Mulcair et la clarté : vives réactions!

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 publié le 30 janvier 2013 à 11 h 05

Wow! Je ne sais pas encore si c’est une autre illustration de la dualité de ce pays, mais les réactions à la décision du NPD de répondre au défi du Bloc québécois en déposant son propre projet de loi sur la clarté référendaire me semblent fort révélatrices. Du point de vue politique, aucune surprise, conservateurs, bloquistes et libéraux sont unanimes à dénoncer pour des raisons différentes le projet C-470 de Craig Scott, le député qui occupe maintenant le siège de Jack Layton aux Communes. En gros, 50 % + 1, c’est la barre à franchir SI la question reflète clairement le changement constitutionnel proposé. Le projet en propose deux versions. Enfin, si elle n’est pas jugée acceptable en ce sens par Ottawa, on en avise le gouvernement du Québec, et Ottawa demande alors à la Cour d’appel du Québec de se prononcer sur la clarté de la question.

Ce sont les commentaires, opinions et éditoriaux qui retiennent mon attention. Très peu de choses du côté des médias du Québec. Bien sûr, des textes de nouvelles annonçant le dépôt du C-470 un peu partout, mais pour le reste? André Pratte le mentionne sans commentaire dans un éditorial sur la visite de Pauline Marois en Écosse, tandis que ma collègue Manon Cornellier conclut par «voilà qui est habile » la chronique dans laquelle elle écrit que le projet réconcilie la position du caucus NPD québécois avec celle du reste du pays. Disséquant le projet de loi, Mme Cornellier en expose les subtilités, la souplesse et l’ouverture, selon elle, plus grande envers les demandes traditionnelles du Québec que celle des deux grands partis fédéralistes.

Réactions hors Québec autrement plus nombreuses et surtout plus virulentes!!! Un éditorial et deux chroniques dans le seul Ottawa Citizen, et ça s’empile :

  • « Mulcair défie la logique »
  • « Il insuffle une nouvelle vie au séparatisme »
  • « Aspire-t-il à gouverner le Canada? Ou le Québec? »
  • « Mulcair joue sur les deux tableaux de l’unité nationale »
  • « Thomas Mulcair n’a pas agi comme quelqu’un qui est capable de devenir premier ministre »
  • « M. Mulcair estime son approche raisonnable. Elle est naïve et toxique pour l’unité du pays. »

En voulez-vous encore?

Seule note discordante de ce côté de la clôture, John Ivison, du Post, qui parle d’un NPD en « terrain assez solide » parce qu’il a nuancé et clarifié sa position centrée sur le 50% + 1. Certains s’empresseront de vous faire remarquer qu’Ivison ne rate pas une occasion de mettre en valeur le nationalisme de son Écosse natale!

Intéressant de voir donc la différence dans la quantité et surtout la substance, des réactions. Pas de vague au Québec et petite tempête politique ailleurs.

Bref, Thomas Mulcair espérait certainement mettre le couvercle sur cette marmite avec son discours de lundi et avec le projet de loi. Ses adversaires politiques semblent avoir des munitions pour encore le taquiner là-dessus au gré des circonstances. Circonstances qui ne conduisent pas à un référendum à court terme évidemment. M. Mulcair a aussi un caucus NPD-ROC (Rest of Canada) qui semble s’être rangé derrière ce qui est présenté comme la vision du parti du « fédéralisme coopératif ». Le NPD avait appuyé la loi sur la clarté, mais quelques députés avaient voté contre sans être sanctionnés, tout comme quelques conservateurs d’ailleurs.