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La pire semaine du gouvernement Harper

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 publié le 24 mai 2013 à 15 h 35

Chaque gouvernement a ses hauts et ses bas, mais cette semaine, le gouvernement Harper a connu un bas historique. Sa pire performance depuis son élection en janvier 2006. Quelle semaine horrible au cours de laquelle rien n’est allé correctement.

Au terme d’un épisode déjà pas facile la semaine dernière, celui qui vient de s’écouler a commencé de bien mauvaise façon. Dimanche matin, au milieu d’une fin de semaine de trois jours, le bureau du premier ministre a annoncé le départ de son chef de cabinet, Nigel Wright, celui-là même que Stephen Harper louangeait sans réserve depuis que l’histoire du chèque personnel de 90 000 $ à Mike Duffy avait fait la manchette.

Le bureau du premier ministre n’avait sûrement pas la naïveté de croire que cette histoire de week-end n’aurait pas de suite, mais jamais il n’aurait cru que le raz-de-marée aurait une telle amplitude.

Des questions sans réponse

Les travaux à la Chambre des communes ont repris mardi, mais le premier ministre n’y était pas puisqu’il quittait le pays pour une tournée au Pérou et en Colombie. Il a donc cru bon parler à son caucus avant de partir. Il a toutefois limité son discours à des banalités. M. Harper était choqué par cette histoire de chèque au sénateur Duffy, mais il a laissé vides toutes les autres cases.

Que savait-il de cette affaire? Était-il au courant que son chef de cabinet avait épongé les dettes du sénateur Duffy, à même ses fonds personnels? Est-ce qu’il y a eu des interventions de son bureau pour atténuer les blâmes contre le sénateur Duffy?

Le premier ministre a sauté dans l’avion sans répondre aux questions. Pendant ce temps, en Chambre, le parti au pouvoir a passé un mauvais quart d’heure. Chaque jour a apporté son lot de nouvelles informations, toutes plus incriminantes les unes que les autres.

Pire encore, elles visaient tout l’entourage immédiat du premier ministre, du chef de cabinet, Nigel Wright, jusqu’à la sénatrice Carolyn Stewart-Olsen qui, avant sa nomination au Sénat, a longtemps accompagné Stephen Harper comme attachée de presse, tant au Reform party qu’au Parti conservateur. Mme Stewart-Olsen est soupçonnée d’avoir adouci un rapport très négatif à l’endroit de Mike Duffy. Les partis d’opposition se demandent si l’ordre ne venait pas d’en haut.

La crise au Sénat a des échos en Amérique du Sud

Et pendant que rien n’allait à Ottawa, la situation n’était pas beaucoup plus rose à Lima et à Cali. Le voyage sud-américain de Stephen Harper a été totalement éclipsé par la crise au Sénat et c’est à l’étranger que le premier ministre a dû répondre aux questions inconfortables. Il a réitéré qu’il ignorait tout de cette histoire jusqu’à la semaine dernière et que, peut-être, a-t-il tardé avant d’accepter la démission de son chef de cabinet.

Au moment où M. Harper se démène pour défendre l’intégrité de son bureau, voilà que nous apprenons que la GRC pose des questions, demandent des documents au Sénat afin de savoir s’il y a matière à enquêter sur les dépenses des sénateurs Mike Duffy, Patrick Brazeau et Mac Harb.

Bref, le gouvernement conservateur n’a jamais passé une aussi mauvaise semaine. Stephen Harper revient de voyage et tentera de reprendre le contrôle de la situation. Mais ce sera difficile, car les histoires tordues ne cessent de s’accumuler. L’accalmie ne viendra peut-être pas avant la pause estivale.

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Mauvaise semaine pour les politiciens!

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 publié le 17 mai 2013 à 12 h 23

Chaque semaine apporte son lot de nouvelles troublantes qui minent la confiance des gens envers les politiciens. La commission Charbonneau torpille de façon soutenue leur crédibilité. Alors, sortons de cette commission pour s’attarder à d’autres types d’ennuis et faire le palmarès des trois politiciens qui ont connu la pire semaine.

En troisième position : Denis Coderre. Celui qui est actuellement le favori dans la course à la mairie de Montréal a eu une entrée en scène plutôt chaotique. Déjà, ses intentions étaient le secret le moins bien gardé. Même s’il a fait durer le suspense pendant des mois, personne ne doutait qu’il serait à la ligne de départ.

Il s’est d’abord servi des médias sociaux pour faire son annonce. Se disant du 21e siècle, il a fait un pied de nez aux médias traditionnels. Mais ce que les gens retiendront, ce n’est pas le message contrôlé dans les médias sociaux, mais la conférence de presse devant ces médias traditionnels. Des manifestants ont chahuté, et M. Coderre n’a pas eu l’air en contrôle de la situation. Vedette de Facebook et de Twitter, Denis Coderre devra peut-être regarder de plus près qui est la clientèle qui vote aux élections municipales.

Dans ce domaine, les taux de participation sont bas et les jeunes votent très peu. Ceux qui y participent sont généralement plus âgés, soit une clientèle qui n’a pas nécessairement pris le virage technologique! Alors, comme politicien du 21e siècle, Denis Coderre a des leçons à tirer de son entrée en scène. Il réalisera sûrement qu’il ne peut mettre tous ses oeufs dans le même panier.

En deuxième position : le sénateur Mike Duffy. Quelle semaine horrible pour cet ex-journaliste devenu sénateur. Déjà montré du doigt pour avoir touché des allocations de logement auxquelles il n’avait pas droit, il a déclaré avoir contracté un emprunt à la banque pour rembourser les sommes dues. Or, la vérité était tout autre.

C’est le chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, qui a payé la note personnellement. Il a signé un chèque de plus de 90 000 $ pour effacer la dette du sénateur. Donc, il a vraisemblablement menti, mis le bureau du premier ministre dans l’embarras et, par ricochet, tout le caucus conservateur. La situation est devenue insoutenable pour Duffy dans le caucus conservateur. Il siégera dorénavant comme indépendant. Il garde toutefois son poste de sénateur et son salaire. Les critiques continueront ainsi de pleuvoir sur le gouvernement Harper, les plus vives se tourneront maintenant vers le chef de cabinet, Nigel Wright. Pour l’ensemble de l’oeuvre, Mike Duffy mérite la deuxième position.

En première position : Rob Ford, le maire de Toronto. Le journal Toronto Star, un ennemi juré de Rob Ford, souligne à la une que deux de ses journalistes ont vu une vidéo dans laquelle le maire fume du crack et tient des propos incohérents. Personne d’autre n’a vu cette vidéo, car ceux qui la détiennent tentent d’obtenir une somme d’argent substantielle. Évidemment, l’entourage de Ford nie tout. Les prochains jours seront déterminants.

Cette histoire est-elle vraie ou est-elle montée de toutes pièces? En tout cas, si elle se révèle exacte, il pourrait s’agir d’une des plus spectaculaires histoires de moeurs dans le monde politique canadien. Objectivement, il semble difficile de croire que le Toronto Star ait publié cette nouvelle sans avoir une preuve béton. Pour cette raison, Rob Ford mérite la première place!

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Le mauvais karma des politiciens

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 publié le 10 mai 2013 à 14 h 42

La cote de popularité des politiciens n’a jamais été très élevée, mais les événements des derniers mois laissent croire que cette cote pourrait atteindre un niveau historiquement bas. Pour la réputation des politiciens, ce qui se passe sur les scènes municipale, provinciale et fédérale est une véritable catastrophe.

Le pire, c’est sur la scène municipale. La multiplication des scandales donne l’impression que tout le monde est corrompu, que tous ceux et celles qui se lancent en politique municipale y vont pour se remplir les poches. C’est évidemment faux, mais la succession d’histoires d’horreur relègue au second plan le travail discret et honnête effectué par une majorité d’élus.

Dans l’actualité, la loupe est placée au-dessus de villes comme Boisbriand, régulièrement secouée par des scandales; Montréal, dont il a largement été question à la commission Charbonneau; et plus récemment, Laval, dont l’ex-maire et son entourage sont accusés de gangstérisme, rien de moins! Alors, qui, franchement, songerait à se présenter en politique municipale? Déjà, quand tout va bien, il y a bien peu de prestige à retirer d’une carrière en politique municipale. Maintenant, il y a l’impression générale que tout le monde est corrompu. Les futurs élus devront avoir la peau épaisse!

Au provincial, le pire est à venir. La commission Charbonneau commence à peine à se pencher sur les moeurs des élus, tous partis confondus. Et déjà, ce qui en ressort, c’est que presque tous les partis politiques font toutes sortes de pirouettes pour contourner la loi sur le financement des partis politiques. Le spectaculaire témoin Gilles Cloutier a révélé les stratégies pour encaisser des extras sur les contrats de travaux publics afin de financer les partis provinciaux en se servant de prête-noms. Rien de bien édifiant, encore une fois.

Et le fédéral s’en tire-t-il mieux? Pas vraiment. Si la scène fédérale semble relativement à l’abri des révélations de la commission Charbonneau, peut-on dire que tout ce qui s’y passe est net? Surtout pas! Pensons simplement à l’histoire des « robocalls ». Des électeurs ont reçu des appels robotisés frauduleux pour les décourager d’aller voter. Dans un cas, un employé du Parti conservateur a été montré du doigt pour avoir orchestré cette campagne éthiquement douteuse.

Est-ce que cette supercherie peut avoir été organisée uniquement par ce jeune homme qui avait 23 ans au moment des faits? Le directeur général des élections poursuit son enquête là-dessus.

Il y a aussi eu l’affaire Penashue, ce ministre conservateur qui a dû remettre sa démission parce qu’il a largement dépassé les limites de dépenses permises par la loi électorale. Encore là, la responsabilité a été mise sur les épaules d’un obscur employé du parti.

Puis, plus récemment, il y a ey le scandale des sénateurs qui ont abusé du système. Même s’ils habitaient Ottawa depuis fort longtemps, les sénateurs Mike Duffy, Patrick Brazeau et Mac Harb ont réclamé des dizaines de milliers de dollars pour des frais de logement qu’ils n’auraient jamais dû réclamer.

Alors, il ne faut pas s’étonner que la population ne croie plus en ses politiciens. L’impression de se faire avoir est omniprésente. Il faudra des années et des mesures vigoureuses pour redresser la situation. Ce n’est pas la prochaine génération de politiciens qui verra une embellie.

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Plan d’action ou de réaction?

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 publié le 8 mai 2013 à 12 h 34

Décidément, pour la troisième fois en moins de deux semaines, le gouvernement Harper doit annoncer des mesures (déjà annoncées) pour calmer le jeu dans un dossier placé sous les projecteurs par l’actualité. Maxime Bernier et sa collègue du revenu, Gail Shea, parlent de « nouvelles mesures » pour traquer les utilisateurs de paradis fiscaux.

Ils se sont présentés ce midi dans le foyer de la Chambre, une semaine après que le vérificateur général, encore lui, eut révélé que l’Agence de Mme Shea cherchait encore à collecter 29 milliards de dollars en impôts et taxes détectés et non contestés, mais surtout un mois après que mes collègues d’Enquête eurent dévoilé l’existence de données sur des dizaines de milliers de personnes qui tentent d’éviter le fisc de leurs pays respectifs, dont 450 Canadiens.

Après avoir en vain réclamé les données de Radio-Canada, puis du consortium international de journalistes d’enquête qui les a en main, Mme Shea s’est résolue à faire une annonce formelle de « nouvelles mesures »… contenues dans le dernier budget Flaherty.

Elle suivait les traces de MM. Kenney et MacKay. Le premier avait au moins le mérite d’admettre que les révélations au sujet de l’utilisation douteuse de travailleurs temporaires étrangers par la RBC n’étaient justement pas « étrangères » à son annonce d’ajustements au programme. Il faut aussi préciser que le gouvernement Harper avait le programme dans sa ligne de mire depuis quelques mois, à la suite d’autres informations sur son utilisation hors-norme. Il reste que le moment est opportun, puisqu’on réduit la pression des dénonciations sur le gouvernement.

Peter MacKay est moins humble que son collègue Kenney. Comme dans le cas des chasseurs
F-35 l’an dernier, M. MacKay fait comme si le rapport du vérificateur général, encore lui, sur le système de recherche et de sauvetage en perdition n’était pour rien dans son annonce de nouvelles mesures deux jours après le dépôt du rapport en question. Il est vrai que les mesures prises par M. MacKay ne règlent en rien les graves lacunes soulevées par son ami Michael Ferguson, mais sa sortie, à Halifax, après deux jours de hauts cris en Chambre et dans l’Atlantique, visait là aussi à calmer le jeu.

Ces trois dossiers sont, à part l’élection de Justin Trudeau à la tête des libéraux, les dossiers qui ont fait le plus jaser sur la colline du Parlement, mais aussi dans tout le pays au cours du dernier mois. Le gouvernement Harper pouvait difficilement les ignorer et voyait bien qu’il fallait réagir.

Réaction, réaction, réaction, c’est là le défi dont je parlais dans un blogue récent sur les deux ans du gouvernement Harper et la nécessité pour lui de reprendre l’initiative du débat public pour relancer son gouvernement. À noter qu’en plus des trois dossiers mentionnés ci-haut, l’arrivée de M. Trudeau place aussi pas mal le gouvernement Harper en mode réaction à ce qu’on peut voir sur la place publique.

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Thérapie de groupe conservatrice

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 publié le 6 mai 2013 à 8 h 30

Les agences de publicité du pays ont jusqu’au 16 mai pour répondre à l’appel d’offres du gouvernement Harper en ce qui concerne la prochaine vague de messages vantant les mérites du Plan d’action économique du gouvernement du Canada. Le Plan d’action était initialement, rappelons-le, le budget de relance du ministre Flaherty présenté en catastrophe en janvier 2009 après une prorogation tout aussi en catastrophe le mois précédent. Ledit Plan d’action devait durer deux ans et comportait des dépenses de stimulation de l’économie de près de 50 milliards de dollars que le gouvernement Harper minoritaire s’est résolu à adopter face à la coalition PLC-NPD appuyée par le Bloc québécois.

Bref, les conservateurs sont retombés sur leurs pattes économiques et revendiquent non seulement la paternité du plan initial, mais prolongent le plaisir en maintenant l’appellation « Plan d’action », budget après budget, même si les mesures prises n’ont plus du tout l’envergure de celles annoncées en 2009.

On ne connaît pas le budget de la nouvelle campagne qui pourrait s’étendre sur les trois prochaines années, mais il convient de se rappeler qu’Ottawa a déjà consacré environ 100 millions de dollars à vanter le Plan d’action aux Canadiens, à hauteur d’environ 20 millions de dollars par année. Ça donne une indication. Mais, le plus intéressant, c’est qu’à part présenter les mesures budgétaires, la campagne « servira en outre à renforcer la confiance des consommateurs dans l’économie canadienne et l’orientation du pays »… Bref, un p’tit remontant pour le moral des Canadiens au cas où tous ne seraient pas convaincus que ça va si bien, même si « le Canada se remet de la crise plus vite que les autres pays du G8 » et que « plus de 900 000 emplois ont été créés depuis le creux de la récession ».

Décidément, les conservateurs se préoccupent beaucoup du moral des Canadiens. On a abondamment parlé des paradis fiscaux ces dernières semaines à la suite des révélations de l’émission Enquête. Une investigation menée conjointement avec des médias d’autres pays, à partir de dossiers coulés à un groupe international de journalistes d’enquête. Imaginez que le comité des finances de la Chambre des communes se penchait justement sur le sujet depuis quelques années et qu’il a finalement abouti à un rapport il y a une dizaine de jours. Néo-démocrates et libéraux y proposaient quelques gestes concrets pour serrer la vis à ceux qui utilisent les paradis fiscaux illégalement, mais les conservateurs étaient beaucoup moins empressés. Heureusement, en attendant, ils s’occupent du moral des Canadiens. La septième de 11 recommandations se lit comme suit :

Que le gouvernement fédéral continue de maintenir le moral des contribuables en faisant diffuser des messages clairs sur les efforts déployés pour assurer l’équité et la transparence du régime fiscal.

Ça coûtera ce que ça coûtera, quelques dizaines de millions par année, mais votre moral est entre bonnes mains!

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Histoire du Canada : l’art de provoquer

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 publié le 3 mai 2013 à 12 h 12

S’il y a un champ de compétence que les provinces protègent jalousement, c’est bien celui de l’Éducation. Pourtant, comme l’a révélé notre collègue Madeleine Blais-Morin, une initiative conservatrice vient jeter de l’huile sur le feu.

Lundi dernier, lors d’une réunion à huis clos, le comité permanent du Patrimoine canadien a adopté la motion suivante :

« Il est convenu que le comité permanent du Patrimoine canadien entreprenne un examen complet d’aspects importants de l’histoire du Canada, y compris ce qui suit :

  • Un compte rendu comparatif détaillé des normes pertinentes et des cours offerts dans les écoles primaires et postsecondaires de chaque province et territoire;
  • Un examen des programmes fédéraux, provinciaux et municipaux destinés à préserver notre histoire et notre patrimoine;
  • Une analyse focalisant sur l’histoire du Canada, notamment sur ce qui suit : la période précédant la création de la Confédération, les débuts de la Confédération, le suffrage, la Première Guerre mondiale, surtout les batailles comme celle de la Crête de Vimy, la Seconde Guerre mondiale, y compris la libération de la Hollande, la bataille d’Ortona, la bataille de l’Atlantique, la guerre de Corée, les missions de maintien de la paix, l’évolution constitutionnelle, le conflit en Afghanistan, le Canada au début du 20e siècle, le Canada après la guerre et la fin du 20e siècle. »

Inutile de dire que cette initiative en a indisposé plusieurs, à commencer par les députés du NPD, membres du comité permanent du Patrimoine canadien. Le député Pierre Nantel a souligné « l’obsession de vouloir réécrire l’histoire » et a soutenu qu’il s’agit grossièrement d’une ingérence dans les compétences provinciales. Le ministre des Affaires intergouvernementales du Québec, Alexandre Cloutier, est allé dans le même sens.

Après la diffusion de cette histoire, le gouvernement Harper a réagi avec empressement. Dans un communiqué, le bureau du premier ministre affirme : « Pour être clair, notre gouvernement n’a aucunement l’intention de dire aux provinces comment enseigner l’histoire. Nous respectons et continuerons à respecter les champs de compétence des provinces. »

Mais alors, la question se pose. Pourquoi dire d’un côté que les champs de compétence seront respectés et, de l’autre, adopter à huis clos une motion qui dit clairement le contraire? Cette histoire laisse l’impression que le gouvernement, dans son désir d’imposer son idéologie, se laisse parfois emporter, puis est obligé de modérer son enthousiasme. Ce qu’il faut retenir de cette affaire, c’est que les partis d’opposition et les provinces ne doivent pas relâcher leur surveillance. Ce gouvernement aime ratisser large, et si personne ne relève ces gestes intrusifs, ce ne sont sûrement pas les députés conservateurs qui s’autocensureront.

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Denis Coderre : la stratégie du striptease

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 publié le 26 avril 2013 à 12 h 44

Nous savons maintenant que Denis Coderre se lancera dans la course à la mairie de Montréal et qu’il créera un parti, L’équipe Denis Coderre pour Montréal. Cette annonce, qui surviendra le 16 mai, mettra fin à un interminable suspense. Le premier article qui a fait état d’une possible candidature de Denis Coderre remonte à août 2010. Presque trois ans : une éternité. Mais c’est surtout depuis un an que toute cette histoire a pris une tournure un peu agaçante. Comme un striptease qui n’en finit plus, Denis Coderre a effeuillé ses intentions, remettant toujours à plus tard sa décision.

Rappelez-vous simplement le fameux souper spaghetti du 9 novembre dernier. Pendant des semaines, tout le monde a cru que c’est là que le député de Bourassa annoncerait ses intentions. Quelques jours avant l’événement, dans une conférence de presse, il a désamorcé le tout, soutenant que la décision ne viendrait qu’après l’élection d’un nouveau chef au Parti libéral du Canada et que, non, il ne serait pas candidat dans cette course-là.

Plusieurs observateurs ont mis en doute la pertinence de cette stratégie du lent striptease. Denis Coderre a toujours dit qu’il ne fallait rien précipiter, qu’il devait consulter avant de prendre une décision si lourde de conséquences. Mais la question se pose : est-il possible que Denis Coderre ait retardé l’annonce de sa candidature simplement parce qu’il ne pouvait quitter son emploi de député un an et demi avant l’élection municipale? Déjà, en se lançant dans la course à la mairie, il se privera de salaire pendant cinq mois et demi, un sacrifice qui n’est pas négligeable pour quelqu’un qui n’est pas indépendant de fortune.

Toujours est-il que peu importe les raisons de sa stratégie, la candidature de Denis Coderre est devenue moins attrayante pour plusieurs. Il faudra voir, le 16 mai, quels seront ses appuis. Aura-t-il le soutien de grosses pointures du monde municipal? Saura-t-il rallier des gens de tous les horizons? Déjà, des rumeurs circulent voulant que Denis Coderre ne soit pas celui que souhaite le monde des affaires. Pour les gens d’affaires, il ne serait pas nécessairement l’homme de la situation. Il y aurait d’intenses discussions pour trouver quelqu’un d’autre dont la candidature serait annoncée quelque part en septembre.

Alors, une lourde tâche attend Denis Coderre, même s’il y a quelques mois à peine il était décrit comme l’incontournable gagnant, le « Régis Labeaume » de Montréal. Il doit tout rebâtir, montrer qu’il peut être rassembleur et qu’il est la personne toute désignée pour faire le ménage à l’Hôtel de Ville de Montréal. Ce sera assurément là son plus gros défi. Denis Coderre ne peut plus se présenter comme le sympathique politicien qui redonnera de la couleur à la ville de Montréal. Les témoignages de la commission Charbonneau ont mis au grand jour toute l’ampleur du problème montréalais. La principale qualité du nouveau maire ne sera pas d’être sympathique. Il devra montrer qu’il a la poigne pour remettre de l’ordre à l’Hôtel de Ville.

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Attaques conservatrices contre… les médias

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 publié le 25 avril 2013 à 12 h 52

On a beaucoup fait état des publicités négatives et autres attaques conservatrices contre le tout nouveau chef libéral depuis une dizaine de jours. Mais derrière la cible Justin Trudeau se cache une autre cible pour les conservateurs : les médias, et certains journalistes en particulier. Je dis « se cache », mais dans le fond, il n’y a pas de cachette. Les conservateurs s’assument pleinement et visent ouvertement la presse.

Prise un : sur le site « Justin pas à la hauteur », qui véhicule, entre autres, les publicités en ligne et télé dénigrant M. Trudeau pour des déclarations passées et pour certains emplois qu’il a occupés, une rubrique donne les exemples d’écrits de certains commentateurs de publications anglophones favorables à M. Trudeau. Que des commentateurs politiques aient une opinion qui ne fait pas votre affaire, mieux vaut vous y préparer. Si vous avez la peau trop mince, lisez les commentaires qui vous sont favorables. Les conservateurs peuvent me contacter. J’ai des exemples en tête de collègues aux opinions solides et cohérentes qui défendent fréquemment leurs politiques.

Les conservateurs reconnaissent d’ailleurs le droit de ces journalistes à leurs opinions. Toutefois, ils enchaînent en demandant de l’argent pour contrer ces mêmes opinions, qui ne sont pas basées sur des faits, mais plutôt sur « leurs sarcasmes et leur déformation des faits ».

Prise deux : mardi, Jenni Byrne, ex-conseillère du premier ministre Harper retournée au Parti conservateur, s’en prend à nouveau à l’« équipe libérale de Justin Trudeau » qui fait de la petite politique, selon elle, après les arrestations des deux suspects de terrorisme par la GRC. Elle se base sur le compte Twitter de la sénatrice Céline Hervieux-Payette, qu’elle présente comme une conseillère principale pour le Québec de M. Trudeau. En gros, la sénatrice disait qu’avec des politiques à la George W. Bush, le gouvernement Harper allait se retrouver avec des terroristes à la George W. Bush. Bon, disons que les arguments de la sénatrice libérale restent à être étayés, car ils ne sont pas évidents. Et d’associer les commentaires de M. Trudeau sur le terrorisme et ses causes profondes à tout ça.

Le hic, entre autres, c’est que Mme Hervieux-Payette n’a aucune responsabilité dans le bureau ou l’équipe Trudeau. Elle appuyait même sa principale rivale, Joyce Murray, dans la course à la direction.

Mais surtout, autre occasion de s’en prendre aux médias que Mme Byrne ne rate pas. « Les médias ignorent volontairement cette histoire pour protéger M. Trudeau. » Elle ajoute avoir tenté d’attirer l’attention des journalistes là-dessus. Je n’ai pas consulté tous les collègues, mais, dans la tourmente des arrestations des deux suspects lundi après-midi, personne n’a souvenir d’une alerte conservatrice là-dessus. Et Mme Byrne de poursuivre encore une fois en demandant un p’tit 5 $ pour « maintenir la pression sur Justin Trudeau » (sous-entendu, puisqu’on ne peut pas compter sur les médias pour le faire).

À vous de juger. Il vous reste 906 jours avant l’élection d’octobre 2015 pour vous faire une tête là-dessus.

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Le Bloc québécois a-t-il un avenir?

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 publié le 20 avril 2013 à 6 h 56

Deux ans après avoir été presque rayé de la carte électorale, le Bloc québécois tient samedi un conseil général en prévision des élections de 2015. Ce sera l’occasion pour l’exécutif de faire le point sur l’état du parti qui, de l’extérieur, semble bien mal en point.

Mon collègue Daniel Thibeault s’est penché sur la question et, dans un reportage qui sera présenté dimanche à l’émission Les coulisses du pouvoir, il interroge des bloquistes sur l’avenir du parti et rencontre aussi des ex qui ont tourné la page.

Le 2 mai prochain sera le deuxième anniversaire de la dégelée historique du Bloc québécois. Jamais dans ses 20 ans d’histoire, le Bloc québécois n’a subi une telle raclée. Le Bloc s’est présenté sept fois devant l’électorat. Avant l’élection de 2011, il a obtenu 54 sièges à deux occasions, en octobre 1993 et en juin 2004. Sa pire performance était de 38 sièges en novembre 2000. Mais en mai 2011, il n’a obtenu que quatre sièges, étant littéralement balayé par la vague orange du NPD.

Depuis, bien mince victoire, le néo-démocrate Claude Patry a quitté son parti pour se joindre au Bloc québécois. Toutefois, un fait demeure : avec ses cinq députés, le Bloc québécois est insignifiant à Ottawa. Statistiquement, le Bloc n’a que 1,6 % des sièges aux Communes, et 6,6 % des sièges au Québec. Alors, il ne faut pas s’étonner que l’opinion de ce parti soit moins sollicitée par les médias. Le Bloc québécois n’est plus une présence incontournable, ne peut plus se prétendre être la voix du Québec à Ottawa. Le nouveau chef, Daniel Paillé, déploie beaucoup d’énergie pour se faire entendre. Mais, dans les faits, le parti incontournable au Québec, c’est le NPD. Avec ses 57 sièges, il représente 76 % des sièges du Québec.

Les Québécois ont donc tourné le dos au Bloc québécois qui, depuis deux ans, semble se chercher une raison d’exister. Certains entrevoient une lueur d’espoir, avec l’élection d’un gouvernement du Parti québécois en septembre dernier. Gilles Duceppe est un de ceux-là. Dans le reportage de Daniel Thibeault, il dit : « Si vous croyez en la souveraineté, vous ne pouvez pas voter pour Mulcair, Trudeau ou Harper. Ça ne tient pas. » M. Duceppe a peut-être oublié les années au cours desquelles les Québécois votaient pour René Lévesque au provincial et pour Pierre Elliott Trudeau au fédéral! L’électeur du Québec est parfois difficile à cerner!

Alors, il reste deux ans et demi au Bloc québécois pour se vendre à l’électorat et démontrer sa pertinence. Il cherchera à prouver qu’il est le seul à pouvoir défendre adéquatement les intérêts du Québec ce que, dira-t-il, ne peuvent faire le NPD, le Parti libéral et le Parti conservateur, pour toutes sortes de raisons.

Le Bloc québécois souhaite donc remettre la machine en route et justifier qu’il est toujours pertinent sur la scène fédérale. Bien peu d’observateurs croient que le Bloc québécois pourra se relever, mais la prudence incite tout de même à ne pas enterrer le parti trop vite. Deux ans et demi, en politique, c’est une éternité. Et, qui sait, une crise constitutionnelle pourrait tout changer. C’est sans doute l’espoir qui fait vivre les bloquistes…

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Harper sur les lignes de côté

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 publié le 19 avril 2013 à 11 h 27

Le débat sur l’unité nationale ou sur la Constitution, c’est selon, a repris vie. C’est à tout le moins le cas du côté de l’industrie du commentaire et de la classe politique, qui en fait périodiquement son pain et son beurre.

Les révélations du livre de Frérédic Bastien, combinées à l’accession de Justin Trudeau à la tête du Parti libéral du Canada, relancent le match constitutionnel, grâce à un voyage dans le temps qui nous ramène 32 ans en arrière. Les joueurs ne sont évidemment plus les mêmes, mais un nom perdure : Trudeau.

Le nouveau chef du PLC a beau répéter depuis bien avant la publication de La bataille de Londres que la signature manquante du Québec lors du rapatriement de 1982 n’est pas le scénario idéal, mais que les Canadiens et les Québécois ne lui ont pas parlé de ça pendant la course à la direction, le dossier lui colle à la peau. Son parti est actionnaire majoritaire du rapatriement et il y a, bien sûr, ce nom… Le ballon est sans cesse lancé dans sa direction. Le quart-arrière est la plupart du temps souverainiste, mais la presse y a aussi contribué, dans sa recherche de positions politiques du candidat Trudeau pendant la course à la direction. M. Trudeau capte la passe et s’empresse de sortir sur la ligne de côté pour éviter le plaqué et stopper le cadran.

Son rival fédéraliste sur le territoire québécois, Thomas Mulcair, s’inquiète évidemment des indiscrétions du juge Bora Laskin, en pleine délibération à l’époque, mais s’en remet lui aussi à la Cour suprême, qui se penche sur les faits rapportés dans le livre de Frédéric Bastien. M. Mulcair a déjà porté le ballon dans le dossier plus tôt cette année, lorsque le NPD a proposé sa propre version de la clarté référendaire à partir du renvoi sur la sécession du Québec. Basée sur la fameuse déclaration de Sherbrooke, la position du NPD ne semble pas lui avoir permis de marquer le touché, tout au plus un placement auprès d’une clientèle assez limitée.

Comme ses partenaires souverainistes à Québec, Daniel Paillé s’entraînait ferme pour être compétitif. C’est en fait lui qui a effectué le botté d’envoi à Ottawa avec le projet de loi du Bloc abrogeant tout simplement la loi sur la clarification référendaire. C’est justement le jour où ce projet de loi devait être débattu en Chambre que le NPD, un peu coincé entre son fort contingent de députés québécois et sa présence pancanadienne, est en quelque sorte allé au-devant des coups en déposant son propre projet.

Maintenant que la joute est bien engagée, M. Paillé est en couverture de zone, il traverse le terrain en largeur, et cherche l’ouverture entre les blocs pour frapper tout ce qui bouge derrière la ligne fédéraliste. À la demande de publication des documents du Conseil privé des années 1981-1982, il ajoute sa bombe jusque dans la zone des buts sur le dernier jeu du match, la « Hail Mary pass », une enquête publique sur les événements. Pour les non-initiés au football, ce jeu désespéré fonctionne une fois sur 20.

Et pendant ce temps, que fait Stephen Harper? Il a tenté quelques jeux au sol pour établir son attaque aérienne au Québec. Le « fédéralisme d’ouverture », la reconnaissance de la « nation », etc., ça ne lui a jamais permis de réussir le long jeu qui casse les reins de l’adversaire. Comme c’est le cas depuis l’élection du PQ le 4 septembre dernier, ne comptez pas sur lui pour revenir sur le terrain. Il a retiré son casque et ses épaulettes et il marche sur les lignes de côté, les bras croisés. Il regarde les joueurs s’adonner à leur sport favori.  Surtout, il entend le claquement des équipements et les gémissements et grognements des efforts et des contacts sur la ligne, et il se dit qu’il n’a pas envie de se salir sur ce gazon qui lui donne en plus des allergies.

Qu’aurait-il à y gagner, se dit-il? À part quelques « bleus » supplémentaires au Québec…

 

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