Archives du collaborateur Emmanuelle Latraverse


À propos de Emmanuelle Latraverse

Emmanuelle Latraverse est chef de bureau pour la télévision et la radio au Parlement d'Ottawa. Elle anime aussi l'émission Les coulisses du pouvoir. Elle a joint Radio-Canada en mai 2005, après être passée par le bureau parlementaire de TVA et la chaîne parlementaire CPAC. Diplômée en études allemandes contemporaines et en économie de l'Université McGill, Emmanuelle détient une maîtrise en journalisme de l'Université Carleton, à Ottawa. Visitez le carnet d'Emmanuelle Latraverse

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« Stephen Harper n’est pas un dictateur »

Cette affirmation ne vient ni d’un député néo-démocrate outré de voir les conservateurs imposer le bâillon sur l’immense projet de loi de mise en œuvre du budget, ni d’un militant écologiste inquiet de voir les limites que comptent imposer les conservateurs aux ONG environnementales.

Non.

L’affirmation vient d’Alissa Golob, porte-parole jeunesse de la Marche pour la vie. Avec des milliers d’autres, jeudi, elle a nettement l’intention de profiter d’une manifestation sur la colline du Parlement pour faire la preuve qu’elle ne se laissera pas distraire par l’interdit énoncé par Stephen Harper sur toute réouverture du débat sur l’avortement.

Cette Marche pour la vie annuelle n’est pas nouvelle. Elle en est à sa 15e édition et se veut le plus grand rassemblement pro-vie au pays.

Cette année, les organisateurs espèrent attirer plus de 20 000 personnes.

Ils sont plus mobilisés que jamais pour deux raisons.

Sans vouloir dévoiler le contenu des conversations privées qu’Allisa Golob et les militants du mouvement pro-vie ont eues avec de nombreux députés conservateurs, elle affirme que le caucus pro-vie encourage ses membres à poursuivre leur mobilisation, malgré la promesse de Stephen Harper de ne pas encourager ce débat.

Surtout, le mouvement pro-vie croit en quelque sorte avoir trouvé la clé pour convaincre la majorité des Canadiens qu’il est légitime de rouvrir le débat : le problème des avortements sélectifs, soit les femmes qui choisissent d’interrompre leur grossesse parce qu’elles sont enceintes d’une fille.

C’est un problème hautement documenté dans certains pays comme la Chine, l’Inde ou encore en Corée et au Vietnam. La crainte est que ces pratiques soient importées ici au Canada au sein de ces communautés. Un problème bien difficile à quantifier, mais auquel bien des médecins ont été confrontés, et que plusieurs chercheurs tentent de quantifier.

« Les avortements pour sélectionner le sexe de l’enfant sont la pire forme de discrimination, une discrimination qui tue », affirme le chercheur Steven Mosher, aujourd’hui militant pro-vie.

D’ailleurs, il n’y a pas que le mouvement pro-vie qui dénonce cet état de fait, un récent sondage d’Angus Reid révélait en janvier dernier que 60 % des Canadiens jugent qu’il devrait bel et bien y avoir des lois qui spécifient si une femme peut recourir à l’avortement simplement pour choisir le sexe du fÅ“tus. C’est sans compter le débat qui a cours dans la communauté médicale.

En janvier dernier, un éditorial de l’Association médicale canadienne proposait d’interdire la divulgation du sexe du fœtus au moment de l’échographie avant la trentième semaine pour empêcher les avortements sélectifs. Si cette solution est jugée simpliste tant par la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada que par le Collège des médecins, elle illustre bien le malaise éthique suscité par la pratique des avortements sélectifs.

De concert avec la motion du député Steven Woodworth sur la définition de l’être humain, la question des avortements sélectifs incarne le nouveau discours d’un mouvement pro-vie qui s’est modernisé et qui tente aujourd’hui de présenter son discours dans un cadre scientifique et éthique, plutôt que sur des bases strictement morales et religieuses.

C’est le nouveau visage d’un mouvement qui a bien l’intention de se faire entendre et de forcer à sa façon sinon une réouverture législative, du moins une reprise du débat sur le droit à l’avortement.

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Michael Ignatieff et la souveraineté

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 publié le 23 avril 2012 à 21 h 30
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Est-ce que le retrait de la vie politique a fondamentalement changé l’analyse de l’ex-chef libéral Michael Ignatieff sur le Canada, le Québec et l’unité nationale?

En tout cas, le parallèle qu’il dresse entre l’impact politique d’un éventuel référendum en Écosse et l’expérience du Québec depuis 1995 soulève plusieurs questions.

L’entrevue accordée à la BBC vaut la peine d’être écoutée.

Essentiellement, Michael Ignatieff affirme que la seule réaction possible du Canada après 1995 a été de donner de nouveaux pouvoirs au Québec, que cette approche a petit à petit éloigné le Québec du reste du pays, que « le problème c’est que nous n’avons plus rien à nous dire », qu’essentiellement le Québec et le Canada sont presque comme deux pays déjà distincts. Morale de l’histoire, selon l’ex-politicien, aujourd’hui professeur à l’Université de Toronto, cette logique mène vers l’indépendance du Québec.

Dire que ces déclarations ont fait sursauter la classe politique ici à Ottawa est un euphémisme.

Plusieurs se demandent quels sont les pouvoirs si importants que le Québec a obtenus depuis 1995. L’ancien chef libéral cite les ressources naturelles, l’éducation, la santé et l’immigration. Or, aucun de ces champs de compétence québécois n’a été négocié depuis 1995. S’il est vrai que Paul Martin avait consenti à augmenter les transferts du Québec en santé sans condition, celle-ci est de compétence provinciale depuis 1867, tout comme l’éducation. Quant à l’immigration, tel que l’a noté ma collègue Chantal Hébert, ces pouvoirs remontent à 1978.  

Les premiers qui sont profondément mal à l’aise sont bien sûr les libéraux.

Ce n’est pas tant l’inquiétude que Michael Ignatieff soulève quant à l’unité canadienne qui fait sursauter, d’autres l’ont fait avant lui, mais plutôt le cadre de son analyse et le fatalisme qui s’y rattache.

Rappelez-vous, à la même date l’an dernier, Michael Ignatieff était chef du PLC, en pleine campagne électorale, en train de plaider auprès des Québécois qu’il était possible pour le Québec de nourrir sa différence tout en demeurant dans le reste du Canada.

« Il faut montrer que le Canada, ça marche, que le fédéralisme d’ouverture ça marche, que ça peut livrer des résultats concrets aux familles », affirmait-il lors d’un discours à Drummondville en avril 2011.

D’ailleurs, Michael Ignatieff était le premier à avoir soulevé l’idée de reconnaître la nation québécoise lors de la course à la direction du parti en 2006. Puis, dans un grand discours à Laval, il avait ainsi tendu la main aux Québécois : « Nous vous offrons la liberté d’appartenance : celle d’appartenir au Canada et d’appartenir au Québec, dans l’ordre qui vous semble bon. »

Pourquoi l’ex-chef libéral voit-il soudainement le débat national sous un angle complètement inverse?

Pourquoi est-ce que soudainement la différence du Québec mène à la souveraineté, alors qu’il y a un an à peine il la célébrait et affirmait qu’elle pouvait très bien prospérer à l’intérieur d’un Canada uni?

Lui seul peut répondre…

Chose certaine, ses anciens collègues sont stupéfaits, inquiets des conséquences de cette analyse, au moment où le Parti québécois gagne du terrain dans l’opinion publique.

 

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Dans son budget du 29 mars dernier, le gouvernement Harper nous explique en détail où il va réduire les dépenses et combien d’économies il va générer.

C’est ainsi qu’on apprend que l’Agence de procréation assistée est abolie pour réaliser 9,5 millions de dollars d’économies, Statistique Canada verra son budget amputé de 33,9 millions de dollars, l’École de la fonction publique de 23,6 millions de dollars… et j’en passe.

Un plan minutieux, détaillé, direz-vous.

Transparent même?

Pas tout à fait. Car on est silencieux sur la plus importante réforme de tout le budget, celle qui aura un effet direct sur le plus grand nombre de Canadiens. Je parle bien sûr de la sécurité de la vieillesse. Le gouvernement prévoit qu’entre 2023 et 2029, l’âge auquel les Canadiens auront accès à ces prestations et au supplément de revenu garanti passera de 65 à 67 ans. Là, pas un mot, pas un chiffre pour montrer que la réforme proposée va bel et bien rendre le système « viable » et générer des économies nécessaires.

La raison? Eh bien! ça dépend à qui vous posez la question. Au ministère des Finances et au ministère des Ressources humaines, on ne tient pas le même discours.

Le ministre Jim Flaherty explique que c’est « dans tellement longtemps que ça ne cadre pas dans nos prévisions budgétaires habituelles ».

Curieux qu’il ne soit pas nécessaire de parler des économies qui seront générées en 2023, quand le ministre, pour justifier sa réforme, cite depuis le mois de janvier les projections de l’actuaire en chef du Canada. Ce dernier estime que la sécurité de la vieillesse coûtera 108 milliards de dollars en 2030 (le fait que ni l’actuaire en chef ni le directeur parlementaire du budget ne conclut que le système actuel n’est pas viable est un autre débat…).

Et quand on demande au bureau de la ministre Diane Finley, responsable de la sécurité de la vieillesse, quel sera l’impact des réformes proposées sur le coût du programme à long terme, on nous répond qu’on n’est pas prêt à parler de ça en ce moment.

Vraiment?

Pourtant, le gouvernement ne cesse d’évoquer les projections à long terme pour dire que le programme n’est pas viable. Ne serait-il pas important de prouver qu’en reportant à 67 ans l’accès à la sécurité de la vieillesse, le plus important programme social au pays redeviendra viable?

Difficile de croire que les chiffres sont impossibles à calculer quand des économistes de l’Université Laval ont justement réussi à le faire. Leur étude montre que la réforme annoncée fera passer le poids de la sécurité sociale de 3,1 % du PIB à 2,8 % en 2030. Mais surtout, là où le bât blesse, c’est qu’ils estiment que non seulement cette réforme fera passer le taux de pauvreté chez les 65 à 66 ans de 5 à 25 %, mais surtout que 20 % des économies générées par la réforme vont se traduire par des coûts additionnels pour les provinces, des coûts que le gouvernement fédéral s’est engagé à rembourser.

Donc, dans un contexte de vieillissement de la population, est-ce que la réforme proposée par le gouvernement Harper est la meilleure solution possible au problème de viabilité du programme de la sécurité de la vieillesse? Est-ce qu’il existe d’autres solutions?

De toute évidence, en refusant de dévoiler ses chiffres, le gouvernement refuse d’alimenter le débat. Mais il n’y échappera pas.

Un autre bel exemple de transparence.

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Le supplice de la goutte

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 publié le 11 avril 2012 à 21 h 08
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C’est au compte-gouttes que le portrait des vastes compressions dans la fonction publique prend forme, mais il demeure bien incomplet. La raison est aussi simple que complexe, tout dépend.

Au moins 5561 avis reçus cette semaine, plus de 1000 la semaine dernière. Si, à ce jour, plus de 6500 fonctionnaires de l’Alliance de la fonction publique ont reçu un avis comme quoi leur emploi est à risque, il est impossible de savoir combien de ces employés perdront vraiment leur emploi, telles sont les règles des conventions collectives.

Pour s’y retrouver, voici un exemple. Si, dans un département donné, le gouvernement veut supprimer 5 postes, mais que 30 personnes effectuent la même tâche, alors les 30 personnes recevront un avis. Un processus de rationalisation sera mis en place pour déterminer quels seront les cinq perdants. Ce processus de rationalisation peut durer des mois. Et, surtout, chaque ministère et chaque agence du gouvernement ont leurs règles.

C’est ainsi que le vice-président de l’Alliance, Larry Rousseau, s’inquiète du stress et du moral de ses membres. En effet, la fonction publique est à l’aube d’une longue période d’incertitude.

« Jamais dans toute l’histoire de l’Alliance de la fonction publique n’avons-nous vu tant d’avis sortir si rapidement à la suite de la sortie d’un budget », déplore Larry Rousseau.

Le président du Conseil du Trésor affirme plutôt que le gouvernement agit rapidement par compassion : « La première chose que nous voulons faire, c’est justement de procéder le plus rapidement possible pour éviter que les gens vivent une incertitude douloureuse », affirme Tony Clement.

N’empêche, le syndicat est convaincu que le gouvernement sait exactement combien des 6500 fonctionnaires ayant reçu un avis de « licenciement potentiel » finiront par perdre leur emploi. Après tout, voilà des mois que le Cabinet étudie les scénarios de compressions très précis qu’a présentés chaque ministère.

Du côté du gouvernement, on ne se formalise pas de ces reproches, on affirme que 70 % des compressions visent à mettre fin aux dédoublements et au gaspillage. Surtout, le bureau de Tony Clement affirme que tout au long de la préparation du budget, le gouvernement a sollicité l’appui et les recommandations des grands syndicats, et que ceux-ci n’ont pas répondu à l’appel.

La réalité demeure. Tant que le portrait des compressions reste aussi nébuleux, il est bien difficile de saisir exactement quels services à la population seront touchés. Il est d’autant plus aisé pour le gouvernement conservateur de tenter de convaincre les Canadiens que l’impact sera négligeable.

Voici comment se répartissent les 5561 avis envoyés cette semaine aux fonctionnaires menacés de perdre leur emploi :
Ministère de l’Agriculture : 689
Développement économique : 45
Transport Canada : 33
Bureau du Conseil privé : 104
Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada : 106
Patrimoine Canada : 258
Conseil du Trésor : 54
Travaux publics et services gouvernementaux : 87
Ressources naturelles : 192
Secrétariat des conférences intergouvernementales canadiennes : 2
Agence canadienne de développement international : 534
Agence spatiale canadienne : 7
Commission des libérations conditionnelles du Canada : 16
Industrie Canada : 156
Citoyenneté et immigration Canada : 339
Affaires étrangères et commerce international : 21
Environnement : 137
Sécurité publique : 71
Agence de santé publique du Canada : 483
Santé Canada : 715
Agence des services frontaliers : 1137
Ressources humaines : 114

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L’effet « robocall »

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 publié le 12 mars 2012 à 18 h 13
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Dans tout le débat sur l’affaire des appels trompeurs, une question demeure toujours sans réponse. Les appels automatisés visant à harceler des électeurs, et ceux les dirigeant vers les mauvais bureaux de scrutin ont-ils bel et bien eu un impact sur la participation des Canadiens à l’élection du 2 mai dernier?

S’il faut attendre la fin des enquêtes que mène actuellement Élections Canada avant d’avoir une réponse définitive à cette question clé, une économiste de l’Université Simon Fraser en Colombie-Britannique tente un début de réponse. En effet, Anke S. Kessler a tenté de mesurer l’impact de ces appels trompeurs sur la participation électorale dans un rapport de recherche intitulé : Does misinformation demobilize the electorate? Measuring the impact of alleged robocalls in the 2011 Canadian election. (Est-ce que la désinformation a démotivé l’électorat? Mesure de l’effet des présumés appels trompeurs à l’élection canadienne de 2011)

Son analyse du taux de participation dans les bureaux de scrutin à l’échelle du pays, comparé à celui dans 27 des circonscriptions touchées par des appels trompeurs, accrédite la thèse qu’il y aurait bel et bien eu une démobilisation de l’électorat dans les circonscriptions. Donc, qu’on peut croire à un effet « robocall ».

Dans les circonscriptions prétendument ciblées par les appels trompeurs, elle évalue qu’en moyenne le taux de participation dans les bureaux de scrutins à majorité non conservatrice est inférieur de 3 % à celui dans les bureaux de scrutins comparables à l’échelle du pays. Anke Kessler évalue que les tactiques de dissuasion auraient eu pour effet qu’entre 1000 et 2500 personnes auraient ainsi renoncé à exercer leur droit de vote.

Son analyse s’arrête là. Car l’économiste insiste aussi sur le fait que son analyse ne permet pas de tirer quelque conclusion que ce soit sur QUI est responsable, ou même d’établir s’il y a bel et bien eu un stratagème formel pour dissuader les Canadiens de voter.

« Il est important de noter que mes conclusions ne peuvent pas prouver qu’il y ait eu inconduite ou qu’un geste illégal ait été fait », écrit-elle. Anke Kessler ajoute surtout que son « analyse et ses résultats ne sont pas faits pour remettre en question les résultats dans une circonscription donnée ».

C’est une analyse strictement statistique, mais une analyse qui risque fort d’alimenter le débat sur toute cette affaire.

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Généralement, en politique, les sondages internes des candidats et des différentes campagnes sont des secrets bien gardés, qu’on ne coule discrètement aux médias qu’en des circonstances bien précises, voire exceptionnelles. La dynamique complexe du vote préférentiel dans la course à la direction du NPD aura réussi à chambarder cette logique traditionnelle.

C’est ainsi qu’en matinée, au lendemain d’un premier débat au Québec, où la qualité de son français a encore une fois été remise en question, le candidat Paul Dewar a publié par communiqué les résultats d’un sondage interne mené par sa campagne auprès de plus de 6373 membres du parti.

Il faut dire que ce sondage a été réalisé par appel automatisé et que ces résultats ont été pondérés en fonction du nombre de membres dans chaque province. Donc, oui, le débat est certainement lancé sur la précision de ses données. N’empêche,  le portrait qui émerge demeure intéressant et surtout bien différent de ce que l’on prédisait en début de course. Il confirme surtout ce que plusieurs d’entre nous entendons en coulisse depuis quelques semaines à savoir que :

- Thomas Mulcair semble s’être installé dans la position de meneur et bénéficie d’une certaine avance.

- La lutte au « meilleur deuxième » est bien serrée entre quatre candidats soit : Peggy Nash, Paul Dewar, Nathan Cullen et Brian Topp.

La publication de ces données révèle surtout qui sont les plus sérieux adversaires de Paul Dewar. Le voilà prêt à consacrer Thomas Mulcair comme meneur pour déstabiliser ses autres adversaires, pour tenter d’éclipser le fait que son rival Brian Topp ait obtenu l’appui de la mère de Jack Layton… La campagne de Brian Topp, mécontente de voir son candidat relégué au 5e rang, s’est empressée d’envoyer une note soulignant que dans ses propres sondages en interne, l’ex-stratège récolte l’appui de 28 % des membres, sans toutefois donner de détails sur l’ensemble du portrait de la course. 

Donc, si dans l’entourage de Thomas Mulcair nul n’ose dire que leur candidat est à l’abri d’un mouvement « tout sauf Mulcair », on se réjouit pour l’instant de voir tous ces seconds bien occupés à se distinguer les uns des autres.

Surtout, alors que tous sont bien, bien loin du 50 % + 1 de la victoire, il reste six semaines pour courtiser les partisans des uns et des autres, commencer par gagner les partisans de Roméo Saganash qui s’est retiré de la course, puis ceux des candidats les plus faibles. La partie d’échecs de la dernière ligne droite est bel et bien lancée.

Catégorie: Ottawa

Des réponses toutes faites?

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 publié le 3 février 2012 à 17 h 22
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L’ampleur du débat, de la tempête surtout, autour de la réforme du programme de sécurité de la vieillesse a-t-elle pris le gouvernement conservateur par surprise?

Le moins qu’on peut dire, c’est que le premier ministre a profité de quelques entrevues en préparation de son voyage en Chine pour maintenir la pression sur l’Iran. Mais il a surtout offert quelques précisions sur son éventuelle réforme qu’il avait jusqu’ici refusée de clarifier, malgré les multiples questions cette semaine en Chambre.

C’est ainsi qu’avec Postmedia, il a finalement confirmé que le scénario d’augmenter l’âge d’admissibilité au-delà de 65 ans est bel et bien sur la table. Il a aussi ajouté que la Chine sera un élément essentiel de la croissance économique au Canada.

Mais de toute évidence certains craignaient que ça ne suffise pas.

C’est ainsi que le bureau de la ministre des Ressources humaines Diane Finley nous a donné une entrevue téléphonique à quelques minutes d’avis.

Le problème? C’est que soudainement, alors que tout était prêt en régie pour enregistrer, le même personnel politique a rappelé pour annuler par manque de temps.

Ne reculant devant rien, la directrice des communications a envoyé 2 réponses audio toutes faites, bien précises à ma collègue… Les mêmes réponses que celles qu’a offertes la ministre depuis le début de la semaine, deux belles séquences de 18 et 17 secondes chacune, toutes prêtes à être insérées dans un éventuel reportage.

Inutile de dire que dans un tel contexte, ma collègue n’a pas utilisé les extraits dans son reportage.

Une petite anecdote qui en dit long sur l’état d’esprit du gouvernement Harper face au tollé suscité par sa proposition de réforme à la sécurité de la vieillesse.

Comme quoi, quand l’enjeu le mérite, tous les moyens sont bons pour faire passer le message.

18 h 11 Le bureau de la ministre Finley vient d’appeler pour nous expliquer qu’il s’agit là d’un malentendu, d’une erreur de bonne foi, alors que son personnel politique était bien conscient qu’il n’était pas très élégant d’avoir ainsi annulé une entrevue à la dernière minute, une erreur au terme d’une longue journée.

Catégorie: Ottawa, Québec

Polytechnique et le malaise des conservateurs

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 publié le 6 décembre 2011 à 18 h 22
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Le 6 décembre a toujours été une journée difficile pour les conservateurs.

Cette année, le malaise était double.

Ce 22e anniversaire passera toujours à l’histoire comme l’année de l’abolition du registre des armes d’épaules.

Certains députés conservateurs ont beau trouver désolant que cette journée de commémoration soit récupérée par plusieurs groupes en faveur du contrôle des armes, la réalité demeure qu’au Québec, ce registre est devenu dans l’esprit populaire un symbole des tristes leçons de Polytechnique. Et les familles des victimes ont toujours été à l’avant-plan de la bataille pour le registre.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les députés conservateurs n’ont pas été invités à participer à la cérémonie de commémoration sur les marches du Parlement, une cérémonie disons-le qui a davantage pris les allures d’un appel à la mobilisation pour sauver le registre.

Cette année donc, à l’ombre des photos des 14 victimes de Marc Lépine, il ne restait que les 14 roses à la mémoire de ces femmes fauchées dans la fleur de l’âge et la colère de toutes ces familles. Cette « rage » était exprimée par Suzanne Laplante-Edwards,  qui vit l’abolition du registre comme un affront à la mémoire de sa fille.

Cette année donc, pour plusieurs, la minute de silence aux Communes ne suffisait pas.

La vidéo du vote du 1er novembre sur l’adoption en deuxième lecture du projet de loi C-19 sur l’abolition du registre n’a fait que mettre de l’huile sur le feu.

On y voit le député conservateur de Lethbridge Jim Hillyer faire semblant de dégainer une arme en signe de victoire.

« Indécent, insultant », les députés d’opposition manquaient de mots pour exprimer leur indignation.

Les conservateurs manquaient de mots pour exprimer leur malaise.

Le président du caucus conservateur au Québec, Jacques Gourde, a certes affirmé que son collègue albertain devrait présenter des excuses, mais au bureau du premier ministre Harper on offre pour seule réaction un « pas de commentaires ».

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La Cour suprême, les juges et le NPD

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 publié le 18 octobre 2011 à 8 h 14
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Il fallait écouter, et surtout voir le député néo-démocrate Yvon Godin commenter la nomination des deux nouveaux juges à la Cour suprême pour saisir l’ampleur du malaise qui règne au NPD.

Le problème n’est pas la compétence des juges Andromache Karakatsanis et Michael Moldaver, mais que ce dernier n’est pas bilingue.

Or, le NPD réclame depuis des années que le bilinguisme soit enchâssé comme critère incontournable dans la nomination des juges à la Cour suprême, le député Yvon Godin a même fait adopter un projet de loi aux Communes en ce sens, un projet de loi qui est mort au Sénat.

Yvon Godin a beau être indigné du choix d’un juge unilingue anglophone, son propre parti a donné son aval à la nomination du juge Michael Moldaver.

En effet, le député néo-démocrate Joe Comartin était membre du comité spécial mis sur pied pour évaluer les candidatures et offrir des recommandations au premier ministre.

Ce comité formé de cinq députés devait évaluer la liste des candidats soumis par le ministère de la Justice et s’entendre sur une liste réduite de six candidats à soumettre au premier ministre.

Entre deux conservateurs et un libéral, le néo-démocrate avait voix au chapitre et a fait son choix.

Joe Comartin a beau affirmer aujourd’hui qu’il n’est pas d’accord avec la nomination du juge Micheal Moldaver parce que celui-ci n’est pas bilingue, il refuse d’expliquer pourquoi il  a accepté de soumettre sa candidature au premier ministre.

Joe Comartin est tenu au secret, c’était la condition de sa participation aux délibérations du comité spécial.

Est-ce qu’en coulisse le NPD a préféré un juge non bilingue à une autre candidature jugée trop idéologique? Possible.

N’empêche, aujourd’hui le NPD en est réduit à dénoncer l’unilinguisme d’un candidat qu’il a appuyé.

« La loi ne prescrit pas le bilinguisme pour les juges de la Cour suprême, donc nous ne pouvions pas écarter une candidature sur ce critère-là », se bornent à répéter les stratèges néo-démocrates.

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Visite stratégique

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 publié le 22 septembre 2011 à 13 h 11
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La visite du premier ministre britannique David Cameron au Canada tombe pile-poil pour le premier ministre Harper.

Accusé par ses adversaires politiques d’avoir adopté une approche trop rigide face à l’incertitude économique mondiale, Stephen Harper pourra au moins se vanter d’avoir l’appui de son homologue britannique dans sa lutte au déficit comme mécanisme pour protéger l’économie d’une nouvelle crise.

Le gouvernement Harper plaide ce message avec d’autant plus d’urgence qu’il craint ouvertement que la crise qui secoue la zone euro, sans parler de l’incertitude aux États-Unis, ne vienne menacer la reprise ici au pays.

À la veille d’une rencontre du Fonds monétaire international, le ministre des Finances Jim Flaherty a donc sérieusement haussé le ton. Il a affirmé que le Canada fait les frais du manque de volonté politique en Europe. Jim Flaherty prédit même une confrontation si les réformes nécessaires ne sont pas mises en oeuvre de l’autre côté de l’Atlantique.

« Il y a un niveau de frustration justifié face au manque d’action décisive de la part de l’Europe. Comme ministres des Finances nous parlons de la Grèce depuis janvier 2010. Il doit y avoir un exercice de volonté politique et de prise de décision en Europe. »

D’ailleurs, le premier ministre Harper a co-signé ce matin une lettre sans équivoque à l’attention du président du G20, Nicolas Sarkozy, dans laquelle il lui demande essentiellement de prendre les grands moyens pour que le G20 ait enfin le courage de prendre les décisions difficiles qui s’imposent pour prémunir l’économie mondiale contre une nouvelle crise.

Et, sans surprise, cette lettre est co-signée par le premier ministre de la Grande-Bretagne. Ce dernier n’a pas hésité à utiliser un remède de cheval pour son économie en imposant un plan d’austérité sans précédent.

Face à l’inquiétude des Canadiens et aux attaques de l’opposition, Stephen Harper voudra profiter de la visite de David Cameron pour légitimer la rigueur de son approche économique. Gagner l’approbation de la communauté internationale face à la crise, c’est sa recette depuis 2008.

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