Billets classés sous la catégorie « Québec »


Le veston de ministre ou le sarrau de médecin?

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 publié le 9 juillet 2014 à 13 h 50

Dans une ultime tentative pour défendre sa prime de 215 000 $, Yves Bolduc s’est excusé auprès des patients qu’il a laissés en plan en quittant la pratique de la médecine pour redevenir ministre.

C’est, depuis le début de cette controverse, le seul acte de contrition d’un membre du gouvernement. Et c’est probablement là le coeur du problème dans la gestion de cette affaire par le gouvernement.

Un problème que j’illustrerais comme ceci :

Quand M. Bolduc est entré dans la salle de conférence de presse de l’Assemblée nationale mardi pour répondre aux questions des journalistes, vous ne l’avez pas vu, mais il ne portait pas son veston de ministre. Non, non, il portait son sarrau de médecin.

Dans une certaine mesure, quand Philippe Couillard a dit que cette affaire était « une bien petite tempête dans un grand verre d’eau », vous ne l’avez pas vu, mais il portait son sarrau de médecin, pas son veston de premier ministre.

Quand Gaétan Barrette est entré au conseil des ministres mercredi, en tirant sur tout ce qui bouge pour défendre son collègue Bolduc, que portait-il? Son sarrau de médecin.

Et parce qu’ils portaient leur sarrau, ils ont défendu Yves Bolduc, le médecin et sa pratique de la médecine, comme :

- prendre des patients en charge;

- donner de bons soins;

- toucher le salaire, primes incluses, qui vient avec la pratique de la médecine, selon les règles en vigueur.

S’ils avaient porté leur veston de ministre, ils auraient pu :

- dès le début, s’excuser tout de suite auprès des patients laissés en plan;

- réaliser que quelques semaines plus tôt, ils prévenaient tout le monde que des sacrifices devront être faits pour atteindre l’équilibre budgétaire;

- réaliser qu’un député qui gagne 90 000 $, plus 150 000 $ comme médecin et 215 000 $ en primes pour « voir » des patients, même si c’est exactement ce qu’on attend de lui, peut soulever l’incompréhension d’une partie de la population.

Bref, un veston de ministre leur aurait peut-être donné plus de flair politique…

Catégorie: Québec

Déficit démocratique : le vote obligatoire?

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 publié le 18 juin 2014 à 14 h 11

Les remises en question de nos institutions et les questionnements sur les maux qui les affligent sont aussi nombreux que les engagements des chefs politiques de faire les choses « avec plus de respect », « autrement » ou « au-dessus des lignes de parti ».

Vous avez certainement entendu maints analystes commenter le cynisme et le désintéressement de la population, les plus jeunes en particulier, quant à la chose politique. La démocratie n’est pas sur son lit de mort, mais elle est sérieusement atteinte. Les médecins sont nombreux à son chevet, alors que les germes de tous ordres s’attaquent à son organisme.

Ces praticiens de la santé de la démocratie se retrouvent entre autres du côté des médias. On ne compte plus les éditoriaux, les chroniques et les commentaires. Les diagnostics tournent pas mal toujours autour des mêmes symptômes : cynisme, faible participation des plus jeunes, frustration, déconnexion, lien de confiance rompu, etc. Les prescriptions varient davantage.

L’apathie des citoyens

Une autre industrie en développement au Canada, celle des groupes de réflexion (ou si vous préférez les think-tanks), a aussi procédé à son examen périodique du patient présent dans toutes les salles d’attente, voire les urgences. Ces groupes sont différents des rassemblements de gens d’affaires comme les chambres de commerce, les Canadian Clubs de ce monde. Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’ont pas tissé des liens avec le milieu de l’entreprise par l’entremise de leurs conseils d’administration ou comités de conseillers. On y retrouve aussi des gens près des partis politiques qui s’associent en mode « qui se ressemble s’assemble ».

Un membre d’un de ces groupes et professeur de l’Université d’Ottawa, Robert Asselin, s’attaque lui aussi au « mal » qu’il identifie comme le « malaise démocratique canadien ». Le professeur Asselin est conscient que son constat sur la légitimité politique plus fragile, les défaillances des institutions et la perte de confiance n’est pas unique en soi. Mais il insiste parce qu’il croit que ces tendances s’accentuent.

Il insiste aussi sur le fait que les politiciens et les journalistes ne doivent pas avoir le monopole de la discussion là-dessus. Le recul des citoyens a plusieurs effets, avant et après la prise de décisions qui les touchent dans leur vie de tous les jours. Avant, les décisions ne sont pas nécessairement appropriées. Et après, elles ne sont pas acceptées et sont contestées et souvent contournées, etc. Un peu le fameux problème de l’« acceptation sociale » dont on parle beaucoup ces temps-ci face à des projets controversés (pensez gaz de schiste, pétrole à Anticosti, Northern Gateway, etc.). Quand on n’a pas les décideurs en haute estime ou qu’on ne comprend pas leur rôle, leur importance, on a les décisions qu’on mérite, diraient certains.

Quels changements au Parlement?

Robert Asselin propose des changements à la façon de faire au Parlement : rôle et ressources des comités, plus de votes libres et une meilleure période des questions, dont une hebdomadaire à la britannique réservée au premier ministre. Du côté du Sénat, c’est aux nominations qu’il s’attaque avec la création d’un comité consultatif avec représentation égale des provinces, qui ferait les recommandations au premier ministre. Nulle part on ne touche à la fameuse Constitution.

Impossible de ne pas relier ces éléments à la vision de Justin Trudeau. Avec l’éducation, le renouveau démocratique constituait ses seules propositions de programme lors de son couronnem…. euh de la course à la direction de l’an dernier. M. Asselin ne s’en cache d’ailleurs pas, il est proche de M. Trudeau. Il a aussi oeuvré auprès des prédécesseurs de ce dernier (Paul Martin et Stéphane Dion).

Le vote et le modèle australien

Là où on sort des sentiers battus, c’est du côté des élections. M. Asselin se prononce contre la proportionnelle, pour la « préférentielle » et surtout, il dit : « Pourquoi pas le vote obligatoire? »

Il fait valoir qu’une trentaine de pays, dont l’Australie (hey! M. Harper!), le pratique. C’est ainsi que l’Australie obtient des taux de participation frisant les 95 %! Imaginez… mais est-ce simplement une statistique impressionnante à première vue qui ne signifie rien en réalité?

M. Asselin affirme que ça a des répercussions sur la « culture politique ». Les citoyens ont en commun des institutions qui régissent leur existence. Aller voter pour en choisir les membres aux quatre ans est bien le minimum auquel on puisse s’attendre. Et on est donc incités à suivre de plus près ceux qu’on choisit. L’Australie a pensé à tout. On peut être effectivement dans l’incapacité de voter, et des exemptions motivées existent. Obligation de voter ne veut pas dire de voter pour quelqu’un. On parle plutôt de se présenter au bureau de scrutin, quitte à annuler son vote. Sans quoi, il y a une petite amende.

Il s’attend évidemment à un vif débat sur la question, notamment parce que le droit de vote est bien ce qu’il est, un droit, et qu’on a au Canada une Charte qui en traite. Il pourrait aussi avoir un certain mal avec ses amis libéraux, pour qui un droit individuel est important. Si le droit de vote en est un, comment concilier ça avec une obligation?

Voter, une obligation, comme payer ses impôts

Est-ce que M. Asselin prêche dans le désert avec le vote obligatoire? Moins qu’on pourrait le penser, il est intéressant de voir que cette question commence à faire son p’tit bonhomme de chemin chez ceux qui s’inquiètent de la dérive démocratique au pays.

Un commentateur en vue au Canada, Andrew Coyne, affirme qu’il faut voir le droit de vote comme le fait de payer ses impôts. Si les impôts étaient volontaires, bien des gens auraient le sens civique de continuer de les payer, mais une bonne couche de la population s’en abstiendrait. D’où l’obligation.

Même chose pour le vote écrit-il. Les partis politiques ne s’adressent actuellement avec leurs discours qu’à leurs clientèles respectives, des noyaux plus fermes, plus mobilisés, pour surpasser leurs adversaires. Est-il normal qu’on ne choisisse mathématiquement de ne parler qu’à une couche de la population quand on aspire à gouverner TOUS les Canadiens? C’est parce qu’on peut se passer de ceux qui ne votent pas que ça arrive, dit Coyne. Allez pour le vote obligatoire, et les partis ne pourraient plus se limiter dans leurs tentatives de persuasion.

Un devoir de citoyen?

Même son de cloche du côté d’intellectuels qui déplorent le manque de cohésion sociale au Canada. Michael Valpy est de ceux-là. Il confiait ses inquiétudes au sujet de l’impact de cette cohésion déficiente du tissu canadien, dont les fibres se relâchent, au Québec bien sûr, mais partout au Canada.

Dans la conclusion d’une série d’articles sur le sujet, un de ces penseurs se prononce pour le vote obligatoire. Il affirme que si on peut faire du devoir de juré une obligation, on peut faire du droit de vote un devoir de citoyen : « Avec les droits de la citoyenneté viennent les responsabilités de la citoyenneté. » Lars Osberg, de l’Université Dalhousie, fait remarquer que ce sont les jeunes qui ne participent actuellement pas au processus électoral qui vont vivre à l’avenir avec les décisions que prennent actuellement leurs aînés.

Vote obligatoire, hein? On verra à quelle vitesse l’idée va faire son chemin à l’intérieur des partis politiques. Mais on doit se rappeler qu’on vient tout juste de procéder, dans la douleur, à une réforme électorale qui a laissé un  drôle d’arrière-goût dans la bouche. Justement, comme le projet de loi C-23 du ministre Pierre Poilièvre a été concocté sans grande consultation extérieure, on y trouvait des correctifs à des problèmes évidents, mais pas vraiment d’idées nouvelles sur les grandes questions.

Tiens, ce serait peut-être une belle commande pour des sénateurs désoeuvrés! Je blague! Des non-élus qui se pencheraient sur l’obligation de voter, bof.

Catégorie: Ottawa, Québec

On m’a déjà dit que les politiciens n’aiment pas diriger le ministère de la Sécurité publique. « Un ministère de mauvaises nouvelles », m’avait-on confié.

Et à bien y penser, c’est vrai. Quand voit-on le ministre de la Sécurité publique à la télé? Quand il y a des inondations, quand des policiers sont dans le trouble, quand des feux de forêt font rage, quand des prisonniers s’évadent…

Depuis trois jours, Lise Thériault doit se demander dans quelle galère elle s’est embarquée.

Lise Thériault, la ministre qui a fait trembler la FTQ. Lise Thériault, la ministre qui a mis de l’ordre dans l’industrie de la construction. Pas un Rambo dans ce monde ne peut lui faire peur. Mais depuis trois jours, on la sent coincée entre ce qu’elle sait, ce qu’elle devrait savoir et ce qu’on ne lui dit pas.

Depuis trois jours, la ministre diffuse des informations floues et contradictoires. Ce n’est probablement pas de sa faute, car elle est tributaire de ce qu’on lui dit. Remarquez, il y a beaucoup de monde qui gère l’information sur l’évasion des trois détenus. Et du monde qui n’a jamais gagné de prix pour la transparence : la Sûreté du Québec (déjà que les relations sont tendues avec le DG, Mario Laprise!), le ministère de la Sécurité publique, le ministère de la Justice et les centres de détention.

Personne ne parle, sauf la ministre. Et quand elle parle, elle n’a pas toute l’information. Belle affaire. Un ministère de mauvaises nouvelles, la Sécurité publique, je vous dis.

Donc, pour « mettre le couvercle », le gouvernement annonce une enquête administrative. Entre vous et moi, c’est s’il n’y avait PAS eu d’enquête administrative qu’il y aurait eu une grosse nouvelle. On nous dit que les conclusions seront rendues publiques. Attendons de voir le mandat et les informations qui seront divulguées avant d’applaudir.

La controverse dure depuis trois jours. Un attaché politique m’a confié ce savoureux dicton d’une gestion de crise : « Si tu ne mets pas le couvercle en trois heures, ta crise va durer trois jours. Si tu ne mets pas le couvercle au bout de trois jours, ça va durer trois semaines. Si au bout de trois semaines, le couvercle n’est pas là, ça durera trois mois! »

On est partis pour combien de temps?

Catégorie: Québec

PQ : bruits de corridor

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 publié le 10 juin 2014 à 10 h 26

Députés réélus ou candidats défaits, conseillers, militants, présidents de circonscription… Malgré le temps superbe, tous s’étaient déplacés, samedi, pour assister à la conférence nationale des présidents du Parti québécois dans un hôtel de Drummondville. Ils étaient là, bien sûr, officiellement, pour faire le point sur la dernière campagne et rendre hommage à leur chef démissionnaire.

Pendant qu’on discutait à huis clos des causes de la défaite, dans les corridors de l’hôtel, des candidats pressentis pour succéder à l’ex-première ministre frayaient avec les militants. Un ancien député, défait le 7 avril, raconte qu’au moins trois personnes dont les noms circulent pour succéder à Pauline Marois l’ont approché au cours de la fin de semaine en lui disant qu’ils avaient besoin de lui parler. « Je me demande bien pourquoi! », a-t-il ironisé.

Malgré tous les bons efforts des journalistes, aucun député n’a admis qu’il envisageait de se présenter à la succession de Pauline Marois. En coulisse toutefois, les militants ont déjà commencé à soupeser les mérites des uns et des autres.

Si certains voient dans l’adoption de la Loi concernant les soins de fin de vie un tremplin pour Véronique Hivon, d’autres estiment que la députée devra commencer à aborder d’autres thèmes si elle veut se démarquer. Son bon ami, Alexandre Cloutier, a eu le bonheur de voir son idée d’ouvrir le choix du prochain chef du PQ à tous les Québécois, par l’entremise d’une primaire ouverte, être reprise dans une résolution adoptée par la conférence. Certains doutent toutefois qu’il se présente si Véronique Hivon elle-même se lance dans la course.

Ironiquement, c’est Jean-François Lisée qui a insisté, après l’adoption de cette résolution, pour que les journalistes recueillent ses commentaires. Il s’est réjoui de ce geste, mais plusieurs disent qu’il s’est fait couper l’herbe sous le pied par son collègue Cloutier.

Alors qu’un sondage Léger-Marketing-Le Journal de Québec publié samedi donnait l’avance à Pierre Karl Péladeau dans la course à venir, le principal intéressé se promenait d’un groupe à l’autre en fauteuil roulant dans les corridors de l’hôtel. Son principal défi consistera à tisser des liens avec l’aile gauche du parti, a-t-on fait valoir dans son entourage. Certains n’ont d’ailleurs pas manqué de remarquer que c’est avec Daniel Breton qu’il a choisi de partager le repas du midi sur la terrasse de l’hôtel.

Bernard Drainville, lui, s’est fait discret. « La question du leadership, ce n’est pas ce qui me préoccupe présentement», a-t-il laissé tomber. Mais pour combien de temps encore.

Catégorie: Québec

Ouvrir la porte à l’austérité

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 publié le 4 juin 2014 à 20 h 30

Si j’étais le vérificateur général, je dirais probablement que le premier budget du gouvernement Couillard est ambitieux.

Je vous rappelle que dans le dictionnaire du VG, « ambitieux » veut dire que les cibles budgétaires sont difficiles à atteindre.

Ces cibles du budget Leitao sont de limiter la croissance des dépenses globales à 1,9 % et 1,3 % pendant les deux prochaines années. Une seule fois, ces dernières années, on est passé « proche » de cette cible. Les dépenses avaient augmenté de 2,5 % et c’est le… PQ qui était au pouvoir!

Le contrôle des dépenses est le pivot du retour à l’équilibre budgétaire, prévu l’an prochain. Cette année, 90 % des efforts budgétaires dépendent des restrictions des dépenses. Ce sera 95 % l’an prochain.

Pour y arriver, le gouvernement veut notamment diminuer les dépenses administratives, réviser les programmes, réviser la fiscalité, diminuer les montants consentis à des organismes. Ces efforts correspondent à des milliards de dollars cette année et l’an prochain.

Le ministre Leitao parle d’un budget de transition, prudent et sérieux. Il ajoute même une note d’espoir, évoquant un proverbe portugais (M. Leitao est originaire du Portugal) : « L’espoir entre toujours par la porte que l’on a laissée ouverte. »

À première vue, la porte que M Leitao a ouverte aujourd’hui, c’est celle de l’austérité.

Catégorie: Québec

Le bon père de famille

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 publié le 3 juin 2014 à 18 h 37

Le vérificateur général du Québec a déposé son analyse des finances publiques à l’Assemblée nationale.

Il fait deux constats :

- si rien n’est fait, le déficit du gouvernement en 2014-2015 atteindrait 5,673 milliards de dollars plutôt que 1,75 milliard tel qu’annoncé dans le budget Marceau;

- si rien n’est fait, la croissance des dépenses de programmes ne sera pas de 2 % tel qu’annoncé dans le budget Marceau, mais de 6,7 %.

Ces augmentations de déficit et de croissance des dépenses sont évidemment théoriques. En cours d’année, le gouvernement fait des arbitrages et refuse des demandes de dépenses pour atteindre ses objectifs. C’est d’ailleurs la défense invoquée par l’ancien ministre des Finances Nicolas Marceau.

Mais au-delà des chiffres, le vérificateur général reproche au gouvernement Marois de ne pas avoir été transparent avec les Québécois. Il aurait dû, selon lui, leur dire qu’il devait trouver 4 milliards de dollars pour atteindre ses objectifs. Il laisse aussi entendre que, non seulement il aurait dû parler des 4 milliards, mais en plus il aurait dû dire comment il l’aurait trouvé.

Le VG refuse de dire que le gouvernement a caché des informations, il dit plutôt que le portrait présenté était « très incomplet ». Rappelez-vous, le vérificateur pèse toujours ses mots. Quand les cibles budgétaires sont irréalistes, il dit qu’elles sont « ambitieuses ».

Bref, le vérificateur général aurait voulu que le gouvernement se comporte en bon père de famille. Vous savez, le père de famille qui sait que ses enfants veulent aller à Disneyland, le père de famille qui sait qu’il faut changer l’auto, le père de famille qui aimerait bien un nouveau barbecue, mais le père de famille qui sait qu’il n’a pas les moyens et qui sait que s’il veut tout ça, il devra faire des choix.

Ce bon père serait transparent avec sa famille. Il lui expliquerait les enjeux des décisions à venir et des choix à faire.

Le vérificateur pense que le gouvernement Marois n’a pas été un bon père de famille. La bonne nouvelle pour le PQ, c’est que le rapport du VG ne vivra que 24 heures dans l’espace public. Demain, c’est le premier budget du gouvernement Couillard qui attirera toute l’attention!

Catégorie: Québec

Exit Girard? Pas si vite!

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 publié le 30 mai 2014 à 15 h 36

Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement libéral, les journalistes spéculent sur le congédiement à venir de hauts dirigeants de sociétés d’État ou d’organismes publics, nommés par le gouvernement péquiste.

Deux noms reviennent régulièrement : Mario Laprise de la Sûreté du Québec et Nicolas Girard de l’Agence métropolitaine de transports (AMT) et ancien député du Parti québécois.

Je ne sais pas ce qu’il leur arrivera, mais j’ai l’impression qu’aujourd’hui, Nicolas Girard s’est acheté quelques mois de sursis. Non pas parce que le ministre des Transports Robert Poëti est devenu son nouveau meilleur ami après deux réunions de travail. Pas non plus parce que le gouvernement a pardonné à M. Girard son passé de « pourfendeur » de Tony Tomassi à l’Assemblée nationale.

Non, c’est plutôt parce que les policiers ont amassé, grâce à M. Girard, des informations troublantes, préoccupantes et fascinantes sur son prédécesseur à l’AMT, Joël Gauthier.

M. Gauthier est un ancien directeur général du PLQ, nommé à l’AMT en 2003 avec l’arrivée au pouvoir de Jean Charest.

Le document policier ayant servi à obtenir un mandat de perquisition à l’AMT est renversant.

Financement illégal, billets de spectacle et de hockey gratuits, cadeaux, etc. En voulez-vous, en v’là!

Ce n’est pas tout : on apprend que M. Gauthier aurait voulu faire remplacer des téléphones cellulaires « tombés dans un verre d’eau ». Non seulement ça, mais il aurait demandé à une adjointe de détruire un autre téléphone cellulaire à coups de talon. Voulait-il détruire des preuves, on peut se poser la question.

Le problème, c’est qu’aucun talon, aucun verre d’eau ne pouvaient effacer les données des téléphones cellulaires. Elles étaient stockées dans le serveur de l’AMT!

Arrêtez, on n’en peut plus.

Il est important de préciser que M. Gauthier n’est accusé de rien, le document policier n’est qu’une dénonciation.

Mais revenons à Nicolas Girard. C’est lui qui aurait constaté ces irrégularités alléguées, c’est lui qui aurait mis les policiers sur le coup.

Le congédier maintenant pourrait être vu comme une vendetta.

On ne congédie pas un dénonciateur, même s’il est péquiste, même s’il est le pourfendeur d’un ancien ministre libéral.

Ça paraît mal…

Catégorie: Québec

Les lignes du jour!

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 publié le 29 mai 2014 à 14 h 05

Tous les jours, le gouvernement envoie à ses députés ce qu’on appelle « les lignes du jour ». Il s’agit des commentaires que les députés, mais surtout les ministres, doivent faire quand ils sont questionnés sur des sujets d’actualité.

À notre grand bonheur, aujourd’hui, ces « lignes » ont été envoyées par erreur aux journalistes parlementaires.

Rare plongeon dans les coulisses du message politique du gouvernement :

Deuxième séance du conseil des ministres

  • Il s’agit simplement d’un conseil des ministres pour permettre de compléter une discussion entamée hier, et pour laquelle nous avions besoin d’informations additionnelles.

Enjeux liés de près ou de loin au budget

  • Je n’ai aucun commentaire à formuler avant le dépôt du budget, mercredi prochain.

Privatisation SAQ et d’Hydro-Québec

  • La situation des finances publiques est sérieuse, il est nécessaire que nous redressions la situation, mais la privatisation de nos sociétés d’État n’est pas une solution au déficit structurel des finances publiques.
  • Le premier ministre a été clair hier et a fermé la porte à la privatisation des deux sociétés d’État.


Négociations avec les médecins (même si on questionne sur une loi spéciale)

  • Nous sommes en communication régulière avec les fédérations, d’autres rencontres sont prévues.
  • (conflit d’intérêts) : Les canaux de communication sont toujours ouverts et vous avez constaté que la FMSQ ne me voit pas en conflit d’intérêts.
  • Je ne suis plus membre de la FMSQ, car je n’avais pas renouvelé mon adhésion à l’Association des radiologistes du Québec.
  • Nous ne ferons pas de négociations sur la place publique.

 

Report du projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État

  • Le premier ministre a confié à la ministre de la Justice le mandat d’élaborer une loi sur la neutralité religieuse de l’État, l’encadrement des accommodements et la lutte contre l’intégrisme.
  • Il s’agit d’une des priorités de notre gouvernement.
  • Nous souhaitons soumettre à l’Assemblée ce projet de loi le plus rapidement possible. D’ailleurs, nous sommes déjà au travail dans ce dossier.
  • Cependant, nous allons prendre le temps de bien faire les choses.
  • Vous comprendrez également que, compte tenu de la durée de la présente session et du menu législatif déjà fort chargé, il est plus réaliste de penser que nous serons en mesure de présenter ce projet de loi aux parlementaires cet automne.

RER – hydroliennes

  • Depuis notre arrivée, nous avons demandé d’arrêter tous déboursés le temps que l’on étudie attentivement le dossier.
  • Cette étude n’est toujours pas terminée, mais nous comptons terminer celle-ci dans les prochaines semaines.
  • Cela étant dit, je ne ferai aucun autre commentaire sur le dossier, considérant le fait que l’un des dirigeants s’adresse présentement aux tribunaux et que Investissement-Québec est impliqué dans les prétentions du demandeur.
  • Voici un autre exemple d’un projet mal ficelé par la PQ, qui a manifestement agi par électoralisme plutôt que dans l’intérêt des Québécois.

 

Modulation des tarifs de garde en fonction du revenu

  • Nous voulons protéger les familles d’un choc tarifaire.
  • Nous nous sommes engagés à l’indexation, pour cette année.
  • Néanmoins, nous avons reçu le mandat de la population québécoise de procéder à une gestion rigoureuse des finances publiques.
  • C’est pourquoi le programme, comme tous les autres programmes du gouvernement, fera l’objet d’une étude du comité de révision des programmes et du comité portant sur la fiscalité.

 

Processus nomination juges Cour Suprême

  • La Cour suprême du Canada s’est penchée sur le processus de sélection.
  • Le jugement de la Cour est venu clarifier les paramètres du processus de sélection des juges de la Cour suprême.
  • Il garantit également la représentation du Québec au sein du plus haut tribunal du pays.
  • Nous nous assurons de faire valoir les intérêts du Québec en participant activement au processus. Il s’agit d’une priorité pour la ministre de la Justice.
  • La ministre a d’ailleurs eu plusieurs échanges à ce sujet avec son homologue fédéral.
  • Nous avons fait appel au secrétariat à la sélection des candidats à la fonction de juge, qui a été mis en place par notre gouvernement en 2012, afin de recommander les meilleurs candidats.

Catégorie: Québec

Le retour de PKP, un symbole de force

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 publié le 28 mai 2014 à 14 h 27

Le premier ministre Philippe Couillard et le député péquiste Pierre Karl Péladeau
Le premier ministre Philippe Couillard et le député péquiste Pierre Karl Péladeau

Alors que les médecins estimaient qu’il mettrait des semaines à s’en remettre, Pierre Karl Péladeau a fait son entrée à l’Assemblée nationale lundi, moins de 10 jours après un grave accident de vélo qui lui a causé de multiples fractures.

Même s’il n’était là officiellement que pour faire son entrée à titre de nouveau député de Saint-Jérôme, plusieurs n’ont pu s’empêcher d’y voir un symbole de force. Moins de deux jours après sa sortie de l’hôpital, alors qu’on croyait initialement qu’il ne serait pas là de toute la session parlementaire, PKP ne recule devant rien et se présente à l’Assemblée nationale en fauteuil roulant!

Dans les rangs péquistes, on s’est étonné de l’abondance d’encouragements et de souhaits de prompt rétablissement que le nouveau député a reçus dans les jours après son accident. Sur la page Facebook du Parti québécois, on n’a pu s’empêcher de remarquer que la nouvelle le concernant avait reçu plus de clics que bien des annonces du précédent gouvernement de Pauline Marois.

Un député qui, il y a quelques jours encore, n’était pas très chaud à l’idée de voir Pierre Karl Péladeau briguer le poste de chef du Parti québécois confiait, la semaine dernière, avoir été surpris de la réaction populaire. Le retour rapide du député en chambre risque de l’avoir surpris encore davantage. Et si, malgré son passé, Pierre Karl Péladeau était capable de susciter la sympathie populaire? Déjà, en campagne électorale, plusieurs observateurs avaient été surpris de voir les électeurs se précipiter pour lui serrer la main et se faire photographier en sa compagnie.

Pierre Karl Péladeau avait assurément hâte de faire ses premiers pas comme député, mais la hâte avec laquelle il s’est empressé de revenir ne peut qu’alimenter les spéculations voulant qu’il se lance rapidement dans la course à la direction du Parti québécois. Que sa présence soit ou non le résultat d’un calcul stratégique, il reste qu’un retour si rapide à l’Assemblée nationale est un geste fort pour la suite des choses. Malgré l’adversité, le député ne s’en laissera pas imposer. Que ses éventuels adversaires à la course à la direction du Parti québécois se le tiennent pour dit.

Catégorie: Québec

Leçon de politique terrain pour les nouveaux élus

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 publié le 12 mai 2014 à 14 h 31

La leçon nous vient de Luc Berthold, ancien directeur de cabinet de la ministre déléguée aux Transports Julie Boulet, qui a témoigné à la commission Charbonneau.

M. Berthold a expliqué qu’il y avait deux types de députés : ceux qui connaissaient les règles du jeu et qui poussaient les dossiers de leur circonscription auprès du ministre et de son cabinet et auprès de la direction régionale du ministère et… il y avait les autres.

Les députés de la première catégorie voyaient leur dossier mis sur le dessus de la pile, qu’ils soient du parti au pouvoir ou de l’opposition. Quant aux autres, ils attendaient que des fonctionnaires jugent leur dossier prioritaire.

Cet ancien directeur de cabinet a souligné, qu’en 2007-2008, les députés de l’Action démocratique du Québec ne défendaient pas leurs dossiers routiers. Résultat? Les députés libéraux et péquistes les plus actifs se sont discrètement partagé les budgets disponibles.

Il est assez clair que les deux grands partis connaissent tous les trucs et qu’ils en informent leurs députés.

La Coalition avenir Québec (CAQ), qui a succédé à l’ADQ, devrait en prendre note. À ce chapitre, l’équipe de François Legault a échoué à encadrer et à canaliser l’énergie de certains de ses députés.

L’exemple le plus évident et le plus lamentable est celui de Jacques Duchesneau. La CAQ ne pouvait pas perdre les services de celui qui lui a donné un véritable élan lors de la campagne électorale de 2012. Pour y parvenir, la direction de la CAQ aurait dû le chouchouter, tout en lui tenant les ouïes serrées.

Il est évident que Jacques Duchesneau n’était pas facile à encadrer. Il a un jugement politique chancelant, mais il est populaire, et, comme le papillon, il est attiré par la lumière. En politique, on ne laisse jamais seul ce genre de gaillard. Il faut lui donner la chance de s’épanouir en sécurité, sans qu’il s’approche trop du feu. Ça n’a pas été un succès. Il a été brûlé par l’affaire Boisclair. Cela en valait-il la peine?

Un autre exemple? Stéphane Le Bouyonnec. Un homme intelligent, que l’on dit très habile pour lire un rapport trimestriel. Tous les partis ont besoin de ce genre d’élus. Mais M. Le Bouyonnec avait la fâcheuse habitude de transformer ses interventions à la période des questions en festival de la métaphore. Ce n’était pas nécessaire. Et, pendant ce temps, la circonscription de M. Le Bouyonnec (La Prairie) était laissée à elle-même. Il a été balayé le 7 avril, alors que d’autres caquistes s’en sont bien tirés.

François Legault n’a qu’un objectif en tête pour le prochain scrutin, et c’est de former le prochain gouvernement. S’il veut y parvenir, il doit prendre soin de son caucus pour éviter les crises inutiles comme celles que Pauline Marois a vécues en 2011. Il doit aussi veiller sur ses députés-vedettes, pour éviter qu’ils s’ennuient ou qu’ils tombent dans le délire des grandeurs ou de la rancoeur.

La performance de François Legault lors du second débat des chefs a sauvé plusieurs députés caquistes du désastre. Mais plusieurs députés avaient laissé leur circonscription en friche sur le plan de l’organisation. Ils dépendaient entièrement des succès du chef.

François Legault et son équipe ont intérêt à inculquer une discipline et une méthode de travail aux nouveaux députés, afin de leur permettre de demeurer les représentants de leur circonscription. Il est toujours bon, semble-t-il, de composer de temps à autre le numéro du cabinet du ministre des Transports.

 

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