Vers le budget, suite…

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 publié le 6 février 2013 à 15 h 41

Je vous entretenais avant-hier de ce qui était essentiellement le lancement de la saison budgétaire. Une saison qui était loin de démarrer en lion, si on la compare à l’an dernier. Le premier ministre Harper était alors allé présenter sa liste d’épicerie budgétaire à Davos dès la mi-janvier. Pensions, évaluation environnementale, immigration, R&D, etc. Les journalistes de la tribune de la presse parlementaire se précipitaient aussitôt sur les éléments de son discours comme des piranhas sur l’animal en détresse qui se débat dans l’eau trouble. C’était à qui obtiendrait le premier une confirmation des mesures précises du budget sur les intentions dévoilées à Davos.

En prime, les ministres Finley, Oliver, Kenney et Goodyear avaient tous prononcé des discours dans les semaines précédant le budget, fournissant chacun des indications plus précises sur la direction que s’apprêtait à prendre le gouvernement dans leur domaine respectif.

Le ministre des Finances ne semble pas vouloir ouvrir la porte à la spéculation cette année, si l’on se fie au discours prudent qu’il vient de prononcer devant l’Economic Club d’Ottawa. Jim Flaherty donne essentiellement une chronologie commentée, certains diront embellie, des événements depuis son arrivée à la tête du ministère des Finances, il y a sept ans jour pour jour aujourd’hui.

Sur l’avenir? Ses intentions budgétaires? Rien si ce n’est qu’il dégonfle le premier ballon d’essai de la saison paru dans le Globe & Mail d’hier sur l’intention prêtée au gouvernement Harper de s’engager dans un plan à très long terme de dépenses d’infrastructures qui se ferait de concert avec les municipalités et même le secteur privé. Aucune somme ni aucun échéancier n’étaient mentionnés. En deux lignes aujourd’hui, M. Flaherty affirme qu’aucune décision du genre n’est prise et que toute décision sera prise dans le contexte de la situation budgétaire actuelle qui n’est pas rose. L’opposition l’accuse d’ailleurs déjà de jeter une douche froide sur une fuite qu’il aurait lui-même orchestrée.

En fait, plutôt que de laisser miroiter des intentions quant aux incertitudes économiques, M. Flaherty est plus clair sur ce qu’il ne fera pas. Il ne se lancera pas dans des programmes de dépenses risquées ou sans fin qui accroîtraient le déficit. Il n’infligera pas de nouveaux impôts ou taxes aux Canadiens.

Voilà où l’on en est. Toujours pas de date pour ce budget, mais on semble s’engager sur la voie des attentes réduites, quitte à faire plus si la situation le nécessite.