Billets classés sous la catégorie « Québec 2012 »


Québec 2012 Jour 23 – Le pouvoir des débats

par

 publié le 23 août 2012 à 15 h 09

S’il y a une chose que ces débats ont apprise aux Québécois, c’est que les trois chefs de parti dans cette course au pouvoir possèdent les qualités minimales pour devenir premier ministre.

En revanche, il y a plusieurs choses que les Québécois ne savent pas à l’issue de ces échanges.

Ils ne savent pas s’il y aura un référendum sur la souveraineté du Québec et, le cas échéant, à quel moment il aura lieu, advenant l’élection du Parti québécois.

Les Québécois ignorent également si les changements proposés par la Coalition avenir Québec sont viables aux plans financier et social.

Les électeurs ne connaissent pas vraiment les intentions du Parti libéral pour les cinq prochaines années, puisque Jean Charest n’en a guère parlé au cours des trois débats auxquels il a participé.

Cela dit, les Québécois ont pu tirer profit de ce débat et de ces trois face à face. Ils ont notamment fait davantage connaissance avec Françoise David de Québec solidaire. Ils ont vu les forces et les faiblesses des chefs et des programmes politiques.

Il convient cependant de garder à l’esprit que le meilleur débatteur ne fait pas nécessairement le meilleur premier ministre.

Quelle est votre appréciation de ces quatre affrontements, qu’avez-vous appris? Et, selon vous, quel chef a fait plus belle figure? Est-ce que ces débats auront un effet sur votre vote?

Catégorie: Québec 2012

Québec 2012 Jour 17 – L’affrontement

par

 publié le 18 août 2012 à 18 h 18

Jean Charest se trompe probablement lorsqu’il affirme qu’il sera la cible de toutes les attaques lors des débats télévisés. Bien sûr, il ne sera pas épargné. Face à un bilan de neuf ans, un vaste choix de sujets s’offre à ses adversaires et ceux-ci ne rateront pas l’occasion. Le rôle de Jean Charest, dans la perspective de ses adversaires, est celui d’un tremplin vers le pouvoir. À pieds joints, ils sauteront sur ce « tremplin » dans l’espoir de prendre un peu d’altitude avant le plongeon du 4 septembre.

Le chef libéral misera sur l’économie et dans une moindre mesure, sur la stabilité, en référence au conflit étudiant, mais aussi à la tenue d’un référendum sur la souveraineté. Sur le plan stratégique, il y a une petite incertitude : aura-t-il l’attitude d’un premier ministre sortant qui se place au-dessus de la mêlée ou descendra-t-il dans l’arène pour attaquer directement ses adversaires? Un peu des deux, sans doute. Néanmoins, si on se fie aux publicités libérales et aux récentes déclarations du chef, Jean Charest sera en mode offensif et multipliera les contre-attaques.

François Legault sera confronté pendant ces débats au même dilemme avec lequel il a dû conjuguer durant la campagne. Il doit montrer qu’il propose un véritable changement. En contrepartie, ce changement ne doit pas apparaître trop douloureux et exiger trop de sacrifices. Les perturbations engendrées par les bouleversements qu’il propose et le coût de ses engagements électoraux seront son talon d’Achille. Sa force sera l’effet de nouveauté.

Françoise David, c’est le côté blé entier de Québec solidaire, et c’est pour ça que le parti l’a choisi, plutôt qu’Amir Khadir, pour participer à ce débat. Mme David est là pour se montrer rassurante et pour expliquer le plus simplement possible son programme à des électeurs qui le connaissent peu. Ce débat est une occasion en or pour Québec solidaire et pour sa coporte-parole qui mène une bataille acharnée dans Gouin pour vaincre le péquiste Nicolas Girard.

Pauline Marois doit faire la preuve qu’elle a la trempe pour devenir première ministre. C’est son principal défi. Pour le reste, elle jouera de prudence et tentera d’esquiver les attaques sur la tenue d’un référendum sur la souveraineté. Elle doit aussi s’assurer d’avoir le ton juste et d’employer le vocabulaire approprié sur les délicates questions identitaires. Le Parti québécois est en tête selon les sondages, donc c’est probablement Pauline Marois qui sera la cible des principales attaques. Quoique Jean Charest ne négligera pas François Legault qui paraît faire des gains au détriment du PLQ.

Catégorie: Élections Québec, Québec, Québec 2012

Québec 2012 Jour 15 – La panne

par

 publié le 15 août 2012 à 17 h 42

 

« On n’est pas au neutre », a déclaré il y a quelques jours Jean Charest. Il est assez compréhensible que le chef libéral juge bon d’en informer les Québécois, car, à première vue, la limousine libérale ne déplace pas beaucoup d’air.

Le moteur tourne, il ronronne, il rugit même, il est en parfaite condition, mais l’auto, elle, ne donne pas l’impression d’avancer.

La tournée électorale de Jean Charest se déroule sans anicroche, en apparence.

Pourtant, cette campagne électorale est manifestement éprouvante pour le Parti libéral.

Et ce n’est pas un problème de forme, plus facile à résoudre, ce sont des problèmes de fond, de contenu, qui compliquent la vie du PLQ.

Le conflit étudiant

Parmi ces problèmes, l’usure du pouvoir est le plus évident, inutile d’en ajouter.

Le thème du conflit étudiant, que Jean Charest a voulu imposer dès le premier jour, s’est dissous à un point tel que le chef libéral a cessé d’en parler. Les votes pour un retour en classe donnent un caractère plus secondaire à cette question et le départ de Gabriel Nadeau-Dubois prive le Parti libéral d’une formidable tête de Turc. Il pourra être dit que le jeune homme aura réussi sa sortie mieux que d’autres.

De toute manière, sur ce thème, Jean Charest avait développé un argument peu convaincant, celui de la stabilité. Après les événements du printemps dernier, comment les troupes libérales veulent-elles convaincre les Québécois qu’elles peuvent garantir la stabilité?

Sept mois après le début de ce conflit, le sondage CROP-La Presse indique que Pauline Marois est jugée mieux placée que Jean Charest pour résoudre la crise étudiante.

L’intégrité et l’économie

L’autre thème de Jean Charest, la roue de secours du Parti libéral, c’est l’économie. En principe, c’est un excellent thème électoral, s’il ne traînait pas lui aussi son lot de casseroles.

D’abord, ça ramène à l’usure du pouvoir, qui est accompagné par l’usure du verbe. Ça fait longtemps, très longtemps, que Jean Charest parle d’économie aux Québécois. Du Plan Nord aussi.

Le premier ministre en a fait la promotion dans toutes les chambres de commerce du Québec. Populaire au sein de sa propre clientèle, ce thème ne parvient pas à élargir de façon significative la base électorale du Parti libéral, notamment dans les régions, si on en croit les quelques sondages publics qui ont abordé la question.

Dans le contexte actuel, il y a un problème particulier avec le thème de l’économie. Il est plus subtil, car il est confronté à un autre thème de la campagne électorale, celui de l’intégrité.

La corruption et la collusion sont des parasites du système économique. S’il y a des opérations à grande échelle pour siphonner illégalement les dollars des contribuables, il se pose alors une question de priorité. Est-ce l’économie? Ou est-ce la corruption qui, elle, menace l’économie?

La réponse est que les problèmes d’intégrité, s’ils ont l’ampleur que l’on soupçonne, sont aussi… une priorité économique.

Sujets d’inquiétude

Il était surprenant d’entendre Jean Charest, en début de campagne, interpeller les électeurs non francophones, en brandissant la menace d’un référendum s’ils n’allaient pas voter. Un parti qui s’inquiète du comportement de sa base électorale naturelle a certainement de nombreux sujets d’inquiétude.

Parmi ces sujets, certains s’inscrivent dans la campagne de façon inattendue. Par exemple, le début de l’enquête préliminaire de l’ancien ministre libéral Tony Tomassi a été fixé… au 4 septembre, jour du scrutin. Il s’agit d’un détail, mais peut-être aussi le signe que quand rien ne va, les choses n’ont pas nécessairement tendance à s’améliorer.

Faire passer le message

C’est un problème apparemment insoluble qui afflige le Parti libéral et son chef, Jean Charest. Ils conçoivent et transmettent efficacement leur message électoral, qui ne paraît pas se rendre à destination, c’est-à-dire l’électorat francophone. Leur campagne électorale prend les allures d’une partie parfaite qui ne serait pas suffisante pour leur assurer la victoire.

Les débats télévisés constituent désormais la meilleure (la seule?) occasion pour les libéraux dans cette campagne. Jean Charest est reconnu pour être redoutable en ces circonstances et il est craint par ses adversaires. En revanche, les attentes seront élevées et l’objectif ultime, l’obtention d’un quatrième mandat consécutif, paraît très éloigné.

Catégorie: Québec, Québec 2012

Québec 2012 Jour 7 (2) – La promesse

par

 publié le 8 août 2012 à 7 h 22

Un parti qui s’engage à réduire les impôts, c’est un classique. Il est même étonnant que cet engagement n’apparaisse qu’au septième jour de la campagne électorale.

François Legault veut exempter les personnes qui ont des revenus de moins de 50 000 $ de l’impôt santé de 200 $ par année par personne. Une seconde mesure, des réductions d’impôt de 300 $ par personne, profiterait à ceux qui ont suffisamment de revenus pour payer de l’impôt.

En réalité, les électeurs comprennent qu’un politicien qui promet de réduire les impôts franchit une sorte de frontière, entre le possible et l’impossible, entre le rêve et la damnée réalité.

Les électeurs savent qu’une réduction d’impôt ne vient pas seule. Ils sont conscients que les services publics subiraient les effets de cette ponction dans les revenus.  Ils ignorent toutefois dans quelle mesure les services publics seraient touchés, mais ils réalisent que les syndicats et d’autres groupes s’opposeraient à cette approche.

Et ils doutent. Ils doutent de la promesse et de celui qui l’a formulé, car s’engager à réduire les impôts, c’est la promesse ultime, c’est l’arme atomique de la promesse électorale.  Elle ne doit pas être manipulée par des apprentis sorciers.

Est-ce que François Legault a raison de promettre ces réductions d’impôt?

J’ai hâte de vous lire.

Catégorie: Élections Québec, Québec, Québec 2012

Québec 2012 Jour 7 – Le colistier

par

 publié le 7 août 2012 à 9 h 05

L’émoi entourant la candidature de Jacques Duchesneau pour la Coalition avenir Québec a été particulièrement perceptible au sein des autres partis politiques.

Le Parti québécois a tenu un rassemblement dimanche à Montréal qui réunissait la plupart de ses candidats, dont Jean-François Lisée. Ce dernier a confirmé qu’il sera de la course dans Rosemont. Pauline Marois a prononcé un long discours pour présenter les grands principes de son programme. Ça s’est révélé être un coup d’épée dans l’eau. Pire, ce que l’on a surtout retenu de la journée de Pauline Marois, c’est son refus de commenter la candidature de l’ancien chef de police de Montréal.

Le PQ a voulu reprendre l’initiative lundi en tentant d’associer le gouvernement Charest à la Fondation Frank Catania. Les députés Drainville, Girard et St-Arnaud ont soutenu qu’ils venaient d’obtenir des compléments d’information qui justifiaient la tenue de cette conférence de presse. Pourtant, les trois députés n’avaient pas tous les documents en main lorsqu’ils ont rencontré les journalistes et, en outre, ils leur manquaient des éléments d’information importants.

Jean Charest, lui, a d’abord lancé une contre-offensive directe avec celui que François Legault a présenté comme l’Eliot Ness du Québec. C’était une stratégie risquée, qui a sans doute été retenue parce que c’était la dernière qui s’offrait au chef libéral. 

Lundi, M. Charest a profité du faux pas de Jacques Duchesneau, qui voulait procéder lui-même à la nomination de certains ministres, pour changer de cible et s’en prendre à François Legault. Cela paraît plus avisé. Néanmoins, le Parti libéral voit l’insubmersible dossier de l’intégrité, qui revient sans cesse à la surface, faire échec à son plan de match.

Dans une course à trois pour le pouvoir, Québec solidaire, Option nationale et le Parti vert pourraient bien, pour leur part, devoir se contenter de miettes.

Il est difficile d’imaginer l’impact d’une telle nouvelle dans les officines des partis politiques. Depuis vendredi, on y récite des prières et des incantations (et des lignes de presse) dans l’espoir que l’effet Duchesneau s’évapore aussi vite qu’il est apparu.

La déclaration de M. Duchesneau, lundi matin, est une bourde qui n’aura peut-être pas beaucoup de conséquences. Par contre, elle est très révélatrice, car elle donne des indications sur ce que François Legault a pu promettre à Jacques Duchesneau pour l’attirer dans sa coalition.

Force est de constater que Jacques Duchesneau a acquis en réalité le statut d’un candidat à la vice-présidence, à l’américaine. La CAQ, c’est désormais un tandem, c’est le « ticket » Legault-Duchesneau, pour le meilleur et pour le pire. Bien que cela diffère des traditions politiques québécoises,  ça pourrait bien être profitable à ce nouveau parti qui cherche à surfer sur la vague du changement, pourvu que Jacques Duchesneau se rappelle qu’il n’est que le numéro deux.

Ainsi, les colistiers devront faire preuve de cohésion. C’est l’un des facteurs qui influeront sur la durée de l’effet Duchesneau. Les deux hommes sont condamnés à se mettre au diapason, peu de fausses notes seront admises.

François Legault et Jacques Duchesneau auront tout de même un peu de temps pour trouver le ton juste. Le temps que les autres formations politiques, franchement déstabilisées, réajustent le tir.

Catégorie: Élections Québec, Québec, Québec 2012

Québec 2012 Jour 3 – L’équipe

par

 publié le 3 août 2012 à 19 h 46

On ne peut négliger l’importance des hommes et des femmes qui portent le message politique, surtout auprès des citoyens qui n’ont pas d’attache idéologique à un parti. La renommée, la réputation d’un candidat peuvent avoir une influence importante auprès de ces électeurs dont un parti a besoin pour remporter des élections.

Ainsi, la candidature de Jacques Duchesneau peut se révéler un tournant de cette campagne électorale. Ce ne sera probablement pas suffisant pour créer une vague. Mais s’il y avait une vague, elle porterait probablement la Coalition avenir Québec. Plusieurs facteurs plaident en ce sens. Et désormais, une chose est certaine, ces élections opposent trois principaux partis.

Néanmoins, la pente demeure bien raide pour François Legault. Son style un peu gauche, fait de candeur et de rigidité, ne séduit pas de prime abord. Ce handicap n’est pas insurmontable.

D’autant que le chef de la Coalition paraît avoir réussi l’improbable. Malgré des sondages peu favorables, il est parvenu à mettre sur pied une équipe qui affiche une certaine crédibilité, particulièrement avec Jacques Duchesneau. Une candidature aussi surprenante et inattendue que prestigieuse et crédible.

De surcroît, l’homme a été un acteur du principal dossier qui a accablé le gouvernement Charest tout au long de ce mandat, la collusion et la corruption dans l’octroi et la gestion des contrats publics, provinciaux et municipaux. Avouons-le, ça met du piment dans une campagne qui n’en manquait pas.

L’ancien patron de l’Unité anticollusion, qui sait apprécier les feux de la rampe, devra tout de même se méfier de son franc-parler, tout comme le Dr Gaétan Barrette devra surveiller son ton et ses métaphores. Dans le monde politique, il y a des risques à employer un langage très direct.

En revanche, si la Coalition avenir Québec veut parvenir à incarner un changement crédible auprès des Québécois, ses candidats doivent aussi faire preuve d’audace. À cet égard, la CAQ est toujours à la recherche de son équilibre.

 

Catégorie: Élections Québec, Québec, Québec 2012

Québec 2012 Jour 2 – L’initiative

par

 publié le 3 août 2012 à 7 h 37

Pour François Legault et Pauline Marois, cette deuxième journée était importante. Stratégiquement, ils devaient reprendre l’initiative.

Le premier jour, le jour du déclenchement de la campagne électorale, est acquis au premier ministre sortant et Jean Charest n’aura pas échappé à l’occasion.  Il s’est montré particulièrement combatif (trop?), presque autoritaire. En vertu de l’implacable et inévitable calcul politique qui prévaut en de pareils moments, le chef libéral a jugé que c’était nécessaire pour imposer son enjeu-clé de ces élections, la crise étudiante.

En guise de réplique, les chefs du PQ et de la CAQ ont mis toute la gomme vendredi.

Pauline Marois a présenté un processus et surtout une politique claire sur les droits de scolarité. C’est nouveau.

Il y aura un sommet sur les universités dans les 100 jours et s’il y a hausse, elle ne dépassera pas l’indexation. Les Québécois, en effet, savent à quoi s’en tenir désormais, mais Pauline Marois paraissait un peu trop en réaction, sur la défensive quoi, sur cette question. La présence de Léo Bureau-Blouin l’a toutefois bien servie, de même que sa promenade dans un parc de Montréal qui avait valeur de symbole.

Le coalisé (pardonnez-moi, je ne déteste pas l’expression, je suis bien le seul) François Legault a profité de la candidature intéressante de Maud Cohen, ancienne présidente de l’ordre des ingénieurs qui a refusé de fermer les yeux sur les problèmes qui affligent sa profession, pour faire des propositions pour endiguer la corruption et la collusion.

Une conférence de presse presque parfaite, si ce n’est qu’elle s’est déroulée aux abords d’un boulevard urbain (face au palais de justice de Québec) et que ça prenait des oreilles de journaliste pour entendre ce que disaient les Legault, Cohen et Sylvie Roy. On a eu droit aux pétarades d’un camion, d’un bolide et d’une moto et à un coup de klaxon.

La veille, à l’aéroport de Québec, Jean Charest s’en était quand même mieux tiré avec le bruit des avions. La chaleur était certainement bien plus redoutable.

Le chef libéral n’a pas voulu pour autant céder sa place aujourd’hui. Il lui fallait garder l’initiative. Ce qu’il a probablement réussi en promettant la création de 250 000 emplois et le plein emploi (chômage à 6 %) d’ici cinq ans.

Un engagement qui paraît ambitieux.  Quoique pour illustrer que le prochain gouvernement n’aura peut-être pas beaucoup d’influence sur la création de ces emplois, l’économiste Marc Van Audenrode a rappelé que « c’est un peu comme le coq qui croit que le soleil se lève pour l’entendre chanter ».

 

P.-S.  Jean-Martin Aussant et ses militants particulièrement enthousiastes m’en voudront de les reléguer au post-scriptum.  Si ce n’est qu’il faut reconnaître que le chef d’Option nationale a raison d’évoquer l’exploit qu’il a accompli en présentant des candidats dans toutes les circonscriptions (sauf Gouin). Il est rare qu’un parti si jeune parvienne à rallier 124 personnes à s’engager en politique. Bon, il y a eu le Parti de la loi naturelle, mais franchement ça n’a rien à voir. Et aussi François Legault, plus expérimenté, et qui ne trouve pas ça drôle tous les jours. Ce talent de conviction, le chef d’Option nationale l’exerce avec un succès impressionnant, particulièrement auprès des jeunes. Il y a probablement de bonnes raisons à cela.

Catégorie: Élections Québec, Québec, Québec 2012

Québec 2012 – Jour 1, le thème

par

 publié le 2 août 2012 à 6 h 39

C’était frappant lors de la conférence de presse de Jean Charest mercredi midi à l’aéroport de Québec. Ça crevait les tympans à l’occasion de son premier rassemblement en soirée dans Taschereau, la circonscription que Clément Gignac tentera de ravir à la péquiste Agnès Maltais.

Jean Charest n’en a que pour la crise étudiante.

Dans sa première intervention – il s’adressait en direct à la télévision à un large public –, il a consacré un bon moment à l’économie et au Plan Nord.

En soirée, devant des partisans libéraux à Québec, il s’est contenté de quelques mots pour parler d’économie, de Plan Nord et des impacts d’un éventuel référendum. Pour le reste, Jean Charest consacre toute son énergie à évoquer sa perception de la crise étudiante qui, selon lui, visait en réalité à ébranler les institutions démocratiques, dont l’Assemblée nationale et les tribunaux.

À écouter Jean Charest, les Québécois l’ont échappé belle. Et pour la rentrée à venir dans les cégeps et les universités, il se contente d’affirmer, avec autorité, qu’il n’y a aucune raison pour que ça ne se déroule pas dans l’ordre.  Une manière pour le premier ministre sortant de placer sa mise sur les événements qui s’annoncent dans les prochaines semaines.

Pourquoi Jean Charest insiste-t-il avec autant de vigueur sur la crise étudiante?

Parce que, selon les sondages, c’est la seule question grâce à laquelle il peut espérer rallier les votes des Québécois francophones dont il a tant besoin. Le Plan Nord ne suscite pas tout l’intérêt que Jean Charest souhaiterait, mais il lui est utile pour démontrer que le Parti libéral a en main un projet économique pour le développement à long terme du Québec. Il sera intéressant de voir dans quelle mesure il tentera d’expliquer sa vision concrète de ce plan de développement.

Néanmoins, pour l’heure, ce n’est manifestement pas la priorité politique qu’il entend mettre de l’avant.

Catégorie: Élections Québec, Québec, Québec 2012