Billets publiés en novembre 2015

Une mise à jour économique aux allures politiques

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 publié le 26 novembre 2015 à 18 h 16

Dans l’océan de chiffres dans lequel nous nageons quand le gouvernement présente une mise à jour économique, il y en a un que je retiens : 80 millions.

Le gouvernement investira 80 millions de dollars de plus que prévu en éducation l’an prochain. Le réseau était frappé par la rigueur budgétaire (ou l’austérité?) avec une maigre augmentation de 0,9 % de son budget. Même pas assez pour couvrir l’augmentation des coûts de système.

On peut penser que ce réinvestissement est une réponse au mécontentement du réseau scolaire. Non seulement les syndicats et les commissions scolaires se sont-ils mobilisés pour dénoncer la vision du gouvernement, ils ont reçu l’appui de beaucoup de parents. L’enjeu? La qualité des services, la qualité fondamentale du réseau de l’éducation, avec une nette impression que cette qualité est compromise.

Alors, cette mise à jour devient aussi politique. En réinvestissant 80 millions de dollars en éducation, le gouvernement admet implicitement que sa rigueur budgétaire a un effet négatif sur le réseau. L’argent sera investi dans les services aux élèves, en augmentant « les ressources en enseignement et les ressources professionnelles et techniques, notamment dans les milieux défavorisés et dévitalisés ».

Il semble trouver l’argent dans un surplus budgétaire qui sert à financer le Fonds des générations. En prenant cette décision, le gouvernement ouvre la porte aux syndicats qui réclameront maintenant qu’il fasse le même choix pour financer des augmentations de salaire plus élevées pour les employés de l’État. Sur ce front, il faut s’attendre à un refus net du gouvernement parce que les sommes en jeu sont beaucoup plus importantes que les « maigres » 80 millions réinvestis en éducation.

Pour le reste, la mise à jour économique confirme que le gouvernement est sur la voie de l’équilibre budgétaire cette année. Il le fait grâce au contrôle des dépenses, dont dépend 84 % de l’effort du retour à l’équilibre budgétaire. La vie du gouvernement serait un peu plus facile si les revenus augmentaient à un rythme plus élevé, ce qui n’est pas le cas.

Catégorie: Québec