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La 127e circonscription

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 publié le 18 avril 2014 à 15 h 57

Ce n’est pas la première fois qu’il est question publiquement de la «127e circonscription» au Parti libéral du Québec et qui est sous la loupe de l’Unité permanente anticorruption.

En effet, la timide et frileuse Commission d’enquête sur le processus de nomination des juges (2010) présidée par Michel Bastarache a donné lieu à certaines révélations sur le financement du Parti libéral. Il y a été question de financement sectoriel, ainsi que de cette fameuse 127e circonscription. Néanmoins, la commission n’y a vu que du feu, comme le démontre clairement le rapport du commissaire Bastarache.

Peut-être aussi que certains témoins n’ont pas été d’une parfaite franchise, à vous de juger, toutes les pièces et les témoignages sont ici.

Mais, voici certains éléments que je crois utile de rappeler à votre mémoire ou qui sont tout simplement passés inaperçus. Dont cet extrait de l’interrogatoire de Me Simon Ruel qui questionnait Violette Trépanier, directrice du financement et du recrutement au PLQ (2001-2013) et ancienne ministre, à propos d’un document du Parti libéral :

Q : Est-ce que vous pouvez expliquer qu’est-ce que ça signifie cette inscription «sectoriel»…

R : Oui.

Q : … avec le montant qui apparaît sur le tableau?

R : Oui. Le point important, c’est le chiffre «127», tout ce que vous avez avec 127, ça c’est de l’argent qui est déposé directement dans notre compte du parti, qui n’est pas affecté à aucun comté. Alors, ça veut dire que chacune des associations a participé et, en plus, il y a des gens qui ont contribué, ça arrive surtout pour le cocktail, qui ont contribué directement au parti et qu’ils ne donnent pas nécessairement dans un comté ou dans l’autre, qu’ils donnent au secrétariat général. Alors, cette ligne-là des fois on l’appelle «sectoriel», «secrétariat général», «national», c’est de l’argent qui n’est pas affecté directement dans les circonscriptions et donc pas probablement ramassé par les… certainement pas par les circonscriptions, alors probablement de l’équipe de Québec, plus de l’argent qui arrive directement à Montréal…»

Dans ce document, les circonscriptions se voient attribuer un numéro déterminé selon l’ordre alphabétique. Au numéro 127 apparaît la mention «sectoriel». Notons que dans les documents du PLQ remis à la commission Bastarache, il n’y a pas de ligne numérotée 126.

Ainsi, selon Violette Trépanier, le financement sectoriel, comme indiqué à la ligne 127, représentait les sommes directement versées au parti à Montréal, au national.

Au moment de ce témoignage en septembre 2010, j’étais déjà familier avec l’expression «financement sectoriel» et j’avais fait part publiquement de mon incrédulité face à l’explication de la responsable du financement et du recrutement du PLQ. Voici d’ailleurs la définition du Directeur général des élections du financement sectoriel : «Le «financement sectoriel» fait en sorte que plusieurs électeurs liés à une même entreprise ou à un même groupe d’affaires contribuent à un parti politique. Ce système, qui est en apparence légitime, peut être intimement lié à l’usage de prête-noms.»

Il est intéressant de noter que le financement sectoriel pour ce cocktail qui a eu lieu le 23 octobre 2002 à Québec représentait la somme de 93 710$ soit environ 42% des 224 385$ amassés pour cette activité. Ce qui n’est pas anodin.

Selon les documents rendus publics cette semaine et qui sont liés aux perquisitions au quartier général du PLQ et à la compagnie Shockbéton (Marc Bibeau, un collecteur de fonds du PLQ de 2001 à 2012 et ami de l’ancien premier ministre Jean Charest), environ 700 000$ auraient été recueillis au bénéfice de la circonscription 127.

Un autre extrait de témoignage mérite notre attention: celui de Marcel Leblanc, employé du PLQ qui était responsable du financement dans la moitié des circonscriptions du Québec de 1997 à 2009. Me Ruel s’intéresse encore une fois au financement sectoriel et à la 127e circonscription. Il y est question de Franco Fava et de Charles Rondeau, deux bénévoles depuis des décennies au PLQ, qui étaient très actifs dans le financement du parti :

Q : Madame Trépanier, ce matin, a parlé de… il y a deux termes, là, qui ont été étudiés, financement sectoriel et secrétariat général, ou financement secrétariat général, est-ce que vous pouvez expliquer ces termes-là?

R : Dans le cocktail de financement qu’on faisait en fin d’année, là, ça se situait, là… ça avait lieu… toujours lieu pas mal entre la fin octobre puis la fin novembre, il y avait les comtés qui étaient mis à contribution, et l’apport de monsieur Fava puis de monsieur Rondeau quand ils vendaient des cartes — parce que t’as des gens qu’eux autres ils collectaient que… ils n’assignaient pas ça dans un comté. Alors, ça, ça devenait le sectoriel, ce qu’on appelait ce matin le 127, là…

Q : Donc, si on…

R : … c’est que ce n’était pas assigné au parti, c’était assigné au secrétariat du parti.

Q : Donc, si on reprend, là, pour bien situer ce que vous nous expliquez, le cartable, c’est à l’onglet 6.

R : Oui.

Q : Et c’est… vous avez parlé de 127, donc on voyait «sectoriel» ici.

R : Dans le tournoi de golf, c’était moins…

Q : Là, je suis dans le cocktail, monsieur, à la page 36.

R : Ah, excusez-moi. Oui, le montant de quatre-vingt-treize mille piastres (93 000 $)?

Q : Oui.

R : Ça, c’était probablement l’apport de notre équipe de… de monsieur Rondeau et de monsieur Fava et de peut-être quelques personnes.

Q : Donc, le sectoriel, c’est-à-dire c’est la portion qui n’était pas récoltée, si je peux utiliser le terme, par les comtés, mais par…

R : Par les comtés.

Q : … mais par votre équipe à la permanence à Québec?

R : C’est ça.

Q : Donc, on constate quatre-vingt-treize mille (93 000 $) sur deux cent vingt-quatre mille (224 000 $), là…

R : Ça représente, là, si je regarde dans la répartition, à peu près quarante et un pour cent (41 %) de l’activité. C’est à peu près dans l’ordre de quarante pour cent (40 %), là.

Q : Et pour l’année suivante, vous aviez indiqué, pour le golf… vous alliez partir ou indiquer quelque chose au sujet du golf, que…

R : Non, c’est parce que quand vous m’avez demandé de regarder, je regardais la page 35, j’ai regardé dans le 127, c’est parce qu’il n’y avait aucun
montant.

Q : O.K. Et pour maintenant la pièce 42, qui est une feuille qui a été remise ce matin séparément.

R : Attendez un petit peu. Oui?

Q : Et c’est à la deuxième page pour le cocktail, on n’a pas la ligne 127, là, mais on a une ligne «secrétariat général»?

R : D’après moi, ça équivaut à la ligne du 127.

Q : Donc, c’est l’apport de votre équipe avec monsieur Fava, monsieur Rondeau?

R : À peu près.

Marcel Leblanc a témoigné que la ligne «secrétariat général» équivaut à la ligne 127. Je me permets une hypothèse différente. Le secrétariat général était probablement comptabilisé à la ligne 126 et représentait les fonds versés directement au parti, au national comme on dit, mais qui n’était pas du financement sectoriel.

La ligne 127, ça paraît assez clair désormais et les témoignages et les documents de la commission Bastarache le confirment, représente le financement sectoriel.

Toutefois, les témoins entendus à la commission Bastarache et associés au Parti libéral avaient une compréhension assez différente de ce qu’était le financement sectoriel. Charles Rondeau, ancien associé-conseil au développement des affaires à la firme comptable Mallette et qui a été bénévole au PLQ à compter des années 1960 va dans le même sens que les Leblanc et Trépanier à propos du financement sectoriel :

Q : (Me Battista, procureur de la commission) Alors, qu’est-ce que ça représente ce tableau-là et ces chiffres-là en bas, quand on voit l’attribution de quatre-vingt-treize mille (93 000) au sectoriel?

R : Vous parlez du quatre-vingt-treize mille (93 000)?

Q : Oui?

R : Ça, ça veut dire que ça a été ramassé surtout par Fava, par moi, par des gens qui ne nous ont pas dit : Écoute, là, moi je viens de tel comté, puis si je ne le mets pas dans mon comté ils vont être en «mozusse» après moi. Alors, pour aider le parti, parce que le parti quand il arrive une élection, il y a un financement qui se fait, il faut que le parti vive aussi, il n’y a pas juste les comtés, alors le 127, ça, c’est la réserve des… c’est la réserve du parti, ça veut dire que ce cent vingt-
sept mille (127 000) là… quatre-vingt-treize mille sept cents (93 700)-là, là, pouvait aller directement au parti, il le mettait de côté pour la prochaine élection ou, en tout cas, faire d’autre chose, là, mais ça appartenait directement au parti.

Dans le contexte actuel, il est intéressant de noter cet autre extrait du témoignage de Charles Rondeau, où il est question du cocktail du chef (du PLQ, Jean Charest) qui a eu lieu à Québec, après la victoire libérale de 2003 :

Q : On va au cocktail du vingt-six (26) novembre deux mille trois (2003), à la page 38, et à ce moment-là nous voyons sur la ligne 127 cent dix-huit mille
quatre cent cinquante dollars (118 450 $). Ça, c’est l’argent qui a été attribué à la collecte…

R : Oui, le cocktail avait été pas mal plus haut, alors le sectoriel se trouve, le 127, être plus élevé.

Q : D’accord. Mais le montant qui a été collecté pour le cocktail était de trois cent quarante-sept mille dollars (347 000 $)?

R : C’est ça.

Q : Mais l’argent qui a été ramassé a été divisé par comté ou c’est la contribution des comtés eux-mêmes? Le savez-vous? Pour deux mille trois (2003).

R : Excusez, là, j’ai mal saisi.

Q : Nous voyons qu’à la ligne 127…

R : Page 38, là?

Q : Page 38, ligne 127, nous y voyons cent dix-huit mille quatre cent cinquante dollars (118 450 $)?

R : Oui.

Q : Et nous voyons ensuite total trois cent quarante-sept mille trois cent quatre-vingt-un dollars (347 381 $)?

R : Oui.

Q : Alors, cette année-là, il fut attribué à la collecte sectorielle cent dix-huit mille quatre cent cinquante dollars (118 450 $), mais est-ce qu’on doit comprendre de votre témoignage qu’en fait, ça peut être plus élevé et que l’argent a pu être distribué parmi les comtés ou — écoutez ma question — ou s’agit-il de montants que les comtés eux-mêmes ont pu collecter?

R : Bien, je pense que si on compare ça, là…

Q : Oui.

R : … on a fait un beaucoup plus gros cocktail cette année-là…

Q : Oui.
R : … alors nous autres, là, notre petit groupe, on en a ramassé… ça, c’est quelle année? Deux mille trois (2003) c’est l’année de l’élection, ça?

Q : Oui.

R : Alors, on en a ramassé… on a fait un plus gros cocktail, on en a ramassé, notre équipe, de huit (8), dix (10), douze (12), là, on en a ramassé plus que d’habitude…

Q : D’accord.

R : … nous autres mêmes, alors il y en a plus dans le 127 qui n’est pas attribué à personne.

Cet extrait de témoignage révèle que le cocktail du chef en 2003 a été un succès de financement, avec des résultats supérieurs à ceux de 2002, alors que les libéraux étaient dans l’opposition.

M. Rondeau reconnaît aussi qu’il n’y a eu 25 000$ de plus de financement sectoriel pour cette activité de 2003 (les libéraux étaient au pouvoir depuis sept mois) que pour celle de 2002. Il est aussi intéressant de noter que le PLQ était en mesure de tenir une activité de financement qui pouvaient à elle seule générer des revenus de tout près de 350 000$, puisque le PLQ ne parvenait pas à trouver la trace d’une activité unique qui avait rapporté 428 000$ (et probablement organisé par Marc Bibeau, selon les policiers).

La 127e circonscription n’est donc plus tout à fait imaginaire, l’UPAC ne se trompe pas, cette circonscription existe bel et bien au PLQ.

Catégorie: Québec

Poing de rupture

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 publié le 14 avril 2014 à 17 h 35

Il n’y a rien de bien sorcier à analyser dans cette dernière campagne électorale.

Tous ont remarqué la candidature « poing levé » de Pierre Karl Péladeau à Saint-Jérôme. Tout le monde a vu la conviction avec laquelle il a annoncé son engagement, et tous ont mesuré l’impact potentiel de cette candidature. On a vu l’avenir du Québec défiler devant nos yeux : ça passait par un référendum et ça se terminait avec des « flags sur le hood ».

Il semble que Pauline Marois a vu ça aussi.

Ainsi, le surlendemain, le 11 mars à Mont-Mégantic à l’occasion d’une annonce sur le tourisme, elle a répondu à une question de ma collègue Marie-Hélène Tremblay sur les frontières d’un Québec indépendant. Non, il n’y aura pas de frontières ni de péage dans un Québec indépendant.

Un peu plus tard, à Bécancour : y aura-t-il un passeport québécois? L’absence de frontière visible « ne veut pas nécessairement dire qu’il n’y aura pas de citoyenneté et pas de passeport », a répondu la chef du Parti québécois.

Le mercredi 12 mars au pavillon du parc du Bois-de-Coulonge, à Québec, vient une question sur la devise d’un Québec souverain. Ce sera le dollar canadien, a répondu avec aplomb Pauline Marois.

Ouf, la campagne électorale n’était vieille que d’une semaine. D’une certaine manière, elle a pris fin ce jour-là.

Mais personne ne l’avait tout à fait réalisé, et certainement pas Pauline Marois. Extrait du quotidien Le Devoir du 12 mars 2014 :

Pauline Marois n’est pas embêtée par l’attention médiatique accordée au projet de « pays du Québec » de sa formation politique, comparativement à celle accordée à son plan économique. « Ça ne me dérange pas du tout », a-t-elle dit. Elle y voit des enjeux concomitants. « Pouvoir mixer souveraineté et économie, c’est tout à fait plausible […] Nous pensons même que c’est un avantage au plan économique que de prendre en main notre propre destin. »

Pauline Marois et son équipe ont sans doute été transportées par l’enthousiasme pour évoquer ainsi le projet de souveraineté du Québec, sans prudence et surtout sans planification aucune.

Ignorait-on combien ce sujet est délicat et sérieux pour tous les Québécois? Avait-on oublié au PQ la capacité de leurs adversaires pour mener des attaques efficaces contre l’article 1 du programme?

Et, une fois ces attaques lancées, quelle a été la réaction de Pauline Marois et des siens? Ils ont sonné la retraite. Ils n’ont plus parlé de souveraineté. Pierre Karl Péladeau n’a eu le droit d’ouvrir la bouche que pour parler d’économie. Et, après avoir cherché un peu, les stratèges péquistes ont tourné leurs canonnières vers l’intégrité du Parti libéral.

En traitant de cette façon le projet d’indépendance du Québec, le Parti québécois est parvenu à montrer ses moins bons côtés.

Il a d’abord traité ce sujet avec une légèreté, fleurant le triomphalisme, pour ensuite s’en distancier maladroitement, comme un apprenti sorcier qui craint de se brûler à nouveau.

Finalement, le Parti québécois a créé beaucoup de confusion autour de la question nationale. Au second débat, on attendait de voir comment Pauline Marois parviendrait à s’en dépêtrer, ce qu’elle a tenté de faire avec une formule alambiquée : « Non, il n’y aura pas de référendum… tant que les Québécois ne seront pas prêts. »

Pauline Marois avait perdu. Dès lors, ce que pouvait dire le chef libéral n’avait guère d’importance. Même sa déclaration abracadabrante sur le français au travail est devenue parfaitement secondaire.

Et cette défaite est venue parce que le Parti québécois et Pauline Marois ont misé en cours de campagne tout leur pécule sur un seul jeu : la candidature de Pierre Karl Péladeau.

Comme quoi, en politique, une main apparemment gagnante peut faire perdre la partie.

L’analyse de la campagne n’est pas très complexe, mais le travail de fond que le Parti québécois devra ensuite mener à bien promet déjà d’être douloureux.

Catégorie: Québec

Allô la police?

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 publié le 26 mars 2014 à 10 h 05

Il ne manquait plus que la police dans cette campagne électorale 2014. Elle y est entrée par une petite porte : un communiqué du Parti québécois publié à 18 h 15 mardi soir.

La première réflexion est générale : c’est triste que les policiers s’intéressent au financement des partis politiques. Triste, mais pas surprenant. Plus rien ne nous surprend depuis quelques années.

Le Parti québécois parle d’une rencontre informelle des policiers avec le directeur général et le directeur des finances, sur la structure de financement du parti. Nos sources policières nous disent que les enquêteurs de l’UPAC ne prennent pas rendez-vous pour boire le thé. Que leurs démarches ne sont pas « pédagogiques ». Qu’ils cherchent des informations.

Il y a une certitude : le PQ ne souhaitait pas que l’information sorte en pleine campagne électorale. Il a été forcé de le faire parce qu’un média avait été mis au courant.

Il y a le PQ, mais il y a aussi le PLQ.

Les policiers ont fait des perquisitions au PLQ. Une enquête en bonne et due forme est en cours. Tout ça avait commencé par des questions sur la structure du financement…

Dans les deux cas, personne n’est accusé, personne n’est coupable, mais notre innocence s’envole.

Et ce qu’on veut, c’est que nos politiciens prennent leurs responsabilités, assument le cas échéant les erreurs du passé et s’assurent que plus jamais il n’y aura de la magouille dans le financement des partis politiques.

Je rêve, je sais…

Catégorie: Élections Québec 2014, Québec

Aller ou ne pas aller aux Îles-de-la-Madeleine?

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 publié le 25 mars 2014 à 15 h 38

Lors de la campagne électorale de 2012, Pauline Marois s’était fait un devoir de visiter l’ensemble des régions du Québec. De l’Abitibi-Témiscamingue à la Gaspésie, en passant par le Saguenay–Lac-Saint-Jean et le Bas-Saint-Laurent, la chef péquiste s’était pratiquement rendue partout, y compris… aux Îles-de-la-Madeleine!

Non seulement Pauline Marois avait visité toutes les régions, mais elle avait aussi dénoncé le chef de la CAQ, François Legault, qui, lui, avait concentré ses visites dans l’axe Québec-Montréal.

Cette année, la chef péquiste a opté pour une autre stratégie : depuis le début de la campagne, elle n’a pratiquement visité que des circonscriptions des régions de Québec et de Montréal, en plus de quelques incursions en Estrie et en Mauricie, et d’une visite dans le Bas-Saint-Laurent.

Dans l’entourage de la chef péquiste, on explique vouloir concentrer ses énergies. Le Parti québécois est sûr de l’emporter dans l’ensemble des régions ressources, là où il avait pratiquement tout raflé en 2012. Le dernier sondage Léger-Marketing-QMI tend à confirmer l’avance dont jouit le Parti québécois dans ces régions, mais tenir pour acquis l’appui des électeurs est parfois dangereux.

Dans un tel contexte, le PQ veut être présent là où il estime que cela compte le plus. Dans l’esprit des proches de Pauline Marois, la victoire ou la défaite se jouera sur le terrain de la CAQ, soit en banlieue de Montréal et dans le Centre-du-Québec – le PQ ayant en quelque sorte renoncé à faire des gains à Québec devant la remontée des libéraux. Pas question donc de disperser les énergies de la chef péquiste en se rendant aux quatre coins de la province.

Les proches de Pauline Marois font aussi valoir que de se rendre en région comporte de nombreux désavantages. Les temps de trajet sont longs, les caprices de la météo peuvent entraîner des retards, les journalistes nationaux ne suivent pas tous… autant de facteurs qui font que la visibilité médiatique des chefs de parti souffre souvent de tels déplacements.

Cela étant, ne pas se rendre dans toutes les régions comporte aussi des risques. Outre le danger de projeter une image trop « montréalocentriste », l’absence de Pauline Marois dans certaines circonscriptions pourrait lui faire perdre des comtés. Même si le PQ paraît sûr de conserver ses acquis, il n’est pas immunisé contre la défaite. Certaines circonscriptions arrachées lors du dernier scrutin par de faibles majorités pourraient basculer, qu’on pense à Abitibi-Est ou à Saint-François.

Quoi qu’il en soit, on explique dans l’entourage de Pauline Marois que la décision de visiter ou non certaines régions plus éloignées sera prise après le deuxième débat, selon la tournure des événements et les échos que l’organisation recevra de la part de ses alliés sur le terrain.

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Stratégie et tactiques de François Legault

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 publié le 22 mars 2014 à 15 h 15

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) aime bien jouer sur tous les tableaux. Si François Legault attaque les libéraux, il veillera à en faire autant avec les péquistes. Pourtant, il ne se rend pas toujours service en agissant de la sorte.

Dans le dossier référendaire, ça paraît évident.

D’une part, François Legault dénonce le chef libéral Philippe Couillard en affirmant qu’il mène une campagne de peur sur la tenue d’un référendum. D’autre part, il suppute que le Parti québécois, qu’il dit bien connaître, risque de déclencher un référendum dans un prochain mandat majoritaire.

Donc, François Legault donne raison à Philippe Couillard et, en plus, il se met lui-même en difficulté en évoquant la probabilité d’un référendum. C’est pourtant cette possibilité qui fait fuir sa clientèle électorale vers le Parti libéral et, malgré tout, il la confirme.

Au plan tactique, François Legault n’est pas facile à suivre. Au plan stratégique, non plus.

Le chef de la Coalition a affirmé lors d’une conférence de presse, à la veille du débat, qu’il croyait en une troisième voie au Québec.  Pourtant, l’histoire du Québec lui donne tort.

Une troisième voie n’est pas viable en raison du système électoral qui favorise le bipartisme. Il est vrai que le mode de financement, mis en place récemment, atténue cette tendance et contribue au maintien de tiers partis, mais il demeure difficile pour eux d’élire un nombre de députés qui correspond au pourcentage de vote qu’ils obtiennent.

Un tiers parti n’est viable à terme que s’il parvient à remplacer un des deux principaux partis. C’est ce que cherche à faire, petit à petit, Québec solidaire à l’égard du Parti québécois. C’est un travail colossal et de longue haleine, dont le résultat est loin d’être garanti. Le Parti québécois est parvenu à le faire avec l’Union nationale et, à l’époque, ça paraissait impensable.

François Legault a obtenu 27 % des voix au dernier scrutin. Un résultat véritablement impressionnant pour une première participation électorale de la CAQ. Il a tout de même dû se contenter de 19 députés.

Mais s’il avait voulu que la CAQ soit autre chose qu’une comète de passage dans l’univers politique québécois, il aurait dû s’attaquer à l’un des deux principaux partis et se lancer à la conquête de ses électeurs. Pas les deux à la fois. À terme, il risque de tout perdre.

Catégorie: Élections Québec 2014, Québec

Aux premières loges

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 publié le 21 mars 2014 à 19 h 48

L’amateur de hockey rêve d’avoir une place à la hauteur de la glace.

L’amateur de musique rêve d’une place au milieu de la salle.

L’amateur d’automobiles rêve d’être au volant d’une Ferrari.

Moi, je rêvais d’animer un débat des chefs. Je l’ai fait et je peux vous dire que c’était mieux que ce que j’avais imaginé.

La tension du début, les regards qui s’échangent, les amabilités polies qui se disent.

Puis, le débat commence, les gants sont jetés, les regards sont accusateurs, les mots atteignent leur cible, le ton est respectueux, mais on se dit qu’on n’invitera pas les chefs à la bière après.

J’ai vu plusieurs débats à la télé. La caméra nous en montre beaucoup. Mais ce qu’elle ne peut pas nous montrer est tout aussi intéressant : les réactions outrées, les mimiques, les sourires, les « babounes ». Les chefs sont passionnés.

Pendant deux heures, ils argumentent. C’est une épreuve intellectuelle, mais physique aussi, aucun d’eux ne s’est assis pendant le débat.

Pendant les remarques finales de François Legault, Pauline Marois laisse tomber accidentellement une pile de cartons. Un soubresaut s’entend dans la voix de M. Legault, mais il continue, concentré sur le message à livrer. Le débat est terminé. Sur les images de fermeture, Pauline Marois fait comme n’importe qui aurait fait, elle se penche pour ramasser ses cartons…

La campagne continue.

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Le débat à travers les candidats

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 publié le 21 mars 2014 à 12 h 50

C’est classique, lors de chaque élection, tous les partis se vantent d’avoir réuni la meilleure équipe. Or, les débats télévisés sont, sans le moindre doute, l’affaire exclusive de chefs. Peu de candidats ont la chance (ou la malchance, c’est selon) d’y voir leur nom être spécifiquement mentionné. Ceux à qui cela arrive appartiennent habituellement au groupe des candidats vedettes. Voici donc une lecture du premier débat de cette campagne à travers les noms des candidats qui ont été cités.

Réjean Hébert
Pauline Marois a cité le nom de son ministre de la Santé sortant en réponse à une question de Françoise David pour dire à quel point ce dernier était un homme plein de compassion qui faisait tout ce qu’il pouvait pour soutenir les personnes âgées.

Gaétan Barrette et Yves Bolduc
À l’inverse, ce n’est pas le chef libéral qui a cité le nom de son candidat vedette, Gaétan Barrette, pressenti pour occuper le poste de ministre de la Santé si le PLQ est élu. C’est plutôt Pauline Marois qui a évoqué son nom, afin de mieux le qualifier de « lobbyiste ». Les médecins, soutient la chef péquiste, sont partis avec la caisse en se négociant de faramineuses augmentations de salaire. La chef péquiste a aussi nommé Yves Bolduc, qu’elle a placé dans la même catégorie que Gaétan Barrette.

Pierre Karl Péladeau
La chef péquiste a par contre elle aussi vu un de ses candidats vedettes être attaqué par ses adversaires. Philippe Couillard a insisté pour dire que la mise en place d’une fiducie sans droit de regard n’était pas suffisante pour garantir l’indépendance des salles de presse de Québecor si le patron du groupe accédait à un éventuel cabinet péquiste.

Christian Dubé
C’est au chapitre de l’économie que François Legault a nommé un des seuls candidats – sinon le seul – dont il a parlé durant la soirée. Christian Dubé, a dit le chef caquiste, a déjà redressé des entreprises, et il sera donc capable de faire le ménage dont le Québec a besoin. François Legault a également soutenu qu’il était le seul chef à compter dans ses rangs autant de gens d’affaires ayant réellement créé des emplois dans le secteur privé.

Carlos Leitao
Des trois membres de son trio économique, c’est Carlos Leitao que Philippe Couillard a choisi de nommer. Il a fait référence à son candidat vedette dans Robert-Baldwin pour vanter la solidité de son équipe économique.

Fatima Houda-Pepin
Le candidat dont l’évocation a fait le plus grand bruit est sans l’ombre d’un doute Fatima Houda-Pepin. Pauline Marois a cité le nom de la candidate pour servir une réplique cinglante à Philippe Couillard. « Il y a une seule femme que j’ai vue perdre son emploi au Québec [à cause de la charte des valeurs], c’est Fatima Houda-Pepin », a lancé la chef péquiste au chef libéral.

Jean-François Lisée
À son tour, Philippe Couillard a tenté d’embarrasser Pauline Marois, en faisant référence à des propos tenus le jour même par Jean-François Lisée, un peu comme Jean Charest l’avait fait en 2003 en servant à Bernard Landry des propos de Jacques Parizeau. « On est heureux de l’entendre parfois, M. Lisée, qui a dit au cours des dernières heures qu’il invitait Mme David à se joindre au Parti québécois de façon à garantir qu’il puisse y avoir un référendum au cours du prochain mandat », a lancé Philippe Couillard. L’effet n’a cependant pas été le même qu’en 2003, Pauline Marois endossant rapidement les propos de son candidat vedette.

Bernard Drainville
Le nom de celui qui a porté le projet de charte des valeurs a aussi été mentionné au passage par les adversaires de Pauline Marois pour souligner l’absence de volonté alléguée du Parti québécois de faire des compromis afin d’adopter une charte plus « consensuelle » que celle présentée l’automne dernier.

Finalement, il semble que c’est l’équipe du Parti québécois qui ait fait le plus parler d’elle durant ce débat, ce qui n’est pas étonnant vu qu’il s’agit du gouvernement sortant. Mais cela ne veut pas dire que l’équipe péquiste s’en sorte à meilleur compte, plusieurs des références ayant été faites par ses adversaires pour mieux accabler Pauline Marois.

Catégorie: Élections Québec 2014, Québec

Affaires d’État

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 publié le 16 mars 2014 à 15 h 55

L’adhésion formelle du Québec à la constitution canadienne est-elle une des « vraies affaires » dont s’occupe Philippe Couillard?

Vendredi, le chef libéral a déclaré qu’il entendait faire une tournée du Canada pour faire valoir la reconnaissance du caractère distinct du Québec et reprendre à son compte les quatre autres conditions de l’Accord du lac Meech. Il a aussi précisé qu’il parlerait d’économie lors de cette tournée canadienne.

Donc, vendredi, les affaires constitutionnelles comptaient parmi les « vraies affaires », au même titre que l’économie.

Samedi, Philippe Couillard a indiqué qu’il n’y a pas urgence de relancer le dossier constitutionnel et qu’il laisserait les autres chefs de gouvernement prendre l’initiative d’engager des pourparlers.

Que se passe-t-il, ce ne serait plus une des « vraies affaires »?

Pourtant, il y a un an, tout au long de la course à la direction du Parti libéral, la célébration d’une entente constitutionnelle, incluant le Québec, pour le 150e anniversaire de la Confédération canadienne en 2017, était un des principaux thèmes du candidat Couillard. Et c’était encore une priorité tout récemment.

Quant à l’échéancier, 2017, au rythme où se déroulent des négociations constitutionnelles, ça paraît plutôt irréaliste. Dans l’Accord du lac Meech, un délai de trois ans avait été prévu, seulement pour l’approbation formelle de l’entente de principe par Ottawa et les provinces.

 Le lac Meech 25 ans plus tard?

L’Accord du lac Meech a donné lieu à un échec politique retentissant, qui a été un prélude au référendum de 1995 au Québec.

Philippe Couillard a-t-il bien mesuré l’ampleur du défi qu’il évoque?

Fait-il une lecture lucide du rapport de force entre le Québec, Ottawa et les autres provinces?

Le chef libéral peut-il nommer un seul chef de gouvernement au Canada qui est prêt à l’appuyer dans ses revendications pour refaire les négociations de l’Accord du lac Meech?

Des discussions constitutionnelles représentent des années de labeur, des énergies considérables. Les risques sont élevés et un échec peut créer de puissants remous politiques.

Alors, puisque Philippe Couillard demande à Pauline Marois de préciser ses intentions sur la tenue d’un référendum dans un prochain mandat, il serait conséquent que le chef libéral donne l’exemple et informe les Québécois des discussions qu’il pourrait entreprendre avec le reste du Canada.

Puis, M. Couillard consulterait-il les Québécois avant d’aller négocier avec le reste du pays?

Il est possible que les cinq conditions de Meech ne soient plus les priorités du jour pour les Québécois.

Et, s’il conclut une entente, le chef libéral croit-il, comme il l’a dit au lendemain de sa victoire à la direction de son parti, que l’approbation de l’Assemblée nationale suffirait pour l’entériner, sans tenir de référendum?

Il est certain que des Québécois mettraient en doute la légitimité d’une telle démarche.

Il est aussi très probable que des Québécois, dont bien des fédéralistes, doutent des chances de succès d’une telle stratégie.

Car, en toute franchise, qui sont les acteurs politiques au Canada, notamment au Québec, qui croient vraiment aux chances réelles d’un fédéralisme renouvelé, une réforme qui offrirait par exemple davantage de pouvoirs au Québec?

S’il y en a, qu’ils se montrent, qu’ils nous disent ce qu’ils veulent faire et comment ils comptent parvenir à leurs fins.

Oui, qu’ils se montrent, car, pour le moment, Philippe Couillard paraît bien seul.

Catégorie: Élections Québec 2014, Québec

Un mustang dans la course

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 publié le 15 mars 2014 à 21 h 03
Il y a un effet PKP. La candidature de l’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau donne un formidable coup de fouet à cette campagne électorale qui s’emballe et fonce droit dans la question nationale. Il y a un effet PKP. L’attention du public est captée et perçoit en majorité une victoire probable du Parti québécois (PQ), ce qui risque de mobiliser davantage les électeurs qui ne veulent pas du Parti québécois au pouvoir.
Alors, oui, il y a un effet PKP, mais il ne se traduit pas de la façon dont on aurait pu le penser dans les sondages. Pas pour le PQ, pas maintenant et peut-être pas plus tard dans cette campagne.
Pauline Marois a déclaré samedi que la candidature de Pierre Karl Péladeau ajoute de la crédibilité au projet souverainiste. Une déclaration parmi d’autres sur ce thème censé être secondaire à la campagne du PQ.

La campagne électorale s’inscrit désormais selon le tracé fédéraliste-souverainiste. C’est d’autant plus facile que tout le monde connaît le chemin, les yeux fermés, même en dormant.

Cela ne laisse environ que 40 % des électeurs à l’écurie à laquelle appartient le PQ.

Québec solidaire (QS) continue d’y revendiquer un box et bénéficierait légèrement de l’effet PKP.

La candidature de PKP paraît bonne sur le front gauche pour QS, mais nettement défavorable sur le front de la souveraineté pour l’équipe de Françoise David. À cet égard, la candidature de Pierre Karl Péladeau est probablement très rassembleuse.

Ce n’est pas si différent pour l’écurie fédéraliste que se partagent le Parti libéral (PLQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ). Toutefois, jusqu’à preuve du contraire, les fédéralistes sont plus nombreux. Leur problème, c’est d’être regroupés dans certaines circonscriptions à des niveaux de concentration records.

La menace accrue d’une victoire péquiste a permis à Philippe Couillard de lancer un appel très efficace pour un retour au bercail des fédéralistes qui avaient trouvé refuge auprès de la CAQ de François Legault.

Il y a un effet PKP pour la CAQ, déjà mal en point, qui perd sur tous les plans. Parce que la souveraineté revient sur le tapis et que la CAQ a fait le choix de n’offrir aucune réponse à la question nationale. Et parce que Pierre Karl Péladeau était un modèle pour la CAQ, glorifié de cette aura de l’homme d’affaires qui a affronté les syndicats. Des habits qu’il refuse désormais de porter.

Il y a un effet PKP pour les fédéralistes qui se regroupent et se mobilisent. Sans surprise, on entend sonner le tocsin, ici et là.

Il est impossible de nier que ce candidat, fougueux et imprévisible comme le mustang (n’a-t-il pas quelques manières altières qui tiennent du cheval?), ne bouleverse pas complètement la campagne. Wikipédia dit du mustang qu’il est très indépendant, extrêmement frugal et résistant. Peut-être.

Mais il est inévitablement calculateur. La séquence des événements depuis au moins un an tend à démontrer que cette décision a fait l’objet d’une (pas) assez minutieuse planification.

Il m’est impossible de croire que Pierre Karl Péladeau a pris cette décision il y a deux semaines. Les faits montrent tout autre chose.

Et, franchement, je vois mal comment lui en tenir rigueur. Ce n’est simple pour personne d’annoncer sa candidature pour un parti politique. Ça devient très compliqué pour un homme dans sa situation.

Ce qui aurait été maladroit de la part de M. Péladeau, c’est de ne pas préparer de longue main cette transition du secteur privé vers le service public. On voit même qu’il aurait pu y consacrer une attention encore plus rigoureuse, afin de mieux saisir les difficultés particulières liées aux fonctions qu’il pourrait convoiter.

Pierre Karl Péladeau change véritablement la dynamique de cette campagne électorale.

C’est déjà considérable pour un seul homme.

C’est autre chose de changer véritablement le Québec.

Catégorie: Élections Québec 2014, Québec

Vous connaissez les farces du genre « Ça prend combien de cols bleus pour réparer un nid-de-poule? » ou « Ça prend combien de psychologues pour changer une ampoule? »

Pour cette élection 2014, je vous en propose une autre : « Combien de couleuvres un politicien peut-il avaler? »

Je sais que le collègue Vincent Marissal, de La Presse, a déjà abordé ce thème, mais je dois avouer que l’envie pour moi d’en traiter était tout simplement trop forte.

Parce que cette année, la liste des avaleurs de couleuvres s’allonge! Dans l’ordre alphabétique, en voici quelques-uns :

- Gaétan Barrette (PLQ) : En 2012, il se présentait pour la CAQ. À l’époque, les pires gestionnaires du réseau de la santé étaient les libéraux. Il n’y a pas un qualificatif négatif qu’il n’a pas utilisé pour en parler. Aujourd’hui, le PLQ est le seul qui peut régler tous les problèmes du réseau!

- Yves Bolduc (PLQ) : M. Bolduc a essuyé les attaques percutantes, presque vicieuses, de Gaétan Barrette en 2012. Aujourd’hui, il tourne la page, efface ces affrontements de sa mémoire, pour accueillir celui qui aspire à prendre sa place dans un éventuel gouvernement Couillard!

- Alexis Deschênes (PQ) : Il a quitté le réseau TVA en dénonçant à mots couverts la diminution de son indépendance journalistique. Aujourd’hui, celui qui était à la tête de son réseau de télévision veut devenir député du même parti. Aujourd’hui, il se réjouit du saut en politique de son ancien patron!

- Pierre Duchesne (PQ) : À l’époque où M. Duchesne était président de la Tribune de la presse parlementaire, il s’est battu bec et ongles contre les dirigeants de Québecor qui voulaient que des journalistes (« scabs » est l’expression qu’il utilisait) soient accrédités à l’Assemblée nationale. Il n’aurait pas fallu que quelqu’un s’avise d’inviter MM. Péladeau et Duchesne au même repas. Aujourd’hui, ils font campagne pour le même parti!

- Jean-François Lisée (PQ) : À cette même époque, celle du lock-out au Journal de Montréal, M. Lisée s’inquiétait publiquement de l’indépendance des salles de nouvelles de Québecor Média. Aujourd’hui, il justifie la candidature de M. Péladeau en disant que depuis qu’il a été nommé au conseil d’administration d’Hydro-Québec, jamais les médias de Québecor n’ont été aussi durs et critiques à l’endroit de la société d’État!

Je sais qu’on peut changer, je sais qu’on évolue, mais disons que ces couleuvres ont un petit arrière-goût qui alimentera probablement le cynisme…

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