Archives du collaborateur Denis Ferland


À propos de Denis Ferland

Denis Ferland est correspondant parlementaire à Ottawa pour le Réseau de l’information. Il est entré à Radio-Canada en 1994 comme affectateur des journalistes à la colline Parlementaire, poste qu'il a occupé pendant 16 ans. C'est à ce titre qu'il a coordonné les grandes couvertures politiques des dernières années, notamment le référendum de 1995, les congrès politiques ainsi que les sommets internationaux comme ceux du G-8 de Kananaskis en 2002 et de Toronto en 2010. Au bureau électoral de Radio-Canada à Montréal, il a été au cœur de la couverture des dernières campagnes électorales fédérales.

Plan d’action ou de réaction?

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 publié le 8 mai 2013 à 12 h 34

Décidément, pour la troisième fois en moins de deux semaines, le gouvernement Harper doit annoncer des mesures (déjà annoncées) pour calmer le jeu dans un dossier placé sous les projecteurs par l’actualité. Maxime Bernier et sa collègue du revenu, Gail Shea, parlent de « nouvelles mesures » pour traquer les utilisateurs de paradis fiscaux.

Ils se sont présentés ce midi dans le foyer de la Chambre, une semaine après que le vérificateur général, encore lui, eut révélé que l’Agence de Mme Shea cherchait encore à collecter 29 milliards de dollars en impôts et taxes détectés et non contestés, mais surtout un mois après que mes collègues d’Enquête eurent dévoilé l’existence de données sur des dizaines de milliers de personnes qui tentent d’éviter le fisc de leurs pays respectifs, dont 450 Canadiens.

Après avoir en vain réclamé les données de Radio-Canada, puis du consortium international de journalistes d’enquête qui les a en main, Mme Shea s’est résolue à faire une annonce formelle de « nouvelles mesures »… contenues dans le dernier budget Flaherty.

Elle suivait les traces de MM. Kenney et MacKay. Le premier avait au moins le mérite d’admettre que les révélations au sujet de l’utilisation douteuse de travailleurs temporaires étrangers par la RBC n’étaient justement pas « étrangères » à son annonce d’ajustements au programme. Il faut aussi préciser que le gouvernement Harper avait le programme dans sa ligne de mire depuis quelques mois, à la suite d’autres informations sur son utilisation hors-norme. Il reste que le moment est opportun, puisqu’on réduit la pression des dénonciations sur le gouvernement.

Peter MacKay est moins humble que son collègue Kenney. Comme dans le cas des chasseurs
F-35 l’an dernier, M. MacKay fait comme si le rapport du vérificateur général, encore lui, sur le système de recherche et de sauvetage en perdition n’était pour rien dans son annonce de nouvelles mesures deux jours après le dépôt du rapport en question. Il est vrai que les mesures prises par M. MacKay ne règlent en rien les graves lacunes soulevées par son ami Michael Ferguson, mais sa sortie, à Halifax, après deux jours de hauts cris en Chambre et dans l’Atlantique, visait là aussi à calmer le jeu.

Ces trois dossiers sont, à part l’élection de Justin Trudeau à la tête des libéraux, les dossiers qui ont fait le plus jaser sur la colline du Parlement, mais aussi dans tout le pays au cours du dernier mois. Le gouvernement Harper pouvait difficilement les ignorer et voyait bien qu’il fallait réagir.

Réaction, réaction, réaction, c’est là le défi dont je parlais dans un blogue récent sur les deux ans du gouvernement Harper et la nécessité pour lui de reprendre l’initiative du débat public pour relancer son gouvernement. À noter qu’en plus des trois dossiers mentionnés ci-haut, l’arrivée de M. Trudeau place aussi pas mal le gouvernement Harper en mode réaction à ce qu’on peut voir sur la place publique.

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Thérapie de groupe conservatrice

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 publié le 6 mai 2013 à 8 h 30

Les agences de publicité du pays ont jusqu’au 16 mai pour répondre à l’appel d’offres du gouvernement Harper en ce qui concerne la prochaine vague de messages vantant les mérites du Plan d’action économique du gouvernement du Canada. Le Plan d’action était initialement, rappelons-le, le budget de relance du ministre Flaherty présenté en catastrophe en janvier 2009 après une prorogation tout aussi en catastrophe le mois précédent. Ledit Plan d’action devait durer deux ans et comportait des dépenses de stimulation de l’économie de près de 50 milliards de dollars que le gouvernement Harper minoritaire s’est résolu à adopter face à la coalition PLC-NPD appuyée par le Bloc québécois.

Bref, les conservateurs sont retombés sur leurs pattes économiques et revendiquent non seulement la paternité du plan initial, mais prolongent le plaisir en maintenant l’appellation « Plan d’action », budget après budget, même si les mesures prises n’ont plus du tout l’envergure de celles annoncées en 2009.

On ne connaît pas le budget de la nouvelle campagne qui pourrait s’étendre sur les trois prochaines années, mais il convient de se rappeler qu’Ottawa a déjà consacré environ 100 millions de dollars à vanter le Plan d’action aux Canadiens, à hauteur d’environ 20 millions de dollars par année. Ça donne une indication. Mais, le plus intéressant, c’est qu’à part présenter les mesures budgétaires, la campagne « servira en outre à renforcer la confiance des consommateurs dans l’économie canadienne et l’orientation du pays »… Bref, un p’tit remontant pour le moral des Canadiens au cas où tous ne seraient pas convaincus que ça va si bien, même si « le Canada se remet de la crise plus vite que les autres pays du G8 » et que « plus de 900 000 emplois ont été créés depuis le creux de la récession ».

Décidément, les conservateurs se préoccupent beaucoup du moral des Canadiens. On a abondamment parlé des paradis fiscaux ces dernières semaines à la suite des révélations de l’émission Enquête. Une investigation menée conjointement avec des médias d’autres pays, à partir de dossiers coulés à un groupe international de journalistes d’enquête. Imaginez que le comité des finances de la Chambre des communes se penchait justement sur le sujet depuis quelques années et qu’il a finalement abouti à un rapport il y a une dizaine de jours. Néo-démocrates et libéraux y proposaient quelques gestes concrets pour serrer la vis à ceux qui utilisent les paradis fiscaux illégalement, mais les conservateurs étaient beaucoup moins empressés. Heureusement, en attendant, ils s’occupent du moral des Canadiens. La septième de 11 recommandations se lit comme suit :

Que le gouvernement fédéral continue de maintenir le moral des contribuables en faisant diffuser des messages clairs sur les efforts déployés pour assurer l’équité et la transparence du régime fiscal.

Ça coûtera ce que ça coûtera, quelques dizaines de millions par année, mais votre moral est entre bonnes mains!

Catégorie: Ottawa

Gouvernement Harper : 2 ans de majorité

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 publié le 2 mai 2013 à 13 h 40

Il y a deux ans, Osama ben Laden était abattu. Oups, je m’égare… Stephen Harper atteignait la majorité; pas l’âge de la vraie majorité pour un politicien, plutôt celle en Chambre, après une défaite et deux minorités. Il en est aujourd’hui au point où il doit penser à sa réélection en octobre 2015 et, surtout, à ce qu’il fera d’ici là pour l’obtenir.

Le gouvernement Harper maintient le cap, il veut faire en sorte que l’économie sera le thème de la prochaine élection pour lui. Élimination du déficit mise en place par le dernier budget, réforme du marché du travail (formation de la main-d’Å“uvre, assurance-emploi, travailleurs étrangers, immigration économique) et des ententes commerciales importantes en négociation (Union européenne, Inde, Japon et Partenariat trans-Pacifique). Bref, des réussites éventuelles dont personne ne nie l’importance, mais qui ont leur limite électoralement parlant.

On ne fait pas de gros gains avec ce qu’on a fait, mais plutôt avec ce qu’on promet. À plus forte raison quand les réalisations ne touchent pas le quotidien des gens, et surtout compte tenu de la tranche de l’électorat que les conservateurs ont courtisé avec la baisse de la TPS, des crédits d’impôt pour les activités sportives et artistiques et le 100 $ par mois par enfant de moins de 6 ans.

Avec le même 40 % des voix et l’ajout de 30 sièges dans des endroits favorables en 2015, les conservateurs visent le même créneau. M. Harper a encore un gros atout : il est toujours considéré comme le meilleur gestionnaire de l’économie devant MM. Trudeau et Mulcair, même si 59 % des répondants à un récent sondage désapprouvaient son travail en général contre 32 % qui l’appuyaient. La thématique économique n’est donc pas surprenante dans le contexte. Aucune surprise non plus quant à l’angle d’attaque des conservateurs contre Justin Trudeau, quand on voit que M. Harper devance ses rivaux au chapitre de l’expérience et du jugement, toujours selon le sondage. M. Trudeau mène par ailleurs en ce qui concerne le partage des valeurs et son niveau de préoccupation pour les citoyens.

Deux ans et demi à écouler d’ici le scrutin prévu en octobre 2015. Cela donne amplement le temps à M. Harper d’accomplir des choses. Toutefois, le même temps est un facteur d’usure qu’il doit contrer en reprenant l’initiative du débat public. Depuis le début de l’année, ce sont davantage des choses comme les frasques de sénateurs conservateurs, l’agitation autochtone, la résistance de députés conservateurs et le dérapage du programme des travailleurs étrangers qui alimentent la discussion.

Reprendre l’initiative

Le budget Flaherty est, selon moi, la première de quatre étapes qui seront franchies cette année par le gouvernement Harper pour prendre le virage vers octobre 2015. Du point de vue des finances publiques, Jim Flaherty a mis le train sur les rails du déficit zéro à moins d’une détérioration soudaine de l’économie. Même là, attendez-vous à ce que M. Flaherty ou son successeur prenne tous les moyens nécessaires pour y arriver, même les plus douloureux. Déficit zéro/2015, un dogme.

Il faut maintenant regarnir le programme politique. Des 59 projets de loi déposés depuis l’élection de mai 2011, 36 ont été adoptés. Treize étaient des « automatiques » : crédits et budgets. Les faits saillants remontent au début du mandat : le C-10, l’omnibus sur la criminalité et l’abolition du registre des armes d’épaule qui ont tant fait jaser, etc. Cette année, seulement sept projets de loi ont reçu la sanction royale, dont deux sur les crédits, celui sur la lutte au terrorisme la semaine dernière et celui sur… la succession au trône d’Angleterre.

Bref, le gouvernement se cherche un peu. Prochaine étape donc, le congrès du Parti conservateur de la fin juin à Calgary. Cette rencontre devrait donner le ton quant aux attentes de la base, celle qui milite d’une part, et celle qui vote d’autre part. Les militants entretiennent certaines frustrations, notamment sur les dépenses qui montent encore trop vite, et les électeurs ciblés vont montrer au gouvernement sur quels boutons appuyer pour conserver leur soutien.

Le budget et le congrès auront vraisemblablement permis de préparer le terrain pour l’autre étape, celle d’un probable discours du Trône à la rentrée en septembre, question de définir l’ordre du jour jusqu’à l’élection. De nouvelles mesures, mais aussi certains engagements de 2011, conditionnels au retour à l’équilibre budgétaire. Et là, on va remettre en vitrine deux articles qui vont attirer les regards de la clientèle : réduction des impôts grâce au partage des revenus pour les familles avec enfants de moins de 18 ans et le passage du plafond annuel de contribution aux comptes d’épargne libre d’impôt (CELI) de 5000 $ à 10 000 $. Ça, ce sont les éléments anticipés. D’autres développements permettraient aussi à M. Harper et à ses troupes de diriger la discussion.

Je vois d’ici les tambours et les trompettes advenant la signature de l’entente qui tarde avec l’Union européenne. Attendez-vous à une avalanche de chiffres pour démontrer l’impact de cette entente. Et quels feux d’artifice le jour où le projet de pipeline Keystone XL serait approuvé par l’administration Obama!

L’usure à contrer

À l’élection de 2015, Harper aura été au pouvoir pendant presque 10 ans. Bien de l’eau aura coulé sous les ponts d’ici là, mais on sait déjà qu’il affrontera deux nouveaux adversaires fort différents l’un de l’autre. Surtout, dans le cas de Justin Trudeau, ce sera différent de ce qu’il a connu jusqu’ici. M. Harper ne peut même pas envisager de se battre sur le même terrain que M. Trudeau quant à l’attrait personnel. On a vu plus haut, avec le sondage, qu’il peut davantage se faire valoir sur le terrain de la compétence et de la fiabilité.

Si le rajeunissement de son gouvernement ne passe pas par lui, M. Harper peut miser sur celui de son équipe. On peut s’attendre à ce que le Cabinet soit différent à la rentrée de septembre. C’est tout d’abord le travail du chef de Cabinet, Nigel Wright, de vérifier si certains ministres n’ont pas l’intention d’être candidats en 2015. Pensez aux O’Connor, Toews et Flaherty notamment.

Évidemment, un remplacement immédiat de M. Flaherty aurait un effet domino important. Des ministres actuels, pas très âgés d’ailleurs, sont mûrs pour prendre du galon ou relever de nouveaux défis. Jason Kenney, James Moore et John Baird sont dans ce groupe. Et vient ensuite le véritable rafraîchissement. Aucune marge de manœuvre du côté du Québec, mais plusieurs autres recrues potentielles intéressantes, dont certaines ont fait leurs preuves en étant envoyées plus souvent qu’à leur tour dans ces panels politiques très populaires du côté du Canada anglais.

En haut, de gauche à droite : Kellie Leicht (Simcoe-Grey), Candice Bergen (Portage-Lisgar) et Shelly Glover (Saint-Boniface)
En bas, de gauche à droite : Chris Alexander (Ajax-Pickering), Michelle Rempel (Calgary Center-North) et Pierre Poilièvre (Nepean-Carleton)

Les Kelly Leitch, Michelle Rempel, Chris Alexander, Shelley Glover, Candice Bergen et Pierre Poilièvre vont rester près de leurs portables au cours des dernières semaines de la session! Des considérations de région et de sexe en plus des compétences détermineront leur avenir. Donc, le défi de Stephen Harper, à ce stade-ci de son mandat, en prévision d’octobre 2015 : mettre tout en place pour conserver son 40 % d’appui de 2011. Il devra aussi faire en sorte de ne pas provoquer, par ses politiques, trop de mécontentement dans la population, car un mouvement anti-Harper pourrait profiter à un de ses adversaires, peu importe lequel.

Catégorie: Québec

Attaques conservatrices contre… les médias

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 publié le 25 avril 2013 à 12 h 52

On a beaucoup fait état des publicités négatives et autres attaques conservatrices contre le tout nouveau chef libéral depuis une dizaine de jours. Mais derrière la cible Justin Trudeau se cache une autre cible pour les conservateurs : les médias, et certains journalistes en particulier. Je dis « se cache », mais dans le fond, il n’y a pas de cachette. Les conservateurs s’assument pleinement et visent ouvertement la presse.

Prise un : sur le site « Justin pas à la hauteur », qui véhicule, entre autres, les publicités en ligne et télé dénigrant M. Trudeau pour des déclarations passées et pour certains emplois qu’il a occupés, une rubrique donne les exemples d’écrits de certains commentateurs de publications anglophones favorables à M. Trudeau. Que des commentateurs politiques aient une opinion qui ne fait pas votre affaire, mieux vaut vous y préparer. Si vous avez la peau trop mince, lisez les commentaires qui vous sont favorables. Les conservateurs peuvent me contacter. J’ai des exemples en tête de collègues aux opinions solides et cohérentes qui défendent fréquemment leurs politiques.

Les conservateurs reconnaissent d’ailleurs le droit de ces journalistes à leurs opinions. Toutefois, ils enchaînent en demandant de l’argent pour contrer ces mêmes opinions, qui ne sont pas basées sur des faits, mais plutôt sur « leurs sarcasmes et leur déformation des faits ».

Prise deux : mardi, Jenni Byrne, ex-conseillère du premier ministre Harper retournée au Parti conservateur, s’en prend à nouveau à l’« équipe libérale de Justin Trudeau » qui fait de la petite politique, selon elle, après les arrestations des deux suspects de terrorisme par la GRC. Elle se base sur le compte Twitter de la sénatrice Céline Hervieux-Payette, qu’elle présente comme une conseillère principale pour le Québec de M. Trudeau. En gros, la sénatrice disait qu’avec des politiques à la George W. Bush, le gouvernement Harper allait se retrouver avec des terroristes à la George W. Bush. Bon, disons que les arguments de la sénatrice libérale restent à être étayés, car ils ne sont pas évidents. Et d’associer les commentaires de M. Trudeau sur le terrorisme et ses causes profondes à tout ça.

Le hic, entre autres, c’est que Mme Hervieux-Payette n’a aucune responsabilité dans le bureau ou l’équipe Trudeau. Elle appuyait même sa principale rivale, Joyce Murray, dans la course à la direction.

Mais surtout, autre occasion de s’en prendre aux médias que Mme Byrne ne rate pas. « Les médias ignorent volontairement cette histoire pour protéger M. Trudeau. » Elle ajoute avoir tenté d’attirer l’attention des journalistes là-dessus. Je n’ai pas consulté tous les collègues, mais, dans la tourmente des arrestations des deux suspects lundi après-midi, personne n’a souvenir d’une alerte conservatrice là-dessus. Et Mme Byrne de poursuivre encore une fois en demandant un p’tit 5 $ pour « maintenir la pression sur Justin Trudeau » (sous-entendu, puisqu’on ne peut pas compter sur les médias pour le faire).

À vous de juger. Il vous reste 906 jours avant l’élection d’octobre 2015 pour vous faire une tête là-dessus.

Catégorie: Ottawa

Harper sur les lignes de côté

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 publié le 19 avril 2013 à 11 h 27

Le débat sur l’unité nationale ou sur la Constitution, c’est selon, a repris vie. C’est à tout le moins le cas du côté de l’industrie du commentaire et de la classe politique, qui en fait périodiquement son pain et son beurre.

Les révélations du livre de Frérédic Bastien, combinées à l’accession de Justin Trudeau à la tête du Parti libéral du Canada, relancent le match constitutionnel, grâce à un voyage dans le temps qui nous ramène 32 ans en arrière. Les joueurs ne sont évidemment plus les mêmes, mais un nom perdure : Trudeau.

Le nouveau chef du PLC a beau répéter depuis bien avant la publication de La bataille de Londres que la signature manquante du Québec lors du rapatriement de 1982 n’est pas le scénario idéal, mais que les Canadiens et les Québécois ne lui ont pas parlé de ça pendant la course à la direction, le dossier lui colle à la peau. Son parti est actionnaire majoritaire du rapatriement et il y a, bien sûr, ce nom… Le ballon est sans cesse lancé dans sa direction. Le quart-arrière est la plupart du temps souverainiste, mais la presse y a aussi contribué, dans sa recherche de positions politiques du candidat Trudeau pendant la course à la direction. M. Trudeau capte la passe et s’empresse de sortir sur la ligne de côté pour éviter le plaqué et stopper le cadran.

Son rival fédéraliste sur le territoire québécois, Thomas Mulcair, s’inquiète évidemment des indiscrétions du juge Bora Laskin, en pleine délibération à l’époque, mais s’en remet lui aussi à la Cour suprême, qui se penche sur les faits rapportés dans le livre de Frédéric Bastien. M. Mulcair a déjà porté le ballon dans le dossier plus tôt cette année, lorsque le NPD a proposé sa propre version de la clarté référendaire à partir du renvoi sur la sécession du Québec. Basée sur la fameuse déclaration de Sherbrooke, la position du NPD ne semble pas lui avoir permis de marquer le touché, tout au plus un placement auprès d’une clientèle assez limitée.

Comme ses partenaires souverainistes à Québec, Daniel Paillé s’entraînait ferme pour être compétitif. C’est en fait lui qui a effectué le botté d’envoi à Ottawa avec le projet de loi du Bloc abrogeant tout simplement la loi sur la clarification référendaire. C’est justement le jour où ce projet de loi devait être débattu en Chambre que le NPD, un peu coincé entre son fort contingent de députés québécois et sa présence pancanadienne, est en quelque sorte allé au-devant des coups en déposant son propre projet.

Maintenant que la joute est bien engagée, M. Paillé est en couverture de zone, il traverse le terrain en largeur, et cherche l’ouverture entre les blocs pour frapper tout ce qui bouge derrière la ligne fédéraliste. À la demande de publication des documents du Conseil privé des années 1981-1982, il ajoute sa bombe jusque dans la zone des buts sur le dernier jeu du match, la « Hail Mary pass », une enquête publique sur les événements. Pour les non-initiés au football, ce jeu désespéré fonctionne une fois sur 20.

Et pendant ce temps, que fait Stephen Harper? Il a tenté quelques jeux au sol pour établir son attaque aérienne au Québec. Le « fédéralisme d’ouverture », la reconnaissance de la « nation », etc., ça ne lui a jamais permis de réussir le long jeu qui casse les reins de l’adversaire. Comme c’est le cas depuis l’élection du PQ le 4 septembre dernier, ne comptez pas sur lui pour revenir sur le terrain. Il a retiré son casque et ses épaulettes et il marche sur les lignes de côté, les bras croisés. Il regarde les joueurs s’adonner à leur sport favori.  Surtout, il entend le claquement des équipements et les gémissements et grognements des efforts et des contacts sur la ligne, et il se dit qu’il n’a pas envie de se salir sur ce gazon qui lui donne en plus des allergies.

Qu’aurait-il à y gagner, se dit-il? À part quelques « bleus » supplémentaires au Québec…

 

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Justin Trudeau au Québec : derrière le 80 %

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 publié le 15 avril 2013 à 11 h 55

À partir d’aujourd’hui, Justin Trudeau devient un chef comme les autres. Au quotidien, ou presque, il devra présenter les positions de son parti sur les dossiers d’actualité. Prendre des positions cohérentes tout en ne contraignant pas trop son parti, qui doit quand même se donner une nouvelle plateforme pour l’élection de 2015.

Ça, c’est pour le contenu, la substance dont on a beaucoup dit qu’elle tardait à se manifester chez le nouveau chef libéral. L’autre tâche qui l’attend est la remise sur pied de son parti à tous les niveaux et dans toutes les régions. Avec 35 députés disséminés dans le pays, il n’y a pas de base régionale évidente. L’une de ces bases potentielles est évidemment le Québec. Ne parlons pas tout de suite des enjeux québécois, des retombées persistantes ou pas du rapatriement constitutionnel, mais plutôt de la présence du PLC sur le terrain.

On peut avoir un premier portrait de ce qui attend M. Trudeau et les libéraux à partir des chiffres sur la participation à la course qui vient de prendre fin. Ça donne une bonne idée du point de départ, des réelles possibilités et du défi.

En région francophone, on retrouve par exemple 55 militants inscrits dans Abitibi-Témiscamingue, 81 dans Mégantic-L’Érable, et 70 dans Chicoutimi-Le Fjord. Ajouter à cela 103 inscrits dans le fief de Jean Chrétien, Saint-Maurice-Champlain, et ça vous donne une première impression.

Dans la région de Montréal, pas de mobilisation de masse non plus. Repentigny, 51 inscrits, 78 dans Verchères-Les Patriotes. C’est un peu mieux dans Brossard-Laprairie, l’ancienne circonscription de la présidente de l’aile Québec : 271 participants.

Dans l’île de Montréal, tableau révélateur, on retrouve les participants par centaines là où on s’y attendait : 732 chez Justin Trudeau dans Papineau, 416 dans Saint-Laurent-Cartierville, et 88O dans Westmount. Mais, attention, seulement 183 inscrits dans Bourassa, le royaume de Denis Coderre. Dans l’est de l’île, seulement 86 personnes mobilisées dans La-Pointe-de-l’ÃŽle. Une circonscription à forte tradition libérale qui est passée au NPD la dernière fois, Hull-Aylmer : 617 inscrits.

Conclusion, dans un premier temps, les libéraux fédéraux se retrouvent avec une mobilisation au Québec qui se limite à leur base traditionnelle : l’ouest de l’île de Montréal, l’Outaouais et quelques circonscriptions à tradition plus fédéraliste ici et là. La campagne sur le terrain de M. Trudeau n’a visiblement pas encore ouvert de nouvelles avenues au PLC au Québec. Le Québec, un seul des nombreux défis qui attendent le nouveau chef libéral.

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PLC : sprint final???

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 publié le 6 avril 2013 à 6 h 26

Les libéraux fédéraux entrent dans la dernière semaine de cette course qui a de moins en moins l’air d’en être une avec la « présentation nationale » des six candidats restants, à  Toronto, devant un auditoire, ou plutôt une salle, de 1500 places.

Difficile de savoir combien de gens y participeront et à quel titre. Des places sont vendues, mais 100 billets sont gracieusement offerts à chacune des six campagnes. Ça laisse 900 billets à vendre en principe et disons que ça ne se bousculait pas au portillon. Il faut dire que le rassemblement est sans grande conséquence.

Quand on parle de présentation nationale, ça veut dire que les candidats pourront se faire valoir de la façon dont ils ou elles l’entendent sur la scène pour convaincre les 127 000 membres/sympathisants ayant droit de vote.

Certains réseaux, dont RDI, diffuseront l’événement qui sera aussi rendu disponible sur le site du PLC et aucune interaction, décision et encore moins un vote final, n’auront lieu dans la salle. Pas beaucoup de motivation donc à être sur place. Il suffit de rattraper tout ça en ligne si vous avez encore des doutes et de voter, aussi en ligne, ensuite.

Et c’est sans parler de LA principale raison qui sabote la motivation des inscrits, la domination de Justin Trudeau. On évalue généralement le recrutement du clan Trudeau à plus de 60 % de ceux qui ont droit de vote et sa campagne rapportait vendredi à Élections Canada avoir récolté 1 078 866 $ contre environ 625 000 $ pour ses cinq adversaires réunis. Si vous voulez entretenir l’intérêt, vous pouvez vous rabattre sur le mode de scrutin qui donne à toutes les circonscriptions un poids équivalent de 100 points sans égard au nombre de votants. Par exemple, un candidat qui obtient 80 des 100 voix exprimées dans une circonscription reçoit 80 points, tout comme celui qui compterait 800 voix sur 1000 dans un autre. Cette improbable distorsion pourrait-elle rendre le résultat moins prévisible?

Eh oui, même si le directeur national du PLC, Ian McKay, vantait le procédé de « démocratie directe » adopté par son parti plus tôt cette semaine, tout le monde a compris que tous les votes n’auront pas le même poids.

Malgré cette domination, le clan Trudeau demeure prudent. Il ne présume pas du résultat final, même avec la confiance de circonstance. On n’envisage pas ouvertement l’après-victoire. Mais comme le résultat sera dévoilé autour de 18 h le dimanche 14 avril et qu’il y a une période des questions en Chambre le lendemain, on a tous compris qu’on ne préparera pas le futur chef dans la nuit du dimanche au lundi.

Et même si tous les membres de l’entourage de M. Trudeau parsèment nos conversations de « si on gagne » plutôt que de « quand on va gagner », on a eu droit plus tôt cette semaine à la première manifestation publique du fait qu’on est passé en mode post-14 avril. Le patron de la campagne, Gerald Butts, a réagi en effet aux informations voulant que les conservateurs lancent une campagne de publicité négative après l’élection de M. Trudeau. Il a adressé un courriel à ses troupes pour leur demander des contributions de 5 $ pour financer la campagne de réplique. Clairement, on en est rendu là.

Un sprint final certes, pas d’un 100 mètres serré, mais plutôt d’un de ces 10 000 mètres dominé par un Kényan ou un Éthiopien arrivant au fil pendant que ses rivaux sont encore au loin dans la courbe de la piste.

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Les « révoltés » conservateurs

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 publié le 27 mars 2013 à 9 h 58

Eh ben! Des députés conservateurs se plaignent que leur propre préfet de discipline, le whip, brime leur droit de parole à la Chambre des communes! Ils tiennent tellement à leur petite minute de gloire, ces déclarations quotidiennes communément appelées ici les « articles 31 », que l’un d’eux a demandé au président de la Chambre de statuer sur le réel pouvoir de leur whip. Le whip décide de la rotation de ceux qui ont le droit de parole chaque jour et du contenu de ces déclarations.

Évidemment, le whip en question — et le NPD pense un peu la même chose — estime que ce sont les affaires internes de chaque caucus, que le président, l’arbitre ultime en Chambre, n’a pas à s’en mêler. On peut faire le parallèle avec l’arbitre au hockey qui ne décide pas quel joueur est sur la glace et en quelles circonstances. Le fait qu’une déclaration touchant à l’épineuse question de l’avortement ait entraîné ce « soulèvement » assaisonne politiquement toute l’affaire. Le patron suprême n’étant pas le whip, mais bien le premier ministre, on comprend que Stephen Harper en a un peu assez de voir cette marmite, sur laquelle il veut mettre le couvercle, laisser trop souvent passer de la vapeur aux ouvertures.

Cela dit, il est quand même assez ironique de voir ces députés conservateurs, pro-vie pour la plupart, ruer dans les brancards pour le sacro-saint droit des députés, en tant qu’individus élus et non pas comme représentants d’un parti ou du gouvernement, de s’exprimer librement en Chambre. On se demande où ils étaient lorsque le même gouvernement a imposé des bâillons à répétition sur un certain projet de loi C-10 sur la lutte à la criminalité ou encore quand on a débattu, que dis-je, discuté, à la vapeur des quelque 800 pages, des deux mégaprojets de loi budgétaires l’an dernier.

Encore plus récemment, pendant cette même période des articles 31, durant laquelle ils réclament leur pleine liberté, des dizaines d’entre eux ont pris la précieuse minute pour dénoncer la prétendue « taxe sur le carbone de 21 milliards de dollars » du NPD. Leurs déclarations étaient tellement semblables qu’on ne peut douter de la véritable source, soit  ce même bureau du whip dont ils veulent maintenant prendre leur distance.

Disons qu’on parle d’un droit à géométrie variable si je comprends bien…

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RIP Kevin Page

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 publié le 25 mars 2013 à 16 h 14

Kevin Page, le premier Directeur parlementaire du budget (DPB), est officiellement à la recherche d’un emploi depuis lundi matin pendant que le gouvernement Harper lui cherche encore un remplaçant. Le processus a été amorcé tellement tard que c’est la supérieure immédiate de M. Page, la bibliothécaire du Parlement, Sonia L’Heureux, qui va assurer l’intérim.  Mme L’Heureux a la réputation d’être une gestionnaire compétente et efficace, mais inutile de préciser qu’elle a zéro expérience budgétaire au sens des finances publiques fédérales.

On le sait, M. Page a été une épine au pied du gouvernement conservateur dès la création de ce nouveau bureau. À la confrontation sur les réelles dépenses en Afghanistan en 2008 ont succédé une série de divergences ou d’écarts sur les pensions, le coût de la lutte à la criminalité avec un couronnement spectaculaire par le vérificateur général qui lui donnait raison dans le dossier des chasseurs F-35. En fait, le jour même du dépôt du budget Flaherty jeudi dernier, les avocats de M. Page étaient en Cour fédérale pour obtenir une opinion sur son pouvoir d’obtenir du gouvernement fédéral les documents détaillant l’impact des coupes du budget précédent dans la machine gouvernementale.

Donc, le récent budget sera scruté par Mme L’Heureux, mais aussi, bien sûr, par la douzaine de spécialistes du bureau du DPB. En fait, le DPB compte 14 spécialistes et…. trois stagiaires!!! Pour vous donner une idée, à Washington, le Congressional Budget Office (CBO), sur lequel certains voulaient calquer le mandat de Kevin Page, compte 235 employés à temps plein sans compter les consultations extérieures.

On verra à quelle vitesse Mme L’Heureux publiera son évaluation du budget Flaherty et si elle se présentera en comité pour défendre ses conclusions. Surtout qu’elle est un peu prise par la chasse au successeur de M. Page, son futur employé… À surveiller également de ce côté, maintiendra-t-elle le mandat passé aux avocats en Cour fédérale pour obtenir les documents nécessaires pour évaluer les coupes de 5,2 milliards de dollars sur trois ans annoncées l’an dernier.

M. Page, quant à lui, ne retournera vraisemblablement pas à la fonction publique fédérale d’où il a été extrait pour être nommé premier DPB. Dans sa dernière entrevue à nos collègues de la CBC, il a commenté l’intérim par la bibliothécaire plutôt que par un de ses adjoints à lui et le retard à lui trouver un successeur permanent en faisant part de sa crainte de voir le gouvernement Harper tranquillement «asphyxier» la fonction de DPB.

Ah oui, l’offre d’emploi, si ça vous intéresse, demande précision, objectivité et rigueur, quelqu’un de non partisan et qui a « l’expérience de la négociation et de l’obtention du consensus sur des questions complexes auprès de divers intervenants ayant des objectifs concurrents… » Veut-on troquer le chien de garde pour un chien de compagnie???

 

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Couronnement appréhendé

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 publié le 14 mars 2013 à 11 h 59

On peut vraiment dire que Marc Garneau en a donné plus que le client en demandait. Non seulement s’est-il retiré de la course à la direction du PLC, il a en prime donné son appui à Justin Trudeau pour ensuite le déclarer gagnant en parlant de « fait accompli », et finalement fournir les chiffres d’un sondage interne mené auprès de 40 000 personnes présentes dans une banque de données libérale qui a permis d’obtenir 6500 réponses.

Pour un parti qui espérait sans doute maintenir un certain intérêt pour la course, en tout cas chez les quelque 294 000 personnes qui y ont adhéré en tant que membres/sympathisants, les quatre prochaines semaines vont être très longues. Au calendrier, un débat à Montréal qui vient de perdre l’autre candidat francophone en vue et une « présentation nationale » à Toronto pour entamer la semaine de vote qui mènera à la proclamation de M. Trud… euh du vainqueur le 14 avril.

Il est en train de se produire exactement ce que les Libéraux voulaient éviter et sans qu’ils n’obtiennent ce qu’ils recherchaient. On se dirige en effet vers un couronnement sans la redéfinition, la nouvelle identité, qui était pourtant vue comme le salut du parti devant l’émergence du NPD comme opposition officielle. À moins que l’on considère que le seul choix d’un nouveau chef soit suffisant à ce dernier chapitre, solution qu’à peu près personne, y compris Justin Trudeau, n’acceptait. Il fallait une remise en question beaucoup plus profonde, disait-on. C’est précisément ce que souhaitait un certain Marc Garneau en poussant son rival Trudeau dans ses derniers retranchements afin qu’il fasse part de ses projets politiques AVANT le scrutin d’avril.

Pour ajouter au malheur des libéraux, en plus du résultat, la manière dont on va y arriver risque de ne pas être très jolie. Au point où il a fallu prolonger d’une semaine la période d’enregistrement des membres/sympathisants. Suivez-moi bien. Pas moins de 294 000 personnes se sont inscrites sous l’un des deux statuts. En date d’hier, à peine 100 000 étaient passées à l’étape suivante, l’enregistrement qui donne un NIP qui permettra de voter dans la semaine du 7 au 14 avril, le jour J du PLC. La campagne Trudeau a officiellement demandé qu’on prolonge l’enregistrement qui devait prendre fin aujourd’hui. Mais certaines autres organisations avaient aussi constaté certains ratés. Et quand rien ne va… Il semble d’une part que le système électronique d’enregistrement en ligne en vue du vote a été surchargé, d’où attente et frustration. D’autre part, la centaine de milliers de personnes n’ayant pas fourni d’adresse courriel allait aussi rater l’échéance à cause des lenteurs de la poste. Bref, un scénario perdant-perdant.

Sans le dire tout haut, on peut comprendre de certains libéraux qu’ils aimeraient bien avoir plus que les 128 000 membres en règle qui avaient droit de vote au NPD lors du choix de Thomas Mulcair et aussi plus que les 59 000 participants qui sont restés là jusqu’au quatrième tour de ce même scrutin. Mais déjà, peu importe le nombre d’enregistrés, de votants, etc., les libéraux font miroiter une consolation dont vous jugerez de l’efficacité. Les 294 000 personnes du départ ne disparaissent pas du jour au lendemain, ça fait une banque de militants, bénévoles, contributeurs et j’en passe en prévision de l’élection de 2015. Beau défi tout de même que de maintenir l’intérêt et l’« engagement » (le presque slogan de J. Trudeau) d’ici les élections d’octobre 2015. Parlant d’« engagement », M. Trudeau remercie justement son nouvel allié d’avoir « réussi à engager les Canadiens »; nulle part il ne mentionne sa contribution en ce qui concerne la substance, les politiques ou le débat, contrairement à ce qu’ont fait les autres candidats encore en lice.

Catégorie: Ottawa