Pauline Marois et Ottawa : valse ou continental?

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 publié le 23 novembre 2012 à 16 h 20

Je ne sais pas comment Pauline Marois s’est sentie en entrant dans la salle de réunion du Conseil de la fédération à Halifax. Après tout, le conseil est le « bébé » de Jean Charest. En plus, en 2009, elle l’avait jugé inutile et nuisible parce qu’il affaiblissait le rapport de force avec Ottawa. Elle est une première ministre souverainiste, les 11 autres premiers ministres autour de la table (Brad Wall, de la Saskatchewan, n’y était pas) ne partagent pas ses vues.

Ses homologues ont été très diplomates. Dalton McGuinty, de l’Ontario, et Christy Clark, de la Colombie-Britannique, ont même blagué en disant qu’ils allaient la convertir au fédéralisme. Mme Marois leur a un peu rendu la pareille en affirmant qu’elle participerait aux réunions du Conseil, comme ses prédécesseurs péquistes participaient aux rencontres des premiers ministres provinciaux, avant la création du Conseil de la fédération. Tout le monde semble bien s’entendre.

Mais au-delà des politesses et des blagues, le gouvernement Marois cassera avec l’approche de Jean Charest. Le premier ministre libéral utilisait le Conseil de la fédération pour établir des consensus entre les provinces sur les demandes à faire au gouvernement fédéral. Un peu comme s’il invitait Ottawa à danser un continental avec les provinces. Disons qu’il était plutôt timide pour demander au fédéral de danser une valse, pour revendiquer à l’intérieur d’une relation bilatérale.

Pauline Marois, elle, veut délaisser le continental du Conseil de la fédération, pour valser avec Ottawa. Elle entend porter ses revendications directement au gouvernement fédéral sans passer pour l’intermédiaire et les consensus du Conseil de la fédération. Elle appelle ça la gouvernance souverainiste, c’est-à-dire rapatrier des pouvoirs et occuper les champs de compétence du Québec.

Pour l’instant, Mme Marois testera son partenaire fédéral. Elle verra s’il veut danser et comment il danse la valse, mais évidemment le but ultime est de l’éconduire…