Le coût des navires de la Marine canadienne, la suite…

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 publié le 27 février 2013 à 11 h 48

Petite mise à jour sur le dossier du coût des navires de soutien interarmées. Vous vous souvenez peut-être de l’enquête de mon collègue Marc Godbout qui révélait que le ministère de la Défense nationale fonctionnait avec un taux d’inflation présumé très inférieur aux normes de la construction navale. En fait, un document montrait que le calcul des coûts du programme de près de 3 milliards de dollars se basait sur un taux d’inflation de 2,7 %, alors que ce secteur de l’industrie connaît des taux annuels qui varient de 7 à 11 %. Conséquence évidente, quelqu’un, quelque part, devra absorber le tout. Il faudra que le client, le produit ou le fournisseur s’ajuste, ce qui aura un impact majeur sur le résultat final, quand on pense aux montants en jeu.

Or, voilà que le directeur parlementaire du budget, Kevin Page (encore lui…), annonce la publication jeudi matin d’un rapport sur la faisabilité de ce projet d’acquisition. Que fait le gouvernement? Ou plutôt que font les responsables de la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale? Ils viennent d’annoncer une séance d’information technique à l’intention des médias, non pas pour réagir au rapport, mais pour le devancer. Séance d’information en personne doublée d’une conférence téléphonique pour les journalistes de l’extérieur. On pense surtout à ceux de Vancouver et d’Halifax, où se trouvent les deux chantiers navals qui se partagent l’ensemble des 33 milliards de dollars de contrats annoncés en octobre 2011 dans ce secteur.

On semble vouloir essayer une stratégie différente de celle utilisée par le même gouvernement dans le dossier des F-35. En mars 2011, M. Page avait publié un rapport qui concluait que les coûts des F-35 seraient de près du double de ceux annoncés. Une séance de breffage technique de la Défense nationale et quelques réponses assaisonnées d’insultes du ministre Peter MacKay pour démolir M. Page et ses chiffres et, un an plus tard, un vérificateur général qui confirme que c’est M. Page qui avait raison. Une stratégie qui a explosé au visage du gouvernement Harper.

Donc, la leçon retenue, s’il y en a une : on passe en mode attaque préventive, on offre le breffage technique avant plutôt qu’après, comme pour amoindrir le choc.