Remaniement ministériel : la vitrine

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 publié le 1 février 2016 à 17 h 21

Le remaniement ministériel de Philippe Couillard a changé la vitrine, mais la marchandise dans le magasin, elle, reste identique pour l’instant, même si on nous promet du « nouveau stock ». La comparaison vient de Louise Beaudoin, je pense.

Cinq nouveaux visages ont fait leur entrée au Conseil des ministres, et plusieurs ministres ont joué à la chaise musicale. Avec ces changements, le premier ministre veut relancer son gouvernement, ouvrir un nouveau chapitre. En clair, il veut se défaire de l’étiquette d’austérité qui commence à coller à son gouvernement. S’il faut plus qu’une affiche « Nouvelle administration » pour relancer un magasin, il faut plus que des mots pour changer l’image et le contenu d’un gouvernement.

Devant la vitrine, les mécontents sont toujours là : parents du réseau de l’éducation, parents du réseau des CPE, chauffeurs de taxi, Fédération autonome de l’enseignement (qui a rejeté la proposition salariale du gouvernement). Bref, les projecteurs braqués sur le remaniement ministériel ont plongé le mécontentement dans l’ombre pour à peine quelques jours. Mais la dure réalité est toujours là : il y a des mécontents. Philippe Couillard va devoir renouveler son inventaire, au-delà de la vitrine.

Le gouvernement voudra calmer la grogne. La clé sera le prochain budget. Il laisse déjà entendre qu’il réinvestira en éducation et en santé tout en continuant de contrôler ses dépenses. On peut déjà prévoir les arguments du gouvernement. « Le contrôle des dépenses donne désormais la marge de manoeuvre pour réinvestir. C’était un passage obligé pour permettre d’avoir les moyens de nos ambitions. » Mais aura-t-il les moyens de répondre aux nombreuses demandes, ou devra-t-il encore arbitrer les revendications?

Politiquement, Philippe Couillard commence à préparer les élections de 2018. Elles ont beau être dans un peu moins de trois ans, elles arriveront vite. Il veut rapidement tourner la page sur les premiers mois de son gouvernement, ouvrir la voie vers une mer plus calme. Cette voie se dessine : réinvestissement, abolition graduelle de la taxe santé et… baisses d’impôts juste avant les élections?