Billets publiés le 18 janvier 2013

Ce dimanche se tiendra à Vancouver le premier de cinq débats afin que sympathisants et membres du Parti libéral du Canada choisissent un successeur à Michael Ignatieff.

Personne ne le dit officiellement, mais au Parti libéral, tous voulaient éviter deux scénarios catastrophiques. Le premier, une course qui ressemble à un couronnement. Une course au cours de laquelle personne ne rivalise vraiment avec le candidat vedette, Justin Trudeau dans ce cas précis.

Deuxième scénario à éviter, une course comme celle du NPD. Trop de candidats, trop d’inconnus qui n’ont aucune chance et qui se servent de cette tribune uniquement pour se faire connaître, ou pour stratégiquement se placer dans une bonne position au sein du parti. Il en coûtait 15 000 $ pour s’inscrire dans la course à la direction du NPD. Au début de la campagne, il y avait neuf candidats. Sept se sont rendus jusqu’au bout. Tout ça a donné lieu à une course terne et à un interminable congrès en mars dernier à Toronto.

Alors, les libéraux voulaient éviter ce scénario. Ils ont donc établi que le coût d’entrée dans la course serait de 75 000 $, ce qui est cher payé pour quelqu’un qui ne cherche qu’à se faire connaître. Ils souhaitaient donc une course à trois… quatre peut-être, mais pas plus.

Or, le Parti libéral se trouve dans la même position que le NPD. Neuf candidats sont officiellement inscrits dans la course à la direction, et parmi ceux-ci, de parfaits inconnus du grand public.

Il y a bien sûr Justin Trudeau et Marc Garneau, deux députés du Québec très connus dans le pays. Il y a aussi l’ex-ministre Martin Cauchon et l’ex-députée Martha Hall-Finlay, qui sont relativement connus, tout comme la députée Joyce Murray. Mais il faut aussi ajouter à cette liste Deborah Coyne, David Bertschi, Karen McCrimmon et George Takach. Personne ne met en doute les qualités de ces candidatures, mais personne ne croit aux chances d’au moins six des neuf candidats.

La plupart des observateurs croient que la lutte se fera entre Justin Trudeau, Marc Garneau et Martin Cauchon, et que seule une campagne désastreuse empêcherait Justin Trudeau de devenir chef du Parti libéral. Or, il y aura neuf candidats pour le premier débat.

Officiellement, tout le monde au Parti libéral dira que la démocratie sera bien servie, que les neuf candidats contribueront à un débat d’idées. Mais dans la réalité, personne au Parti libéral ne se réjouit de cette situation. Le premier débat risque d’être cacophonique ou ennuyant. La dynamique d’un bon débat n’implique jamais neuf participants. Les organisateurs libéraux doivent donc se croiser les doigts pour que quelques candidats se désistent rapidement…

Catégorie: Ottawa