Archives du collaborateur Yves Malo


À propos de Yves Malo

Yves Malo est responsable des affectations à la radio et à la télé au bureau parlementaire de Radio-Canada à Ottawa depuis 2010. Il a travaillé comme journaliste à TVA de 1998 à 2010, dont cinq ans comme correspondant à l'Hôtel de ville de Montréal et cinq ans comme correspondant parlementaire à Ottawa. Il a aussi été journaliste à TQS de 1986 à 1998, et à CKAC, de 1985 à 1986. Avant cela, il a enseigné les sciences politiques au Cégep Lionel-Groulx, de 1983 à 1986.

Une question d’image…

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 publié le 7 juin 2013 à 12 h 20

L’avion repeint

Quand Stephen Harper s’envolera pour l’Europe mardi prochain, ce sera à bord de son avion nouvellement repeint. Il ne sera plus du traditionnel gris vert militaire, mais rouge, blanc et… bleu. Pas blanc et rouge comme le drapeau du Canada, mais rouge, blanc et bleu. L’avion du premier ministre, affirme le chef de l’opposition, est maintenant aux couleurs du Parti conservateur! Appelé à se prononcer sur le nouveau look de l’Airbus 310, repeint au coût de 50 000 $, Thomas Mulcair a déclaré :

« Je trouve que c’est encore une fois une indication que l’équipe de Stephen Harper est toujours en train d’enlever les lignes de démarcation entre les fonds publics et l’avoir propre d’un parti politique. Les couleurs de l’avion qui ont coûté une fortune aux contribuables sont les couleurs et le logo du Parti conservateur. Je peux juste vous assurer d’une chose. Je vous promets, le NPD, dès qu’on forme le gouvernement en 2015, ne va pas peinturer l’avion orange. C’est un avion du gouvernement, pas un avion du parti. »

L’avion avant

Au gouvernement, on se défend que l’avion soit aux couleurs du parti. C’est un mélange, dit-il, de symboles canadiens comme le drapeau, les armoiries du pays et le logo de l’aviation canadienne.

Évidemment, cette histoire tombe bien mal pour le gouvernement. Bien sûr, l’avion devait faire l’objet d’une révision majeure et devait être repeint. En temps normal, l’histoire serait passée inaperçue. Mais dans le contexte où des questions se posent sur les chevauchements entre les activités partisanes et les activités gouvernementales et sur la façon dont s’est dénouée l’histoire du sénateur Duffy et le remboursement des frais qu’il n’aurait pas dû réclamer, il y a fort à parier que le gouvernement Harper ne soulignera pas en grandes pompes le nouveau look de l’avion du premier ministre!

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La pire semaine du gouvernement Harper

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 publié le 24 mai 2013 à 15 h 35

Chaque gouvernement a ses hauts et ses bas. Mais cette semaine, le gouvernement Harper a connu un bas historique. Sa pire performance depuis son élection en janvier 2006. Quelle semaine horrible au cours de laquelle rien n’est allé correctement.

Au terme d’un épisode déjà pas facile la semaine dernière, celui qui vient de s’écouler a commencé de bien mauvaise façon. Dimanche matin, au milieu d’une fin de semaine de trois jours, le bureau du premier ministre a annoncé le départ de son chef de cabinet, Nigel Wright, celui-là même que Stephen Harper louangeait sans réserve depuis que l’histoire du chèque personnel de 90 000 $ à Mike Duffy avait fait la manchette.

Le bureau du premier ministre n’avait sûrement pas la naïveté de croire que cette histoire du week-end n’aurait pas de suite, mais jamais il n’aurait cru que le raz-de-marée aurait une telle amplitude.

Des questions sans réponse

Les travaux à la Chambre des communes ont repris mardi, mais le premier ministre n’y était pas parce qu’il quittait le pays pour une tournée au Pérou et en Colombie. Il a donc cru bon parler à son caucus avant de partir. Il a toutefois limité son discours à des banalités. M. Harper était choqué par cette histoire de chèque au sénateur Duffy, mais il a laissé vides toutes les autres cases.

Que savait-il de cette affaire? Était-il au courant que son chef de cabinet avait épongé les dettes du sénateur Duffy, à même ses fonds personnels? Est-ce qu’il y a eu des interventions de son bureau pour atténuer les blâmes contre le sénateur Duffy?

Le premier ministre a sauté dans l’avion sans répondre aux questions. Pendant ce temps, en Chambre, le parti au pouvoir a passé un mauvais quart d’heure. Chaque jour a apporté son lot de nouvelles informations, toutes plus incriminantes les unes que les autres.

Pire encore, elles visaient tout l’entourage immédiat du premier ministre, du chef de cabinet, Nigel Wright, jusqu’à la sénatrice Carolyn Stewart-Olsen qui, avant sa nomination au Sénat, a longtemps accompagné Stephen Harper comme attachée de presse, tant au Reform party qu’au Parti conservateur. Mme Stewart-Olsen est soupçonnée d’avoir adouci un rapport très négatif à l’endroit de Mike Duffy. Les partis d’opposition se demandent si l’ordre ne venait pas d’en haut.

La crise au Sénat a des échos en Amérique du Sud

Et pendant que rien n’allait à Ottawa, la situation n’était pas beaucoup plus rose à Lima et à Cali. Le voyage sud-américain de Stephen Harper a été totalement éclipsé par la crise au Sénat et c’est à l’étranger que le premier ministre a dû répondre aux questions inconfortables. Il a réitéré qu’il ignorait tout de cette histoire jusqu’à la semaine dernière et que, peut-être, a-t-il tardé avant d’accepter la démission de son chef de cabinet.

Au moment où M. Harper se démène pour défendre l’intégrité de son bureau, voilà que nous apprenons que la GRC pose des questions, demandent des documents au Sénat afin de savoir s’il y a matière à enquêter sur les dépenses des sénateurs Mike Duffy, Patrick Brazeau et Mac Harb.

Bref, le gouvernement conservateur n’a jamais passé une aussi mauvaise semaine. Stephen Harper revient de voyage et tentera de reprendre le contrôle de la situation. Mais ce sera difficile, car les histoires tordues ne cessent de s’accumuler. L’accalmie ne viendra peut-être pas avant la pause estivale.

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Mauvaise semaine pour les politiciens!

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 publié le 17 mai 2013 à 12 h 23

Chaque semaine apporte son lot de nouvelles troublantes qui minent la confiance des gens envers les politiciens. La commission Charbonneau torpille de façon soutenue leur crédibilité. Alors, sortons de cette commission pour s’attarder à d’autres types d’ennuis et faire le palmarès des trois politiciens qui ont connu la pire semaine.

En troisième position : Denis Coderre. Celui qui est actuellement le favori dans la course à la mairie de Montréal a eu une entrée en scène plutôt chaotique. Déjà, ses intentions étaient le secret le moins bien gardé. Même s’il a fait durer le suspense pendant des mois, personne ne doutait qu’il serait à la ligne de départ.

Il s’est d’abord servi des médias sociaux pour faire son annonce. Se disant du 21e siècle, il a fait un pied de nez aux médias traditionnels. Mais ce que les gens retiendront, ce n’est pas le message contrôlé dans les médias sociaux, mais la conférence de presse devant ces médias traditionnels. Des manifestants ont chahuté, et M. Coderre n’a pas eu l’air en contrôle de la situation. Vedette de Facebook et de Twitter, Denis Coderre devra peut-être regarder de plus près qui est la clientèle qui vote aux élections municipales.

Dans ce domaine, les taux de participation sont bas et les jeunes votent très peu. Ceux qui y participent sont généralement plus âgés, soit une clientèle qui n’a pas nécessairement pris le virage technologique! Alors, comme politicien du 21e siècle, Denis Coderre a des leçons à tirer de son entrée en scène. Il réalisera sûrement qu’il ne peut mettre tous ses oeufs dans le même panier.

En deuxième position : le sénateur Mike Duffy. Quelle semaine horrible pour cet ex-journaliste devenu sénateur. Déjà montré du doigt pour avoir touché des allocations de logement auxquelles il n’avait pas droit, il a déclaré avoir contracté un emprunt à la banque pour rembourser les sommes dues. Or, la vérité était tout autre.

C’est le chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, qui a payé la note personnellement. Il a signé un chèque de plus de 90 000 $ pour effacer la dette du sénateur. Donc, il a vraisemblablement menti, mis le bureau du premier ministre dans l’embarras et, par ricochet, tout le caucus conservateur. La situation est devenue insoutenable pour Duffy dans le caucus conservateur. Il siégera dorénavant comme indépendant. Il garde toutefois son poste de sénateur et son salaire. Les critiques continueront ainsi de pleuvoir sur le gouvernement Harper, les plus vives se tourneront maintenant vers le chef de cabinet, Nigel Wright. Pour l’ensemble de l’oeuvre, Mike Duffy mérite la deuxième position.

En première position : Rob Ford, le maire de Toronto. Le journal Toronto Star, un ennemi juré de Rob Ford, souligne à la une que deux de ses journalistes ont vu une vidéo dans laquelle le maire fume du crack et tient des propos incohérents. Personne d’autre n’a vu cette vidéo, car ceux qui la détiennent tentent d’obtenir une somme d’argent substantielle. Évidemment, l’entourage de Ford nie tout. Les prochains jours seront déterminants.

Cette histoire est-elle vraie ou est-elle montée de toutes pièces? En tout cas, si elle se révèle exacte, il pourrait s’agir d’une des plus spectaculaires histoires de moeurs dans le monde politique canadien. Objectivement, il semble difficile de croire que le Toronto Star ait publié cette nouvelle sans avoir une preuve béton. Pour cette raison, Rob Ford mérite la première place!

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Le mauvais karma des politiciens

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 publié le 10 mai 2013 à 14 h 42

La cote de popularité des politiciens n’a jamais été très élevée, mais les événements des derniers mois laissent croire que cette cote pourrait atteindre un niveau historiquement bas. Pour la réputation des politiciens, ce qui se passe sur les scènes municipale, provinciale et fédérale est une véritable catastrophe.

Le pire, c’est sur la scène municipale. La multiplication des scandales donne l’impression que tout le monde est corrompu, que tous ceux et celles qui se lancent en politique municipale y vont pour se remplir les poches. C’est évidemment faux, mais la succession d’histoires d’horreur relègue au second plan le travail discret et honnête effectué par une majorité d’élus.

Dans l’actualité, la loupe est placée au-dessus de villes comme Boisbriand, régulièrement secouée par des scandales; Montréal, dont il a largement été question à la commission Charbonneau; et plus récemment, Laval, dont l’ex-maire et son entourage sont accusés de gangstérisme, rien de moins! Alors, qui, franchement, songerait à se présenter en politique municipale? Déjà, quand tout va bien, il y a bien peu de prestige à retirer d’une carrière en politique municipale. Maintenant, il y a l’impression générale que tout le monde est corrompu. Les futurs élus devront avoir la peau épaisse!

Au provincial, le pire est à venir. La commission Charbonneau commence à peine à se pencher sur les moeurs des élus, tous partis confondus. Et déjà, ce qui en ressort, c’est que presque tous les partis politiques font toutes sortes de pirouettes pour contourner la loi sur le financement des partis politiques. Le spectaculaire témoin Gilles Cloutier a révélé les stratégies pour encaisser des extras sur les contrats de travaux publics afin de financer les partis provinciaux en se servant de prête-noms. Rien de bien édifiant, encore une fois.

Et le fédéral s’en tire-t-il mieux? Pas vraiment. Si la scène fédérale semble relativement à l’abri des révélations de la commission Charbonneau, peut-on dire que tout ce qui s’y passe est net? Surtout pas! Pensons simplement à l’histoire des « robocalls ». Des électeurs ont reçu des appels robotisés frauduleux pour les décourager d’aller voter. Dans un cas, un employé du Parti conservateur a été montré du doigt pour avoir orchestré cette campagne éthiquement douteuse.

Est-ce que cette supercherie peut avoir été organisée uniquement par ce jeune homme qui avait 23 ans au moment des faits? Le directeur général des élections poursuit son enquête là-dessus.

Il y a aussi eu l’affaire Penashue, ce ministre conservateur qui a dû remettre sa démission parce qu’il a largement dépassé les limites de dépenses permises par la loi électorale. Encore là, la responsabilité a été mise sur les épaules d’un obscur employé du parti.

Puis, plus récemment, il y a ey le scandale des sénateurs qui ont abusé du système. Même s’ils habitaient Ottawa depuis fort longtemps, les sénateurs Mike Duffy, Patrick Brazeau et Mac Harb ont réclamé des dizaines de milliers de dollars pour des frais de logement qu’ils n’auraient jamais dû réclamer.

Alors, il ne faut pas s’étonner que la population ne croie plus en ses politiciens. L’impression de se faire avoir est omniprésente. Il faudra des années et des mesures vigoureuses pour redresser la situation. Ce n’est pas la prochaine génération de politiciens qui verra une embellie.

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Histoire du Canada : l’art de provoquer

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 publié le 3 mai 2013 à 12 h 12

S’il y a un champ de compétence que les provinces protègent jalousement, c’est bien celui de l’Éducation. Pourtant, comme l’a révélé notre collègue Madeleine Blais-Morin, une initiative conservatrice vient jeter de l’huile sur le feu.

Lundi dernier, lors d’une réunion à huis clos, le comité permanent du Patrimoine canadien a adopté la motion suivante :

« Il est convenu que le comité permanent du Patrimoine canadien entreprenne un examen complet d’aspects importants de l’histoire du Canada, y compris ce qui suit :

  • Un compte rendu comparatif détaillé des normes pertinentes et des cours offerts dans les écoles primaires et postsecondaires de chaque province et territoire;
  • Un examen des programmes fédéraux, provinciaux et municipaux destinés à préserver notre histoire et notre patrimoine;
  • Une analyse focalisant sur l’histoire du Canada, notamment sur ce qui suit : la période précédant la création de la Confédération, les débuts de la Confédération, le suffrage, la Première Guerre mondiale, surtout les batailles comme celle de la Crête de Vimy, la Seconde Guerre mondiale, y compris la libération de la Hollande, la bataille d’Ortona, la bataille de l’Atlantique, la guerre de Corée, les missions de maintien de la paix, l’évolution constitutionnelle, le conflit en Afghanistan, le Canada au début du 20e siècle, le Canada après la guerre et la fin du 20e siècle. »

Inutile de dire que cette initiative en a indisposé plusieurs, à commencer par les députés du NPD, membres du comité permanent du Patrimoine canadien. Le député Pierre Nantel a souligné « l’obsession de vouloir réécrire l’histoire » et a soutenu qu’il s’agit grossièrement d’une ingérence dans les compétences provinciales. Le ministre des Affaires intergouvernementales du Québec, Alexandre Cloutier, est allé dans le même sens.

Après la diffusion de cette histoire, le gouvernement Harper a réagi avec empressement. Dans un communiqué, le bureau du premier ministre affirme : « Pour être clair, notre gouvernement n’a aucunement l’intention de dire aux provinces comment enseigner l’histoire. Nous respectons et continuerons à respecter les champs de compétence des provinces. »

Mais alors, la question se pose. Pourquoi dire d’un côté que les champs de compétence seront respectés et, de l’autre, adopter à huis clos une motion qui dit clairement le contraire? Cette histoire laisse l’impression que le gouvernement, dans son désir d’imposer son idéologie, se laisse parfois emporter, puis est obligé de modérer son enthousiasme. Ce qu’il faut retenir de cette affaire, c’est que les partis d’opposition et les provinces ne doivent pas relâcher leur surveillance. Ce gouvernement aime ratisser large, et si personne ne relève ces gestes intrusifs, ce ne sont sûrement pas les députés conservateurs qui s’autocensureront.

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Denis Coderre : la stratégie du striptease

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 publié le 26 avril 2013 à 12 h 44

Nous savons maintenant que Denis Coderre se lancera dans la course à la mairie de Montréal et qu’il créera un parti, L’équipe Denis Coderre pour Montréal. Cette annonce, qui surviendra le 16 mai, mettra fin à un interminable suspense. Le premier article qui a fait état d’une possible candidature de Denis Coderre remonte à août 2010. Presque trois ans : une éternité. Mais c’est surtout depuis un an que toute cette histoire a pris une tournure un peu agaçante. Comme un striptease qui n’en finit plus, Denis Coderre a effeuillé ses intentions, remettant toujours à plus tard sa décision.

Rappelez-vous simplement le fameux souper spaghetti du 9 novembre dernier. Pendant des semaines, tout le monde a cru que c’est là que le député de Bourassa annoncerait ses intentions. Quelques jours avant l’événement, dans une conférence de presse, il a désamorcé le tout, soutenant que la décision ne viendrait qu’après l’élection d’un nouveau chef au Parti libéral du Canada et que, non, il ne serait pas candidat dans cette course-là.

Plusieurs observateurs ont mis en doute la pertinence de cette stratégie du lent striptease. Denis Coderre a toujours dit qu’il ne fallait rien précipiter, qu’il devait consulter avant de prendre une décision si lourde de conséquences. Mais la question se pose : est-il possible que Denis Coderre ait retardé l’annonce de sa candidature simplement parce qu’il ne pouvait quitter son emploi de député un an et demi avant l’élection municipale? Déjà, en se lançant dans la course à la mairie, il se privera de salaire pendant cinq mois et demi, un sacrifice qui n’est pas négligeable pour quelqu’un qui n’est pas indépendant de fortune.

Toujours est-il que peu importe les raisons de sa stratégie, la candidature de Denis Coderre est devenue moins attrayante pour plusieurs. Il faudra voir, le 16 mai, quels seront ses appuis. Aura-t-il le soutien de grosses pointures du monde municipal? Saura-t-il rallier des gens de tous les horizons? Déjà, des rumeurs circulent voulant que Denis Coderre ne soit pas celui que souhaite le monde des affaires. Pour les gens d’affaires, il ne serait pas nécessairement l’homme de la situation. Il y aurait d’intenses discussions pour trouver quelqu’un d’autre dont la candidature serait annoncée quelque part en septembre.

Alors, une lourde tâche attend Denis Coderre, même s’il y a quelques mois à peine il était décrit comme l’incontournable gagnant, le « Régis Labeaume » de Montréal. Il doit tout rebâtir, montrer qu’il peut être rassembleur et qu’il est la personne toute désignée pour faire le ménage à l’Hôtel de Ville de Montréal. Ce sera assurément là son plus gros défi. Denis Coderre ne peut plus se présenter comme le sympathique politicien qui redonnera de la couleur à la ville de Montréal. Les témoignages de la commission Charbonneau ont mis au grand jour toute l’ampleur du problème montréalais. La principale qualité du nouveau maire ne sera pas d’être sympathique. Il devra montrer qu’il a la poigne pour remettre de l’ordre à l’Hôtel de Ville.

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Le Bloc québécois a-t-il un avenir?

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 publié le 20 avril 2013 à 6 h 56

Deux ans après avoir été presque rayé de la carte électorale, le Bloc québécois tient samedi un conseil général en prévision des élections de 2015. Ce sera l’occasion pour l’exécutif de faire le point sur l’état du parti qui, de l’extérieur, semble bien mal en point.

Mon collègue Daniel Thibeault s’est penché sur la question et, dans un reportage qui sera présenté dimanche à l’émission Les coulisses du pouvoir, il interroge des bloquistes sur l’avenir du parti et rencontre aussi des ex qui ont tourné la page.

Le 2 mai prochain sera le deuxième anniversaire de la dégelée historique du Bloc québécois. Jamais dans ses 20 ans d’histoire, le Bloc québécois n’a subi une telle raclée. Le Bloc s’est présenté sept fois devant l’électorat. Avant l’élection de 2011, il a obtenu 54 sièges à deux occasions, en octobre 1993 et en juin 2004. Sa pire performance était de 38 sièges en novembre 2000. Mais en mai 2011, il n’a obtenu que quatre sièges, étant littéralement balayé par la vague orange du NPD.

Depuis, bien mince victoire, le néo-démocrate Claude Patry a quitté son parti pour se joindre au Bloc québécois. Toutefois, un fait demeure : avec ses cinq députés, le Bloc québécois est insignifiant à Ottawa. Statistiquement, le Bloc n’a que 1,6 % des sièges aux Communes, et 6,6 % des sièges au Québec. Alors, il ne faut pas s’étonner que l’opinion de ce parti soit moins sollicitée par les médias. Le Bloc québécois n’est plus une présence incontournable, ne peut plus se prétendre être la voix du Québec à Ottawa. Le nouveau chef, Daniel Paillé, déploie beaucoup d’énergie pour se faire entendre. Mais, dans les faits, le parti incontournable au Québec, c’est le NPD. Avec ses 57 sièges, il représente 76 % des sièges du Québec.

Les Québécois ont donc tourné le dos au Bloc québécois qui, depuis deux ans, semble se chercher une raison d’exister. Certains entrevoient une lueur d’espoir, avec l’élection d’un gouvernement du Parti québécois en septembre dernier. Gilles Duceppe est un de ceux-là. Dans le reportage de Daniel Thibeault, il dit : « Si vous croyez en la souveraineté, vous ne pouvez pas voter pour Mulcair, Trudeau ou Harper. Ça ne tient pas. » M. Duceppe a peut-être oublié les années au cours desquelles les Québécois votaient pour René Lévesque au provincial et pour Pierre Elliott Trudeau au fédéral! L’électeur du Québec est parfois difficile à cerner!

Alors, il reste deux ans et demi au Bloc québécois pour se vendre à l’électorat et démontrer sa pertinence. Il cherchera à prouver qu’il est le seul à pouvoir défendre adéquatement les intérêts du Québec ce que, dira-t-il, ne peuvent faire le NPD, le Parti libéral et le Parti conservateur, pour toutes sortes de raisons.

Le Bloc québécois souhaite donc remettre la machine en route et justifier qu’il est toujours pertinent sur la scène fédérale. Bien peu d’observateurs croient que le Bloc québécois pourra se relever, mais la prudence incite tout de même à ne pas enterrer le parti trop vite. Deux ans et demi, en politique, c’est une éternité. Et, qui sait, une crise constitutionnelle pourrait tout changer. C’est sans doute l’espoir qui fait vivre les bloquistes…

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La nouvelle dynamique à la Chambre des communes

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 publié le 12 avril 2013 à 13 h 57

Stephen Harper à Chambre des communes en 2006

Quand la Chambre des Communes reprendra ses travaux le lundi 15 avril, le visage politique ne sera plus le même et la dynamique non plus. Pourquoi? Parce que le Parti libéral aura un nouveau chef, parce que le NPD sortira tout juste d’un congrès qui lancera le parti dans la dernière étape avant les élections générales de 2015 et parce que le Parti conservateur devra modifier son approche sur sa façon de diriger le pays.

Parlons d’abord du Parti libéral, qui se choisit un chef dimanche. Personne ne doute que le chef qui se lèvera en Chambre lundi prochain pour poser une question sera Justin Trudeau. Sa victoire est tellement évidente qu’il est plus que probable que l’entourage de Trudeau est déjà en train de préparer l’après-victoire. Même si les conservateurs parlent beaucoup de l’inexpérience du futur chef libéral, de son « absence de contenu », un fait demeure. Le parti au pouvoir craint l’effet Trudeau dans le pays. Et déjà, de nombreux sondages indiquent une remontée du PLC qui n’a que 34 sièges à la Chambre des communes.

Alors, la cible pour les conservateurs sera assurément Justin Trudeau et ils feront tout ce qu’il faut pour que la « lune de miel » qui suit généralement l’élection d’un nouveau chef soit la plus courte possible. De leur côté, les libéraux devront entourer leur nouveau chef de gens forts et s’assurer qu’il soit bien perçu jusqu’à la prochaine élection. Dès le 13 mai, il y aura une élection partielle et ce sera un test important pour le parti libéral… Saura-t-il regagner de façon importante la circonscription historiquement libérale de Labrador, perdu lors de la dernière élection à la faveur du conservateur Peter Penashue? Penashue a dû démissionner à cause d’irrégularités dans le financement de sa campagne… Il se représente à la partielle.

Puis, il y a le NPD, en congrès en fin de semaine à Montréal. Thomas Mulcair tente de changer l’image du parti… de l’emmener de la gauche vers le centre. M. Mulcair croit que c’est un des éléments qui permettrait au NPD d’être perçu comme un parti qui peut prendre le pouvoir. Mais le problème des néo-démocrates est le suivant : l’étoile de Thomas Mulcair semble pâlir. Il veut se montrer « premier ministrable », mais il a perdu le mordant qui le caractérisait. Alors, en fin de semaine, il devra convaincre que le virage vers le centre est la solution. Puis, en Chambre, il devra affronter Stephen Harper ET Justin Trudeau. Peut-être devra-t-il retrouver cette combativité qui l’a mené à la tête du NPD. Les prochains mois seront cruciaux pour Thomas Mulcair.

Pour ce qui est des conservateurs, il leur reste deux ans pour montrer qu’ils ne sont pas victimes de l’usure du pouvoir. Ils ont aussi dirigé le pays sans compromis. Ils n’ont jamais tenu compte de l’avis des partis d’opposition, parfois, disent leurs adversaires, au mépris des institutions parlementaires. Dans la perspective d’une lutte à trois, les troupes de Stephen Harper pourraient corriger le tir. Dès lundi, il faudra voir si le premier ministre, qui n’est jamais en Chambre les lundis et vendredis, sera là pour répondre aux questions du nouveau chef libéral. Si c’est le cas, ce sera peut-être le début de cette nouvelle dynamique.

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Depuis mercredi, l’histoire fait beaucoup de bruit dans le monde. Une enquête menée par le Consortium international des journalistes d’enquête, à laquelle Radio-Canada a collaboré, a dévoilé des chiffres troublants sur les paradis fiscaux.

Or, dans le budget Flaherty du 21 mars dernier, un élément important du retour à l’équilibre budgétaire est justement l’élimination des échappatoires fiscales et l’amélioration de l’équité du régime fiscal. Le gouvernement veut ainsi récupérer certaines sommes, et le plan est ambitieux. D’ici à l’année budgétaire 2017-2018, le gouvernement croit pouvoir récupérer 4 389 000 000 $.

Dans le budget, au chapitre 4.1 consacré au plan de rétablissement de l’équilibre budgétaire, le gouvernement Harper rappelle (page 301) que depuis 2006, il a mis de l’avant plus de 75 mesures pour accroître l’intégrité du régime fiscal. Donc, le 4,389 milliards de dollars à récupérer, c’est grâce à ces mesures « canadiennes », et plusieurs experts s’entendent pour dire que l’Agence du revenu du Canada devra être exceptionnellement performante pour arriver à atteindre les objectifs.

Et là où le mur risque d’être le plus difficile à franchir, c’est dans les mesures mises en place dans le secteur de la fiscalité internationale. Dans le budget, le gouvernement a présenté une douzaine de mesures. Il parle de « stratagèmes d’évasion fiscale et d’évitement fiscal agressif internationaux », de « renseignements concernant les personnes non désignées nommément », du « Programme Combattons l’évasion fiscale internationale »… Bref, le gouvernement indique un certain nombre de priorités, mais a tout de même la sagesse de ne pas chiffrer ces mesures. Pas un seul chiffre n’est annoncé, sauf en ce qui concerne les transferts internationaux de fonds par voie électronique. Cette mesure permettra au gouvernement de récupérer seulement 15 millions d’ici 2017-2018.

Autrement dit, le gouvernement Harper dit vouloir être très actif pour régler ce problème qui prive le trésor public de plusieurs milliards de dollars chaque année. Il a le mérite de l’exprimer clairement. Toutefois, tout ça ressemble à des voeux pieux. Il y a des gens dont c’est le métier de trouver les façons de soustraire les revenus de leurs clients au fisc. L’opposition à Ottawa souligne que le gouvernement veut être plus agressif dans ce dossier, mais soumet le ministère du Revenu à des compressions budgétaires. Mais, comme dans tous les cas, le gouvernement répète que les services ne seront pas touchés. Il devra en faire la preuve.

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Habituellement, un budget fédéral qui ne comporte ni hausse de taxes, ni d’impôt, ni coupe draconienne dans la fonction publique est un budget tranquille qui suscite peu de réactions. Or, le budget Flaherty déposé ce jeudi a soulevé colère et indignation parce que plusieurs voient dans ce plan économique des promesses de disputes et de confrontations.

Il y a clairement un affrontement qui se dessine avec les syndicats de la fonction publique fédérale. Dans le budget, le gouvernement exprime ses intentions.

« Le gouvernement, dit le document budgétaire, continuera à l’avenir de veiller à ce que la fonction publique fédérale soit abordable, moderne et performante. À cette fin, il examinera la rémunération globale des employés et les avantages sociaux des pensionnés, et il proposera des changements au régime des relations de travail » (budget fédéral, p. 298).

Les syndicats de la fonction publique sont déjà sur un pied de guerre, convaincus que le gouvernement cherchera la bagarre à compter de l’an prochain.

Et parlant de syndicats, que dire de cette mesure qui met fin au crédit d’impôt privilégié dont bénéficiaient les fonds d’investissements des travailleurs, comme ceux de la FTQ et de la CSN? Cette décision a été largement décriée, et pas seulement par les syndicats. Tous les partis à l’Assemblée nationale ont dénoncé cette décision du fédéral qui, selon eux, n’a pas fait ses devoirs, a mal évalué la portée de cette décision sur les petits épargnants et l’investissement local. Le gouvernement Harper recule rarement. Une partie de bras de fer semble inévitable dans ce dossier.

Et si le gouvernement du Québec est outré par le dossier des fonds d’investissements des travailleurs, il l’est tout autant, sinon plus, par celui de la formation de la main-d’oeuvre. Nettement insatisfait du travail effectué par les provinces, Ottawa veut reprendre le « leadership » dans ce dossier. C’est le terme utilisé par le ministre Christian Paradis. Le Québec et l’Ontario affirment faire le travail avec compétence. Le gouvernement Marois considère que le geste d’Ottawa est un affront. Le chef du NPD Thomas Mulcair va dans le même sens. « En voulant s’assurer de coller une feuille d’érable sur le chèque, ils sont en train de faire un gâchis administratif », soutient le chef néo-démocrate. Ottawa et Québec pourront-ils discuter sereinement de ce dossier? Rien ne l’indique en tout cas.

Puis, il y a les Premières Nations qui, après les manifestations d’Idle no More, avaient de grandes attentes. Le gouvernement soutient qu’elles recevront 730 millions de dollars et insiste pour dire que les Premières Nations sont mentionnées dans tous les chapitres du budget. Bel effort, disent les Autochtones, mais nettement insuffisant. Le gouvernement est politiquement correct dans ce budget, mais, dit le chef Shawn Atleo, les investissements ne sont pas au rendez-vous. Ce n’est pas ce budget, ajoute-t-il, qui refera les ponts entre le gouvernement et les nations autochtones.

Donc, il est fort possible que lors de la prochaine élection générale en octobre 2015, le gouvernement conservateur ait équilibré ses finances. Le déséquilibre sera probablement dans les relations avec les provinces, les syndicats et les Premières Nations, ce qui n’est pas nécessairement une recette gagnante avant une campagne électorale…

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