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Les cibles du PLQ

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 publié le 2 avril 2014 à 16 h 57

Comme promis, après s’être livré au même exercice pour le PQ au moment du débat des chefs, voici une liste des circonscriptions sur lesquelles le Parti libéral mise afin d’être porté au pouvoir. Évidemment, les libéraux ont bon espoir de conserver l’ensemble des circonscriptions qu’ils ont gagnées lors du dernier scrutin.

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1-      Abitibi-Est

Même si elle siège au Conseil des ministres, la députée sortante Élizabeth Larouche n’a pas été très visible sur la colline du Parlement au cours du dernier mandat. Sa victoire ayant été courte lors des dernières élections – à peine 777 voix – les libéraux estiment plausible de reprendre la circonscription. Contrairement à sa voisine, Abitibi-Ouest, la circonscription d’Abitibi-Est s’est montrée volage ces dernières années en élisant rarement deux fois de suite le même député.

2-      Argenteuil

Jusqu’à l’élection partielle de juin 2012, Argenteuil n’avait jamais élu un député du Parti québécois. L’élection de Roland Richer a changé la donne. Élu au beau milieu du conflit étudiant, la campagne ayant mené à son élection a été marquée par la participation de Pauline Marois à une mémorable manifestation de casseroles. Les libéraux ont cependant bon espoir de reprendre cette circonscription, surtout si le vote de la CAQ s’effondre.

3-      Arthabaska

Sylvie Roy est une vétérane de la CAQ et elle a remporté son élection en 2012 avec 5393 voix. Qu’à cela ne tienne, les libéraux misent sur le fait que sa circonscription a été entièrement redécoupée en 2011 pour créer la surprise. Première députée à réclamer une enquête publique sur l’industrie de la construction en 2009, Sylvie Roy a été moins visible depuis la fusion de l’ADQ avec la CAQ.

4-      Bonaventure

Pendant 13 ans, Nathalie Normandeau a régné sans partage sur cette circonscription de la Gaspésie – sur laquelle avait aussi régné pendant 37 ans Gérard D. Levesque, qui détient encore, à ce jour, le record de longévité pour un député de l’Assemblée nationale. Les choses ont cependant changé en 2012 avec la victoire du péquiste Sylvain Roy sur le libéral Damien Arsenault. Les deux protagonistes sont encore dans l’arène cette année, et le Parti libéral espère bien prendre sa revanche.

5-      Charlesbourg

Ces dernières années, Charlesbourg a tantôt choisi le Parti libéral, tantôt la CAQ ou l’ADQ. Le Parti libéral, qui présente le doyen sortant de la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval, François Blais, espère reprendre la circonscription en rapatriant les votes obtenus par la CAQ en 2012. Le PQ pourrait toutefois venir brouiller les cartes avec sa candidate vedette, l’ancienne journaliste et professeure à l’Université Laval, Dominique Payette. La bataille sera toutefois très difficile pour la fille de Lise Payette, puisque la circonscription n’a pas élu de péquiste depuis 1998.

6-      Crémazie       

Alors que la plupart des circonscriptions montréalaises sont acquises à l’un ou à l’autre des partis, Crémazie fait figure d’exception. Le PQ fait valoir qu’il n’a fait qu’accroître son avance ces dernières années – cette dernière passant de 170 voix en 2007 à 1412 voix en 2008 et à 3388 en 2012 –, mais le Parti libéral mise notamment sur le mécontentement que pourrait susciter la charte des valeurs dans ce comté urbain pour y faire un gain le 7 avril.

7-      Iberville

Représentée par l’ADQ en 2007, cette circonscription a résisté à la CAQ en 2012. Les libéraux pensent avoir une chance de l’arracher, mais la partie ne sera pas facile. Le PLQ n’avait récolté que 19 % des voix lors de la dernière élection. En 2008, André Riedl, qui avait été élu sous la bannière de l’ADQ l’année précédente, avait quitté le caucus adéquiste pour se joindre aux libéraux, mais la manœuvre n’avait pas suffi à le faire réélire en 2008.

8-      Îles-de-la-Madeleine

Les Îles-de-la-Madeleine n’ont été fidèles, électoralement parlant, à aucun parti depuis les années 60. Les majorités qu’y obtiennent les partis sont généralement réduites en raison du faible nombre d’électeurs inscrits sur la liste électorale de cette circonscription. Après avoir été défait en 2012, Germain Chevarie retente sa chance cette année. Il affronte la péquiste sortante, Jeannine Richard.

9-      Johnson

Il s’en est fallu de peu en 2012 pour que le député sortant et ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, ne soit pas réélu. Son principal adversaire était la CAQ, mais le Parti libéral a bon espoir de pouvoir se faufiler entre les deux formations politiques. La circonscription voisine de Drummond-Bois-Francs a un profil similaire à celui de Johnson et pourrait, elle aussi, permettre aux libéraux de se faufiler, si des votes de la CAQ passent au PLQ.

10-   Montarville

Les péquistes ne sont pas les seuls à avoir un œil sur Montarville. Les libéraux se rappellent que les deux comtés desquels est issue cette nouvelle circonscription, créée en 2011, ont déjà élu des libéraux. La députée caquiste sortante, Nathalie Roy, ne sera cependant pas facile à battre. Elle a joui d’une visibilité importante dans le cadre de l’étude du projet de charte des valeurs du gouvernement Marois.

11-   Montmorency

Comme d’autres circonscriptions de la périphérie de Québec, Montmorency appuie parfois le PLQ, parfois la CAQ ou l’ancienne ADQ. Les libéraux tablent sur une baisse des appuis de la CAQ pour ramener cette circonscription dans leur giron. Ils misent en cela sur l’ancien député Raymond Bernier, qui a représenté la circonscription dans deux mandats distincts. Le PQ mise pour sa part sur l’ancien député bloquiste Michel Guimond, qui a siégé à la Chambre des communes de 1993 à 2011.

12-   Portneuf

Portneuf n’a élu son premier député du Parti québécois que dans les années 1990, en la personne de l’ancien président de l’Assemblée nationale Roger Bertrand. Depuis sa défaite en 2003, la circonscription a tantôt penché du côté du Parti libéral, tantôt du côté de la CAQ ou de l’ADQ. Les libéraux pensent être en bonne posture pour ravir cette circonscription, à l’instar de nombreuses autres dans la région de Québec, toujours au détriment du parti de François Legault.

13-   Roberval

Philippe Couillard a choisi de tenter sa chance là où il habite avec sa femme au Lac-Saint-Jean plutôt que de s’en tenir au confort de la circonscription d’Outremont, mais la partie est loin d’être gagnée. Le péquiste Denis Trottier a remporté la mise en 2012 avec 46,7 % des votes et 5912 voix de majorité. Le chef libéral s’est rendu, comme promis, à plusieurs reprises dans la circonscription depuis le lancement de la campagne, mais cela ne lui garantit pas la victoire.

14-   Rouyn-Noranda-Témiscamingue

À l’image de sa voisine Abitibi-Est, la circonscription de Rouyn-Noranda-Témiscamingue ne peut être tenue pour acquise par aucun parti. En 2003, elle avait élu un libéral, puis un péquiste en 2007, puis à nouveau un libéral en 2008 avant de réélire un péquiste en 2012. Tout le contraire, en fait, de sa voisine, Abitibi-Ouest, qui, elle, est un château fort péquiste depuis 1976. Le Parti libéral compte sur l’abandon apparent du Plan Nord par le Parti québécois pour espérer y faire un gain le 7 avril.

15-   Saint-François

Aux dernières élections, le député sortant et ministre de la Santé, Réjean Hébert, n’avait été déclaré élu qu’au terme d’un dépouillement judiciaire. Les libéraux ont donc bon espoir de reprendre cette circonscription que l’ancienne ministre Monique Gagnon-Tremblay a représentée pendant 26 ans. En 2012, 18 % des électeurs de la circonscription avaient appuyé la CAQ, mais les libéraux pensent que ce vote leur reviendra cette fois-ci, notamment en raison des craintes suscitées par la tenue possible d’un nouveau référendum.

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Fin de campagne : les 7 jours les plus longs

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 publié le 31 mars 2014 à 11 h 09

Quels gains tenteront de faire les chefs des principaux partis en cette dernière semaine de campagne? Quelles bévues essaieront-ils de réparer?

Il y a eu ce dernier débat que Philippe Couillard a perdu, alors que le pouvoir semblait à portée de main, bien que franchement la victoire paraisse encore très proche. Sa bourde sur le français au travail tend à montrer une confusion dans l’esprit du chef libéral entre le bilinguisme individuel et le bilinguisme institutionnel. Il a tenté de rectifier le tir sans s’embourber.

Toutefois, cette déclaration était si maladroite qu’il n’est pas évident de la rectifier sans perdre la face. Une déclaration déconcertante pour le candidat d’une circonscription (Roberval) où les électeurs sont de langue maternelle française à 99 %, et dont 13 % sont bilingues (Statistique Canada, 2011). La direction que le chef libéral veut emprunter en ces derniers jours de campagne ne paraît pas bien définie.

De son côté, Pauline Marois remet la charte des valeurs à l’avant-plan, au risque d’un dérapage plus ou moins contrôlé. Les déclarations étonnantes de Janette Bertrand font penser au roulement du tambour de guerre. Entendu par tous, il appelle autant les partisans que les opposants au combat.

Il sera facile pour la chef du Parti québécois de ridiculiser l’attitude de son adversaire libéral dans le dossier de la langue, mais il faudra voir si ces attaques porteront réellement. La chef péquiste misera sur des thèmes à forte teneur identitaire et mettra tout en oeuvre pour éviter la question de la souveraineté.

François Legault a vu ses batteries rechargées par le débat. Le fait que sa femme l’accompagne jette encore plus d’ombre sur les candidats de la CAQ qui sont totalement absents de la campagne nationale. Le chef de la Coalition donne l’impression d’un homme seul, à la tête de ses maigres troupes, qui ferraille pour faire son chemin dans la mêlée. Il avait bien raison d’affirmer que c’était la bataille de sa vie et, pour ne pas périr avec son équipe, il devra donner le meilleur de lui-même cette semaine.

Françoise David de Québec solidaire va consacrer une bonne part des ses énergies à la région montréalaise, où elle espère faire un ou deux gains. Il faudra être attentif aux résultats de QS en région, voir si le parti de gauche pourra faire des gains pour ce qui est des votes, après avoir mené une première campagne à l’échelle du Québec. La polarisation du vote pourrait aussi tuer dans l’oeuf les ambitions de QS hors de la métropole.

 

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Jour 8 : il n’y a rien comme des élections

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 publié le 13 mars 2014 à 11 h 37

Non, il n’y a rien comme une campagne électorale pour des annonces incongrues.

D’abord, cette annonce véritablement fascinante de Pauline Marois (PQ) sur un plan de réduction de la dette.

La chef du Parti québécois a annoncé le même plan de réduction de la dette que celui du dernier budget de Nicolas Marceau. C’est d’ailleurs le même plan que dans le premier budget Marceau et, si vous y regardez de plus près, c’est le même plan que l’on peut retrouver dans quelques budgets préparés par le ministre libéral Raymond Bachand.

Toujours le même plan de réduction de la dette. La seule différence, c’est l’échéancier. Dans le budget Marceau, ça va jusqu’en 2026. Dans le programme électoral du Parti québécois, jusqu’en 2018-2019, le temps d’un gouvernement majoritaire.

L’ennui avec ce plan, c’est que depuis qu’on l’a mis en place, il n’est jamais respecté, année après année, peu importe l’allégeance du gouvernement.

Chaque fois, ce plan est reconfiguré subtilement par le ministère des Finances pour retomber pile sur le même objectif de réduction de la dette en 2026. Ainsi, plus le temps passe, plus il devient difficile, et de moins en moins réaliste, d’atteindre l’objectif fixé en 2026.

Je ne suis pas le seul à le dire. Il y a quelques mois, le vérificateur général par intérim, Michel Samson, a dit de ce plan qu’il exigera « des efforts considérables et un suivi rigoureux ». De la plume d’un vérificateur général, ce type de vocabulaire n’est pas encourageant et a tout l’air de cacher un euphémisme.

Fallait-il véritablement nous refaire l’annonce d’un plan de réduction de la dette, qui est en place depuis plusieurs années, qui a été créé sous l’ancien régime et qui, en plus, menace de ne pas se matérialiser?

Était-ce vraiment nécessaire, même à Québec?

Ne vous méprenez pas, je ne crie pas au loup sur la question de la dette, je ne me permets que d’aller un peu plus loin que le signal d’alerte du vérificateur général à l’égard de ce plan, qui court un risque élevé de ne jamais se réaliser.

Ce n’est pas nécessairement un drame, ce plan n’est peut-être pas bon, il n’était peut-être pas réaliste et il ne s’agit peut-être pas d’une bonne politique budgétaire.

Je ne fais que plaider en faveur d’un certain réalisme et d’une plate recherche de la vérité.

Car, il est si facile d’agir avec légèreté dans une campagne électorale, à l’égard d’un dossier pour lequel on ne pourrait être jugé que dans une douzaine d’années.

 François Legault contre Régis Labeaume?

À Québec encore, François Legault (CAQ), avec son « anticampagne », a probablement tenu l’une de ces conférences de presse qui peuvent définir une campagne électorale.

En rejetant trois projets qui ont déjà obtenu des autorisations de financement, François Legault paraît se dresser contre le maire de Québec, Régis Labeaume. S’il n’en tenait qu’à la Coalition, exit l’anneau de glace couvert, le projet de salle théâtral Le Diamant de Robert Lepage et la rénovation des bâtiments historiques « Les nouvelles casernes ». M. Legault estime qu’il vaut mieux offrir des réductions d’impôt aux familles que de financer ces projets.

Ce régime minceur ne s’applique pas aux projets routiers, puisque la CAQ appuie l’élargissement de l’autoroute Henri IV et le réaménagement du secteur de la tête des ponts. Un projet de complexe aquatique à Lévis et un stade de soccer à Beauport trouvent aussi grâce aux yeux du chef caquiste.

On comprend donc que ce n’est pas nécessairement une question d’économie, mais une question de priorités. François Legault peut sembler faire preuve d’audace en s’écartant de celles du maire de Québec.

Il appert que le chef caquiste se montre plutôt sensible à l’appel des sirènes propagé par les ondes hertziennes à Québec. Il n’est pas évident que ces priorités soient à la hauteur d’un parti qui présente des candidats dans toutes les circonscriptions du Québec.

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Québec 2012 Jour 17 – L’affrontement

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 publié le 18 août 2012 à 18 h 18

Jean Charest se trompe probablement lorsqu’il affirme qu’il sera la cible de toutes les attaques lors des débats télévisés. Bien sûr, il ne sera pas épargné. Face à un bilan de neuf ans, un vaste choix de sujets s’offre à ses adversaires et ceux-ci ne rateront pas l’occasion. Le rôle de Jean Charest, dans la perspective de ses adversaires, est celui d’un tremplin vers le pouvoir. À pieds joints, ils sauteront sur ce « tremplin » dans l’espoir de prendre un peu d’altitude avant le plongeon du 4 septembre.

Le chef libéral misera sur l’économie et dans une moindre mesure, sur la stabilité, en référence au conflit étudiant, mais aussi à la tenue d’un référendum sur la souveraineté. Sur le plan stratégique, il y a une petite incertitude : aura-t-il l’attitude d’un premier ministre sortant qui se place au-dessus de la mêlée ou descendra-t-il dans l’arène pour attaquer directement ses adversaires? Un peu des deux, sans doute. Néanmoins, si on se fie aux publicités libérales et aux récentes déclarations du chef, Jean Charest sera en mode offensif et multipliera les contre-attaques.

François Legault sera confronté pendant ces débats au même dilemme avec lequel il a dû conjuguer durant la campagne. Il doit montrer qu’il propose un véritable changement. En contrepartie, ce changement ne doit pas apparaître trop douloureux et exiger trop de sacrifices. Les perturbations engendrées par les bouleversements qu’il propose et le coût de ses engagements électoraux seront son talon d’Achille. Sa force sera l’effet de nouveauté.

Françoise David, c’est le côté blé entier de Québec solidaire, et c’est pour ça que le parti l’a choisi, plutôt qu’Amir Khadir, pour participer à ce débat. Mme David est là pour se montrer rassurante et pour expliquer le plus simplement possible son programme à des électeurs qui le connaissent peu. Ce débat est une occasion en or pour Québec solidaire et pour sa coporte-parole qui mène une bataille acharnée dans Gouin pour vaincre le péquiste Nicolas Girard.

Pauline Marois doit faire la preuve qu’elle a la trempe pour devenir première ministre. C’est son principal défi. Pour le reste, elle jouera de prudence et tentera d’esquiver les attaques sur la tenue d’un référendum sur la souveraineté. Elle doit aussi s’assurer d’avoir le ton juste et d’employer le vocabulaire approprié sur les délicates questions identitaires. Le Parti québécois est en tête selon les sondages, donc c’est probablement Pauline Marois qui sera la cible des principales attaques. Quoique Jean Charest ne négligera pas François Legault qui paraît faire des gains au détriment du PLQ.

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Québec 2012 Jour 7 (2) – La promesse

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 publié le 8 août 2012 à 7 h 22

Un parti qui s’engage à réduire les impôts, c’est un classique. Il est même étonnant que cet engagement n’apparaisse qu’au septième jour de la campagne électorale.

François Legault veut exempter les personnes qui ont des revenus de moins de 50 000 $ de l’impôt santé de 200 $ par année par personne. Une seconde mesure, des réductions d’impôt de 300 $ par personne, profiterait à ceux qui ont suffisamment de revenus pour payer de l’impôt.

En réalité, les électeurs comprennent qu’un politicien qui promet de réduire les impôts franchit une sorte de frontière, entre le possible et l’impossible, entre le rêve et la damnée réalité.

Les électeurs savent qu’une réduction d’impôt ne vient pas seule. Ils sont conscients que les services publics subiraient les effets de cette ponction dans les revenus.  Ils ignorent toutefois dans quelle mesure les services publics seraient touchés, mais ils réalisent que les syndicats et d’autres groupes s’opposeraient à cette approche.

Et ils doutent. Ils doutent de la promesse et de celui qui l’a formulé, car s’engager à réduire les impôts, c’est la promesse ultime, c’est l’arme atomique de la promesse électorale.  Elle ne doit pas être manipulée par des apprentis sorciers.

Est-ce que François Legault a raison de promettre ces réductions d’impôt?

J’ai hâte de vous lire.

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Québec 2012 Jour 7 – Le colistier

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 publié le 7 août 2012 à 9 h 05

L’émoi entourant la candidature de Jacques Duchesneau pour la Coalition avenir Québec a été particulièrement perceptible au sein des autres partis politiques.

Le Parti québécois a tenu un rassemblement dimanche à Montréal qui réunissait la plupart de ses candidats, dont Jean-François Lisée. Ce dernier a confirmé qu’il sera de la course dans Rosemont. Pauline Marois a prononcé un long discours pour présenter les grands principes de son programme. Ça s’est révélé être un coup d’épée dans l’eau. Pire, ce que l’on a surtout retenu de la journée de Pauline Marois, c’est son refus de commenter la candidature de l’ancien chef de police de Montréal.

Le PQ a voulu reprendre l’initiative lundi en tentant d’associer le gouvernement Charest à la Fondation Frank Catania. Les députés Drainville, Girard et St-Arnaud ont soutenu qu’ils venaient d’obtenir des compléments d’information qui justifiaient la tenue de cette conférence de presse. Pourtant, les trois députés n’avaient pas tous les documents en main lorsqu’ils ont rencontré les journalistes et, en outre, ils leur manquaient des éléments d’information importants.

Jean Charest, lui, a d’abord lancé une contre-offensive directe avec celui que François Legault a présenté comme l’Eliot Ness du Québec. C’était une stratégie risquée, qui a sans doute été retenue parce que c’était la dernière qui s’offrait au chef libéral. 

Lundi, M. Charest a profité du faux pas de Jacques Duchesneau, qui voulait procéder lui-même à la nomination de certains ministres, pour changer de cible et s’en prendre à François Legault. Cela paraît plus avisé. Néanmoins, le Parti libéral voit l’insubmersible dossier de l’intégrité, qui revient sans cesse à la surface, faire échec à son plan de match.

Dans une course à trois pour le pouvoir, Québec solidaire, Option nationale et le Parti vert pourraient bien, pour leur part, devoir se contenter de miettes.

Il est difficile d’imaginer l’impact d’une telle nouvelle dans les officines des partis politiques. Depuis vendredi, on y récite des prières et des incantations (et des lignes de presse) dans l’espoir que l’effet Duchesneau s’évapore aussi vite qu’il est apparu.

La déclaration de M. Duchesneau, lundi matin, est une bourde qui n’aura peut-être pas beaucoup de conséquences. Par contre, elle est très révélatrice, car elle donne des indications sur ce que François Legault a pu promettre à Jacques Duchesneau pour l’attirer dans sa coalition.

Force est de constater que Jacques Duchesneau a acquis en réalité le statut d’un candidat à la vice-présidence, à l’américaine. La CAQ, c’est désormais un tandem, c’est le « ticket » Legault-Duchesneau, pour le meilleur et pour le pire. Bien que cela diffère des traditions politiques québécoises,  ça pourrait bien être profitable à ce nouveau parti qui cherche à surfer sur la vague du changement, pourvu que Jacques Duchesneau se rappelle qu’il n’est que le numéro deux.

Ainsi, les colistiers devront faire preuve de cohésion. C’est l’un des facteurs qui influeront sur la durée de l’effet Duchesneau. Les deux hommes sont condamnés à se mettre au diapason, peu de fausses notes seront admises.

François Legault et Jacques Duchesneau auront tout de même un peu de temps pour trouver le ton juste. Le temps que les autres formations politiques, franchement déstabilisées, réajustent le tir.

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Québec 2012 Jour 3 – L’équipe

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 publié le 3 août 2012 à 19 h 46

On ne peut négliger l’importance des hommes et des femmes qui portent le message politique, surtout auprès des citoyens qui n’ont pas d’attache idéologique à un parti. La renommée, la réputation d’un candidat peuvent avoir une influence importante auprès de ces électeurs dont un parti a besoin pour remporter des élections.

Ainsi, la candidature de Jacques Duchesneau peut se révéler un tournant de cette campagne électorale. Ce ne sera probablement pas suffisant pour créer une vague. Mais s’il y avait une vague, elle porterait probablement la Coalition avenir Québec. Plusieurs facteurs plaident en ce sens. Et désormais, une chose est certaine, ces élections opposent trois principaux partis.

Néanmoins, la pente demeure bien raide pour François Legault. Son style un peu gauche, fait de candeur et de rigidité, ne séduit pas de prime abord. Ce handicap n’est pas insurmontable.

D’autant que le chef de la Coalition paraît avoir réussi l’improbable. Malgré des sondages peu favorables, il est parvenu à mettre sur pied une équipe qui affiche une certaine crédibilité, particulièrement avec Jacques Duchesneau. Une candidature aussi surprenante et inattendue que prestigieuse et crédible.

De surcroît, l’homme a été un acteur du principal dossier qui a accablé le gouvernement Charest tout au long de ce mandat, la collusion et la corruption dans l’octroi et la gestion des contrats publics, provinciaux et municipaux. Avouons-le, ça met du piment dans une campagne qui n’en manquait pas.

L’ancien patron de l’Unité anticollusion, qui sait apprécier les feux de la rampe, devra tout de même se méfier de son franc-parler, tout comme le Dr Gaétan Barrette devra surveiller son ton et ses métaphores. Dans le monde politique, il y a des risques à employer un langage très direct.

En revanche, si la Coalition avenir Québec veut parvenir à incarner un changement crédible auprès des Québécois, ses candidats doivent aussi faire preuve d’audace. À cet égard, la CAQ est toujours à la recherche de son équilibre.

 

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Québec 2012 Jour 2 – L’initiative

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 publié le 3 août 2012 à 7 h 37

Pour François Legault et Pauline Marois, cette deuxième journée était importante. Stratégiquement, ils devaient reprendre l’initiative.

Le premier jour, le jour du déclenchement de la campagne électorale, est acquis au premier ministre sortant et Jean Charest n’aura pas échappé à l’occasion.  Il s’est montré particulièrement combatif (trop?), presque autoritaire. En vertu de l’implacable et inévitable calcul politique qui prévaut en de pareils moments, le chef libéral a jugé que c’était nécessaire pour imposer son enjeu-clé de ces élections, la crise étudiante.

En guise de réplique, les chefs du PQ et de la CAQ ont mis toute la gomme vendredi.

Pauline Marois a présenté un processus et surtout une politique claire sur les droits de scolarité. C’est nouveau.

Il y aura un sommet sur les universités dans les 100 jours et s’il y a hausse, elle ne dépassera pas l’indexation. Les Québécois, en effet, savent à quoi s’en tenir désormais, mais Pauline Marois paraissait un peu trop en réaction, sur la défensive quoi, sur cette question. La présence de Léo Bureau-Blouin l’a toutefois bien servie, de même que sa promenade dans un parc de Montréal qui avait valeur de symbole.

Le coalisé (pardonnez-moi, je ne déteste pas l’expression, je suis bien le seul) François Legault a profité de la candidature intéressante de Maud Cohen, ancienne présidente de l’ordre des ingénieurs qui a refusé de fermer les yeux sur les problèmes qui affligent sa profession, pour faire des propositions pour endiguer la corruption et la collusion.

Une conférence de presse presque parfaite, si ce n’est qu’elle s’est déroulée aux abords d’un boulevard urbain (face au palais de justice de Québec) et que ça prenait des oreilles de journaliste pour entendre ce que disaient les Legault, Cohen et Sylvie Roy. On a eu droit aux pétarades d’un camion, d’un bolide et d’une moto et à un coup de klaxon.

La veille, à l’aéroport de Québec, Jean Charest s’en était quand même mieux tiré avec le bruit des avions. La chaleur était certainement bien plus redoutable.

Le chef libéral n’a pas voulu pour autant céder sa place aujourd’hui. Il lui fallait garder l’initiative. Ce qu’il a probablement réussi en promettant la création de 250 000 emplois et le plein emploi (chômage à 6 %) d’ici cinq ans.

Un engagement qui paraît ambitieux.  Quoique pour illustrer que le prochain gouvernement n’aura peut-être pas beaucoup d’influence sur la création de ces emplois, l’économiste Marc Van Audenrode a rappelé que « c’est un peu comme le coq qui croit que le soleil se lève pour l’entendre chanter ».

 

P.-S.  Jean-Martin Aussant et ses militants particulièrement enthousiastes m’en voudront de les reléguer au post-scriptum.  Si ce n’est qu’il faut reconnaître que le chef d’Option nationale a raison d’évoquer l’exploit qu’il a accompli en présentant des candidats dans toutes les circonscriptions (sauf Gouin). Il est rare qu’un parti si jeune parvienne à rallier 124 personnes à s’engager en politique. Bon, il y a eu le Parti de la loi naturelle, mais franchement ça n’a rien à voir. Et aussi François Legault, plus expérimenté, et qui ne trouve pas ça drôle tous les jours. Ce talent de conviction, le chef d’Option nationale l’exerce avec un succès impressionnant, particulièrement auprès des jeunes. Il y a probablement de bonnes raisons à cela.

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Québec 2012 – Jour 1, le thème

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 publié le 2 août 2012 à 6 h 39

C’était frappant lors de la conférence de presse de Jean Charest mercredi midi à l’aéroport de Québec. Ça crevait les tympans à l’occasion de son premier rassemblement en soirée dans Taschereau, la circonscription que Clément Gignac tentera de ravir à la péquiste Agnès Maltais.

Jean Charest n’en a que pour la crise étudiante.

Dans sa première intervention – il s’adressait en direct à la télévision à un large public –, il a consacré un bon moment à l’économie et au Plan Nord.

En soirée, devant des partisans libéraux à Québec, il s’est contenté de quelques mots pour parler d’économie, de Plan Nord et des impacts d’un éventuel référendum. Pour le reste, Jean Charest consacre toute son énergie à évoquer sa perception de la crise étudiante qui, selon lui, visait en réalité à ébranler les institutions démocratiques, dont l’Assemblée nationale et les tribunaux.

À écouter Jean Charest, les Québécois l’ont échappé belle. Et pour la rentrée à venir dans les cégeps et les universités, il se contente d’affirmer, avec autorité, qu’il n’y a aucune raison pour que ça ne se déroule pas dans l’ordre.  Une manière pour le premier ministre sortant de placer sa mise sur les événements qui s’annoncent dans les prochaines semaines.

Pourquoi Jean Charest insiste-t-il avec autant de vigueur sur la crise étudiante?

Parce que, selon les sondages, c’est la seule question grâce à laquelle il peut espérer rallier les votes des Québécois francophones dont il a tant besoin. Le Plan Nord ne suscite pas tout l’intérêt que Jean Charest souhaiterait, mais il lui est utile pour démontrer que le Parti libéral a en main un projet économique pour le développement à long terme du Québec. Il sera intéressant de voir dans quelle mesure il tentera d’expliquer sa vision concrète de ce plan de développement.

Néanmoins, pour l’heure, ce n’est manifestement pas la priorité politique qu’il entend mettre de l’avant.

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Un virage

Lorsque François Legault a lancé son mouvement en février 2011, il a attiré l’attention et gagné l’adhésion d’une part appréciable de l’électorat non francophone, jusqu’à 20 % d’entre eux.

Mais, obnubilé par la conquête de l’électorat francophone majoritaire, François Legault a envoyé le signal de son indifférence aux anglophones et aux allophones. Ceux-ci en ont tiré leurs conclusions. Le désenchantement a entraîné le désistement, et les intentions de vote des non-francophones pour François Legault ont chuté autour de 5 % depuis plusieurs mois.

Désormais, François Legault a besoin de tous les votes. Et en fin de semaine, à son congrès de fondation, la Coalition avenir Québec a pris soin d’envoyer un tout autre message à la communauté anglophone et aux allophones.

Le flirt

Oui, la Coalition a adopté une résolution qui abolit les écoles passerelles, comme s’y était engagé François Legault. Or, un gouvernement de la Coalition n’utilisera pas la clause dérogatoire pour y parvenir. La manœuvre prend dès lors un caractère moins radical et, sans doute, plus aléatoire.

Les autres résolutions de la CAQ sur la place du français au Québec sont peu contraignantes, n’ont rien de coercitif, alors que la CAQ a fait du français et de la culture, une de ses priorités fondamentales.

Oui, la Coalition prévoit l’abolition des commissions scolaires, dont les commissions scolaires anglophones, pour les transformer en centres régionaux de service.

Néanmoins, au bénéfice des médias anglophones, la CAQ avait sous la main un parfait militant anglophone qui a soutenu que l’abolition des commissions scolaires n’enfreindrait pas la Charte des droits, car, de toute façon, ce sont des anglophones qui vont continuer à administrer les écoles anglophones. La Coalition tente, au moins, de donner l’impression qu’elle est attentive au sort de la communauté.

D’ailleurs, François Legault, dans son discours de clôture du congrès, paraît déjà avoir déniché son slogan de campagne en anglais : un très efficace « We care », qui rejoint directement le nouvel objectif que s’est fixé la Coalition, celui de rassurer la communauté anglophone et les allophones.

Cette opération charme entreprise par la Coalition est-elle vouée à l’échec?  La Coalition parviendra-t-elle à effacer la première impression très négative qu’elle a faite auprès des anglophones et des allophones?

Une communauté captive

La Coalition semble avoir pris note d’un des phénomènes des élections du 2 mai :  l’électorat non francophone est capable d’infidélité et semble prêt à écouter un parti qui se fait discret sur les questions de langue et qui ne parle pas de souveraineté. Et à l’exception des écoles passerelles et du problème des commissions scolaires, le nouveau programme de la Coalition s’inscrit assez bien dans ces paramètres.

En se tournant vers les anglophones et les allophones, la Coalition s’attaque à une clientèle exclusive au Parti libéral. Le défi du parti de François Legault à cet égard est double : gagner l’adhésion d’une proportion suffisante des non-francophones pour parvenir à fissurer la mainmise du Parti libéral et procéder à ce rapprochement sans pour autant s’aliéner les francophones.

François Legault 2.0

Ce qui a davantage sauté aux yeux pendant ce congrès, c’est que François Legault n’est plus tout à fait le même. C’est un François Legault « amélioré » qui s’est présenté samedi devant des centaines de militants attentifs, mais peu rompus aux débats politiques.

Le chef de la Coalition s’est exprimé avec une aisance qu’on ne lui a pas toujours connue. Il a pris le temps de présenter son texte, il le maîtrisait bien et il a su moduler le rythme et le ton de sa voix. Son allocution a été précédée par une présentation vidéo qui mettait en relief la personnalité et la famille du chef de la CAQ, sans doute pour montrer de quoi l’homme est fait et que, malgré l’absence de candidatures de prestige pour l’entourer, il n’est pas seul pour mener son combat.

Au point de presse à la fin de son congrès, il a répondu avec davantage d’assurance et de façon plus structurée aux questions des journalistes, dont celles de mes collègues anglophones.

Et, là encore, le François Legault 2.0 a frappé de nouveau. L’anglais de François Legault a fait des progrès évidents. Le chef de la Coalition ne cherchait plus ses mots, le vocabulaire était plus juste, plus précis et ses réponses étaient émaillées de « clips », ces fameux extraits d’environ 10 secondes destinés à une consommation médiatique. François Legault est parvenu à « dérouiller » son anglais et il est tentant d’y voir un autre signe de l’intérêt de la Coalition pour la communauté anglophone et les allophones.

Le chef fondateur

François Legault est devenu officiellement le chef fondateur de la Coalition avenir Québec, sans même la tenue d’un vote de confirmation ou d’un quelconque vote de confiance. Néanmoins, l’emprise qu’il exerce sur son parti ne fait aucun doute, même si plusieurs anciens de l’Action démocratique du Québec se situent davantage à droite du spectre idéologique.

François Legault se définit désormais comme un nationaliste (il a abandonné l’étiquette « autonomiste » qui était celle de l’ADQ). Huit fois, dans son discours de clôture, François Legault a prononcé l’expression « maîtres chez nous ». À cet égard, François Legault n’est pas en porte-à-faux avec ses membres, qui semblent prêts à l’accompagner dans son délicat jeu d’équilibriste sur la question nationale.

La culture du chef et du leadership fort est déjà bien implantée dans les gènes de cette Coalition avenir Québec qui a pris son envol en fin de semaine. François Legault n’a pas à craindre les contestations internes. Non, maintenant qu’il a un programme et des militants, ce qui lui manque, désormais, ce sont des têtes d’affiche disposées à courir le risque de monter à bord pour participer à cette aventure.

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