Billets publiés le 21 janvier 2013

Tendances libérales

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 publié le 21 janvier 2013 à 14 h 12

Les débats des candidats à la direction du Parti libéral du Québec se jouent en cinq actes : quatre débats en français et un en anglais.

Après deux débats, quelques tendances se dessinent :

Raymond Bachand :

— il est celui qui semble le mieux « connecter » avec la foule rassemblée pour les débats. Il a un côté populaire et une candeur qui ne ressortent pas toujours dans les conférences de presse, mais qui s’expriment dans les conversations ou les débats.

— sans être agressif, il réserve de petites attaques contre Philippe Couillard. Est-ce que M. Bachand fait le calcul que Philippe Couillard mène la course, qu’il est deuxième et que Pierre Moreau est troisième? Peut-être. En ménageant Pierre Moreau, essaie-t-il de s’assurer de son appui lors d’un éventuel deuxième tour de scrutin pour déterminer le gagnant de la course? Possible.

Philippe Couillard :

— contrairement à ses deux adversaires, il n’est pas associé au dernier mandat du gouvernement Charest. Et clairement, il prend ses distances de l’ancien gouvernement. Sur le débat constitutionnel, par exemple, il faut aider le fruit à mûrir, dit-il, plutôt que de le laisser mûrir comme le faisait Jean Charest. Autre exemple, selon lui, la commission Charbonneau aurait dû être déclenchée plus tôt.

— en public, Philippe Couillard est un homme posé, réfléchi, qui garde son calme. Pour un politicien, ce sont de belles qualités. Mais dans un débat avec deux adversaires, on s’attend peut-être à un peu plus de passion et à un ton moins professoral.

Pierre Moreau :

sans gagner les deux premiers débats, il est celui dont les idées ont généré le plus de réactions. D’abord en proposant une réflexion sur la pertinence des cégeps, ensuite en proposant une commission d’enquête permanente sur la corruption. Les détails de ces propositions sont vagues, sinon inexistants, mais si le but des débats est de se faire remarquer, c’est réussi pour M. Moreau.

— il est par ailleurs le seul à avoir véritablement lancé une attaque contre ses deux adversaires en se questionnant sur leur passé dans cet article du Devoir. Les militants du PLQ n’aiment pas beaucoup ce genre de déclaration. Est-ce que cela pourrait lui nuire? Peut-être. Mais pour l’instant, ses adversaires ont été plutôt gentils avec lui. Rappelez-vous si un deuxième tour est nécessaire, l’exclu du premier tour prend beaucoup de valeur.

Un dernier constat s’impose. Cette course à la direction du PLQ ne soulève pas beaucoup les passions. C’est normal que la population en général ne s’y intéresse pas beaucoup, mais comment expliquer qu’un parti qui se dit rassembleur et en très grande santé n’attire qu’environ 300 militants pour un débat à Québec?

Catégorie: Québec