Archives du collaborateur Yves Malo


À propos de Yves Malo

Yves Malo est responsable des affectations à la radio et à la télé au bureau parlementaire de Radio-Canada à Ottawa depuis 2010. Il a travaillé comme journaliste à TVA de 1998 à 2010, dont cinq ans comme correspondant à l'Hôtel de ville de Montréal et cinq ans comme correspondant parlementaire à Ottawa. Il a aussi été journaliste à TQS de 1986 à 1998, et à CKAC, de 1985 à 1986. Avant cela, il a enseigné les sciences politiques au Cégep Lionel-Groulx, de 1983 à 1986.

Les voyages aux frais de l’État

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 publié le 20 février 2014 à 14 h 43

C’est samedi prochain, le 22 février, que l’archevêque de Québec, Gérald Cyprien Lacroix, sera officiellement accueilli au Collège des cardinaux dans une cérémonie à Rome. Il s’agit d’un événement important pour l’Église catholique, particulièrement au Québec.

En février 2012, une délégation de 25 dignitaires du gouvernement fédéral, dirigée par le ministre des Finances Jim Flaherty, est allée à Rome pour l’élévation de l’archevêque de Toronto, Thomas Collins.  Cette fois, le gouvernement fédéral enverra une délégation plus modeste à Rome pour souligner l’élévation de monseigneur Lacroix au rang de cardinal. Douze personnes se rendront donc à Rome en fin de semaine. Dépense excessive? Déplacement injustifié? À vous de juger.

C’est le ministre des Infrastructures Denis Lebel qui dirigera cette délégation. Parmi les 11 autres personnes, il y a certaines évidences, comme l’ambassadeur Jon Allen, chargé d’affaires au Saint-Siège, Régis Labeaume, maire de Québec, la ville dont monseigneur Lacroix est l’archevêque, Daniela Renosto, la déléguée du Québec à Rome.

Là où il faut peut-être se poser des questions, c’est relativement à la présence de cinq députés et de deux sénateurs. Les sénateurs Suzanne Fortin-Duplessis et Noël Kinsella seront du voyage, tout comme les députés conservateurs Corneliu Chisu (Pickering-Scarborough East, Ontario), Leon Benoit (Vegreville-Wainwright, Alberta). Il y aura aussi des députés de l’opposition : les néo-démocrates François Lapointe (Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, Québec) et Ruth Ellen Brosseau (Berthier-Maskinongé, Québec) et le libéral Massimo Pacetti (Saint-Léonard-Saint-Michel). La dernière personne dont la présence reste à confirmer est le lieutenant-gouverneur du Québec, Pierre Duchesne.

Des questions se posent. En période de restrictions budgétaires, est-il approprié d’envoyer 12 personnes à cette cérémonie à Rome? Les membres de cette délégation ont-ils tous un lien évident avec l’Église catholique? S’agit-il d’une récompense que les partis accordent à certains députés, peu importe leur lien avec monseigneur Lacroix? En envoyant des membres de tous les partis, le gouvernement s’assure-t-il la docilité de tous?

Peut-être tout cela est-il parfaitement justifié, mais peut-être pas. Un grand rassemblement est prévu à Québec le 28 février, au retour du cardinal Lacroix. Il sera intéressant de voir si les partis fédéraux y enverront une délégation.

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Gouvernement Harper : la compassion à géométrie variable

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 publié le 8 novembre 2013 à 12 h 50

Malgré les déboires à répétition du maire de Toronto, Rob Ford, ses amis conservateurs de la scène fédérale continuent de le soutenir, de l’épauler. Personne ne demande sa démission, personne ne l’a condamné.

Le président du Conseil du Trésor Tony Clement a affirmé qu’il priait pour Rob Ford. Pas plus tard que la semaine dernière, le député conservateur ontarien Parm Gill a qualifié Rob Ford de « great mayor », un grand maire.

Et que dire du ministre des Finances Jim Flaherty. Il est devenu excessivement émotif, au bord des larmes, quand il a été interrogé jeudi sur les déboires de son ami Rob Ford. Constatez par vous-même le désarroi du ministre Flaherty :

Avoir de la compassion n’est pas un défaut, loin de là. Le problème, c’est quand cette compassion ne s’applique qu’aux amis. Alors qu’ils sont des partisans de la ligne dure en ce qui concerne l’application de la loi et de l’ordre, les conservateurs de Stephen Harper sont, entre eux, très indulgents. Il faut des preuves en béton avant que ce gouvernement laisse tomber un des siens.

Pensons simplement à l’affaire des appels robotisés illégaux ou au député Dean Del Mastro, longtemps soutenu par Stephen Harper malgré des dépenses illégales lors des dernières élections. Et que dire de la crise du Sénat. Les sénateurs Wallin, Brazeau et Duffy ont été appuyés par le gouvernement jusqu’à ce que cette histoire devienne indéfendable.

Quand les contrevenants ne sont pas les amis du gouvernement, c’est une tout autre affaire. Pensez, par exemple, à ces militants canadiens de Greenpeace, détenus en Russie depuis le 19 septembre. Les familles d’Alexandre Paul et de Paul Ruzycki sont venues supplier le gouvernement d’intervenir la semaine dernière à Ottawa. Leur appel est resté sans réponse.

Rappelez-vous également la position sans compromis du gouvernement Harper dans le dossier des sites de supervision pour les gens qui s’injectent de la drogue. Plusieurs estiment que les conservateurs veulent punir et non pas aider les utilisateurs de drogue. Justin Trudeau, qui a pris position en faveur de la légalisation de la marijuana, fait l’objet d’attaques quotidiennes des conservateurs en Chambre.

Sans oublier les propos du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu qui, en février 2012, suggérait que chaque personne condamnée pour meurtre devrait avoir une corde pour se pendre dans sa cellule. Dans un autre registre, plusieurs ont condamné la réforme de l’assurance-emploi. Pour eux, cette réforme est très dure envers les chômeurs et manque nettement de compassion envers les travailleurs saisonniers.

Autrement dit, les conservateurs de Stephen Harper semblent avoir de la compassion, mais pour les amis seulement. C’est ce qu’on appelle la compassion à géométrie variable…

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Le silence de Trudeau

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 publié le 31 octobre 2013 à 16 h 05

Dans ses publicités, le chef libéral, Justin Trudeau, ne mentionne pas le nom de Stephen Harper.

Dans la crise qui secoue actuellement le Sénat et le gouvernement Harper, plusieurs observateurs trouvent Justin Trudeau bien silencieux, à peu près absent du débat. À n’en pas douter, le maître du jeu, celui qui torpille inlassablement le gouvernement Harper en Chambre, c’est Thomas Mulcair… très très loin devant Justin Trudeau. Mais se pourrait-il qu’il s’agisse là d’une stratégie bien planifiée? Vous pouvez parier que oui.

Dans le camp libéral, tous les stratèges sont bien conscients que sur le terrain de la critique, des batailles de tranchées et des déclarations assassines, Justin Trudeau n’arrive pas à la cheville du chef du Nouveau Parti démocratique (NPD). Il est alors logique de penser que les libéraux ont choisi de faire porter un autre chapeau à leur chef : le chapeau de celui qui est au-dessus de la mêlée et de celui vers qui les gens se tourneront quand viendra le temps d’élire un premier ministre.

Depuis déjà plusieurs semaines, Justin Trudeau se présente comme un politicien positif, tourné vers les préoccupations de la classe moyenne, loin des bagarres parlementaires qui déçoivent tant d’électeurs. Son pari, c’est que les électeurs désabusés, fatigués des conservateurs, se tourneront vers celui qui a un message positif et non pas vers le NPD, dont le chef est souvent perçu comme un bagarreur ou, pire, comme un politicien chicanier.

À court terme, cependant, celui qui tire le plus de bénéfices de ce qui se passe à Ottawa est Thomas Mulcair. Un sondage de la firme Ipsos Reid mené pour CTV et réalisé entre le 25 et le 28 octobre – en pleine crise du Sénat – confirme la remontée des néo-démocrates. Ce sondage donne 31 % d’appui aux libéraux, le même pourcentage que lors du mois de septembre. Du côté des conservateurs, ils ont baissé de deux points et se situent à 30 %. Quant au NPD, il a bondi de 5 points pour rejoindre les libéraux à 31 %. C’est un bond spectaculaire.

C’est donc une course à trois qui se dessine. Mais le pari de Justin Trudeau et des libéraux, c’est qu’en octobre 2015, le positivisme se traduira par davantage de votes que l’attitude bagarreuse de Thomas Mulcair. À preuve, regardez et écoutez cette publicité que le Parti libéral du Canada lancera au début de la semaine prochaine, tout juste après la conclusion du congrès du Parti conservateur du Canada.

Un pari réussi?

Cette publicité de Justin Trudeau ne passera pas à l’histoire, mais le ton est clair. Le chef libéral se présente comme « le bon père de famille » rassembleur, et qui veut faire les choses autrement. Gagnera-t-il son pari? À court terme, la crise actuelle profite au NPD et à Thomas Mulcair. Les libéraux semblent croire que leur stratégie peut être rentable à long terme. Mais octobre 2015 est encore bien loin et la stratégie de « Monsieur positif » pourrait s’essouffler…

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Quand ça ne va pas comme prévu!

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 publié le 22 octobre 2013 à 15 h 18

Quand, à la mi-septembre, Stephen Harper a annoncé la prorogation du Parlement et un discours du Trône le 16 octobre, il avait clairement en tête deux objectifs.

D’abord, relancer son gouvernement pour la dernière ligne droite avant les élections d’octobre 2015. Dans ce discours, il a annoncé qu’il voulait prendre le parti des consommateurs, une stratégie qui peut être gagnante avant une campagne électorale. Puis, il voulait assurément mettre derrière lui la crise du Sénat dans laquelle les conservateurs se sont englués au printemps dernier.

Ajoutez à cela une entente de principe sur un accord de libre-échange avec l’Union européenne, une entente qui devrait se finaliser quelques mois avant le scrutin général. Bref, le gouvernement Harper a tout fait pour mettre en place les conditions gagnantes pour sa réélection.

Malgré une pause parlementaire de 120 jours, les débats ont repris en Chambre, là où ils avaient été laissés, c’est-à-dire sur la crise au Sénat et les soupçons d’implication du bureau du premier ministre Harper dans cette histoire.

Quelques heures avant le retour en Chambre de Stephen Harper, l’avocat du sénateur Mike Duffy a convoqué la presse parlementaire. Me Donald Bayne a soutenu que le bureau du premier ministre savait tout depuis le début et que son client a même été menacé de congédiement s’il ne suivait pas les règles imposées par le personnel de Stephen Harper.

Ce que le gouvernement Harper a voulu laisser dans l’ombre s’est donc retrouvé, encore une fois, sous les feux de l’actualité. Les partis d’opposition ont sauté sur ce cadeau inespéré et s’en donnent à coeur joie. Le premier ministre et les membres de son cabinet tentent par tous les moyens de ramener le débat sur l’entente de principe d’un accord de libre-échange, mais rien n’y fait. La crise du Sénat leur colle à la peau, et les dernières révélations de Me Bayne laissent planer qu’il pourrait y avoir d’autres révélations au fil des semaines.

Le gouvernement tente d’éteindre le feu en faisant adopter des motions pour suspendre les sénateurs Brazeau, Duffy et Wallin sans salaire. Tout ça ne se fera pas sans laisser de traces. Ce boulet, tout indique que les conservateurs le traîneront jusqu’à la prochaine élection.

Ajoutez à cela que le gouvernement Harper tente de corriger son erreur avec la nomination du juge Marc Nadon à la Cour suprême du Canada. Un avocat torontois conteste cette nomination, car le juge nommé doit provenir de la Cour supérieure ou de la Cour d’appel et non pas de la Cour fédérale. Le gouvernement tente de corriger le tir, en incluant dans le projet de loi de l’application du budget, de nouvelles règles pour rendre parfaitement légitime la nomination du juge Nadon.

Non. Une semaine après la rentrée parlementaire, rien ne se déroule comme prévu pour le gouvernement Harper…

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Gérer par communiqués

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 publié le 11 octobre 2013 à 11 h 06

Le gouvernement Harper n’a jamais été un modèle de communications. Même s’il a été élu par la population, même s’il doit répondre publiquement de ses actions, ce gouvernement semble de moins en moins enclin à rendre des comptes ou, tout simplement, à occuper l’espace public. Depuis quelques mois, les conservateurs privilégient, sur à peu près tous les sujets, la publication de laconiques communiqués.

Voici quatre exemples récents.

Parlons de ces deux Canadiens détenus en Égypte pendant plusieurs semaines. Qu’a fait le gouvernement Harper pour régler le dossier, pour dénouer l’impasse? Les Canadiens sont en droit de savoir ce qu’un gouvernement fait pour aider ses ressortissants en difficulté à l’étranger. Voici ce que disait la ministre Lynne Yelich pendant la détention des deux hommes :

« Le 29 septembre 2013 — La ministre d’État (Affaires étrangères et consulaires), l’honorable Lynne Yelich, a fait aujourd’hui la déclaration suivante :

Nous avons été déçus aujourd’hui d’apprendre que le Dr Loubani et M. Greyson vont demeurer en détention.

Le Canada continue de demander que cette situation soit résolue de façon rapide et positive; en l’absence d’une confirmation des accusations qui pèsent contre eux, il réclame une fois de plus leur libération.

Le ministre Baird et moi-même sommes en étroite communication avec des représentants égyptiens et nous avons eu plusieurs échanges avec ces derniers; aussi, nos représentants de l’ambassade au Caire continuent de tenir des rencontres régulières avec de hauts responsables du gouvernement égyptien sur ce dossier.


Le bien-être du Dr Loubani et de M. Greyson est notre priorité absolue. Nos représentants consulaires continuent de pouvoir les rencontrer et nous sommes en communication régulière avec l’avocat des Canadiens et leurs familles. »

Puis, après sept semaines de détention, les deux hommes sont relâchés. Leur statut demeure incertain pendant une semaine, car ils ne peuvent quitter l’Égypte. Que s’est-il passé? Y a-t-il eu des tractations entre les deux gouvernements? Voici ce que la ministre s’est limitée à dire :

« Le 11 octobre 2013 — La ministre d’État (Affaires étrangères et consulaires), l’honorable Lynne Yelich, a fait aujourd’hui la déclaration suivante :


Le Canada se joint aux familles de MM. Loubani et Greyson pour célébrer leur retour au Canada.


Je remercie le gouvernement de l’Égypte de son aide inestimable dans ce dossier et d’avoir donné un accès consulaire régulier aux deux Canadiens.


Je tiens à remercier également l’ambassadeur du Canada en Égypte de même que son équipe consulaire qui ont fourni un soutien et une assistance continus à MM. Loubani et Greyson, ainsi qu’à leurs familles.


Je rappelle aux Canadiens de consulter voyage.gc.ca afin de se renseigner sur les lois locales avant de voyager à l’étranger. »

Autre exemple :

Alors que le débat sur le suicide assisté prend de plus en plus d’ampleur au pays, la Cour d’appel de la Colombie-Britannique a, dans une décision partagée, maintenu l’interdiction du suicide assisté. Plusieurs croient que le ministre de la Justice aurait dû expliquer clairement la position de son gouvernement, répondre aux multiples questions que suscite ce jugement. Or, le ministre MacKay a choisi de réagir par le communiqué suivant :

« La décision prise aujourd’hui par la Cour d’appel de la Colombie-Britannique renforce l’avis du gouvernement que les dispositions du Code criminel qui interdisent aux professionnels de la santé ou à qui que ce soit d’autre de donner des conseils en vue d’aider quelqu’un à se suicider ou d’aider quelqu’un à se suicider sont valide sur le plan constitutionnel. Les lois au sujet de l’euthanasie et du suicide assisté servent à protéger tous les Canadiens, notamment les plus vulnérables. »

L’homme d’affaires Paul Desmarais est décédé cette semaine. Toute la classe politique a réagi. Les anciens premiers ministres Jean Chrétien, Paul Martin, Brian Mulroney se sont exprimés publiquement. Stephen Harper revenait d’Indonésie. A-t-il délégué un ministre senior pour parler au nom du gouvernement? Non. Il a publié un communiqué :

« Le premier ministre Stephen Harper a fait aujourd’hui la déclaration suivante au sujet du décès de l’honorable Paul Desmarais :


Au nom de tous les Canadiens, Laureen et moi offrons nos plus sincères condoléances à la famille et aux amis de Paul Desmarais.


M. Desmarais, un des hommes d’affaires du Canada qui a le mieux réussi, était connu pour son leadership, son intégrité, sa vision d’envergure internationale et son profond attachement à son pays. Il participait aussi activement au milieu des services communautaires, ainsi qu’à ceux de l’éducation et des arts.


En 1968, M. Desmarais a pris le contrôle de la société Power Corporation du Canada. Il a dirigé cette entreprise à titre de président du conseil et de chef de la direction, de 1968 à 1996, puis à titre de président du comité exécutif du conseil. Il a aussi été le président fondateur du conseil d’administration du Conseil commercial Canada-Chine.


Ses accomplissements ont valu à M. Desmarais de nombreuses décorations, notamment le titre de compagnon de l’Ordre du Canada, en 1987, d’officier de l’Ordre national du Québec, en 1988, et son assermentation à titre de membre du Conseil privé du Canada, en 1992. En 2008, la France lui a décerné la Grand-Croix de l’Ordre national de la Légion d’honneur. En 2007, il a reçu le Prix d’excellence pour le leadership au Canada de l’Université d’Ottawa, qui a aussi nommé un de ses bâtiments en son honneur.


On se souviendra de M. Desmarais comme d’un chef d’entreprise unique, qui a amélioré la vie des Canadiens, par les emplois qu’il a créés et par son travail caritatif. »

Même pour les bonnes nouvelles, ce gouvernement refuse de faire des déclarations publiques. Alice Munro est devenue la première Canadienne à recevoir le prix Nobel de littérature. Culturellement, c’est un événement majeur dans l’histoire du pays. Le premier ministre ou sa ministre du patrimoine ont-ils rendu un hommage à Mme Munro? Oui, mais seulement avec un communiqué…

Le premier ministre Stephen Harper a fait aujourd’hui la déclaration suivante après avoir appris que l’auteure canadienne Alice Munro avait remporté le prix Nobel de littérature de cette année :

« Au nom de tous les Canadiens, j’aimerais féliciter Alice Munro d’être la première Canadienne à remporter la distinction internationale la plus prestigieuse en littérature.


Les Canadiens sont énormément fiers de cet accomplissement remarquable, qui est le point culminant d’une vie d’écriture exceptionnelle.


Mme Munro est une géante de la littérature canadienne, et ce prix Nobel renforce davantage la place que le Canada occupe dans les rangs des pays qui ont chez eux les meilleurs écrivains du monde.


Je suis convaincu que l’ensemble de l’œuvre exceptionnelle de Mme Munro et cet accomplissement monumental inciteront les écrivains canadiens de tous les niveaux à travailler à l’atteinte de l’excellence dans le domaine littéraire et à suivre leur passion pour l’écriture. »

Alors, voilà. En évitant de se présenter sur la place publique pour répondre aux questions, le gouvernement s’assure de bien contrôler son message et de ne pas avoir à répondre aux questions sur d’autres sujets qu’il estime délicats ou inconfortables. Mais faut-il vraiment se contenter d’un gouvernement qui parle de moins en moins et gère les communications du pays à coups de communiqués?

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La prorogation et la visibilité des partis politiques

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 publié le 20 septembre 2013 à 14 h 01

Quand Stephen Harper a annoncé la prorogation du Parlement et ainsi retardé d’un mois la rentrée parlementaire, il a atteint deux buts : éviter de répondre quotidiennement à des questions embarrassantes, mais aussi priver les partis d’opposition d’une visibilité médiatique.

Quand la Chambre des communes siège, les partis politiques ont une présence quasi quotidienne dans les grands médias traditionnels. Pensez simplement aux chaînes de nouvelles en continu qui vont si souvent en direct à la période de questions de la Chambre et les extraits qui se retrouvent dans les bulletins de nouvelles radio, télé et web. Avec la prorogation, les partis politiques sont ainsi privés d’une visibilité inespérée. Tout ça fait habituellement l’affaire des partis au pouvoir qui veulent contrôler l’ordre du jour et faire « la une » à leur convenance.

Mais pour les partis d’opposition, c’est presque une catastrophe. Ils doivent trouver le moyen de rester dans l’actualité. Et les moyens d’y arriver sont peu nombreux. Tant le NPD que le Parti libéral du Canada ont travaillé fort cette semaine pour « faire les nouvelles », avec peu de succès, il faut le convenir. Le NPD a tenu une période de questions virtuelle sur son site Internet afin, souhaite-t-il, de talonner le gouvernement Harper comme il l’a si bien fait le printemps dernier. Chaque jour de la semaine, les députés du NPD ont mis leurs questions en ligne, plus d’une vingtaine par jour. Les conservateurs ont répondu à deux questions et les néo-démocrates estiment avoir rejoint autour de 98 000 personnes pendant les quatre premiers jours de la période de questions virtuelle.

Ils admettent cependant avoir prêché à des gens convaincus et que l’exercice a surtout été suivi par la base militante du parti.

Même chose pour le Parti libéral et Justin Trudeau. Le chef libéral a tenu deux points de presse au cours de la semaine et a eu deux conversations en ligne, également suivies essentiellement par des libéraux.

En contrepartie, il faut admettre que l’actualité a été abondante et a laissé peu de place aux exercices médiatiques des partis d’opposition. Le tragique accident d’autobus à Ottawa, la charte des valeurs, la perquisition de l’UPAC dans les bureaux du PLQ, et les révélations à la commission Charbonneau ont monopolisé les bulletins de nouvelles. Voilà donc que les partis d’opposition devront trouver le moyen de faire parler d’eux d’ici au 16 octobre. C’est la date du discours du Trône et de la reprise des travaux parlementaires. Trois semaines et demie à meubler, à tenter de susciter l’intérêt des médias pendant un automne chargé. S’ils n’y arrivent pas, Stephen Harper aura gagné son pari…

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C-377… le projet de loi de la controverse

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 publié le 21 juin 2013 à 14 h 51

Le Sénat du Canada

Bien que la Chambre des communes ne siège plus depuis mardi dernier, le travail se poursuit tout de même au Parlement, plus particulièrement au Sénat. La Chambre haute doit donner son aval à un certain nombre de projets de loi adoptés aux Communes avant le départ pour la pause estivale.

Parmi ces projets de loi, il y a le controversé C-377, un projet de loi privé du conservateur Russ Hiebert. Bien qu’adopté en troisième lecture en décembre dernier, le projet de loi fait toujours l’objet d’études au Sénat, en raison de son caractère très controversé.

Il s’agit du projet de loi dont le texte modifie la loi de l’impôt sur le revenu afin d’exiger que les organisations ouvrières (syndicats) fournissent des renseignements financiers au ministre pour qu’il puisse les rendre publics. Autrement dit, que les syndicats dévoilent tout, alors que rien n’est exigé des organisations patronales. Les syndicats crient à l’injustice. Les partis d’opposition ont tous pris position contre le projet de loi C-377.

Actuellement, des rumeurs disent que le gouvernement Harper fait pression sur le Sénat pour qu’il adopte au plus vite le projet C-377. Les conservateurs pourraient ainsi arriver à leur congrès la semaine prochaine à Calgary, en brandissant la nouvelle loi comme un trophée pour satisfaire la base plus à droite, qui estime que le gouvernement ne respecte pas ses engagements de serrer la vis aux syndicats.

Mais tout indique que le gouvernement ne pourra pas se targuer d’avoir fait adopter ce projet de loi, et pour deux raisons. La première, c’est que plusieurs sénateurs, même des conservateurs, ne sont pas très emballés par le projet de loi C-377. Au moins quatre d’entre eux se sont publiquement prononcés contre. Le sénateur Pierre-Claude Nolin a même affirmé que, selon lui, jamais le projet ne passera le test de la Charte des droits et que sa constitutionnalité est sérieusement mise en doute.

La seconde raison, c’est que plusieurs sénateurs, échaudés par la crise qui a secoué leur institution, en veulent au gouvernement Harper et estiment avoir été abandonnés par leur parti. Ils ne manifestent donc pas trop d’empressement à satisfaire Stephen Harper. Ils affirment qu’ils prendront le temps nécessaire et qu’ils ne céderont à aucune pression, même si elle vient du bureau du premier ministre.

Le 25 juin, les sénateurs reviendront donc siéger et continueront d’étudier le projet de loi C-377. Est-ce que le Sénat à majorité conservatrice osera le rejeter? Probablement pas. L’insatisfaction pourrait cependant faire en sorte que l’adoption du projet de loi soit remise à l’automne. La « rébellion » n’ira probablement pas plus loin.

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Une question d’image…

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 publié le 7 juin 2013 à 12 h 20

L’avion repeint

Quand Stephen Harper s’envolera pour l’Europe mardi prochain, ce sera à bord de son avion nouvellement repeint. Il ne sera plus du traditionnel gris vert militaire, mais rouge, blanc et… bleu. Pas blanc et rouge comme le drapeau du Canada, mais rouge, blanc et bleu. L’avion du premier ministre, affirme le chef de l’opposition, est maintenant aux couleurs du Parti conservateur! Appelé à se prononcer sur le nouveau look de l’Airbus 310, repeint au coût de 50 000 $, Thomas Mulcair a déclaré :

« Je trouve que c’est encore une fois une indication que l’équipe de Stephen Harper est toujours en train d’enlever les lignes de démarcation entre les fonds publics et l’avoir propre d’un parti politique. Les couleurs de l’avion qui ont coûté une fortune aux contribuables sont les couleurs et le logo du Parti conservateur. Je peux juste vous assurer d’une chose. Je vous promets, le NPD, dès qu’on forme le gouvernement en 2015, ne va pas peinturer l’avion orange. C’est un avion du gouvernement, pas un avion du parti. »

L’avion avant

Au gouvernement, on se défend que l’avion soit aux couleurs du parti. C’est un mélange, dit-il, de symboles canadiens comme le drapeau, les armoiries du pays et le logo de l’aviation canadienne.

Évidemment, cette histoire tombe bien mal pour le gouvernement. Bien sûr, l’avion devait faire l’objet d’une révision majeure et devait être repeint. En temps normal, l’histoire serait passée inaperçue. Mais dans le contexte où des questions se posent sur les chevauchements entre les activités partisanes et les activités gouvernementales et sur la façon dont s’est dénouée l’histoire du sénateur Duffy et le remboursement des frais qu’il n’aurait pas dû réclamer, il y a fort à parier que le gouvernement Harper ne soulignera pas en grandes pompes le nouveau look de l’avion du premier ministre!

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La pire semaine du gouvernement Harper

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 publié le 24 mai 2013 à 15 h 35

Chaque gouvernement a ses hauts et ses bas. Mais cette semaine, le gouvernement Harper a connu un bas historique. Sa pire performance depuis son élection en janvier 2006. Quelle semaine horrible au cours de laquelle rien n’est allé correctement.

Au terme d’un épisode déjà pas facile la semaine dernière, celui qui vient de s’écouler a commencé de bien mauvaise façon. Dimanche matin, au milieu d’une fin de semaine de trois jours, le bureau du premier ministre a annoncé le départ de son chef de cabinet, Nigel Wright, celui-là même que Stephen Harper louangeait sans réserve depuis que l’histoire du chèque personnel de 90 000 $ à Mike Duffy avait fait la manchette.

Le bureau du premier ministre n’avait sûrement pas la naïveté de croire que cette histoire du week-end n’aurait pas de suite, mais jamais il n’aurait cru que le raz-de-marée aurait une telle amplitude.

Des questions sans réponse

Les travaux à la Chambre des communes ont repris mardi, mais le premier ministre n’y était pas parce qu’il quittait le pays pour une tournée au Pérou et en Colombie. Il a donc cru bon parler à son caucus avant de partir. Il a toutefois limité son discours à des banalités. M. Harper était choqué par cette histoire de chèque au sénateur Duffy, mais il a laissé vides toutes les autres cases.

Que savait-il de cette affaire? Était-il au courant que son chef de cabinet avait épongé les dettes du sénateur Duffy, à même ses fonds personnels? Est-ce qu’il y a eu des interventions de son bureau pour atténuer les blâmes contre le sénateur Duffy?

Le premier ministre a sauté dans l’avion sans répondre aux questions. Pendant ce temps, en Chambre, le parti au pouvoir a passé un mauvais quart d’heure. Chaque jour a apporté son lot de nouvelles informations, toutes plus incriminantes les unes que les autres.

Pire encore, elles visaient tout l’entourage immédiat du premier ministre, du chef de cabinet, Nigel Wright, jusqu’à la sénatrice Carolyn Stewart-Olsen qui, avant sa nomination au Sénat, a longtemps accompagné Stephen Harper comme attachée de presse, tant au Reform party qu’au Parti conservateur. Mme Stewart-Olsen est soupçonnée d’avoir adouci un rapport très négatif à l’endroit de Mike Duffy. Les partis d’opposition se demandent si l’ordre ne venait pas d’en haut.

La crise au Sénat a des échos en Amérique du Sud

Et pendant que rien n’allait à Ottawa, la situation n’était pas beaucoup plus rose à Lima et à Cali. Le voyage sud-américain de Stephen Harper a été totalement éclipsé par la crise au Sénat et c’est à l’étranger que le premier ministre a dû répondre aux questions inconfortables. Il a réitéré qu’il ignorait tout de cette histoire jusqu’à la semaine dernière et que, peut-être, a-t-il tardé avant d’accepter la démission de son chef de cabinet.

Au moment où M. Harper se démène pour défendre l’intégrité de son bureau, voilà que nous apprenons que la GRC pose des questions, demandent des documents au Sénat afin de savoir s’il y a matière à enquêter sur les dépenses des sénateurs Mike Duffy, Patrick Brazeau et Mac Harb.

Bref, le gouvernement conservateur n’a jamais passé une aussi mauvaise semaine. Stephen Harper revient de voyage et tentera de reprendre le contrôle de la situation. Mais ce sera difficile, car les histoires tordues ne cessent de s’accumuler. L’accalmie ne viendra peut-être pas avant la pause estivale.

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Mauvaise semaine pour les politiciens!

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 publié le 17 mai 2013 à 12 h 23

Chaque semaine apporte son lot de nouvelles troublantes qui minent la confiance des gens envers les politiciens. La commission Charbonneau torpille de façon soutenue leur crédibilité. Alors, sortons de cette commission pour s’attarder à d’autres types d’ennuis et faire le palmarès des trois politiciens qui ont connu la pire semaine.

En troisième position : Denis Coderre. Celui qui est actuellement le favori dans la course à la mairie de Montréal a eu une entrée en scène plutôt chaotique. Déjà, ses intentions étaient le secret le moins bien gardé. Même s’il a fait durer le suspense pendant des mois, personne ne doutait qu’il serait à la ligne de départ.

Il s’est d’abord servi des médias sociaux pour faire son annonce. Se disant du 21e siècle, il a fait un pied de nez aux médias traditionnels. Mais ce que les gens retiendront, ce n’est pas le message contrôlé dans les médias sociaux, mais la conférence de presse devant ces médias traditionnels. Des manifestants ont chahuté, et M. Coderre n’a pas eu l’air en contrôle de la situation. Vedette de Facebook et de Twitter, Denis Coderre devra peut-être regarder de plus près qui est la clientèle qui vote aux élections municipales.

Dans ce domaine, les taux de participation sont bas et les jeunes votent très peu. Ceux qui y participent sont généralement plus âgés, soit une clientèle qui n’a pas nécessairement pris le virage technologique! Alors, comme politicien du 21e siècle, Denis Coderre a des leçons à tirer de son entrée en scène. Il réalisera sûrement qu’il ne peut mettre tous ses oeufs dans le même panier.

En deuxième position : le sénateur Mike Duffy. Quelle semaine horrible pour cet ex-journaliste devenu sénateur. Déjà montré du doigt pour avoir touché des allocations de logement auxquelles il n’avait pas droit, il a déclaré avoir contracté un emprunt à la banque pour rembourser les sommes dues. Or, la vérité était tout autre.

C’est le chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, qui a payé la note personnellement. Il a signé un chèque de plus de 90 000 $ pour effacer la dette du sénateur. Donc, il a vraisemblablement menti, mis le bureau du premier ministre dans l’embarras et, par ricochet, tout le caucus conservateur. La situation est devenue insoutenable pour Duffy dans le caucus conservateur. Il siégera dorénavant comme indépendant. Il garde toutefois son poste de sénateur et son salaire. Les critiques continueront ainsi de pleuvoir sur le gouvernement Harper, les plus vives se tourneront maintenant vers le chef de cabinet, Nigel Wright. Pour l’ensemble de l’oeuvre, Mike Duffy mérite la deuxième position.

En première position : Rob Ford, le maire de Toronto. Le journal Toronto Star, un ennemi juré de Rob Ford, souligne à la une que deux de ses journalistes ont vu une vidéo dans laquelle le maire fume du crack et tient des propos incohérents. Personne d’autre n’a vu cette vidéo, car ceux qui la détiennent tentent d’obtenir une somme d’argent substantielle. Évidemment, l’entourage de Ford nie tout. Les prochains jours seront déterminants.

Cette histoire est-elle vraie ou est-elle montée de toutes pièces? En tout cas, si elle se révèle exacte, il pourrait s’agir d’une des plus spectaculaires histoires de moeurs dans le monde politique canadien. Objectivement, il semble difficile de croire que le Toronto Star ait publié cette nouvelle sans avoir une preuve béton. Pour cette raison, Rob Ford mérite la première place!

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