Billets classés sous « budget »

Observations préélectorales

par

 publié le 14 février 2014 à 12 h 09

Il suffit de jauger quelques instants l’humeur de l’Assemblée nationale pour comprendre que des élections sont imminentes.

Une analyse de Michel Pepin

En réalité, c’est comme le serpent qui se mord la queue : la possibilité d’élections à court terme entraîne une détérioration du climat au Parlement et cette détérioration est telle qu’elle rend presque nécessaire la tenue d’élections.

Bref, les Québécois iront bientôt voter, à moins d’un improbable changement de cap. Les dénégations inévitables de la première ministre n’ont rien de convaincant.

Cette proximité des élections a des effets tangibles dans les partis.

Le chef libéral monte le ton. Philippe Couillard réclame un budget avant les élections, mais cache à peine son intention de le dénigrer dès son dépôt.

Sur le projet de charte des valeurs, M. Couillard ne se contente plus d’affirmer que ce projet passe à côté du principal enjeu, soit la lutte contre l’intégrisme. Non, il en a ajouté, mercredi soir, devant des militants à Québec. Il a prédit que la charte, une fois adoptée, pourrait devenir un outil de propagande pour les intégristes : « C’est du gaz qu’on donne aux intégristes quand on renvoie des femmes à la maison », selon Philippe Couillard.

En guise d’esquive, Philippe Couillard a soutenu jeudi que ce n’était pas la première fois qu’il lançait une telle attaque contre le projet de charte des valeurs.

Incapable d’en trouver une trace, j’ai réclamé une référence à l’attaché de presse du chef libéral. Je l’attends encore.

Les libéraux et les caquistes multiplient les attaques dans le dossier BLF qui met en cause la famille de la première ministre, bien qu’ils n’ont pas été en mesure d’ajouter le moindre fait nouveau aux révélations de la commission Charbonneau.

En revanche, il faut reconnaître qu’il y a des éléments étranges dans ce dossier BLF. La rencontre entre Michel Arsenault, qui était président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), et Pauline Marois au club privé 357c à Montréal est troublante. Elle est survenue quelques heures après une conversation téléphonique (enregistrée par les autorités policières) entre Michel Arsenault et Jean Lavallée (qui était président de la FTQ-Construction) à ce sujet.

De quoi a-t-il été question pendant cette rencontre? Pas de réponse claire de la première ministre, pas plus que de Michel Arsenault.

D’autres questions s’adressent au Fonds de solidarité, dont ce financement de 30 ¢ sous les 3 millions de dollars. Si le financement avait atteint cette limite, c’est le conseil d’administration du Fonds de solidarité de la FTQ qui aurait dû décider de l’opportunité de cet investissement, qui s’est révélé jusqu’à présent déficitaire pour cet organisme.

Mais pas de déficit, au contraire, pour Claude Blanchet, le mari de la première ministre, si l’on tient compte des frais de gestion qu’il a perçus au sein de l’entreprise BLF. On entend aussi les libéraux chuchoter que ça donnait du travail au fils de la première ministre, qui s’occupait de la location des logements.

Le leader du gouvernement, Stéphane Bédard, a rétorqué en interrogeant ses vis-à-vis sur le silence des avocats de leurs partis politiques à la commission Charbonneau. S’il y avait un problème, pourquoi n’ont-ils pas posé ou suggéré des questions aux procureurs de la commission Charbonneau?

Par ailleurs, que penser de cette intervention plus que douteuse du bureau du ministre des Finances Nicolas Marceau auprès d’un attaché politique de la Coalition avenir Québec (CAQ)?

Le bureau de M. Marceau a reconnu que « les questions de la CAQ sur le salissage contre la famille de Mme Marois » ont été évoquées comme un facteur qui a empêché une collaboration entre le gouvernement et la CAQ pour une réforme de la gouvernance du Fonds de solidarité de la FTQ.

De toute évidence, il y a en a qui agissent désormais comme si tout était permis.

La CAQ ne laisse pas sa place, en évoquant le cas d’un ancien entrepreneur péquiste, aujourd’hui décédé, qui a été mentionné dans une affaire de fausse facturation à la commission Charbonneau. Le chef de la CAQ, François Legault, a jugé bon de demander à la première ministre si le PQ comptait rembourser les contributions politiques de 11 000 $ que le défunt a versées au cours de son existence.

Avis aux intéressés : ne pas se surprendre que les scandales à titre posthume se retrouvent près de la rubrique nécrologique.

Je note aussi que le gouvernement Marois a réclamé la publication immédiate de tous les mémoires de consultation sur le projet de charte des valeurs. Puisque la dissolution de l’Assemblée nationale mettrait un terme à la consultation, ce serait un moindre mal pour le gouvernement, si tous les mémoires étaient rendus publics avant les élections. Le Parti libéral et la CAQ s’y sont opposés.

Cimenterie à Port-Daniel, exploration pétrolière dans l’île d’Anticosti, blitz d’annonces en Mauricie, et un budget très bientôt. Les journalistes ont intérêt à préparer leurs valises et, surtout, à apporter beaucoup de vêtements de rechange.

Cela pourrait être salissant.

Catégorie: Québec

Philippe Couillard tente une nouvelle stratégie

par

 publié le 13 février 2014 à 12 h 04

Philippe Couillard
Philippe Couillard

BILLET D’HUGO LAVALLÉE – Plusieurs auront remarqué le ton plus incisif adopté par Philippe Couillard depuis le début de la semaine. En chambre, le chef libéral n’a pas hésité à lancer des flèches à Pauline Marois. « La première ministre pourra poser des questions quand elle sera de retour de ce côté de la Chambre. » « Je répète la question parce que la première ministre […] ne répond pas à ma question. » Telles sont des phrases que l’on a pu entendre ces derniers jours.

Le chef libéral admet lui-même publiquement que, même s’il continuera « de respecter les personnes », il entend dorénavant adopter « un ton ferme ». Dans l’entourage de Philippe Couillard, on reconnaît avoir tiré une leçon des critiques qui se sont multipliées ces dernières semaines à propos des louvoiements du chef libéral.

« M. Couillard réfléchissait parfois à haute voix, explique un proche. On lui a fait comprendre que les Québécois ne veulent pas entendre leurs leaders politiques remuer des idées, ou expliquer leur parcours intellectuel. Ils veulent entendre des positions claires. »

On comprend en filigrane que le discours de Philippe Couillard était parfois empesé par des détours intellectuels contre-productifs sur le plan de la communication. Mais, prévient-on, c’est justement l’intelligence du chef libéral qui lui permettra de reprendre l’initiative : il ne répétera pas les mêmes erreurs.

La question du budget

D’autres encore auront aussi remarqué que Philippe Couillard a lourdement insisté sur la nécessité pour le gouvernement de présenter un budget en bonne et due forme avant le déclenchement des prochaines élections.

En coulisse, toutefois, on explique ne pas tenir si fort à ce qu’un budget soit déposé. En fait, les libéraux estiment qu’ils seront avantagés quoi qu’il advienne.

Si le gouvernement dépose un budget, le PLQ pourra mettre en doute la valeur des chiffres en rappelant le scénario de 2003. Pauline Marois, ministre des Finances, avait alors déposé avant les élections un budget équilibré qui s’était avéré déficitaire quelques mois plus tard.

Et si le gouvernement ne dépose pas de budget, la partie sera encore plus facile, puisque les Libéraux auront beau jeu pour accuser le Parti québécois de vouloir « cacher les chiffres ».

Dans un cas comme dans l’autre, le PLQ estime pouvoir sortir gagnant de l’épisode budgétaire… qu’il ait lieu ou non.

Catégorie: Québec

Jim Flaherty, un dernier tour de piste?

par

 publié le 12 février 2014 à 13 h 01

Jim Flaherty a entamé son point de presse à l’intérieur du huis clos budgétaire en disant : « Au départ, comme vous le savez, ce fut une longue route que celle de la grande récession à un budget équilibré. On n’y est pas tout à fait, mais on y arrive. Et on y sera certainement l’an prochain. »

La phrase, mais aussi le ton et le langage corporel, ressemblait à celui de l’homme qui vient de mener le peuple élu à la Terre promise. Un homme amoindri dont la maladie vient puiser l’énergie, ce qui le force, il le reconnaît, à faire certains compromis. Mais pas au point de ne pas veiller à l’essentiel, le processus budgétaire.

Interrogé sur sa santé dans ses entrevues de la fin de semaine dernière, M. Flaherty se disait en meilleure forme qu’à pareille date l’an dernier. Il avait alors révélé qu’une rare maladie de la peau le forçait à prendre des médicaments dont les effets secondaires nuisaient un peu à sa forme et à son horaire. À ceux qui posaient la question sur sa forme actuelle et l’avenir prochain, il a laconiquement répondu : « Je suis bien. » Sans en dire plus sur ses intentions.

Sur le plan politique maintenant, on a vu ces derniers jours un Jim Flaherty qui donnait des impressions personnelles sur des décisions à venir. Ça amène à poser la question de sa présence l’an prochain, année où le tournant sera pris et le déficit éliminé. En fait, c’est un surplus prévu de 6,4 milliards dollars en 2015-2016, et un débat sur son utilisation et les décisions qu’il entraîne.

Deux dossiers à mon avis sont révélateurs : la dette et le fractionnement du revenu. Deux manières envisageables d’utiliser en tout ou en partie le surplus attendu.

Mardi soir, en entrevue avec le collègue Peter Mansbridge de CBC, M. Flaherty disait que, personnellement, il rembourserait la dette avec les surplus de l’an prochain, justification à l’appui, alors qu’on attribue au gouvernement Harper l’intention d’utiliser les sommes dégagées à des fins électorales en prévision du scrutin d’octobre 2015. Faire une élection sur l’atteinte de l’équilibre et le remboursement de la dette fédérale? Ça va plaire à une certaine clientèle alignée derrière la Fédération canadienne des contribuables. Mais bon, il n’y a pas de quoi faire vibrer la fameuse « classe moyenne ». Pas sûr donc que les stratèges conservateurs veulent laisser aller la manne du côté d’un enjeu aussi peu « sexy » que la dette.

Il y a plusieurs autres possibilités bien plus racoleuses politiquement, dont une qui est une promesse résiduelle de la dernière campagne électorale : le fractionnement du revenu, pour abaisser les impôts des familles avec enfants de moins de 18 ans. La promesse remettrait potentiellement dans les poches de ces familles autour de 3 milliards chaque année. Les conservateurs trouvent anormal que deux ménages ayant des revenus totaux de 120 000 $, avec un salarié à 120 000 $ ou deux à 60 000 $, ne paient pas les mêmes impôts. Le ménage à un seul gagne-pain en paie davantage. Si le conjoint qui fait 120 000 $ peut transférer une partie de ses revenus à celui qui n’a pas de revenu, l’écart diminue, voire disparaît. C’est une question d’équité.

Je vous épargne le débat social autour de l’incitatif à maintenir un des conjoints, plus souvent la mère de famille, à la maison. Uniquement sur la question des revenus, plusieurs études en sont venues à la conclusion que les ménages à plus haut revenu en tireraient plus largement bénéfice. Ça semble avoir ébranlé M. Flaherty dans sa conviction que c’est LA façon de mettre un peu d’équité dans le régime fiscal. Le fait que la clientèle qui en profiterait soit assez limitée en nombre joue peut-être aussi.

M. Flaherty avait l’air moins que déterminé en essayant ses chaussures budgétaires vendredi dernier à aller de l’avant avec le fractionnement du revenu pour l’impôt. Il y avait encore plus d’hésitation dans une de ses  entrevues prébudgétaires et en point de presse ce matin. Visiblement hésitant, M. Flaherty indiquait qu’il conviendrait d’avoir un débat en profondeur pendant la prochaine année avant de s’engager dans cette voie.

Il s’est même interrogé tout haut à savoir si la mesure pouvait être « bénéfique pour la société ». Intéressant quand même venant de l’homme qui a fait passer l’âge d’admissibilité à la Sécurité de la vieillesse de 65 à 67 ans sans débat, ou qui a simplement mis les provinces devant le fait accompli des nouvelles formules pour les transferts en santé et pour les programmes sociaux.

Bref, un général qui y va avec le fond de sa pensée et qui ne semble pas s’encombrer de considérations tactiques à court terme, alors qu’il va avoir le plein contrôle des munitions de son armée en prévision de la prochaine grande bataille. Pas certain que c’est lui qui va monter au front.

À noter en plus qu’il y a une porte de sortie élégante et gratifiante pour M. Flaherty s’il ne doit pas présenter le prochain budget. Il pourrait prendre tout le crédit du retour à l’équilibre en novembre, avant le prochain budget donc, au moment de la mise à jour financière. Deux possibilités en plus, ou bien on aura alors les chiffres qui permettront d’annoncer un surplus dès cette année ou on pourra le « garantir » pour l’année cible initiale, soit 2015-2016.

Catégorie: Ottawa

Loi sur l’équilibre budgétaire, et puis après…

par

 publié le 10 février 2014 à 8 h 22

Jim Flaherty devrait confirmer dans son budget de demain sa prévision d’un retour à l’équilibre budgétaire pour l’année financière 2015-2016. À moins qu’il ne souffre d’un élan soudain de transparence et se laisse aller à le prévoir dès cette année, comme il est fort possible que cela arrive de toute façon.

Ses déficits des dernières années ont été plus bas que prévus, et sa mise à jour de la mi-novembre prévoyait un déficit de seulement 5,5 milliards de dollars pour l’année 2014-2015 qui commence le 1er avril prochain. Cette somme inclut un ajustement en fonction du risque sur les revenus de 3 milliards qui pourrait bien ne pas servir. Et hop! on n’est plus qu’à 2,5 milliards.

Ajouter à cela une petite enchère qui pourrait être payante, celle des fréquences de 700 MHz (la précédente avait rapporté plus de 4 milliards), et une vente d’actifs annoncée, mais pas comptée dans la mise à jour et…

Tout indique que Jim Flaherty ne prévoira pas le déficit zéro cette année, mais qu’il le prendra bien s’il lui tombe du ciel. Il disait justement vendredi, après avoir essayé ses nouveaux souliers, qu’il ne croyait pas en la manipulation des chiffres dans le simple but d’arriver à la prévision souhaitée.

De toute façon, l’équilibre budgétaire ne fait plus de doute, la question est plutôt quand? Et même après qu’on aura eu la réponse, cette année ou l’an prochain, c’est plutôt la perspective à long terme des finances publiques qui est significative.

Flaherty et son gouvernement ont décidé de s’en occuper à leur façon avec l’annonce dans le discours du Trône d’octobre dernier de faire de l’équilibre budgétaire un quasi-dogme, plus précisément une loi. Le Canada se joindra donc à la liste des pays, provinces ou États américains qui se sont dotés de telles lois et qui ont continué d’enregistrer des déficits ou des surplus.

Il y a toujours des échappatoires dans ces législations qui justifient qu’on s’écarte de l’équilibre dans un sens ou dans l’autre, mais surtout dans celui du déficit. L’engagement pris dans le discours du Trône semble lui aussi laisser entrevoir des portes de sortie. Il suffit de bien lire le paragraphe :

« Il ira même plus loin. Notre gouvernement enchâssera dans la loi la démarche qu’il a entreprise avec prudence et succès. Notre gouvernement déposera un projet de loi sur l’équilibre budgétaire. Celui-ci exigera l’adoption de budgets équilibrés en temps normal et fixera un calendrier précis pour le retour à l’équilibre budgétaire en cas de crise économique. »

Selon les définitions qu’on adoptera de certains termes, il restera une marge de manoeuvre. L’expression « temps normal », par exemple, est assez subjective et ouverte merci. À partir de quel moment sommes-nous en « crise économique »? On parle d’« adopter » des budgets équilibrés, on les présente et on les adopte en jouant sur quelques chiffres tout en sachant qu’en fin d’exercice l’équilibre prévu ne se matérialisera pas. M. Flaherty disait justement vendredi qu’il n’y croyait pas et, surtout, qu’il l’avait vu ailleurs et que ça n’avait pas fonctionné. Il est bien placé pour en parler, puisqu’il a été ministre d’un gouvernement conservateur ontarien qui a précisément fait ça en 2003.

Si la loi parle de « budgets équilibrés », est-ce comme on l’entend habituellement, tout inclus? Ou seulement le budget d’exploitation? On inclut la dette? Tous les transferts?

Vous avez compris que les futurs gouvernements auront les mains un peu attachées politiquement, mais qu’ils pourront « violer » la loi. Le Québec a une telle loi depuis 1996, la Colombie-Britannique depuis 1991, plusieurs autres provinces depuis le milieu des années 90. Et toutes ces provinces ont enregistré des déficits depuis. Aux États-Unis, les présidents Bush, Clinton et Reagan ont légiféré pour rétablir les finances publiques avec des plans de cinq ans. Seul Clinton y est parvenu grâce à un boom économique imprévu.

Ça, c’est pour la marge de manoeuvre qui va toujours rester là dans les faits. Les experts nous disent qu’au-delà de la sémantique et de la politique, le principal problème avec les lois sur l’équilibre budgétaire, c’est qu’elles amènent les gouvernements à prendre des décisions à court terme qui peuvent être nuisibles sur le plan économique.

Un rappel : qui dit « équilibre budgétaire » dans une loi dit aucun déficit et… aucun surplus non plus! Il est donc facile d’imaginer en période de forte croissance des revenus gouvernementaux en hausse, des dépenses de soutien social en baisse et un surplus anticipé au bout du compte. Comment élimine-t-on le surplus? En réduisant les impôts? En lançant de nouveaux programmes de dépenses? Des mesures de stimulation, même de surstimulation dans ce cas-ci, alors qu’à peu près tous les économistes vous diraient de tempérer l’économie.

Même problème de courte vue dans le scénario inverse. L’économie ralentit, la perspective de rentrées fiscales moindres laisse planer une menace déficitaire, que fait-on? Le ministre ne veut pas, ou ne peut pas, c’est la loi, présenter un budget déficitaire. Il va chercher des revenus, hausse les impôts ou les taxes? Ou il coupe dans ces dépenses? Ou les deux? Des mesures restrictives qui vont amplifier le ralentissement?

Heureusement, on n’en est pas là et on n’y arrivera probablement jamais. Pas parce que MM. Harper et Flaherty ne rempliront pas leur engagement sur cette loi, mais plutôt parce que les gouvernements qui les suivront feront comme ceux du reste de la planète soumis à ce genre de politique. Il y aura une certaine pression publique et politique pour modérer ses transports du côté des dépenses. Mais, advienne que pourra, quand les temps durs ou même des imprévus arriveront, il y aura une porte de sortie. Le consensus se construit rapidement autour du fait qu’on laisse aux gouvernements les moyens et la marge de manoeuvre pour minimiser l’impact des soubresauts économiques sur les finances gouvernementales. Et c’est vrai dans un sens ou dans l’autre, face aux déficits ou aux surplus importants ou persistants.

Le gouvernement Harper est d’ailleurs le meilleur exemple de la réalité économique et politique qui rattrape les gouvernements, peu importe leurs penchants ou la loi. C’est le bras tordu dans le dos que M. Flaherty a finalement accepté en 2009 de se lancer dans un plan de dépenses de stimulation en période de crise, 47 milliards sur deux ans, pour ensuite éliminer le déficit record de 55,6 milliards sur une période de cinq ans.

Une loi sur l’équilibre budgétaire n’aurait rien changé à tout ça.

Catégorie: Ottawa

La politique derrière les chiffres

par

 publié le 28 novembre 2013 à 17 h 44

Un budget ou une mise à jour économique représente un tsunami de chiffres. Lesquels sont importants? Lesquels le sont moins? Le ministre des Finances utilise-t-il les bons chiffres? Utilise-t-il seulement ceux qui font son affaire?

Je dois vous avouer : ces journées de budget ou de mise à jour économique me donnent mal à la tête. Il est toujours difficile de déterminer si le gouvernement fait les bons choix ou non.

Voici tout de même quelques certitudes :

- le budget actuel, celui de 2013-2014, ne sera pas équilibré, contrairement à ce que M. Marceau nous avait dit (le déficit prévu est de 2,5 milliards de dollars);

- le prochain budget, celui de 2014-2015, ne sera pas équilibré non plus, contrairement à ce que M. Marceau nous avait dit (le déficit prévu tournera autour de 1,75 milliard de dollars).

Une autre certitude, politique, celle-là, se dessine. Si les « bottines des partis d’opposition suivent leurs babines », le gouvernement ne survivra pas au prochain budget.

La CAQ est claire : pas de budget 2014-2015 équilibré, pas d’appui.

Le PLQ est de plus en plus clair : il sera très difficile de maintenir notre confiance envers le gouvernement avec les chiffres qui sont présentés aujourd’hui, dit-on.

Reste l’entourloupette parlementaire où un parti présente un nombre insuffisant de députés lors du vote sur le budget. Le gouvernement survit, mais il pourrait y avoir un prix politique à payer pour cette abstention.

Peu importe, soyez assurés que dès janvier, l’atmosphère préélectorale qui a marqué l’automne reprendra.

Il faudra que tout le monde se repose bien pendant les Fêtes…

Catégorie: Québec

Une fin de session en queue de poisson

par

 publié le 12 juin 2013 à 6 h 50

La première ministre Kathleen Wynne et le ministre des Finances Charles Sousa soulagés que le budget du gouvernement minoritaire soit adopté.

QUATRE mois après son arrivée au pouvoir, Kathleen Wynne ne semble pas avoir réussi à remodeler entièrement le gouvernement ontarien à son image. Les pressions exercées par le NPD et les restes de scandales laissés par l’administration McGuinty empêchent la nouvelle première ministre d’imprimer clairement sa marque sur ce gouvernement.

Ses débuts semblaient pourtant prometteurs. Quelques semaines seulement après avoir pris les rênes de la province, elle a calmé la grogne chez les enseignants, mis fin aux moyens de pression, rétabli les activités parascolaires et raccommodé les relations avec les syndicats.

Puis, elle a prouvé sa flexibilité, obtenant à force de négociations l’appui du NPD pour l’adoption de son budget. Mais les principales mesures du budget libéral ne sont pas entièrement le fruit de la vision de Kathleen Wynne.

- Réduction de 15 % des primes d’assurance auto : une demande du NPD
- Amélioration des soins à domiciles : NPD
- Stratégie d’aide aux jeunes chômeurs : NPD
- Création d’un Bureau de la responsabilité financière : encore le NPD

Côté projets de loi, rien d’original. Sur 15 projets de loi du gouvernement, seulement 2 ont été adoptés, soit le budget et les crédits de fonctionnement. Le strict minimum pour la survie du gouvernement. Les 13 autres projets de loi?  Ce sont, pour la plupart, des restes de l’ordre du jour législatif de son prédécesseur Dalton McGuinty, des projets de loi morts au feuilleton avec la prorogation et qui ont dû être présentés à nouveau.

LE grand changement proposé par Kathleen Wynne, soit un nouveau mode de financement pour les projets de transport en commun et d’infrastructures routières, sera présenté dans le prochain budget en 2014.

Pause estivale

La pause estivale arrive à point pour les troupes libérales. Ça leur permettra d’abord d’éviter les attaques quotidiennes à la période des questions. L’enquête de la Police provinciale dans le dossier des courriels effacés illégalement au bureau de l’ex-premier ministre Dalton McGuinty devient de plus en plus compromettante. McGuinty tire d’ailleurs sa révérence comme député libéral, après avoir promis de rester jusqu’à la prochaine élection générale.

La pression va se maintenir tant que Kathleen Wynne ne s’expliquera pas complètement. Que savait-elle dès le mois de février et pourquoi ne pas avoir averti le public immédiatement, plutôt que d’attendre le rapport de la commissaire à l’information 4 mois plus tard.

Le parti libéral aura également l’occasion de prendre le pouls du public cet été, avec trois élections partielles (Ottawa-Sud, Windsor-Tecumseh et London-Ouest), qui doivent être déclenchées d’ici la mi-août.

Cela permettra à Kathleen Wynne de reprendre son souffle et de se recentrer. De se souvenir pour quelles raisons elle voulait devenir la chef libérale, quels sont les dossiers qu’elle veut mettre de l’avant, et comment elle compte s’y prendre pour y arriver malgré sa situation minoritaire.

Durant ses quatre premiers mois, la nouvelle première ministre a souvent eu l’air d’une recrue qui faisait du rattrapage, qui « jouait défensif » pour nettoyer les erreurs de son prédécesseur et qui apprenait les règles du jeu d’un gouvernement minoritaire. Si elle veut avoir un bilan positif à vendre aux Ontariens pour les partielles de cet été et pour une éventuelle élection générale, Kathleen Wynne devra montrer de l’initiative et passer un peu plus à l’offensive.

 

Catégorie: Ontario

Judo politique

par

 publié le 24 mai 2013 à 14 h 49

Judo : Art martial. La voie de la souplesse. Utiliser la force et la vitesse de l’adversaire pour le déséquilibrer et l’envoyer au sol.

Les libéraux minoritaires en Ontario sont en train d’appliquer une prise de judo politique au Nouveau Parti démocratique. Dans les négociations budgétaires pour éviter la chute de son gouvernement, la première ministre Kathleen Wynne a utilisé la force et l’élan d’Andrea Horwath, pour les transformer en faiblesse.

Lire la suite »

Catégorie: Ontario

Habituellement, un budget fédéral qui ne comporte ni hausse de taxes, ni d’impôt, ni coupe draconienne dans la fonction publique est un budget tranquille qui suscite peu de réactions. Or, le budget Flaherty déposé ce jeudi a soulevé colère et indignation parce que plusieurs voient dans ce plan économique des promesses de disputes et de confrontations.

Il y a clairement un affrontement qui se dessine avec les syndicats de la fonction publique fédérale. Dans le budget, le gouvernement exprime ses intentions.

« Le gouvernement, dit le document budgétaire, continuera à l’avenir de veiller à ce que la fonction publique fédérale soit abordable, moderne et performante. À cette fin, il examinera la rémunération globale des employés et les avantages sociaux des pensionnés, et il proposera des changements au régime des relations de travail » (budget fédéral, p. 298).

Les syndicats de la fonction publique sont déjà sur un pied de guerre, convaincus que le gouvernement cherchera la bagarre à compter de l’an prochain.

Et parlant de syndicats, que dire de cette mesure qui met fin au crédit d’impôt privilégié dont bénéficiaient les fonds d’investissements des travailleurs, comme ceux de la FTQ et de la CSN? Cette décision a été largement décriée, et pas seulement par les syndicats. Tous les partis à l’Assemblée nationale ont dénoncé cette décision du fédéral qui, selon eux, n’a pas fait ses devoirs, a mal évalué la portée de cette décision sur les petits épargnants et l’investissement local. Le gouvernement Harper recule rarement. Une partie de bras de fer semble inévitable dans ce dossier.

Et si le gouvernement du Québec est outré par le dossier des fonds d’investissements des travailleurs, il l’est tout autant, sinon plus, par celui de la formation de la main-d’oeuvre. Nettement insatisfait du travail effectué par les provinces, Ottawa veut reprendre le « leadership » dans ce dossier. C’est le terme utilisé par le ministre Christian Paradis. Le Québec et l’Ontario affirment faire le travail avec compétence. Le gouvernement Marois considère que le geste d’Ottawa est un affront. Le chef du NPD Thomas Mulcair va dans le même sens. « En voulant s’assurer de coller une feuille d’érable sur le chèque, ils sont en train de faire un gâchis administratif », soutient le chef néo-démocrate. Ottawa et Québec pourront-ils discuter sereinement de ce dossier? Rien ne l’indique en tout cas.

Puis, il y a les Premières Nations qui, après les manifestations d’Idle no More, avaient de grandes attentes. Le gouvernement soutient qu’elles recevront 730 millions de dollars et insiste pour dire que les Premières Nations sont mentionnées dans tous les chapitres du budget. Bel effort, disent les Autochtones, mais nettement insuffisant. Le gouvernement est politiquement correct dans ce budget, mais, dit le chef Shawn Atleo, les investissements ne sont pas au rendez-vous. Ce n’est pas ce budget, ajoute-t-il, qui refera les ponts entre le gouvernement et les nations autochtones.

Donc, il est fort possible que lors de la prochaine élection générale en octobre 2015, le gouvernement conservateur ait équilibré ses finances. Le déséquilibre sera probablement dans les relations avec les provinces, les syndicats et les Premières Nations, ce qui n’est pas nécessairement une recette gagnante avant une campagne électorale…

Catégorie: Ottawa

Il y a budget… et budget

par

 publié le 13 mars 2013 à 10 h 52

C’est la saison du budget à Ottawa, ou plutôt des budgets. Ça suscite une certaine confusion, mais aussi un débat qui a donné lieu à de vives accusations la semaine dernière. C’est la publication d’un article fort critique de l’ensemble du processus budgétaire par deux anciens hauts fonctionnaires qui a apporté de l’eau au moulin de l’opposition. Avec une maîtrise éprouvée, le gouvernement Harper a procédé de la manière habituelle : laisser le message de côté pour abattre le messager d’une rafale d’accusations de partisanerie. On y reviendra plus loin, mais regardons tout d’abord LES budgets.

Au cas où vous attendez encore avec impatience de connaître le prochain budget Flaherty, sachez que vous pouvez prendre votre mal en patience en feuilletant les quelque 437 pages d’un autre document, le Budget des dépenses 2013-2014, parties I et II, publié le 25 février dernier. Le seul hic, c’est que c’est un peu une perte de temps, puisque le dépôt du budget viendra rendre désuètes ces intentions de dépenses du gouvernement Harper. Pour bien illustrer le dysfonctionnement, revenons sur l’exemple de l’an dernier, comme le dossier est complet.

Les ministres responsables, Tony Clement et Jim Flaherty, nous ont fourni des chiffres très variés au sujet des dépenses prévues. Ainsi, le 28 février 2012, le Conseil du Trésor publiait ce même Budget principal des dépenses, prévoyant des déboursés de 251,9 milliards de dollars. Un mois plus tard, le 29 mars, M. Flaherty déposait un budget tablant sur des dépenses de programmes de 245 milliards de dollars, et en ajoutant les frais de la dette, un total de 276 milliards de dollars. Quel est le bon chiffre? C’est ce que se demandent bien des gens, à commencer par les députés qui doivent se prononcer sur le budget dans son ensemble par principe, mais aussi ensuite sur les crédits votables, point par point. Pire, au final, aucun de ces trois chiffres n’est bon. Le Conseil du Trésor vient de mettre à jour les dépenses : 259 milliards de dollars pour l’année financière qui prend fin dans trois semaines.

Qu’est-ce qu’il y a à retenir de tous ces chiffres? Pas nécessairement les chiffres, mais plutôt le fait qu’il y en a quatre différents et que le processus semble inversé. Le Budget principal des dépenses déposé obligatoirement avant le 1er mars, dont vous venez peut-être de découvrir l’existence en même temps que sa pertinence très limitée, est en fait une prévision de dépenses basées sur les prévisions économiques de l’automne précédent. Il est déposé sans tenir compte des nouvelles décisions que prend le gouvernement dans le budget du ministre des Finances. Ses calculs sont donc désuets d’une part parce que basés sur de vieilles données, et il ignore la réalité des décisions politiques, comme celle de l’an dernier sur les fameuses coupes de 5,2 milliards de dollars sur trois ans du côté du  fonctionnement.

La même chose est en train de se produire cette année. M. Clement était fier de clamer le 25 février qu’il prévoyait des dépenses de 252,5 milliards de dollars en 2013-2014, mais le chiffre est basé sur les prévisions de novembre dernier, et il y a de fortes chances que le budget de son collègue Flaherty vienne davantage le modifier. Est-ce grave? N’y a-t-il pas toujours des imprévus? Probablement, mais il reste que les parlementaires débattront pendant des heures de ces crédits quasi fictifs en Chambre et en comité. Et ce n’est qu’un des problèmes soulevés par MM. DeVries et Clark dans leur document de réflexion intitulé « Rétablir l’intégrité du processus budgétaire ». L’un est un ancien directeur des politiques fiscales, l’autre, un ancien sous-ministre aux Finances. Les deux ont occupé des fonctions sous les gouvernements Mulroney et Chrétien. Ils examinent en détail ce qui pourrait être fait pour corriger les lacunes qui datent des gouvernements précédents, mais qui ont atteint leur point culminant avec les récents mégaprojets de loi budgétaires.

Interpellé par l’opposition sur le sujet en Chambre le 5 mars, le premier ministre Harper s’en est pris aux auteurs du document :

Monsieur le Président, comme le ministre des Finances l’a déclaré, il serait prématuré de conjecturer sur la teneur du budget. Le gouvernement a bien sûr mené de vastes consultations partout au pays.

Quant au bilan du gouvernement concernant la transparence des comptes, plutôt que de citer le texte partisan dont parle le chef du Parti libéral, permettez-moi de citer le très impartial Institut C.D. Howe, qui s’est penché sur la question et a déclaré que non seulement…

Monsieur le Président, l’Institut C.D. Howe a publié récemment un rapport très détaillé qui démontre que non seulement les comptes publics sous notre gouvernement sont les plus transparents de toute l’histoire, mais aussi que le gouvernement actuel est plus transparent que tout autre ordre de gouvernement supérieur au pays.

Il semble que Peter DeVries ait été accrédité à une reprise par le Parti libéral comme spécialiste pour participer à un huis clos budgétaire et analyser le budget conservateur pour le PLC, ce qui anéantit bien sûr sa longue carrière dans la fonction publique fédérale sous des gouvernements conservateurs et libéraux et toute l’expérience qui vient avec… sans parler de la crédibilité de son collègue Clark.

Catégorie: Ottawa

Compte à rebours vers le budget

par

 publié le 4 février 2013 à 18 h 09

Le bulletin de santé du ministre Jim Flaherty a attiré l’attention sur les préparatifs budgétaires en cours. Nous sommes à quelques semaines du dépôt du budget : plus de la moitié de ceux des 25 dernières années ont été déposés en février, plusieurs autres au tout début de mars. Bref, ça s’en vient à grands pas, alors que très peu de signaux ont été envoyés, par exemple un discours comme celui de M. Harper à Davos l’an dernier, quelques fuites calculées comme ballon d’essai, ou autres.

Peu d’indications sont fournies par le gouvernement Harper sur ses priorités à l’intérieur de LA priorité qu’est l’économie. Difficile de déduire quoi que ce soit des messages non codés, mais pas clairs pour autant, que le premier ministre Harper et son homme de confiance envoient à l’occasion. Même si l’on se défend de faire preuve de complaisance, on constate qu’une bonne part des déclarations portent sur la belle performance canadienne dans les circonstances et comparativement à la situation globale… Ça vous semble du réchauffé?

La récente visite de M. Flaherty au Forum économique mondial de Davos était annoncée en mentionnant qu’il irait y « souligner le leadership du Canada sur les plans économique et budgétaire ». Mais le discours ou les déclarations qu’il a pu y faire en leçon au reste du monde ne sont pas sur le site du ministère des Finances. Son patron n’est pas en reste. M. Harper a lancé la session avec une allocution à ses troupes à laquelle nous étions exceptionnellement conviés. Au moins 900 000 emplois créés depuis le creux de la crise, la meilleure illustration d’un pays qui « continue à évoluer avec succès au sein d’une économie mondiale qui demeure très fragile ». M. Harper reconnaît l’incertitude du moment, mais s’en tient à la continuité quand il parle des moyens à prendre, soit mieux former les travailleurs, déceler les technologies de la croissance, éliminer la paperasse inutile et, vous l’avez deviné, maintenir les impôts bas.

Encore lundi après-midi à la période des questions, le ministre associé à M. Flaherty, Ted Menzies, invoquait les conclusions de l’OCDE et du FMI sur les bons résultats du Canada qu’il attribuait au plan d’action économique du gouvernement conservateur. Est-ce que M. Menzies essayait de convaincre un député de l’opposition? Même pas. Dans la catégorie « on est jamais si bien servi que par soi-même », c’est un député conservateur qui, avec la « question plantée » du jour, demandait des « comptes » au gouvernement. Le député citait les louanges du Chicago Tribune et mentionnait que notre système bancaire se porte bien, que le secteur domiciliaire est en santé et que les dépenses publiques sont maîtrisées.

Le secteur bancaire? Sa solidité vient de choix faits il y a des décennies et d’ajustements effectués par les gouvernements Chrétien et Mulroney. Le secteur domiciliaire? Rappelons que ce sont les conservateurs qui avaient permis à leur arrivée au pouvoir, en 2006, la hausse à 40 ans de la période maximale pour l’amortissement des prêts hypothécaires assurables pour ensuite, il est vrai, la ramener graduellement à 25 ans l’an dernier, devant le péril de l’endettement des ménages.

Si vous êtes en mal de pool maintenant que le Super Bowl est passé, mais vraiment en manque, vous pouvez toujours parier sur la date du budget en tenant compte de ce que je mentionnais plus haut. Pour ce qui est de deviner le type de soutien à l’économie ou encore les sommes qui y seront consacrées… Bonne chance!

Le gouvernement est plus que discret et se croise surtout les doigts en espérant que certaines lueurs d’espoir en provenance des États-Unis perçues dans de récentes prévisions se matérialisent et tirent l’économie canadienne vers le haut. En 2008, c’était un peu l’inverse, le gouvernement Harper espérait que l’ampleur de la crise financière américaine, puis mondiale, aurait un impact plus limité ici. Un exposé économique incendiaire et une prorogation d’urgence plus tard, il déposait un budget catastrophe en janvier 2009, avec près de 50 milliards de dollars sur deux ans en dépenses de stimulation de l’économie, ce dont il se félicite aujourd’hui.

Catégorie: Ottawa