Manoeuvres parlementaires

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 publié le 21 février 2013 à 19 h 52

La journée qui s’achève à l’Assemblée nationale nous a donné deux exemples des côtés un peu moins glorieux des débats parlementaires.

Exemple #1

Dans une séance de travail de la commission parlementaire sur la centrale nucléaire Gentilly-2, donc à huis clos, sans enregistrement, la députée libérale de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, aurait dit à la ministre Martine Ouellet : « Va chier, crisse de folle. » (J’utilise les mots exacts à des fins journalistiques.) La députée a reconnu que son langage était inapproprié, mais dans le même souffle, elle accuse la ministre d’avoir joué sur les points et les virgules du rapport que la commission rédigeait.

Résultat : le Parti québécois a refusé que le rapport soit rédigé. La commission ne fera donc pas de recommandations. Après deux jours de travaux publics, on ne saura pas ce que la commission pense de la fermeture de Gentilly-2 et du programme de diversification de l’économie mis sur pied par le gouvernement.

La députée s’est par la suite excusée et on comprend que les mots utilisés sont inacceptables. Mais était-ce vraiment nécessaire de refuser de rédiger le rapport? Après tout, les députés doivent travailler pour la population. Si on met temps et énergie sur un dossier, doit-on laisser tomber le travail parlementaire pour des considérations personnelles? Je pense que tout le monde aurait aimé connaître l’opinion de la commission.

Exemple #2

Une autre commission parlementaire doit déterminer si l’ancien ministre de l’Environnement Daniel Breton a fait de l’ingérence au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), l’automne dernier. Le problème, c’est que les travaux se tiennent dans une salle où il n’y a pas de caméras et où des images n’ont pu être prises que pendant quelques minutes. Pourtant, d’autres salles de commission parlementaire équipées pour la télédiffusion étaient disponibles. Pourquoi avoir choisi cette salle et pourquoi avoir expulsé les caméras? La salle a été choisie par le gouvernement, mais la décision de retirer les caméras a été prise par la présidente de la commission, la libérale Fatima Houda-Pépin. Le son des débats est disponible, mais pourquoi exclure les caméras? Il y a là une contradiction. À quoi sert l’exercice si, contrairement aux autres commissions parlementaires, les échanges ne sont pas filmés? De plus, le principal intéressé, Daniel Breton, ne doit pas venir témoigner. À quoi cela sert-il alors?

Parfois, on a l’impression que ces exercices sont futiles. Mais c’est quand même l’expression de notre démocratie. On préfère tout de même cette démocratie, avec ses défauts, au secret d’autres systèmes politiques!