Mission : rassurer

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 publié le 27 janvier 2013 à 7 h 49

Accompagner un premier ministre en mission à l’étranger est un exercice très agréable. Par exemple, je vous écris aujourd’hui de Londres où Pauline Marois passe trois jours. Nos journées sont longues, il faut faire des reportages aux téléjournaux dès 8 h, aux radiojournaux dès 9 h, monter un reportage télé et un reportage radio, mais personne ne se plaint. Qui peut se plaindre en fait d’être à Londres!

Mais avant notre départ, une question nous chicotait. Pourquoi? Pourquoi Pauline Marois est-elle allée au Forum économique mondial de Davos en Suisse et pourquoi va-t-elle ensuite au Royaume-Uni. D’autant qu’en regardant son horaire à Londres, on se disait que ce voyage n’allait pas rapporter grand-chose. Elle n’a qu’une seule activité publique en fin de semaine, la visite d’un gratte-ciel, le Shard. C’est bien beau, mais qu’est-ce que ça rapporte au Québec?

La première ministre nous a toutefois donné un début d’explication samedi quand elle a laissé entendre que les investisseurs avaient exprimé des préoccupations après l’arrivée de son parti au pouvoir. C’est pour ça en grande partie qu’elle est allée à Davos. Elle n’y a rien rapporté de très spectaculaire. Une entente entre Boeing et une compagnie québécoise pour un projet d’hydrolienne, des turbines qui utilisent la force des marées ou du courant pour produire de l’électricité.

Mais c’est en coulisse qu’elle s’est activée. Elle a rencontré des représentants de multinationales, comme Alcoa, Tata, ArcelorMittal, pour leur dire que le Québec était ouvert pour faire des affaires. Elle leur a parlé de crédits d’impôt sur les investissements de plus de 300 millions dans les mines ou le commerce en gros. Elle leur a dit que l’électricité était bon marché au Québec. Elle devrait faire la même chose devant la Chambre de commerce Canada-Royaume Uni lundi.

Ce besoin de rassurer démontre que les investisseurs sont prudents et que quand « l’argent parle » ils cherchent la stabilité.

Mme Marois croit les avoir convaincus qu’il fait bon investir au Québec. On pourra juger si l’investissement qu’elle a fait en temps et en énergie rapportera seulement quand les contrats seront signés.