Archives du collaborateur Sébastien Bovet


À propos de Sébastien Bovet

Sébastien Bovet travaille à Radio-Canada depuis 1994. Il est d’abord journaliste à la radio, puis reporter à la télévision. En 1998, il est nommé chef d’antenne du bulletin Québec ce soir, poste qu’il occupe pendant six ans. En 2005, il devient correspondant parlementaire à Québec. Depuis juin 2012, il est chef de bureau et analyste, toujours à l’Assemblée nationale.

Je n’ai jamais essayé et je ne le ferai pas. Mais j’imagine facilement que si on essaie de faire entrer une auto dans un garage trop petit, il va y avoir un problème. On réussira peut-être, mais à quel prix? Rétroviseurs arrachés, carrosserie bossée, peinture éraflée, etc.

Le budget 2015 est un peu comme une auto que le gouvernement a essayé de faire entrer dans un garage trop petit. Toutes ses décisions sont conditionnées par l’atteinte de l’équilibre budgétaire. Augmentations minimalistes des budgets de la Santé et de l’Éducation, contrôle de l’augmentation des dépenses à 1,2 % (cible qu’aucun gouvernement dans l’histoire récente n’a atteinte), baisse d’impôts des entreprises en 2017 et abolition graduelle de la taxe santé à partir de 2017.

Alors dans quel état les missions fondamentales du gouvernement comme la santé et l’éducation ressortiront-elles de cet exercice d’équilibre budgétaire? Les syndicats brandissent le spectre de la diminution de services à la population. Le président du Conseil du trésor nous demande de lui faire confiance et dit que les réseaux trouveront de nouvelles façons de faire les choses.

La vérité, c’est que l’atteinte des objectifs dépend de tellement de facteurs, que seul le temps nous dira qui a raison. Il faudra que la boule de cristal du ministre des Finances, Carlos Leitao, ne soit pas trop embuée, que ses prévisions économiques se matérialisent. Il faudra que les négociations avec les employés du secteur public se concluent à l’intérieur des paramètres budgétaires du gouvernement (une loi spéciale en vue?).

Bref, l’auto est entrée dans le garage, on a hâte de voir comment elle en ressortira…

Catégorie: Québec

La tension entre journalistes et politiciens est une chose courante. Elle est même souhaitable. De cette tension naît parfois la vérité. De cette tension jaillit parfois le fond de la pensée des politiciens.

Il arrive souvent que nous devions répéter la même question, une, deux, trois ou quatre fois avant d’obtenir une réponse qui va au-delà de la langue de bois.

Dans les points de presse officiels, la règle généralement acceptée est que les journalistes posent deux questions. Nous aimerions évidemment en poser plus, mais nous comprenons que tous nos collègues veulent aussi en poser, alors nous acceptons la règle avec résignation. Les politiciens se prêtent aussi parfois à l’exercice d’une entrevue en tête à tête où nous nous sentons comme un affamé devant un buffet.

Ce qui nous amène à Pierre Karl Péladeau. Dans son dernier point de presse, où il divulguait les contours de son programme économique, M. Péladeau a voulu limiter à une le nombre de questions par journaliste.

Ça a donné lieu à ce moment un peu surréaliste de 3 minutes, où le langage corporel de M. Péladeau parle tout autant que les mots qu’il prononce.

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CHUM : « détricotage » politique

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 publié le 9 mars 2015 à 18 h 39

Je ne sais pas si Philippe Couillard est bon en tricot. J’espère pour lui qu’il est bon en « détricotage politique ».

Parce que c’est un peu cela qu’il a entrepris en essayant de convaincre le directeur général démissionnaire du CHUM, Jacques Turgeon, de revenir dans ses fonctions. Il s’attaque à un beau tricot, tout plein de mailles, gracieuseté de son ministre de la Santé Gaétan Barrette.

Y a-t-il eu ingérence du ministre? Y a-t-il eu abus de pouvoir? Y a-t-il eu intimidation? Pourquoi M. Barrette est-il intervenu dans la gestion du CHUM? Faisait-il confiance à la direction de l’hôpital? J’avoue, je suis perdu dans les mailles du tricot, incapable de trouver les réponses, la vérité.

Ce que je peux vous dire par contre, c’est qu’à partir du moment où le cabinet du premier ministre s’en mêle, c’est parce que c’est sérieux. Il y a une crise au CHUM. Il y a une tourmente politique qui deviendra une crise si d’autres administrateurs, dans d’autres établissements de santé, décident de claquer la porte. Autant mettre le couvercle sur la marmite tout de suite.

En même temps, M. Couillard ne voudra pas ralentir les ardeurs de son ministre « bulldozer ». Parce qu’il faut l’admettre : Philippe Couillard a fait le choix de brasser le pommier du réseau de la santé, au risque que quelques pommes qui tombent écrasent des orteils au passage. Gaétan Barrette a encore beaucoup de travail. Il doit appliquer la loi 10, faire adopter le projet de loi 20 sur les quotas imposés aux médecins et appliquer le financement des hôpitaux selon le nombre de patients traités. Et, pour y arriver, le premier ministre a besoin de Gaétan Barrette.

Voilà de quoi compliquer votre « détricotage politique », M. Couillard…

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Un ministre efficace et effacé

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 publié le 27 février 2015 à 19 h 24

Efficacité et discrétion, ce sont deux qualités recherchées par un premier ministre quand il forme son Conseil des ministres.

Vous allez me dire : « Et la compétence, elle? » Je vous répondrais : « Bien sûr, la compétence, mais en politique, la compétence ne garantit pas un poste de ministre! » Il y a aussi la géographie (le candidat vient-il d’une ville ou d’une région?), le sexe, les liens avec le premier ministre, le passé (trouble ou immaculé), bref…

Mais quand un ministre est efficace et effacé, il fait le bonheur de son patron. D’abord, parce qu’il atteint les objectifs fixés. Et aussi, parce qu’il ne mettra pas le gouvernement et le premier ministre dans l’embarras.

Le nouveau ministre de l’Éducation François Blais est exactement comme ça.

Efficacité : c’est un novice en politique (en fait presque, il a été doyen de la Faculté des sciences sociales et candidat défait au poste de recteur de l’Université Laval), mais lors de son bref passage au ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, il a mené ses réformes avec doigté, sans faire de vagues.

Effacé : il ne court pas après l’attention des médias, vous ne le verrez pas donner d’entrevues aux caméras de surveillance de l’Assemblée nationale. Disons que ça réduit le risque de dérapage. Disons aussi qu’à l’Emploi et à la Solidarité sociale, les corvées médiatiques étaient rares. Mais quand il les a faites, il les a bien faites. Reste à voir comment il résistera à l’attention quotidienne du ministère de l’Éducation.

Parce qu’il faut le dire, il a du pain sur la planche, M. Blais : fusions des commissions scolaires, élimination des élections scolaires, négociations avec les enseignants, vision de l’école pour 2020-2025… Il ne chômera pas et ce ne sera pas facile!

Philippe Couillard pense avoir trouvé celui qui calmera le monde de l’éducation. On verra quelle note il recevra dans quelques mois…

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Contrôle du message… et des questions

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 publié le 24 février 2015 à 16 h 57

On a beaucoup parlé de la nouvelle consigne de Philippe Couillard à ses ministres. Ils doivent dorénavant attendre d’avoir reçu les « lignes de presse » de son Cabinet avant de s’adresser aux médias.

Quelques jours après avoir imposé cette consigne, le premier ministre ne se doutait probablement pas qu’il serait lui-même appelé à « contrôler » la question d’un journaliste.

Ça s’est passé lors du passage à Québec du président de l’Islande, Olafur Ragnar Grimmsson. Ça commence par l’aveu d’un collègue journaliste qui juge son anglais trop approximatif pour poser une question au président islandais.

La suite se trouve dans cet extrait :

Malgré une question potentiellement embarrassante, le premier ministre a fidèlement servi d’interprète.

Le président Grimsson le lui a bien rendu en répondant que des États fédérés (comme le Québec ou des États américains) jouissaient d’assez d’autonomie politique pour conclure des ententes avec des pays comme le sien.

Mais à une question précédente sur les aspects négatifs de l’indépendance, M. Grimsson a répondu que l’indépendance n’est jamais négative, surtout quand un peuple (comme le sien) prend sa destinée économique en main.

On présume que M. Couillard aurait aussi souhaité pouvoir « contrôler » la réponse de son invité.

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Un gouvernement fauché

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 publié le 23 février 2015 à 19 h 30

Je vous laisse décider si nous sommes en période d’austérité ou de rigueur budgétaire.

Dans ce débat qui fait rage, une chose est sûre : le gouvernement est fauché.

Si fauché, en fait, qu’il doit demander à la Caisse de dépôt et placement de financer des projets d’infrastructures comme le système léger sur rail du nouveau pont Champlain ou le train de l’Ouest pour relier Montréal à l’aéroport Pierre-Elliott Trudeau.

Si fauché, qu’il veut maintenant donner aux villes le pouvoir de taxer les immeubles en fonction de leur proximité au transport en commun. Votre maison fraîchement construite est près d’une station de métro? Vous paierez plus de taxes municipales.

Pourquoi? Parce que vous bénéficiez d’un meilleur service, qu’il faut financer. On appelle cela « la captation de la plus-value foncière ».

Évidemment, vous pourriez argumenter que votre maison vaut déjà plus cher et que, par conséquent, vous payez déjà plus de taxes municipales, justement parce que vous habitez près d’une station de métro. Peine perdue, le gouvernement est fauché.

Il argumentera qu’il faut bien les financer, ces services. Et si des résidents bénéficient de meilleurs services, pourquoi ne paieraient-ils pas un peu plus cher? Et si leur maison a une plus grande valeur de revente, ils seront gagnants en fin de compte.

En tout cas, on ne pourra pas reprocher au gouvernement de manquer d’imagination. Il va toutefois arriver un moment où les augmentations des tarifs d’Hydro-Québec, des garderies subventionnées et des taxes scolaires commenceront à peser lourd sur le moral du contribuable…

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L’approche « légalo-légale » du PLQ

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 publié le 11 février 2015 à 21 h 05

Vous vous souvenez peut-être du débat sur la charte des valeurs et de l’embarras dans lequel le Parti libéral avait été plongé.

Rappelez-vous : le député libéral Marc Tanguay disait qu’il serait « tout à fait à l’aise » de côtoyer une députée portant le tchador (qui recouvre le corps de la tête au pied en laissant le visage découvert).

Rappelez-vous : le fracassant départ de Fatima Houda Pepin, expulsée pour les uns, incapable de compromis pour les autres, mais elle était certainement plus affirmative que son parti sur les questions de laïcité.

Vous pensiez que le PLQ avait appris sa leçon? Pas vraiment.

En arrivant au caucus du gouvernement mercredi matin, la ministre de l’Immigration Kathleen Weil s’est fait demander si elle accepterait de travailler dans son cabinet avec un intégriste religieux.

Voici deux extraits de sa réponse :

1- « Intégriste, ça dépend jusqu’où… s’il est rigoriste, mais qu’il ne fait pas de mal à personne. C’est ça l’inquiétude pour une démocratie, c’est la sécurité des gens. »

2- « On n’a pas de jugement à porter sur cette personne, en autant que la sécurité publique est protégée… »

En deux réponses, la ministre Weil a rappelé à gros traits le problème latent du PLQ sur ces questions : son approche « légalo-légale ».

D’accord, l’intégrisme n’est pas illégal en soi. D’accord, « en théorie », on ne peut pas faire de discrimination. Mais la politique, c’est autre chose. C’est avoir une certaine sensibilité sur ces questions, au-delà de la lettre légale.

À la sortie du conseil des ministres, Mme Weil a corrigé le tir :

« On s’entend, quelqu’un qui ne partage pas nos valeurs de démocratie, l’égalité entre les hommes et les femmes, quelqu’un qui ferait la promotion de l’homophobie, ce serait impossible que quelqu’un comme ça se retrouverait dans mon cabinet. »

Il est évident que dans un cabinet politique, on n’engage pas quelqu’un qui ne partage pas ses valeurs ou sa vision politique.

Mme Weil aurait-elle engagé un adversaire politique? Non!

Pourquoi alors engagerait-elle un intégriste?

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La justice n’a pas de prix

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 publié le 28 janvier 2015 à 19 h 05

Si le gouvernement accepte la demande de la commission Charbonneau de prolonger son mandat jusqu’à la fin novembre, la CEIC aura duré quatre ans et coûté entre 40 et 50 millions de dollars. C’est long, c’est cher.

Mais la justice a-t-elle un prix?

C’est probablement la question que le premier ministre Couillard se posera en étudiant la demande de la commissaire France Charbonneau.

Les Québécois veulent que la commission aille au fond des choses. Ils veulent qu’elle puisse faire son travail dans un environnement serein. Ils veulent savoir s’ils se sont fait avoir par la collusion et la corruption. Justice ne sera peut-être pas rendue avec la commission, ce sera aux tribunaux de rendre justice, mais au moins on sera allé jusqu’au bout.

Ça, c’est pour le côté « justice ». Ajoutez l’ingrédient « politique » et je vois mal comment le gouvernement pourrait refuser.

Si le gouvernement refuse, le PLQ sera accusé de vouloir lui mettre des bâtons dans les roues, d’autant plus qu’il est dans la ligne de mire de la commission.

D’ailleurs, en sortant du Conseil des ministres,  Jean-Marc Fournier a affirmé que ce qui compte, c’est la qualité du rapport, pas l’échéancier.

Alors, il est plus que probable que le gouvernement accepte. Mais il le fera sous pression.

À partir du moment où la demande de la Commission a été rendue publique, le gouvernement a perdu son pouvoir de négociation avec elle. Si la demande était restée en circuit fermé, il aurait pu négocier une prolongation de quatre mois au lieu de sept, par exemple. Maintenant, s’il n’accorde pas les sept mois de prolongation, il donnera l’impression de lui nuire…

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Le majordome du premier ministre

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 publié le 19 décembre 2014 à 15 h 26

Le premier ministre du Québec a un majordome. Je ne vous parle pas d’un de ses ministres, prêt à aller au front pour défendre son patron sans poser de questions. Je vous parle d’un majordome dans le sens de… majordome!

Dans le sens du Larousse : « maître d’hôtel chez un riche particulier » ou « intendant de la maison royale mérovingienne et chef de la domesticité ».

Vous avez bien lu! Un majordome.

Non seulement a-t-il un majordome, mais quand vous consultez la liste du personnel politique du premier ministre, le majordome apparaît au quatrième rang, avant le… directeur de cabinet (un des hommes les plus puissants de la colline Parlementaire)!

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Quelques explications

Cette situation particulière mérite des explications d’autant qu’aux dernières nouvelles, « majordome » ne rimait pas avec « austérité » ou « rigueur budgétaire ».

Mais il en existe peu. Quand on pose des questions dans l’entourage du premier ministre, on se fait dire avec un air de désolation des choses du genre : « Oh non, vous n’allez pas faire quelque chose là-dessus! »

N’écoutant que mon courage, voici quelques données :

  • Il semble que ce soit Jacques Parizeau, qui le premier, a eu besoin d’un majordome; c’était en 1994.
  • Selon les souvenirs des gens du ministère du Conseil exécutif (le ministère du premier ministre), tous les successeurs de M. Parizeau ont aussi eu un majordome.
  • Il n’existe, semble-t-il, pas de description de tâches pour cet emploi. Mais on laisse entendre que le majordome rend service au premier ministre. Il fait pour lui des commissions, peut-être même s’occupe-t-il de certains repas, mais c’est flou.  Un genre d’homme à tout faire, disons.
  • Impossible de savoir combien il gagne, à moins de faire une demande d’accès à l’information. On dit simplement que son salaire est payé par le Cabinet.
  • Depuis huit ans que je suis les débats à l’Assemblée nationale, c’est la première fois que je vois la fonction de majordome dans la liste du personnel politique. C’est par souci de transparence que le gouvernement actuel a divulgué cette information, dit-on. À la bonne heure!
  • Toutes les personnes consultées s’entendent par ailleurs pour dire que la fonction de majordome est importante au Cabinet du premier ministre. Et je les crois. On veut que le premier ministre consacre le plus de temps possible à gérer l’État!

Voilà, c’est tout ce qu’il est possible de savoir sur le majordome du premier ministre!

Là-dessus, Joyeux Noël et Bonne année à tous!

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Le torchon brûle

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 publié le 11 décembre 2014 à 14 h 39

De l’avis de presque tous les commentateurs politiques, le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau est une étoile du gouvernement Couillard. Je l’ai moi-même qualifié de ministre efficace.

À preuve, il a réussi à signer le pacte fiscal avec les municipalités, leur faisant avaler au passage une compression de 300 millions de dollars dans leurs transferts financiers.

Le jour même où des centaines d’employés municipaux manifestaient dans les rues, il annonçait que le projet de loi 3, sur la réforme des régimes de retraite municipaux, serait adopté parce qu’il acceptait des amendements proposés par le Parti québécois.

Un ministre efficace, calme, rassembleur, capable de faire des compromis… jusqu’à hier.

Sa virulente sortie contre les maires de Longueuil et de Laval a outré et stupéfait les élus municipaux.

Ça se résume ainsi : comment ces villes peuvent-elles augmenter les impôts de 3,9 % (Longueuil) et 3,2 % (Laval) quand elles ont des surplus accumulés de 17,5 millions de dollars (Longueuil) et de 117 millions de dollars (Laval)? Pourquoi ne pigent-elles pas dans leurs surplus au lieu d’augmenter autant les impôts?

Qui a raison? Qui a tort? Vous savez comme moi que les enjeux politiques sont rarement noirs et blancs, ils sont en teintes de gris.

Selon les municipalités, les surplus servent à financer des projets d’infrastructure ou des dépenses imprévues (comme pour le déneigement, par exemple).

Sur la forme, par contre, la menace du ministre de retenir des transferts d’argent aux municipalités qui se servent du pacte fiscal pour augmenter les impôts ressemble à de l’ingérence. Les villes jouissent d’une certaine autonomie, leurs dirigeants sont élus, elles ont un pouvoir de taxation. Comment le gouvernement de Philippe Couillard réagirait-il si le gouvernement fédéral menaçait de retenir des transferts parce que le gouvernement du Québec ne contrôle pas ses dépenses?

Les villes par contre sont dépendantes des transferts du gouvernement pour financer leurs activités. Et, récemment, elles s’en sont complètement remises au gouvernement pour régler le problème des déficits de leurs régimes de retraite.

Avouez par ailleurs qu’il y a un certain paradoxe à entendre le gouvernement Couillard s’en prendre à des villes qui augmentent les impôts quand lui-même augmente le fardeau fiscal de beaucoup de Québécois pour atteindre l’équilibre budgétaire.

Bref, le torchon brûle, et ça prendra un ministre efficace pour éteindre le feu!

 

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