s’impose. Cette course à la direction du PLQ ne soulève pas beaucoup les passions. C’est normal que la population en général ne s’y intéresse pas beaucoup, mais comment expliquer qu’un parti qui se dit rassembleur et en très grande santé n’attire qu’environ 300 militants pour un débat à Québec?

Catégorie: Québec

Président recherché pour Assemblée nationale

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 publié le 4 avril 2011 à 18 h 48

Ce ne sera pas une présidente, cela est certain. Fatima Houda-Pepin a décidé de ne pas présenter sa candidature, une décision annoncée par communiqué pendant le caucus libéral ce matin (lundi 4 avril). Ce ne sera pas François Ouimet, député libéral de Marquette, qui a annoncé son intérêt à l’entrée de ce même caucus libéral pour, finalement, ne jamais soumettre son nom. Le caucus libéral s’est rallié (l’expression est du PM Jean Charest), et Jacques Chagnon est devenu le seul candidat qui émane de la majorité gouvernementale. 

Au Parti québécois, on juge que la candidature de Jacques Chagnon est acceptable. Mais qu’en est-il du député péquiste (et vice-président de l’Assemblée nationale) François Gendron?  Ce n’est pas le candidat du caucus péquiste, dit-on au PQ, mais plutôt une initiative individuelle. 

Ça se présente mal, pour le moins, pour le doyen de l’Assemblée nationale. Une rencontre des élus péquistes demain midi (mardi 5 avril) permettra à François Gendron de mieux jauger ses appuis.

L’indépendant Marc Picard brigue aussi les suffrages de ses collègues. L’ancien adéquiste aura besoin d’un miracle demain pour accéder à cette fonction.

Plusieurs médias ont dénoncé le travail de l’ancien président Yvon Vallières. Mais, bien franchement, son successeur pourra-t-il faire mieux, s’il est confronté au même niveau d’hostilité entre libéraux et péquistes?

Des commentateurs évoquent la nécessité pour le prochain président de prendre des mesures musclées. Plus facile à dire qu’à faire… Imaginez-vous le successeur d’Yvon Vallières expulser le leader de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale? Ou encore, comment pourrait-il contraindre un ministre à offrir une véritable réponse à une question de l’opposition? 

Quelles sont les options du prochain président pour assainir le climat à l’Assemblée nationale? 

Je ne crois qu’en l’autorité intellectuelle pour ce genre d’assemblée; des élus ne peuvent être régis à coups de baguette, pas longtemps en tout cas. Lequel parmi Jacques Chagnon, François Gendron et Marc Picard a les neurones assez musclés pour dompter la vigueur excessive du débat démocratique à Québec?

Catégorie: Québec