Billets classés sous la catégorie « Québec »


Sortie de crise?

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 publié le 6 mai 2012 à 19 h 19
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Les représentants des associations étudiantes auront de la difficulté à faire accepter cette entente à leurs membres parce qu’elle n’offre aucune garantie aux étudiants. Néanmoins, les étudiants auront mené leur lutte à sa limite. Et ils sont parvenus à contraindre l’opposition officielle à prendre fait et cause pour eux, même si on peut s’interroger sur la solidité de l’appui du PQ à leur cause.

Le gouvernement aura finalement cédé en négociant directement avec la CLASSE. Mais il aura réussi le tour de force de négocier avec toutes les associations étudiantes ET de maintenir intact, sur papier, la hausse des droits de scolarité.

Malgré leurs dénégations, les recteurs voient, à terme, la résolution du dossier reposer sur leurs épaules. La reddition de compte des universités est devenue la focalisation d’une convergence des intérêts du gouvernement libéral et des associations étudiantes. La désormais inconfortable position des recteurs ne fera pleurer personne, mais il faudra à la longue mesurer les effets de tout cela sur l’autonomie universitaire.

Le premier ministre Charest estime que son gouvernement a parfaitement assumé ses responsabilités dans ce conflit étudiant, qui s’est transformé en un conflit social. Il juge avoir tout fait pour engager le dialogue et parvenir à une entente avec ceux qui s’opposaient à sa politique sur les droits de scolarité.

Il est encore tôt pour évaluer les impacts de cette entente, mais votre idée est peut-être déjà faite. Je vous invite à la partager.

Catégorie: Québec

Sortie de crise

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 publié le 4 mai 2012 à 14 h 13
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La 12e semaine de grève étudiante s’achève, le Conseil général du PLQ est sur le point de commencer. C’est le moment que le gouvernement choisit pour tenter de sortir de la crise.

Il convoque les quatre fédérations étudiantes (CLASSE, TaCEQ, FEUQ, FECQ), la Fédération des cégeps, les recteurs (CREPUQ) et les syndicats (CSN, FTQ, CSQ).

À l’ordre du jour : discuter de la reprise des cours.

On va discuter, va-t-on négocier? Comment une reprise des cours est-elle possible sans de nouveaux compromis sur les droits de scolarité? 

Depuis 12 semaines, FECQ et FEUQ parlent de gel, le gouvernement parle d’augmentation des droits de scolarité, où est le point de convergence?

Pourquoi le gouvernement a-t-il attendu 12 semaines?

Tant de questions, si peu de réponses… pour l’instant.

Catégorie: Québec

L’impasse, rue des Universités

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 publié le 2 mai 2012 à 11 h 27
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Le « dialogue » entre Québec et les représentants étudiants paraît condamné à l’échec.

C’est un peu raide, mais il faut à peu près se rendre à cette évidence.

Depuis que la ministre Beauchamp a exclu la CLASSE, les négociations se déroulent en public, par l’entremise des médias.

C’est un signal clair d’un éventuel échec des pourparlers. Ce n’est pas sans raison que tous les négociateurs du monde clament qu’ils ne négocient jamais en public. C’est le dernier théâtre où les parties font des compromis. Déjà que la distance entre les deux parties paraît immense.

En réalité, sur tous les fronts, c’est l’impasse annoncée entre le gouvernement libéral et les étudiants en grève.

Les options

S’il ne déclenche pas d’élections ce printemps, le gouvernement peut laisser le mouvement rendre son dernier souffle, au prix d’une session perdue pour les grévistes.

Il pourrait aussi formuler une autre offre, une offre finale cette fois, pour tenter de ramener les étudiants en classe. D’une manière ou d’une autre, Québec laisserait le temps faire son œuvre et les tribunaux multiplier les injonctions, dans l’espoir qu’elles finiront par être respectées.

S’il déclenche des élections ce printemps, le gouvernement libéral a le choix entre l’affrontement et l’apaisement.

La voie de l’apaisement passe par ce qui pourrait ressembler à une suspension, jusqu’en janvier 2013, de la hausse des droits de scolarité. Cela pourrait ramener les étudiants en classe et réunir les conditions pour un débat démocratique relativement serein sur le thème des droits de scolarité.

La tenue d’une campagne électorale, sans qu’une entente soit conclue entre Québec et les associations étudiantes, conduirait assurément à des affrontements quotidiens. Un sentier périlleux et escarpé qui mettrait en relief le thème de l’ordre public.

Quels sont les mérites de ces avenues? Quelles en sont les conséquences? Y a-t-il d’autres solutions? Considérez-vous que Québec et les associations étudiantes paraissent dans l’impossibilité de conclure une entente?

J’aimerais beaucoup vous lire à ce sujet.

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Bataille de l’opinion publique

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 publié le 1 mai 2012 à 10 h 24
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Vous aimez le ping-pong? Vous êtes servis avec le conflit étudiant.

Gouvernement et fédérations se renvoient la balle à la vitesse grand V, à coups de conférences de presse ou de réactions dans les médias.

L’enjeu? Votre opinion.

Avec l’impasse des discussions entre les fédérations étudiantes et le gouvernement, Jean Charest a décidé de poursuivre les pourparlers sur la place publique. La stratégie est double, mais il n’y a qu’un seul but.

D’un point de vue stratégique, le premier ministre veut que la population en vienne à la conclusion que le gouvernement est ouvert, qu’il tend la main aux étudiants et qu’il met de l’eau dans son vin. Deuxièmement, la stratégie vise à miner l’autorité des chefs étudiants. Une fois que les propositions du gouvernement sont publiques, tout le monde peut se faire son opinion. Le premier ministre espère que les étudiants qui en ont assez de la grève se mobilisent, concluent que les offres sont acceptables et rentrent en classe.

Lundi, la stratégie a partiellement marché. Des associations ont voté pour un retour en classe, d’autres ont voté contre. Chaque fois, les majorités ont été minces.

Le gouvernement espère maintenant que plus la semaine passe, plus la solidarité du mouvement s’effritera et qu’il gagnera son bras de fer.

En même temps, ça fait 12 semaines qu’il espère que les étudiants s’essouffleront…

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Un virage

Lorsque François Legault a lancé son mouvement en février 2011, il a attiré l’attention et gagné l’adhésion d’une part appréciable de l’électorat non francophone, jusqu’à 20 % d’entre eux.

Mais, obnubilé par la conquête de l’électorat francophone majoritaire, François Legault a envoyé le signal de son indifférence aux anglophones et aux allophones. Ceux-ci en ont tiré leurs conclusions. Le désenchantement a entraîné le désistement, et les intentions de vote des non-francophones pour François Legault ont chuté autour de 5 % depuis plusieurs mois.

Désormais, François Legault a besoin de tous les votes. Et en fin de semaine, à son congrès de fondation, la Coalition avenir Québec a pris soin d’envoyer un tout autre message à la communauté anglophone et aux allophones.

Le flirt

Oui, la Coalition a adopté une résolution qui abolit les écoles passerelles, comme s’y était engagé François Legault. Or, un gouvernement de la Coalition n’utilisera pas la clause dérogatoire pour y parvenir. La manœuvre prend dès lors un caractère moins radical et, sans doute, plus aléatoire.

Les autres résolutions de la CAQ sur la place du français au Québec sont peu contraignantes, n’ont rien de coercitif, alors que la CAQ a fait du français et de la culture, une de ses priorités fondamentales.

Oui, la Coalition prévoit l’abolition des commissions scolaires, dont les commissions scolaires anglophones, pour les transformer en centres régionaux de service.

Néanmoins, au bénéfice des médias anglophones, la CAQ avait sous la main un parfait militant anglophone qui a soutenu que l’abolition des commissions scolaires n’enfreindrait pas la Charte des droits, car, de toute façon, ce sont des anglophones qui vont continuer à administrer les écoles anglophones. La Coalition tente, au moins, de donner l’impression qu’elle est attentive au sort de la communauté.

D’ailleurs, François Legault, dans son discours de clôture du congrès, paraît déjà avoir déniché son slogan de campagne en anglais : un très efficace « We care », qui rejoint directement le nouvel objectif que s’est fixé la Coalition, celui de rassurer la communauté anglophone et les allophones.

Cette opération charme entreprise par la Coalition est-elle vouée à l’échec?  La Coalition parviendra-t-elle à effacer la première impression très négative qu’elle a faite auprès des anglophones et des allophones?

Une communauté captive

La Coalition semble avoir pris note d’un des phénomènes des élections du 2 mai :  l’électorat non francophone est capable d’infidélité et semble prêt à écouter un parti qui se fait discret sur les questions de langue et qui ne parle pas de souveraineté. Et à l’exception des écoles passerelles et du problème des commissions scolaires, le nouveau programme de la Coalition s’inscrit assez bien dans ces paramètres.

En se tournant vers les anglophones et les allophones, la Coalition s’attaque à une clientèle exclusive au Parti libéral. Le défi du parti de François Legault à cet égard est double : gagner l’adhésion d’une proportion suffisante des non-francophones pour parvenir à fissurer la mainmise du Parti libéral et procéder à ce rapprochement sans pour autant s’aliéner les francophones.

François Legault 2.0

Ce qui a davantage sauté aux yeux pendant ce congrès, c’est que François Legault n’est plus tout à fait le même. C’est un François Legault « amélioré » qui s’est présenté samedi devant des centaines de militants attentifs, mais peu rompus aux débats politiques.

Le chef de la Coalition s’est exprimé avec une aisance qu’on ne lui a pas toujours connue. Il a pris le temps de présenter son texte, il le maîtrisait bien et il a su moduler le rythme et le ton de sa voix. Son allocution a été précédée par une présentation vidéo qui mettait en relief la personnalité et la famille du chef de la CAQ, sans doute pour montrer de quoi l’homme est fait et que, malgré l’absence de candidatures de prestige pour l’entourer, il n’est pas seul pour mener son combat.

Au point de presse à la fin de son congrès, il a répondu avec davantage d’assurance et de façon plus structurée aux questions des journalistes, dont celles de mes collègues anglophones.

Et, là encore, le François Legault 2.0 a frappé de nouveau. L’anglais de François Legault a fait des progrès évidents. Le chef de la Coalition ne cherchait plus ses mots, le vocabulaire était plus juste, plus précis et ses réponses étaient émaillées de « clips », ces fameux extraits d’environ 10 secondes destinés à une consommation médiatique. François Legault est parvenu à « dérouiller » son anglais et il est tentant d’y voir un autre signe de l’intérêt de la Coalition pour la communauté anglophone et les allophones.

Le chef fondateur

François Legault est devenu officiellement le chef fondateur de la Coalition avenir Québec, sans même la tenue d’un vote de confirmation ou d’un quelconque vote de confiance. Néanmoins, l’emprise qu’il exerce sur son parti ne fait aucun doute, même si plusieurs anciens de l’Action démocratique du Québec se situent davantage à droite du spectre idéologique.

François Legault se définit désormais comme un nationaliste (il a abandonné l’étiquette « autonomiste » qui était celle de l’ADQ). Huit fois, dans son discours de clôture, François Legault a prononcé l’expression « maîtres chez nous ». À cet égard, François Legault n’est pas en porte-à-faux avec ses membres, qui semblent prêts à l’accompagner dans son délicat jeu d’équilibriste sur la question nationale.

La culture du chef et du leadership fort est déjà bien implantée dans les gènes de cette Coalition avenir Québec qui a pris son envol en fin de semaine. François Legault n’a pas à craindre les contestations internes. Non, maintenant qu’il a un programme et des militants, ce qui lui manque, désormais, ce sont des têtes d’affiche disposées à courir le risque de monter à bord pour participer à cette aventure.

Catégorie: Élections Québec, Québec

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Un dossier politique

Il y aura un règlement dans le conflit qui oppose le gouvernement Charest aux associations étudiantes dans la mesure où les parties en cause seront disposées à faire des compromis qui seront mutuellement acceptables. Si, au contraire, les parties ne tiennent aucun compte des contraintes de leur vis-à-vis, il y a peu de chances qu’elles parviennent à un accord dans un délai raisonnable. D’autant que le conflit a acquis un caractère politique qui peut compliquer l’atteinte d’une solution.


Les sujets de négociation

Il y a peu de variables sur lesquelles le gouvernement et les associations étudiantes peuvent agir pour conclure une entente. Parmi celles-ci :

— la gestion universitaire;

— les droits de scolarité;

— l’aide financière aux études;

— les modalités de remboursement des prêts;

— les crédits d’impôt relatif aux études;

— les frais afférents.


Les lignes de force

Le litige porte sur les droits de scolarité. Et pour satisfaire les revendications étudiantes, le gouvernement devrait éliminer ou réduire la hausse ou, encore, l’étaler sur une plus longue période. C’est une voie que le gouvernement Charest refuse d’emprunter. Et s’il le faisait, ce serait au prix d’une certaine crédibilité, tant il a exprimé son intention de demeurer ferme sur cette question.

Québec a fait des propositions pour des aménagements au programme de prêts et bourses (en améliorant l’accessibilité et en augmentant le plafond des prêts) et la mise en place d’un programme de remboursement des prêts en fonction du revenu, dont les modalités ne sont pas définies. Les associations étudiantes ont rejeté du revers de la main ces propositions du gouvernement.

Les frais afférents, assez importants, exigés par les cégeps et les universités n’ont pas fait partie du débat jusqu’à présent. Les crédits d’impôts relatifs aux études (145 millions de dollars en 2009) sont plutôt perçus comme un élément qui pourrait contribuer à créer une marge de manœuvre financière pour une éventuelle solution, comme l’a proposé le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.

La gestion universitaire sera le sujet officiel de la négociation qui devrait s’engager avec les associations étudiantes. Le défi, voire le problème, c’est la complexité de la question. Ça va rendre difficile la conclusion d’une entente à court terme, comme l’exige la situation actuelle. D’autant que personne ne voudra parler du même sujet.

Le retour aux études

Le temps presse désormais. Le temps, c’est le facteur incontournable. Si les étudiants ne sont pas de retour dans les classes d’ici deux semaines, les deux parties se retrouveront en difficulté :  les associations étudiantes, puisque la session de leurs membres sera en péril, et le gouvernement de Jean Charest, qui sera accusé d’avoir fait une mauvaise appréciation de l’ampleur du mouvement et d’avoir choisi de gérer cette crise en ignorant les associations étudiantes pendant près de 10 semaines.

Ainsi, il faudra avant tout conclure une entente, un protocole de « retour aux études ». C’est la priorité. Alors, sur quelles bases?

Les scénarios

La façon la plus simple de conclure une entente, c’est que le gouvernement cède du terrain sur la hausse des droits de scolarité. Il peut la réduire, tout comme l’étaler dans le temps. Si le gouvernement ne fait pas ce choix, il n’y aura probablement pas d’entente possible avec les associations étudiantes. À moins que les associations étudiantes se contentent d’accepter des promesses et des percées sur le programme de prêts et bourses.

Si la plus longue grève étudiante de l’histoire trouve sa conclusion grâce à de trop maigres gains, les étudiants pourraient juger que tout ça n’en a pas valu la peine. La crédibilité du mouvement étudiant en pâtirait sans doute longtemps.

Alors, si les associations étudiantes ne s’écrasent pas à la table de négociation, Québec devra lâcher du lest sur la question principale, les droits de scolarité, pour conclure un accord à court terme.

Il est aussi envisageable que les deux parties conviennent de travaux futurs pour étudier d’une manière plus large et plus approfondie les enjeux liés aux études supérieures.

C’est le scénario le plus plausible et qui permettrait une sortie de crise sans trop de difficultés.

L’autre scénario envisageable, mais parsemé d’embûches, c’est celui de l’affrontement. Le premier ministre Jean Charest pourrait promettre un report d’un an de la hausse des frais de scolarité et prendre prétexte de cette crise pour déclencher des élections générales. Les associations étudiantes seraient contraintes de donner un mot d’ordre de retour en classe pour, ensuite, tenter d’influencer en leur faveur le débat démocratique.

Il est douteux que le premier ministre fasse ce choix. Sur le fond, c’est délicat, et sur la forme, c’est complexe, surtout pour des questions de délais. Néanmoins, ce scénario est loin d’être impossible.

Un véritable débat

Le premier ministre Charest soutient que les droits de scolarité et l’enseignement supérieur ont fait l’objet de nombreux débats au cours des dernières décennies. Certes, il y a eu, au fil des ans, des affrontements épisodiques entre des étudiants et le gouvernement. Mais il n’y a pas eu, depuis bien longtemps, un véritable débat avec les partenaires en cause, réunis dans un contexte favorable au dialogue, sans être soumis au sentiment d’urgence imposé par une crise.

L’importance du sujet vaut davantage que ce qui peut ressortir d’une négociation rapide. C’est une réflexion approfondie et ouverte dont les collèges et les universités ont besoin. Quoi qu’il advienne avec cette crise, il paraît plus justifié que jamais de tenir des états généraux sur l’éducation supérieure. Plusieurs observateurs ont lancé un appel en ce sens. Près de 40 ans après le rapport Parent, et compte tenu des dérives apparentes, la société québécoise profiterait d’un examen exhaustif de cette question.

Une utopie de 200 millions de dollars

La proposition de la gratuité scolaire constitue un bel exemple de débat escamoté dans un contexte de crise. Selon une étude de l’Institut de recherche en études contemporaines, la gratuité scolaire pour les étudiants québécois qui fréquentent l’université aurait engendré un manque à gagner de 176 millions de dollars pour le gouvernement en 2008-2009. Jusqu’à ce jour, les conclusions de cette étude n’ont pas été contestées et un examen attentif permet de confirmer le sérieux de la démarche des chercheurs de l’IREC. Malgré tout, la gratuité universitaire a été qualifiée d’utopie et même d’être radicale. Compte tenu de l’importance du budget du gouvernement du Québec, une utopie de 200 millions de dollars, ce n’est pas une utopie, c’est une option.

Que cette option soit mise de côté sans procès relève davantage de l’idéologie que du pragmatisme. L’ennui c’est que ceux qui s’opposent à la gratuité prétendent le faire pour des raisons pragmatiques, qu’ils omettent d’étayer, malheureusement.

L’option de la gratuité pourrait, par ailleurs, être assortie de modalités, notamment pour éviter que des étudiants prolongent indûment la durée de leurs études. L’instauration d’un examen national universitaire (adapté aux différentes disciplines) est aussi une option qui donnerait accès à l’université à ceux qui ont les connaissances nécessaires pour entreprendre des études supérieures. Cet examen pourrait devenir un étalon, un repère, qui pourrait contribuer à structurer de façon efficace l’ensemble du réseau de l’éducation.

En revanche, ce serait un raccourci de réduire la gratuité scolaire à 200 millions de dollars. En réalité, Québec et Ottawa investissent entre 3 et 4 milliards de dollars par année dans les universités. Québec dépense aussi près de 500 millions en bourses, sans parler des prêts, et près de 150 millions de dollars en crédits d’impôt. Ce sont des sommes considérables et une approche globale sur l’usage de ces budgets s’impose plus que jamais.

Conclusion

Le système universitaire québécois est sans aucun doute l’un des plus progressistes, pour ce qui est de l’accessibilité, en Amérique du Nord. Même après les hausses de droits de scolarité, il le sera encore, mais dans une moindre mesure.

Pour payer leurs frais de subsistance et leurs droits de scolarité, la plupart des étudiants occupent au moins un emploi. Si l’État augmente les droits de scolarité de manière importante, les étudiants consacreront davantage d’heures au marché du travail. Est-ce souhaitable? Et ceux qui profitent du programme de prêts et bourses risquent de s’endetter davantage. Est-ce également souhaitable? Peut-être.

Cela pourrait être le prix de la « juste part » des étudiants pour que le Québec préserve des universités de calibre international. Or, ne convient-il pas de s’assurer que les étudiants soient dans des dispositions optimales pour suivre un enseignement de calibre international?

Catégorie: Québec

Hausse des droits de scolarité (2) : les enjeux

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 publié le 12 avril 2012 à 13 h 14
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Trois approches sont évoquées : 

1- les étudiants ne paient pas de droits de scolarité;

2- les étudiants paient une partie des droits de scolarité;

3- les étudiants paient le coût réel de leur formation.

L’exception québécoise

La deuxième approche est celle qui prévaut actuellement. Et, jusqu’à présent, le Québec a choisi la voie d’exiger de faibles droits de scolarité, assortis d’un programme de prêts et bourses : une exception québécoise, en quelque sorte, dans le contexte nord-américain.

Le gouvernement Charest cherche, dans une certaine mesure, à y mettre un terme en augmentant les droits de scolarité québécois pour les rapprocher de la moyenne canadienne. Cette hausse, en soi, n’a rien d’illégitime, sinon que 75 % en 5 ans, c’est considérable. En outre, elle n’a jamais été un enjeu électoral. À preuve, nulle mention n’est faite de cette intention dans le programme électoral du PLQ pour les élections de 2008. 

L’utilisateur-payeur

Le principe en vigueur actuellement, de même que pour la troisième approche, c’est celui de l’utilisateur-payeur. Le citoyen bénéficie d’un service, dans ce cas-ci l’éducation universitaire, et, en contrepartie, l’État lui demande de payer en tout ou en partie le coût de ce service. Ce principe est tout à fait défendable, même s’il est passablement contesté lorsqu’il est question de formation. 

Le système des prêts et bourses vise à atténuer les effets du principe de l’utilisateur-payeur sur l’accessibilité à l’université pour les moins fortunés. Advenant qu’on demande aux étudiants de payer le prix réel de leur formation, le programme d’aide financière aux études prendrait une importance considérable. Néanmoins, même dans un contexte de gratuité, l’aide financière aux études resterait un outil essentiel pour faciliter l’accès à la formation professionnelle et postsecondaire.   

Un impôt sur l’espoir

Il paraît moins défendable de prôner une hausse des droits de scolarité sur la base du concept que l’éducation est un investissement. Il est évident qu’un étudiant investit temps, argent et énergie dans ses études. Il n’y a pas de doute à cet égard.  

Mais justifier une hausse des droits de scolarité en fonction de la probabilité statistique qu’un diplômé universitaire gagne des centaines de milliers de dollars de plus dans son existence ne relève pas d’une approche fiscale rigoureuse.

En vertu de cet argument, les droits de scolarité prennent alors les allures d’un impôt sur l’espoir. Cette façon de voir les choses ne tient pas compte, non plus, de ceux qui échouent leurs études universitaires. Les taux de réussite gravitent autour de 70 % au baccalauréat et à la maîtrise, et sont inférieurs à 60 % au doctorat. Cette hausse des droits de scolarité aurait donc pour conséquence, notamment, d’augmenter l’endettement d’étudiants qui ne décrocheront pas leurs diplômes. 

La juste part

Quelle est donc cette « juste part » des étudiants évoquée (et répétée) par la ministre Line Beauchamp depuis le début du conflit? Est-ce 17 %, comme prévu en 2016-2017 avec la hausse? Ou 13 % comme en 2008-2009? Ou encore environ 6 %, la part réelle payée par les étudiants québécois en 2008-2009, les étudiants étrangers et canadiens non résidents du Québec assumant le reste des droits de scolarité? 

Cette « juste part » paraît avoir été fixée en fonction des besoins financiers des universités, tels que déterminés par les recteurs. Elle relèverait davantage du calcul que du principe, mais il arrive souvent que l’argent devienne une question de principe.

De même, le « gel » des droits de scolarité ne semble pas s’appuyer sur autre chose qu’un statu quo susceptible de maintenir une certaine accessibilité aux études universitaires. Il n’y a pas vraiment d’autres arguments rationnels mis de l’avant par les associations étudiantes pour le maintien des droits de scolarité aux niveaux actuels.

L’accessibilité et la qualité  

Le gouvernement Charest a beaucoup insisté sur la qualité et le calibre international des universités québécoises pour justifier un meilleur financement de ces institutions. En contrepartie, le budget Bachand a prévu une amélioration de l’aide financière aux études pour amortir le choc de la hausse des droits réclamés aux étudiants. Il y a lieu d’y voir la recherche d’un certain équilibre entre qualité et accessibilité. 

Il faut aussi y voir la reconnaissance par le gouvernement de l’impact des droits de scolarité sur l’accessibilité. 

D’ailleurs, prétendre que la hausse des droits de scolarité est sans effet sur l’accessibilité semble défier aussi bien la logique que les théories économiques. Il convient néanmoins de reconnaître que de nombreux facteurs ont une influence sur l’accessibilité et la fréquentation. Toutefois, prétendre que le coût de ce service pour les étudiants ne compte pas parmi ces facteurs exige une explication détaillée, qui n’a pas encore été présentée aux Québécois. 

D’une certaine manière, ce serait comme prétendre que d’augmenter le financement n’a aucune influence sur la qualité des universités. Plusieurs facteurs ont une influence sur la qualité d’un réseau universitaire, mais comment soutenir pour autant que l’argent n’y est pour rien? 

La gestion des fonds publics par les universités fait évidemment partie des facteurs qui contribuent à la qualité des établissements. À cet égard, après avoir vu les frasques coûteuses de l’UQAM avec l’îlot Voyageur et la générosité de Concordia et de McGill envers leurs cadres, les « engagements de performance » que Québec veut négocier avec les universités sur l’usage des nouveaux revenus n’ont pas calmé les inquiétudes.

La « gratuité » des études universitaires

L’accès gratuit à des études supérieures est un principe qui a force de valeur universelle. La Déclaration universelle des droits de l’homme stipule que « l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite », tandis que le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels retient que « l’enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l’instauration progressive de la gratuité ». 

Ce principe est certainement plus solide et plus crédible que l’expression largement répétée ces jours-ci qui veut que « ce qui ne coûte rien ne vaut rien ». Si cela est vrai, est-ce que ça signifie que les diplômes professionnels et techniques (cégep) sont sans valeur? D’ailleurs, selon quelle logique les élèves pour ces diplômes terminaux ne paient-ils pas de droits de scolarité? Ils peuvent espérer de meilleurs salaires qu’avec un diplôme d’études secondaires et, en plus, ils profitent du programme de prêts et bourses. Pourquoi est-ce gratuit pour eux et pas pour ceux qui fréquentent les universités?

La gratuité universitaire est un noble principe, mais il a un coût. Et si ce ne sont pas les étudiants qui paient, ce seront les contribuables.  

Alors, combien?

Une étude de l’IREC s’est penchée sur le manque à gagner que représenterait la gratuité scolaire pour les universités québécoises. 

L’étude évalue que la gratuité scolaire entraînerait une augmentation de plus de 6000 inscriptions à l’université, mais elle ne tient pas compte de l’augmentation de la population des 19-24 ans jusque vers 2014. 

Alors, selon l’IREC, tout compte fait, la gratuité scolaire pour les étudiants québécois aurait représenté un manque à gagner de 176 millions de dollars en 2008-2009. En 2016-2017, en incluant les revenus supplémentaires que Québec prévoit verser aux universités, ce manque à gagner atteindrait 405 millions de dollars. Un des chercheurs de l’étude, Oscar Calderon, m’a indiqué que l’ajustement du crédit d’impôt relatif aux études n’a pas été pris en compte pour l’année 2016-2017. Selon M. Calderon, si on procède à cet ajustement, le manque à gagner serait d’environ 340 millions de dollars. 

Ces chiffres, pas si élevés, peuvent surprendre. Mais, il y a une donnée essentielle qui explique cela : en réalité, les étudiants québécois ont payé environ 54 % des droits de scolarité universitaires en 2008-2009. Ce sont les étudiants étrangers et canadiens non résidents du Québec qui ont assumé le reste. Rien n’indique que cette tendance a changé depuis. 

Ensuite, pour l’essentiel, l’IREC a calculé la diminution des crédits d’impôts et des prêts et bourses liés à l’abolition des droits de scolarité.

 À venir – Les pistes de solution

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Les universités québécoises sont-elles sous-financées? 

Selon les données du ministère de l’Éducation, les dépenses globales des universités par étudiant sont plus élevées au Québec (29 242 $ en 2008-2009) que dans le reste du Canada (28 735 $)! Par rapport à l’Ontario, le Québec dépense près de 3000 $ de plus par étudiant. Si les universités québécoises sont sous-financées, que dire alors des universités ontariennes?

Et par rapport à l’importance de l’économie, le Québec consacre une part plus importante de son PIB (1,94 %) en dépenses pour les universités que le reste du Canada (1,65 %).

Au Québec, par rapport à la moyenne canadienne, les universités dépensent moins pour le fonctionnement (ça inclut l’enseignement), mais davantage pour la recherche et les immobilisations. Dans le cas des immobilisations, les universités québécoises ont dépensé près de 25 % de plus que la moyenne des universités du Canada, toujours en 2008-2009. Dans un contexte où le nombre d’étudiants devrait commencer à baisser vers 2016-2017, ces investissements en immobilisations suscitent un certain étonnement.

En fait, le principal argument du gouvernement évoqué dans les documents budgétaires pour démontrer le sous-financement des universités, c’est le déficit accumulé par les universités, qui atteignait 483 millions de dollars en 2009.

Quelle est la véritable contribution des étudiants québécois aux revenus provenant des droits de scolarité?

Sans doute beaucoup moins importante que vous ne le croyez. Une étude de l’Institut de recherche en études contemporaines indique que, sur les 564 millions de dollars perçus en droits de scolarité par les universités québécoises en 2008-2009, seulement 304 millions de dollars, soit 54 %, ont été versés par les étudiants québécois. Cela s’explique par la contribution importante des étudiants étrangers qui payaient plus de 11 000 $ en droits de scolarité par année, et les étudiants canadiens non résidents du Québec qui versaient plus de 5000 $.

Cette donnée est à double tranchant.

Ceux qui considèrent que les étudiants ne paient pas leur juste part constateront que les étudiants québécois ont payé en 2008-2009 une proportion très faible (5,7 %) des revenus totaux des universités et que cela justifie d’autant plus une hausse des droits de scolarité des étudiants québécois.

Ceux qui prônent la gratuité scolaire peuvent prétendre pour leur part que l’abolition des droits de scolarité ne coûterait pas si cher, en fin de compte.

Cela dit, lorsqu’il est question de droits de scolarité universitaires, il convient de se rappeler que près de la moitié des contributions provient d’étudiants non québécois. C’est un phénomène incontournable qui ne devrait pas diminuer au fil des ans.

Est-ce que Québec va augmenter sa contribution au financement des universités?

Non. En proportion, Québec va réduire son financement aux universités. En 2008-2009, Québec assumait 54 % du financement des universités. En 2016-2017, au terme de la hausse des droits de scolarité de 1625 $ par année, le Québec paiera 51 % des dépenses des universités. Québec a fixé à 50 % le plancher de son financement aux universités.

Oui. En chiffres absolus, la contribution de Québec augmentera, passant de 2,4 milliards de dollars à 2,9 milliards en 2016-2017.

À venir sur ce blogue : 

— les enjeux liés à la hausse des droits de scolarité;

— les pistes de solutions pour résoudre le litige entre Québec et les associations étudiantes.

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Chahut à l’Assemblée nationale

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 publié le 2 avril 2012 à 12 h 24
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L’Assemblée nationale est souvent le théâtre de manifestations.

Les syndicats, les environnementalistes, les étudiants et bien d’autres groupes s’y déplacent régulièrement pour manifester. Ça se fait devant le parlement, sous l’oeil vigilant des responsables de la sécurité de l’Assemblée nationale.

Pour entrer dans le parlement, il faut montrer patte blanche. On vous accueille avec un détecteur de métal, on vous demande pourquoi vous venez, etc. Et partout, aux quatre coins de l’immeuble, des caméras et des agents vous surveillent.

La semaine dernière, sept professeurs de cégep et une chargée de cours à l’université ont déjoué cette sécurité serrée. Qu’on se comprenne, ils n’étaient pas armés et s’ils l’avaient été, ils auraient probablement été arrêtés avant de faire un seul pas au parlement.

Ces professeurs sont du collectif Profs contre la hausse, et ils disent qu’ils se sentent intimidés par l’attitude du gouvernement concernant l’augmentation des droits de scolarité. Alors, ils se sont introduits dans la pièce où une commission parlementaire étudiait le projet de loi sur l’intimidation à l’école.

Au moment où la ministre Line Beauchamp allait parler, ils se sont levés et ont déployé des banderoles dénonçant l’augmentation des droits de scolarité. La sécurité est intervenue, ils ont été expulsés.

Avis à ceux qui voudraient les imiter : ils se sont fait dire qu’ils étaient passibles d’une amende de 10 000 $ et qu’ils pourraient être bannis de l’Assemblée nationale. Ils ne devraient toutefois pas être poursuivis en justice.

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Qui veut danser?

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 publié le 28 mars 2012 à 17 h 33
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 Aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, on avait l’impression que le syndicat des employés d’Aveos et le gouvernement vivaient dans des mondes parallèles.

Le syndicat est venu demander au gouvernement d’intenter un recours en justice contre Air Canada pour sauver les emplois d’Aveos. Le gouvernement, lui, demande au syndicat d’intenter un recours en justice contre Air Canada pour maintenir les emplois.

Voici les arguments de chacun.

Le syndicat :

- En 2008, le gouvernement du Manitoba a intenté un recours devant les tribunaux pour empêcher Air Canada de cesser la formation des agents de bord au Manitoba.

- En mai 2011, un juge ontarien a débouté le syndicat dans une affaire un peu semblable (cet article en parle à la fin), il serait donc assuré de perdre s’il intentait lui-même le recours.

Il faut donc que ce soit le gouvernement qui agisse. Et s’il le fait, le syndicat l’appuiera.

Le gouvernement :

- Ses avocats lui disent que n’étant pas une « partie lésée » dans la fermeture d’Aveos, il ne peut intenter lui-même un recours devant les tribunaux.

- La cause manitobaine s’est conclue à l’amiable, avant procès.

Il faut donc que ce soit le syndicat qui agisse. Et s’il le fait,  le gouvernement l’appuiera.

C’est comme si on était en face de deux personnes qui veulent danser ensemble, mais qui ne font pas les premiers pas pour y arriver. Et on se demande un peu ce qui les retient.

Pendant ce temps, les travailleurs se retrouvent sans emploi.

Quelqu’un peut-il lancer la musique?

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