Les 50 ans du drapeau canadien : souvenirs unifoliés

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 publié le 15 février 2015 à 7 h 02

Archive de la cérémonie officielle d'inauguration du drapeau à Ottawa en 1965
Cérémonie officielle d’inauguration du drapeau à Ottawa en 1965 / Photo : CBC

C’était il y a 19 ans, un 15 février, fête du drapeau canadien dans un parc à Hull pendant le Bal de Neige. Il faisait froid comme ces jours-ci, et le soleil était de la partie. J’étais avec quelques reporters dans l’enclos réservé aux journalistes et nous nous regardions en nous demandant qu’est-ce qui avait bien pu faire en sorte qu’on se retrouve condamnés ainsi à couvrir la non-histoire qu’allait être l’apparition du premier ministre Jean Chrétien à cette cérémonie du drapeau.

Mais c’était quelques mois après le référendum de 1995 et la courte victoire du non, le premier ministre venait juste d’annoncer l’arrivée de Pierre Pettigrew et de Stéphane Dion dans son cabinet. Le gouvernement s’accrochait à autant de symboles canadiens que possible.

Et bien sûr, vous me voyez venir depuis le début, ce qui rend ce 15 février mémorable, ça a été la rencontre entre Jean Chrétien et le manifestant antipauvreté Bill Clennett. Surgissant devant lui au moment où le premier ministre se dirigeait vers sa voiture, il a été agrippé au cou par un Jean Chrétien aux airs de lutteur de Sur le matelas derrière ses lunettes noires et jeté par terre. Il était sur mon chemin, a expliqué le premier ministre qui a ensuite essayé de tourner ça à la blague. Nous, on n’en revenait pas que quelqu’un franchisse ainsi le cordon des gardes du corps, mais aussi d’avoir vu les réflexes du premier ministre.

Pourtant, en novembre de l’année précédente n’avait-il pas brandi une sculpture en pierre à savon pour se défendre d’un intrus à la résidence officielle du 24 Sussex… ou était-ce son épouse?

Autre souvenir du drapeau canadien, en 1999 cette fois, en juin, au moment où les soldats de la force de l’OTAN pour le Kosovo (KFOR) entrent pour la première fois sur le territoire occupé par l’armée serbe pendant 15 mois. C’est ma deuxième affectation internationale (hors des voyages officiels avec le premier ministre) et je vais pouvoir accompagner des soldats canadiens qui entrent en convoi terrestre en route vers Pristina.

En ce premier jour, ils vont s’arrêter à peu près à mi-chemin entre la frontière macédonienne et la capitale. Dans le village que le convoi traverse pendant qu’il quitte la route principale pour établir son camp, des gens attendent le long du chemin, des fleurs à la main, dont les jolis coquelicots rouges qui poussent partout. En échange, les soldats leur donnent de petits drapeaux canadiens qu’ils agitent avec joie, heureux – je me le fais expliquer – que le Canada ait été un des pays de l’OTAN qui a bombardé le territoire pour obtenir la fin de la guerre, même si ces bombes ont fait de nombreuses victimes chez les civils.

Dernier souvenir lié au drapeau canadien, en Cisjordanie en 2006, après l’élection législative où le Hamas a obtenu la majorité absolue. Peu de temps après, plusieurs gouvernements occidentaux, dont le Canada, avaient suspendu leurs programmes d’aide à l’autorité palestinienne pour ne pas avoir de contacts directs avec des ministres du Hamas, une organisation sur la liste des organisations terroristes.

Plusieurs organismes palestiniens dénoncent la décision canadienne et, lors d’une grande manifestation, un drapeau canadien est brûlé non loin d’où je surveille la manifestation. J’ai été très discrète sur le média représenté lors de mes demandes d’entrevue pendant quelques mois, préférant dire CBC que Radio-Canada pour ne pas me faire fermer la porte d’emblée.