La valse des F-35

par

 publié le 7 décembre 2012 à 16 h 27

La valse des F-35

Le gouvernement Harper a sa façon de gérer les mauvaises nouvelles, et tout indique que le rapport de la firme KPMG est une de ces mauvaises nouvelles. En septembre dernier, KPMG a eu pour mandat d’analyser les coûts reliés au programme d’achat de 65 chasseurs F-35 pour remplacer les vieux CF-…

Lors de l’annonce en 2010, le gouvernement parlait d’un montant de 9 milliards pour l’achat des appareils, 16 milliards quand on inclut l’entretien pour la durée de vie des appareils. Or, deux sons de cloche donnaient un avis différent. Le vérificateur général Michael Ferguson parlait d’une facture globale de 25 milliards, le directeur parlementaire du budget, Kevin Page, de 29 milliards.

Le gouvernement a en main le rapport de KPMG et il y a eu quelques fuites. Parmi ces fuites, un chiffre renversant… la facture pourrait grimper jusqu’à 40 milliards de dollars. Voilà une facture qui serait bien dure à avaler pour les contribuables, à qui le gouvernement parle de compressions budgétaires importantes.

Alors, il ne faut pas s’étonner qu’au lendemain de la diffusion de ces informations, les partis d’opposition soient montés aux barricades. Même si le ministre de la Défense, Peter MacKay, était en Chambre, c’est le député conservateur Jacques Gourde qui répondait aux questions. À 13 reprises en Chambre, M. Gourde a donné, presque invariablement, la réponse suivante :

M. Jacques Gourde (secrétaire parlementaire de la ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, pour les Langues officielles et pour l’Agence de développement économique pour les régions du Québec, PCC) :  « Monsieur le Président, nous sommes déterminés à mener à terme notre plan en sept points et notre démarche exhaustive et transparente pour remplacer la flotte vieillissante des CF-18 du Canada. Le gouvernement fera le point publiquement avant la fin des travaux parlementaires. »

La fin des travaux parlementaires, c’est jeudi prochain. Il faut donc s’attendre à une mise au point du gouvernement qui, grâce aux fuites du rapport, a déjà pu contrôler une partie des dommages. Mais le gouvernement Harper n’aime pas perdre la face. Et lors de l’annonce initiale, il avait déclaré que le F-35 de la firme Lougheed-Martin était la seule option, d’où l’inutilité d’aller en appel d’offres.

Peut-il maintenant faire table rase et reprendre entièrement le processus et laisser d’autres firmes déposer leur soumission? Peut-être, mais ce serait alors un aveu d’échec, à moins de parler de l’explosion des coûts et du contexte économique. Il reste quelques jours au gouvernement pour peaufiner sa stratégie de communication et présenter un plan plus digeste pour les contribuables canadiens.