Archives du collaborateur Sébastien Bovet


À propos de Sébastien Bovet

Sébastien Bovet travaille à Radio-Canada depuis 1994. Il est d’abord journaliste à la radio, puis reporter à la télévision. En 1998, il est nommé chef d’antenne du bulletin Québec ce soir, poste qu’il occupe pendant six ans. En 2005, il devient correspondant parlementaire à Québec. Depuis juin 2012, il est chef de bureau et analyste, toujours à l’Assemblée nationale.

La définition de PKP

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 publié le 1 octobre 2014 à 18 h 50

En politique, il existe un principe incontournable quand un adversaire redoutable se dresse à l’horizon : « définis ton adversaire avant qu’il ne se définisse lui-même ».

Souvenez-vous du mot  « girouette » utilisé si souvent par Jean Charest pour décrire Mario Dumont de l’ADQ, que le président de l’Assemblée nationale avait été obligé de le mettre à l’index, de l’interdire en tant que propos non parlementaire.

C’est en appliquant ce principe qu’on peut analyser les discussions de corridors sur celui qu’on appelle maintenant simplement PKP : Pierre Karl Péladeau.

Il se dresse comme le candidat le plus sérieux à la direction du Parti québécois. Certains parlent d’un rouleau compresseur qui ne laissera rien l’arrêter sur son passage. En tout cas, ses adversaires politiques semblent entendre le moteur du rouleau compresseur.

Le libéral Martin Coiteux l’a traité d’irresponsable parce qu’il a dénoncé les mesures d’austérité du gouvernement Couillard. Le chef de la CAQ, François Legault, s’est demandé à voix haute si PKP n’était pas devenu marxiste-léniniste parce qu’il défend le « modèle québécois ».

« Irresponsable », « marxiste-léniniste », cela commence à ressembler à des tentatives de définir l’adversaire politique.

Pendant ce temps, le principal intéressé tente lui-même de se définir. Défenseur du modèle québécois, pourfendeur de l’austérité, et ainsi de suite.

Quelle étiquette lui collera à la peau quand il se lancera dans la course à la succession de Pauline Marois?

Catégorie: Québec

Le facteur du gouvernement

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 publié le 26 septembre 2014 à 17 h 42

Cette semaine, le ministre de la Santé Gaétan Barrette est devenu le facteur du gouvernement. Celui qui livre le message, celui qui livre la marchandise.

Depuis qu’il a pris le pouvoir, le premier ministre Couillard affirme à qui veut l’entendre que son gouvernement ira au bout de ses ambitions, qu’il réformera en profondeur les programmes et la fiscalité du Québec. Il n’est pas le premier politicien à nous le promettre. Il ne serait pas le premier à ne pas tenir parole.

Vous avez donc raison d’être sceptiques et de douter.

Pour montrer sa détermination, il lui fallait un porteur de ballon, un facteur. Un ministre qui ne reculera pas, qui ne déviera pas de l’objectif. Ce ministre, il l’a trouvé. Il s’appelle Gaétan Barrette.

On peut l’aimer ou ne pas l’aimer. Je l’ai moi-même traité de « girouette » quand il est passé de la CAQ au PLQ. Mais comme soldat politique, il a parfaitement rempli sa mission.

Il a arraché une entente avec les médecins et a posé le premier jalon du grand chambardement de l’État québécois en déposant un projet de loi. Il a dû prendre un chemin tortueux avec les médecins, et son projet de loi ne passera probablement pas comme une lettre à la poste. Mais le message est livré : le gouvernement est sérieux.

Le bulldozer ouvre le chemin et trace la voie. Les ministres qui doutaient de la détermination de leur gouvernement (il y en a) devront suivre.

On se demande quand même ce qui restera debout une fois que tous les ministres auront suivi le bulldozer…

Catégorie: Québec

Et le développement économique?

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 publié le 15 septembre 2014 à 16 h 42

Quand Philippe Couillard a pris le pouvoir, il a annoncé aux Québécois que l’action de son gouvernement serait axée sur le redressement et la relance. Appelons ça la politique « R et R ».

Mais depuis plusieurs semaines, seul le premier « R » sort de la bouche des membres du gouvernement. Au mot redressement, ils ajoutent parfois rigueur budgétaire.

Où donc est passé le deuxième « R », la relance? On l’avait oublié, mais le premier ministre l’a retrouvé… aujourd’hui.

Et il l’accompagnera de deux autres mots :  « développement économique ».

Philippe Couillard les a utilisés ce matin devant des gens d’affaires de grandes compagnies américaines. Il le fera à la fin du mois lors d’un passage à New York. Il ne s’arrêtera pas là, puisqu’à la fin octobre et au début novembre,  ce sont les Chinois et les Islandais qui l’entendront discourir sur le Plan Nord, la stratégie maritime, la fiscalité des entreprises et l’expertise de la main-d’oeuvre québécoise.

À bien y penser, il commençait peut-être à être temps que le premier ministre ramène le balancier du côté « positif ». Si je me mettais dans les souliers d’un riche investisseur à la recherche d’une bonne affaire, je ne suis pas sûr que je verrais le Québec comme un bon endroit où investir. À force de brosser un portrait sombre des finances publiques, M. Couillard envoie-t-il un message négatif aux investisseurs? Peut-être.

Une chose est sûre, son discours changera au cours des prochaines semaines. Les deux « R », redressement et relance, seront à nouveau réunis.

Reste à voir si le gouvernement sera capable de tout faire. Bref, sera-t-il capable de faire les deux « M »: marcher et mâcher de la gomme en même temps?

Catégorie: Québec

Si vous avez lu les aventures d’Harry Potter, vous savez qu’il y a un nom-qu’il-ne-faut-pas-prononcer : Voldemort!

Si vous suivez la politique canadienne, vous savez qu’il y a un mot-qu’il-ne-faut-pas-prononcer : constitution!

En fin de semaine, une déclaration de Philippe Couillard a suscité toutes sortes de réactions, sans même qu’il ne prononce le mot-qu’il-ne-faut-pas-prononcer-en-politique-canadienne. Peut-être pas chez vous entre vos travaux extérieurs, un dernier BBQ avec les amis ou la famille et une bonne bouteille de vin.

Mais des réactions de la classe politico-médiatique…

Qu’est-ce que M. Couillard a dit sans même prononcer le mot-qu’il-ne-faut-pas-prononcer-en-politique-canadienne?

Il a dit : « … à l’aube du 150e anniversaire du Canada, les Québécois souhaitent que le pacte qui lui a donné naissance soit réaffirmé. »

Traduction : pacte = constitution.

L’interprétation est plus délicate, parce que le terme « réaffirmé » est flou à souhait. « Réaffirmé », ça veut dire quoi?

Ça veut dire que M. Couillard veut rouvrir la Constitution, y réintégrer le Québec d’ici le 150e anniversaire du Canada en 2017?

Ça veut dire rappeler que le Québec n’est toujours pas signataire de la Constitution et que c’est une tache historique?

Hier, M. Couillard a « précisé » sans même prononcer le mot-qu’il-ne-faut-pas-prononcer-en-politique-canadienne : « Tant mieux si on fait avancer ce dossier, mais ce n’est pas une priorité quotidienne pour nous. »

Traduction : dossier = constitution.

Interprétation : M. Couillard réalise que le mot-qu’il-ne-faut-pas-prononcer-en-politique-canadienne suscite, dans la sphère politico-médiatique, une réaction épidermique.

Interprétation finale : comme bien des fédéralistes, M. Couillard pense que l’absence de signature du Québec au bas de la Constitution est une tache historique. Il pense qu’elle doit être effacée. Mais il réalise qu’il n’y a pas d’appétit, que les options pour effacer cette tache (débat constitutionnel ou indépendance) n’émeuvent pas la population actuellement.

Bref, ça veut dire qu’en 2017, pariez que rien n’aura changé…

Catégorie: Ottawa, Québec

Gérer les ballons d’essai

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 publié le 4 septembre 2014 à 17 h 52

Savez-vous ce qu’est un ballon d’essai en politique?

C’est quand « quelqu’un » veut tester une idée, une hypothèse et qu’il décide de la faire « couler » sur la place publique. Ce « quelqu’un » observe ensuite les réactions.

Des ballons d’essai, on va en avoir tout plein cet automne, au Québec. « Tel programme est menacé de disparaître. » « Tel ministère est en péril. » « Le gouvernement veut abolir telle subvention. »

La nouvelle de ce matin dans Le Devoir concernant la possible disparition du ministère des Relations internationales tombait probablement (même si je n’en ai pas la preuve) dans la catégorie des ballons d’essai.

« Quelqu’un » qui étudie l’hypothèse voulait observer les réactions. Ou « quelqu’un » qui est contre l’hypothèse voulait soulever un mouvement de protestation.

La réponse du premier ministre m’a surpris : il n’est « pas question de diminuer le rayonnement international du Québec ». Pour un plaidoyer fort pour le ministère des Relations internationales, on repassera!

Ça veut dire quoi, « ne pas diminuer le rayonnement international du Québec »? Ça prend un ministère pour faire ça? Ou un simple secrétariat, moins gros, avec moins d’employés?

Et, quand on y pense, qu’est-ce que le premier ministre peut répondre d’autre?

S’il dit que le ministère va disparaître, il court-circuite sa commission sur la révision des programmes. Il lance le message que les dés sont pipés d’avance.

S’il dit que le ministère ne disparaîtra pas, il envoie le message que « tout » n’est pas sur la table, contrairement à ce qu’il nous dit depuis des semaines. Que le travail d’analyse ne sera pas fait jusqu’au bout, que des décisions sont déjà prises, sans analyse profonde.

Dans les deux cas, peu importe la réponse, M. Couillard s’expose à devoir réagir, le jour même, à n’importe quel ballon politique. Le message aux fonctionnaires, sous-ministres et groupes de pression est le suivant : « Vous voulez lancer des ballons d’essai? Allez-y, je vais commenter. »

Il n’est pas gardien de soccer, M. Couillard, il est premier ministre.

Et en ce sens, sa réponse, bien qu’évasive, est peut-être la seule qu’il pouvait donner… aujourd’hui.

Catégorie: Québec

Automne chaud

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 publié le 3 septembre 2014 à 7 h 44

Les vacances sont finies. Je ne suis pas le seul à retourner au bureau à en juger par le trafic ce matin. Oui, oui, amis montréalais! Il y a du trafic à Québec. Rien de comparable à votre enfer, je vous l’accorde, mais quand même.

Pare-chocs à pare-chocs pour entrer en ville, la pression monte, j’ai si hâte de retrouver le bureau…

Il est toujours aussi « bien climatisé », ce bureau que je retrouve. D’ailleurs, l’humidité n’est pas censée partir en septembre? En tout cas, il fait (encore) chaud.

Remarquez, peut-être que cette chaleur vient du bureau du premier ministre, dans l’immeuble à deux pas de celui de la Tribune de la presse.

Parce que le gouvernement de M. Couillard va avoir un automne chaud, que l’humidité continue ou non de s’accrocher. N’en doutez pas…

Déjà, les employés municipaux sont rouges de colère à cause de la réforme de leurs régimes de retraite. Ils veulent rallier les fonctionnaires provinciaux, les employés d’universités et autres syndiqués « publics » à leur cause.

Et puis, l’exercice de « réingénierie » commence.

« Quoi?, dites-vous. Réingénierie? »

Oui oui, « réingénierie », c’est un vieux terme qui date de 2003.

À l’époque, le premier ministre Charest voulait faire à peu près la même chose que ce que le gouvernement de Philippe Couillard veut faire en… 2014. M. Charest avait reculé quand le parvis de l’Assemblée nationale devenait un lieu de manifestations quotidiennes.

« Réingénierie », c’est un mot qu’on n’utilise plus. Mais dans le fond, c’est la même chose.

Aujourd’hui, le président du Conseil du Trésor dit qu’il faut faire le « ménage » dans les programmes, dans la façon de faire du gouvernement. Ce terme-là, il ne vient pas de Jean Charest, il vient de François Legault, de la CAQ. Il aurait dû enregistrer les droits sur ce mot-là.

Peu importe la sémantique, le gouvernement prépare le terrain. Consultation publique sur le web, consultations en privé des « intervenants du milieu » (lire groupes de pression), travaux de deux commissions, une sur les programmes, l’autre sur la fiscalité.

Les choix seront difficiles. On verra si le gouvernement va jusqu’au bout de ses convictions, s’il remet en question le « modèle québécois » en éliminant certains programmes. Mais une chose est sûre, les décisions feront grincer des dents, provoqueront la colère, feront monter la pression, feront monter la chaleur…

L’automne sera chaud, je vous dis…

Catégorie: Québec

Le veston de ministre ou le sarrau de médecin?

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 publié le 9 juillet 2014 à 13 h 50

Dans une ultime tentative pour défendre sa prime de 215 000 $, Yves Bolduc s’est excusé auprès des patients qu’il a laissés en plan en quittant la pratique de la médecine pour redevenir ministre.

C’est, depuis le début de cette controverse, le seul acte de contrition d’un membre du gouvernement. Et c’est probablement là le coeur du problème dans la gestion de cette affaire par le gouvernement.

Un problème que j’illustrerais comme ceci :

Quand M. Bolduc est entré dans la salle de conférence de presse de l’Assemblée nationale mardi pour répondre aux questions des journalistes, vous ne l’avez pas vu, mais il ne portait pas son veston de ministre. Non, non, il portait son sarrau de médecin.

Dans une certaine mesure, quand Philippe Couillard a dit que cette affaire était « une bien petite tempête dans un grand verre d’eau », vous ne l’avez pas vu, mais il portait son sarrau de médecin, pas son veston de premier ministre.

Quand Gaétan Barrette est entré au conseil des ministres mercredi, en tirant sur tout ce qui bouge pour défendre son collègue Bolduc, que portait-il? Son sarrau de médecin.

Et parce qu’ils portaient leur sarrau, ils ont défendu Yves Bolduc, le médecin et sa pratique de la médecine, comme :

- prendre des patients en charge;

- donner de bons soins;

- toucher le salaire, primes incluses, qui vient avec la pratique de la médecine, selon les règles en vigueur.

S’ils avaient porté leur veston de ministre, ils auraient pu :

- dès le début, s’excuser tout de suite auprès des patients laissés en plan;

- réaliser que quelques semaines plus tôt, ils prévenaient tout le monde que des sacrifices devront être faits pour atteindre l’équilibre budgétaire;

- réaliser qu’un député qui gagne 90 000 $, plus 150 000 $ comme médecin et 215 000 $ en primes pour « voir » des patients, même si c’est exactement ce qu’on attend de lui, peut soulever l’incompréhension d’une partie de la population.

Bref, un veston de ministre leur aurait peut-être donné plus de flair politique…

Catégorie: Québec

On m’a déjà dit que les politiciens n’aiment pas diriger le ministère de la Sécurité publique. « Un ministère de mauvaises nouvelles », m’avait-on confié.

Et à bien y penser, c’est vrai. Quand voit-on le ministre de la Sécurité publique à la télé? Quand il y a des inondations, quand des policiers sont dans le trouble, quand des feux de forêt font rage, quand des prisonniers s’évadent…

Depuis trois jours, Lise Thériault doit se demander dans quelle galère elle s’est embarquée.

Lise Thériault, la ministre qui a fait trembler la FTQ. Lise Thériault, la ministre qui a mis de l’ordre dans l’industrie de la construction. Pas un Rambo dans ce monde ne peut lui faire peur. Mais depuis trois jours, on la sent coincée entre ce qu’elle sait, ce qu’elle devrait savoir et ce qu’on ne lui dit pas.

Depuis trois jours, la ministre diffuse des informations floues et contradictoires. Ce n’est probablement pas de sa faute, car elle est tributaire de ce qu’on lui dit. Remarquez, il y a beaucoup de monde qui gère l’information sur l’évasion des trois détenus. Et du monde qui n’a jamais gagné de prix pour la transparence : la Sûreté du Québec (déjà que les relations sont tendues avec le DG, Mario Laprise!), le ministère de la Sécurité publique, le ministère de la Justice et les centres de détention.

Personne ne parle, sauf la ministre. Et quand elle parle, elle n’a pas toute l’information. Belle affaire. Un ministère de mauvaises nouvelles, la Sécurité publique, je vous dis.

Donc, pour « mettre le couvercle », le gouvernement annonce une enquête administrative. Entre vous et moi, c’est s’il n’y avait PAS eu d’enquête administrative qu’il y aurait eu une grosse nouvelle. On nous dit que les conclusions seront rendues publiques. Attendons de voir le mandat et les informations qui seront divulguées avant d’applaudir.

La controverse dure depuis trois jours. Un attaché politique m’a confié ce savoureux dicton d’une gestion de crise : « Si tu ne mets pas le couvercle en trois heures, ta crise va durer trois jours. Si tu ne mets pas le couvercle au bout de trois jours, ça va durer trois semaines. Si au bout de trois semaines, le couvercle n’est pas là, ça durera trois mois! »

On est partis pour combien de temps?

Catégorie: Québec

Ouvrir la porte à l’austérité

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 publié le 4 juin 2014 à 20 h 30

Si j’étais le vérificateur général, je dirais probablement que le premier budget du gouvernement Couillard est ambitieux.

Je vous rappelle que dans le dictionnaire du VG, « ambitieux » veut dire que les cibles budgétaires sont difficiles à atteindre.

Ces cibles du budget Leitao sont de limiter la croissance des dépenses globales à 1,9 % et 1,3 % pendant les deux prochaines années. Une seule fois, ces dernières années, on est passé « proche » de cette cible. Les dépenses avaient augmenté de 2,5 % et c’est le… PQ qui était au pouvoir!

Le contrôle des dépenses est le pivot du retour à l’équilibre budgétaire, prévu l’an prochain. Cette année, 90 % des efforts budgétaires dépendent des restrictions des dépenses. Ce sera 95 % l’an prochain.

Pour y arriver, le gouvernement veut notamment diminuer les dépenses administratives, réviser les programmes, réviser la fiscalité, diminuer les montants consentis à des organismes. Ces efforts correspondent à des milliards de dollars cette année et l’an prochain.

Le ministre Leitao parle d’un budget de transition, prudent et sérieux. Il ajoute même une note d’espoir, évoquant un proverbe portugais (M. Leitao est originaire du Portugal) : « L’espoir entre toujours par la porte que l’on a laissée ouverte. »

À première vue, la porte que M Leitao a ouverte aujourd’hui, c’est celle de l’austérité.

Catégorie: Québec

Le bon père de famille

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 publié le 3 juin 2014 à 18 h 37

Le vérificateur général du Québec a déposé son analyse des finances publiques à l’Assemblée nationale.

Il fait deux constats :

- si rien n’est fait, le déficit du gouvernement en 2014-2015 atteindrait 5,673 milliards de dollars plutôt que 1,75 milliard tel qu’annoncé dans le budget Marceau;

- si rien n’est fait, la croissance des dépenses de programmes ne sera pas de 2 % tel qu’annoncé dans le budget Marceau, mais de 6,7 %.

Ces augmentations de déficit et de croissance des dépenses sont évidemment théoriques. En cours d’année, le gouvernement fait des arbitrages et refuse des demandes de dépenses pour atteindre ses objectifs. C’est d’ailleurs la défense invoquée par l’ancien ministre des Finances Nicolas Marceau.

Mais au-delà des chiffres, le vérificateur général reproche au gouvernement Marois de ne pas avoir été transparent avec les Québécois. Il aurait dû, selon lui, leur dire qu’il devait trouver 4 milliards de dollars pour atteindre ses objectifs. Il laisse aussi entendre que, non seulement il aurait dû parler des 4 milliards, mais en plus il aurait dû dire comment il l’aurait trouvé.

Le VG refuse de dire que le gouvernement a caché des informations, il dit plutôt que le portrait présenté était « très incomplet ». Rappelez-vous, le vérificateur pèse toujours ses mots. Quand les cibles budgétaires sont irréalistes, il dit qu’elles sont « ambitieuses ».

Bref, le vérificateur général aurait voulu que le gouvernement se comporte en bon père de famille. Vous savez, le père de famille qui sait que ses enfants veulent aller à Disneyland, le père de famille qui sait qu’il faut changer l’auto, le père de famille qui aimerait bien un nouveau barbecue, mais le père de famille qui sait qu’il n’a pas les moyens et qui sait que s’il veut tout ça, il devra faire des choix.

Ce bon père serait transparent avec sa famille. Il lui expliquerait les enjeux des décisions à venir et des choix à faire.

Le vérificateur pense que le gouvernement Marois n’a pas été un bon père de famille. La bonne nouvelle pour le PQ, c’est que le rapport du VG ne vivra que 24 heures dans l’espace public. Demain, c’est le premier budget du gouvernement Couillard qui attirera toute l’attention!

Catégorie: Québec