Billets classés sous la catégorie « Élections fédérales »


Un recul peut être honorable M. Harper

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 publié le 20 janvier 2015 à 11 h 35

Le report du dépôt du budget par le ministre Joe Oliver lui permettra d’avoir toutes les informations nécessaires à la prise de décisions cruciales en ces temps de volatilité économique, due à la chute brutale des prix pétroliers.

Encore ce matin, le Conference Board, un des organismes consultés par M. Oliver pour établir sa moyenne des prévisions du secteur privé, lui annonce que ses revenus devraient être amputés de 4,3 milliards de dollars l’an prochain. Bye bye surplus, ou même équilibre budgétaire, concluent d’autres prévisionnistes pour les mêmes raisons, sans s’en alarmer cependant.

Experts et commentateurs sont à peu près unanimes à admettre qu’un léger déficit une année donnée, l’an prochain dans ce cas-ci, n’a pas d’impact, même s’il est toujours souhaitable d’équilibrer les budgets. Pas d’impact important sur les finances publiques, le service de la dette ou le fameux ratio dette/PIB dans le contexte d’un budget de près de 300 millions de dollars et d’une économie de 2000 milliards de dollars.

La détermination du gouvernement Harper à éliminer le déficit l’an prochain tient essentiellement à un engagement électoral de 2011 duquel dépendaient certaines annonces qui ont déjà été faites cet automne. Les avantages fiscaux consentis à certaines familles avec le fractionnement de leurs revenus et la bonification de la Prestation universelle à la garde d’enfants vont coûter environ 4,5 milliards par an à compter de… l’an prochain! Et pas question de revenir sur ces mesures nous dit-on de tous les côtés au gouvernement.

Jason Kenney flirte avec de nouvelles compressions pour atteindre le déficit zéro à tout prix en 2015, certains prennent leurs distances au gouvernement, mais on comprend que le désaccord réside dans les moyens, pas l’objectif.

Est-il possible qu’après ce délai de trois mois, le ministre Oliver soit confronté à une situation qui amène les prévisionnistes et ses fonctionnaires à le mettre face à un déficit léger, de 1 à 4 milliards de dollars? Très possible, nous disent plusieurs analystes.

Que faire alors? Manipuler les chiffres dans le budget de façon à présenter un équilibre quitte à ce qu’il se transforme en déficit en cours d’année… mais après l’élection d’octobre? Prendre des mesures à court terme pour obtenir l’équilibre, même si certaines peuvent être nuisibles à plus long terme? Ou encore revenir sur l’engagement de 2011?

Est-ce qu’un tel recul serait si coûteux pour les conservateurs? Est-il possible de justifier le non-respect d’une promesse si c’est une bonne idée de le faire?

Les conservateurs sont en fait très bien placés pour savoir que c’est possible. C’est même le prédécesseur de M. Oliver aux Finances, Jim Flaherty, qui l’a fait avec succès. L’imposition des fiducies de revenus si chères aux retraités en 2006, ça vous dit quelque chose?

Petit rappel rapide. Dans la plateforme des conservateurs pour l’élection de janvier 2006, cette phrase :

« Le plan conservateur stoppera l’attaque des libéraux envers les économies de retraite et préservera les fiducies de revenu en ne prélevant aucun nouvel impôt. »

Ça avait le mérite d’être clair. Sauf que 10 mois plus tard, le soir de l’Halloween 2006, Jim Flaherty convoque la presse après la fermeture des marchés pour annoncer que le gouvernement Harper oublie sa promesse et va finalement imposer les fiducies de revenu comme les autres sources. Deux raisons jugées valables par beaucoup d’experts : le gouvernement ne pouvait pas renoncer aux milliards en perte de revenu et la multiplication des fiducies, notamment du côté de méga entreprises canadiennes, aurait des conséquences négatives sur les décisions d’investissement des entreprises en question.

Difficile de reculer plus que ça et, pourtant, M. Flaherty et le gouvernement Harper s’en sont très bien tirés en dépit des critiques des regroupements de retraités et de certains conseillers en placement.

En fait, deux mois plus tard, La Presse Canadienne nommait Jim Flaherty la « personnalité économique de l’année » au Canada, précisément en se basant sur cette décision!

Donc, petite tempête à prévoir, c’est évident, après le dépôt d’un budget légèrement déficitaire. Mais bon, il y a peut-être moyen de « vendre » le tout en parlant de « sagesse » et de « sens des responsabilités ». Ça aussi ça a fait partie du message économique des conservateurs, surtout depuis la crise financière de 2008-2009. Une différence évidemment, le recul de 2006 sur les fiducies de revenu survenait en tout début de mandat, alors que maintenant une élection pointe à l’horizon. Mais bon.

Catégorie: Élections fédérales, Ottawa

Mauvaise nouvelle pour Joe Oliver

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 publié le 13 janvier 2015 à 12 h 04

Le ministre canadien des Finances, Joe Oliver, en pleins préparatifs budgétaires, a entendu deux fois plutôt qu’une un message qu’il ne voulait pas entendre ce matin. Le retour à l’équilibre budgétaire n’est pas pour l’an prochain à moins que le gouvernement Harper n’annonce de nouvelles mesures pour l’atteindre.

Par nouvelles mesures, on n’entend évidemment pas des mesures populaires comme le fractionnement du revenu des familles ou encore la hausse de la prestation mensuelle pour la garde d’enfants, des mesures coûteuses annoncées cet automne et qui contribuent maintenant au maintien des finances publiques fédérales dans le rouge. On pense plutôt à de nouvelles restrictions dans les dépenses, puisqu’il n’est pas question d’aller chercher des revenus supplémentaires en impôts ou taxes pour ce gouvernement.

Vous aurez deviné que la chute des prix du pétrole vient gâcher la planification budgétaire et politique du gouvernement Harper.

Le premier message vient de deux anciens hauts fonctionnaires, qui concluent que les bonnes conditions économiques en 2014 pourraient bien générer un léger surplus pour l’année en cours qui prend fin le 31 mars, contrairement à ce que soutiennent toujours MM. Harper et Oliver. Ces derniers ne prévoient un retour à l’encre noire au bas des prévisions que l’an prochain.

Les deux experts contredisent aussi les deux politiciens là-dessus puisque, malgré une croissance économique réelle de 2,5 % en 2015, la croissance nominale attendue de 3,7 % qui établit l’assiette fiscale du ministère des Finances ne sera pas au rendez-vous. Donc, des revenus bien en deçà des attentes et toujours un déficit, contrairement aux prévisions, et surtout aux espoirs, des conservateurs .

Tout ça, disent-ils, même si la baisse des prix du pétrole a des effets bénéfiques sur d’autres secteurs économiques dans certaines régions du pays, on pense évidemment aux provinces centrales avec leurs industries manufacturières.

Le deuxième vient de la Banque TD dont le patron du service de recherche, Craig Alexander, fait partie de la douzaine d’économistes qui rencontrent le ministre depuis des années pour l’aider à établir ce qu’on appelle, aux Finances, la « moyenne des prévisions du secteur privé ». C’est cette moyenne qui sert ensuite de base aux calculs des gens des Finances pour prévoir les revenus et les dépenses de l’État fédéral… et son bilan par le fait même, surplus, déficit, équilibre?

Donc, je vous épargne le gros des chiffres, mais la TD a développé un modèle de prévisions des finances fédérales dans lequel elle a introduit des prévisions d’évolution des prix du pétrole pour les prochaines années.

Au lieu d’un surplus de 1,9 milliard de dollars l’an prochain, l’année cible des conservateurs et année électorale, la TD en arrive maintenant à un léger déficit de 2,3 milliards de dollars et un autre de moins de un milliard l’année suivante. Report de deux ans donc de cet équilibre budgétaire tant recherché.

Plusieurs implications politiques à tout ça, pour le gouvernement Harper au premier chef. Comment présenter ça dans le prochain budget Oliver et miser là-dessus pour faire campagne en se présentant comme seul garant d’une économie et de finances publiques saines? Tout le capital de crédibilité économique du gouvernement Harper a été mis là-dessus. Pas sur une baisse à un certain niveau du taux de chômage, l’atteinte d’un taux de croissance quelconque ou un autre indicateur de bonne performance. Uniquement sur le déficit zéro grâce à des dépenses bien gérées et des impôts maintenus bas.

Ça élimine à peu près la possibilité de présenter dans le même budget Oliver les dernières mesures populaires promises en 2011, le doublement du plafond des comptes d’épargne libres d’impôts (CELI) et l’introduction du crédit d’impôt pour l’activité physique des adultes.

Dans la même veine, ça vient aussi toucher les deux autres partis fédéraux en ce qu’il leur reste beaucoup moins de marge pour leurs engagements électoraux, un bon exemple étant le programme national de garderies du NPD ou les infrastructures de M. Trudeau. Des choix difficiles pour tout le monde, réels pour le gouvernement, théoriques pour ses vis-à-vis.

En conclusion, remarquez qu’aucun des auteurs des prévisions de ce matin ne sonne l’alarme devant le maintien de légers déficits pendant une année ou deux de plus. Ils sont insignifiants économiquement et n’auront à peu près pas d’impact sur le ratio dette/PIB. Ils ne réclament donc pas des mesures ponctuelles pour assurer à tout prix ce retour à l’équilibre promis pour l’an prochain, ça peut attendre. Il ne faudrait au contraire pas prendre de décisions hâtives et mal avisées pour atteindre un objectif purement politique à très court terme, disent-ils.

Du côté du ministre Oliver, on maintient ce matin l’objectif d’équilibre budgétaire en 2015. Et on répète que les politiques économiques du gouvernement Harper fonctionnent, puisqu’elles sont axées sur l’emploi, la croissance et la prospérité à long terme.

Catégorie: Élections fédérales, Ottawa

La bataille de la sécurité au Canada

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 publié le 9 janvier 2015 à 15 h 49

J’écrivais dans mon dernier billet, le bulletin de notes des chefs à Ottawa, que la question de la sécurité nationale était la « matière forte » du premier ministre Harper et qu’elle représentait pour lui une occasion, une ouverture, en cette année électorale. Tout ça dans le contexte où son principal cheval de bataille, l’économie, est soumis à une grande incertitude, entre autres en raison de la chute des prix du pétrole. Même les finances publiques sont touchées. Surtout, le retour à l’équilibre budgétaire prévu pour cette année risque d’être plus ardu.

« Matière forte » pour M. Harper, au point où elle lui a permis une certaine remontée dans les sondages, en fin d’année, après les attaques en octobre à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa. Dans mon dernier billet, j’établissais d’ailleurs la gestion de crise de M. Harper et sa décision de participer à la mission en Irak comme le meilleur coup du premier ministre en 2014.

À entendre M. Harper présenter hier à son auditoire de Delta, en Colombie-Britannique, ce qu’il a appelé la nouvelle « réalité » du monde actuel, en fait un portrait assez sombre, un monde inquiétant, angoissant à la limite, nul doute que le premier ministre sait quelles cartes il va jouer et comment il va le faire.

Après avoir répondu à une question sur le niveau d’alerte au Canada et la nomination de son nouveau conseiller à la sécurité nationale plus tôt cette semaine, M. Harper a pris un ton bien particulier, se frottant la joue et le menton en réfléchissant. Puis, tel un bon père de famille qui donne ses consignes aux enfants qui quittent la demeure familiale pour faire face à la vie, il a déclaré :

« Mais laissez-moi dire quelque chose, au sujet de Paris et de toutes les questions que vous me posez. Et je ne dis pas ça avec un certain plaisir ou avec une certaine excitation, c’est plutôt le contraire. Mais le fait est que, mesdames et messieurs, le mouvement djihadiste international a déclaré la guerre. Ils ont déclaré la guerre à quiconque ne pense pas ou n’agit pas tel qu’il le devrait selon eux. Ils ont déclaré la guerre et ils se sont déjà livrés à des exécutions massives. On n’aime pas ça et on aimerait bien que tout ça s’évanouisse, mais ça n’arrivera pas. Et la réalité est qu’il va falloir les confronter. Et ça va malheureusement être la réalité de ce monde dans lequel on vit pendant un certain temps, et il va donc falloir y faire face de front. C’est ce que notre gouvernement s’est engagé à faire. »

Puis, sans sollicitation, M. Harper a enchaîné en français pour en arriver au même constat, en disant que « nous devons participer à cette mission [en Irak] et nous devons renforcer nos lois ici pour contrer ces menaces sur notre propre territoire ».

Voyez vous-mêmes :

 

Enfin, sur la mesure du succès de la mission contre le groupe armé État islamique en Irak, M. Harper donne son point de vue en terminant sur une sorte d’avertissement à son auditoire.

« C’est pour ça qu’on est là ultimement, c’est un mouvement qui a déclaré la guerre au Canada spécifiquement et qui a montré qu’il peut développer la capacité de mener des attaques sur ce territoire et c’est pourquoi on continuera de faire le nécessaire pour éliminer cette menace en particulier. »

Le fait que son parti profite de l’occasion fournie par la cascade d’attentats terroristes dans le monde ainsi qu’au Canada pour lancer une campagne de signatures en ligne en soutien aux propos du premier ministre enlève tout doute à ceux qui en entretenaient au sujet de sa stratégie.

 

Extrait d'une page web du Parti conservateur du Canada.
Extrait d’une page web du Parti conservateur du Canada.

Et, peu importe les événements internationaux ou d’éventuelles attaques, le débat restera à l’avant-plan au Canada. M. Harper s’en chargera lui-même.  Il précisait jeudi que son gouvernement allait déposer « rapidement » après la reprise des travaux parlementaires, le 26 janvier, de nouvelles mesures pour faciliter la tâche des autorités responsables de la lutte contre le terrorisme.

Des mesures qui tourneront autour des preuves à obtenir, des arrestations ou de la détention préventive, tout en préservant l’équilibre entre les droits et la sécurité, rassure le premier ministre. On verra comment se positionneront ses deux adversaires là-dessus. Quelle marge leur restera-t-il pour exprimer des réserves sur ces pouvoirs accrus, vouloir nuancer, sans se faire accuser d’être mous face aux terroristes?

On connaît le procédé, il a été largement utilisé dans la lutte contre la criminalité. Même au sujet du terrorisme, Justin Trudeau y a goûté après l’attentat au marathon de Boston, quand il a évoqué le fait que les jeunes radicalisés pouvaient vivre dans une certaine exclusion qui contribuait peut-être à leur frustration, qui nuisait à leur intégration.

On sait déjà cependant où MM. Mulcair et Trudeau logent sur la mission en Irak, un autre débat qui ressurgira à l’approche de l’échéance du déploiement des CF-18 là-bas, un premier déploiement qui devait durer six mois. Incidemment, cela fera six mois le 7 avril que la résolution sur ce sujet aura été adoptée aux Communes, le jour même du début du procès d’un dénommé Mike Duffy.

On peut ajouter à cela que Jenny Byrne a quitté son poste cette semaine au cabinet du premier ministre pour retourner à ses fonctions au Parti conservateur, où elle devient directrice de la campagne nationale en prévision des élections du 19 octobre. Ce poste lui était destiné, mais ce sera un autre élément qui va alimenter les hypothèses chez les adeptes d’un déclenchement d’élection hâtif par le premier ministre si sa cote monte suffisamment en début d’année.

Peu importe la date de l’élection, il est rare que la politique étrangère et ses dérivés en soit l’enjeu central, mais la question de la sécurité nationale et du terrorisme continue de prendre du galon et pourrait bien rivaliser avec l’économie dans la tête des électeurs.

 

 

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La santé, encore et toujours!

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 publié le 22 août 2014 à 12 h 26

« Voici mon défi au Parti conservateur, au Nouveau Parti démocratique, au Parti libéral et au Parti vert : les Canadiens vous disent que les soins aux aînés sont d’une importance primordiale pour eux. Ils savent que si nous développons la meilleure stratégie pour les aînés dans le monde, on peut avoir le meilleur système de soins de santé. Ils sont tannés des excuses pour justifier l’incapacité du gouvernement fédéral d’agir dans ce domaine. »

Le défi en question, il vient du Dr Chris Simpson, fraîchement élu président de l’Association médicale du Canada (AMC). Il s’adressait mercredi pour la première fois à ses membres en assemblée annuelle à Ottawa. S’appuyant sur des sondages et des études, le Dr Simpson tente de remettre la santé en tête de l’ordre du jour politique.

En fait, sondage après sondage, la santé trône au sommet des préoccupations des Canadiens, les autres enjeux fluctuant au gré des courants et des événements. Il y est allé d’un constat brutal avant d’en arriver à son défi aux chefs politiques fédéraux. Le Canada est à l’avant-dernier rang d’une récente étude sur la qualité des soins de santé, tout juste devant les États-Unis. La différence entre le Canada et les pays de tête comme la Grande-Bretagne, la Suède ou la Suisse, c’est un engagement ferme du gouvernement central envers le système public de soins de santé, selon le Dr Simpson.

À 13 mois du début, en principe, de la prochaine campagne électorale fédérale, il prend les devants, mais il n’est pas le seul. Quelques heures avant qu’il n’interpelle la classe politique, devant le même auditoire, Thomas Mulcair était sorti des blocs de départ de la course électorale avec un engagement clair au sujet du financement fédéral en santé.

À même les surplus prévus à partir de l’an prochain par les conservateurs, M. Mulcair renverserait la vapeur quant au Transfert canadien en matière de santé (TCS). Et il reviendrait à l’indexation à 6 % du TCS en vigueur depuis 10 ans en vertu de l’accord sur la santé conclu en 2004 par Paul Martin avec les provinces. Résultat, si on se fie à l’estimation des provinces que M. Mulcair reprend à son compte :  36 milliards de dollars de plus dans les coffres des provinces.

Est-ce un engagement réaliste financièrement? M. Mulcair aurait-il les moyens de ses ambitions, compte tenu de la situation budgétaire prévue? Techniquement, on peut certainement penser que oui. En l’état actuel de la fiscalité, des prévisions de croissance modeste et des dépenses gouvernementales, les surplus passeraient de 6,4 milliards de dollars l’an prochain à plus de 10 milliards de dollars quatre ans plus tard. Or, ce n’est que dans trois ans que les provinces cesseraient de bénéficier de l’indexation à 6 % du TCS et commenceraient à ressentir le manque à gagner qui mène à 36 milliards de dollars.

Donc,  les surplus annuels semblent au rendez-vous, si aucune décision politique ou promesse à tenir ne vient modifier les colonnes des revenus et des dépenses d’un éventuel ministre néo-démocrate des Finances. Il faut se rappeler que le NPD a toujours l’intention d’aller chercher des revenus additionnels du côté des impôts des sociétés, mais que ses plateformes électorales contiennent également des engagements coûteux qui nécessitent à la fois des revenus nouveaux et des réaménagements des dépenses.

Si, et seulement si, la santé devient réellement un enjeu électoral, histoire et T.C. Douglas à l’appui, le NPD estime évidemment qu’il est un peu actionnaire majoritaire du concept de système public de soins, et qu’il part avec une longueur d’avance dans les perceptions. Avec cette promesse, M. Mulcair considère peut-être avoir ajouté une autre longueur entre lui et ses adversaires.

Les conservateurs doivent de leur côté vivre avec leur engagement de la dernière campagne et, surtout, avec la formule du TCS qu’ils ont ensuite imposée aux provinces pour les 10 années qui mènent à 2024, donc bien au-delà de l’élection d’octobre 2015. Pour eux, le dossier du TCS est réglé pour longtemps. Leur plateforme 2011 parlait de « renouveler l’accord sur la santé » et de « collaborer avec les provinces et les territoires » pour y arriver. Aucun engagement chiffré ni écrit. Talonnés en cours de campagne, MM. Flaherty et Harper avaient fini par s’étirer le cou en parlant de l’indexation à 6 %, même après l’expiration de l’accord en 2014.

Difficile de dire si on peut encore parler d’« accord » et de « collaboration ». Toujours est-il que les ministres provinciaux ont trouvé sur leurs napperons, entre l’assiette à pain et le menu de ce qui ne devait être qu’un premier lunch de travail là-dessus, l’indexation réduite décidée par leur collègue Flaherty.

En gros, sur 10 ans, jusqu’en 2024, indexation à 6 % sur trois ans, après quoi on la ramène à hauteur de la croissance du PIB nominal, sans descendre sous les 3 % cependant. En fait, à Ottawa, on s’attendait à une hausse tournant autour des 4 % pour la période, 2 % de moins, d’où le 36 milliards de dollars de pertes du côté des provinces, repris par M. Mulcair. Ottawa faisait valoir qu’après des années de hausses de dépenses provinciales frisant les 7 %, on s’acheminait vers des hausses prévisibles d’environ 3 %.

Les libéraux de Justin Trudeau peuvent se targuer, eux, d’avoir adopté la Loi canadienne sur la santé qui met en place les fameux cinq grands principes, universalité, transférabilité, etc. L’accord de 10 ans avec indexation de 6 %, c’était eux aussi… On ne connaît évidemment pas ce que serait un engagement formel libéral en santé en 2015, mais trois résolutions adoptées au congrès de cette année à Montréal font état de quelques intentions.

On y parle à la fois de « négocier un nouvel accord sur la santé » de façon à « assurer à tous les gouvernements la flexibilité administrative voulue ». Rebonjour, fédéralisme asymétrique! Il est aussi mention de « résultats mesurables », de « consultation » entre les gouvernements sur les versements annuels, de « formule de financement équitable et adéquate » adaptée aux besoins et de variations en fonction de « facteurs démographiques ».

Est-ce que la plateforme sera plus précise? Les libéraux réunis à Edmonton laissaient entendre cette semaine qu’ils auraient une plateforme complète et chiffrée rapidement, au cas où… On verra comment cette bonne volonté en santé se traduit arithmétiquement.

Voilà! À quelques semaines de la dernière rentrée d’automne avant la prochaine élection fédérale, on avait beaucoup entendu en prévision du scrutin les expressions « classe moyenne », « consommateurs », « emploi », etc. Est-ce que le thème du financement des soins de santé s’imposera? Surtout, est-ce qu’un parti prendra vraiment sur lui de l’imposer? Du côté de l’opposition évidemment, puisque pour le gouvernement Harper la question est réglée jusqu’en 2024.  On parle bien sûr pour l’instant des fédéraux, attendez que les provinces s’en mêlent!

La santé, faut-il le rappeler, fait l’objet de maints débats, y compris en campagne électorale. Elle fait bonne figure dans les sondages,  mais a-t-elle déjà fait LA différence une fois devant l’urne?

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Jeter les bases de la campagne de 2015, sans pour autant vendre la mèche, tel était le défi à relever pour Justin Trudeau lors de ce congrès.

Près d’un an après avoir pris la tête du Parti libéral du Canada, l’heure était venue pour lui d’aller au-delà de son image de jeune premier porté par son charisme et sa popularité et d’enfin définir quel genre de gouvernement il veut offrir aux Canadiens.

Malgré la pression qui s’intensifie pour qu’il présente enfin des solutions concrètes et précises, Justin Trudeau a préféré offrir une vision plus large. Ses stratèges font le pari qu’il est assez populaire en ce moment, et qu’il n’était pas nécessaire d’en faire davantage. Ça évite ainsi de dilapider leurs munitions électorales et de risquer de voir chacune de leurs politiques attaquées de toutes parts par leurs adversaires.

Mais il y a plus. Si son discours de 3822 mots n’a pas particulièrement innové au chapitre de la vision économique, il révèle surtout comment Justin Trudeau compte incarner ses thèmes du changement et de l’espoir pour leur donner une cohérence qui va au-delà des slogans politiques.

 « Mes amis, les Canadiens ne s’attendent pas à ce que le gouvernement fasse des miracles. Ils savent qu’il ne peut pas régler tous les problèmes. » — Justin Trudeau

Intervenir dans l’économie pour stimuler la croissance, créer de la richesse, mais pas trop. Justin Trudeau reste bien au centre de l’échiquier politique. Il prône ainsi un rôle plus interventionniste pour l’État tout en voulant laisser l’impression qu’il compte gérer les finances publiques avec prudence.

Freiner le déclin de la classe moyenne, aider les jeunes à entrer sur le marché du travail, sortir les démunis de la pauvreté, mais aussi investir dans les infrastructures et prôner la recherche de nouveaux marchés pour les ressources naturelles, tout en promettant de mieux protéger l’environnement. Encore là, le chef libéral reste bien au centre. De quoi rappeler la bonne vieille grande tente rouge libérale. Il y en a pour les électeurs de centre gauche et pour les électeurs de centre droit.

N’empêche, il semble clair que pour la grande idée novatrice qui permettra vraiment de résoudre les problèmes de cette classe moyenne, il faudra attendre 2015.

 « Les gouvernements ne peuvent pas tout faire, et ils ne devraient pas essayer de le faire. Mais ce qu’il fait, il doit le faire bien. » — Justin Trudeau

Il y avait aussi dans le discours de Justin Trudeau une forme de mise en garde devant des délégués qui, à la lumière des résolutions qu’ils ont adoptées, voudraient voir un futur gouvernement libéral intervenir sur tous les fronts : transports, énergie, santé mentale, lutte contre l’obésité, garde d’enfants, logement abordable… On ne compte plus le nombre de résolutions pour la mise en œuvre de stratégies nationales. Et c’est sans tenir compte de leur désir de renouveler le financement de la santé au pays, de mettre en œuvre un plan pour porter les investissements en infrastructures à 1 % du PIB, de financer un programme national de garderies, et j’en passe.

Bien malin celui qui pourra expliquer comment financer tous ces projets sans hausser les taxes et les impôts et sans mettre en péril l’éventuel équilibre budgétaire.

   « La colère peut être une bonne stratégie politique, mais elle est symptomatique d’un gouvernement pitoyable. » — Justin Trudeau

Le message n’est pas nouveau de la part de Justin Trudeau. Il joue la carte du renouveau et du positivisme rassembleur depuis son entrée en politique.

Mais voilà qu’il tente d’aller au-delà du « Justin est sympathique », pour plaider qu’en étant sympathique et positif, Justin saura faire les bons choix pour les Canadiens.

C’est ainsi qu’il accuse Stephen Harper d’avoir trahi les idéaux qui le guidaient à ses débuts en politique pour sauvegarder sa majorité. Ici, on courtise habilement les électeurs conservateurs. Justin Trudeau leur rappelle qu’ils ne sont pas comme leur chef, qu’ils ne sont pas « une foule en colère qu’il faut craindre », mais bien « nos voisins » confrontés aux mêmes problèmes et défis que les autres Canadiens.

La stratégie du chef libéral ici dépasse le fait de simplement tenter de miner la crédibilité de ses adversaires. Justin Trudeau plaide que c’est justement parce que ses adversaires exploitent la colère des gens à des fins partisanes qu’ils font les mauvais choix pour le pays. Par le fait même, il tente de convaincre les électeurs que c’est grâce à sa candeur qu’il aura l’ouverture d’esprit de faire les bons choix et d’offrir des solutions concrètes.

Il cite en exemple sa décision d’expulser les sénateurs libéraux du caucus et de se présenter comme le seul chef fédéral ayant eu l’audace d’agir pour forcer des changements au Sénat et lui redonner un minimum d’indépendance. Il sera intéressant de voir si Justin Trudeau, qui plaide pour le renouveau démocratique, suivra les militants et les députés libéraux qui veulent s’attaquer à la réforme du mode de scrutin.

Trouver des solutions, être rassembleur, toujours au-dessus des basses considérations partisanes, c’est ainsi que les libéraux vont vendre leurs choix politiques. On s’entend que la barre est haute!

 « Nous avons un long chemin devant nous, et nous aurons moins de moyens que les autres partis pour y arriver. » — Katie Telford, coprésidente de la campagne nationale du PLC

Malgré tout l’enthousiasme des délégués, le congrès aura révélé tout le travail qui attend les libéraux d’ici 2015.

S’ils ont fait des pas de géant au chapitre du financement, les libéraux n’ont pas fini de combler l’écart avec les conservateurs. Il leur faut aussi bâtir non seulement une armée de bénévoles sur laquelle compter en période électorale, mais aussi les bases de données précises et presque scientifiques sur les électeurs dont dépendent les machines électorales aujourd’hui.

Finalement, côté équipe, on remarque que le parti a réussi à mettre en valeur une brochette de candidats vedettes potentiels, qui ont chacun prononcé des discours clés. Côté Québec, tout au plus a-t-on invité Mélanie Joly à participer à un panel sur le Québec en 2017.

Surprenant pour un congrès libéral, organisé à Montréal, alors que Justin Trudeau veut justement reconquérir le Québec en plaidant qu’il leur offre « l’action plutôt que l’opposition ».

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10 questions pour Justin Trudeau

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 publié le 23 février 2014 à 13 h 19

Il est venu écouter la troisième période de la partie de hockey pour voir les Canadiens remporter la médaille d’or.

Il était parmi les délégués du congrès pour les débats sur la constitution de son parti qui doivent couronner ses efforts de rompre tous les liens entre le Parti libéral et ses sénateurs.

Mais Justin Trudeau a refusé de tenir le traditionnel point de presse auquel se prêtent les chefs de parti au terme de leur congrès. En esquivant les journalistes, il évite surtout d’avoir à répondre aux questions qui découlent de son discours de samedi et de l’ensemble du congrès.

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a regardé le match de hockey opposant le Canada à la Suède, durant le congrès du PLC, à Montréal, le 23 février
Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a regardé le match de hockey opposant le Canada à la Suède durant le congrès du PLC, à Montréal, le 23 février.

La liste est longue, voici les 10 premières :

1- Justin Trudeau veut travailler avec les provinces pour bonifier le financement de l’éducation postsecondaire au pays. Comment va-t-il financer cette bonification des transferts?

2- S’il promet de ne pas hausser les taxes et impôts des familles de la classe moyenne, ouvre-t-il la porte à revoir les taxes et impôts des mieux nantis?

3- Que compte-t-il faire avec les impôts des entreprises?

4- Aide aux familles, stratégie d’emploi pour les jeunes, logement abordable, nouveaux capitaux pour financer les infrastructures, revenu minimum garanti : comment compte-t-il financer ces initiatives?

5- Afin de dégager la marge de manœuvre dont il aura besoin pour mettre en œuvre ses futures promesses électorales, un gouvernement libéral serait-il prêt à annuler les baisses d’impôt que Stephen Harper va offrir aux Canadiens en 2015?

6- Est-il prêt à retomber en déficit?

7- Ses délégués se sont prononcés en faveur de la décriminalisation de l’aide médicale à mourir : à quelle enseigne loge-t-il dans ce débat?

8- Justin Trudeau veut réconcilier développement des ressources naturelles et développement durable : quelle approche préconise-t-il pour y arriver?

9- Justin Trudeau nous a parlé de Nathalie, mère de famille qui s’inquiète pour sa retraite : quelle solution a-t-il à lui offrir?

10- Son parti a mis en valeur une brochette d’éminents Canadiens qui vont ou songent à se présenter à ses côtés en 2015. Comment se fait-il qu’aucun futur candidat-vedette du Québec ne fût sur la liste dans un congrès à Montréal?

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L'homme l'affaires Bill Morneau que Justin Trudeau aimerait recruter comme candidat en vue des prochaines élections. (source: Manon Globensky / Radio-Canada)

L’homme l’affaires Bill Morneau que Justin Trudeau aimerait recruter comme candidat en vue des prochaines élections. (source: Manon Globensky / Radio-Canada)

Il a sa carte de membre du parti libéral depuis deux mois à peine. Mais derrière lui, Bill Morneau a une carrière prospère dans le secteur privé. Sa compagnie Morneau Shepell élabore et livre à des compagnies du secteur privé des programmes d’avantages sociaux et de compensation pour leurs employés.

Il a été président de l’hôpital St. Michael’s à Toronto et de Covenant House, un centre de crise pour jeunes sans-abri. Son épouse, Nancy McCain, est de la célèbre et riche famille McCain du Nouveau-Brunswick. Le couple représente l’élite de Toronto, engagé dans les arts, les organismes de charité et maintenant la politique.

Bill Morneau n’a pas encore décidé s’il allait être candidat, dit-il, encore moins dans quelle circonscription. Toronto Centre, une des deux Don Valley : qui sait? Justin Trudeau a dit qu’il n’y aurait pas de parachutage de candidat nulle part, qu’il voulait des assemblées d’investiture dans toutes les circonscriptions. Mais en même temps, il doit y en avoir plus d’un dans le parti qui font des neuvaines pour que cet homme soit choisi comme candidat.

Aurais-je oublié de dire qu’il préside le conseil d’administration de l’institut CD Howe, un important groupe de réflexion économique. Certains libéraux disent déjà qu’il pourrait être le ministre des Finances dans un gouvernement Trudeau.

C’est la première fois de sa vie, il le jure, qu’il songe à faire de la politique. Parce qu’il n’aime pas ce qu’il voit, qu’il sent une grande anxiété chez les Canadiens. Comment remédie-t-on à ça et, surtout, où trouve-t-on l’argent pour le faire? Bill Morneau ne répond pas (serait-il déjà politicien dans l’âme?). Il faut d’abord identifier les priorités et se concentrer sur elles.

Justin Trudeau fait-il une erreur en soumettant tous les candidats potentiels, y compris ces candidats vedettes, au ballottage des assemblées d’investiture? Vraisemblablement, malgré le fait que le chef voudrait bien tous les avoir à ses côtés – l’expertise d’une équipe sera d’une grande importance pour les libéraux aux prochaines élections -, il y a des risques que certains ne passent pas la rampe.

Dans Winnipeg Sud-Centre, Jim Carr, ancien président de l’équivalent du Conseil du patronat du Manitoba, n’est pas le seul à vouloir se présenter. Karen Taraska-Alcock, ancienne directrice de campagne de Justin Trudeau dans la province et veuve de l’ancien député Reg Alcock, voudrait aussi la nomination. Il devra se passer de l’un des deux.

Il devra aussi probablement faire son deuil de plusieurs candidatures féminines. Depuis Jean Chrétien, le parti réservait un tiers des circonscriptions à des femmes, quitte à les parachuter, les courses d’investiture étant plus dures pour les femmes qui ont moins de temps et de réseaux que les hommes.

Depuis 2011, les femmes représentent 25 % des députés de la Chambre des communes, soit 77 députés, dont la moitié sont élues pour la première fois. Il s’agit la plus grande proportion de femmes jamais élues au Canada.

Catégorie: Élections fédérales

S’il faut déterminer la recette miracle que tente de développer l’équipe Trudeau, la première heure et demie du congrès libéral de Montréal offre une fenêtre inédite sur le pari et sur le défi qui attendent le chef libéral d’ici 2015.

Comment passer dans la même heure de Larry Summers à Sophie Trudeau? Comment passer dans la même heure d’un débat d’initiés sur la « stagnation séculaire » qui pèse sur l’économie canadienne à la plus « people » des manœuvres politiques d’un chef qui « skype » en direct du congrès avec sa femme enceinte et ses deux jeunes enfants? C’est presque la quadrature du cercle en politique. Pourtant, c’est bien ce qu’ont tenté de faire Justin Trudeau et son parti lors de la soirée d’ouverture de leur congrès à Montréal jeudi soir.

Certes, le chef libéral a lancé une attaque en règle contre Pauline Marois et Stephen Harper, les accusant tous les deux de pratiquer une politique de division, d’alimenter chacun à leur façon la peur, l’incertitude et l’intolérance à des fins partisanes. C’est de bonne guerre pour un chef qui cherche à rallier tant le vote antisouverainiste et anticharte au Québec que le vote anti-Harper ailleurs au pays.

« Quand il n’y a plus de progrès, la peur s’installe. Et cette peur ne peut être battue que par l’espoir. » — Justin Trudeau

Il ne faut pas se leurrer, Justin Trudeau joue à fond la caisse la carte du charisme, de la jeune famille parfaite. Pour quelle autre raison aurait-il pris la peine de tenir une séance de Skype en direct avec sa femme sur le point d’accoucher et ses deux enfants en pyjama, en train de faire les adorables folies que seuls les enfants de leur âge savent faire, dans leur monde et leur vie à mille lieues des réalités politiques de leur papa?

Mais tout le monde comprend bien qu’à lui seul, face à la dure réalité de la vie politique et des attaques partisanes, le charme du jeune premier et de sa famille n’ouvre pas les portes du pouvoir et du 24 Sussex.

C’est là qu’entre en scène Larry Summers, l’ex-économiste en chef de la Banque mondiale (1991-1993), ex-secrétaire au Trésor de Bill Clinton (1999-2001), ex-président de l’Université Harvard (2001-2006) et ex-conseiller économique de Barack Obama (2009-2010). Il est un de ces économistes qui réussissent à faire la boucle entre l’inégalité des revenus, le sort de la classe moyenne, la vigueur de l’économie globale et l’aliénation de tant de citoyens devant la chose politique.

Cet ancien apôtre de la déréglementation, qui s’inquiète aujourd’hui de la stagnation des revenus de la classe moyenne, a lancé le congrès libéral et jeté les bases du débat économique tel que veulent l’imposer les libéraux de Justin Trudeau d’ici 2015.

Bémol sur la réduction de la taille de l’État à tout prix, nécessité d’investir dans les infrastructures et l’éducation, mise à profit de l’effet de levier des dépenses publiques pour générer une croissance économique saine et ainsi rehausser le niveau de vie des ménages… Tout est là, dans le discours de Larry Summers. Et Justin Trudeau s’apprête à placer ces idées au cœur de sa vision économique pour le Canada.

En obtenant ainsi la caution morale d’un des grands gourous de l’économie mondiale, le chef libéral, à qui on reproche souvent de manquer de substance, espère recevoir la caution morale qui lui manquait pour légitimer les fondements de sa vision économique.

Larry Summers est certes le plus prestigieux des conférenciers recrutés pour ce congrès libéral, mais la liste des invités ratisse large et vise haut. Tout pour illustrer le talent et l’expertise que le chef libéral est capable de recruter, alors qu’il tente de renouveler son parti en vue des élections de 2015.

Mais pour tout le discours officiel sur la substance, la vision qu’il sera capable de développer, Justin Trudeau a aussi fait la preuve jeudi soir qu’il a bien l’intention de jouer la carte « people » jusqu’au bout, Sophie et les enfants en pyjama en prime.

Catégorie: Élections fédérales, Ottawa

Le jeu des prédictions est toujours périlleux en politique, car les débats et les jeux de coulisses finissent toujours par nous surprendre. C’est donc avec beaucoup d’humilité que je vous offre ici une liste des enjeux à surveiller.

Un blogue d’Emmanuelle Latraverse

Si l’année 2013 peut être décrite comme l’année de la mi-mandat, celle de 2014 servira à vraiment camper les forces en présence en vue des prochaines élections fédérales. La mi-mandat a eu le don d’ébranler les conventions, mais c’est au cours de la prochaine année que les tendances qui se sont dessinées jusqu’ici vont se cristalliser ou s’évanouir.

Pour la première fois, le gouvernement conservateur est profondément secoué et cherche comment tirer un trait sur le scandale et reprendre l’offensive. Le Parti libéral et son chef frappent l’imaginaire de l’électorat. Le NPD, en ayant consolidé ses acquis, cherche comment concrétiser les gains auxquels il aspire.

La fortune de chacun des partis dépend bien sûr de la performance de leurs chefs, mais aussi de leurs prises de position devant certains enjeux qui s’imposent dans le débat politique.

LES ENJEUX EN 2014

- Le scandale du Sénat

Sénat, Sénat, Sénat! Vous n’y échapperez pas, car plusieurs développements sur ce front sont à surveiller au cours de la prochaine année.

Mike Duffy (archives)
Mike Duffy (archives)

Bien sûr, tous les regards continueront d’être tournés vers la GRC et ses découvertes imprévisibles. On imagine l’inquiétude des stratèges au Bureau du premier ministre à la perspective de voir un nouveau détail de cette histoire faire les manchettes par le biais d’une autre vague de documents d’enquêtes déposés devant les tribunaux et ainsi rendus publics. Un véritable supplice de la goutte pour les conservateurs. Mais surtout, c’est au cours de la prochaine année qu’on devrait savoir si des accusations criminelles sont bel et bien portées contre les principaux acteurs, l’ex-chef de cabinet de Stephen Harper Nigel Wright et le sénateur Mike Duffy, mais aussi la sénatrice Pamela Wallin et le sénateur Patrick Brazeau. Et là, les répercussions politiques pourraient être infinies.

Mais l’enjeu du Sénat va aussi largement dépasser le cadre de l’enquête de la GRC.

En 2014, on attend le rapport du vérificateur général du Canada sur les dépenses de TOUS les sénateurs. Michael Ferguson et ses vérificateurs bénéficient d’un accès sans précédent aux livres de la Chambre haute, et personne n’y échappe. Certains sénateurs se sont même vu demander l’accès à leurs cartes de crédit personnelles dans le cadre de cette enquête pour vérifier si chaque sou des deniers publics a été bien dépensé. Un premier rapport sur le leadership et les membres du Comité de régie interne est attendu et sera suivi d’un rapport plus large sur l’ensemble des dépenses des sénateurs au cours des deux dernières années.

Après la police et les comptables, il y aura aussi les tribunaux.

Le débat sur le Sénat prendra inévitablement une tournure constitutionnelle au cours de la prochaine année, alors que la Cour suprême devrait rendre sa décision sur les mécanismes à mettre en oeuvre pour réformer la Chambre haute, plus spécifiquement permettre l’élection des sénateurs et limiter la durée de leurs mandats. Stephen Harper rêve de voir le plus haut tribunal du pays reconnaître au Parlement le droit de légiférer unilatéralement ces réformes, lui qui a déjà indiqué qu’il n’a pas l’intention de présider une grande messe constitutionnelle avec ses homologues provinciaux sur la question.

- Les pipelines et l’avenir énergétique

Après les baisses d’impôts, on pourrait dire que les pipelines sont l’autre grande priorité du gouvernement conservateur.

Les ressources énergétiques canadiennes sont le moteur de l’économie, mais encore faut-il leur trouver des débouchés. Or, devant un marché américain qui se dirige vers l’autosuffisance, le Canada est engagé dans une véritable course contre la montre pour trouver de nouveaux débouchés, tout particulièrement se donner les moyens de percer l’immense marché de l’Asie. Et compte tenu des délais importants avant que ces investissements se concrétisent et rapportent, le facteur temps est clé. Le Canada ne peut se permettre de rater cette fenêtre.

Mais pour y arriver, il faut des pipelines vers le Pacifique, d’où l’importance du débat entourant le projet Northern Gateway, sur lequel le gouvernement Harper devra se prononcer formellement d’ici six mois.

Mais le débat dépasse le Northern Gateway. Une foule d’autres projets sont dans les cartons, et ils soulèvent des discussions tous aussi déchirantes.

Et c’est sans compter le débat entourant les projets vers l’est du pays, comme le projet Energy East, de TransCanada, qui mènerait le pétrole de l’Alberta jusqu’aux raffineries du Nouveau-Brunswick, ou encore le renversement de la conduite 9B d’Enbridge entre Sarnia et Montréal, qui suscite un vif débat à la suite des dégâts monumentaux causés par la fuite d’un oléoduc semblable au Michigan en 2010. L’Office national de l’énergie doit d’ailleurs rendre sa décision sur le sort de ce projet au plus tard le 19 mars 2014.

Devant tous ces projets, le dilemme est le même : comment réconcilier les impératifs de la croissance économique avec ceux de la protection de l’environnement? C’est là un débat maintes fois amorcé au pays, mais qui impose une réflexion profonde.

Les conservateurs sont les premiers à savoir que leur pari est loin d’être gagné justement parce qu’ils font face à un électorat bien sceptique. Près de huit ans après avoir pris le pouvoir, le gouvernement Harper récolte finalement ce qu’il sème en matière d’environnement; son propre bilan peu reluisant vient de le rattraper.

- L’affrontement syndicats-gouvernement

Les relations de travail, c’est là l’enjeu oublié de 2013, et tout indique qu’il sera incontournable en 2014 alors que le Conseil du trésor entreprend une nouvelle ronde de négociations avec le secteur public.

Le gouvernement Harper affirme vouloir moderniser les relations de travail; les syndicats y voient un assaut majeur contre les droits des travailleurs.

Déjà dans son projet de loi omnibus de mise en œuvre du budget, le gouvernement Harper a imposé une foule de réformes lourdes de conséquences pour la fonction publique. À peine le C-4 avait-il été adopté que les syndicats de la fonction publique formaient un front commun pour en contester la constitutionnalité.

En vertu des réformes adoptées, le Conseil du trésor pourra décider unilatéralement ce qui constitue un service essentiel, le fédéral pourra décider seul de soumettre une nouvelle convention collective à l’arbitrage, et la ministre du Travail pourra refuser de désigner une tâche comme étant dangereuse, moyennant des sanctions contre tout travailleur qui s’y opposerait.

Et ça ne s’arrête pas là; d’emblée, le président du Conseil du trésor a indiqué que les pensions et avantages sociaux de la fonction publique seront dans sa mire lors des négociations à venir.

Tout est en place pour un affrontement entre Ottawa et ses syndicats, qui, confrontés à l’érosion de leur rapport de force se sentent cette fois-ci l’obligation de résister.

LES CHEFS EN 2014

- Stephen Harper

L’année 2014 sera cruciale pour Stephen Harper. Sa crédibilité est ébranlée, entachée par le scandale du Sénat, par ses versions contradictoires et ses demi-réponses depuis des semaines. Le premier ministre devra à tout prix trouver une façon de mettre ce scandale derrière lui, et, surtout, se donner les moyens d’affronter ses conséquences, les potentielles mises en accusation de certains acteurs-clés.

Stephen Harper

Certains pourraient rêver d’un grand moment de vérité et de candeur, où Stephen Harper mettrait cartes sur table. Mais non seulement ce n’est pas dans sa nature, il a de plus attendu si longtemps que les risques pourraient paraître politiquement trop importants. Après tout, les questions sont si nombreuses. D’ailleurs les entrevues de fin d’année qu’il a accordées ne laissaient pas présager de grands aveux à venir. Tout au plus le premier ministre a-t-il concédé que des changements se sont imposés dans l’organisation de son bureau et dans les mécanismes d’imputabilité qui y règnent, sans pour autant donner de détails.

De plus, le retour d’un de ses plus loyaux serviteurs, Dimitri Soudas, au cœur de la machine conservatrice, laisse plutôt présager que le premier ministre s’entoure de sa machine de guerre pour affronter la tempête envers et contre tous.

Mais pour combien de temps? Le premier ministre a beau répéter qu’il a l’intention de mener ses troupes jusqu’en 2015 (le contraire aurait été surprenant), la question de son avenir politique continuera de planer. Comme on dit, le chat est sorti du sac, la question est posée.

À ce chapitre, les relations de Stephen Harper avec son caucus seront déterminantes. Depuis plus d’un an déjà, certaines failles sont apparues. Il y a eu les sorties remarquées de certains députés contre la discipline de parti, le départ fracassant du député d’arrière-ban Brent Rathgeber. Il y a déjà les murmures de mécontentement qui s’amplifient en coulisse. Il n’en faudrait pas beaucoup plus pour que les frustrations éclatent au grand jour. Stephen Harper est confronté aux conséquences de son style de gestion. Lui qui a mené son caucus d’une main de fer n’a pas toujours cultivé l’affection de ses députés. Leur loyauté émanait davantage de son succès politique, et de l’espoir de se voir un jour promu au Conseil des ministres. Une crise prolongée et la crainte d’une élection difficile pourraient facilement ébranler cette loyauté.

- Thomas Mulcair

On parle souvent de la mi-mandat du gouvernement, mais le chef du NPD aussi est en quelque sorte à la mi-mandat.

Depuis qu’il a pris la tête du parti, Thomas Mulcair peut se réjouir d’avoir consolidé une bonne partie de ses appuis. À cet égard, il faut se rappeler à quel point, au lendemain de son élection, plusieurs remettaient en question sa capacité à faire l’unité au sein du NPD. Un an et demi plus tard, il peut se dire que c’est chose faite.

Si le scandale du Sénat a offert à Thomas Mulcair l’occasion de démontrer qu’il est devenu un excellent chef d’opposition à Ottawa, encore faut-il qu’il convainque les Canadiens qu’il est prêt à devenir premier ministre et que son parti est prêt à gouverner.

La route vers 2015 n’allait jamais être facile pour le NPD, mais l’arrivée de Justin Trudeau à la tête du Parti libéral vient sérieusement brouiller les cartes. Amplement sous-estimé par ses adversaires, en quelques mois, il a réussi à gruger des appuis tant à droite qu’à gauche, et à détrôner le NPD en tête des intentions de vote au Québec. À en juger par la dernière campagne de financement des conservateurs : leur adversaire en 2015 est Justin Trudeau, pas Thomas Mulcair.

Le défi est immense pour le chef du NPD, car il doit se battre tant au niveau des idées que des perceptions. Thomas Mulcair doit rallier les électeurs charmés par le charisme de Justin Trudeau et convaincre ceux qui sont rassurés par la détermination et l’approche rationnelle de Stephen Harper. Thomas Mulcair doit éviter de se trouver coincé entre les deux, il doit donner à son parti les moyens de contrer le chant des sirènes dont je vous parlais dans mon blogue la semaine dernière.

- Justin Trudeau

Neuf mois après son élection à la tête du Parti, Justin Trudeau continue de mystifier les sceptiques. Son parti mène toujours dans les intentions de vote, récolte davantage d’argent, et ce, malgré les aveux du chef libéral sur la marijuana, malgré ses absences répétées aux Communes, malgré ses dérapages sur la dictature chinoise.

Combien de temps est-ce que ça va durer? Bien malin celui qui peut le prédire. Cette lune de miel est-elle au bord de l’essoufflement, ou le chef libéral peut-il continuer à surfer sur son charisme?

Justin Trudeau, chef du Parti libéral, lors d'une soirée-bénéfice
Justin Trudeau, chef du Parti libéral, lors d’une soirée-bénéfice

L’année 2014 devrait offrir une réponse à cette question. Justin Trudeau devra bien un jour passer de son rôle de jeune premier à premier ministre en attente s’il veut espérer convaincre les Canadiens de lui donner les clefs du 24 Sussex.

D’ailleurs, le congrès du PLC à la fin du mois de février offrira une occasion en or pour le chef libéral de montrer qu’il a des idées novatrices et modernes, qu’il est capable d’offrir des réponses aux problèmes complexes de cette classe moyenne si courtisée de tous. Justin Trudeau a beau répéter qu’il doit avant tout aller à la rencontre des Canadiens, pour les rassembler, il devra donner une certaine cohérence à son offre politique.

La barre est d’autant plus haute pour lui, qu’ayant résisté aux premières attaques des conservateurs, ayant réussi à s’imposer, ayant grugé dans les appuis de la droite et de la gauche, Justin Trudeau sera la cible de tous cette année. Son jugement, ses idées, son sens politique seront mis à l’épreuve.

Comme le disait si bien mon collègue Michel C. Auger lors de notre bilan de fin d’année aux Coulisses du pouvoir, 2014 sera l’année de tous les dangers pour Justin Trudeau.

Catégorie: Élections fédérales, Ottawa

Thomas Mulcair et le chant des sirènes

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 publié le 19 décembre 2013 à 7 h 50

Certains diraient que l’année 2013 aura été celle de Thomas Mulcair. Les Canadiens ont certainement découvert en lui un parlementaire redoutable, efficace, un chef d’opposition qui a su mener la charge contre la crédibilité du premier ministre. Pourtant, le NPD sera confronté à un dilemme pour entreprendre l’année 2014 : comment la performance de leur chef peut-elle être si applaudie sans que son parti ne voie ses appuis augmenter auprès de l’électorat?

Une analyse d’Emmanuelle Latraverse

Le constat est universel d’un océan à l’autre. Même au Québec où Thomas Mulcair est le chef fédéraliste le plus apprécié des Québécois, son parti est deuxième dans les intentions de vote, loin encore de son sommet de mai 2011. On observe une dynamique semblable ailleurs au pays. Le NPD ne franchit pas la barre des 30% d’appuis.

Le principal intéressé tente de voir le beau côté des choses :

« Ce qui était notre plafond d’appui est maintenant notre plancher, dit-il. Preuve que notre base se solidifie. »

Malgré cet optimisme, le chef néo-démocrate ne peut ignorer ce qu’il décrit lui-même comme le « chant des sirènes libérales ».

Thomas Mulcair admet non seulement que les Canadiens sont séduits par Justin Trudeau, mais que le NPD doit se battre contre le réflexe de l’électorat de se tourner vers le Parti libéral du Canada comme alternative au gouvernement conservateur.

Plus de deux ans après avoir pris la tête du NPD, Thomas Mulcair n’a finalement pas entièrement résolu le problème existentiel du NPD : se défaire de son image d’opposition exemplaire et convaincre les Canadiens qu’il est apte à gouverner. Et la dernière année n’a pas nécessairement contribué à changer cette perception. En posant 786 questions sur le Sénat et en menant la charge contre la crédibilité du premier ministre Harper, le NPD n’a-t-il pas contribué à ébranler les assises du gouvernement conservateur, tout en laissant Justin Trudeau en récolter les fruits et conserver son image de jeune politicien qui ose « faire la politique autrement »? Thomas Mulcair, lui, rejette cette analyse et plaide que les allégations qui planent sur le bureau du premier ministre sont graves et méritent toute l’attention que son parti leur a donnée.

N’empêche, pour faire bouger l’aiguille de l’opinion publique et convaincre les Canadiens que le NPD est apte à prendre les rênes de l’État, il reste bien du travail à abattre au cours des deux prochaines années. Pour y arriver, Thomas Mulcair se donne comme mission d’offrir aux Canadiens une vision positive de ce que le gouvernement peut accomplir dans la société, de les convaincre qu’il peut offrir des solutions concrètes à des problèmes complexes, que ce soit à propos des pensions, des droits des consommateurs et, surtout, sur le dossier de l’énergie.

C’est un des grands enjeux auxquels est confronté le Canada. Comment réconcilier énergie, environnement et emplois. Tel qu’il l’a exposé dans un récent discours à l’Economic Club, Thomas Mulcair croit pouvoir forcer une discussion portant à la fois sur le potentiel économique et sur l’impact environnemental des nombreux projets de pipelines au pays, essentiels à une diversification des marchés pour le pétrole canadien. Le NPD croit y trouver un thème où il pourra se distinguer et rallier les sceptiques tant du côté environnemental que dans le monde des affaires. Il entend faire valoir que le piètre bilan environnemental du gouvernement Harper l’empêche de bâtir un lien de confiance et d’amorcer une discussion constructive avec l’électorat canadien.

Mais attention, sur ce front, le NPD trace une ligne dans le sable. Peu importe la décision du Conseil national de l’énergie, attendu cet après-midi sur le Northern Gateway, qui acheminerait le brut des sables bitumineux vers Kitimat, sur la côte nord-ouest de la Colombie-Britannique, le NPD s’y opposera farouchement.

« Permettre à des super-pétroliers de naviguer dans le chenal de Douglas, c’est de la folie », affirme Thomas Mulcair.

Le chef néo-démocrate doit donc se battre sur deux fronts : contre la crédibilité et l’assurance de Stephen Harper et contre la popularité et le charisme de Justin Trudeau. Il n’est pas surprenant d’ailleurs qu’on l’entende de plus en plus souvent attaquer le bilan des gouvernements libéraux passés, leurs promesses brisées, tout pour jeter une ombre sur la popularité du jeune chef libéral, qui n’a pas de bilan de son propre cru à offrir.

Est-ce que ce sera suffisant pour contrer le chant des sirènes libérales? L’année 2014 et surtout la performance de Justin Trudeau au cours des prochains mois offriront la réponse. J’y reviendrai d’ailleurs dans une chronique prochaine sur les enjeux à surveiller au cours de la prochaine année.

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