Universités : quel consensus?

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 publié le 9 novembre 2012 à 11 h 36

On sait maintenant quand le Sommet sur l’enseignement supérieur aura lieu. Ce sera à Montréal, à la mi-février. Pauline Marois ne tiendra pas sa promesse de le tenir dans les 100 premiers jours de son mandat. Mais pour l’instant, personne ne semble le lui reprocher. Il faut dire que le 100e jour du gouvernement Marois tombe le 28 décembre, un moment où tout le monde veut plus digérer sa dinde que digérer les chiffres du financement des universités.

Cela dit, ce sommet donnera-t-il quelque chose? À première vue, un consensus semble relever plus du vœu pieux que du réalisme. Il y aura tellement d’intérêts divergents autour de la table qu’on a l’impression qu’en fin de compte, le gouvernement devra trancher, au risque de se mettre des gens à dos.

État des lieux

Regardons rapidement les « forces en présence » :

- les universités : elles crient au sous-financement. Elles veulent plus d’argent;

- l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) : elle prône la gratuité;

- la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) : elle demande un gel des droits de scolarité;

- la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) : elle demande aussi un gel;

- le gouvernement : il propose l’indexation, tout en disant que « tout est sur la table ». Il remet aussi en question le sous-financement des universités;

On voit déjà le scénario : le gouvernement adopte l’indexation, demande aux universités de mieux gérer. L’ASSE n’est pas contente, les recteurs sont vexés, la FEUQ et la FECQ sont résignées.

Loin de moi l’idée de suggérer que le scénario est écrit d’avance. La démarche proposée par le gouvernement pour préparer le sommet semble rigoureuse. On ne pourra pas lui reprocher de ne pas avoir bien préparé l’exercice. D’ailleurs, il est un peu paradoxal d’entendre le PLQ affirmer que les dés sont pipés avant même la tenue du sommet.

C’est exactement le reproche qui leur est adressé depuis deux ans, depuis la Rencontre des partenaires de l’éducation le 6 décembre 2010. Le gouvernement libéral s’y était présenté en disant qu’une augmentation des droits était incontournable. Les syndicats et les fédérations étudiantes avaient claqué la porte avec fracas. Le terrain était prêt pour « le printemps érable ».

Aujourd’hui, la même réalité s’applique. Tout le monde tire la couverture de son côté, personne n’envoie le message qu’il est prêt à faire un véritable compromis. Bref, tout le monde s’entend sur l’objectif d’améliorer la qualité de l’enseignement et la valeur du diplôme, mais personne ne s’entend sur les moyens pour y arriver.

À trois mois du sommet, on a encore l’impression d’être dans un jeu d’échelles et de serpents : monte, descend, monte…