Archives du collaborateur Maurice Godin


À propos de Maurice Godin

Maurice Godin est correspondant parlementaire à Ottawa. Journaliste à l’antenne de la radio de Radio-Canada depuis 1972, il a travaillé le plus souvent dans la capitale fédérale, d’où il a couvert, suivi et analysé de nombreuses élections. Malgré cela, il n’a jamais songé à se faire élire! Maurice Godin est devenu, avec les années, le doyen des journalistes francophones sur la colline du Parlement fédéral, mais il constate, chaque jour, qu’il en reste beaucoup à apprendre et à expliquer.

Mon carnet

Une campagne utile

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 publié le 9 avril 2011 à 12 h 40
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Et dire qu’il y a des sceptiques qui croient qu’une campagne électorale est un gaspillage inutile qui ne change rien.

La deuxième semaine de campagne s’achève à peine et déjà on a réglé une question qui risquait de déboucher sur une confrontation majeure entre les provinces et Ottawa au cours des deux prochaines années : l’Accord sur la santé.

En quelques heures à peine, vendredi, tous les partis se sont engagés à maintenir la hausse annuelle de 6 % du transfert canadien en matière de santé. Cette entente négociée par Paul Martin en 2004 prend fin en 2014 et doit être négociée. Aucun parti national n’osait, jusqu’à vendredi, s’engager à renouveler l’entente avec les provinces en maintenant la hausse négociée péniblement en 2004.

C’est Michael Ignatieff qui a ouvert le bal à Hamilton vendredi matin en annonçant qu’« un gouvernement libéral maintiendra l’actuel facteur de progression de 6 % après 2014 ».

Cette décision libérale a sans doute eu son effet et a forcé la main de Stephen Harper, puisque le premier ministre affirmait plus tard, en réponse à une question, qu’un futur gouvernement conservateur allait maintenir la hausse de 6 %.

Pourtant, dans la plateforme électorale qu’il dévoilait hier, on ne retrouve pas cet engagement. On y promet plutôt de « collaborer avec les provinces pour renouveler l’Accord sur la santé ».

Jack Layton emboîtait le pas quelques heures tard, tandis que Gilles Duceppe se disait d’accord avec cet engagement. Il y a sûrement soupir de soulagement dans plusieurs capitales provinciales. Mais il y aura toujours des sceptiques pour rappeler qu’il ne s’agit là que de promesses électorales.

Catégorie: Élections fédérales, Ottawa

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Elizabeth May avait rendez-vous avec la cour ce matin. Elle conteste la décision du consortium des diffuseurs de l’exclure des débats des chefs, alors qu’elle y était en 2008. La Cour d’appel fédérale devra trancher rapidement, puisque les débats auront lieu la semaine prochaine.

Mais on peut profiter de cette occasion pour s’interroger sur le processus qui a mené à cette exclusion.

Le consortium des diffuseurs (les réseaux SRC/CBC, TVA, CTV, Global) a pris cette décision derrière des portes closes en invoquant une règle : l’invitation aux débats ne vaut que pour les chefs de partis représentés aux Communes.  Une règle variable, puisqu’elle n’avait pas été invoquée en 2008 pour Mme May.

La dernière fois, le consortium avait d’abord affirmé que trois partis refusaient de participer aux débats si la chef du Parti vert y était. Ce qui était faux… Le Bloc québécois n’a jamais menacé de ne pas participer au débat. Sous la pression publique, Stephen Harper et Jack Layton ont cédé.

Le consortium explique maintenant qu’il s’agit d’un exercice de programmation. On veut un débat le plus attrayant possible, qui attire l’électeur, plutôt que le repousser. Exercice de journalisme également, puisque c’est encore le consortium qui décide des animateurs et des sujets abordés.

Mais est-ce que le consortium devrait avoir ce pouvoir de décider seul de la participation aux débats? Un processus plus objectif, neutre et transparent s’impose.

En 2011, les débats des chefs sont devenus incontournables. D’autant plus essentiels que la baisse du taux de participation des dernières élections démontre bien les difficultés d’attirer l’attention des citoyens même en période électorale. 

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Des promesses, des promesses

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 publié le 4 avril 2011 à 12 h 47
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C’est bien connu, en campagne électorale, « on n’est pas avare de promesses ». Il y a d’abord les promesses traditionnelles. Ainsi, conservateurs et libéraux nous promettent, s’ils sont élus, d’instaurer un crédit d’impôt pour les pompiers volontaires. Rien de nouveau sous le soleil.

Stephen Harper a cependant trouvé le moyen d’innover en matière d’engagement électoral. Il a en quelque sorte inventé deux genres de promesses conditionnelles.

Les premières sont liées à la lutte contre le déficit. Une fois le déficit zéro atteint, dans quatre ou cinq ans, les conservateurs vont permettre le fractionnement du revenu des familles qui ont des enfants mineurs.

Variante sur le même thème : si et seulement si le gouvernement conservateur obtient un mandat majoritaire, il mettra fin au financement public des partis politiques. Et si le gouvernement est minoritaire, les conservateurs promettent… de ne rien faire! 

Mais M. Harper n’a pas le monopole des idées nouvelles en matière de promesses électorales. Ainsi, dans son livre rouge, Michael Ignatieff s’engage en matière de changements climatiques à réduire de 80 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050 par rapport à leur niveau de 2010.

Ce n’est pas un nouvel engagement pour les libéraux, mais là où ils innovent, c’est qu’ils refusent maintenant de fixer des cibles intermédiaires, parce que, selon un des penseurs du livre rouge, il ne faut pas se donner des cibles non réalistes.  

Jusqu’à la publication du livre rouge, le Parti libéral prônait une réduction de 25 % des GES en 2020. Ils ont maintenant 39 ans pour atteindre leur seul objectif chiffré. Et je ne vous parle pas des promesses dites de Gascon, ces promesses qui ne sont jamais tenues!

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JOUR 3 : Perdre l’initiative

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 publié le 29 mars 2011 à 5 h 28
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Occasion ratée par les partis d’opposition hier de maintenir la pression sur Stephen Harper sur la question de la coalition et de garder l’initiative dans cette campagne.

La veille, embarrassé, pressé de questions par les journalistes sur sa volonté de former un gouvernement en 2004 avec l’aide du Bloc et du NPD pour faire tomber le gouvernement Martin, M. Harper avait mis fin abruptement au point de presse.

Pour la première fois, les partis d’opposition avaient réussi à amener Stephen Harper sur leur terrain : on ne peut faire confiance à un chef de gouvernement qui dit une chose un jour et le contraire le lendemain.

Plutôt que de poursuivre l’attaque hier, Michael Ignatieff a choisi de s’en prendre à l’engagement conditionnel (une fois le déficit éliminé, dans quatre ans… si les conditions le permettent!) des conservateurs à l’intention des jeunes familles.

Même si cette « promesse » électorale fait sourciller, c’est du jamais vu. Elle aura permis à Stephen Harper de reprendre l’initiative au cours de la journée, tout en continuant, en sourdine, de mettre les électeurs en garde contre la coalition irresponsable.

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On oublie vite. Le Canada traverse sa plus longue période de gouvernement minoritaire depuis la Confédération.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Paul Martin en 2004, les défaites en Chambre de ces gouvernements sur des projets de loi ou de simples motions sont monnaie courante et ne nous étonne plus.

Ce qui est plus rare, en fait ce qui est exceptionnel, ce sont les défaites en Chambre qui ont provoqué des élections fédérales. Même pour un vieil habitué de la colline du Parlement, j’ai été étonné de constater que cela n’est arrivé que 5 fois au cours des 144 dernières années!

Le gouvernement Harper fera donc son entrée dans ce livre des records parlementaires. Et si l’on se fie aux sondages, ce ne sera pas le dernier de notre vivant!

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