Billets publiés en août 2014

Québec : la situation est loin de s’améliorer

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 publié le 28 août 2014 à 14 h 03

Les indicateurs économiques ne sont pas encourageants.

L’Institut de la statistique révèle que la croissance du produit intérieur brut était de 0,1 % en mai dernier. C’est tout de même mieux qu’en avril dernier, où on notait un ralentissement économique (-0,2 %). Depuis le début de l’année 2014, la croissance par rapport à 2013 n’a été que de 1,2 % au Québec. Au Canada, pour la même période, la croissance a atteint 2,2 %.

Du côté de l’emploi, de juillet 2013 à juillet 2014, il s’est créé 16 400 emplois. C’est modeste, surtout si on tient compte du fait que l’emploi à temps plein a reculé et que les nouveaux emplois sont à temps partiel. Et depuis le début de 2014, le portrait est franchement mauvais avec une perte sèche de 25 000 emplois.

De même, les dépenses en immobilisations non résidentielles du secteur privé devraient baisser en 2014.

Parmi les rares bonnes nouvelles, soulignons la hausse de 3,3 % des ventes au détail au Québec et une croissance des exportations internationales de 6,6 % au cours des six premiers mois de 2014.

La situation budgétaire

Du côté des finances publiques québécoises, ça ne va pas très bien non plus. Les données des deux premiers mois de l’année financière (avril et mai 2014) viennent d’être rendues publiques. Ce sont des données parcellaires et préliminaires. Il faut éviter de tirer des conclusions hâtives. Ces données sont néanmoins utiles comme signal de tendances.

Alors, qu’en est-il?

Les revenus autonomes du gouvernement ont augmenté de 2,2 %. Dans le dernier budget, le ministre Carlos Leitao a misé sur une augmentation des revenus de 3,6 %. C’est loin du compte.

Pour ce qui est des dépenses de programmes, elles ont augmenté de 3 % pour les deux premiers mois de l’année financière par rapport à la même période l’an dernier. L’objectif du ministre Leitao est de 1,8 % de croissance des dépenses pour l’ensemble de l’année. Le ministère des Finances a bon espoir de parvenir à cet objectif.

Le déficit après deux mois atteint près de 1 milliard de dollars, à peu près le même montant que l’an dernier à la même période. Le déficit prévu cette année est de 2,4 milliards de dollars. En 2013-2014, il a été de 3,1 milliards de dollars.

C’est donc dans ce contexte que le gouvernement Couillard entreprend son périple pour l’assainissement des dépenses publiques. Le risque étant que ces mesures d’austérité, selon plusieurs observateurs, pourraient nuire davantage à l’économie et avoir un effet négatif sur les revenus de l’État québécois.

Catégorie: Québec

La direction du Parti québécois, une course?

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 publié le 27 août 2014 à 18 h 09

La possibilité de permettre à tous les Québécois de voter dans la course à la direction du Parti québécois a peu de chances de se matérialiser. Malgré l’appui du président du Comité national des jeunes du PQ, Léo Bureau-Blouin, cette idée de « primaires ouvertes » a subi un échec parmi les jeunes péquistes.

Le Conseil national des présidents du PQ se réunira le 4 octobre pour déterminer les règles de la course à la direction. Mais pour changer la constitution, comme l’exigeraient des « primaires ouvertes », il faudra que les deux tiers des participants appuient cette initiative et qu’un congrès ait lieu avant la course à la direction. Sans être impossible, cela paraît bien peu probable.

La liste des candidats potentiels, qui cachent à peine leurs intentions, est déjà longue. Pourtant, un grand nombre de candidatures risque de favoriser l’élection de Pierre Karl Péladeau, de loin le candidat potentiel le plus connu.

Le propriétaire de Québecor refuse de confirmer ses intentions, mais y a-t-il quelqu’un au Québec qui croit que M. Péladeau s’est joint au Parti québécois pour s’en tenir à la fonction de député de Saint-Jérôme?

Il y aura une course, avec beaucoup de participants, semble-t-il. Mais est-ce que ce sera une véritable course?

En fait, il est difficile d’imaginer que Pierre Karl Péladeau ne deviendra pas le prochain chef du Parti québécois. Compte tenu de la situation difficile dans laquelle se retrouve le mouvement souverainiste, comment les militants du Parti québécois pourront-ils résister aux attraits d’une candidature comme celle de Pierre Karl Péladeau?

Avec la présence de M. Péladeau, le débat gauche-droite promet de devenir un axe important de cette course, comme l’évoque mon collègue Michel C. Auger dans ce blogue.

Toutefois, l’article 1 sur la souveraineté du Québec sera aussi au coeur de cette course. Il y aura des pressés et des moins pressés.

Dans quel camp Pierre Karl Péladeau se rangera-t-il?

La réponse à cette question pourrait avoir des conséquences importantes sur l’avenir du Québec.

Si Pierre Karl Péladeau affirme que la souveraineté du Québec n’est possible que lorsque les finances publiques seront saines, c’est un retour aux conditions gagnantes. Et cela reporte plutôt loin la possibilité d’un référendum.

Si Pierre Karl Péladeau met l’indépendance du Québec au premier plan et qu’il remporte cette course à la direction, le thème de la souveraineté pourrait devenir un élément central des prochaines élections en 2018.

Catégorie: Québec

Stephen Harper et la sociologie

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 publié le 25 août 2014 à 17 h 53

Stephen Harper sera de nouveau interpellé cette semaine par ses homologues des provinces au sujet de la tenue d’une enquête nationale sur la question des femmes autochtones disparues ou assassinées. Deux d’entre eux, Kathleen Wynne, de l’Ontario, et Greg Selinger, du Manitoba, ont qualifié de scandaleuse la position exprimée la semaine dernière par M. Harper voulant que ces crimes nombreux ne relèvent pas d’un « phénomène sociologique ».

Le refus du fédéral d’ouvrir une vaste enquête est connu et a été réitéré à maintes reprises, mais l’explication avancée par M. Harper en a fait sourciller plusieurs.

Le premier ministre disait s’appuyer, pour conclure à l’absence de fait de société, de tendance sociale, sur le portrait statistique publié par la GRC plus tôt cette année. Le rapport montrait que les femmes autochtones et non autochtones sont victimes à 82 % et à 84 % respectivement de meurtriers de leur entourage plus ou moins rapproché, et que le taux de résolution de ces homicides était semblable à quelques points de pourcentage près. Donc, pas de « phénomène social » là.

Est-ce que le phénomène ne se situe pas ailleurs? Pas dans l’identité du tueur? Mais plutôt dans le nombre de femmes autochtones tuées? La proportion des femmes autochtones victimes de meurtres par rapport à l’ensemble des meurtres de femmes est passée de 9 % à 23 % en une trentaine d’années, nous apprenait le même rapport.

Explication de la GRC : c’est à cause de la baisse marquée du nombre de meurtres de femmes non autochtones… Ah bon, baisse significative d’un côté, maintien du nombre de meurtres de l’autre, aucune explication d’ordre social là-dedans? Juste une statistique? La GRC reconnaissait pourtant que les femmes autochtones étaient largement surreprésentées parmi les victimes. Elles constituent 16 % des victimes de meurtres et 11 % des disparues pendant la période étudiée, alors qu’elles ne comptent que pour 4 % de la population. Du un pour quatre en ce qui concerne les meurtres, donc.

Certains ont fait le calcul. Transposez les chiffres de la GRC à l’échelle d’une province comme le Québec et ça vous donne 8000 Québécoises assassinées ou disparues de 1980 à 2012. Ça fait beaucoup de crimes, même s’ils sont résolus. De l’analyse et de la prévention seraient réclamées.

Si la GRC ne va pas très loin dans les explications possibles, au-delà des statistiques sur la relation entre les meurtriers et les victimes, il faut s’en remettre aux criminologues pour aller plus loin dans l’identification des causes. Pire, l’analyse pourrait même être faite par un sociologue!Inutile, nous dit Stephen Harper, un crime, ça reste un crime. Les policiers sont là pour s’en occuper.

Il faut se rappeler ici que le premier ministre Harper, économiste de formation, ou formé en économie, disent certains économistes, a un passé fort intéressant face à cette autre science sociale qu’est la sociologie.

Interrogé en avril 2013 au lendemain de l’arrestation de deux individus soupçonnés de préparer un attentat contre un convoi de Via Rail dans l’axe Montréal-Toronto-New York, M. Harper affirmait qu’il fallait envoyer le message clair que de tels gestes de violence méritaient une condamnation sans équivoque. La radicalisation est un phénomène d’intérêt, et c’est la mission des forces de l’ordre de déceler et d’éliminer les menaces.

Quant aux causes de cette radicalisation, ce n’était pas le temps de « se lancer dans la sociologie », disait M. Harper. Une taloche au passage à Justin Trudeau qui avait rapidement posé la question des sources du phénomène la semaine précédente, alors que la poussière des attentats de Boston n’était pas encore retombée.

Dans la même veine, les conservateurs s’en étaient pris à Stéphane Dion en 2008 en demandant aux électeurs s’ils préféraient avoir à la barre du pays un économiste formé au Canada ou bien un « sociologue formé en Europe ».

Aussi intéressant de noter que le ministère des Affaires autochtones de M. Harper a mis en place un programme pour la prévention de la violence familiale. Il y est dit que « le gouvernement du Canada prend très au sérieux la question de la violence à l’égard des femmes autochtones et poursuivra sa collaboration avec les gouvernements provinciaux […] afin de trouver des solutions efficaces et appropriées ».

Il faisait lui-même allusion à de nouvelles sommes investies dans ce secteur. Exact, 25 millions de dollars dédiés à ces femmes dans le budget 2010 pour, entre autres, « soutenir des projets pilotes en milieu scolaire et communautaire avec pour objectif de réduire la vulnérabilité accrue à la violence des filles et jeunes femmes autochtones ». Si on ne parle pas de fait de société ici… Un cas de la main gauche qui ne sait pas ce que fait la main droite?

En tout cas, certains offrent un semblant de porte de sortie à Stephen Harper en proposant une table ronde de tous les paliers de gouvernement avant une éventuelle enquête d’envergure.

Catégorie: Ottawa

La santé, encore et toujours!

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 publié le 22 août 2014 à 12 h 26

« Voici mon défi au Parti conservateur, au Nouveau Parti démocratique, au Parti libéral et au Parti vert : les Canadiens vous disent que les soins aux aînés sont d’une importance primordiale pour eux. Ils savent que si nous développons la meilleure stratégie pour les aînés dans le monde, on peut avoir le meilleur système de soins de santé. Ils sont tannés des excuses pour justifier l’incapacité du gouvernement fédéral d’agir dans ce domaine. »

Le défi en question, il vient du Dr Chris Simpson, fraîchement élu président de l’Association médicale du Canada (AMC). Il s’adressait mercredi pour la première fois à ses membres en assemblée annuelle à Ottawa. S’appuyant sur des sondages et des études, le Dr Simpson tente de remettre la santé en tête de l’ordre du jour politique.

En fait, sondage après sondage, la santé trône au sommet des préoccupations des Canadiens, les autres enjeux fluctuant au gré des courants et des événements. Il y est allé d’un constat brutal avant d’en arriver à son défi aux chefs politiques fédéraux. Le Canada est à l’avant-dernier rang d’une récente étude sur la qualité des soins de santé, tout juste devant les États-Unis. La différence entre le Canada et les pays de tête comme la Grande-Bretagne, la Suède ou la Suisse, c’est un engagement ferme du gouvernement central envers le système public de soins de santé, selon le Dr Simpson.

À 13 mois du début, en principe, de la prochaine campagne électorale fédérale, il prend les devants, mais il n’est pas le seul. Quelques heures avant qu’il n’interpelle la classe politique, devant le même auditoire, Thomas Mulcair était sorti des blocs de départ de la course électorale avec un engagement clair au sujet du financement fédéral en santé.

À même les surplus prévus à partir de l’an prochain par les conservateurs, M. Mulcair renverserait la vapeur quant au Transfert canadien en matière de santé (TCS). Et il reviendrait à l’indexation à 6 % du TCS en vigueur depuis 10 ans en vertu de l’accord sur la santé conclu en 2004 par Paul Martin avec les provinces. Résultat, si on se fie à l’estimation des provinces que M. Mulcair reprend à son compte :  36 milliards de dollars de plus dans les coffres des provinces.

Est-ce un engagement réaliste financièrement? M. Mulcair aurait-il les moyens de ses ambitions, compte tenu de la situation budgétaire prévue? Techniquement, on peut certainement penser que oui. En l’état actuel de la fiscalité, des prévisions de croissance modeste et des dépenses gouvernementales, les surplus passeraient de 6,4 milliards de dollars l’an prochain à plus de 10 milliards de dollars quatre ans plus tard. Or, ce n’est que dans trois ans que les provinces cesseraient de bénéficier de l’indexation à 6 % du TCS et commenceraient à ressentir le manque à gagner qui mène à 36 milliards de dollars.

Donc,  les surplus annuels semblent au rendez-vous, si aucune décision politique ou promesse à tenir ne vient modifier les colonnes des revenus et des dépenses d’un éventuel ministre néo-démocrate des Finances. Il faut se rappeler que le NPD a toujours l’intention d’aller chercher des revenus additionnels du côté des impôts des sociétés, mais que ses plateformes électorales contiennent également des engagements coûteux qui nécessitent à la fois des revenus nouveaux et des réaménagements des dépenses.

Si, et seulement si, la santé devient réellement un enjeu électoral, histoire et T.C. Douglas à l’appui, le NPD estime évidemment qu’il est un peu actionnaire majoritaire du concept de système public de soins, et qu’il part avec une longueur d’avance dans les perceptions. Avec cette promesse, M. Mulcair considère peut-être avoir ajouté une autre longueur entre lui et ses adversaires.

Les conservateurs doivent de leur côté vivre avec leur engagement de la dernière campagne et, surtout, avec la formule du TCS qu’ils ont ensuite imposée aux provinces pour les 10 années qui mènent à 2024, donc bien au-delà de l’élection d’octobre 2015. Pour eux, le dossier du TCS est réglé pour longtemps. Leur plateforme 2011 parlait de « renouveler l’accord sur la santé » et de « collaborer avec les provinces et les territoires » pour y arriver. Aucun engagement chiffré ni écrit. Talonnés en cours de campagne, MM. Flaherty et Harper avaient fini par s’étirer le cou en parlant de l’indexation à 6 %, même après l’expiration de l’accord en 2014.

Difficile de dire si on peut encore parler d’« accord » et de « collaboration ». Toujours est-il que les ministres provinciaux ont trouvé sur leurs napperons, entre l’assiette à pain et le menu de ce qui ne devait être qu’un premier lunch de travail là-dessus, l’indexation réduite décidée par leur collègue Flaherty.

En gros, sur 10 ans, jusqu’en 2024, indexation à 6 % sur trois ans, après quoi on la ramène à hauteur de la croissance du PIB nominal, sans descendre sous les 3 % cependant. En fait, à Ottawa, on s’attendait à une hausse tournant autour des 4 % pour la période, 2 % de moins, d’où le 36 milliards de dollars de pertes du côté des provinces, repris par M. Mulcair. Ottawa faisait valoir qu’après des années de hausses de dépenses provinciales frisant les 7 %, on s’acheminait vers des hausses prévisibles d’environ 3 %.

Les libéraux de Justin Trudeau peuvent se targuer, eux, d’avoir adopté la Loi canadienne sur la santé qui met en place les fameux cinq grands principes, universalité, transférabilité, etc. L’accord de 10 ans avec indexation de 6 %, c’était eux aussi… On ne connaît évidemment pas ce que serait un engagement formel libéral en santé en 2015, mais trois résolutions adoptées au congrès de cette année à Montréal font état de quelques intentions.

On y parle à la fois de « négocier un nouvel accord sur la santé » de façon à « assurer à tous les gouvernements la flexibilité administrative voulue ». Rebonjour, fédéralisme asymétrique! Il est aussi mention de « résultats mesurables », de « consultation » entre les gouvernements sur les versements annuels, de « formule de financement équitable et adéquate » adaptée aux besoins et de variations en fonction de « facteurs démographiques ».

Est-ce que la plateforme sera plus précise? Les libéraux réunis à Edmonton laissaient entendre cette semaine qu’ils auraient une plateforme complète et chiffrée rapidement, au cas où… On verra comment cette bonne volonté en santé se traduit arithmétiquement.

Voilà! À quelques semaines de la dernière rentrée d’automne avant la prochaine élection fédérale, on avait beaucoup entendu en prévision du scrutin les expressions « classe moyenne », « consommateurs », « emploi », etc. Est-ce que le thème du financement des soins de santé s’imposera? Surtout, est-ce qu’un parti prendra vraiment sur lui de l’imposer? Du côté de l’opposition évidemment, puisque pour le gouvernement Harper la question est réglée jusqu’en 2024.  On parle bien sûr pour l’instant des fédéraux, attendez que les provinces s’en mêlent!

La santé, faut-il le rappeler, fait l’objet de maints débats, y compris en campagne électorale. Elle fait bonne figure dans les sondages,  mais a-t-elle déjà fait LA différence une fois devant l’urne?

Catégorie: Élections fédérales, Ottawa

Une des conséquences des événements de lundi dernier à l’hôtel de ville de Montréal a probablement été la prise de conscience par le gouvernement Couillard de la très forte mobilisation des syndiqués municipaux. Et même si les chefs syndicaux ont soutenu qu’ils ne contrôlaient pas leurs membres, il est difficile de croire que la démarche n’était pas intentionnelle, à deux jours de la commission parlementaire sur le projet de loi 3.

Que cela ait été planifié ou pas, le premier ministre Philippe Couillard est aujourd’hui plus à même de comprendre que cette question des retraites est loin d’être secondaire pour les employés municipaux. Même que pour les policiers et les pompiers, à l’instar des militaires, le régime de retraite est un élément central de leur culture du travail.

Bien sûr, tout le monde convient – les syndicats eux-mêmes le disent officiellement – qu’il était inacceptable que les syndiqués perturbent le conseil municipal de Montréal.

En outre, la plupart des journalistes ont conclu que les syndicats avaient perdu la bataille de l’opinion publique. Cela est possible, même probable. Mais en matière de relations de travail, le rôle de l’opinion publique n’est pas nécessairement déterminant. En fait, il est très rare que les luttes syndicales bénéficient de l’appui du grand public et des grands médias. Cela n’a pas empêché les syndicats d’enregistrer des gains historiques importants.

Si on pense plus précisément aux cols bleus, surtout aux pompiers et aux policiers, ces corps d’emploi comptent parmi les plus militants et les plus coriaces.

Ce n’est pas pour rien que nous nous retrouvons dans la situation actuelle. Les employés municipaux ont été très efficaces dans leurs revendications. Et aussi, selon les municipalités, parce que le système d’arbitrage exécutoire pour les policiers et les pompiers aurait favorisé une spirale inflationniste.

À ce propos, ce système d’arbitrage exécutoire va demeurer en vigueur. Alors, est-ce que dans 10 ans, 20 ans, ce système recréera le problème de solvabilité des régimes de retraite?

Les policiers et les pompiers de Montréal ont mené une courte grève en 1969. Ironiquement, l’un des éléments qui ont mené ce débrayage illégal, c’est l’adoption d’une loi à Québec qui permettait à la Ville de Montréal de suspendre temporairement ses cotisations aux régimes de retraite de ses employés. Dans les mois qui ont suivi, des décisions arbitrales jugées négatives par les policiers et les pompiers les ont convaincus de faire la grève. Cette grève, déclenchée le 7 octobre 1969, a marqué les esprits : un million de dollars en dommage, deux morts, une série de vols qualifiés et l’armée canadienne qui est venue assurer l’ordre à Montréal.

Ce rappel historique me paraît utile. Quarante-cinq ans plus tard, le gouvernement Couillard intervient sur une question cruciale pour ces travailleurs qui ont le sentiment que le gouvernement et les municipalités veulent renier un contrat conclu de bonne foi. Pour eux, c’est à la limite un bris de LEUR contrat social.

Les syndiqués ont fait une démonstration de leur mobilisation lundi à Montréal, une démonstration condamnable sans aucun doute, mais elle permet désormais au gouvernement Couillard de mesurer l’ampleur de l’affrontement qui s’engage avec le monde syndical.

Et comme son gouvernement a fait part de son intention d’intervenir dans les régimes de retraite à prestations déterminées des universités et du secteur privé, c’est loin d’être terminé. En réalité, cela vient à peine de commencer.

Catégorie: Québec