Billets publiés en janvier 2013

Un premier ministre indépendant

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 publié le 30 janvier 2013 à 21 h 48

Pauline Marois revient d’Europe. Elle pense avoir rassuré les milieux d’affaires à Davos et à Londres. Elle rapporte dans ses bagages un investissement de 6 millions de dollars de l’entreprise Framestore à Montréal. Ce n’est pas énorme comme résultats concrets, mais elle laisse entendre que ce n’était pas le but du voyage.

Là où il y a peut-être une pointe de déception, c’est dans le bilan de sa rencontre avec le premier ministre écossais Alex Salmond. La première ministre a beau parler de « rencontre historique » et « fructueuse », elle a beau se réjouir que l’entretien ait duré 45 minutes plutôt que 30, on se demande si elle n’en met pas plus que le client en demande.

On peut parler de liens économiques et culturels ou d’environnement avec n’importe quel chef de gouvernement. C’est dans l’ordre des choses. Mais quand un premier ministre péquiste rencontre un premier ministre écossais souverainiste ou un politicien catalan souverainiste, on s’attend à plus. Après tout, ils ont les mêmes ambitions : faire de leur nation, un pays.

La discrétion affichée par Alex Salmond (seulement deux photos de l’entretien, pas de commentaire autre qu’un communiqué laconique) laisse perplexe.

Sur la forme, nos collègues écossais nous disent que M. Salmond cherche la publicité, en particulier celle qui le montre comme un chef d’État. Alors pourquoi cette occasion ratée?

Sur le fond, on comprend que M. Salmond veut un « modèle écossais » pour faire l’indépendance et refuse « l’aide extérieure ». Sinon, pourquoi n’a-t-il pas demandé les documents référendaires du Québec que Mme Marois était prête à lui donner? Peut-être ne voulait-il pas avoir de lien avec ces deux échecs des souverainistes québécois? Aussi, pourquoi, lors de cette rencontre, l’Écosse et le Québec n’ont-ils pas signé un accord de coopération, comme le Québec l’a fait avec la Catalogne?

La presse écossaise décrit Alex Salmond comme un politicien habile :  il a négocié la tenue du référendum avec Londres et il est, semble-t-il, rarement pris au dépourvu, même si parfois il défend des positions contradictoires.

On peut penser qu’il a réfléchi aux conséquences que pouvait avoir, pour lui, sa rencontre avec Pauline Marois. Après tout, Mme Marois avait affaire à un premier ministre indépendant.

Catégorie: Québec

Une journée dans la vie du premier ministre

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 publié le 30 janvier 2013 à 14 h 18

Si vous êtes l’un des 296 483 abonnés du premier ministre Harper sur Twitter (@pmharper), vous avez eu droit lundi à une petite fenêtre sur le quotidien de l’homme.

Sous le mot-clic #dayinthelife (une journée dans la vie de) le premier ministre a publié un journal de sa journée sous forme de photos et de vidéos. De son petit-déjeuner au 24, Sussex à ses déplacements en limousine vers le Parlement, en passant par les réunions, les rencontres et la période de questions.

« Tout ça tend à démontrer que le monsieur est vraiment occupé », lance Luc Dupont, professeur de marketing et communication à l’Université d’Ottawa. « Tout ce qui contribue à personnaliser le politicien, à l’humaniser, le rend normalement nécessairement plus sympathique. »

Une façon peut-être aussi de calmer ceux qui ont critiqué le premier ministre, il y a deux semaines, parce qu’il refusait de rencontrer la chef autochtone Theresa Spence, alors qu’il avait trouvé le temps de recevoir les gagnants de l’émission Occupation double.

Twitter permet d’insinuer des choses sans trop insister. « C’est mieux de le suggérer que de la dire, souligne Luc Dupont. Parce que quand je le dis, ça peut sonner faux. »

Ce n’est pas la première fois que Stephen Harper tente d’adoucir son image publique.

À l’élection de 2008, ses stratèges lui avaient fait porter un chandail de laine bleu dans l’espoir de tempérer la perception que certains électeurs avaient de lui. Ses adversaires ne s’étaient pas gênés pour tourner l’opération au ridicule. Durant le débat en anglais, Jack Layton lui avait même lancé : «Vous dites avoir un plan? Où est-il? Sous votre chandail? »

En 2009, le premier ministre, grand admirateur des Beatles, s’était permis une petite interprétation-surprise de la chanson With a little help from my friends, en compagnie du violoncelliste Yo-Yo Ma à un spectacle-bénéfice au Centre national des arts à Ottawa. Durant la campagne de 2011, lors d’un arrêt à Winnipeg, il avait rencontré Maria Aragon, une jeune célébrité sur le web pour ses interprétations des succès de Lady Gaga.

Des interventions toujours réglées au quart de tour. « On veut que ça ait l’air un petit peu spontané, dit Luc Dupont. Mais ça ne l’est jamais. » Même chose pour les photos et les vidéos publiées sur Twitter pour appuyer le récit de sa journée. On est loin des clichés croqués sur un téléphone cellulaire. L’une des vidéos « prises sur le vif » offre même deux angles de caméras!

Luc Dupont croit que la stratégie demeure payante : « Il a compris le rôle de la communication beaucoup plus qu’on pense. Le monde ordinaire ne voit pas tout ça. »

Au bureau du premier ministre, ce que l’on voulait offrir, dit son attaché de presse, Carl Vallée, c’était « un accès sans précédent aux différents aspects de sa journée. C’était la première journée de retour au Parlement, c’était donc une belle opportunité de montrer aux Canadiens de quoi a l’air une journée normale dans la vie du premier ministre ».

En tout cas, entre le début et la fin de sa journée, Stephen Harper a gagné environ 1200 abonnées sur son fil Twitter. Une bonne performance, mais l’exercice a des limites conclu Luc Dupont. « Quelqu’un qui n’apprécie pas Stephen Harper ne l’appréciera pas plus là. »

Catégorie: Ottawa

Mulcair et la clarté : vives réactions!

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 publié le 30 janvier 2013 à 11 h 05

Wow! Je ne sais pas encore si c’est une autre illustration de la dualité de ce pays, mais les réactions à la décision du NPD de répondre au défi du Bloc québécois en déposant son propre projet de loi sur la clarté référendaire me semblent fort révélatrices. Du point de vue politique, aucune surprise, conservateurs, bloquistes et libéraux sont unanimes à dénoncer pour des raisons différentes le projet C-470 de Craig Scott, le député qui occupe maintenant le siège de Jack Layton aux Communes. En gros, 50 % + 1, c’est la barre à franchir SI la question reflète clairement le changement constitutionnel proposé. Le projet en propose deux versions. Enfin, si elle n’est pas jugée acceptable en ce sens par Ottawa, on en avise le gouvernement du Québec, et Ottawa demande alors à la Cour d’appel du Québec de se prononcer sur la clarté de la question.

Ce sont les commentaires, opinions et éditoriaux qui retiennent mon attention. Très peu de choses du côté des médias du Québec. Bien sûr, des textes de nouvelles annonçant le dépôt du C-470 un peu partout, mais pour le reste? André Pratte le mentionne sans commentaire dans un éditorial sur la visite de Pauline Marois en Écosse, tandis que ma collègue Manon Cornellier conclut par «voilà qui est habile » la chronique dans laquelle elle écrit que le projet réconcilie la position du caucus NPD québécois avec celle du reste du pays. Disséquant le projet de loi, Mme Cornellier en expose les subtilités, la souplesse et l’ouverture, selon elle, plus grande envers les demandes traditionnelles du Québec que celle des deux grands partis fédéralistes.

Réactions hors Québec autrement plus nombreuses et surtout plus virulentes!!! Un éditorial et deux chroniques dans le seul Ottawa Citizen, et ça s’empile :

  • « Mulcair défie la logique »
  • « Il insuffle une nouvelle vie au séparatisme »
  • « Aspire-t-il à gouverner le Canada? Ou le Québec? »
  • « Mulcair joue sur les deux tableaux de l’unité nationale »
  • « Thomas Mulcair n’a pas agi comme quelqu’un qui est capable de devenir premier ministre »
  • « M. Mulcair estime son approche raisonnable. Elle est naïve et toxique pour l’unité du pays. »

En voulez-vous encore?

Seule note discordante de ce côté de la clôture, John Ivison, du Post, qui parle d’un NPD en « terrain assez solide » parce qu’il a nuancé et clarifié sa position centrée sur le 50% + 1. Certains s’empresseront de vous faire remarquer qu’Ivison ne rate pas une occasion de mettre en valeur le nationalisme de son Écosse natale!

Intéressant de voir donc la différence dans la quantité et surtout la substance, des réactions. Pas de vague au Québec et petite tempête politique ailleurs.

Bref, Thomas Mulcair espérait certainement mettre le couvercle sur cette marmite avec son discours de lundi et avec le projet de loi. Ses adversaires politiques semblent avoir des munitions pour encore le taquiner là-dessus au gré des circonstances. Circonstances qui ne conduisent pas à un référendum à court terme évidemment. M. Mulcair a aussi un caucus NPD-ROC (Rest of Canada) qui semble s’être rangé derrière ce qui est présenté comme la vision du parti du « fédéralisme coopératif ». Le NPD avait appuyé la loi sur la clarté, mais quelques députés avaient voté contre sans être sanctionnés, tout comme quelques conservateurs d’ailleurs.

Catégorie: Ottawa

Kevin Page, la succession?

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 publié le 29 janvier 2013 à 13 h 56

C’est à la fin mars que prend fin le premier mandat du premier directeur parlementaire du budget (DPB), Kevin Page, et l’opposition fait déjà part de ses inquiétudes quant à sa succession. Thomas Mulcair suggère le prolongement de son mandat pendant le processus de sélection afin d’assurer la continuité, tandis que les libéraux se posent publiquement des questions sur la volonté réelle du gouvernement Harper de pourvoir au poste. M. Page a déjà dit qu’il ne désirait pas un renouvellement de mandat, ce qui en fait sourire plus d’un du côté de la presse parlementaire, et ce qui fait carrément rire aux éclats du côté du gouvernement. Comme si ça avait un tant soit peu été envisagé… Il suggère plutôt les noms de trois membres de son équipe actuelle, qui sont très qualifiés pour assurer la relève dans la continuité.

La continuité dans ce bureau semble justement poser problème au gouvernement Harper, si on se fie aux propos récents du ministre des Finances Jim Flaherty. Ce dernier affirmait que le mandat du DPB gagnerait à être mieux défini, car, selon lui, M. Page s’en est parfois écarté. Rappelez-vous que M. Page a menacé d’avoir recours aux tribunaux pour obtenir des données plus détaillées des ministères et agences sur l’impact des coupes budgétaires. Pour le gouvernement, son mandat était de surveiller les dépenses, pas leur réduction!

Interrogé hier sur cette critique de son ministre à l’endroit d’un haut fonctionnaire dont l’indépendance est cruciale, le premier ministre Harper a voulu se faire rassurant en confirmant que M. Page aura bel et bien un remplaçant. Il a ajouté : « Nous avons créé le poste pour appuyer les discussions en assurant qu’il y ait une source non partisane et crédible d’opinion sur les questions budgétaires. » Et il concluait : « Nous allons continuer en nous assurant que nous avons un directeur et un bureau qui sont non partisans et crédibles dans leurs évaluations économiques. » Hum!

Ça vient du chef du gouvernement qui s’est fait contredire ou critiquer maintes fois par le DPB, que ce soit sur la viabilité des pensions, les coûts de la lutte à la criminalité et des emprisonnements en hausse, les gels et les compressions de dépenses, les coûts de sécurité des sommets du G-8 et du G-20, les prévisions à la veille de la crise financière et économique de la fin 2008 et surtout le fameux épisode des chasseurs F-35. M. Page avait alors subi les attaques en règle de la Défense nationale, mais aussi celles du gouvernement Harper, pour ensuite de se faire dire par le vérificateur général et plus récemment par le Secrétariat, qu’il avait raison.

Étant techniquement un employé de la Bibliothèque du Parlement, c’est de ce côté que le processus a été enclenché, avec la recherche d’un chasseur de têtes qui se chargera de trouver des candidats. Ça, c’est pour la partie formelle, celle prévue par les articles de la Loi sur le Parlement ajoutés par les conservateurs à leur arrivée au pouvoir pour créer de toutes pièces le poste promis dans la plateforme de l’élection de 2006. À la fin de l’exercice, c’est quand même le gouvernement qui nommera le successeur de Kevin Page.

Catégorie: Ottawa

Les Autochtones, une priorité? Prudence…

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 publié le 29 janvier 2013 à 11 h 59

En cette rentrée 2013, la question autochtone retient l’attention, bien plus qu’on ne l’aurait cru lorsque le Parlement a ajourné les travaux à la mi-décembre. Passons sur les événements survenus dans tout le pays pour promouvoir cet enjeu, et revenons sur la rencontre « au sommet » du 11 janvier entre la délégation dirigée par le chef Atleo et le premier ministre Harper et son équipe dans ses bureaux de l’édifice Langevin.

Depuis, c’est « au plus haut niveau », nous dit-on, que le dossier autochtone sera suivi au sein de la machine gouvernementale. Soit le Bureau du Conseil privé, celui du ministre des Affaires autochtones, si ce n’est pas directement le premier ministre. L’objectif de tout ça étant que les politiques des différents ministères pouvant avoir un impact sur les communautés ou les territoires autochtones soient scrutées, validées.

Or, si à peu près tout le monde mettait en tête de l’ordre du jour le dossier autochtone pour la rentrée, pas un mot là-dessus dans les déclarations des ministres Van Loan et Blaney envoyés en mission pour vendre le plan 2013 du gouvernement. Pas un mot dans le message d’accueil 2013 chez M. Van Loan, le leader du gouvernement en Chambre. On s’est plutôt concentré sur deux choses : la belle performance économique du Canada dans le contexte mondial difficile (ça vous rappelle quelque chose???) et le resserrement des critères pour la libération des gens tenus non criminellement responsables d’actes criminels (on s’en vient avec un projet de loi Guy Turcotte).

Évidemment, les deux ministres ont été interrogés pendant le point de presse sur les Autochtones. Le message est le suivant :

  • pas question de revenir sur le C-38 et le C-45, les projets de loi budgétaires qui ont propulsé Idle No More;
  •  l’accent mis par le gouvernement sur le développement des ressources va avoir des retombées économiques positives sur les Autochtones également;
  • et enfin, nous avons ouvert des canaux le 11 janvier au Langevin pour discuter de la relation basée sur les traités et les revendications globales.

Ajoutez à cela en après-midi un premier ministre Harper qui vante les réalisations de son gouvernement quant aux chiffres lancés par l’opposition sur la situation dans les communautés autochtones, et qui parle de poursuivre le travail avec les « partenaires positifs », sans définir quelqu’un en particulier.

On veut bien progresser dans ce dossier du côté du gouvernement, mais on n’en est pas aux grandes palabres, aux gestes pompeux, qui ne sont surtout pas le fort de M. Harper. Disons qu’il a essayé le procédé avec sa motion de 2006 sur la nation québécoise, félicité pour son habileté à l’époque. Ce beau geste est resté lettre morte dans le domaine politique. Les Québécois lui ont enlevé un député en 2008, et cinq autres en 2011, le laissant avec un maigre effectif de cinq députés. Donc, « progresser » est le bon mot. On va y aller progressivement.

Prochaine étape, la rencontre, « dans les prochaines semaines », nous dit-on du côté gouvernemental, entre M. Harper et un des « partenaires positifs », du moins le croit-on, Shawn Atleo. Un Atleo muni d’un nouveau mandat issu de Idle No More et de la fin du jeûne de Theresa Spence. M. Atleo, qui tente de survivre en déclarant sur toutes les tribunes qu’on n’en serait pas là, lui le premier, sans Idle No More. À suivre donc…

Catégorie: Ottawa

Mission : rassurer

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 publié le 27 janvier 2013 à 7 h 49

Accompagner un premier ministre en mission à l’étranger est un exercice très agréable. Par exemple, je vous écris aujourd’hui de Londres où Pauline Marois passe trois jours. Nos journées sont longues, il faut faire des reportages aux téléjournaux dès 8 h, aux radiojournaux dès 9 h, monter un reportage télé et un reportage radio, mais personne ne se plaint. Qui peut se plaindre en fait d’être à Londres!

Mais avant notre départ, une question nous chicotait. Pourquoi? Pourquoi Pauline Marois est-elle allée au Forum économique mondial de Davos en Suisse et pourquoi va-t-elle ensuite au Royaume-Uni. D’autant qu’en regardant son horaire à Londres, on se disait que ce voyage n’allait pas rapporter grand-chose. Elle n’a qu’une seule activité publique en fin de semaine, la visite d’un gratte-ciel, le Shard. C’est bien beau, mais qu’est-ce que ça rapporte au Québec?

La première ministre nous a toutefois donné un début d’explication samedi quand elle a laissé entendre que les investisseurs avaient exprimé des préoccupations après l’arrivée de son parti au pouvoir. C’est pour ça en grande partie qu’elle est allée à Davos. Elle n’y a rien rapporté de très spectaculaire. Une entente entre Boeing et une compagnie québécoise pour un projet d’hydrolienne, des turbines qui utilisent la force des marées ou du courant pour produire de l’électricité.

Mais c’est en coulisse qu’elle s’est activée. Elle a rencontré des représentants de multinationales, comme Alcoa, Tata, ArcelorMittal, pour leur dire que le Québec était ouvert pour faire des affaires. Elle leur a parlé de crédits d’impôt sur les investissements de plus de 300 millions dans les mines ou le commerce en gros. Elle leur a dit que l’électricité était bon marché au Québec. Elle devrait faire la même chose devant la Chambre de commerce Canada-Royaume Uni lundi.

Ce besoin de rassurer démontre que les investisseurs sont prudents et que quand « l’argent parle » ils cherchent la stabilité.

Mme Marois croit les avoir convaincus qu’il fait bon investir au Québec. On pourra juger si l’investissement qu’elle a fait en temps et en énergie rapportera seulement quand les contrats seront signés.

Catégorie: Québec

Le Secrétariat des chasseurs… sous le radar!

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 publié le 25 janvier 2013 à 20 h 37

Décidément, les gens du Secrétariat national d’approvisionnement en chasseurs sont des gens discrets. 15 h 06 et 15 h 37, vendredi, ce sont les heures de publication par la Tribune parlementaire des deux plus récents communiqués sur les prochaines étapes vers le choix du futur chasseur des Forces canadiennes.

Dans un cas, on annonce l’envoi de l’ébauche du questionnaire qui servira à évaluer les appareils existants ou à être développés aux cinq entreprises qui les fabriquent. On attendra leurs commentaires et on leur enverra la version finale du questionnaire afin qu’elles y répondent. Le tout est surveillé par le nouveau panel de quatre experts indépendants mis sur pied à la mi-décembre quand on a appuyé sur le bouton « reset » pour réinitialiser le programme.

Dans le cas de l’autre communiqué, qui annonce l’octroi du contrat à Samson & Associates pour examiner le processus d’achat avant et après juin 2012, c’est assez confus. Pour la somme de 161 950 $, la firme devra entre autres dire si les correctifs apportés après la publication du fameux rapport du vérificateur général sont appropriés.

Pas de quoi écrire à sa mère, n’empêche que la ministre Rona Ambrose, en plus de rappeler sans arrêt qu’aucune somme n’a été dépensée pour l’acquisition de chasseurs jusqu’à maintenant, nous a promis un processus plus ouvert et transparent. Le Secrétariat voudrait passer sous le radar qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

Deux communiqués publiés le vendredi après 15 h, tandis que la lettre envoyée à l’industrie, aux cinq mêmes fabricants en fait, a été publiée le 27 décembre, en plein congé des Fêtes. Et c’est sans oublier que le dépôt de son rapport d’étape, le 12 décembre, avec la mise à jour des coûts à 45 milliards de dollars, a eu lieu le dernier jour de séance aux Communes, ce qui ne laissait plus d’occasion à l’opposition pour poser des questions, congé des Fêtes oblige.

On ne cache rien, enfin, on nous en assure, mais on n’est pas non plus dans la grande ouverture, la transparence. Un conseiller en information bien intentionné serait peut-être de mise. À moins que…

Catégorie: Ottawa

La rentrée parlementaire et les affrontements probables…

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 publié le 25 janvier 2013 à 13 h 46

La Chambre des communes reprend du service le 28 janvier après une pause de six semaines. Le menu législatif est plutôt mince, ce qui, généralement, laisse beaucoup de place à la critique. À l’automne, comme un bulldozer, le gouvernement Harper a imposé son ordre du jour avec l’adoption du C-45, la controversée loi omnibus qui met en oeuvre certaines dispositions du dernier budget fédéral et une réforme plutôt musclée de l’assurance-emploi. Quelques semaines plus tard, des groupes concernés réalisent à quel point leur réalité va changer, et l’opposition s’organise.

Les plus visibles ont été les Premières Nations, qui estiment que le C-45 est inacceptable. Le C-45 modifie la loi sur les Indiens, la loi sur la protection des eaux navigables, et facilite la vente de terres sur les réserves. Dès le 10 décembre, la résistance s’est organisée avec le mouvement Idle No More. Les Autochtones estiment qu’ils auraient dû être consultés, puisque le C-45 touche leurs territoires. La contestation a commencé lentement, mais n’a cessé de prendre de l’ampleur. Depuis son arrivée au pouvoir il y a sept ans, le gouvernement Harper n’a pas été habitué à une contestation soutenue. Cette fois, il est servi. Les partis d’opposition ont le soutien des Premières Nations, et les conservateurs auront fort à faire pour calmer la grogne.

Mais ce n’est pas tout. Une autre vague de contestation prend de plus en plus d’ampleur. Le gouvernement a implanté de nouvelles règles à l’assurance-emploi, règles qui sont en vigueur depuis le 6 janvier. La vague a pris naissance dans les provinces de l’Atlantique, est maintenant au Québec et s’étendra probablement dans toutes les régions où les emplois saisonniers occupent une place importante. Non seulement la réforme de l’assurance-emploi coupera éventuellement les prestations d’au moins 8000 chômeurs, mais une mesure suscite beaucoup d’émoi. La réforme dit qu’après sept semaines de recherche, un « prestataire fréquent » devra accepter tout emploi offrant un salaire équivalant à au moins 70 % de son salaire précédent. Ajoutez à cela une mesure qui oblige les chômeurs à accepter un emploi dans un rayon d’une heure de leur domicile.

Ce dossier sera assurément LE cheval de bataille du NPD. Tenez pour acquis que chaque jour, les néo-démocrates poseront des questions, dénonceront la réforme et dévoileront des histoires d’horreur. Le but de l’opposition officielle sera de démontrer que cette réforme est une des plus brutales jamais mises en vigueur, alors que le gouvernement voudra nous convaincre qu’elle a pour but d’aider les gens à se trouver un emploi plus rapidement. Contenir la grogne à la fois des Autochtones et des chômeurs sera une tâche de tous les instants pour les conservateurs, et un boulet pour les députés en région.

Catégorie: Ottawa

Tendances libérales

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 publié le 21 janvier 2013 à 14 h 12

Les débats des candidats à la direction du Parti libéral du Québec se jouent en cinq actes : quatre débats en français et un en anglais.

Après deux débats, quelques tendances se dessinent :

Raymond Bachand :

— il est celui qui semble le mieux « connecter » avec la foule rassemblée pour les débats. Il a un côté populaire et une candeur qui ne ressortent pas toujours dans les conférences de presse, mais qui s’expriment dans les conversations ou les débats.

— sans être agressif, il réserve de petites attaques contre Philippe Couillard. Est-ce que M. Bachand fait le calcul que Philippe Couillard mène la course, qu’il est deuxième et que Pierre Moreau est troisième? Peut-être. En ménageant Pierre Moreau, essaie-t-il de s’assurer de son appui lors d’un éventuel deuxième tour de scrutin pour déterminer le gagnant de la course? Possible.

Philippe Couillard :

— contrairement à ses deux adversaires, il n’est pas associé au dernier mandat du gouvernement Charest. Et clairement, il prend ses distances de l’ancien gouvernement. Sur le débat constitutionnel, par exemple, il faut aider le fruit à mûrir, dit-il, plutôt que de le laisser mûrir comme le faisait Jean Charest. Autre exemple, selon lui, la commission Charbonneau aurait dû être déclenchée plus tôt.

— en public, Philippe Couillard est un homme posé, réfléchi, qui garde son calme. Pour un politicien, ce sont de belles qualités. Mais dans un débat avec deux adversaires, on s’attend peut-être à un peu plus de passion et à un ton moins professoral.

Pierre Moreau :

sans gagner les deux premiers débats, il est celui dont les idées ont généré le plus de réactions. D’abord en proposant une réflexion sur la pertinence des cégeps, ensuite en proposant une commission d’enquête permanente sur la corruption. Les détails de ces propositions sont vagues, sinon inexistants, mais si le but des débats est de se faire remarquer, c’est réussi pour M. Moreau.

— il est par ailleurs le seul à avoir véritablement lancé une attaque contre ses deux adversaires en se questionnant sur leur passé dans cet article du Devoir. Les militants du PLQ n’aiment pas beaucoup ce genre de déclaration. Est-ce que cela pourrait lui nuire? Peut-être. Mais pour l’instant, ses adversaires ont été plutôt gentils avec lui. Rappelez-vous si un deuxième tour est nécessaire, l’exclu du premier tour prend beaucoup de valeur.

Un dernier constat s’impose. Cette course à la direction du PLQ ne soulève pas beaucoup les passions. C’est normal que la population en général ne s’y intéresse pas beaucoup, mais comment expliquer qu’un parti qui se dit rassembleur et en très grande santé n’attire qu’environ 300 militants pour un débat à Québec?

Catégorie: Québec

Ce dimanche se tiendra à Vancouver le premier de cinq débats afin que sympathisants et membres du Parti libéral du Canada choisissent un successeur à Michael Ignatieff.

Personne ne le dit officiellement, mais au Parti libéral, tous voulaient éviter deux scénarios catastrophiques. Le premier, une course qui ressemble à un couronnement. Une course au cours de laquelle personne ne rivalise vraiment avec le candidat vedette, Justin Trudeau dans ce cas précis.

Deuxième scénario à éviter, une course comme celle du NPD. Trop de candidats, trop d’inconnus qui n’ont aucune chance et qui se servent de cette tribune uniquement pour se faire connaître, ou pour stratégiquement se placer dans une bonne position au sein du parti. Il en coûtait 15 000 $ pour s’inscrire dans la course à la direction du NPD. Au début de la campagne, il y avait neuf candidats. Sept se sont rendus jusqu’au bout. Tout ça a donné lieu à une course terne et à un interminable congrès en mars dernier à Toronto.

Alors, les libéraux voulaient éviter ce scénario. Ils ont donc établi que le coût d’entrée dans la course serait de 75 000 $, ce qui est cher payé pour quelqu’un qui ne cherche qu’à se faire connaître. Ils souhaitaient donc une course à trois… quatre peut-être, mais pas plus.

Or, le Parti libéral se trouve dans la même position que le NPD. Neuf candidats sont officiellement inscrits dans la course à la direction, et parmi ceux-ci, de parfaits inconnus du grand public.

Il y a bien sûr Justin Trudeau et Marc Garneau, deux députés du Québec très connus dans le pays. Il y a aussi l’ex-ministre Martin Cauchon et l’ex-députée Martha Hall-Finlay, qui sont relativement connus, tout comme la députée Joyce Murray. Mais il faut aussi ajouter à cette liste Deborah Coyne, David Bertschi, Karen McCrimmon et George Takach. Personne ne met en doute les qualités de ces candidatures, mais personne ne croit aux chances d’au moins six des neuf candidats.

La plupart des observateurs croient que la lutte se fera entre Justin Trudeau, Marc Garneau et Martin Cauchon, et que seule une campagne désastreuse empêcherait Justin Trudeau de devenir chef du Parti libéral. Or, il y aura neuf candidats pour le premier débat.

Officiellement, tout le monde au Parti libéral dira que la démocratie sera bien servie, que les neuf candidats contribueront à un débat d’idées. Mais dans la réalité, personne au Parti libéral ne se réjouit de cette situation. Le premier débat risque d’être cacophonique ou ennuyant. La dynamique d’un bon débat n’implique jamais neuf participants. Les organisateurs libéraux doivent donc se croiser les doigts pour que quelques candidats se désistent rapidement…

Catégorie: Ottawa