Faute d’une majorité, le gouvernement Marois s’est rabattu sur les sujets qui peuvent faire consensus. L’intégrité est devenue LA valeur refuge de ce gouvernement. C’est normal, les partis d’opposition ne pourront formuler d’objections de principe et la population aura, chaque jour, de plus en plus soif de justice et d’intégrité avec le défilé des témoins à la commission Charbonneau. Ce gouvernement aura compris que les attentes des citoyens à son égard risquent fort d’être fondées sur sa capacité à nettoyer les écuries de l’État.
Les finances publiques sont un point sensible, mais le gouvernement parvient surtout à afficher son incertitude au plan des moyens. Peut-être un budget avant Noël, peut-être pas. Comme si le ministère des Finances et son ministre, Nicolas Marceau, n’avaient pas statué sur leurs intentions avant le prononcé du discours d’ouverture. C’est une occasion manquée. Une autre.
C’est plus clair lorsqu’il s’agit des ressources naturelles, particulièrement en ce qui a trait à l’exploitation du pétrole. Pauline Marois est d’une clarté sans précédent en affirmant la volonté d’exploiter cette ressource. Cela correspond à ce qui est entendu depuis un moment au sein du Parti québécois et ça s’inscrit parfaitement dans un discours vieux d’un an de Bernard Drainville qui prônait l’exploitation du gisement d’Old Harry dans le golfe du Saint-Laurent. Et puis, le gouvernement Marois pourrait gagner à cet égard l’oreille attentive des partis d’opposition.
Les questions identitaires feront l’objet de consultations extensives. Ça occupera les commissions parlementaires, mais il est difficile de percevoir ce qui pourrait en résulter concrètement. Il y aura une nouvelle loi 101, mais il n’est pas clair ce qu’il en restera après négociations avec les partis d’opposition.
En matière de solidarité, il est question de médecins de famille, de soins aux aînés et de CPE. Et une flopée de politiques éventuelles en matière de santé et de services sociaux complètent le menu.
C’est un itinéraire apparemment ambitieux. Néanmoins, les réalités politiques risquent de réduire tout ça à un bien petit dénominateur commun, soit l’intégrité et l’exploitation des ressources naturelles. Pour le reste, le gouvernement tentera de se protéger contre lui-même et de se prémunir des mauvaises nouvelles économiques pour assurer un contrôle serré des finances publiques.
Il reste que si ce gouvernement parvenait réellement à donner plus de droiture au fonctionnement des institutions publiques, il n’est pas impossible que les Québécois lui en soient longuement reconnaissants.

