Billets classés sous la catégorie « Québec »


Québec : la situation est loin de s’améliorer

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 publié le 28 août 2014 à 14 h 03

Les indicateurs économiques ne sont pas encourageants.

L’Institut de la statistique révèle que la croissance du produit intérieur brut était de 0,1 % en mai dernier. C’est tout de même mieux qu’en avril dernier, où on notait un ralentissement économique (-0,2 %). Depuis le début de l’année 2014, la croissance par rapport à 2013 n’a été que de 1,2 % au Québec. Au Canada, pour la même période, la croissance a atteint 2,2 %.

Du côté de l’emploi, de juillet 2013 à juillet 2014, il s’est créé 16 400 emplois. C’est modeste, surtout si on tient compte du fait que l’emploi à temps plein a reculé et que les nouveaux emplois sont à temps partiel. Et depuis le début de 2014, le portrait est franchement mauvais avec une perte sèche de 25 000 emplois.

De même, les dépenses en immobilisations non résidentielles du secteur privé devraient baisser en 2014.

Parmi les rares bonnes nouvelles, soulignons la hausse de 3,3 % des ventes au détail au Québec et une croissance des exportations internationales de 6,6 % au cours des six premiers mois de 2014.

La situation budgétaire

Du côté des finances publiques québécoises, ça ne va pas très bien non plus. Les données des deux premiers mois de l’année financière (avril et mai 2014) viennent d’être rendues publiques. Ce sont des données parcellaires et préliminaires. Il faut éviter de tirer des conclusions hâtives. Ces données sont néanmoins utiles comme signal de tendances.

Alors, qu’en est-il?

Les revenus autonomes du gouvernement ont augmenté de 2,2 %. Dans le dernier budget, le ministre Carlos Leitao a misé sur une augmentation des revenus de 3,6 %. C’est loin du compte.

Pour ce qui est des dépenses de programmes, elles ont augmenté de 3 % pour les deux premiers mois de l’année financière par rapport à la même période l’an dernier. L’objectif du ministre Leitao est de 1,8 % de croissance des dépenses pour l’ensemble de l’année. Le ministère des Finances a bon espoir de parvenir à cet objectif.

Le déficit après deux mois atteint près de 1 milliard de dollars, à peu près le même montant que l’an dernier à la même période. Le déficit prévu cette année est de 2,4 milliards de dollars. En 2013-2014, il a été de 3,1 milliards de dollars.

C’est donc dans ce contexte que le gouvernement Couillard entreprend son périple pour l’assainissement des dépenses publiques. Le risque étant que ces mesures d’austérité, selon plusieurs observateurs, pourraient nuire davantage à l’économie et avoir un effet négatif sur les revenus de l’État québécois.

Catégorie: Québec

La direction du Parti québécois, une course?

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 publié le 27 août 2014 à 18 h 09

La possibilité de permettre à tous les Québécois de voter dans la course à la direction du Parti québécois a peu de chances de se matérialiser. Malgré l’appui du président du Comité national des jeunes du PQ, Léo Bureau-Blouin, cette idée de « primaires ouvertes » a subi un échec parmi les jeunes péquistes.

Le Conseil national des présidents du PQ se réunira le 4 octobre pour déterminer les règles de la course à la direction. Mais pour changer la constitution, comme l’exigeraient des « primaires ouvertes », il faudra que les deux tiers des participants appuient cette initiative et qu’un congrès ait lieu avant la course à la direction. Sans être impossible, cela paraît bien peu probable.

La liste des candidats potentiels, qui cachent à peine leurs intentions, est déjà longue. Pourtant, un grand nombre de candidatures risque de favoriser l’élection de Pierre Karl Péladeau, de loin le candidat potentiel le plus connu.

Le propriétaire de Québecor refuse de confirmer ses intentions, mais y a-t-il quelqu’un au Québec qui croit que M. Péladeau s’est joint au Parti québécois pour s’en tenir à la fonction de député de Saint-Jérôme?

Il y aura une course, avec beaucoup de participants, semble-t-il. Mais est-ce que ce sera une véritable course?

En fait, il est difficile d’imaginer que Pierre Karl Péladeau ne deviendra pas le prochain chef du Parti québécois. Compte tenu de la situation difficile dans laquelle se retrouve le mouvement souverainiste, comment les militants du Parti québécois pourront-ils résister aux attraits d’une candidature comme celle de Pierre Karl Péladeau?

Avec la présence de M. Péladeau, le débat gauche-droite promet de devenir un axe important de cette course, comme l’évoque mon collègue Michel C. Auger dans ce blogue.

Toutefois, l’article 1 sur la souveraineté du Québec sera aussi au coeur de cette course. Il y aura des pressés et des moins pressés.

Dans quel camp Pierre Karl Péladeau se rangera-t-il?

La réponse à cette question pourrait avoir des conséquences importantes sur l’avenir du Québec.

Si Pierre Karl Péladeau affirme que la souveraineté du Québec n’est possible que lorsque les finances publiques seront saines, c’est un retour aux conditions gagnantes. Et cela reporte plutôt loin la possibilité d’un référendum.

Si Pierre Karl Péladeau met l’indépendance du Québec au premier plan et qu’il remporte cette course à la direction, le thème de la souveraineté pourrait devenir un élément central des prochaines élections en 2018.

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Une des conséquences des événements de lundi dernier à l’hôtel de ville de Montréal a probablement été la prise de conscience par le gouvernement Couillard de la très forte mobilisation des syndiqués municipaux. Et même si les chefs syndicaux ont soutenu qu’ils ne contrôlaient pas leurs membres, il est difficile de croire que la démarche n’était pas intentionnelle, à deux jours de la commission parlementaire sur le projet de loi 3.

Que cela ait été planifié ou pas, le premier ministre Philippe Couillard est aujourd’hui plus à même de comprendre que cette question des retraites est loin d’être secondaire pour les employés municipaux. Même que pour les policiers et les pompiers, à l’instar des militaires, le régime de retraite est un élément central de leur culture du travail.

Bien sûr, tout le monde convient – les syndicats eux-mêmes le disent officiellement – qu’il était inacceptable que les syndiqués perturbent le conseil municipal de Montréal.

En outre, la plupart des journalistes ont conclu que les syndicats avaient perdu la bataille de l’opinion publique. Cela est possible, même probable. Mais en matière de relations de travail, le rôle de l’opinion publique n’est pas nécessairement déterminant. En fait, il est très rare que les luttes syndicales bénéficient de l’appui du grand public et des grands médias. Cela n’a pas empêché les syndicats d’enregistrer des gains historiques importants.

Si on pense plus précisément aux cols bleus, surtout aux pompiers et aux policiers, ces corps d’emploi comptent parmi les plus militants et les plus coriaces.

Ce n’est pas pour rien que nous nous retrouvons dans la situation actuelle. Les employés municipaux ont été très efficaces dans leurs revendications. Et aussi, selon les municipalités, parce que le système d’arbitrage exécutoire pour les policiers et les pompiers aurait favorisé une spirale inflationniste.

À ce propos, ce système d’arbitrage exécutoire va demeurer en vigueur. Alors, est-ce que dans 10 ans, 20 ans, ce système recréera le problème de solvabilité des régimes de retraite?

Les policiers et les pompiers de Montréal ont mené une courte grève en 1969. Ironiquement, l’un des éléments qui ont mené ce débrayage illégal, c’est l’adoption d’une loi à Québec qui permettait à la Ville de Montréal de suspendre temporairement ses cotisations aux régimes de retraite de ses employés. Dans les mois qui ont suivi, des décisions arbitrales jugées négatives par les policiers et les pompiers les ont convaincus de faire la grève. Cette grève, déclenchée le 7 octobre 1969, a marqué les esprits : un million de dollars en dommage, deux morts, une série de vols qualifiés et l’armée canadienne qui est venue assurer l’ordre à Montréal.

Ce rappel historique me paraît utile. Quarante-cinq ans plus tard, le gouvernement Couillard intervient sur une question cruciale pour ces travailleurs qui ont le sentiment que le gouvernement et les municipalités veulent renier un contrat conclu de bonne foi. Pour eux, c’est à la limite un bris de LEUR contrat social.

Les syndiqués ont fait une démonstration de leur mobilisation lundi à Montréal, une démonstration condamnable sans aucun doute, mais elle permet désormais au gouvernement Couillard de mesurer l’ampleur de l’affrontement qui s’engage avec le monde syndical.

Et comme son gouvernement a fait part de son intention d’intervenir dans les régimes de retraite à prestations déterminées des universités et du secteur privé, c’est loin d’être terminé. En réalité, cela vient à peine de commencer.

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Le veston de ministre ou le sarrau de médecin?

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 publié le 9 juillet 2014 à 13 h 50

Dans une ultime tentative pour défendre sa prime de 215 000 $, Yves Bolduc s’est excusé auprès des patients qu’il a laissés en plan en quittant la pratique de la médecine pour redevenir ministre.

C’est, depuis le début de cette controverse, le seul acte de contrition d’un membre du gouvernement. Et c’est probablement là le coeur du problème dans la gestion de cette affaire par le gouvernement.

Un problème que j’illustrerais comme ceci :

Quand M. Bolduc est entré dans la salle de conférence de presse de l’Assemblée nationale mardi pour répondre aux questions des journalistes, vous ne l’avez pas vu, mais il ne portait pas son veston de ministre. Non, non, il portait son sarrau de médecin.

Dans une certaine mesure, quand Philippe Couillard a dit que cette affaire était « une bien petite tempête dans un grand verre d’eau », vous ne l’avez pas vu, mais il portait son sarrau de médecin, pas son veston de premier ministre.

Quand Gaétan Barrette est entré au conseil des ministres mercredi, en tirant sur tout ce qui bouge pour défendre son collègue Bolduc, que portait-il? Son sarrau de médecin.

Et parce qu’ils portaient leur sarrau, ils ont défendu Yves Bolduc, le médecin et sa pratique de la médecine, comme :

- prendre des patients en charge;

- donner de bons soins;

- toucher le salaire, primes incluses, qui vient avec la pratique de la médecine, selon les règles en vigueur.

S’ils avaient porté leur veston de ministre, ils auraient pu :

- dès le début, s’excuser tout de suite auprès des patients laissés en plan;

- réaliser que quelques semaines plus tôt, ils prévenaient tout le monde que des sacrifices devront être faits pour atteindre l’équilibre budgétaire;

- réaliser qu’un député qui gagne 90 000 $, plus 150 000 $ comme médecin et 215 000 $ en primes pour « voir » des patients, même si c’est exactement ce qu’on attend de lui, peut soulever l’incompréhension d’une partie de la population.

Bref, un veston de ministre leur aurait peut-être donné plus de flair politique…

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Déficit démocratique : le vote obligatoire?

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 publié le 18 juin 2014 à 14 h 11

Les remises en question de nos institutions et les questionnements sur les maux qui les affligent sont aussi nombreux que les engagements des chefs politiques de faire les choses « avec plus de respect », « autrement » ou « au-dessus des lignes de parti ».

Vous avez certainement entendu maints analystes commenter le cynisme et le désintéressement de la population, les plus jeunes en particulier, quant à la chose politique. La démocratie n’est pas sur son lit de mort, mais elle est sérieusement atteinte. Les médecins sont nombreux à son chevet, alors que les germes de tous ordres s’attaquent à son organisme.

Ces praticiens de la santé de la démocratie se retrouvent entre autres du côté des médias. On ne compte plus les éditoriaux, les chroniques et les commentaires. Les diagnostics tournent pas mal toujours autour des mêmes symptômes : cynisme, faible participation des plus jeunes, frustration, déconnexion, lien de confiance rompu, etc. Les prescriptions varient davantage.

L’apathie des citoyens

Une autre industrie en développement au Canada, celle des groupes de réflexion (ou si vous préférez les think-tanks), a aussi procédé à son examen périodique du patient présent dans toutes les salles d’attente, voire les urgences. Ces groupes sont différents des rassemblements de gens d’affaires comme les chambres de commerce, les Canadian Clubs de ce monde. Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’ont pas tissé des liens avec le milieu de l’entreprise par l’entremise de leurs conseils d’administration ou comités de conseillers. On y retrouve aussi des gens près des partis politiques qui s’associent en mode « qui se ressemble s’assemble ».

Un membre d’un de ces groupes et professeur de l’Université d’Ottawa, Robert Asselin, s’attaque lui aussi au « mal » qu’il identifie comme le « malaise démocratique canadien ». Le professeur Asselin est conscient que son constat sur la légitimité politique plus fragile, les défaillances des institutions et la perte de confiance n’est pas unique en soi. Mais il insiste parce qu’il croit que ces tendances s’accentuent.

Il insiste aussi sur le fait que les politiciens et les journalistes ne doivent pas avoir le monopole de la discussion là-dessus. Le recul des citoyens a plusieurs effets, avant et après la prise de décisions qui les touchent dans leur vie de tous les jours. Avant, les décisions ne sont pas nécessairement appropriées. Et après, elles ne sont pas acceptées et sont contestées et souvent contournées, etc. Un peu le fameux problème de l’« acceptation sociale » dont on parle beaucoup ces temps-ci face à des projets controversés (pensez gaz de schiste, pétrole à Anticosti, Northern Gateway, etc.). Quand on n’a pas les décideurs en haute estime ou qu’on ne comprend pas leur rôle, leur importance, on a les décisions qu’on mérite, diraient certains.

Quels changements au Parlement?

Robert Asselin propose des changements à la façon de faire au Parlement : rôle et ressources des comités, plus de votes libres et une meilleure période des questions, dont une hebdomadaire à la britannique réservée au premier ministre. Du côté du Sénat, c’est aux nominations qu’il s’attaque avec la création d’un comité consultatif avec représentation égale des provinces, qui ferait les recommandations au premier ministre. Nulle part on ne touche à la fameuse Constitution.

Impossible de ne pas relier ces éléments à la vision de Justin Trudeau. Avec l’éducation, le renouveau démocratique constituait ses seules propositions de programme lors de son couronnem…. euh de la course à la direction de l’an dernier. M. Asselin ne s’en cache d’ailleurs pas, il est proche de M. Trudeau. Il a aussi oeuvré auprès des prédécesseurs de ce dernier (Paul Martin et Stéphane Dion).

Le vote et le modèle australien

Là où on sort des sentiers battus, c’est du côté des élections. M. Asselin se prononce contre la proportionnelle, pour la « préférentielle » et surtout, il dit : « Pourquoi pas le vote obligatoire? »

Il fait valoir qu’une trentaine de pays, dont l’Australie (hey! M. Harper!), le pratique. C’est ainsi que l’Australie obtient des taux de participation frisant les 95 %! Imaginez… mais est-ce simplement une statistique impressionnante à première vue qui ne signifie rien en réalité?

M. Asselin affirme que ça a des répercussions sur la « culture politique ». Les citoyens ont en commun des institutions qui régissent leur existence. Aller voter pour en choisir les membres aux quatre ans est bien le minimum auquel on puisse s’attendre. Et on est donc incités à suivre de plus près ceux qu’on choisit. L’Australie a pensé à tout. On peut être effectivement dans l’incapacité de voter, et des exemptions motivées existent. Obligation de voter ne veut pas dire de voter pour quelqu’un. On parle plutôt de se présenter au bureau de scrutin, quitte à annuler son vote. Sans quoi, il y a une petite amende.

Il s’attend évidemment à un vif débat sur la question, notamment parce que le droit de vote est bien ce qu’il est, un droit, et qu’on a au Canada une Charte qui en traite. Il pourrait aussi avoir un certain mal avec ses amis libéraux, pour qui un droit individuel est important. Si le droit de vote en est un, comment concilier ça avec une obligation?

Voter, une obligation, comme payer ses impôts

Est-ce que M. Asselin prêche dans le désert avec le vote obligatoire? Moins qu’on pourrait le penser, il est intéressant de voir que cette question commence à faire son p’tit bonhomme de chemin chez ceux qui s’inquiètent de la dérive démocratique au pays.

Un commentateur en vue au Canada, Andrew Coyne, affirme qu’il faut voir le droit de vote comme le fait de payer ses impôts. Si les impôts étaient volontaires, bien des gens auraient le sens civique de continuer de les payer, mais une bonne couche de la population s’en abstiendrait. D’où l’obligation.

Même chose pour le vote écrit-il. Les partis politiques ne s’adressent actuellement avec leurs discours qu’à leurs clientèles respectives, des noyaux plus fermes, plus mobilisés, pour surpasser leurs adversaires. Est-il normal qu’on ne choisisse mathématiquement de ne parler qu’à une couche de la population quand on aspire à gouverner TOUS les Canadiens? C’est parce qu’on peut se passer de ceux qui ne votent pas que ça arrive, dit Coyne. Allez pour le vote obligatoire, et les partis ne pourraient plus se limiter dans leurs tentatives de persuasion.

Un devoir de citoyen?

Même son de cloche du côté d’intellectuels qui déplorent le manque de cohésion sociale au Canada. Michael Valpy est de ceux-là. Il confiait ses inquiétudes au sujet de l’impact de cette cohésion déficiente du tissu canadien, dont les fibres se relâchent, au Québec bien sûr, mais partout au Canada.

Dans la conclusion d’une série d’articles sur le sujet, un de ces penseurs se prononce pour le vote obligatoire. Il affirme que si on peut faire du devoir de juré une obligation, on peut faire du droit de vote un devoir de citoyen : « Avec les droits de la citoyenneté viennent les responsabilités de la citoyenneté. » Lars Osberg, de l’Université Dalhousie, fait remarquer que ce sont les jeunes qui ne participent actuellement pas au processus électoral qui vont vivre à l’avenir avec les décisions que prennent actuellement leurs aînés.

Vote obligatoire, hein? On verra à quelle vitesse l’idée va faire son chemin à l’intérieur des partis politiques. Mais on doit se rappeler qu’on vient tout juste de procéder, dans la douleur, à une réforme électorale qui a laissé un  drôle d’arrière-goût dans la bouche. Justement, comme le projet de loi C-23 du ministre Pierre Poilièvre a été concocté sans grande consultation extérieure, on y trouvait des correctifs à des problèmes évidents, mais pas vraiment d’idées nouvelles sur les grandes questions.

Tiens, ce serait peut-être une belle commande pour des sénateurs désoeuvrés! Je blague! Des non-élus qui se pencheraient sur l’obligation de voter, bof.

Catégorie: Ottawa, Québec

On m’a déjà dit que les politiciens n’aiment pas diriger le ministère de la Sécurité publique. « Un ministère de mauvaises nouvelles », m’avait-on confié.

Et à bien y penser, c’est vrai. Quand voit-on le ministre de la Sécurité publique à la télé? Quand il y a des inondations, quand des policiers sont dans le trouble, quand des feux de forêt font rage, quand des prisonniers s’évadent…

Depuis trois jours, Lise Thériault doit se demander dans quelle galère elle s’est embarquée.

Lise Thériault, la ministre qui a fait trembler la FTQ. Lise Thériault, la ministre qui a mis de l’ordre dans l’industrie de la construction. Pas un Rambo dans ce monde ne peut lui faire peur. Mais depuis trois jours, on la sent coincée entre ce qu’elle sait, ce qu’elle devrait savoir et ce qu’on ne lui dit pas.

Depuis trois jours, la ministre diffuse des informations floues et contradictoires. Ce n’est probablement pas de sa faute, car elle est tributaire de ce qu’on lui dit. Remarquez, il y a beaucoup de monde qui gère l’information sur l’évasion des trois détenus. Et du monde qui n’a jamais gagné de prix pour la transparence : la Sûreté du Québec (déjà que les relations sont tendues avec le DG, Mario Laprise!), le ministère de la Sécurité publique, le ministère de la Justice et les centres de détention.

Personne ne parle, sauf la ministre. Et quand elle parle, elle n’a pas toute l’information. Belle affaire. Un ministère de mauvaises nouvelles, la Sécurité publique, je vous dis.

Donc, pour « mettre le couvercle », le gouvernement annonce une enquête administrative. Entre vous et moi, c’est s’il n’y avait PAS eu d’enquête administrative qu’il y aurait eu une grosse nouvelle. On nous dit que les conclusions seront rendues publiques. Attendons de voir le mandat et les informations qui seront divulguées avant d’applaudir.

La controverse dure depuis trois jours. Un attaché politique m’a confié ce savoureux dicton d’une gestion de crise : « Si tu ne mets pas le couvercle en trois heures, ta crise va durer trois jours. Si tu ne mets pas le couvercle au bout de trois jours, ça va durer trois semaines. Si au bout de trois semaines, le couvercle n’est pas là, ça durera trois mois! »

On est partis pour combien de temps?

Catégorie: Québec

PQ : bruits de corridor

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 publié le 10 juin 2014 à 10 h 26

Députés réélus ou candidats défaits, conseillers, militants, présidents de circonscription… Malgré le temps superbe, tous s’étaient déplacés, samedi, pour assister à la conférence nationale des présidents du Parti québécois dans un hôtel de Drummondville. Ils étaient là, bien sûr, officiellement, pour faire le point sur la dernière campagne et rendre hommage à leur chef démissionnaire.

Pendant qu’on discutait à huis clos des causes de la défaite, dans les corridors de l’hôtel, des candidats pressentis pour succéder à l’ex-première ministre frayaient avec les militants. Un ancien député, défait le 7 avril, raconte qu’au moins trois personnes dont les noms circulent pour succéder à Pauline Marois l’ont approché au cours de la fin de semaine en lui disant qu’ils avaient besoin de lui parler. « Je me demande bien pourquoi! », a-t-il ironisé.

Malgré tous les bons efforts des journalistes, aucun député n’a admis qu’il envisageait de se présenter à la succession de Pauline Marois. En coulisse toutefois, les militants ont déjà commencé à soupeser les mérites des uns et des autres.

Si certains voient dans l’adoption de la Loi concernant les soins de fin de vie un tremplin pour Véronique Hivon, d’autres estiment que la députée devra commencer à aborder d’autres thèmes si elle veut se démarquer. Son bon ami, Alexandre Cloutier, a eu le bonheur de voir son idée d’ouvrir le choix du prochain chef du PQ à tous les Québécois, par l’entremise d’une primaire ouverte, être reprise dans une résolution adoptée par la conférence. Certains doutent toutefois qu’il se présente si Véronique Hivon elle-même se lance dans la course.

Ironiquement, c’est Jean-François Lisée qui a insisté, après l’adoption de cette résolution, pour que les journalistes recueillent ses commentaires. Il s’est réjoui de ce geste, mais plusieurs disent qu’il s’est fait couper l’herbe sous le pied par son collègue Cloutier.

Alors qu’un sondage Léger-Marketing-Le Journal de Québec publié samedi donnait l’avance à Pierre Karl Péladeau dans la course à venir, le principal intéressé se promenait d’un groupe à l’autre en fauteuil roulant dans les corridors de l’hôtel. Son principal défi consistera à tisser des liens avec l’aile gauche du parti, a-t-on fait valoir dans son entourage. Certains n’ont d’ailleurs pas manqué de remarquer que c’est avec Daniel Breton qu’il a choisi de partager le repas du midi sur la terrasse de l’hôtel.

Bernard Drainville, lui, s’est fait discret. « La question du leadership, ce n’est pas ce qui me préoccupe présentement», a-t-il laissé tomber. Mais pour combien de temps encore.

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Ouvrir la porte à l’austérité

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 publié le 4 juin 2014 à 20 h 30

Si j’étais le vérificateur général, je dirais probablement que le premier budget du gouvernement Couillard est ambitieux.

Je vous rappelle que dans le dictionnaire du VG, « ambitieux » veut dire que les cibles budgétaires sont difficiles à atteindre.

Ces cibles du budget Leitao sont de limiter la croissance des dépenses globales à 1,9 % et 1,3 % pendant les deux prochaines années. Une seule fois, ces dernières années, on est passé « proche » de cette cible. Les dépenses avaient augmenté de 2,5 % et c’est le… PQ qui était au pouvoir!

Le contrôle des dépenses est le pivot du retour à l’équilibre budgétaire, prévu l’an prochain. Cette année, 90 % des efforts budgétaires dépendent des restrictions des dépenses. Ce sera 95 % l’an prochain.

Pour y arriver, le gouvernement veut notamment diminuer les dépenses administratives, réviser les programmes, réviser la fiscalité, diminuer les montants consentis à des organismes. Ces efforts correspondent à des milliards de dollars cette année et l’an prochain.

Le ministre Leitao parle d’un budget de transition, prudent et sérieux. Il ajoute même une note d’espoir, évoquant un proverbe portugais (M. Leitao est originaire du Portugal) : « L’espoir entre toujours par la porte que l’on a laissée ouverte. »

À première vue, la porte que M Leitao a ouverte aujourd’hui, c’est celle de l’austérité.

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Le bon père de famille

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 publié le 3 juin 2014 à 18 h 37

Le vérificateur général du Québec a déposé son analyse des finances publiques à l’Assemblée nationale.

Il fait deux constats :

- si rien n’est fait, le déficit du gouvernement en 2014-2015 atteindrait 5,673 milliards de dollars plutôt que 1,75 milliard tel qu’annoncé dans le budget Marceau;

- si rien n’est fait, la croissance des dépenses de programmes ne sera pas de 2 % tel qu’annoncé dans le budget Marceau, mais de 6,7 %.

Ces augmentations de déficit et de croissance des dépenses sont évidemment théoriques. En cours d’année, le gouvernement fait des arbitrages et refuse des demandes de dépenses pour atteindre ses objectifs. C’est d’ailleurs la défense invoquée par l’ancien ministre des Finances Nicolas Marceau.

Mais au-delà des chiffres, le vérificateur général reproche au gouvernement Marois de ne pas avoir été transparent avec les Québécois. Il aurait dû, selon lui, leur dire qu’il devait trouver 4 milliards de dollars pour atteindre ses objectifs. Il laisse aussi entendre que, non seulement il aurait dû parler des 4 milliards, mais en plus il aurait dû dire comment il l’aurait trouvé.

Le VG refuse de dire que le gouvernement a caché des informations, il dit plutôt que le portrait présenté était « très incomplet ». Rappelez-vous, le vérificateur pèse toujours ses mots. Quand les cibles budgétaires sont irréalistes, il dit qu’elles sont « ambitieuses ».

Bref, le vérificateur général aurait voulu que le gouvernement se comporte en bon père de famille. Vous savez, le père de famille qui sait que ses enfants veulent aller à Disneyland, le père de famille qui sait qu’il faut changer l’auto, le père de famille qui aimerait bien un nouveau barbecue, mais le père de famille qui sait qu’il n’a pas les moyens et qui sait que s’il veut tout ça, il devra faire des choix.

Ce bon père serait transparent avec sa famille. Il lui expliquerait les enjeux des décisions à venir et des choix à faire.

Le vérificateur pense que le gouvernement Marois n’a pas été un bon père de famille. La bonne nouvelle pour le PQ, c’est que le rapport du VG ne vivra que 24 heures dans l’espace public. Demain, c’est le premier budget du gouvernement Couillard qui attirera toute l’attention!

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Exit Girard? Pas si vite!

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 publié le 30 mai 2014 à 15 h 36

Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement libéral, les journalistes spéculent sur le congédiement à venir de hauts dirigeants de sociétés d’État ou d’organismes publics, nommés par le gouvernement péquiste.

Deux noms reviennent régulièrement : Mario Laprise de la Sûreté du Québec et Nicolas Girard de l’Agence métropolitaine de transports (AMT) et ancien député du Parti québécois.

Je ne sais pas ce qu’il leur arrivera, mais j’ai l’impression qu’aujourd’hui, Nicolas Girard s’est acheté quelques mois de sursis. Non pas parce que le ministre des Transports Robert Poëti est devenu son nouveau meilleur ami après deux réunions de travail. Pas non plus parce que le gouvernement a pardonné à M. Girard son passé de « pourfendeur » de Tony Tomassi à l’Assemblée nationale.

Non, c’est plutôt parce que les policiers ont amassé, grâce à M. Girard, des informations troublantes, préoccupantes et fascinantes sur son prédécesseur à l’AMT, Joël Gauthier.

M. Gauthier est un ancien directeur général du PLQ, nommé à l’AMT en 2003 avec l’arrivée au pouvoir de Jean Charest.

Le document policier ayant servi à obtenir un mandat de perquisition à l’AMT est renversant.

Financement illégal, billets de spectacle et de hockey gratuits, cadeaux, etc. En voulez-vous, en v’là!

Ce n’est pas tout : on apprend que M. Gauthier aurait voulu faire remplacer des téléphones cellulaires « tombés dans un verre d’eau ». Non seulement ça, mais il aurait demandé à une adjointe de détruire un autre téléphone cellulaire à coups de talon. Voulait-il détruire des preuves, on peut se poser la question.

Le problème, c’est qu’aucun talon, aucun verre d’eau ne pouvaient effacer les données des téléphones cellulaires. Elles étaient stockées dans le serveur de l’AMT!

Arrêtez, on n’en peut plus.

Il est important de préciser que M. Gauthier n’est accusé de rien, le document policier n’est qu’une dénonciation.

Mais revenons à Nicolas Girard. C’est lui qui aurait constaté ces irrégularités alléguées, c’est lui qui aurait mis les policiers sur le coup.

Le congédier maintenant pourrait être vu comme une vendetta.

On ne congédie pas un dénonciateur, même s’il est péquiste, même s’il est le pourfendeur d’un ancien ministre libéral.

Ça paraît mal…

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