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Ukraine: monopole conservateur?

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 publié le 19 septembre 2014 à 13 h 44

La présence d’une importante communauté d’origine ukrainienne au Canada, près de 1,3 millions de Canadiens, explique en bonne partie l’attention que la situation là-bas retient ici. A cause de ça, on attribue aussi souvent au gouvernement Harper des intérêts électoraux dans ses prises de positions face à la lutte démocratique en Ukraine et surtout face au conflit provoqué par l’invasion russe de la Crimée. La position est claire et ferme, M. Harper l’a répété en Chambre hier, il n’y a pas de place pour le compromis sur l’intégrité territoriale de l’Ukraine, qu’on parle de la Crimée ou de toute autre portion du territoire de ce pays.

Sur l’électoralisme en politique étrangère, le gouvernement Harper à des motivations plus larges et plus nobles. C’est plutôt une question de principe ont répété messieurs Harper et Baird sur plusieurs tribunes et c’est aussi vrai pour l’Ukraine. On y défend des valeurs mises en péril par l’invasion russe en Crimée et le soutien accordé aux rebelles ailleurs en Ukraine, liberté, démocratie et la règle de droit.

Comme dans le cas d’Israël, le Canada est à l’avant-garde des appuis, il livre ce que le client demande pour dire le moins. Dans les deux cas, les accusations d’électoralisme fusent, le gouvernement se défend en invoquant les valeurs fondamentales mentionnées plus haut quand ce n’est pas simplement les notions de bien et de mal.

Qu’est-ce qui alimente donc les accusations en question? Un peu le gouvernement lui-même avec la composition des délégations lors des visites de dirigeants canadiens dont M. Harper lui-même. Rappelez-vous qu’aucun député de l’opposition n’avait été invité en Israël en janvier. Ce n’était pas passé inaperçu d’autant plus que plus de 200 personnes accompagnaient le premier ministre dont 13 députés et sénateurs conservateurs. L’exclusion, ou l’oubli, des députés d’origine ukrainienne des autres partis lors d’un voyage de John Baird en Ukraine avait suscité un tollé quelques semaines plus tard

Lui qui va beaucoup jouer à l’homme d’État cet automne avec plusieurs activités importantes sur l’échiquier mondial, M. Harper avait une occasion de faire preuve d’une certaine élévation dans son discours de présentation du président ukrainien à la Chambre des Communes. Il a d’ailleurs laissé planer une certaine ouverture:

“Je suis allé à Kiev pour représenter tous les Canadiens, de toutes les régions, de tous les horizons et de tous les partis représentés au sein de ce Parlement….”

Et là, en dressant l’historique de la relation Ukraine-Canada à partir de la vague d’immigration de la fin du 19ème siècle, sa vision du rôle du gouvernement canadien face à cet Ukraine indépendant depuis 1991:

“Il a été exprimé, dans les années 1960 par le Premier ministre Diefenbaker, qui a demandé à Kroutchev la tenue d’élections libres pour, et je cite : « les Ukrainiens épris de liberté. »Cette sympathie s’est à nouveau manifestée à la fin de la guerre froide, lorsque le Premier ministre Mulroney a fait du Canada le premier pays occidental à reconnaître une Ukraine nouvellement indépendante. Et cet engagement a été puissamment exprimé encore une fois au sein de ce Parlement en 2008 lorsque, à l’initiative de notre collègue James Bezan, nous avons déclaré que l’Holomodor a été ce qu’il a été, c’est-à-dire un acte de génocide envers la population ukrainienne. C’est avec fierté que des Canadiens ont maintenant agi comme observateurs dans le cadre de sept élections successives en Ukraine…”

Les caractères gras sont de moi, trois politiciens conservateurs qui ont selon M. Harper exprimé à leur façon le rêve ukrainien et concrétisé la relation entre les deux pays. Comme si personne d’autre que des conservateurs n’avait joué un rôle du côté canadien de cette relation. Belle déclaration de Dief mais l’Ukraine était loin d’être le seul “état” pour lequel le Canada et l’Occident réclamait des élections libres, que ce soit des républiques soviétiques ou des pays derrière le Rideau de fer. Brian Mulroney a été rapide sur la détente, c’est vrai, pour reconnaître le nouvel Ukraine indépendant, le même jour d’ailleurs que la….Russie!!! Une soixantaine de pays l’ont aussi fait dans ce même mois de décembre 1991.

Des sept élections “observées” par des Canadiens, les premières post-indépendance étaient cruciales et c’est sous Jean Chrétien qu’un imposant contingent de Canadiens, 700  en fait,  y est allé. Peu après son arrivée au pouvoir, le même gouvernement Chrétien signait le 31 mars 1994 une “Déclaration de partenariat spécial” à Kiev. Le document lançait la relation bilatérale qui n’a pas cessé de s’approfondir et qui pourrait déboucher sur une entente de libre-échange sous M. Harper d’ailleurs.

En 2004, sous le gouvernement Martin, on attribue au Canada, par le biais entre autre de son ambassadeur à Kiev, un rôle important dans ce qui est devenu la “Révolution orange”. Tout ça était resté obscur pendant quelque temps mais on a constaté en 2007 comment l’ambassadeur Andrew Robinson était considéré comme un véritable héros par les militants pro-démocratie. Mais M. Harper a choisi ses propres moments historiques même si ça contribue à alimenter la perception d’électoralisme de sa politique ukrainienne.

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Et c’est parti à Ottawa!

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 publié le 16 septembre 2014 à 9 h 07

Cette fois-ci, vous ne pouvez pas blâmer les journalistes. C’est bien le premier ministre Harper qui a lancé les hostilités sur le front électoral lundi matin lors de son rassemblement partisan au rythme d’une des chansons fétiche des conservateurs Taking care of business, sa version « des vraies affaires ».

Si rien ne remplace dans l’esprit des électeurs la vraie campagne électorale de l’automne prochain en vue d’un scrutin le 19 octobre 2015, la joute des prochains mois sera cruciale pour permettre aux chefs de consolider leurs organisations et surtout consolider leurs appuis dans l’esprit de l’électorat. Et la joute politique de cette rentrée est révélatrice des défis et devoirs de tout un chacun.

Stephen Harper : l’usure du pouvoir

D’ici la fin de l’année, Stephen Harper sera au 6e rang des premiers ministres ayant été en exercice le plus longtemps. Après neuf ans au 24 Sussex, il n’échappe pas à l’usure du pouvoir. D’ailleurs, les deux tiers des Canadiens croient que le fruit est mûr pour un changement de gouvernement, même si la proportion d’électeurs qui apprécient le travail du gouvernement conservateur est davantage de l’ordre de 49 %.

Il est là le défi du chef conservateur, soit renverser la tendance des derniers mois et l’effritement de ses appuis à l’échelle du pays et plus particulièrement en Ontario, la clé de sa majorité en 2011.

Les conservateurs font donc le pari de faire campagne contre le risque du changement, miser sur leur valeur sûre qu’est l’économie.

« La mesure d’un bon gouvernement, le vrai test de leadership, ne réside pas dans les succès accomplis dans les moments de paix et de stabilité, mais face au risque et au danger », dit Stephen Harper

La stratégie est double : profiter des surplus à l’horizon pour séduire à nouveau l’électorat avec une série de mesures populaires et populistes, baisses d’impôts, des tarifs de câblodistribution, des écarts de prix avec les États-Unis, et projeter l’image d’un chef décisif sur la scène internationale dans des dossiers aussi délicats que l’Ukraine et l’Irak. Mais la stratégie n’est pas sans risques.

Les baisses d’impôts ciblées sont certes devenues la marque de commerce des conservateurs. Pensez à tous les crédits d’impôt allant de l’équipement sportif, au transport en commun en passant par les cours de musique. Mais après tant d’années au pouvoir, ces baisses ne marquent plus l’imaginaire autant qu’avant. Et si les conservateurs semblent toujours miser sur un éventuel fractionnement du revenu, cette mesure bien coûteuse n’est pas sans ses détracteurs et ouvre certainement la porte aux meilleures façons de dépenser plus de 3 milliards de dollars par an pour la classe moyenne.

La scène internationale comporte aussi son lot d’écueils pour Stephen Harper

C’est une chose de se présenter comme le plus grand défenseur de l’Ukraine, mais comment alors réconcilier le silence assourdissant d’Ottawa sur la demande de l’Ukraine de se joindre à l’OTAN? C’est une chose d’envoyer des forces spéciales en Irak, mais pour combien de temps, à quel prix, pour faire quoi?

Finalement Stephen Harper peut bien affirmer que la seule différence entre le Hamas et l’État islamique est que l’un des deux est plus proche d’Israël, mais est-ce vraiment la mesure d’un chef qui saisit toute la complexité de la situation au Proche-Orient?

Justin Trudeau : le test de crédibilité

Après 17 mois consécutifs en tête des intentions de vote c’est un euphémisme que de dire que Justin Trudeau est en plutôt bonne position. Mais il n’en demeure pas moins que cette position comporte une bonne dose de fragilité. Les électeurs conservent bien des doutes à son égard tant au chapitre des idées que du leadership.

Il est donc intéressant de noter que d’emblée en cette reprise des travaux parlementaires, ce politicien qui répète depuis plus d’un an qu’il n’a pas l’intention de dévoiler son programme avant les prochaines élections, ait pris la peine d’annoncer au moins une politique claire.

Un gouvernement libéral annulerait la baisse de cotisation d’assurance emploi promise aux petites entreprises par le ministre des Finances Joe Oliver la semaine dernière. Il opterait plutôt pour une exemption de cotisation pour tout employeur qui créerait un nouvel emploi.

Le signal est clair : les libéraux veulent montrer que leur chef n’est pas une coquille vide et qu’il est capable de formuler des politiques concrètes qui répondent aux défis de l’économie d’aujourd’hui.

Comme l’utilisation des surplus prendra de l’ampleur dans les prochaines semaines et les prochains mois, le chef libéral devra aller plus loin et clarifier sa pensée sur un élément essentiel. Sera-t-il prêt à révoquer les baisses d’impôts des conservateurs pour financer son propre programme électoral.

C’est la clé de voûte des finances publiques pour les prochaines années, et il sera difficile pour les libéraux d’entretenir le suspense sur ce front pendant 13 mois.

Finalement, s’il veut montrer qu’il est apte à gouverner, Justin Trudeau devra répondre au défi implicite que lui a lancé Stephen Harper sur le front de la politique étrangère. Car les libéraux ont beau plaider que les conservateurs nuisent à la réputation du Canada dans le monde, sur les dossiers d’Israël particulièrement cet été, de l’Ukraine et de l’Irak pour ne nommer que ceux-là, les nuances dans leurs approches sont plutôt subtiles.

Pour consolider son avance et se prémunir contre les risques inhérents à une campagne électorale, le chef libéral n’a pas le luxe d’attendre le déclenchement de celle-ci en septembre prochain pour faire la preuve qu’au-delà du style, il a la substance pour devenir premier ministre.

Thomas Mulcair : au-delà du rôle d’opposition

Brian Mulroney a dit de lui qu’il est le meilleur chef d’opposition depuis John Diefenbaker, et il est bien là le problème du chef du Nouveau Parti démocratique (NPD). Thomas Mulcair doit convaincre les Canadiens qu’il est plus qu’un bon chef d’opposition.

C’est ainsi que celui qui a fait sa marque à Ottawa en menant l’inquisition contre le premier ministre dans le scandale du Sénat fait le pari de sortir de la capitale pour aller à la rencontre des Canadiens. L’objectif est clair : faire valoir le politicien sensible, près des préoccupations des gens, plutôt que le parlementaire féroce et sans compromis qu’ils ont connu jusqu’ici.

Thomas Mulcair n’a toutefois pas le luxe de jouer les jeunes premiers, d’où le pari du NPD de dévoiler sa plateforme électorale le 19 octobre prochain, un an jour pour jour avant la prochaine élection. L’espoir ici, c’est que les politiques précises du NPD aideront le chef du parti à rejoindre l’électorat. Le NPD espère ainsi faire la preuve, politiques précises à l’appui, que l’expérience du chef compte. Le NPD mise sur l’« expérience solide » pour contrer le « se préparer à vous représenter » de Justin Trudeau.

Les stratèges du NPD vous diront qu’ils demeurent optimistes, en meilleure position qu’à un an des élections de 2011, que leur chef est plus populaire que son parti.

Certes, mais la réalité demeure que leur parti est bon troisième dans les intentions de vote, troisième aussi au chapitre du financement, troisième dans une course qui prend parfois des allures de duel entre conservateurs et libéraux.

Mario Beaulieu : un défi de taille

Le chef du Bloc québécois n’a pas raté cette rentrée parlementaire, mais il a dû se contenter d’y assister en marge, forcé de répondre aux multiples questions sur son leadership, plutôt que d’imposer sa voix comme incontournable dans le débat québécois. C’est dire toute l’ampleur du défi qui l’attend toujours.

Malgré la défection de deux députés, malgré les critiques et divisions internes depuis son arrivée, Mario Beaulieu demeure optimiste. Mais les priorités qu’il évoquait lundi révèlent déjà un ajustement dans sa stratégie.

Il s’est fait élire en balayant du revers de la main l’approche de la « défense des intérêts du Québec » et a campé la crédibilité du Bloc au fil des ans. Il compte aujourd’hui faire la preuve que les partis fédéralistes relèguent ces intérêts au second rang, et aussi porter le ballon du déséquilibre fiscal. Des priorités qui donnent un air de déjà vu à l’approche du Bloc québécois version 2014.

Un an c’est le temps qu’il reste aux chefs de partis avant de monter à bord de leurs avions et autobus armés de slogans et de certitudes. Et si rien ne remplace le presto d’une campagne électorale pour mettre ces chefs à l’épreuve et interpeller l’électorat, le travail de terrain des 12 prochains mois sera déterminant et dictera inévitablement lequel d’entre eux sera sur la ligne de départ en position de force en septembre prochain.

Catégorie: Ottawa

Cette image sonar montre l'épave retrouvée.
Cette image sonar montre l’épave retrouvée.

Ce n’était pas étonnant de voir le premier ministre Harper annoncer lui-même qu’une des épaves de l’expédition Franklin avait été trouvée.  Après tout, la rumeur avait circulé la semaine dernière que le premier ministre était prêt à quitter abruptement la réunion de l’OTAN au pays de Galles, pourtant présentée comme une réunion cruciale de l’Alliance, pour se rendre directement dans le Grand Nord si les vestiges des navires étaient trouvés.

Le premier ministre est un fervent d’histoire. Il a rappelé les expéditions annuelles menées depuis 2008 par Parcs Canada chaque été où il s’est rendu dans le Grand Nord pour son périple annuel.  Cette année, il a évoqué la mouture 2014 de l’expédition pour retrouver les épaves du NSM Erebus et du NSM Terror chaque jour de sa tournée d’une semaine dans le Grand Nord.  Et il y a participé… Il a séjourné presque deux jours sur la frégate Kingston, l’un des navires de la marine qui a pris part aux recherches, avec à son bord des sonars sophistiqués et des véhicules amphibies qui ont été la clé, finalement, pour trouver l’épave.

Imaginez la scène… Le samedi 23 août au soir, Stephen Harper est sur la passerelle du Kingston. Une vingtaine de personnes l’entourent, dont son épouse Laureen, les ministres Leona Aglukkaq et James Moore ainsi que le commandant de la frégate, Paul Smith.

Tout le monde est agglutiné autour de plusieurs cartes, certaines sont des reproductions de relevés du 19e siècle, d’autres représentent la zone qui sera explorée cette année.  Le premier ministre se fait expliquer où seront concentrées les recherches et comment, grâce aux expéditions précédentes, les experts ont ciblé une zone plus prometteuse dans le détroit de Victoria et même au sud de l’île Victoria dans le golfe de la reine Maud.

Les autres hommes dans la pièce sont tous associés aux fondations privées qui se sont jointes à l’expédition.  Parmi eux Jim Basillie, cofondateur de BlackBerry, qui finance le navire océanographique Martin Bergmann et Andrew Prossin, de la fondation One Ocean, qui possède aussi un bateau dans l’expédition.

Le premier ministre Stephen Harper le NCSM Kingston.L’atmosphère est très détendue. Stephen Harper, qui est habituellement réservé, semble très à l’aise, pose des questions et est très animé.  On trinque au scotch.  L’excitation est palpable.  Cette scène digne d’un film (et reconstituée grâce aux comptes rendus de plusieurs des participants) s’est déroulée loin des regards indiscrets des journalistes relégués au brise-glace Des Groseillers, mais elle peut être considérée comme le pendant mondain de la photo du premier ministre à la proue du Kingston, l’air heureux sous le drapeau canadien qui flotte au vent.

Stephen Harper n’est pas seulement un fervent d’histoire. Il est attaché au Nord et désire ardemment inscrire ce Nord dans la psyché canadienne. En annonçant la découverte de l’épave avec son air d’enfant à qui on a permis d’ouvrir son cadeau de Noël en septembre, il a évoqué un moment historique pour le Canada.

Depuis son accession au pouvoir, il est clair qu’il cherche à développer sa propre vision de l’identité canadienne et, dans cette vision, il y a l’appartenance au territoire, le patriotisme, une unité autour des mythes fondateurs et autour des exploits militaires du Canada, comme la guerre de 1812 dont il a fait la promotion comme étant « la bataille pour le Canada ».

Le succès de l’expédition 2014  à la recherche des épaves de Franklin lui fournit un argument de plus pour accroître l’intérêt dans l’Arctique et les revendications territoriales là-haut. Comme le dit un universitaire qui était du voyage, chaque fois que le premier ministre évoque la souveraineté canadienne, substituez le terme nationalisme et vous comprendrez que pour lui, faire flotter le drapeau unifolié dans l’Arctique, ce n’est pas seulement un message pour le reste du monde.

Catégorie: Ottawa

Si vous avez lu les aventures d’Harry Potter, vous savez qu’il y a un nom-qu’il-ne-faut-pas-prononcer : Voldemort!

Si vous suivez la politique canadienne, vous savez qu’il y a un mot-qu’il-ne-faut-pas-prononcer : constitution!

En fin de semaine, une déclaration de Philippe Couillard a suscité toutes sortes de réactions, sans même qu’il ne prononce le mot-qu’il-ne-faut-pas-prononcer-en-politique-canadienne. Peut-être pas chez vous entre vos travaux extérieurs, un dernier BBQ avec les amis ou la famille et une bonne bouteille de vin.

Mais des réactions de la classe politico-médiatique…

Qu’est-ce que M. Couillard a dit sans même prononcer le mot-qu’il-ne-faut-pas-prononcer-en-politique-canadienne?

Il a dit : « … à l’aube du 150e anniversaire du Canada, les Québécois souhaitent que le pacte qui lui a donné naissance soit réaffirmé. »

Traduction : pacte = constitution.

L’interprétation est plus délicate, parce que le terme « réaffirmé » est flou à souhait. « Réaffirmé », ça veut dire quoi?

Ça veut dire que M. Couillard veut rouvrir la Constitution, y réintégrer le Québec d’ici le 150e anniversaire du Canada en 2017?

Ça veut dire rappeler que le Québec n’est toujours pas signataire de la Constitution et que c’est une tache historique?

Hier, M. Couillard a « précisé » sans même prononcer le mot-qu’il-ne-faut-pas-prononcer-en-politique-canadienne : « Tant mieux si on fait avancer ce dossier, mais ce n’est pas une priorité quotidienne pour nous. »

Traduction : dossier = constitution.

Interprétation : M. Couillard réalise que le mot-qu’il-ne-faut-pas-prononcer-en-politique-canadienne suscite, dans la sphère politico-médiatique, une réaction épidermique.

Interprétation finale : comme bien des fédéralistes, M. Couillard pense que l’absence de signature du Québec au bas de la Constitution est une tache historique. Il pense qu’elle doit être effacée. Mais il réalise qu’il n’y a pas d’appétit, que les options pour effacer cette tache (débat constitutionnel ou indépendance) n’émeuvent pas la population actuellement.

Bref, ça veut dire qu’en 2017, pariez que rien n’aura changé…

Catégorie: Ottawa, Québec

Encore la faute du messager

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 publié le 4 septembre 2014 à 16 h 32

Les responsables du financement du Parti conservateur (PC) de Stephen Harper en ont contre les médias, c’est bien connu et surtout documenté. Il faut dire que l’exemple vient de haut si on se fie aux propos du premier ministre lui-même lors du congrès de son parti à Calgary l’automne dernier.

Après s’en être pris à la Tribune de la presse parlementaire, aux « médias d’Ottawa », à l’« élite médiatique » et carrément à Radio-Canada/CBC pour demander à leurs militants de contribuer à la caisse du PC afin de lutter contre l’adversaire, le tir se précise.

En une semaine, deux appels à confronter l’ennemi médiatique en versant 5 $ au PC visaient deux journalistes en particulier pour montrer ensuite que c’est l’ensemble de la classe médiatique qui est un adversaire en prévision de la campagne attendue l’an prochain.

Dans un envoi/communiqué adressé aux sympathisants conservateurs, le directeur des opérations politiques du PC, Fred DeLorey, disait la semaine dernière : « Je ne peux pas croire ce que j’ai lu (just disgusting) ». Il tâte le porte-feuille de ses lecteurs en dénonçant une chroniqueuse du Toronto Star qui a recours, selon lui, aux attaques personnelles contre M. Harper.

Heather Mallick y va en effet d’une opinion sentie sur les qualités de Justin Trudeau qui font vibrer l’électorat, et elle expose ce qu’elle voit comme un contraste avec M. Harper. On lui reproche l’utilisation du mot « sociopathe » en association avec M. Harper. Elle évoque en fait le manque d’empathie, d’émotion de M. Harper face à la situation des femmes autochtones assassinées en grand nombre et parle de sa « vision de sociopathe », donnant ainsi des munitions à M. DeLorey.

Toujours à la recherche des précieux 5 $, M. DeLorey revenait à la charge cette semaine après l’annonce de l’embauche par les libéraux de Justin Trudeau d’un journaliste de CTV qui a roulé sa bosse à Ottawa dans d’autres boîtes, Colin Horgan.

 Voici quelques commentaires de M. DeLorey :
- « Ça confirme nos soupçons. »
- « Après des mois d’attaques contre notre parti comme reporter… »
-  « Ça vous en dit long sur la façon dont les médias d’Ottawa vont nous traiter dans la prochaine élection. »

M. DeLorey argumente que ça va prendre d’autant plus d’argent qu’on ne pourra pas passer le message par les médias. Il faudra beaucoup de publicité.

Les vases communicants des partis politiques et des médias sont assez bien connus, et pas seulement à cause de René Lévesque, un des cas les plus fameux. On n’a qu’à penser aux Drainville, St-Pierre et Lisée récemment au Québec, mais aussi aux Duffy, Wallin, Kent, Frum, Moore au Parti conservateur! Trois sénateurs et deux ministres, sans compter des candidats et du personnel politique. Les conservateurs ne se sont donc pas privés de recruter du côté des médias. Ça met les choses en perspective.

J’en parlais dans mon blogue précédent, Justin Trudeau trône en première place des sondages sans interruption depuis son arrivée à la tête des libéraux. Les plus récentes consultations font état d’écart grandissant. Tout ça, malgré certaines controverses amorcées par des propos de M. Trudeau et en dépit aussi des publicités négatives des conservateurs.

Une vaste enquête de la firme Abacus Data sur les intentions de vote, mais aussi sur l’impression laissée par les chefs, l’impact d’éventuels gouvernements NPD ou PLC, les enjeux chers aux Canadiens et même, carrément, les compétences de Justin Trudeau, n’apporte pas de réconfort aux conservateurs.

Ils ne doivent pas apprécier ce message qu’ils reçoivent en cette fin d’été. Si M. Trudeau se maintient, si rien ne colle ou ne l’égratigne, on explique ça comment? Plusieurs analystes sont arrivés à différentes conclusions. Au PC, on s’est aussi posé la question. Évidemment, la réponse :  « C’est un fait, les Canadiens savent que Justin Trudeau n’est pas à la hauteur. Les seuls qui sont encore sous son charme travaillent à Ottawa à la Tribune parlementaire.»

Quand le message ne fait pas l’affaire, on s’en prend au messager et on espère ainsi motiver les donateurs, question d’amasser le plus d’argent possible pour… produire d’autres publicités négatives puisqu’on ne peut pas compter sur les médias ligués contre nous!!!

Catégorie: Ottawa

Ces coins où on ne va jamais

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 publié le 4 septembre 2014 à 10 h 07

Confession de départ : je n’aime pas le froid. En fait, je déteste avoir froid. Déjà que je trouve que les gens qui vivent au nord du 50e parallèle (Winnipeg, Regina, Calgary, Edmonton) sont courageux, je n’arrive pas à m’imaginer vivre au-delà du 60e

Alors, la tournée dans le Grand Nord du premier ministre Harper a eu ceci de révélateur que la réalité de la vie là-haut ressemble à la réalité de la vie ici. Bien sûr, il n’a pas fait grand froid. Au contraire, c’était encore l’été partout où nous sommes allés, de Whitehorse, au Yukon, à Iqaluit, au Nunavut, en passant par Fort Smith, dans les Territoires du Nord-Ouest, ainsi que Cambridge Bay, Pond Inlet et Arctic Bay, au Nunavut. Un été qui confine les Inuits à la terre, ce qu’ils n’aiment pas particulièrement, mais un été qui permet aussi aux gens d’organiser leurs vies d’hiver.




À Iqaluit comme à Pond Inlet, on voyait, au large, le navire qui livre les sea lifts, ces montagnes de denrées que les habitants commandent l’été et qui durent toute l’année. Au-delà des produits secs et des conserves qui sont donc livrés en ce moment, il sera toujours possible de faire venir de la viande, des fruits et des légumes frais par avion ou par service postal pendant la saison froide. Mais le sea lift est essentiel à l’organisation de la vie. Et c’est le moment où les nouvelles voitures arrivent! En fait, je ne devrais pas écrire « voitures », puisque je n’en ai vu que de rares avec traction aux quatre roues. Sinon, c’est le paradis du camion et du VUS.

L’autre découverte de cette visite, c’est à quel point les communautés sont isolées. Tous les liens passent par le bateau et l’avion. À Arctic Bay, on m’a expliqué que tout est plus facile une fois la glace venue, que de véritables autoroutes se dessinent et que la vie se transforme. Dans ma conception des choses, le froid isole et renferme, alors que là-haut ça semble être l’équivalent de la liberté et des grands espaces.

À Arctic Bay toujours, j’ai eu, en attendant que le premier ministre et son entourage arrivent, une conversation captivante avec les infirmières du Nunavut. Ces femmes n’ont pas froid aux yeux (je sais… mauvais jeu de mots) et font des séjours de quelques mois au village, suivis de quelques mois de congé, tellement le travail est intense. Chapeau à Irene Svoboda, infirmière en santé mentale, qui exerce ce métier depuis 13 ans. Le fléau, pour elle, c’est le suicide. Toutes les communautés où elle a travaillé sont aux prises avec les mêmes problèmes : violences physiques, psychologiques et sexuelles, abus d’alcool et de drogue.

Ce sont tout de même les enfants d’Arctic Bay qui ont été la plus belle source de lumière, malgré les nuages bas; la touche de couleur dans une journée, où l’on a presque vu de la neige au mois d’août.

En note finale, les photos jointes en témoignent, je dois dire que la vie dans le Nord se déroule dans les paysages les plus impressionnants que j’aie jamais vus. Et pourtant, il y en a de beaux endroits sur la planète, en commençant par le Québec qui m’a vue grandir. Mais c’est la majesté des paysages du Grand Nord, en particulier de l’Arctique, qui impressionne. L’île de glace dont on s’est approchés tout doucement en zodiac dans Eclipse Sound, les glaciers en face de Pond Inlet, le passage du Nord-Ouest sous les nuages bas dans Admiralty Inlet, la falaise de granit rose longée au début du jour.

On n’a que le mot « grandiose » en tête, sauf quand on y regarde de plus près et qu’on voit que la pollution est au rendez-vous là aussi, plus voyante peut-être parce qu’il n’y a nulle part où l’enfouir. Le « consommer-jeter » semble aussi sauvage que la nature. J’ose à peine imaginer l’hiver.

J’en reviens donc avec une vision plus contrastée d’une région où il n’est pas inimaginable de vivre, au contraire.

Catégorie: Ottawa, Québec

Dernière saison à Ottawa avant les élections

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 publié le 2 septembre 2014 à 11 h 19

Le 15 septembre, les députés fédéraux se lanceront dans la dernière « saison parlementaire » avant les élections prévues pour octobre l’an prochain en vertu de la loi sur les élections à date fixe.

Le lendemain, dans une salle du palais de justice d’Ottawa, une cause qui pourrait bien avoir des répercussions sur le paysage politique, mais aussi sur le calendrier électoral, fera ses premiers pas devant les tribunaux : celle du sénateur Mike Duffy, accusé de corruption, fraude et abus de confiance.

Certaines des accusations découlent de l’affaire du chèque de 90 000 $ versé par l’ex-chef de cabinet du premier ministre Harper, Nigel Wright, qui aidait alors M. Duffy à rembourser le Sénat pour des réclamations de dépenses injustifiées. D’où l’attention qui sera portée à cette cause par l’entourage de M. Harper, dont plusieurs membres, actuels et anciens, ont traité avec MM. Duffy et Wright à l’époque. Cette première comparution est une formalité; on verra, selon le rythme des procédures, leur impact politique.

À 14 mois de l’élection fédérale, conservateurs et libéraux sont, chacun à leur manière, en mode préélectoral depuis un certain temps.

Les conservateurs tentent en fait depuis le 15 avril de l’année dernière, au lendemain de l’accession de Justin Trudeau à la tête des libéraux, de miner les assises du chef libéral avec des publicités négatives. Ils attaquent le chef libéral en se basant souvent sur les ouvertures qu’il leur offre, de leur point de vue du moins, sur des dossiers comme l’Ukraine, la Chine ou encore la marijuana. Succès mitigé, au mieux. M. Trudeau et son parti trônent au sommet des sondages sans interruption depuis 16 mois. On peut compter sur les conservateurs pour continuer à essayer de semer le doute sur les capacités de Justin Trudeau. La thématique « pas à la hauteur » est là pour de bon.

Quant aux libéraux, leur chef néglige les tâches parlementaires pour travailler sur le terrain électoral, utilisant ainsi ce qui est toujours l’actif le plus important pour son parti : lui-même. M. Trudeau et ses troupes vont intensifier les préparatifs, multiplier les choix de candidats et surtout constituer ce qui pourrait devenir rapidement une plateforme électorale.

En mars 2012, Thomas Mulcair s’était donné deux ans pour mettre son parti à sa main. Ça veut dire mettre les bonnes personnes aux bons postes et surtout leur permettre de maîtriser leurs dossiers à la quasi-perfection. On devait passer ensuite, c’est-à-dire pas mal maintenant, en mode électoral. M. Mulcair a vite fait de rattraper ses deux rivaux sur la piste de la course électorale en sortant des blocs de départ avec deux engagements concrets en deux semaines. À ce rythme, c’est l’ensemble de la plateforme du NPD qu’on connaîtra aux fêtes! M. Mulcair s’est donc engagé à rétablir l’ancien financement en santé, pour ainsi retourner 36 milliards de dollars aux provinces, et à lancer, dans les 100 jours suivant son élection, une commission d’enquête en bonne et due forme sur les assassinats et disparitions de femmes autochtones.

Va pour les trois chefs, mais qu’est-ce qui viendra agrémenter nos journées de couverture politique et qui pourrait en amener, sinon forcer, certains à prendre position, quitte à trébucher?

Tournons-nous tout d’abord vers la Cour suprême. Eh oui! Une autre nomination est prévue, encore une fois du côté des juges québécois. Un mot, Nadon, et vous comprenez que c’est un euphémisme de dire que cette autre nomination est attendue avec intérêt. En plus, la Cour doit entendre des causes à retombées potentielles, et le Québec est visé dans les deux cas les plus notables.

Le gouvernement du Québec viendra réclamer le 8 octobre que la Cour ordonne au gouvernement Harper de préserver et de lui remettre les données québécoises du registre des armes d’épaule. Une semaine plus tard, le gouvernement fédéral défendra le Code criminel dans un dossier de suicide assisté. Code criminel qui s’applique, comme vous le savez, partout au pays, dont au Québec, où une loi permet maintenant aux médecins de provoquer la mort de leurs patients. Verdicts probables dans les deux cas au printemps.

Le traitement réservé au Québec par les conservateurs retient déjà l’attention. Denis Lebel vient de terminer une tournée de 12 jours à bord d’un véhicule aux couleurs du PC, mais surtout aux siennes. Visibilité, mais aussi proximité des conservateurs avec le Québec sur le plan des valeurs, du gros bon sens, voilà son message. Le premier ministre Harper aura l’occasion, lui, de mettre en valeur la place du Québec dans la fédération, maintenant et depuis ses débuts. Il ne manque plus que quelques annonces bien mises en scène… comme une compensation aux producteurs de fromages fins.

Après sa tournée récente dans l’Arctique, Stephen Harper va continuer sur sa lancée de type « atmosphère contrôlée » (des images à la tonne et des questions au compte-gouttes) avec plusieurs visites à l’étranger qui lui permettront de joindre l’utile à l’agréable et de répandre la bonne nouvelle relativement à des dossiers importants pour son gouvernement et son parti.

Ça veut dire un sommet de l’OTAN la semaine prochaine au pays de Galles, Ukraine et Poutine au menu. En novembre, des sommets à caractère économique à quelques jours d’intervalle à l’autre bout de la planète, loin des politiques canadiennes. Ceux de l’APEC à Pékin, en Chine, et du G20 à Brisbane, en Australie.

Des sommets où le Canada a beaucoup fait la leçon de la responsabilité budgétaire ces dernières années. Imaginez, avec un retour au surplus confirmé! Le hic, c’est que déficit zéro et croissance économique vont de pair dans le credo conservateur et que la croissance reste modeste. De récentes données américaines sont cependant encourageantes de ce point de vue.

Parlant d’économie, ce sont deux échéances dans ce domaine qui sont dans la ligne de mire préélectorale : la mise à jour financière, fin octobre/début novembre, et le budget, le premier du ministre Joe Oliver. Des signaux et même des annonces pourraient nous tomber dessus dès la mise à jour, comme une confirmation, par les calculs des experts du ministère des Finances, de l’atteinte de l’équilibre budgétaire pour 2015, si ce n’est pas cette année.

Avec les chiffres publiés vendredi par les Finances, une probabilité en hausse. Encore une fois, pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable et annoncer dès cet automne en quoi consisteront les baisses d’impôts que faisait encore miroiter il y a deux semaines le ministre Oliver après sa rencontre avec 16 éminents Canadiens du milieu économique? Le fractionnement du revenu pour les familles combiné avec une hausse du plafond de contribution au CELI, le tout saupoudré d’une pincée de crédits d’impôt ciblés, et le tour est joué!

Enfin, sur une note nettement plus politique, Stephen Harper et ses stratèges voient les sondages comme tout le monde. Ce ne sont que des sondages, mais leur acharnement publicitaire contre Justin Trudeau laisse croire que celui-ci dérange un peu leur sommeil. Eh bien, M. Harper pourra ajouter un autre test, celui d’une élection partielle dans la circonscription libérée par le décès, début avril, de l’ex-ministre Jim Flaherty. Il doit la déclencher d’ici la mi-octobre en vertu de la Loi électorale. Il y a toujours des bémols quand on parle de partielles, mais dans le contexte actuel on peut s’attendre à un message qui complétera celui des sondages qui s’empilent.

Allez, tout ça et les imprévus qui sont toujours… à prévoir! Et bonne saison 2014-2015!

Catégorie: Ottawa

Stephen Harper et la sociologie

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 publié le 25 août 2014 à 17 h 53

Stephen Harper sera de nouveau interpellé cette semaine par ses homologues des provinces au sujet de la tenue d’une enquête nationale sur la question des femmes autochtones disparues ou assassinées. Deux d’entre eux, Kathleen Wynne, de l’Ontario, et Greg Selinger, du Manitoba, ont qualifié de scandaleuse la position exprimée la semaine dernière par M. Harper voulant que ces crimes nombreux ne relèvent pas d’un « phénomène sociologique ».

Le refus du fédéral d’ouvrir une vaste enquête est connu et a été réitéré à maintes reprises, mais l’explication avancée par M. Harper en a fait sourciller plusieurs.

Le premier ministre disait s’appuyer, pour conclure à l’absence de fait de société, de tendance sociale, sur le portrait statistique publié par la GRC plus tôt cette année. Le rapport montrait que les femmes autochtones et non autochtones sont victimes à 82 % et à 84 % respectivement de meurtriers de leur entourage plus ou moins rapproché, et que le taux de résolution de ces homicides était semblable à quelques points de pourcentage près. Donc, pas de « phénomène social » là.

Est-ce que le phénomène ne se situe pas ailleurs? Pas dans l’identité du tueur? Mais plutôt dans le nombre de femmes autochtones tuées? La proportion des femmes autochtones victimes de meurtres par rapport à l’ensemble des meurtres de femmes est passée de 9 % à 23 % en une trentaine d’années, nous apprenait le même rapport.

Explication de la GRC : c’est à cause de la baisse marquée du nombre de meurtres de femmes non autochtones… Ah bon, baisse significative d’un côté, maintien du nombre de meurtres de l’autre, aucune explication d’ordre social là-dedans? Juste une statistique? La GRC reconnaissait pourtant que les femmes autochtones étaient largement surreprésentées parmi les victimes. Elles constituent 16 % des victimes de meurtres et 11 % des disparues pendant la période étudiée, alors qu’elles ne comptent que pour 4 % de la population. Du un pour quatre en ce qui concerne les meurtres, donc.

Certains ont fait le calcul. Transposez les chiffres de la GRC à l’échelle d’une province comme le Québec et ça vous donne 8000 Québécoises assassinées ou disparues de 1980 à 2012. Ça fait beaucoup de crimes, même s’ils sont résolus. De l’analyse et de la prévention seraient réclamées.

Si la GRC ne va pas très loin dans les explications possibles, au-delà des statistiques sur la relation entre les meurtriers et les victimes, il faut s’en remettre aux criminologues pour aller plus loin dans l’identification des causes. Pire, l’analyse pourrait même être faite par un sociologue!Inutile, nous dit Stephen Harper, un crime, ça reste un crime. Les policiers sont là pour s’en occuper.

Il faut se rappeler ici que le premier ministre Harper, économiste de formation, ou formé en économie, disent certains économistes, a un passé fort intéressant face à cette autre science sociale qu’est la sociologie.

Interrogé en avril 2013 au lendemain de l’arrestation de deux individus soupçonnés de préparer un attentat contre un convoi de Via Rail dans l’axe Montréal-Toronto-New York, M. Harper affirmait qu’il fallait envoyer le message clair que de tels gestes de violence méritaient une condamnation sans équivoque. La radicalisation est un phénomène d’intérêt, et c’est la mission des forces de l’ordre de déceler et d’éliminer les menaces.

Quant aux causes de cette radicalisation, ce n’était pas le temps de « se lancer dans la sociologie », disait M. Harper. Une taloche au passage à Justin Trudeau qui avait rapidement posé la question des sources du phénomène la semaine précédente, alors que la poussière des attentats de Boston n’était pas encore retombée.

Dans la même veine, les conservateurs s’en étaient pris à Stéphane Dion en 2008 en demandant aux électeurs s’ils préféraient avoir à la barre du pays un économiste formé au Canada ou bien un « sociologue formé en Europe ».

Aussi intéressant de noter que le ministère des Affaires autochtones de M. Harper a mis en place un programme pour la prévention de la violence familiale. Il y est dit que « le gouvernement du Canada prend très au sérieux la question de la violence à l’égard des femmes autochtones et poursuivra sa collaboration avec les gouvernements provinciaux [...] afin de trouver des solutions efficaces et appropriées ».

Il faisait lui-même allusion à de nouvelles sommes investies dans ce secteur. Exact, 25 millions de dollars dédiés à ces femmes dans le budget 2010 pour, entre autres, « soutenir des projets pilotes en milieu scolaire et communautaire avec pour objectif de réduire la vulnérabilité accrue à la violence des filles et jeunes femmes autochtones ». Si on ne parle pas de fait de société ici… Un cas de la main gauche qui ne sait pas ce que fait la main droite?

En tout cas, certains offrent un semblant de porte de sortie à Stephen Harper en proposant une table ronde de tous les paliers de gouvernement avant une éventuelle enquête d’envergure.

Catégorie: Ottawa

La santé, encore et toujours!

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 publié le 22 août 2014 à 12 h 26

« Voici mon défi au Parti conservateur, au Nouveau Parti démocratique, au Parti libéral et au Parti vert : les Canadiens vous disent que les soins aux aînés sont d’une importance primordiale pour eux. Ils savent que si nous développons la meilleure stratégie pour les aînés dans le monde, on peut avoir le meilleur système de soins de santé. Ils sont tannés des excuses pour justifier l’incapacité du gouvernement fédéral d’agir dans ce domaine. »

Le défi en question, il vient du Dr Chris Simpson, fraîchement élu président de l’Association médicale du Canada (AMC). Il s’adressait mercredi pour la première fois à ses membres en assemblée annuelle à Ottawa. S’appuyant sur des sondages et des études, le Dr Simpson tente de remettre la santé en tête de l’ordre du jour politique.

En fait, sondage après sondage, la santé trône au sommet des préoccupations des Canadiens, les autres enjeux fluctuant au gré des courants et des événements. Il y est allé d’un constat brutal avant d’en arriver à son défi aux chefs politiques fédéraux. Le Canada est à l’avant-dernier rang d’une récente étude sur la qualité des soins de santé, tout juste devant les États-Unis. La différence entre le Canada et les pays de tête comme la Grande-Bretagne, la Suède ou la Suisse, c’est un engagement ferme du gouvernement central envers le système public de soins de santé, selon le Dr Simpson.

À 13 mois du début, en principe, de la prochaine campagne électorale fédérale, il prend les devants, mais il n’est pas le seul. Quelques heures avant qu’il n’interpelle la classe politique, devant le même auditoire, Thomas Mulcair était sorti des blocs de départ de la course électorale avec un engagement clair au sujet du financement fédéral en santé.

À même les surplus prévus à partir de l’an prochain par les conservateurs, M. Mulcair renverserait la vapeur quant au Transfert canadien en matière de santé (TCS). Et il reviendrait à l’indexation à 6 % du TCS en vigueur depuis 10 ans en vertu de l’accord sur la santé conclu en 2004 par Paul Martin avec les provinces. Résultat, si on se fie à l’estimation des provinces que M. Mulcair reprend à son compte :  36 milliards de dollars de plus dans les coffres des provinces.

Est-ce un engagement réaliste financièrement? M. Mulcair aurait-il les moyens de ses ambitions, compte tenu de la situation budgétaire prévue? Techniquement, on peut certainement penser que oui. En l’état actuel de la fiscalité, des prévisions de croissance modeste et des dépenses gouvernementales, les surplus passeraient de 6,4 milliards de dollars l’an prochain à plus de 10 milliards de dollars quatre ans plus tard. Or, ce n’est que dans trois ans que les provinces cesseraient de bénéficier de l’indexation à 6 % du TCS et commenceraient à ressentir le manque à gagner qui mène à 36 milliards de dollars.

Donc,  les surplus annuels semblent au rendez-vous, si aucune décision politique ou promesse à tenir ne vient modifier les colonnes des revenus et des dépenses d’un éventuel ministre néo-démocrate des Finances. Il faut se rappeler que le NPD a toujours l’intention d’aller chercher des revenus additionnels du côté des impôts des sociétés, mais que ses plateformes électorales contiennent également des engagements coûteux qui nécessitent à la fois des revenus nouveaux et des réaménagements des dépenses.

Si, et seulement si, la santé devient réellement un enjeu électoral, histoire et T.C. Douglas à l’appui, le NPD estime évidemment qu’il est un peu actionnaire majoritaire du concept de système public de soins, et qu’il part avec une longueur d’avance dans les perceptions. Avec cette promesse, M. Mulcair considère peut-être avoir ajouté une autre longueur entre lui et ses adversaires.

Les conservateurs doivent de leur côté vivre avec leur engagement de la dernière campagne et, surtout, avec la formule du TCS qu’ils ont ensuite imposée aux provinces pour les 10 années qui mènent à 2024, donc bien au-delà de l’élection d’octobre 2015. Pour eux, le dossier du TCS est réglé pour longtemps. Leur plateforme 2011 parlait de « renouveler l’accord sur la santé » et de « collaborer avec les provinces et les territoires » pour y arriver. Aucun engagement chiffré ni écrit. Talonnés en cours de campagne, MM. Flaherty et Harper avaient fini par s’étirer le cou en parlant de l’indexation à 6 %, même après l’expiration de l’accord en 2014.

Difficile de dire si on peut encore parler d’« accord » et de « collaboration ». Toujours est-il que les ministres provinciaux ont trouvé sur leurs napperons, entre l’assiette à pain et le menu de ce qui ne devait être qu’un premier lunch de travail là-dessus, l’indexation réduite décidée par leur collègue Flaherty.

En gros, sur 10 ans, jusqu’en 2024, indexation à 6 % sur trois ans, après quoi on la ramène à hauteur de la croissance du PIB nominal, sans descendre sous les 3 % cependant. En fait, à Ottawa, on s’attendait à une hausse tournant autour des 4 % pour la période, 2 % de moins, d’où le 36 milliards de dollars de pertes du côté des provinces, repris par M. Mulcair. Ottawa faisait valoir qu’après des années de hausses de dépenses provinciales frisant les 7 %, on s’acheminait vers des hausses prévisibles d’environ 3 %.

Les libéraux de Justin Trudeau peuvent se targuer, eux, d’avoir adopté la Loi canadienne sur la santé qui met en place les fameux cinq grands principes, universalité, transférabilité, etc. L’accord de 10 ans avec indexation de 6 %, c’était eux aussi… On ne connaît évidemment pas ce que serait un engagement formel libéral en santé en 2015, mais trois résolutions adoptées au congrès de cette année à Montréal font état de quelques intentions.

On y parle à la fois de « négocier un nouvel accord sur la santé » de façon à « assurer à tous les gouvernements la flexibilité administrative voulue ». Rebonjour, fédéralisme asymétrique! Il est aussi mention de « résultats mesurables », de « consultation » entre les gouvernements sur les versements annuels, de « formule de financement équitable et adéquate » adaptée aux besoins et de variations en fonction de « facteurs démographiques ».

Est-ce que la plateforme sera plus précise? Les libéraux réunis à Edmonton laissaient entendre cette semaine qu’ils auraient une plateforme complète et chiffrée rapidement, au cas où… On verra comment cette bonne volonté en santé se traduit arithmétiquement.

Voilà! À quelques semaines de la dernière rentrée d’automne avant la prochaine élection fédérale, on avait beaucoup entendu en prévision du scrutin les expressions « classe moyenne », « consommateurs », « emploi », etc. Est-ce que le thème du financement des soins de santé s’imposera? Surtout, est-ce qu’un parti prendra vraiment sur lui de l’imposer? Du côté de l’opposition évidemment, puisque pour le gouvernement Harper la question est réglée jusqu’en 2024.  On parle bien sûr pour l’instant des fédéraux, attendez que les provinces s’en mêlent!

La santé, faut-il le rappeler, fait l’objet de maints débats, y compris en campagne électorale. Elle fait bonne figure dans les sondages,  mais a-t-elle déjà fait LA différence une fois devant l’urne?

Catégorie: Élections fédérales, Ottawa

Fin de saison sur ton de partielles

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 publié le 2 juillet 2014 à 18 h 25

Il y a un an, à la fin de la « saison » politique 2012-2013, le premier ministre Stephen Harper avait eu un avant-goût de ce qui l’attendait à l’automne : l’interrogatoire musclé du « procureur Mulcair », chef de l’opposition officielle, sur l’affaire Wright-Duffy. Ce qui est arrivé.

À ce moment-là, M. Harper avait aussi devant lui quelques échéances pour lui permettre de reprendre l’initiative de la joute politique, soit un congrès (qui a finalement eu lieu à la fin octobre à cause des inondations de juin à Calgary), un remaniement qui arriva le 15 juillet, une prorogation et un discours du Trône et, enfin, le budget qui a confirmé que le gouvernement fédéral est sur la voie de l’équilibre budgétaire.

Les quatre événements ont eu lieu et, un an plus tard, force est de constater que le gouvernement de M. Harper n’a pas vraiment réussi à changer la donne politique. Ce qui était vu au début de l’été dernier comme étant la lune de miel de Justin Trudeau avec l’électorat dure toujours, selon les sondages. De plus, des résultats électoraux viennent concrétiser le tout sur le terrain politique. Des élections en plein long congé de la fête du Canada, la plus faible participation jamais vue, les bémols habituels sur les résultats de partielles, tout le « spin » du monde politique n’arrive pas à faire oublier le fait que, quelque part, M. Trudeau et son équipe doivent faire quelque chose correctement. Ou bien ses adversaires Harper et Mulcair sont incapables de prendre le dessus… ou bien les deux.

C’est particulièrement intéressant du côté conservateur. Après un an de publicités négatives, les sondages d’avant les partielles montraient que M. Trudeau continuait de voguer en tête. Les conservateurs ont eu recours à ce stratagème dans la circonscription où ils avaient, semble-t-il, une chance d’égratigner le vernis du chef libéral, Scarborough-Agincourt. On le dépeint presque comme un revendeur de drogue aux adolescents, on cite hors contexte le libéral sortant qui détenait la circonscription depuis 25 ans… Rien n’y a fait, le candidat libéral de M. Trudeau a augmenté de 15 % les appuis à son parti par rapport au score obtenu par le vétéran Jim Karygiannis en 2011.

Visiblement, les publicités agressives, voire hargneuses, des conservateurs n’ont pas encore l’effet recherché, comme celui obtenu quand MM. Dion et Ignatieff en étaient les cibles. Cela a certainement à voir avec la cible, mais aussi, peut-être bien, avec le tireur. Les conservateurs et le NPD voient peut-être les choses du même oeil, semblent encore compter sur des erreurs de Justin Trudeau pour renverser la tendance. Une ou deux gaffes notables pendant les 37 jours de campagne? Un embarras majeur lors d’un débat des chefs?

Outre la bonne performance de son adversaire libéral, le premier ministre Harper doit certainement avoir saisi certains messages des partielles de lundi et de novembre dernier. Si ce n’est pas l’effet Trudeau, ce qui explique le recul constant de son parti vient probablement de son côté de l’équation d’un vieux gouvernement, qui s’est entouré d’une palissade après l’affaire Nigel Wright, s’aliénant au passage des institutions et des personnages au-dessus de la joute partisane. Que ce soit Élections Canada, son patron, la Cour suprême et sa juge en chef ou encore l’ancienne vérificatrice générale Sheila Fraser, il y a plusieurs éminents Canadiens liés à l’actualité que le gouvernement Harper n’a pas ménagés ces derniers mois.

Au-delà de l’attitude, sur quoi semble miser M. Harper en prévision d’octobre 2015? Oui, toujours offrir aux Canadiens des rues plus sécuritaires, mais quoi encore? L’économie est la priorité, la carte de visite de son gouvernement. Les finances publiques sont redressées à moins d’imprévus d’ordre économique. De ce côté, les résultats sont mitigés, mais on semble encore sur la voie de l’équilibre. Que peut, surtout, que veut faire le gouvernement Harper?

Pas question de nouvelles dépenses de stimulation économique ni de grands programmes qui entraîneraient des dépenses importantes et à long terme. Si on se fie à M. Harper, c’est du côté des impôts, ceux des particuliers, qu’il faut regarder.

Est-ce qu’on s’est arrêté pour regarder quelles baisses d’impôt sont susceptibles d’avoir un impact, un effet qui durerait de la présentation du budget en février ou mars, jusqu’à l’élection d’octobre l’an prochain? Et surtout, quelle marge de manœuvre a M. Harper pour offrir un cadeau fiscal important et payant électoralement?

Le dernier gouvernement ou parti à avoir fait une véritable campagne gagnante sur la question des impôts des particuliers, à la baisse bien sûr, est celui de Jean Chrétien. Rappelez-vous les élections déclenchées de manière anticipée par Jean Chrétien le 22 octobre 2000, quatre jours après le dépôt de ce que les conseillers libéraux refusaient de nommer un « mini-budget ». Que voulez-vous? Comme disait M. Chrétien… « L’énoncé économique et mise à jour budgétaire » contenait, du point de vue politique, une véritable bombe nucléaire fiscale qui réduisait dramatiquement les impôts des particuliers à partir de l’année 2001.

Je vous fais un bref rappel. Paul Martin avait déjà annoncé dans son budget 2000, quelques mois plus tôt, le retour à la pleine indexation des tables d’impositions : 5,1 milliards de dollars de plus dans les poches des contribuables dès 2001. Il ajoutait la cerise sur le gâteau en octobre, avec un nouveau taux d’imposition et une réduction des taux existants par tranche de revenu.

Résultat, strictement pour les particuliers, environ 10,2 milliards de dollars de plus dans les poches à compter de 2001, 12,1 milliards l’année suivante. Des baisses majeures, pas promises, mais adoptées rapidement en quelques heures par motion de voies et moyens aux Communes. Une telle annonce transformait la campagne libérale en véritable rouleau compresseur, allez en parler à Stockwell Day. Choisi chef de l’Alliance canadienne pendant l’été, il avait défié Jean Chrétien de déclencher des élections à la rentrée en septembre. Le premier ministre s’est fait un plaisir de lui obéir et l’a invité à jouer sur son terrain…

Stephen Harper a dit à plusieurs reprises récemment qu’il a les impôts des particuliers dans le collimateur après l’élimination du déficit. Vous vous souvenez de la promesse remise en question du fractionnement du revenu des familles avec enfants. On prête souvent l’intention aux conservateurs d’avoir synchronisé le déficit zéro et les baisses d’impôt qui l’accompagneraient avec l’année électorale 2015.

On doit garder en tête deux choses si on veut comparer avec le scénario Chrétien de l’année 2000. Premièrement, la proximité entre l’annonce des baisses et le scrutin. En 2000, quatre jours à peine séparaient les baisses d’impôt et le déclenchement des élections. Pour M. Harper en 2015, le budget fédéral est prévu en février-mars, l’élection à date fixe est le 19 octobre suivant, à moins que…

Deuxièmement, l’ampleur, pour que cela se sente dans le portefeuille. Sur ce plan, la barre est haute. Les 10 milliards de dollars retournés aux contribuables par les Chrétien-Martin se comparaient à 87 milliards de recettes gouvernementales provenant de l’impôt des particuliers. Si M. Harper veut faire un « cadeau » comparable en proportion des recettes anticipées de l’impôt sur le revenu, il devra laisser dans les poches des Canadiens plus de 16,8 milliards dès la première année, le tout sans retomber en déficit! Si on veut lui donner une chance, on peut modifier en tenant compte de la place des impôts des particuliers par rapport au PIB, car elle a baissé depuis 2001. Oups, c’est encore 15,6 milliards auxquels il doit renoncer s’il veut frapper un aussi grand coup que Jean Chrétien à l’époque.

Vous aurez compris que si M. Harper fait vraiment campagne sur des baisses d’impôt des particuliers, ça se fera autant, probablement plus, sur la manière, la répartition, les clientèles visées. Plutôt qu’un gros slogan à la Chrétien style « 100 milliards de dollars en 5 ans en baisses d’impôt », M. Harper devra offrir tout un service après-vente aux ménages visés. Avec l’inconvénient d’ouvrir la porte à davantage de débat et d’analyse sur l’impact réel et des contre-propositions rivales basées sur des chiffres identiques. Alors, préparez-vous à plusieurs versions de l’équation baisses d’impôt + classe moyenne = octobre 2015.

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