Chaque gouvernement a ses hauts et ses bas, mais cette semaine, le gouvernement Harper a connu un bas historique. Sa pire performance depuis son élection en janvier 2006. Quelle semaine horrible au cours de laquelle rien n’est allé correctement.
Au terme d’un épisode déjà pas facile la semaine dernière, celui qui vient de s’écouler a commencé de bien mauvaise façon. Dimanche matin, au milieu d’une fin de semaine de trois jours, le bureau du premier ministre a annoncé le départ de son chef de cabinet, Nigel Wright, celui-là même que Stephen Harper louangeait sans réserve depuis que l’histoire du chèque personnel de 90 000 $ à Mike Duffy avait fait la manchette.
Le bureau du premier ministre n’avait sûrement pas la naïveté de croire que cette histoire de week-end n’aurait pas de suite, mais jamais il n’aurait cru que le raz-de-marée aurait une telle amplitude.
Des questions sans réponse
Les travaux à la Chambre des communes ont repris mardi, mais le premier ministre n’y était pas puisqu’il quittait le pays pour une tournée au Pérou et en Colombie. Il a donc cru bon parler à son caucus avant de partir. Il a toutefois limité son discours à des banalités. M. Harper était choqué par cette histoire de chèque au sénateur Duffy, mais il a laissé vides toutes les autres cases.
Que savait-il de cette affaire? Était-il au courant que son chef de cabinet avait épongé les dettes du sénateur Duffy, à même ses fonds personnels? Est-ce qu’il y a eu des interventions de son bureau pour atténuer les blâmes contre le sénateur Duffy?
Le premier ministre a sauté dans l’avion sans répondre aux questions. Pendant ce temps, en Chambre, le parti au pouvoir a passé un mauvais quart d’heure. Chaque jour a apporté son lot de nouvelles informations, toutes plus incriminantes les unes que les autres.
Pire encore, elles visaient tout l’entourage immédiat du premier ministre, du chef de cabinet, Nigel Wright, jusqu’à la sénatrice Carolyn Stewart-Olsen qui, avant sa nomination au Sénat, a longtemps accompagné Stephen Harper comme attachée de presse, tant au Reform party qu’au Parti conservateur. Mme Stewart-Olsen est soupçonnée d’avoir adouci un rapport très négatif à l’endroit de Mike Duffy. Les partis d’opposition se demandent si l’ordre ne venait pas d’en haut.
La crise au Sénat a des échos en Amérique du Sud
Et pendant que rien n’allait à Ottawa, la situation n’était pas beaucoup plus rose à Lima et à Cali. Le voyage sud-américain de Stephen Harper a été totalement éclipsé par la crise au Sénat et c’est à l’étranger que le premier ministre a dû répondre aux questions inconfortables. Il a réitéré qu’il ignorait tout de cette histoire jusqu’à la semaine dernière et que, peut-être, a-t-il tardé avant d’accepter la démission de son chef de cabinet.
Au moment où M. Harper se démène pour défendre l’intégrité de son bureau, voilà que nous apprenons que la GRC pose des questions, demandent des documents au Sénat afin de savoir s’il y a matière à enquêter sur les dépenses des sénateurs Mike Duffy, Patrick Brazeau et Mac Harb.
Bref, le gouvernement conservateur n’a jamais passé une aussi mauvaise semaine. Stephen Harper revient de voyage et tentera de reprendre le contrôle de la situation. Mais ce sera difficile, car les histoires tordues ne cessent de s’accumuler. L’accalmie ne viendra peut-être pas avant la pause estivale.

