Billets classés sous la catégorie « Élections Québec »


Québec 2012 Jour 17 – L’affrontement

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 publié le 18 août 2012 à 18 h 18

Jean Charest se trompe probablement lorsqu’il affirme qu’il sera la cible de toutes les attaques lors des débats télévisés. Bien sûr, il ne sera pas épargné. Face à un bilan de neuf ans, un vaste choix de sujets s’offre à ses adversaires et ceux-ci ne rateront pas l’occasion. Le rôle de Jean Charest, dans la perspective de ses adversaires, est celui d’un tremplin vers le pouvoir. À pieds joints, ils sauteront sur ce « tremplin » dans l’espoir de prendre un peu d’altitude avant le plongeon du 4 septembre.

Le chef libéral misera sur l’économie et dans une moindre mesure, sur la stabilité, en référence au conflit étudiant, mais aussi à la tenue d’un référendum sur la souveraineté. Sur le plan stratégique, il y a une petite incertitude : aura-t-il l’attitude d’un premier ministre sortant qui se place au-dessus de la mêlée ou descendra-t-il dans l’arène pour attaquer directement ses adversaires? Un peu des deux, sans doute. Néanmoins, si on se fie aux publicités libérales et aux récentes déclarations du chef, Jean Charest sera en mode offensif et multipliera les contre-attaques.

François Legault sera confronté pendant ces débats au même dilemme avec lequel il a dû conjuguer durant la campagne. Il doit montrer qu’il propose un véritable changement. En contrepartie, ce changement ne doit pas apparaître trop douloureux et exiger trop de sacrifices. Les perturbations engendrées par les bouleversements qu’il propose et le coût de ses engagements électoraux seront son talon d’Achille. Sa force sera l’effet de nouveauté.

Françoise David, c’est le côté blé entier de Québec solidaire, et c’est pour ça que le parti l’a choisi, plutôt qu’Amir Khadir, pour participer à ce débat. Mme David est là pour se montrer rassurante et pour expliquer le plus simplement possible son programme à des électeurs qui le connaissent peu. Ce débat est une occasion en or pour Québec solidaire et pour sa coporte-parole qui mène une bataille acharnée dans Gouin pour vaincre le péquiste Nicolas Girard.

Pauline Marois doit faire la preuve qu’elle a la trempe pour devenir première ministre. C’est son principal défi. Pour le reste, elle jouera de prudence et tentera d’esquiver les attaques sur la tenue d’un référendum sur la souveraineté. Elle doit aussi s’assurer d’avoir le ton juste et d’employer le vocabulaire approprié sur les délicates questions identitaires. Le Parti québécois est en tête selon les sondages, donc c’est probablement Pauline Marois qui sera la cible des principales attaques. Quoique Jean Charest ne négligera pas François Legault qui paraît faire des gains au détriment du PLQ.

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Québec 2012 Jour 7 (2) – La promesse

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 publié le 8 août 2012 à 7 h 22

Un parti qui s’engage à réduire les impôts, c’est un classique. Il est même étonnant que cet engagement n’apparaisse qu’au septième jour de la campagne électorale.

François Legault veut exempter les personnes qui ont des revenus de moins de 50 000 $ de l’impôt santé de 200 $ par année par personne. Une seconde mesure, des réductions d’impôt de 300 $ par personne, profiterait à ceux qui ont suffisamment de revenus pour payer de l’impôt.

En réalité, les électeurs comprennent qu’un politicien qui promet de réduire les impôts franchit une sorte de frontière, entre le possible et l’impossible, entre le rêve et la damnée réalité.

Les électeurs savent qu’une réduction d’impôt ne vient pas seule. Ils sont conscients que les services publics subiraient les effets de cette ponction dans les revenus.  Ils ignorent toutefois dans quelle mesure les services publics seraient touchés, mais ils réalisent que les syndicats et d’autres groupes s’opposeraient à cette approche.

Et ils doutent. Ils doutent de la promesse et de celui qui l’a formulé, car s’engager à réduire les impôts, c’est la promesse ultime, c’est l’arme atomique de la promesse électorale.  Elle ne doit pas être manipulée par des apprentis sorciers.

Est-ce que François Legault a raison de promettre ces réductions d’impôt?

J’ai hâte de vous lire.

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Québec 2012 Jour 7 – Le colistier

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 publié le 7 août 2012 à 9 h 05

L’émoi entourant la candidature de Jacques Duchesneau pour la Coalition avenir Québec a été particulièrement perceptible au sein des autres partis politiques.

Le Parti québécois a tenu un rassemblement dimanche à Montréal qui réunissait la plupart de ses candidats, dont Jean-François Lisée. Ce dernier a confirmé qu’il sera de la course dans Rosemont. Pauline Marois a prononcé un long discours pour présenter les grands principes de son programme. Ça s’est révélé être un coup d’épée dans l’eau. Pire, ce que l’on a surtout retenu de la journée de Pauline Marois, c’est son refus de commenter la candidature de l’ancien chef de police de Montréal.

Le PQ a voulu reprendre l’initiative lundi en tentant d’associer le gouvernement Charest à la Fondation Frank Catania. Les députés Drainville, Girard et St-Arnaud ont soutenu qu’ils venaient d’obtenir des compléments d’information qui justifiaient la tenue de cette conférence de presse. Pourtant, les trois députés n’avaient pas tous les documents en main lorsqu’ils ont rencontré les journalistes et, en outre, ils leur manquaient des éléments d’information importants.

Jean Charest, lui, a d’abord lancé une contre-offensive directe avec celui que François Legault a présenté comme l’Eliot Ness du Québec. C’était une stratégie risquée, qui a sans doute été retenue parce que c’était la dernière qui s’offrait au chef libéral. 

Lundi, M. Charest a profité du faux pas de Jacques Duchesneau, qui voulait procéder lui-même à la nomination de certains ministres, pour changer de cible et s’en prendre à François Legault. Cela paraît plus avisé. Néanmoins, le Parti libéral voit l’insubmersible dossier de l’intégrité, qui revient sans cesse à la surface, faire échec à son plan de match.

Dans une course à trois pour le pouvoir, Québec solidaire, Option nationale et le Parti vert pourraient bien, pour leur part, devoir se contenter de miettes.

Il est difficile d’imaginer l’impact d’une telle nouvelle dans les officines des partis politiques. Depuis vendredi, on y récite des prières et des incantations (et des lignes de presse) dans l’espoir que l’effet Duchesneau s’évapore aussi vite qu’il est apparu.

La déclaration de M. Duchesneau, lundi matin, est une bourde qui n’aura peut-être pas beaucoup de conséquences. Par contre, elle est très révélatrice, car elle donne des indications sur ce que François Legault a pu promettre à Jacques Duchesneau pour l’attirer dans sa coalition.

Force est de constater que Jacques Duchesneau a acquis en réalité le statut d’un candidat à la vice-présidence, à l’américaine. La CAQ, c’est désormais un tandem, c’est le « ticket » Legault-Duchesneau, pour le meilleur et pour le pire. Bien que cela diffère des traditions politiques québécoises,  ça pourrait bien être profitable à ce nouveau parti qui cherche à surfer sur la vague du changement, pourvu que Jacques Duchesneau se rappelle qu’il n’est que le numéro deux.

Ainsi, les colistiers devront faire preuve de cohésion. C’est l’un des facteurs qui influeront sur la durée de l’effet Duchesneau. Les deux hommes sont condamnés à se mettre au diapason, peu de fausses notes seront admises.

François Legault et Jacques Duchesneau auront tout de même un peu de temps pour trouver le ton juste. Le temps que les autres formations politiques, franchement déstabilisées, réajustent le tir.

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Québec 2012 Jour 3 – L’équipe

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 publié le 3 août 2012 à 19 h 46

On ne peut négliger l’importance des hommes et des femmes qui portent le message politique, surtout auprès des citoyens qui n’ont pas d’attache idéologique à un parti. La renommée, la réputation d’un candidat peuvent avoir une influence importante auprès de ces électeurs dont un parti a besoin pour remporter des élections.

Ainsi, la candidature de Jacques Duchesneau peut se révéler un tournant de cette campagne électorale. Ce ne sera probablement pas suffisant pour créer une vague. Mais s’il y avait une vague, elle porterait probablement la Coalition avenir Québec. Plusieurs facteurs plaident en ce sens. Et désormais, une chose est certaine, ces élections opposent trois principaux partis.

Néanmoins, la pente demeure bien raide pour François Legault. Son style un peu gauche, fait de candeur et de rigidité, ne séduit pas de prime abord. Ce handicap n’est pas insurmontable.

D’autant que le chef de la Coalition paraît avoir réussi l’improbable. Malgré des sondages peu favorables, il est parvenu à mettre sur pied une équipe qui affiche une certaine crédibilité, particulièrement avec Jacques Duchesneau. Une candidature aussi surprenante et inattendue que prestigieuse et crédible.

De surcroît, l’homme a été un acteur du principal dossier qui a accablé le gouvernement Charest tout au long de ce mandat, la collusion et la corruption dans l’octroi et la gestion des contrats publics, provinciaux et municipaux. Avouons-le, ça met du piment dans une campagne qui n’en manquait pas.

L’ancien patron de l’Unité anticollusion, qui sait apprécier les feux de la rampe, devra tout de même se méfier de son franc-parler, tout comme le Dr Gaétan Barrette devra surveiller son ton et ses métaphores. Dans le monde politique, il y a des risques à employer un langage très direct.

En revanche, si la Coalition avenir Québec veut parvenir à incarner un changement crédible auprès des Québécois, ses candidats doivent aussi faire preuve d’audace. À cet égard, la CAQ est toujours à la recherche de son équilibre.

 

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Québec 2012 Jour 2 – L’initiative

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 publié le 3 août 2012 à 7 h 37

Pour François Legault et Pauline Marois, cette deuxième journée était importante. Stratégiquement, ils devaient reprendre l’initiative.

Le premier jour, le jour du déclenchement de la campagne électorale, est acquis au premier ministre sortant et Jean Charest n’aura pas échappé à l’occasion.  Il s’est montré particulièrement combatif (trop?), presque autoritaire. En vertu de l’implacable et inévitable calcul politique qui prévaut en de pareils moments, le chef libéral a jugé que c’était nécessaire pour imposer son enjeu-clé de ces élections, la crise étudiante.

En guise de réplique, les chefs du PQ et de la CAQ ont mis toute la gomme vendredi.

Pauline Marois a présenté un processus et surtout une politique claire sur les droits de scolarité. C’est nouveau.

Il y aura un sommet sur les universités dans les 100 jours et s’il y a hausse, elle ne dépassera pas l’indexation. Les Québécois, en effet, savent à quoi s’en tenir désormais, mais Pauline Marois paraissait un peu trop en réaction, sur la défensive quoi, sur cette question. La présence de Léo Bureau-Blouin l’a toutefois bien servie, de même que sa promenade dans un parc de Montréal qui avait valeur de symbole.

Le coalisé (pardonnez-moi, je ne déteste pas l’expression, je suis bien le seul) François Legault a profité de la candidature intéressante de Maud Cohen, ancienne présidente de l’ordre des ingénieurs qui a refusé de fermer les yeux sur les problèmes qui affligent sa profession, pour faire des propositions pour endiguer la corruption et la collusion.

Une conférence de presse presque parfaite, si ce n’est qu’elle s’est déroulée aux abords d’un boulevard urbain (face au palais de justice de Québec) et que ça prenait des oreilles de journaliste pour entendre ce que disaient les Legault, Cohen et Sylvie Roy. On a eu droit aux pétarades d’un camion, d’un bolide et d’une moto et à un coup de klaxon.

La veille, à l’aéroport de Québec, Jean Charest s’en était quand même mieux tiré avec le bruit des avions. La chaleur était certainement bien plus redoutable.

Le chef libéral n’a pas voulu pour autant céder sa place aujourd’hui. Il lui fallait garder l’initiative. Ce qu’il a probablement réussi en promettant la création de 250 000 emplois et le plein emploi (chômage à 6 %) d’ici cinq ans.

Un engagement qui paraît ambitieux.  Quoique pour illustrer que le prochain gouvernement n’aura peut-être pas beaucoup d’influence sur la création de ces emplois, l’économiste Marc Van Audenrode a rappelé que « c’est un peu comme le coq qui croit que le soleil se lève pour l’entendre chanter ».

 

P.-S.  Jean-Martin Aussant et ses militants particulièrement enthousiastes m’en voudront de les reléguer au post-scriptum.  Si ce n’est qu’il faut reconnaître que le chef d’Option nationale a raison d’évoquer l’exploit qu’il a accompli en présentant des candidats dans toutes les circonscriptions (sauf Gouin). Il est rare qu’un parti si jeune parvienne à rallier 124 personnes à s’engager en politique. Bon, il y a eu le Parti de la loi naturelle, mais franchement ça n’a rien à voir. Et aussi François Legault, plus expérimenté, et qui ne trouve pas ça drôle tous les jours. Ce talent de conviction, le chef d’Option nationale l’exerce avec un succès impressionnant, particulièrement auprès des jeunes. Il y a probablement de bonnes raisons à cela.

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Québec 2012 – Jour 1, le thème

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 publié le 2 août 2012 à 6 h 39

C’était frappant lors de la conférence de presse de Jean Charest mercredi midi à l’aéroport de Québec. Ça crevait les tympans à l’occasion de son premier rassemblement en soirée dans Taschereau, la circonscription que Clément Gignac tentera de ravir à la péquiste Agnès Maltais.

Jean Charest n’en a que pour la crise étudiante.

Dans sa première intervention – il s’adressait en direct à la télévision à un large public –, il a consacré un bon moment à l’économie et au Plan Nord.

En soirée, devant des partisans libéraux à Québec, il s’est contenté de quelques mots pour parler d’économie, de Plan Nord et des impacts d’un éventuel référendum. Pour le reste, Jean Charest consacre toute son énergie à évoquer sa perception de la crise étudiante qui, selon lui, visait en réalité à ébranler les institutions démocratiques, dont l’Assemblée nationale et les tribunaux.

À écouter Jean Charest, les Québécois l’ont échappé belle. Et pour la rentrée à venir dans les cégeps et les universités, il se contente d’affirmer, avec autorité, qu’il n’y a aucune raison pour que ça ne se déroule pas dans l’ordre.  Une manière pour le premier ministre sortant de placer sa mise sur les événements qui s’annoncent dans les prochaines semaines.

Pourquoi Jean Charest insiste-t-il avec autant de vigueur sur la crise étudiante?

Parce que, selon les sondages, c’est la seule question grâce à laquelle il peut espérer rallier les votes des Québécois francophones dont il a tant besoin. Le Plan Nord ne suscite pas tout l’intérêt que Jean Charest souhaiterait, mais il lui est utile pour démontrer que le Parti libéral a en main un projet économique pour le développement à long terme du Québec. Il sera intéressant de voir dans quelle mesure il tentera d’expliquer sa vision concrète de ce plan de développement.

Néanmoins, pour l’heure, ce n’est manifestement pas la priorité politique qu’il entend mettre de l’avant.

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Un virage

Lorsque François Legault a lancé son mouvement en février 2011, il a attiré l’attention et gagné l’adhésion d’une part appréciable de l’électorat non francophone, jusqu’à 20 % d’entre eux.

Mais, obnubilé par la conquête de l’électorat francophone majoritaire, François Legault a envoyé le signal de son indifférence aux anglophones et aux allophones. Ceux-ci en ont tiré leurs conclusions. Le désenchantement a entraîné le désistement, et les intentions de vote des non-francophones pour François Legault ont chuté autour de 5 % depuis plusieurs mois.

Désormais, François Legault a besoin de tous les votes. Et en fin de semaine, à son congrès de fondation, la Coalition avenir Québec a pris soin d’envoyer un tout autre message à la communauté anglophone et aux allophones.

Le flirt

Oui, la Coalition a adopté une résolution qui abolit les écoles passerelles, comme s’y était engagé François Legault. Or, un gouvernement de la Coalition n’utilisera pas la clause dérogatoire pour y parvenir. La manœuvre prend dès lors un caractère moins radical et, sans doute, plus aléatoire.

Les autres résolutions de la CAQ sur la place du français au Québec sont peu contraignantes, n’ont rien de coercitif, alors que la CAQ a fait du français et de la culture, une de ses priorités fondamentales.

Oui, la Coalition prévoit l’abolition des commissions scolaires, dont les commissions scolaires anglophones, pour les transformer en centres régionaux de service.

Néanmoins, au bénéfice des médias anglophones, la CAQ avait sous la main un parfait militant anglophone qui a soutenu que l’abolition des commissions scolaires n’enfreindrait pas la Charte des droits, car, de toute façon, ce sont des anglophones qui vont continuer à administrer les écoles anglophones. La Coalition tente, au moins, de donner l’impression qu’elle est attentive au sort de la communauté.

D’ailleurs, François Legault, dans son discours de clôture du congrès, paraît déjà avoir déniché son slogan de campagne en anglais : un très efficace « We care », qui rejoint directement le nouvel objectif que s’est fixé la Coalition, celui de rassurer la communauté anglophone et les allophones.

Cette opération charme entreprise par la Coalition est-elle vouée à l’échec?  La Coalition parviendra-t-elle à effacer la première impression très négative qu’elle a faite auprès des anglophones et des allophones?

Une communauté captive

La Coalition semble avoir pris note d’un des phénomènes des élections du 2 mai :  l’électorat non francophone est capable d’infidélité et semble prêt à écouter un parti qui se fait discret sur les questions de langue et qui ne parle pas de souveraineté. Et à l’exception des écoles passerelles et du problème des commissions scolaires, le nouveau programme de la Coalition s’inscrit assez bien dans ces paramètres.

En se tournant vers les anglophones et les allophones, la Coalition s’attaque à une clientèle exclusive au Parti libéral. Le défi du parti de François Legault à cet égard est double : gagner l’adhésion d’une proportion suffisante des non-francophones pour parvenir à fissurer la mainmise du Parti libéral et procéder à ce rapprochement sans pour autant s’aliéner les francophones.

François Legault 2.0

Ce qui a davantage sauté aux yeux pendant ce congrès, c’est que François Legault n’est plus tout à fait le même. C’est un François Legault « amélioré » qui s’est présenté samedi devant des centaines de militants attentifs, mais peu rompus aux débats politiques.

Le chef de la Coalition s’est exprimé avec une aisance qu’on ne lui a pas toujours connue. Il a pris le temps de présenter son texte, il le maîtrisait bien et il a su moduler le rythme et le ton de sa voix. Son allocution a été précédée par une présentation vidéo qui mettait en relief la personnalité et la famille du chef de la CAQ, sans doute pour montrer de quoi l’homme est fait et que, malgré l’absence de candidatures de prestige pour l’entourer, il n’est pas seul pour mener son combat.

Au point de presse à la fin de son congrès, il a répondu avec davantage d’assurance et de façon plus structurée aux questions des journalistes, dont celles de mes collègues anglophones.

Et, là encore, le François Legault 2.0 a frappé de nouveau. L’anglais de François Legault a fait des progrès évidents. Le chef de la Coalition ne cherchait plus ses mots, le vocabulaire était plus juste, plus précis et ses réponses étaient émaillées de « clips », ces fameux extraits d’environ 10 secondes destinés à une consommation médiatique. François Legault est parvenu à « dérouiller » son anglais et il est tentant d’y voir un autre signe de l’intérêt de la Coalition pour la communauté anglophone et les allophones.

Le chef fondateur

François Legault est devenu officiellement le chef fondateur de la Coalition avenir Québec, sans même la tenue d’un vote de confirmation ou d’un quelconque vote de confiance. Néanmoins, l’emprise qu’il exerce sur son parti ne fait aucun doute, même si plusieurs anciens de l’Action démocratique du Québec se situent davantage à droite du spectre idéologique.

François Legault se définit désormais comme un nationaliste (il a abandonné l’étiquette « autonomiste » qui était celle de l’ADQ). Huit fois, dans son discours de clôture, François Legault a prononcé l’expression « maîtres chez nous ». À cet égard, François Legault n’est pas en porte-à-faux avec ses membres, qui semblent prêts à l’accompagner dans son délicat jeu d’équilibriste sur la question nationale.

La culture du chef et du leadership fort est déjà bien implantée dans les gènes de cette Coalition avenir Québec qui a pris son envol en fin de semaine. François Legault n’a pas à craindre les contestations internes. Non, maintenant qu’il a un programme et des militants, ce qui lui manque, désormais, ce sont des têtes d’affiche disposées à courir le risque de monter à bord pour participer à cette aventure.

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Fièvre électorale

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 publié le 13 février 2012 à 15 h 54

« Il n’y aura pas d’élections déclenchées avant le 20 ou le 21 avril », disait Jean Charest vendredi dernier.

Si vous êtes sarcastiques et que vous avez de la mémoire, vous pouvez ajouter que c’est le même Jean Charest qui disait qu’il n’y aurait pas d’élections en 2008 à cause du 400e anniversaire de la ville de Québec. On connaît la suite, M. Charest a provoqué des élections et les a gagnées le 8 décembre 2008.

Nous n’oublions pas, mais nous n’avons d’autre choix que de le croire sur parole cette fois-ci encore.

Il faut dire que les 20 et 21 avril, le gouvernement tiendra un important forum sur le Plan Nord. Ce forum pourrait bien servir de tremplin pour déclencher ces fameuses élections.

M. Charest donne l’impression d’être comme un porteur de ballon au football. Il demande à ses coéquipiers d’être prêts et dès qu’il verra une brèche à la ligne de mêlée, il voudra s’y enfoncer. Mais pour ne pas se faire plaquer ou perdre le ballon, il faudra que sa popularité remonte chez les francophones et que la CAQ continue de baisser dans les sondages. Il a beau ne jamais vouloir les commenter, ces sondages, il les lit attentivement.

En 2003 et en 2008, le chef libéral a marqué un touché. En 2007, il a été arrêté à la porte des buts. Les libéraux pensent qu’une fois le match commencé, Jean Charest est le meilleur porteur de ballon. Alors, pas besoin d’être en avance dans les sondages pour déclencher des élections, il suffit d’être assez près des adversaires pour les dépasser en pleine campagne, avec le meilleur « campaigner ». C’est ce que pensent plusieurs libéraux. C’est probablement aussi ce que pense Jean Charest.

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Politique québécoise Prévisions 2012

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 publié le 1 janvier 2012 à 11 h 40

JEAN CHAREST

Si la logique prévaut, le premier ministre annoncera qu’il quitte la vie politique d’ici la mi-février. Du prochain scrutin, Jean Charest ne peut pas tirer d’avantages clairs. Au mieux, une victoire marquée par des pertes sérieuses, pour remporter la direction d’un fragile gouvernement minoritaire.

Puisque la logique ne prévaut pas toujours, Jean Charest pourrait décider de persévérer… auquel cas, il risque d’être contraint de tenir des élections d’ici l’été. Le calendrier politique n’appartient plus tout à fait au premier ministre, il est miné par la commission Charbonneau.

Si Jean Charest quittait ses fonctions, il bouleverserait les échéances politiques.  Le Parti libéral devrait lancer une quête pour dénicher un nouveau chef et le prochain premier ministre. La personne choisie entreprendrait ensuite un dangereux périple, parsemé d’obstacles.
 

PAULINE MAROIS

La chef du Parti québécois ne paraît plus être en péril. Son caucus s’est apaisé et en l’absence de toute relève immédiate (Gilles Duceppe n’est manifestement pas prêt pour un retour en politique), les délégués du Conseil national devraient confirmer son leadership ou, à tout le moins, ne pas le contester.

Il y a désormais une certaine urgence électorale et, fin janvier, le Parti québécois n’aura d’autre choix que de miser sur le commandement actuel.

Pauline Marois n’est peut-être plus menacée, mais elle est blessée et affaiblie.

Quoique, parfois, ce qui ne tue pas rend plus fort.

Le puissant taux d’insatisfaction contre le gouvernement Charest permet au PQ d’espérer qu’il pourra se tirer d’affaire, advenant une baisse d’intérêt pour François Legault.

 

 FRANÇOIS LEGAULT

L’année 2011 s’est déroulée à merveille, ou presque, pour François Legault.  D’autant que la création d’un parti est un exercice périlleux et complexe.

2012 sera encore plus exigeante pour celui que les sondages consacrent premier ministre.  La mise sur pied d’une équipe de candidats, l’élaboration du programme électoral, la tenue d’un congrès et la coordination avec l’aile parlementaire comptent parmi les problèmes déjà visibles.

La préparation pour une éventuelle prise de pouvoir pourrait même apparaître sur la liste de tâches de François Legault.

Néanmoins, l’épreuve des faits sera très rude, il n’y a aucun doute. D’autant que François Legault n’est pas toujours le plus dégourdi en ces circonstances.

Le principal avantage de François Legault, c’est qu’il effectue un retour à un moment propice sur la scène politique et qu’il possède, en prime, un certain flair pour jauger l’état d’esprit des Québécois.

C’est la coupe que François Legault veut décrocher – il réclame un gouvernement majoritaire – et, pour le moment, les Québécois paraissent intéresser à la lui offrir.

 

 ET LES AUTRES

Québec solidaire fera tout en son pouvoir pour sortir Amir Khadir de son isolement. Le parti de gauche doit prendre de l’expansion, sa crédibilité en dépend.

Louise Beaudoin ne sera pas candidate et, si la tendance se maintient, Lisette Lapointe sera candidate pour plusieurs partis.

Jean-Martin Aussant a créé l’Option nationale. Ce sera probablement sa seule option.

Pierre Curzi sait qu’il est à son mieux lorsqu’il se représente lui-même, mais il sait aussi qu’il peut difficilement espérer une victoire à titre d’indépendant.

Gérard Deltell va officier aux funérailles de l’Action démocratique du Québec et diriger l’aile parlementaire de choc de la Coalition avenir Québec.  Dans les deux cas, ce seront des rôles de composition.

 

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Pauline Marois : terre en vue

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 publié le 18 décembre 2011 à 18 h 29

Pauline Marois a enfin la tête hors de l’eau, une première bouffée d’air en six mois.

Une fois la tête hors de l’eau, la rive n’est plus tout à fait hors d’atteinte.

Et Pauline Marois a montré qu’elle sait nager, qu’elle a du souffle.

 Les déchirements de son caucus ont donné lieu à d’incroyables péripéties. Les critiques sont venues de toutes parts et ont frappé sur tous les fronts. Pauline Marois n’a été épargnée de rien. Le fond, la forme, la performance dans les sondages, tout a été scruté, examiné, ausculté et presque tout a été retenu contre elle, avec raison la plupart du temps.

 Or, depuis le congrès à la direction du Bloc québécois, dimanche dernier, Pauline Marois peut enfin véritablement respirer. Et la victoire de Daniel Paillé n’y est pour rien.

Non, ce qui a fait la différence pour Pauline Marois, c’est le discours de Gilles Duceppe.

Les militants du Bloc ont pu voir que leur ancien chef n’était ni prêt ni intéressé, à court terme, à diriger le Parti québécois. Celui qui les a quittés le 2 mai au soir a prononcé un discours frugal, centré sur les intérêts immédiats du Bloc, qui n’aura duré que quelques minutes. Gilles Duceppe étant l’un des orateurs politiques les plus doués et les plus expérimentés du Québec, les bloquistes étaient en droit d’espérer une présentation nutritive et inspirante. Ils ont été laissés sur leur faim, sans doute avec l’impression d’un rendez-vous manqué.

 Ce discours représentait une occasion inespérée pour Gilles Duceppe, six semaines avant la tenue du Conseil national du Parti québécois. Pour cette raison, d’une manière ou d’une autre, ce discours envoyait un signal et celui-ci était limpide.

 Huit mois après la défaite, M. Duceppe a montré qu’il ne l’avait pas assumée, ni digérée et encore moins comprise. Son apparente assurance avait quelque chose de factice et elle cachait mal cette fragilité qu’on a vue apparaître le soir des élections fédérales. Il est évident que Gilles Duceppe ne veut, ni ne peut remplacer Pauline Marois d’ici le prochain scrutin. À moins que Gilles Duceppe n’ait caché son jeu, ce à quoi il ne nous a pas habitués.

 Ainsi, le mois prochain, les participants au Conseil national du PQ feront face au même contexte que les délégués du congrès d’avril dernier. Une seule option sera envisageable, miser sur la continuité, garder le cap avec Pauline Marois, advienne que pourra.

Au congrès d’avril, Gilles Duceppe avait été accueilli en héros par les délégués péquistes, deux semaines avant qu’il ne subisse une débâcle. À cette époque, Gilles Duceppe n’était pas disponible. Le lendemain, Pauline Marois obtenait la confiance de 93 % des délégués.

 Au prochain Conseil national, Gilles Duceppe ne sera pas non plus disponible et les participants devront en faire le constat. D’autant que Gilles Duceppe était un « tout inclus », qui aurait été opérationnel après une courte période d’adaptation pour affronter Jean Charest et François Legault. Un oiseau rare.

Alors, si Gilles Duceppe ne manifeste pas davantage d’intérêt d’ici le conseil national, les militants péquistes devront se rendre à l’évidence et assurer leur soutien à Pauline Marois, dans une posture qui pourrait prendre des airs d’unanimité. Les délégués reconnaîtront aussi que Pauline Marois paraît avoir eu le dessus, à l’usure, sur son aile parlementaire tourmentée et dorénavant effilochée.

 Sans Gilles Duceppe, Pauline Marois est la seule qui peut désormais diriger les destinées du PQ aux prochaines élections. Il n’existe plus d’option populaire à Pauline Marois.

Les sondages demeurent mauvais pour le PQ et il est bien possible que Pauline Marois ne sera jamais en mesure de les faire bouger en sa faveur. Néanmoins, le prochain scrutin se déroulera dans un contexte qui rend ses résultats imprévisibles. C’est sur cette imprévisibilité que les délégués du Conseil national du PQ seront invités à fonder leurs espoirs. C’est un argument que Pauline Marois et son équipe évoquent, en rappelant sur un ton nostalgique les sondages du printemps dernier qui donnait 40 % au PQ… sans François Legault.

Un temps révolu. François Legault existe.

Néanmoins, grâce à l’apparent forfait de Gilles Duceppe, Pauline Marois a la tête enfin sortie de l’eau et peut apercevoir une rive au loin.

Terre en vue, donc. Ne serait-ce qu’une île déserte.

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