Les Autochtones, une priorité? Prudence…

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 publié le 29 janvier 2013 à 11 h 59

En cette rentrée 2013, la question autochtone retient l’attention, bien plus qu’on ne l’aurait cru lorsque le Parlement a ajourné les travaux à la mi-décembre. Passons sur les événements survenus dans tout le pays pour promouvoir cet enjeu, et revenons sur la rencontre « au sommet » du 11 janvier entre la délégation dirigée par le chef Atleo et le premier ministre Harper et son équipe dans ses bureaux de l’édifice Langevin.

Depuis, c’est « au plus haut niveau », nous dit-on, que le dossier autochtone sera suivi au sein de la machine gouvernementale. Soit le Bureau du Conseil privé, celui du ministre des Affaires autochtones, si ce n’est pas directement le premier ministre. L’objectif de tout ça étant que les politiques des différents ministères pouvant avoir un impact sur les communautés ou les territoires autochtones soient scrutées, validées.

Or, si à peu près tout le monde mettait en tête de l’ordre du jour le dossier autochtone pour la rentrée, pas un mot là-dessus dans les déclarations des ministres Van Loan et Blaney envoyés en mission pour vendre le plan 2013 du gouvernement. Pas un mot dans le message d’accueil 2013 chez M. Van Loan, le leader du gouvernement en Chambre. On s’est plutôt concentré sur deux choses : la belle performance économique du Canada dans le contexte mondial difficile (ça vous rappelle quelque chose???) et le resserrement des critères pour la libération des gens tenus non criminellement responsables d’actes criminels (on s’en vient avec un projet de loi Guy Turcotte).

Évidemment, les deux ministres ont été interrogés pendant le point de presse sur les Autochtones. Le message est le suivant :

  • pas question de revenir sur le C-38 et le C-45, les projets de loi budgétaires qui ont propulsé Idle No More;
  •  l’accent mis par le gouvernement sur le développement des ressources va avoir des retombées économiques positives sur les Autochtones également;
  • et enfin, nous avons ouvert des canaux le 11 janvier au Langevin pour discuter de la relation basée sur les traités et les revendications globales.

Ajoutez à cela en après-midi un premier ministre Harper qui vante les réalisations de son gouvernement quant aux chiffres lancés par l’opposition sur la situation dans les communautés autochtones, et qui parle de poursuivre le travail avec les « partenaires positifs », sans définir quelqu’un en particulier.

On veut bien progresser dans ce dossier du côté du gouvernement, mais on n’en est pas aux grandes palabres, aux gestes pompeux, qui ne sont surtout pas le fort de M. Harper. Disons qu’il a essayé le procédé avec sa motion de 2006 sur la nation québécoise, félicité pour son habileté à l’époque. Ce beau geste est resté lettre morte dans le domaine politique. Les Québécois lui ont enlevé un député en 2008, et cinq autres en 2011, le laissant avec un maigre effectif de cinq députés. Donc, « progresser » est le bon mot. On va y aller progressivement.

Prochaine étape, la rencontre, « dans les prochaines semaines », nous dit-on du côté gouvernemental, entre M. Harper et un des « partenaires positifs », du moins le croit-on, Shawn Atleo. Un Atleo muni d’un nouveau mandat issu de Idle No More et de la fin du jeûne de Theresa Spence. M. Atleo, qui tente de survivre en déclarant sur toutes les tribunes qu’on n’en serait pas là, lui le premier, sans Idle No More. À suivre donc…